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Lundi 22 juin 2009
Edit du 06/07/09
Bon je vous tiendrai au courant de l'évolution sur cette page!
Donc à ce jour, les chapitres 18, 19 et 20 sont écrits. Le chapitre 17 est en cours d'écriture!
Et hier j'ai eu une grosse frayeur! Toutes mes histoires avaient été effacées par une regretable manipulation de ma part. Heureusement je les ai retrouvé! Je vous raconte pas les boules que j'ai eu!!!
Bref, j'avance au p lus vite, mais jene suis pas superwoman donc il faudra encore un peu de patience! D'autant plus que je voudrai aussi me remettre à mes autres fics, qui me manquent!
Bisous



Bonjour les gens!
Non, je ne vous oublie pas!
Courage, encore une semaine intensive et après le rythme sera un peu moins chargé!
Quoiqu'il en soit, le plan de la deuxième partie est terminé, et celui de la troisième partie l'est presque également!
Pour le moment, il y a 7 chapitres de prévus poru cette deuxième partie, mais je pense qu'il y en aura plus au final car, vous le savez maintenant, je peux m'emballer quand j'écris... et vu que dans quelques chapitres y'a beaucoup de choses qui se passent, je pense que j'en diviserai certains...
Le 2ème chapitre est déjà écrit et je vais entamer le 3ème... par contre, le premier est pas encore écrit! Faut pas chercher à comprendre...lol... non en fait c'est parceque c'est un chapitre un peu particulier et que j'ai pas la tête à m'y attaquer pour le moment... je le ferai peut être en dernier!

Et grande nouveauté..........(musique de suspens...................) il y a une 4ème partie qui vient de s'incruster au menu!!!!!! lol
Elle a jaillit de mon esprit par enchantement et le plan est déjà bien avancé....
Bon par contre pour cette partie la, ça sera à vous de me dire à la fin de la 3ème, si elle vous interesse... en fonction des évènements et de tout ce qu'il va se passer, vous aurez le choix!!!

Voilà, je crois que c'est tout pour le moment.
Gros bisous à tous!
par Meryl - publié dans : Petits potins
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Mardi 9 juin 2009
Il semblerait que le dernier chapitre de la première partie de Royale destinée était très attendu!
J'ai en effet pèté mes scores persos en matière de visites et de coms... avec pas moins de 68 visites rien que pour la journée du dimanche (pour environ 50 les jours de publications et 30 qui viennent chaque jour) et j'en suis à 16 commentaires pour ce chapitre... ce qui je crois n'était encore jamais arrivé (mon dernier score était à 15... il me semble...mdr)!

Bon alors, bien sur entre 16 coms et 68 visiteurs, on pourrait croire qu'il y en a qui se sont perdus en route...lol mais ça n'a pas d'importance car malgré tout, vous étiez là!
Donc encore une fois, un grand merci à vous tous et à très bientôt je l'espère!
Bisous.

Meryl.
par Meryl - publié dans : Petits potins
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Dimanche 7 juin 2009

Et voici le chapitre 16, le dernier de la première partie qui marque un tournant de l'histoire !

En plus il est assez long (environ 2,5 fois plus que les chapitres habituels...lol, c'est normal, j'ai fait fusionner (fuuuuuuusion) les deux derniers chapitres pour vous éviter un suspens à couper le souffle...lol !

J'espère d'avance qu'il vous plaira. Quelques indications sur la suite des évènements à la fin du chapitre !

Bonne lecture à tout le monde !

 

 

Une douce paix régnait entre les deux époux qui apprenaient à se connaître un peu plus chaque jour. Le passé tumultueux et violent disparaissait petit à petit pour faire place à une relation plus épanouie. Il arrivait encore à Philippe d'avoir des coups de sang, surtout lorsque les affaires du royaume n'allaient pas aussi bien qu'il le souhaitait, mais il tentait au maximum de ne pas reporter ses colères et ses frustrations sur Louis. De son côté, le jeune homme doutait encore fréquemment de sa capacité à plaire à son époux et de l'engagement de celui-ci à son égard, mais Lothaire était toujours là pour le rassurer et Philippe à grand renforts de tendresse et de patience remontait chaque jour d'avantage dans l'estime de Louis et de son entourage.

 

Cependant les bonnes choses durent rarement et ce fut également la cas pour eux. La nouvelle tomba le lendemain de l'équinoxe d'été : Adélaïde avait accouché. Elle avait mis au monde un beau bébé bien portant : un garçon. Elle refusa de lui attribuer un nom sans la présence de Philippe et la reine Anne imposa à son fils la corvée de prendre soin de la mère de son enfant. Philippe fulmina mais obéit. Cependant il refusa de s'impliquer plus qu'il ne le fallait. Il promis à Adélaïde une rente suffisante pour subvenir aux besoins de son fils. Elle n'en avait certes, pas besoin, mais le prince avait pour habitude d'assumer ces erreurs, aussi grosses soient-elles, et celle-ci battait à coup sur tous les records. Adélaïde était prête à hurler de frustration lorsqu'elle se rendit compte que Philippe ne choisirait pas de prénom pour son enfant. Aussi elle le baptisa seule et le petit Léopold put être intégré à la cour royale. Adélaïde fut coincée dans sa couche trois jours durant, pendant lesquelles les médecins lui interdirent de se lever. Elle eut tout son temps pour ruminer sa rage. Elle avait fait tout ce qu'il fallait, elle avait attiré le prince dans ses filets, elle était tombée enceinte de lui et elle lui avait donné un fils ! Pourtant Philippe semblait encore préférer ce jeune étranger venu d'un pays si ridiculement petit qu'elle se demandait comment il pouvait encore exister. Et lui aussi portait ses enfants. Il était fragile, certes et elle pourrait sans aucun doute l'écraser, mais il était également bien surveillé. Philippe était en sa compagnie dès que ses affaire le lui permettaient. Son valet, un bon à rien de domestique aussi insignifiant que dégoûtant était à son chevet et surtout, François la surveillait elle. Où qu'elle aille, quoiqu'elle fasse, il se trouvait toujours quelque part dans son sillage. Il avait l'air, lui aussi de tenir à ce petit fils de nulle part au sourire ravageur. Car elle ne pouvait se mentir, Louis était très beau et portait sur lui une innocence presque enfantine qui renversait bien des têtes. Nombreux étaient les jeunes gens de la cour qui auraient bien aimé goûter un peu cette tendre chaire fraîche, mais Louis ne semblait même pas s'en apercevoir et Philippe veillait au grain. Adélaïde abandonna alors l'idée de pousser Louis dans les bras d'un autre. Ce faux jeton était bien incapable de tromper son époux. Mais Adélaïde n'était pas femme à laisser tomber. Elle voulait la place qui lui était due. Elle avait tout fait pour l'atteindre depuis sa plus tendre enfance et ce n'est pas si près du but qu'elle allait y renoncer. Et puis, elle avait une alliée de taille en sa faveur. Certes, la reine semblait légèrement en froid avec Philippe ces derniers temps, mais elle restait sa mère et la reine du royaume. Elle pouvait encore l'aider pour un certain temps. Adélaïde se mit alors en quête d'un plan visant à lui restituer son trône. Elle donnerait une dernière chance au prince de lui offrir sa place de son plein gré, sous peine de quoi elle agirait. Le quatrième jour, en sortant de couche, Adélaïde sut exactement quoi faire et quand le faire. Et elle s'en fit la promesse, le prochain roi de Mésancourt serait Léopold 1er et elle serait derrière pour tirer les ficelles !

 

Les effets de la naissance de Léopold sur Louis en se firent pas attendre. Et si il put cacher pendant quelques jours les crampes qui le clouaient parfois sur place, il fut rapidement démasqué par Lothaire et Philippe. A nouveau le prince prit sa monture un matin pour aller chercher le druide, tandis que le valet restait aux côtés de son maître. Louis restait allongé, légèrement recroquevillé sur lui même pour tenter d'apaiser les douleurs de son ventre tandis que Lothaire tournait en rond comme un lion en cage.

 

-Lothaire, prends un siège, tu me donnes le tournis.

 

Le valet s'arrêta juste au pied du lit et posa une fesse sur le matelas.

 

-Je m'inquiète Louis. Tu n'as pas pu desserrer les dents une seule minute depuis deux jours tant la douleur est présente.

 

-Ca va aller.

 

-Je sais bien que toute cette histoire te pèse.

 

-Elle lui a donné un fils Lothaire, un fils ! Et moi je ne suis même pas capable de lui promettre que l'un de ses enfants arrivera à terme !

 

-Tu sais bien ce que le prince a dit sur cet enfant. Il n'en veut pas pour héritier.

 

-Parce que j'en porte deux en moi. Comment réagira-t-il si je les perds, hein ? Crois tu qu'il va risquer de laisser son trône vaquant au profiteurs extérieurs ?

 

-Ca n'arrivera pas, Louis. Le druide va arriver et il va arranger cela, comme d'habitude. Tu n'as pas à t'en faire pour ce qu'il peut se dire à l'extérieur et...

 

-Qu'est-ce qui se dit à l'extérieur ?

 

Lothaire écarquilla les yeux quand il se rendit compte de son erreur.

 

-Oh, rien, tu sais, des rumeurs, sans fondement...

 

-Lothaire, dis moi ce qu'il se dit hors de cette chambre !

 

Le valet semblait très mal à l'aise. Les rumeurs que la reine et Adélaïde faisaient courir dans le château n'avaient rien de réjouissantes pour Louis et il avait peur de voir son maître encore plus mal que depuis quelques jours. Mais il savait également qu'il en avait trop dit pour pouvoir se taire maintenant. Et il préférait en informer Louis lui même plutôt que celui-ci les entende par hasard, au détour d'un couloir.

 

-La reine annonce à qui veut bien l'entendre que tu n'es pas capable d'assumer le rôle qui t'attend si tu n'es pas capable de porter un héritier quelques mois. Et elle...

 

Le valet s'arrêta, jetant un coup d'œil anxieux à son maître qui palissait à vue d'œil.

 

-Lothaire, parle !

 

-Elle n'hésite pas à annoncer à qui veut l'entendre qu'elle souhaite que le prince te... te répudie...et épouse dame Adélaïde.

 

Louis se redressa d'un bond dans son lit, les yeux brillants de colère. Il repoussa les draps qui le recouvraient et s'apprêta à se lever.

 

-C'en est assez, je commence à en avoir plus que marre ! Elle va voir si je n'en suis pas capable !

 

Lothaire essaya de le retenir, mais Louis était déjà debout.

 

-Louis, attend, c'est dangereux, reste allongé..

 

-NON ! Il est hors des question que je la laisse me prAAAaaaaaahhhh...

 

Louis tomba à genoux à quelques pas à peine du lit, se tenant le ventre et Lothaire se précipita à ses côtés pour le se soutenir. Louis éclata en sanglot dans les bras de son ami.

 

C'est ainsi que Philippe et le druide les trouvèrent lorsqu'ils entrèrent dans la chambre. Philippe s'empressa d'aider Lothaire à recoucher Louis et il sentit un poids remplir son estomac en voyant le visage ravagé par les larmes de son époux. Il s'approcha du bord et saisi sa main comme à son habitude mais son étreinte ne lui fut pas rendue. Et ce fut pire encore quand Louis ouvrit la bouche.

 

-Je voudrais que ce soit Lothaire qui reste cette fois-ci... s'il vous plait.

 

Philippe resta muet de stupeur et quand Louis refusa de croiser son regard, il sentit ses entrailles se serrer. Il lâcha la main de son époux et sortit sans un mot. Une fois dans le couloir il sentit ses yeux le piquer désagréablement et leva les yeux au plafond pour endiguer les larmes qu'il sentait proches. Il décida de faire quelques pas pour ne pas avoir à attendre devant la porte et commença à déambuler dans les couloirs, s'appliquant à repasser régulièrement devant leur chambre.

 

Au détour d'un couloir, il croisa sa mère.

 

-J'ai vu que vous aviez à nouveau fait appel à ce druide ! Votre époux serait-il encore souffrant ?

 

Philippe souffla longuement par le nez pour tenter de ne pas s'énerver et ainsi perdre la joute verbale face à sa mère.

 

-Il est effectivement souffrant. Que voulez-vous, mère ?

 

-Avez vous réfléchi à notre dernière conversation ?

 

Philippe serra les dents. Toutes les récentes conversations qu'il avait eu avec sa mère récemment avait le même thème : le renvoi de Louis et la « montée en grade » d'Adélaïde, et finissait invariablement en dispute.

 

-Non, et je n'ai absolument pas envie de m'y attarder. Maintenant, excusez moi, je vais rejoindre mon époux.

 

-Je croyais que vous assistiez aux consultations ? lança-t-elle d'un ton ironique.

 

Philippe qui avait fait quelques pas s'immobilisa et se tourna vers sa mère.

 

-Il... il n'a pas voulu.

 

-Qui, le druide ? insista-t-elle faussement innocente.

 

-Non, Louis. Louis n'a pas voulu que j'y assiste.

 

-Oh, il préfère assumer cela tout seul, voilà qui change de sa couardise habituelle.

 

-Il n'a rien d'un couard, mère. Et Lothaire est avec lui !

 

-Tsss, son valet ! Comme c'est... étrange qu'il le préfère à vous.

 

La voix de la reine débordait de mépris et moquerie, chacune de ses phrases était remplie de sous-entendus déplaisants et malfaisants. Philippe serra les poings.

 

-Ils sont amis, et Louis a eu besoin de son soutien.

 

-Biens sur, bien sur... enfin vous ne viendrez pas vous plaindre que je n'ai pas essayé de vous prévenir !

 

-Qu'insinuez-vous à la fin ?!

 

- Mais rien. Simplement, vous savez aussi bien que moi que ce jeune homme n'est pas à la hauteur de la tache qui lui incombe. Vous vous devez de le répudier. Et le plus tôt possible !

 

-Mais bien sûr et provoquer ainsi une guerre !

 

-C'est une guerre que nous gagnerions aisément. Dois-je vous rappeler la taille de son pays ?

 

-Et dois-je vous rappeler à combien de grandes puissances ils sont alliés ? Nous ne pouvons pas nous permettre cela. Nous avons déjà risqué de fortes représailles lorsque le prince Jean de Castille est rentré chez lui. Nous ne devons la paix qu'à la diplomatie de nos envoyés accompagnée d'excuses officielles. Et je crois bien que même tout cela n'aurait servi à rien si Louis n'avait pas de lui même envoyé des missives à sa famille pour les rassurer sur son état.

 

-Je vois que vous lui faites tellement confiance que vous surveillez son courrier !

 

- Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Je vous l'ai déjà dit : j'ai fait des erreurs.

 

-Peut importe tout cela ! Ces noces n'étaient absolument pas ce que nous avions prévu. Vous deviez épouser Adélaïde. Tout cela est la faute de votre père ! Quand allez-vous ouvrir les yeux sur ce qui est bon pour vous ?

 

-Non mère, le mariage avec Adélaïde était ce que VOUS aviez prévu. Pas moi. Je n'ai jamais eu l'intention de l'épouser. Jamais ! Elle ferait une mauvaise épouse mais également et surtout  une mauvaise reine ! Et c'est vous qui êtes aveugle de ne pas voir qu'elle vous manipule pour arriver à ses fins.

 

-Jamais personne ne m'a manipulé, mon fils. Et jamais personne n'y arrivera. Je vous prie de croire que j'ai absolument toute ma raison et que je suis seule maîtresse de mes actes.

 

-Alors c'est encore pire que ce que je craignais !

 

-Comment osez-vous me parler ainsi. N'oubliez pas que je reste votre mère !

 

-JUSTEMENT !

 

Philippe s'adossa contre le mur du couloir et passa une main lasse sur son visage. Il aurait tant aimé revenir quelques années en arrière et juste se blottir dans les bras de sa mère et croire aveuglement tout ce qu'elle pouvais lui dire. Il avait toujours pris pour argent comptant ses paroles car il savait qu'elle le faisait pour son bien. Depuis son mariage, il avait perdu la seule complicité qu'il avait eu avec elle. Anne n'avait jamais été une mère particulièrement aimante, laissant l'éducation de son fils aux nourrices et aux précepteurs. Leur seule relation se limitait au projets qu'Anne avait pour son fils et qu'il avait jusqu'alors toujours respecté, s'accrochant à ce mince lien entre eux. Son enfance était bien loin et Philippe sut qu'il ne pouvait plus compter sur sa mère désormais. Il secoua la tête et reprit d'une voix triste.

 

-Ne pourriez vous pas être juste heureuse pour moi ?

 

Anne de Mésancourt sembla un instant déstabilisée par les paroles de son fils. Ne comprenait-il pas qu'elle faisait tout cela pour lui ? Comment pourrait-elle être satisfaite de laisser son fils dans les mains de cet homme qu'elle considérait de seconde classe ?

 

-Tout ce que je fais est en votre intérêt. Un jour vous m'en remercierez.

 

Philippe secoua à nouveau la tête.

 

-Vous ne le connaissez pas. Louis est quelqu'un de bien. Je sais qu'il fera un très bon roi. Et il est un très bon époux. Je vous en prie, donnez lui une chance...

 

Anne grinça les dents en entendant son fils supplier. Il ne s'était jamais abaissé à prier quiconque d'accéder à ses requêtes, ce qui l'alerta sur le degré d'importance que son gendre avait pour son fils.

 

-Vous vous êtes entiché de lui ! lui cracha-t-elle.

 

-Et quand bien même ce serait le cas ! Où serait le mal ? Mère, il est mon époux, il porte mes enfants ! Mon père a fait un excellent choix et le fait que j'apprenne à l'aimer devrait vous combler ! s'emporta Philippe.

 

En entendant son fils parler d'amour, la reine grimaça.

 

-Adélaïde vient de vous offrir un fils.

 

-Je me moque d'Adélaïde et de son fils ! Louis porte mes enfants, les héritiers de la couronne. J'assume la paternité de cet enfant que je n'ai jamais voulu et je prendrai en charge son éducation, mais jamais il n'approchera le trône ! J'en suis désolé pour lui car il n'y est pour rien, mais il restera un bâtard !

 

Les éclats de voix faisaient échos dans le couloir et un lourd silence succéda aux paroles de Philippe. Le prince, qui avait quelques minutes auparavant montré quelques signes de faiblesse face à la seule femme dont il aurait aimé recevoir de l'amour, s'était repris et Anne ne faisait maintenant plus face à son petit garçon, mais au futur roi de Mésancourt. Implacable et sûr de lui !

 

-A présent je vous laisse, mon époux doit sans doute avoir besoin de moi.

 

Anne ne put rien y répondre, Philippe s'éloignait déjà.

 

Lorsqu'il arriva devant la porte de leur chambre, Philippe croisa le druide qui en sortait. Il en profita pour lui demander des nouvelles de son époux.

 

-Je dois avouer que je suis inquiet ! Sa douleur est atténuée, mais je ne peux pas continuer à lui fournir de la potion comme cela, elle serait plus néfaste que bénéfique... Il doit rester allongé maintenant. Il ne doit plus se lever, sous aucun prétexte et il faut espérer que vos enfants s'accrochent. Faites attention à lui jeune homme, je lui avais préconisé du repos et pas de stress !

 

Philippe regarda le vieil homme sans vraiment savoir comment prendre sa dernière phrase. Le druide était bien la seule personne du royaume à lui parler comme s'il était un gamin des champs et pourtant il y avait une intonation presque paternelle dans sa voix. A quel point connaissez-t-il la vie du château ? Il vivait à l'écart de tout et pourtant il semblait toujours au courant des moindres évènements !

 

-Croyez bien que j'aimerai pouvoir le protéger de tout, monsieur. Mais il est plus têtu qu'une mule. Et cela va déjà être un clavaire de le garder allongé jusqu'au terme de la grossesse !

 

Le druide eut un petit sourire amusé.

 

-Je n'en doute pas un seul instant ! Pourtant il va le falloir. Si une telle crise devait se reproduire, je serai impuissant...

 

Philippe hocha la tête gravement. L'insinuation était suffisamment explicite et il avait bien trop à perdre !

 

-Bonne journée jeune homme !

 

-Bonne journée à vous. Merci d'être venu.

 

Le druide écarta les remerciements de Philippe d'un revers de la main et s'éloigna en sifflotant une chanson paillarde. « Vraiment spécial » pensa Philippe.

 

Le prince ouvrit la porte de la chambre, une légère boule au ventre. Lothaire était assis sur le bord du lit, tenant la main d'un Louis toujours recroquevillé sur lui même. Lothaire leva la tête vers lui et lui fit un petit sourire triste. Louis, quant à lui, restait immobile, amorphe.

 

-Lothaire, laisse nous, veux-tu ?

 

Le valet hocha la tête et se leva, faisant glisser sa main en dehors de celle de Louis qui n'eut aucune réaction, puis il sortit de la pièce. Philippe se tritura nerveusement les doigts quelques instants. A nouveau il se trouvait gêné de la situation. Il n'avait pas l'habitude de réconforter les gens et ne savait pas comment s'y prendre. Il s'approcha doucement de son époux qui ne réagit pas, puis délicatement, il s'allongea face à lui et passa un bras autour de sa hanche. Enfin, Louis posa ses yeux sur lui et alors que Philippe cherchait ses mots pour apporter son soutien à son époux, celui ci le prit de court en enfouissant son visage dans le creux de son épaule. Philippe resserra son étreinte et sa main glissa dans les boucles soyeuses de Louis, geste qu'il avait adopté depuis que son époux s'était révélé à lui le soir du bal. Depuis ce jour, il ne cessait de contempler la beauté innocente de l'homme qui partageait sa vie, tentant de graver à jamais ses traits dans son esprit, à tel point que lorsqu'il fermait les yeux, il pouvait sans difficulté continuer à l'admirer, le dessin de son corps se formant sous ses paupières.

 

-Pourquoi faites-vous cela ?

 

Philippe resta interloqué par la question.

 

-Pardon ?

 

-Pourquoi ne faites-vous pas ce que votre mère vous demande ? Après tout, elle a raison, Adélaïde vous a donné un fils que je n'arrive même pas à faire naître et elle est sans aucun doute bien plus à même d'occuper le poste de reine que moi. Pourquoi continuez-vous à refuser ?

 

La voix de Louis était atone, comme s'il était anesthésié, son débit était lent et il mâchait un peu le début de ses phrases. Philippe pensa que le druide devait lui avoir donné un anti-douleur assez puisant. Cependant, il avait peur que ces paroles irréfléchies soient le véritable fond de pensée de son époux.

 

-Louis, je...

 

-Est-ce pour éviter un conflit avec mon père ? Vous savez, je ferai en sorte que cette histoire reste discrète. Je disparaîtrai de votre vie sans heurt, je peux même lui dire que c'est une décision commune et ainsi il vous laissera en paix.

 

-Louis...

 

-Je ne comprends pas...

 

-Je vous en prie, vous ne savez pas ce que vous dites.

 

-...nous savons tous les deux que je n'y arriverai pas...

 

-Louis, s'il vous plait...

 

-...à quoi puis-je bien vous servir, vous avez déjà tout ce qu'il vous faut...

 

-Louis...

 

-Une femme, un fils, un royaume...

 

-Taisez-vous maintenant !

 

Philippe avait saisi les épaules de son époux et l'avait secoué fortement, le faisant sursauter et ouvrir brusquement les yeux, comme s'il sortait d'une transe connue de lui seul. En croisant les yeux furieux et malheureux de son époux, Louis ne put empêcher les larmes de rouler sur ses joues et de longs sanglots sortirent de sa gorge. Philippe, complètement perdu face aux réactions de son époux fut tenté de fuir. Mais alors qu'il s'apprêtait à se lever et à aller chercher de l'aide auprès du valet de son époux, Louis serra convulsivement ses vêtements en replongeant dans son cou. Sans réellement savoir pourquoi, Philippe eut la profonde conviction que si il partait maintenant, il perdrait son époux à jamais. A cette idée, il sentit son ventre se contracter violemment et il du faire un gros effort pour contenir la nausée qui l'envahissait. Ses bras se refermèrent fermement sur le corps de Louis, tentant de lui communiquer toute sa chaleur et son affection. Mais en voyant que les pleurs de son époux ne se tarissaient pas, Philippe sut que cette fois, les gestes ne seraient pas suffisants.

 

-Je ne fais pas ça par devoir, Louis. Je ne fais pas ça pour éviter une guerre ou pour favoriser les accords économiques que nous avons mis en place avec votre pays. Je ne fais pas ça parce que j'ai peur de la réaction de votre père. Au début, peut être que tout cela entrait en compte, mais aujourd'hui, je le fais parce que je le veux. Je vous veux près de moi, je veux partager mon royaume et ma vie avec vous. Je le fais parce que je crois que vous êtes la personne qui est faite pour moi et que pour rien au monde je ne veux vous perdre. Est-ce que vous comprenez cela ?

 

Louis qui s'était calmé au fur et à mesure des paroles de son époux, hocha la tête en silence, mais resta enfoui dans le cou de Philippe.

 

-J'ai peur...

 

En disant cela, sa main s'était posée sur son ventre.

 

-A chaque fois que j'y pose ma main, j'ai peur de ne plus les sentir bouger. J'ai l'impression de marcher sur un fil tendu au dessus du vide et que le moindre faux pas pourrait leur être fatal...

 

Philippe posa sa main à côté de celle de son époux et ne put empêcher un doux sourire de flotter sur son visage en sentant les mouvements et les coups qui venaient de l'intérieur.

 

-Regardez, ils sont en pleine forme !

 

Louis hocha à nouveau la tête, mais cette fois ci, il se recula légèrement pour pouvoir regarder les petites bosses se formant à la surface de son ventre. Lorsqu'il releva le regard, il croisa celui de Philippe et d'un sourire de son époux, il se sentit légèrement rassuré. Et lorsque sa bouche fut attrapée par les lèvres tendres, son cœur se réchauffa. Philippe décida d'oublier ses affaires royales pour le reste de la journée dans le but de la passer à câliner et cocooner son époux.

 

O0o0­­­­O__________O0o0O

 

Philippe tournait en rond devant le lit conjugal. Louis allongé par dessus les draps à cause de la chaleur boudait pour la forme.

 

-Louis, nous en avons déjà parlé, vous n'avez pas l'autorisation de vous lever.

 

-Mais c'est son mariage, Philippe ! Je ne peux pas manquer cela, pas après tout ce qu'il a fait pour moi.

 

-Il est parfaitement d'accord avec moi sur ce point, vous ne pouvez pas y aller.

 

-Je lui ai promis...je resterai assis...

 

-Louis...

 

Le jeune homme poussa un soupir. Trois semaines qu'il était cloué au lit et si en temps normal, il pouvait à peu près prendre sur lui pour le bien de ses enfants, il avait été plus que déçu en se rendant compte que sa condition ne lui permettrait pas d'assister au mariage de son valet et ami.

 

-Je n'ai même pas de cadeau pour eux.

 

-Vous n'avez pas eu le temps de vous en occuper, vous ne pouviez pas prévoir que vous seriez alité. Ce sont des choses qui arrivent et Lothaire le sait. Il ne vous en tiendra pas rigueur.

 

-Je le sais bien, simplement... j'aurai au moins aimé faire cela pour lui. Il m'a été d'une aide précieuse.

 

Philippe soupira en voyant le visage déconfit de son époux et au moment ou il croisa ses yeux embués, il sut qu'il ferait tout son possible pour lui redonner le sourire.

 

-Ecoutez, si vraiment, cela vous tiens à cœur, je peux me débrouiller pour leur trouver une présent.

 

-C'est vrai, vous feriez cela ?! Et... vous iriez là-bas en mon nom ?

 

Le visage de Louis avait retrouvé son éclat habituel et Philippe se rendit compte avec un petit sourire qu'il s'était fait avoir. Louis arrivait toujours à avoir ce qu'il voulait. Heureusement, il n'était pas exigeant et n'abusait jamais de ce système d'attaque auquel Philippe n'arrivait pas à résister.

 

-Je le ferai, si c'est ce que vous souhaitez et à la condition que vous restiez sagement ici.

 

-Je vous le promets. Merci beaucoup !

 

-Je vous en prie. Pour être honnête, j'ai déjà pensé à quelque chose. Je peux leur offrir un petit terrain à quelques pas du château et un petit pécule pour y construire leur maison. C'est un endroit agréable et Lothaire sera suffisamment proche pour venir vous voir et même continuer à travailler pour vous si vous le souhaitez...

 

Les yeux de Louis brillaient de reconnaissance.

 

-C'est une excellente idée. Merci !

 

Philippe hocha la tête et s'éloigna.

 

-Je m'en charge immédiatement.

 

 

O0o0O__________O0o0O

 

Ce jour la, Adélaïde se leva de fort bonne humeur. Son plan était prêt à être exécuté. Elle se leva et s'habilla comme d'habitude, fit exactement les mêmes gestes que chaque matin. Rien dans son attitude ne laissait paraître le moindre signe de tension, d'anxiété ou d'énervement. Elle était sereine et prête à prendre sa revanche.

___

 

Philippe desserra légèrement son col, la chaleur était étouffante. Il était mal à l'aise.Louis avait énormément insisté pour que Philippe le représente au mariage de Lotahire et il avait cédé. Il avait réussi à convaincre François de l'accompagner sans trop de problème et le valet avait été ravi de les accueillir tous les deux. Le cadeau et le message de Louis avait beaucoup ému son valet, tout allait bien ! Les gens l'avaient regardé avec assez d'insistance au début, étant légèrement déplacé au milieu des villageois, mais cela il pouvait s'y faire, c'était plutôt logique. Mais malgré cette bonne humeur festive et estivale, quelque chose gênait Philippe. Il n'aurait pas su dire exactement quoi. Il avait comme une drôle de boule au ventre. Il s'était levé avec le matin même et elle n'avait pas voulu se déloger depuis. Philippe sentit une goutte de sueur couler dans sa nuque. Il faisait vraiment très chaud et pourtant il se sentait glacé de l'intérieur. Il avait du attraper un petit rhume. Il but une gorgée d'un breuvage alcoolisé qu'on lui avait servi et se concentra sur ce que lui disait François, tentant de reléguer au fond de lui ses pensées désagréables.

___

 

A l'orée du bois, dans sa petite maison isolée, le druide passa une main fatiguée sur ses yeux las. Combien de fois aurait-il voulu intervenir sur le destin pour ne pas briser des vies ? Encore aujourd'hui, il était contraint à rester assis, à attendre que les évènements se passent. Il revoyait sa première rencontre avec le nouveau jeune prince de Mésancourt, puis toutes celles qui suivirent. Une fois de plus il se jura de ne plus s'attacher autant à ses clients. Surtout avec un si lourd destin. Il se leva et avança vers une petite armoire qui débordait d'objets hétéroclites. Il prépara son sac. Au moins, quand on viendrait le chercher, il serait prêt tout de suite. Une bien maigre consolation qui, le druide le savait, serait complètement inutile pour la suite des évènements.

 

___

 

Louis somnolait à moitié, allongé torse nu sur son lit, sans rien pour le couvrir. La chaleur était étouffante et il avait sur son front un tissus imbibé d'eau que Philippe lui avait déposé avant de partir pour le mariage. Louis eut un petit sourire alors que son esprit divaguait entre rêve et réalité, en repensant à son époux. Inconsciemment, sa main passa sur son ventre et passa au endroits où il sentait ses enfants bouger. Ces petits gestes quotidiens lui apportaient une sérénité qu'il n'avait jusque là que peu connu. Il avait tellement hâte de pouvoir les voir et les serrer contre lui.

 

___

 

Adélaïde regardait au loin par la fenêtre, la place du village ou un nombre assez impressionnant de personnes était réuni pour fêter le mariage de deux domestiques. Philippe avait décidément de bien drôle de fréquentations. Elle lui pardonnait. Elle le remettrait dans le droit chemin lorsqu'elle serait son épouse. A cette pensée, elle s'aperçut qu'elle n'avait pas été rendre visite à son fils depuis deux ou trois jours. Qu'importe, des nourrices étaient payées pour cela. Elle avait bien mieux à faire que de s'occuper d'un marmot braillard. Son regard se tourna à nouveau vers l'horizon. Le prince était là bas, elle le savait. Elle avait assisté de loin à son départ et François l'avait accompagné. Le champs était libre. Un sourire cruel se dessina sur son visage et elle s'éloigna de son poste d'observation pour se diriger vers une autre aile du château.

 

___

 

Philippe posa son verre sur une table formée par une longue planche plate et quelques tréteaux. La boule qu'il avait au ventre s'était transformée en une douleur lancinante qui ne le quittait plus. Sa gorge était serrée, il était inquiet. Il tituba légèrement et fut rattrapé par deux bras solides.

 

-Eh bien mon ami, as-tu déjà tellement bu que tu ne tiens plus debout ?

 

Mais en voyant la pâleur du prince, François perdit aussitôt sa jovialité.

 

-Philippe, quelque chose ne va pas ?

 

Philippe posa une main sur l'épaule de son ami.

 

-Louis...

 

-Quoi, Louis ?... Réponds!

 

-Je ne sais pas... il faut que j'y aille, je dois le trouver. Dis à Lothaire que je suis désolé, mais je dois y aller, maintenant !

 

Philippe s'éloigna à grand pas de son ami. Et François décida d'aller prévenir leur hôte avant de s'éclipser à son tour. Il n'avait pas l'intention de laisser son ami seul dans cet état.  L'alcool ne lui réussissait pas vraiment. Mais François se fit la réflexion que Philippe n'avait bu que très peu au court de l'après midi. Une drôle d'impression lui comprima l'estomac. Il devait trouver Lothaire rapidement pour l'informer de leur départ.

 

___

 

Le druide prit quelques fioles et les rangea précautionneusement dans sa sacoche en cuir. Il alla couper quelques plantes fraîches à l'extérieur et en fit deux tas distincts. Il tria et rangea le premier tas enveloppé dans un mouchoir dans une petite poche de sa sacoche et il pila le deuxième tas avant d'en verser dans quelques unes des fioles à disposition. Peut être que cette fois ci, il se serait trompé. Peut être qu'il pourrait effectivement faire quelque chose. Il secoua la tête douloureusement. Il commençait à se faire trop vieux pour toute cette souffrance. Parfois, il haïssait son don.

 

___

 

Louis se retourna dans son lit, faisant glisser le tissus de son front. Il faisait bien trop chaud pour pouvoir dormir et l'inactivité lui manquait beaucoup. Cependant, pour rien au monde il ne voulait désobéir au druide. Rien n'était plus important à ses yeux que la survie de ses enfants. La porte de sa chambre grinça, lui faisant ouvrir un œil. Les seules personnes qui entraient dans sa chambre sans frapper n'étaient pas sensées être au château actuellement. Il se redressa légèrement et un frisson glacé lui parcouru l'échine lorsqu'il croisa le regard à moitié fou d'Adélaïde.

 

___

 

La jeune femme était extatique. Elle était enfin seule avec lui et personne pour l'empêcher de mener son plan à exécution. Elle put reconnaître avec un frisson d'excitation la peur se refléter dans les yeux du jeune homme qui lui faisait face. 

 

-Bonjour Louis.

 

-... Bonjour, Dame Adélaïde... Puis-je faire quelque chose pour vous ?

 

Le sourire d'Adélaïde s'agrandit d'avantage.

 

-Bien sur que vous le pouvez...

 

___

 

Philippe marchait à vive allure sur le chemin de terre. Mais pourquoi n'avait-il pas pris son cheval ? Ils avaient voulu suivre la procession avec tout le monde, tentant de se fondre parmi les invités. Quel idiot il avait été. Avec sa monture, il aurait été au château en quelques minutes seulement. Louis était en danger. Il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas comment. Il avait juste l'intime conviction que son époux avait besoin d'aide, sur le champs. Le prince accéléra le pas jusqu'à se mettre à courir, un nœud puissamment serré au niveau de ses tripes.

 

___

 

Le druide faisait des vas et viens dans sa petite chaumière. Il avait déjà vérifié trois fois ses affaires, tout y était. Il regarda par la fenêtre le soleil commencer à décliner lentement à l'horizon. Il lui faudrait attendre encore un long moment avant que quelqu'un n'arrive pour le chercher. Après un soupire, il rouvrit sa sacoche et se mit à vérifier ses ustensiles pour la quatrième fois.

 

___

 

Louis s'était figé. Il n'avait jamais été à l'aise en présence d'Adélaïde. Elle dégageait quelque chose d'inquiétant. Mais jamais encore Louis ne s'était senti physiquement en danger. Hors à cet instant précis, la menace était bien réelle. Pourtant Adélaïde semblait sereine. Ses gestes étaient mesurés, sa voix posée. Mais Louis avait plongé ses yeux dans les siens et il n'y avait trouvé que de la folie. Une folie qu'il ne pouvait qualifier que de meurtrière. Plus aucune trace d'humanité n'émanait de cette femme.

 

-Bien sur que vous le pouvez...

 

-Je vous écoute.

 

-Vous devez disparaître.

 

Elle avait dit cela d'une voix banale, comme si elle parlait du beau temps.

 

-Je vous demande pardon ?

 

-Ecoutez, je n'ai pas envie de vous faire du mal. Alors soyez gentil et partez. Ce serait dommage que vous perdiez ces enfants n'est-ce pas.

 

Son regard fixait le ventre de Louis et celui ci regretta de ne pas avoir de haut sur le corps. Ses mains se placèrent instinctivement autour pour le protéger. Adélaïde eut un petit rire et continua.

 

-Ecoutez, c'est très simple en réalité. Philippe va m'épouser. C'est comme cela que c'était prévu, depuis avant même votre naissance !

 

-Philippe m'a épousé, moi.

 

-Oui, vous avez, je l'avoue, légèrement contrarié mes plans. Mais ce n'est que partie remise, je saurai être magnanime avec lui. Il s'est légèrement égaré, le pauvre. Sans doute, vos formes affriolantes y sont pour quelque chose. Mais avouez que cela ne l'a pas empêcher de passer du bon temps avec moi. Quoiqu'il en soit, je lui ai donné ce dont il avait besoin et il n'a absolument pas besoin de vous ! C'est pour cela que je vous demande de partir.

 

___

 

Philippe courait de toutes ses forces et il avait l'impression de faire du sur place. Il n'avait pourtant pas autant marcher à l'aller, si ? Il venait de sortir du village et voyait le château se rapprocher à une allure bien trop lente à son goût. A bout de souffle, il tenta d'accélérer encore le rythme. Il pénétra dans les jardins du palais et continua sa course sous l'œil stupéfait des jardiniers et des promeneurs. Ses poumons semblaient prêts à éclater et sa gorge le brûlait, mais pour rien au monde il n'aurait ralenti.

 

___

 

Louis sentait la rage grondait en lui. Et, ignorant la douleur qui le lançait dans le ventre, il bondit du lit pour se retrouver face à son ennemie. Il ne la laisserait pas le dominer !

 

-Je n'ai pas l'intention de partir. Philippe est mon époux et il m'a clairement fait comprendre qu'il ne souhaitait pas mon départ.

 

-Bien sur que non, le pauvre chéri, il n'a pas voulu vous blesser. Il est comme cela, bien trop gentil. Mais je vous garantis que vous n'êtes qu'une gène pour lui. Un caillou dans les bons rouages du royaume. Vous savez que je finirais tôt ou tard par prendre votre place et que vous serez répudié. Quelqu'en soit les moyens. Mais voyez-vous, je suis bonne joueuse, je vous laisse l'occasion de partir de vous même, et en vie !

 

-Non.

 

Adélaïde serra les poings et grinça des dents.

 

-Partez Louis. Partez, sinon je peux vous assurer que votre mort sera extrêmement lente et douloureuse. J'arracherais de mes propres mains les immondices qui se cachent dans votre corps et vous aurez le temps de les voir découpés en morceau avant de me supplier d'achever votre misérable vie.

 

Louis sentit une terreur sans nom le clouer sur place. Elle en était capable. Il le savait, elle était sincère. La panique le gagna, faisant trembler légèrement ses membres, et en même temps il sentit une force inconnue gronder en lui. Elle venait de menacer ses enfants !

 

-Ecoutez, je commence à en avoir plus qu'assez de vous et de vos piètres tentatives pour me séparer de mon époux. Au début j'y ai cru. J'avoue, vous avez bien mené votre barque. Mais Philippe est bien plus sensé que cela. Je n'ai aucune raison d'être répudié. Je n'ai rien fait de mal, je porte les héritiers de la couronne et j'ai bien l'intention de les élever dans les traditions de la famille royale de Mésancourt.

 

A ses mots, Adélaïde éclata d'un rire froid. Louis s'en retrouva décontenancé et son ventre qui devenait de plus en plus tendu et douloureux ne l'aidait pas à se concentrer.

 

-Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.

 

Il criait presque maintenant. Il se sentait épuisé, physiquement et moralement. Adélaïde arrêta de rire et le regarda méchamment.

 

-Vous croyez vraiment à ce que vous venez de dire ? Vous êtes pathétiques ! Vous pensez vraiment que vous serez la personne qui s'occupera de vos enfants ? Ne rêvez pas mon pauvre. Dès leur naissance ils seront confiés à une nourrice, vous aurez droit à une heure de visite quotidienne jusqu'à l'âge de trois ans, après quoi la reine mère prendra en charge leur éducation avec des précepteurs et vos visites se restreindront à une par semaine, si leur emploi du temps le permet.

 

Louis tremblait de tous ses membres maintenant. Il savait qu'il avait changé de couleur et il sentait son front s'embraser tandis qu'un marteau tapait sur une enclume au milieu de sa tête. Il avait l'impression que son ventre était aussi dur que la pierre.

 

___

 

Philippe traversa le jardin à toute vitesse, renversant quelques personnes au passage mais sans prendre la peine de s'excuser. Il franchit les portes d'entrée en trombes et se précipita dans les escaliers qui menaient à ses quartiers. Il se mit à supplier toutes les divinités qu'il connaissait pour ne pas arriver trop tard, pour que tout ceci ne soit qu'un mauvais pressentiment sans importance et que Louis, en le voyant arriver si essoufflé, se moque gentiment de lui, avec ce petit sourire sur le côté et ses dents mordillant sa lèvre inférieure. Et alors il pourrait l'embrasser encore et encore en lui racontant la peur stupide qui l'avait pris aux tripes en plein milieu du mariage de son valet. Et peut être, si Louis s'en sentait capable, il lui ferait l'amour, tout doucement, pour ne pas le blesser ni l'épuiser, s'appliquant à le faire crier son nom de cette voix si particulière qu'il avait lorsque l'orgasme le terrassait et dont Philippe se délectait. Le prince arriva à son étage. Encore quelques couloirs et il y serait, ses pas claquaient sur le sol de marbre.

 

___

 

-VOUS MENTEZ !

 

-Pourquoi mentirais-je ? Vous vouliez vivre votre vie royale, je ne fais que vous exposer ce qui vous attend ! Mais peut être Philippe ne vous avait-il pas mis au courant de ces petites formalités !

 

Un sourire jubilatoire ne quittait plus le visage d'Adélaïde, maintenant entièrement en position de supériorité. Louis se tenait à moitié courbé, les mains plaquées sur le ventre, cloué sur place par de longues crampes abdominales.

 

-Je ne vous crois pas !... Allez vous-en !... PARTEZ !!!

 

Louis perçu le regard d'Adélaïde sur ses pieds et il en suivit le cheminement. Du sang coulait abondamment le long de ses jambes, tachant son pantalon et formant une flaque à ses pieds. Louis sentit la nausée lui monter à la gorge et il vacilla.

 

-NOOOOOOOONNNNN !!!

 

Il s'écroula.

 

___

 

Le druide ferma les yeux douloureusement et son cœur se serra. Il ne s'était jamais trompé... Il ferma son sac et se tint prêt, devant la porte de sa maison. Il leva la tête vers les étoiles et tenta d'endiguer les quelques larmes qui montaient à ses yeux.

 

___

 

Philippe entendit un « NON » déchirant et il reconnut sans peine la voix de son époux suivit d'un bruit sourd. Il accéléra encore et ouvrit les portes de sa chambre avec fracas. Ce qu'il vit le terrifia. Louis était allongé par terre, torse nu, baignant dans une mare de sang. Il se précipita sur lui et constat qu'il avait toujours un pouls. Il se releva et agrippa Adélaïde par les épaules.

 

-Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que tu lui as fais ?

 

-Mais rien, mon amour. Il nous empêchait de vivre notre vie, je l'ai juste encourager à prendre le large. Voilà qui est résolu, tu n'as plus à faire semblant maintenant. Je suis là et notre fils a nous attend ! Je peux parfaitement prendre sa place ! Je serai une bien meilleure reine !

 

Ivre de rage, Philippe lui asséna un violent soufflet qui la propulsa par terre.

 

-Toi et ton bâtard, je veux que vous quittiez immédiatement ce château, je vous bannis ! Estime toi heureuse de ne pas être pendue haut et cour pour trahison envers la famille royale! Maintenant DISPARAIS !

 

A ces mots, le visage d'Adélaïde se crispa en une hideuse grimace, elle éclata en sanglot et pleine de rage, fit volte face et s'éloigna en courant. Philippe se précipita auprès de Louis.

 

-DE L'AIDE ! VITE !

 

Alertés par les bruits de dispute et l'appel au secours, rapidement un certain nombre de personnes arrivèrent dans la chambre du couple. François, qui avait couru presque autant que Philippe arriva à ce moment la et Philippe l'aperçu.

 

-François, va chercher le druide, vite ! Je t'en prie, dépêche toi !

 

Aussitôt, le baron fit demi-tour et se précipita en direction des écuries. Philippe porta précautionneusement Louis sur le lit, faisant fi des taches de sang que cela engendrerait.

 

-Que les femmes de chambre les plus expérimentées restent avec moi dans cette chambre, vous pourrez aider le druide. Toutes les autres personnes, tenez vous à leur entière disposition et préparez tout ce dont elles pourraient avoir besoin ainsi que le druide lorsqu'il arrivera ! Allez, exécution !

 

Malgré l'urgence, Philippe savait que le druide ne serait pas là avant un petit moment et il était absolument impuissant. Dans le cas d'une grossesse féminine, il aurait pu agir, ou au moins laisser les femmes de chambre travailler, mais la, seul le druide pouvait les aider. Il s'attarda un instant sur le visage de son époux, inconscient mais contracté par la douleur et brûlant. Malgré sa pâleur et ses traits tirés, Philippe ne pouvait s'empêcher de l'admirer et il se maudit mille fois de s'être privé d'un si beau visage pendant si longtemps. Il avait été un piètre mari et il ne pouvait que prier pour qu'on lui laisse la chance de profiter plus longtemps de son époux.

 

 

 

O0o0O__________O0o0O

 

Louis ouvrit brusquement les yeux, ouvrit la bouche et après quelques longues secondes de silence, un cri guttural en sortit. Malgré l'immense douleur qui lui coupait la respiration, il se redressa immédiatement sur son lit, ses mains se posant sur son ventre. Il le tâta, la respiration rapide, sanglotant. Il était plat, désespérément plat et vide.

 

-Non, non, non, non......

 

Philippe qui était assis au bord du lit attrapa les poignets de son époux pour le forcer à le regarder. Ses yeux étaient cernés et rougis.

 

-Louis...

 

-Où sont-ils ? Philippe où sont-ils ?

 

Louis avait les yeux brillants de larmes et de fièvre et le front bouillant, cependant, Philippe savait qu'il ne pouvait pas retarder la nouvelle.

 

-Je vous en prie, dites moi qu'ils vont bien, dites le moi ! Par pitié !

 

La voix entrecoupée de sanglot et les mains s'agrippant convulsivement à celles de Philippe, Louis s'accrochait à la moindre parcelle d'émotion que son époux laissait filtrer. Et il n'arrivait à y lire que de la peine et de la souffrance. Il sentit une angoisse sourde et indicible se diffuser dans ses veines et les larmes dévalèrent ses joues.

 

-Je vous en prie... je vous en supplie...

 

Louis secouait la tête, tout en parlant, à moitié sanglotant, à moitié délirant, mais quand Philippe ouvrit la bouche, il se tut, attentif au paroles de son époux.

 

-Le druide est arrivé et il m'a dit que si vous gardiez les enfants en vous, vous alliez mourir. Il fallait les faire sortir alors il vous a ouvert, mais la grossesse n'était pas assez avancée, les bébés n'étaient pas suffisamment matures...

 

Philippe fit une courte pose, le temps de ravaler un sanglot.

 

-Aliénor...

 

-Une petite fille ?

 

Philippe hocha la tête douloureusement.

 

-Elle est décédée dès qu'elle est sortie, elle n'a pas eu le temps de pousser un seul cri. Elle s'est éteinte dans mes bras.

 

Louis se courba à nouveau de douleur autant physique que psychologique, expulsant un cri silencieux puis il tenta de reprendre une goulée d'air après de longues secondes en apnée. Son visage était ravagé par la douleur et le chagrin.

 

-... le deuxième ?...

 

-Philippe.

 

-Un petit garçon ?

 

A nouveau Philippe hocha la tête.

 

-Il a mis un peu de temps mais il a crié. Le mage s'en est occupé au maximum, mais il dit que le pronostic est très mauvais. Il pense qu'il ne devrait pas passer la nuit. Ils.. ils sont merveilleusement beaux, tous les deux !

 

A son tour, Philippe ne put retenir ses sanglots et ses larmes. Louis repoussa violemment les couvertures et tenta de se lever, mais la douleur le fit s'effondrer dans les bras de son époux.

 

-Vous ne devez pas bouger, votre corps doit se rétablir.

 

-Je dois les voir ! Il faut que je les vois !

 

-Je vous les amènerai, je vous le promets. Pour le moment restez, allongé, vous avez besoin de repos.

 

Louis à bout de force et encore violemment lancé par sa cicatrice se laissa retomber sur son lit et se roula en boule, laissant échapper un long sanglot déchirant. Philippe s'allongea à ses côtés et le serra fort dans ses bras.

 

 

O0o__________o0O

 

Deux jours plus tard, le tout jeune Philippe III de Mésancourt cessa de respirer au milieu de son sommeil. Cette nuit la, un cri de désespoir déchira le ciel.

 

 

 

...Euh... hé hé... amusant, hein, comme fin !    *esquive un frigo*

 Vous trouvez pas ?!    * esquive un four*

Eh ben, vous en avez des munitions !!    *se prend une poêle à frire, aïeuh !*

Mais euh, je vous avez prévenu que vous alliez me haïr à la fin de la première partie, ce n'est donc pas une surprise ! Vous n'aviez  qu'à pas lire, na !   * se prend une brique, ouch*

Bon rassurez vous, l'histoire ne se finit pas là ! La suite viendra dans la partie 2...je dis pas qu'elle sera plus drôle par contre...lol Quoi sadique ! Non, pas sadique, c'est juste un peu d'action. Sinon vous vous seriez ennuyé et vous seriez plus revenu et j'aurai été triste.   * qui a dit bien fait ?!*


Donc comme prévu, je fais maintenant une pause dans cette histoire, juste le temps de bien organiser la partie 2 et de prendre un peu d'avance sur l'écriture. Par contre je vais reprendre UPPDB et Dépendance. Les MAJ ne seront pas régulières, elles viendront comme elles pourront (comme avant quoi), en essayant tout de même de respecter un certain rythme d'écriture, en fonction de ce que me permettra le boulot. Sachez juste que les 3 prochaines semaines sont déjà remplies et donc je ne pense pas pouvoir écrire du tout. Après, ça devrait être jouable.


Je vous embrasse donc, et merci d'avance de me laisser vos impressions sur ce chapitre mais également sur toute cette première partie, une sorte de petit bilan ! Si je pouvais ne pas avoir que des promesses de mort lente et douloureuse, ça serait sympa ! mdr


Bisous à tous et à toutes, je vous nem très fort (si, si, c'est vrai...après tout, qui aime bien, châtie bien... donc vous voyez, je vous adore !). Merci de me suivre et merci à ceux qui laissent leur trace!
par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Dimanche 31 mai 2009

Salut, salut !

Et voici le chapitre 15 !

Un petit peu plus long que d'habitude, en espérant qu'il vous plaise ! J'ai bon espoir que le chapitre 16 soit terminé pour dimanche et je pense que ça sera le dernier de la première partie (je pense fusionner les deux derniers chapitres sinon le 17ème serait trop court), ce qui devrait, à priori, en faire un très long chapitre...

Bonne lecture à tous et toutes !

Bisous

 

P.S: nous somme le lundi 1er juin, il est 3h25 du matin et j'ai la joie de vous annoncer que je viens de terminer le prochain chapitre de Royale destinée, qui sera également la fin de la première partie. Il sera donc publié dimanche comme convenu!

 

Philippe avait passé une matinée plus qu'agréable en compagnie de son époux. Ils étaient sortis du lit assez tard et avaient partagés un frugal petit déjeuner en prévision du déjeuner qui n'allait pas tarder. Il finit par prendre congé de Louis, peu avant midi pour aller retrouver François. Il devait lui parler de toutes urgences. Les deux amis se retrouvèrent auprès des box.

 

-Eh bien, qu'as-tu ? Cela s'est mal passé avec Louis ?

 

-Quoi ?.. Non, je... écoute, si nous faisions un tour, tu veux bien ?

 

-Bien sur.

 

Philippe et François préparèrent chacun leur monture et laissèrent les chevaux prendre le chemin qui leur plaisait.

 

-Bien, quand tu es partis hier, j'ai voulu te rejoindre, mais Louis m'a demandé de le laisser y aller. Et à priori, il n'est pas ressorti de ta chambre... Alors, que s'est-il passé pour que tu tires cette tête ? demanda François au bout de quelques minutes.

 

Philippe sembla méditer un instant, comme pour choisir ses mots avant de prendre la parole.

 

-Rien... enfin rien de mal. Tout s'est très bien passé. J'ai même enfin réussi à lui présenter mes excuses...

 

-Ouah !! Même moi je n'y ai jamais eu droit !

 

-Toi je ne t'ai pas violé ! répondit Philippe sèchement, presque méchamment.

 

François, surpris par le ton employé, attrapa les rennes de Philippe et arrêta la marche des deux chevaux. Son ami avait vraiment l'air mal.

 

-Que se passe-t-il Philippe ? Il n'a pas voulu te pardonner ? Ca peut se comprendre, tu sais, il lui faut un peu de temps pour...

 

-Non, ce n'est pas ça, le coupa le prince. Enfin, je veux dire, je lui ai dit que de toutes façons je ne méritai pas son pardon... mais il m'a dit que c'était du passé et qu'il voulait apprendre à me connaître mieux...

 

-Eh bien c'est une bonne nouvelle ! Qu'est-ce qui te chagrine la dedans ?

 

-J'ai voulu lui enlever son voile, tu sais !

 

-Enfin !

 

-Il a refusé.

 

-Quoi ?

 

Philippe hocha la tête doucement, semblant toujours tourmenté par l'événement.

 

-Je n'ai pas compris... dès le premier jour il m'a demandé de l'enlever et moi... évidemment j'ai refusé. Quel imbécile je fais ! Tu parles d'un futur roi ! Et là, je voulais vraiment qu'il l'enlève, je voulais le voir... ça fait longtemps que j'en ai envie, mais je n'osais pas...

 

-Pourquoi tu n'osais pas ?

 

-J'avais peur qu'il me rejette... et c'est ce qu'il a fait... Et c'est bien fait pour moi, c'est tout ce que je mérite de toutes façons !

 

François sembla un instant déconcerté face à l'attitude de son ami. Philippe avait toujours était assez exigeant envers lui même et il ne se pardonnait que difficilement ses échecs. Pourtant, jamais encore François ne l'avait vu aussi en colère contre lui même. Il avait les poings serrés et fulminait. Sa monture qui ressentait son énervement, commença à s'agiter, aussi, ils reprirent la route, toujours côte à côte. Et François posa une main sur le bras de son ami. Philippe reprit son récit.

 

-Tu l'aurais vu... il semblait apeuré... je n'ai pas compris, il n'avait pas eu cette réaction depuis... depuis que je l'ai...

 

-Oui, je sais depuis quand. Et comment as-tu réagi ?

 

-J'ai voulu m'approcher de lui pour le calmer, mais il semblait paniquer de plus en plus. Alors je lui ai dit que si il ne le voulait pas, je lui laisserai son voile. Et ce n'est que lorsqu'il m'a fait promettre de ne pas y toucher qu'il s'est enfin calmé.

 

-Et après ?

 

-Après... tout est redevenu comme avant. Il était bien, détendu, on a discuté et on a fait l'amour...

 

-Oui et plusieurs fois, si j'en crois l'heure à laquelle vous êtes sortis de la chambre.

 

Philippe eut un petit sourire triste à la tentative d'humour de son ami.

 

-Oui, c'est vrai... mais je ne comprends pas.

 

-Il y a en tout cas une bonne nouvelle.

 

-Laquelle ?

 

-Il a eu suffisamment confiance en ta parole pour te laisser l'approcher sans avoir peur que tu retouches au voile !

 

-Oui, c'est vrai.

 

-Et il n'a pas peur de toi puisqu'il te laisse le toucher et l'embrasser sans soucis.

 

-Oui.

 

François resta un petit moment à tourner la situation dans sa tête avant de reprendre la parole.

 

-Tu sais, je pense que ce n'est pas contre toi qu'il a fait ça. Et comme tu lui as demandé cela sous le coup, sa réaction n'était pas préméditée. Mets toi à sa place. Depuis qu'il est ici, tu lui as imposé ce voile.

 

Philippe grimaça, mais ne fit pas de commentaire, laissant son ami finir sa théorie.

 

-Donc, personne n'a pu voir son visage. Il vit dans ce château depuis un certain temps sans que personne ne sache à quoi il ressemble. C'est une sorte de... barrière de protection entre lui et le monde qui l'entoure. Une barrière qu'inconsciemment tu lui as toi même fourni. Il t'a vu évolué récemment. Ton comportement vis-à-vis de lui a beaucoup changé, ce qui doit être assez perturbant pour lui. Alors si en plus, tu veux lui ôter sa protection... ça doit faire beaucoup d'un seul coup, tu ne trouves pas ?

 

-Oui, mais il n'en a plus besoin de cette protection, comme tu dis. Je ne lui ferai pas de mal.

 

-Toi, tu ne lui en feras plus et ne t'en fais pas, il le sait. Mais n'oublie pas que tu n'as pas été le seul à mal te comporter avec lui dans ce château. Et puis tu as évolué positivement pour lui étant caché... il doit avoir peur de... je ne sais pas... que tu changes en le voyant... que tu sois déçu...

 

-C'est exactement ce qu'il m'a dit...

 

-Eh bien voilà. Je crois que sa peur principale, c'est qu'il ne te plaise pas et que votre relation régresse à un stade précédent.

 

-C'est ridicule ! Il me plaira, je le sais. Tout en lui me plait déjà. Il me manque juste... je veux juste voir son visage...

 

-Tu lui as dit ?

 

Philippe secoua la tête négativement.

 

-Laisse lui le temps de s'habituer à cette idée. Et n'oublie pas, que ce voile est devenu son rempart. L'enlever reviendrait à s'exposer.

 

-Oui, tu as sans doute raison.

 

-Comme toujours, reprit François en retrouvant son sourire, mais ne t'en fais pas, Louis est loin d'être un couard. Il ne tardera pas à se dévoiler, si tu continues à prendre soin de lui et à le rassurer. J'y pense, tu pourrais peut être...

 

-Quoi ?

 

-L'as-tu invité au bal ?

 

-Non, pas encore. J'avais l'intention de le faire, mais l'occasion ne s'est pas présentée.

 

-Tu devrais te dépêcher, il a lieu à la fin de la semaine et nous partons quelques jours dans le sud dès demain.

 

-Oui, je vais lui demander tout à l'heure.

 

-Ne penses-tu pas que ce serait l'occasion idéale ? Après tout, c'est un bal costumé...

 

Philippe hocha la tête, songeur.

 

Les deux amis finirent par changer de conversation, puis il firent la course jusqu'au retour à l'écurie que Philippe remporta de justesse, preuve qu'il avait l'esprit bien loin de là. Puis ils s'occupèrent de leur monture en parlant de la future mission qui les ferait partir le lendemain et rentrer juste avant le bal.

 

Louis  retrouva son époux le soir même au dîner. Lothaire s'était absenté pour aller dîner dans la famille de Suzanne, et François, en apprenant cela, s'était subitement souvenu qu'il avait un rendez-vous important avec son père. Le repas se passa tranquillement, mais Philippe semblait légèrement tendu et Louis le sentit. Ils réussirent malgré cela à converser tranquillement et en fin de soirée, ils remontèrent à leur étage. Arrivé devant la porte de Louis, ils marquèrent un temps d'arrêt. Puis Philippe prit la parole en lui tendant la main.

 

-Vous venez avec moi ?

 

Louis hocha la tête et posa sa main dans celle de son époux et se laissa conduire dans ses appartements. Mais le malaise de Philippe persistait et Louis, n'y tenant plus, décida de mettre les pieds dans le plat.

 

-Philippe, souhaitez-vous... me dire quelque chose ?

 

Le prince qui avait commencé à faire les cent pas dans sa chambre s'arrêta subitement, aux paroles de son époux. Il le regarda quelques instants en se mordillant la lèvre, comme indécis, puis il sembla se décider et se dirigea à grand pas vers une armoire et en sortit deux objets. Il la referma et se dirigea à côté de Louis, déposant sur un buffet devant lui ce qu'il était allé récupérer. Louis regarda quelques instants le loup et le médaillon puis ses yeux se reportèrent sur Philippe, attendant l'explication.

 

-Je pars demain vers l'est.

 

-Oui, je le sais, vous m'en avez déjà parlé...

 

-Je sais. Je ne serai absent que cinq jours. Mais le soir de mon retour, il y a un bal organisé au château.

 

-Oui, Lothaire m'en a parlé.

 

-Je ne pourrai pas vous retrouver avant, j'aurai tous mes rapports à faire et après, j'aurai tout juste le temps de me préparer pour la soirée... Je voudrai que vous veniez à ce bal avec moi. Je voudrai que vous soyez à mon bras.

 

-Oui, d'accord.

 

-Non, Louis... je vous veux entièrement, sans barrière... sans voile.

 

Louis frémit mais avant qu'il ne puisse émettre la moindre objection, Philippe leva la main pour l'en empêcher et reprit la parole.

 

-Ne répondez pas maintenant. Je veux que vous preniez le temps d'y réfléchir pendant mon absence. J'ai demandé à ce qu'on vous rende tous vos vêtements ainsi que ceux que nous avions prévu pour vous. Quelqu'un vous les apportera demain.

 

Philippe laissa flotter quelques instant de silence avant de reprendre.

 

-C'est un bal costumé, c'est pour cela que je vous ai pris ce loup. La tradition veut que chacun retire son masque au douzième coup de minuit. J'espère vous retrouver à ce bal, Louis. Vraiment ! Avec juste ce loup sur le visage... Réfléchissez-y, d'accord ?

 

Louis hocha la tête, doucement puis ses yeux se posèrent sur le médaillon. Philippe le saisit et le fit pivoter pour détacher les deux morceaux qui s'emboîtaient, créant ainsi deux médaillons identiques*.

 

-Ce médaillon est dans ma famille depuis des générations. Il se transmet à chaque mariage, c'est la tradition. J'aimerai que vous le portiez.

 

Louis hocha la tête et Philippe lui accrocha autour du cou avant de mettre le sien. Louis passa doucement sa main sur son médaillon qui pendait maintenant contre sa poitrine. Sans trop savoir pourquoi, il lui réchauffait le cœur et le rassurait légèrement. Philippe acheva de le mettre à l'aise en l'embrassant tendrement, puis il lui prit la main et l'entraîna vers leur lit. Ils avaient tous les deux envie de profiter de leur nuit avant d'être à nouveau séparés par les obligations du prince. Le lendemain, Louis se réveilla seul, une fleur de lys posée sur l'oreiller qu'avait occupé son époux.

 

Louis passa les cinq jours qui suivirent à tourner et retourner la situation dans tous les sens. Il décida d'aller au bal... puis de ne plus y aller... puis d'y aller... peut être... Il avait l'impression d'être revenu aux jours précédant son mariage, il espérait juste que la suite serait différente. Il savait ce que Philippe attendait de lui, il savait aussi qu'à partir du moment ou il enlèverait son voile, il pourrait assumer pleinement son rôle au château mais aussi aux yeux de tout le royaume. Philippe lui avait déjà redonné sa place aux yeux du monde, c'était à lui de s'imposer à présent. Le seul soucis était qu'il se sentait terrorisé. Lothaire, malgré sa présence et son soutient n'avais pas réussi à le rassurer et le valet, qui avait failli faire une attaque en apprenant que Louis avait refusé d'enlever son voile une première fois, avait bien du mal à comprendre son maître. Louis lui même s'embrouillait dans ses explications. Sa seule certitude étant qu'il était juste terrifié.

 

Pour l'heure, Louis se trouvait devant les grandes portes et tentait de respirer profondément. Un malaise ne serait sans doute pas un très bon effet pour une première apparition publique démasqué... ou presque. La présence du loup en satin noir qui lui couvrait le contour des yeux, l'arrête du nez et les tempes** le rassurait légèrement, mais sa chevelure et le reste de son visage était à nu et il avait l'impression d'être totalement désarmé et lâché au milieu des fauves. Lothaire n'avait, bien sur, pas pu l'accompagner jusqu'à la salle de bal. Mais il l'avait aidé à se préparer, lui faisant essayer différentes tenues et lui répétant régulièrement qu'il était très beau et qu'il était heureux de pouvoir le voir sans voile en toute légalité cette fois ci. Finalement, la tenue était blanche et bleue et avait la même coupe que celle qu'il avait au mariage, épousant son corps et mettant les rondeurs de son ventre en valeur. Effet renforcé par une large ceinture noire qui lui entourait la taille, nouée sur le côté et dont les pans tombaient jusqu'à la mi-cuisse. Ses cheveux châtains clairs lui chatouillaient la nuque et envoyaient des reflets dorés sous les lumières du château. Le médaillon posé contre sa poitrine lui apportait une légère sérénité, mais ne suffisait pas à empêcher ses membres de trembler. Il décida finalement que de venir à ce bal était une très mauvaise idée et d'ailleurs il ne savait pas comment Lothaire avait réussi à le convaincre d'y aller. Mais au moment ou il avait décidé de faire demi tour, un domestique lui ouvrit la porte en grand et il ne put qu'avancer. Il fit quelques pas dans la salle et remercia toutes les divinités qu'il connaissait en constatant que personne ne faisait attention à lui. Il n'était pas très en avance et de nombreux groupes de personnes étaient déjà occupés à discuter, parfois un verre à la main, tandis que d'autres dansaient sur le rythme de l'orchestre présent dans un coin de salle. Tout le monde portait un masque.

 

Louis inspira profondément et fit encore quelques pas. Il était perdu et ne reconnaissait personne. Quand deux mains se posèrent sur ses hanches et qu'une odeur bien connue s'infiltra dans ses narines, il ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement et se laissa enlacer par son époux avec un plaisir non dissimulé. Philippe passa sa bouche contre son oreille.

 

-Je savais que vous étiez magnifique.

 

Louis laissa échapper un petit rire.

 

-Vous ne m'avez même pas encore vu totalement.

 

-Je n'en ai pas besoin, je le sais.

 

Sur ces mots, Philippe attrapa les épaules de Louis et le fit bifurquer doucement pour l'avoir face à lui. Et pour la première fois, leurs yeux se croisèrent. Philippe contempla les iris d'un bleu profond de son époux et eut un grand sourire.

 

-Qu'est-ce que je disais ! Magnifique !

 

Philippe posa doucement ses lèvres sur celles de Louis.

 

-Vous... m'avez manqué.

 

-Vous aussi.

 

Ils s'embrassèrent à nouveau et rapidement, les voix se turent. Lorsqu'ils se séparèrent, toute la salle les fixait.

 

-Je suis désolé Louis, mais vous allez être le point de mire de cette soirée.

 

Louis soupira.

 

-Puisqu'il le faut... mais restez près de moi.

 

-Bien sur. M'accorderiez-vous cette danse ?

 

Louis hocha la tête avec un sourire. Tant qu'il était avec son époux, tout irait bien. Philippe lui tendit son bras et Louis posa le sien par dessus, recouvrant sa main avec la sienne. Ils se dirigèrent vers le centre de la piste et Philippe positionna leurs mains pour entamer leur danse sous les yeux rageurs d'Adélaïde et de la reine Anne.

 

Finalement après un petit moment, les conversations reprirent et d'autres couples vinrent se joindre à eux et Louis se détendit légèrement. La soirée continua et Philippe restait tout à côté de Louis, lui évitant les pièges de la cour et le protégeant des questions indiscrètes, malgré le harcèlement presque incessant d'Adélaïde qui, loin de lâcher prise s'acharnait à réclamer une danse qui selon elle lui était due. Finalement après avoir repoussé maintes et maintes fois la prétendante, Philippe ne put qu'accepter sous peine de déclencher un scandale public. Il se tourna vers François.

 

-Puis-je te confier mon époux, mon ami ?

 

-Bien sur, vas-y.

 

-Prends soins de lui !

 

-Tu peux compter sur moi. Vous m'accorderez bien un petite danse, Louis ?

 

-Oui, bien sur... mais n'étiez vous pas occupé avec cette jeune femme ?

 

-Je l'étais, je ne le suis plus. Croyez moi, elle n'a aucune importance. Que ne ferais-je pas pour un ami ? reprit François avec un ton tragique, laissant planté là une jeune fille abasourdie par la manière dont le jeune homme s'était désintéressé d'elle alors que la seconde d'avant, il la flattait pour sa beauté.

 

Louis se laissa emporter par la bonne humeur de François et par le son des musiciens.

 

-Je ne peux que vous complimenter, Louis. Vous êtes vraiment resplendissant !

 

Le jeune homme rougit sous le compliment, ce qui fit rire le baron.

 

-Merci beaucoup.

 

-C'est sincère. C'est dans ces instant que je trouve fort dommage d'être attiré par le sexe opposé...

 

Louis ne put s'empêcher de rire et encore davantage lorsque François rajouta :

 

-Si cette phrase pouvait ne pas être répétée à Philippe, cela m'arrangerait... Il serait capable de me faire tuer pour cela !

 

-Je vous le promets, je ne dirai rien. Après tout, vous avez gardé de nombreux secrets pour moi.

 

-C'est vrai... mais si Philippe apprenait cela, ma mort serait non seulement très lente mais également très douloureuse... finalement j'y gagne autant que vous ! Mais dîtes moi, Louis, maintenant que la cour est à vos pieds, vous n'avez plus rien à craindre !

 

-Je ne sais pas... Dame Adélaïde m'inquiète...un peu...

 

-Hmm... méfiez vous d'elle. Adélaïde est une vipère et une garce et je crois qu'elle est capable des pires bassesses ! Mais j'espère que cette fois, elle aura compris que la place qu'elle convoite est la votre.

 

-Oui... j'espère que Philippe en est aussi sûr que vous.

 

-Vous êtes encore inquiet à son sujet ?

 

Louis jeta un coup d'œil à Philippe qui tout en faisant danser Adélaïde, la maintenait à distance. Il haussa les épaules.

 

-Il vous a offert le médaillon du partage! Dit François en désignant du menton le médaillon qui battait contre la poitrine de Louis.

 

-C'est la tradition.

 

François éclata de rire et fit virevolter Louis avant de l'attirer à nouveau contre lui.

 

-Ca ne m'étonne pas qu'il vous ai dit cela. Les médaillons sont effectivement une tradition... un très vieille tradition que la famille royale n'applique plus depuis des générations. Le dernier en date à avoir offert ce médaillon à son épouse était un des aïeux de Philippe... le même qui offrait chaque jour une rose à sa dulcinée... Ce présent est synonyme d'un engagement fort et profond et... si ce n'est encore d'amour, au moins d'une grande tendresse. Soyez-en convaincu. Oh ! Et il est évident que cette conversation n'a jamais eu lieu !

 

Louis laissa un petit sourire s'afficher sur son visage et hocha la tête.

 

-Comment vous croire ?

 

-Avez-vous déjà vu le roi ou la reine porter ce bijou ?

 

Louis ne répondit rien, vaincu par le dernier argument de François.

 

-Dans quelques minutes il sera minuit. Etes-vous prêt à vous révéler ?

 

A ce moment, Louis sentit ses entrailles se geler.

 

-Quoi ? Déjà  minuit ? Non, je... je ne peux pas...pas devant tout le monde, je...

 

Louis commençait à paniquer et à manquer d'air, cherchant des yeux une issue en s'agitant. François tentait de le calmer et de le tenir, mais il finit par lâcher prise. Louis se détourna et se retrouva dans les bras de Philippe. Ce dernier le regarda quelques secondes et Louis comprit qu'il avait entendu la fin de la conversation qu'il avait eu avec François. Sans un mot, Philippe lui saisit la main et l'amena à l'extérieur, sur un balcon caché du regard des autres.

 

Là, Louis put respirer longuement et profondément pour retrouver une respiration normale, la main de Philippe frottant doucement son dos en signe de réconfort. Lorsqu'il se sentit mieux il se tourna vers son époux et il restèrent un long moment face à face, en silence, Philippe ayant posé ses mains sur les épaules de Louis et faisant de légères caresses le long de ses bras. Au loin, les cloches se mirent à sonner et les deux amants purent entendre les invités décompter en cœur les douze coups de minuit qui se soldèrent par de grands cris de joies. Philippe ôta doucement son loup et le posa sur la balustrade du balcon. Puis voyant que Louis, la respiration saccadée, ne bougeait pas, il posa délicatement les mains sur son visage, remontant doucement vers le loup.

 

-Puis-je ? demanda-t-il d'une voix rauque, cassée par l'émotion.

 

Louis posa ses mains sur celles de son époux et ensemble, ils firent glisser la pièce de soie rigide, révélant ainsi le visage du jeune homme. Philippe resta muet un instant et Louis baissa la tête, mais du la redresser quand deux doigts de son époux relevèrent son menton. Philippe passa une main autour de son époux dans le but de rapprocher leur corps puis il lui offrit un sourire et pencha la tête, découvrant de son souffle le visage de son époux avant de retrouver ses lèvres avec douceur puis avec avidité. Louis passa les bras autour du cou de Philippe et laissa la passage à la langue de son époux, répondant avec ardeur à ses attentions. Ils s'embrassèrent ainsi longuement et de plus en plus fougueusement, sans remarquer le regard haineux posé sur eux, qui avait assisté à toute la scène.

 

Philippe accula Louis contre la rambarde du balcon et les baiser s'intensifièrent. Les mains osèrent des caresses et les corps se frottèrent l'un contre l'autre, faisant se cambrer Louis au dessus du vide, la sensation de danger renforçant l'excitation grandissante. Lorsque la décence ne leur permit pas d'aller plus loin, ils se séparèrent à bout de souffle. Ils restèrent encore quelques temps sur le balcon, profitant de leur solitude, avant d'être interrompus par François.

 

-Je suis désolé de vous déranger, mais...ouah ! Louis, vous êtes...vraiment... magnifique !

 

-Bien sur qu'il l'est, il est mon époux ! dit Philippe en passant un bras autour des hanches de Louis tandis que celui-ci rougissait fortement.

 

François hocha la tête, sans quitter Louis des yeux, un grand sourire plaqué sur son visage.

 

-Comment vous sentez-vous ?

 

-Beaucoup mieux, merci. Même s'il me reste encore une arène à affronter.

 

Mais Philippe agrippa sa main et François se plaça de l'autre côté. Ainsi escorté, il pénétra à nouveau dans la salle de bal ou tous les yeux étaient braqués sur lui. Il garda la tête haute et droite, le pouce de son époux caressant sa main et ralentissant très légèrement les battements de son cœur. Son estomac semblait faire des triples sauts dans son ventre, mais il ne baissa pas les yeux. Il marcha à côté de son époux et François se mit de côté, avec les gens de la cour qui formaient une haie d'honneur jusqu'au trône où les attendaient le roi, la reine et Adélaïde. Louis avait l'impression que ses pieds étaient en plomb et il se demandait comment il arrivait à avancer. Un léger regard vers Philippe et un petit sourire rassurant de sa part et il sut ce qui le faisait tenir : il n'était plus seul.

 

Arrivé aux pieds du trône, Philippe lâcha sa main. La coutume voulait que les présentations se fassent seul. Il se retrouva devant le roi de Mésancourt, Philippe 1er et face au sourire chaleureux du patriarche, il s'inclina. Le roi lui rendit et presque immédiatement la foule agglutinée dans la salle en fit de même. Un royaume entier se prosternait face à leur futur roi sous les yeux aimants de Philippe qui s'inclina à son tour. Le roi avait parlé et les deux femmes qui avaient représenté l'enfer pour Louis ne purent qu'abdiquer. Et à leur tour, elles courbèrent le buste, en soumission face au jeune homme. Louis avait remporté la bataille, il venait de ravir le cœur de la cour de Mésancourt en plus d'avoir ravi celui de leur prince dauphin.

 

Louis parcouru du regard l'assemblée et il put voir François qui, tout en restant courbé, lui fit un clin d'œil. Il lui sourit et son tour d'horizon continua. Enfin il trouva le visage qu'il cherchait. Les domestiques étaient à moitié caché derrière les piliers du fond de la salle. Personne n'avait voulu manquer l'événement et ils étaient tous là, tous ceux qui l'avaient servi depuis son arrivée au château, ceux qui l'avaient aidé à échapper aux assauts de la reine, ceux qui par leur présence muette, lui avait fait sentir qu'il n'avait pas que des ennemis à Mésancourt. Et au milieu d'eux, serrant Suzanne dans ses bras, Lothaire le regardait avec un grand sourire et, Louis en était presque sur, des larmes dans les yeux. Louis posa sa main droit sur son cœur et murmura un « merci » inaudible. Lothaire posa à son tour sa main sur son cœur et hocha la tête.

 

Puis Louis refit face au roi qui n'avait rien manqué de l'échange alors que les gens se relevaient progressivement. A la grande surprise de Louis le roi s'approcha de lui et le serra dans ses bras.

 

-Je suis très heureux de faire enfin votre connaissance, Louis de Mésancourt. J'ai entendu énormément de bien de vous, et pas seulement de la part de mon fils.

 

Louis jeta un petit coup d'œil à Philippe toujours à quelques pas de lui. Le roi enchaîna :

 

-Je n'ai pas encore eu le temps de vous féliciter pour votre grossesse que déjà, on m'annonce que ce sont deux bonnes nouvelles plutôt qu'une. Croyez bien que j'en suis ravi.

 

-Merci beaucoup, votre altesse.

 

Le roi accrocha du regard le médaillon qui reposait toujours sur la poitrine de Louis avant de faire un petit sourire de connivence à son fils. Philippe s'approcha alors d'eux et passa ses bras autour de la taille de son époux, posant ses mains sur son ventre. Il était rare que de telles démonstrations publiques se voient au sein de la famille royal et encore plus de la part de Philippe et les yeux du roi pétillèrent de bonheur. Il avait fait le bon choix. Un nœud se relâcha dans le cœur du monarque. Il avait réellement eu peur au début du mariage de son fils. Peur d'avoir commis la plus grosse erreur de sa vie, d'avoir détruis deux vies et mis en danger le royaume de Mésancourt. Il avait même envisagé, dans les pires moments, que son épouse avait raison et qu'il aurait du accepter le mariage de son fils avec Adélaïde, malgré sa répugnance. Mais aujourd'hui, il contemplait avec un bonheur évident les deux jeunes hommes enlacés et il était fier d'avoir su rendre son fils heureux tout en assurant un avenir prometteur à son royaume. Philippe 1er sut que dès lors, il pourrait mourir sereinement, son rôle avait été remplis et le temps qui lui restait n'était que du bonus.

 

Philippe après avoir discuté encore un peu avec son père, attira Louis pour danser, sans se priver pour l'embrasser régulièrement. Et cette fois ci, rien ni personne ne parvint à le décoller de époux. Ils semblaient tous les deux plongés dans un monde qui n'appartenait qu'à eux et rapidement, ils s'éclipsèrent de la fête sous le regard complice de François et mauvais d'Adélaïde. Ce soir la, ils firent l'amour passionnément et plusieurs fois, sous la lumière des bougies, nouant un lien puissant qui s'encra de leur cœur et dans leur chaire, mêlant la tendresse, le respect et aussi, chacun s'en rendait compte, le début d'un amour partagé.

 

 

 

 

*Une sorte de Yin et de Yang !


**Un peu ce genre la, mais en noir:

 

 

 

 

 

 








P.S: Vous le voyez arriver ? Je parle du nuage... vous savez, le nuage noir, très, très noir, qui annonce des mauvaises nouvelles et beaucoup, beaucoup de souffrance !!! Vous le sentez n'est-ce pas qui se rapproche ? Et vous ne pouvez rien faire contre ça ! Pire, vous allez continuer à lire en espérant que ce mot ne soit qu'une petite blague de ma part pour vous foutre les chocottes !!!

Mdr, je parle comme une psychopathe !!! Ah, je vous jure, c'est kiffant d'être l'auteur et de savoir précisément ce qu'il va se passer et surtout... quand ça va se passer !!!

A la prochaine !!!

*fait une brillante pirouette pour éviter les frigos en acier trempé et s'esquive avec toute la grâce qui la caractérise (donc en se vautrant par terre ou en se cognant le petit doigt de pied contre un meuble !!!)*

P.P.S: Désolée, un peu de retard aujourd'hui aussi... je l'avais misen publication différée...mais il semblerait qu'il y ait eu un bug...
par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Dimanche 24 mai 2009

Saluuuut !

Désolée de poster si tard, mais j'ai eu une soirée hier qui s'est terminée... il y a quelques heures seulement...lol, donc je ne suis pas très fraîche !

Quoiqu'il en soit, voici le chapitre 14, j'espère qu'il va tout autant vous plaire que les précédents !

Par contre je suis très inquiète car le chapitre 15 est écrit, mais le 16 n'en est qu'au début... et j'ai bien peur de ne pas réussir à l'écrire pour dans 15 jours... je vous avoue que ça me fais ch*er au possible. Je vais essayer vraiment de l'écrire à temps, mais j'ai toujours autant de boulot et ça ne s'arrêtera pas avant au moins 15 jours...donc je ne peux rien vous promettre... Si vous aviez un truc pour augmenter le nombre d'heures dans une journée, je suis preneuse !!! lol

Pour les prochaines fictions, la première (celle qui n'a pas encore de titre...lol) remporte pour l'instant les suffrages haut la main avec 8 voix contre 2 ! La principale raison étant semble-t-il parce que vous avez peur de souffrir avec la deuxième ! Alors premièrement, est-ce que c'est mon genre de faire souffrir mes personnages ? Hein, franchement ? Deuxièmement, si ça se trouve la première sera vachement plus triste que la deuxième!!! Lol  Enfin bon, à priori, donc la première histoire à voir le jour serait la n°1.

Bonne lecture à vous, bisous !

 

 

 

Philippe traversa tout le château avant de trouver enfin son ami. François était occupé à conter fleurette à deux jeune filles de la cour qui semblaient suspendues à ses lèvres. Philippe en fut amusé. La réputation de son ami n'était pas usurpée, il était un vrai charmeur et savait convaincre n'importe qu'elle fille ou femme de l'accompagner pour une nuit ou une semaine. Tout le monde le savait et François n'ayant jamais promis la lune à qui que ce soit, elles savaient toutes à quoi s'attendre. Mais il réussissait encore à faire fondre les cœurs de ses dames qui tentaient leur chance, chacune leur tour.  Philippe s'approcha du petit groupe.

 

-Eh bien, mon ami, combien as-tu payé pour ces deux donzelles ?

 

Les deux jeunes filles prirent un regard outré mais ne purent vilipender le responsable de ces accusations quand elles se rendirent compte de qui il était. Elles durent ravaler leurs insultes et partir la tête haute. François secoua la tête, d'un air accablé.

 

-Tu m'ennuis, Philippe. Ces demoiselles étaient à point.

 

-Ne t'en fais pas, tu sauras les convaincre que tu n'y es pour rien et elle seront à nouveau tout à toi. Dans le cas contraire, tu en trouveras deux autres, tout aussi cruches, prêtes à passer un agréable moment en ta compagnie.

 

-C'est certain ! Que me vaut cette visite ?

 

-Nous avons cours, il me semble.

 

-Tu ne vas pas me faire croire que tu viens juste pour cela. Ce serait la première fois dans toute ta royale vie que tu serais à l'heure pour un cours. Alors si tu me disais plutôt ce qu'il s'est passé avec Louis ?

 

-Comment sais-tu que....

 

-Tu as un sourire idiot scotché sur le visage depuis que tu es arrivé ! Ce qui est assez rare pour être mentionné. La première fois tu avais sept ans, tu avais eu le cheval de tes rêves, la deuxième fois tu avais treize ans, tu venais de t'envoyer en l'air pour la première fois avec notre maître d'arme qui a admirablement résisté à tes assauts trois semaines avant de céder, la troisième fois, tu avais seize ans et tu venais d'être nommé prince régent par ton père et les seules autres fois depuis... sont celles que tu as depuis que tu te rapproches de ton époux.

 

-Tu ne sais pas ce que tu dis ! Tout d'abord je n'ai jamais l'air stupide et niaiseux. Ensuite, je ne vois pas de quoi tu parles.

 

-L'annonce de la grossesse fut ton premier sourire stupide lié à ton époux. Le deuxième fut votre petite escapade à cheval, gracieusement suggérée par moi, d'ailleurs ! Le troisième eut lieu le lendemain, c'est à dire, juste après avoir passé une nuit de rêve en sa compagnie. Le dernier est celui que tu arbores aujourd'hui même ! Ce qui nous fait un total de sept sourires niaiseux et stupides sur dix-neuf années de vie, dont quatre ces derniers mois et uniquement liés à Louis... il doit vraiment être exceptionnel !

 

François arborait son petit sourire narquois qui ne le quittait que rarement lorsque le sujet de Louis était abordé avec Philippe. Il trouvait très amusant la manière dont le prince se dépatouillait avec ses sentiments et depuis le soulagement qu'il avait ressenti en voyant que louis n'était pas vraiment rancunier envers Philippe, il prenait un plaisir manifeste à se moquer de son ami. Ami qui, pour l'heure, tentait de lui lancer un regard sévère et fâché... effet quelque peu gâché par la joie qui transpirait de tous ses pores.

 

-Allez, dis moi ce qui te met dans cet état !

 

Philippe haussa les sourcils.

 

-Non ! Tu as été désagréable, tu ne le sauras pas !

 

Sur ces mots il s'éloigna. François savait que Philippe mourrait d'envie de lui annoncer la nouvelle qu'il venait semble-t-il de recevoir. Mais Philippe de son côté savait également que François adorait tout savoir et n'aimait pas qu'on lui cache des choses. Un de leur nombreux bras de fer mental se mit donc en place. C'était à celui qui craquerait le premier !

 

-Oh, d'accord ! Pardonne moi ! Tu as toujours l'air splendide et magnifique, même en arborant ton sourire crétin ! Dis moi !

 

-Non, je n'ai jamais l'air crétin !

 

-D'accord, tu n'as jamais l'air crétin ! Parfois un peu stupide, mais.... non, non très bien, jamais stupide, non plus ! Dis moi, maintenant... s'il te plaiiitt !

 

Philippe prit un air de vainqueur qui fit râler son ami dans sa barbe !

 

-Il y a deux bébés ! Nous allons avoir des jumeaux !

 

Toute trace de bouderie disparue du visage de François, laissant place à une joie presque enfantine.

 

-C'est vrai ?

 

-Bien sur que c'est vrai ! Je ne te mentirai pas la dessus.

 

-Mais comment le sais-tu ?

 

-Louis n'allait pas très bien hier et ce matin je suis allé chercher le druide pour qu'il l'ausculte. C'est lui qui nous l'a dit.

 

-Et Louis va mieux ?

 

-Oui, mais il faut qu'il se repose davantage. Sinon, tout va bien.

 

François serra Philippe dans se bras.

 

-Eh bien, mes sincères félicitations mon ami !

 

-Merci.

 

-Bon sang, deux comme toi... le royaume court à sa perte ! Tous aux abris !

 

Les deux amis éclatèrent de rire.

 

-Allez, futur père, nous sommes en retard pour notre leçon, maintenant !

 

-Bah, ils ont l'habitude, maintenant !

 

Philippe et François finirent tout de même par arriver en salle d'armes ou ils se firent sermonner pour leur retard puis il purent commencer l'entraînement. Malgré le fait que Philippe appréciait énormément ce cours, il eut beaucoup de mal à se concentrer et ce fut encore pire pour le suivant, qui était un cours d'histoire. L'esprit du prince se tournait constamment vers son époux et ses enfants à naître. Ils sentaient son cœur gonfler de joie à chaque fois qu'il revoyait le sourire que Louis lui avait offert à cette nouvelle mais se sentait particulièrement frustré de n'avoir vu que cela. Il se promit d'enlever le voile de son époux le soir même. Il n'en pouvait plus d'essayer de deviner son visage.

 

Louis avait passé un calme après midi en compagnie de son valet. Ils étaient descendus dans les jardins où ils avaient passé un agréable moment avec Suzanne, puis ils étaient remontés tous les deux à la bibliothèque. Lorsque l'heure du repas fut annoncé, ils se dirigèrent vers le petit salon et s'installèrent comme à leur habitude. Mais avant même que les premiers plats n'arrivent, la porte fut ouverte et Philippe entra.

Lothaire se releva de sa chaise tellement précipitamment qu'elle se renversa, mais il était trop tard. Ils avaient été surpris et le valet ne put que baisser la tête et rougir fortement sous l'œil de son prince. Louis se mordit la lèvre d'appréhension tandis que Philippe s'approchait d'eux. Louis prit la parole.

 

-Ecoutez, je suis désolé, je lui ai autorisé à s'asseoir avec moi, nous ne faisions pas de mal...

 

Philippe le coupa.

 

-Ne vous en faites pas. Rasseyez-vous Lothaire, après tout, vous n'êtes pas non plus sensé appeler votre maître par son prénom, ni le tutoyer...

 

-Je ne le fais pas, votre altesse, osa intervenir Lothaire.

 

-Ne me prenez pas pour un imbécile. dit Philippe les sourcils surélevés et un petit sourire en coin.

 

-... enfin, pas devant vous... reprit Lothaire avant d'écarquiller les yeux et de plaquer la main sur sa bouche en se rendant compte de ce qu'il venait de dire.

 

Mais Philippe éclata de rire, rejoint par Louis très rapidement.

 

-Je dois avouer que vous êtes plutôt habile en publique pour vous contrôler, mais lorsque vous êtes stressés, vous perdez tous vos moyens. Et je vous ai donc déjà entendu... enfin, je suppose que c'est vous qui lui avez demandé ? reprit-il à l'intention de Louis.

 

-Oui, c'est moi. Je vous l'ai dit, c'est un ami, avant tout... mais nous faisons attention, personne ne le sait...

 

Philippe le coupa à nouveau.

 

-Bah, de toutes façons, j'ai perdu espoir de vous faire un jour respecter le protocole à la lettre... ce que moi même je ne fais pas.

 

Ils échangèrent un sourire complice.

 

-En fait, reprit Philippe. Je suis là pour vous demander si je peux partager votre repas. Je vous avoue que les mondanités me pèsent en ce moment.

 

Lothaire écarquilla à nouveau les yeux.

 

-Vous... vous voulez manger avec moi à table ?

 

-Bien sur !

 

Et devant l'état de surprise de Lothaire et de Louis, le prince s'expliqua.

 

-Vous êtes l'ami de mon époux, je me dois donc... d'apprendre à vous connaître !

 

Louis lui fit un grand sourire et Philippe sut qu'il venait de grappiller quelques points dans l'estime de son époux. Louis lui présenta le siège à ses côtés et au moment ou il s'assit, la porte s'ouvrit à nouveau à la volée sur François qui s'approcha de la table en pointant Philippe du doigt.

 

-Te voilà, traître ! Bonsoir messieurs, dit-il à l'intention de Louis et Lothaire avant de se retourner vers son ami. Tu me laisses donc seul à affronter ces loups alors que monsieur se fait un petit dîner privé ! Tu te rends compte qu'Adélaïde est venu s'asseoir juste à côté de moi ! Et elle n'a pas arrêté de parler et de parler et de parler encore... je crois que ma tête résonne encore... je peux t'assurer que je vais faire des cauchemars cette nuit.

 

-Que veux-tu mon ami, je sais que je te suis indispensable !

 

-Je n'irai pas jusque là, mais j'avoue que ces dîners ne sont déjà pas très marrants, alors sans toi...

 

Louis les interrompit.

 

-Vous n'avez qu'à vous joindre à nous, François, le dîner n'est pas encore commencé.

 

François lui fit un magnifique sourire.

 

-Vous avez l'âme noble mon ami, je ne l'oublierai pas.

 

Puis il se tourna à nouveau vers Philippe.

 

-Je crois que je vais changer de meilleur ami, assurément, celui-ci est bien plus agréable à vivre !

 

La tablée éclata de rire et Philippe reprit.

 

-Je lui donne trois jours avant de ne plus pouvoir supporter ton caractère de cochon !

 

François vint s'asseoir en posant la main sur son front d'un air de tragédie.

 

-Mon cœur se broie mon ami, de t'entendre me vilipender ainsi.

 

-Mange au lieu de raconter tes âneries !

 

Le repas continua ainsi dans la bonne humeur. Même après le dessert, ils restèrent un petit moment attablés, continuant à bavarder. Et si Louis et Lothaire étaient, au premier abord, légèrement, gênés, ils furent vite mis à l'aise par les deux aînés. Ce fut à ce moment que la reine et Adélaïde firent leur entrée, accompagnées d'une petite cour. Instantanément les conversations cessèrent. Anne de Mésancourt jeta un coup d'œil dédaigneux sur la tablée qu'occupait son fils.

 

-Eh bien, mon fils, je constate que vous êtes en... charmante compagnie ! ses yeux fusillaient Lothaire qui se faisait tout petit. Puis-je connaître la raison pour laquelle nous ne vous avons pas vu à nouveau ce soir au dîner ?

 

-Parfaitement mère. Ce soir j'ai préféré dîner en famille !

 

Un lourd silence s'abattit sur la salle. Louis n'osa plus bouger un muscle, retenant sa respiration. La reine serra les poings et sa mâchoire se contracta, faisant grincer ses dents.

 

-Votre famille vous a attendu dans la grande salle pour le repas. Vous n'avez pas daigné y assister.

 

Le prince se leva de sa chaise et toisa sa mère.

 

-Ma famille est ici, mère. Croyez bien que je suis navré que vous ne souhaitiez pas en faire partie.

 

-Vous délaissez la femme qui porte votre enfant. Un héritier au trône !

 

Louis tressaillit légèrement et Philippe posa sa main sur son épaule.

 

-Mon époux porte l'héritier du trône. Non, d'ailleurs, il en porte deux. Et même si ce n'était pas le cas, cet enfant est un bâtard et ne sera jamais considéré comme un possible descendant du royaume de Mésancourt. Je vous rappelle que je suis marié !

 

-Il semblerait que vous l'ayez vous même oublié pendant un temps, dit-elle en pointant Adélaïde du menton.

 

Philippe, à présent hors de lui, frappa violemment son poing libre sur la table.

 

-C'est assez ! Taisez vous !

 

Philippe posa les yeux sur Louis, toujours immobile, un bref instant avant de reprendre en regardant à nouveau sa mère.

 

-J'ai fait des erreurs dans le passé que je regrette sincèrement. Mais cet enfant ne sera jamais plus que cela : une erreur. Et moi vivant, de même que mon époux et mes enfant, Adélaïde n'approchera jamais, de près ou de loin, le trône de Mésancourt ! Maintenant je vous remercie d'avoir gâcher notre soirée et je vous prie de partir. Et ce n'est pas négociable ! rajouta Philippe en voyant sa mère prête à ouvrir la bouche.

 

La reine tourna les talons, suivit d'Adélaïde et de sa troupe. Et le silence se fit à nouveau dans la salle.

 

-Excusez moi. dit Philippe avant de sortir à son tour en claquant la porte. 

 

Le prince monta dans ses appartements d'un pas rageur et claqua à nouveau la porte, libérant ainsi légèrement la rage qui l'habitait. Puis il fit les cent pas dans sa chambre, passant nerveusement sa main dans ses cheveux à un rythme régulier. Quelques coups à sa porte le tirèrent de ses réflexions.

 

-Laisse moi François, j'ai besoin d'être seul un moment !

 

-...Ce n'est pas François... c'est Louis...

 

Philippe s'immobilisa un instant avant d'aller ouvrir sa porte. Il invita Louis à entrer.

 

-Je suis désolé de vous déranger, je voulais juste savoir comment vous alliez et... vous présenter mes excuses.

 

-Des excuses ?

 

-Oui, je sais que vous aimez beaucoup votre mère et que c'est à cause de moi que vous êtes en froid avec elle. Je sais bien que je ne suis pas ce qu'elle aurait aimé pour vous. Je m'en veux de ne pas réussir à la satisfaire.

 

Philippe secoua la tête.

 

-Louis... bon sang, vous n'y êtes absolument pour rien ! Enfin, vous vous rendez-compte de ce que vous me dites ?

 

Louis baissa la tête mais ne rajouta rien. Philippe s'approcha de lui et passa sa main dans son dos.

 

-Venez vous asseoir, reprit le prince en entraînant Louis sur le lit et en s'asseyant à ses côtés.

 

-Ecoutez, Louis. Si une personne doit faire des excuse ici, c'est moi. Ce n'est pas vous... non, certainement pas vous !

 

-Vous n'avez pas à...

 

-Non... s'il vous plait, laissez moi finir... j'ai déjà assez de mal comme cela...

 

Philippe poussa un soupir et passa sa main sur son visage.

 

-Louis... la manière dont je vous ai traité est... purement inqualifiable. Et je peux vous promettre que jamais une telle chose ne se reproduira. Jamais ! Mon comportement a été inadmissible et je ne comprends pas comment vous pouvez encore m'adresser la parole. Je vous ai blessé... physiquement et mentalement... et je sais que je ne mérite pas votre pardon... Je peux simplement vous présenter toutes mes excuses les plus sincères et espérer que vous me laisserez vous montrer que je ne suis pas cet homme la.

 

Un léger silence suivit la tirade du prince et Philippe crut qu'il venait définitivement de perdre son époux et qu'il allait se faire rejeter une fois pour toutes. Mais Louis après quelques secondes de méditation reprit la parole d'une voix douce.

 

-J'ai déjà eu un aperçu de l'homme que vous étiez réellement ces derniers temps... et j'avoue que je suis curieux d'en savoir davantage...

 

Philippe leva les yeux vers lui, n'arrivant pas à croire la chance qu'il avait d'avoir cet homme pour époux. Puis il se pencha doucement pour poser ses lèvres sur celles de Louis, lui laissant l'initiative d'approfondir ou non, ce qu'il fit rapidement. Mais avant de se laisser emporter par l'excitation, il rompit le baiser en se souvenant de la décision qu'il avait pris plus tôt dans la journée.

 

-Laissez moi vous enlever ça...

 

Il attrapa le bord du voile pour le remonter. Mais au dernier moment, Louis attrapa ses poignets et s'éloigna vivement en criant un :

 

-NON !

 

Stupéfait Philippe resta un instant interdit, ne sachant pas quelle attitude adopter. Louis quant à lui, s'était mis à faire des vas et viens rapides, plaquant ses mains sur son voile. Voyant l'état de nervosité de son époux, Philippe se leva précautionneusement et s'approcha de lui. Quand Louis s'en rendit compte, il se mit à reculer jusqu'à être bloqué par le mur.

 

-Non, s'il vous plait, ne faites pas ça...

 

Philipe leva doucement les mains en signe de paix mais continua à s'approcher.

 

-Je croyais que c'était ce que vous vouliez ?

 

-Oui, non, je ne sais pas... ne le faîtes pas, s'il vous plait...

 

Louis cramponnait de plus en plus son voile au fur et à mesure que Philippe s'avançait vers lui. Voyant cela, le prince essaya de le calmer.

 

-Très bien, je n'y toucherai pas.

 

Louis hésita un instant. Philippe s'approchait toujours et il n'était plus qu'à quelques pas.

 

-Vous me le promettez ?

 

-... Oui, je vous le promets.

 

Louis se détendit alors et laissa Philippe le prendre dans ses bras et lui caresser le dos en signe de réconfort.

 

-Pourquoi refusez-vous ? Ce voile vous gâche la vie depuis votre arrivée...

 

-Je... je ne sais pas... je ne veux pas vous décevoir...

 

Philippe lui releva la tête et effleura ses lèvres.

 

-Vous ne me décevrez pas...

 

Cependant, il ne tenta pas de retoucher le voile, laissant à Louis le temps de la réflexion.

 

-Je... c'est juste que... Laissez moi du temps, s'il vous plait...

 

Philippe restait étonné, il allait devoir en parler à François, il ne s'attendait pas du tout à cette réaction, mais il ne fit aucune réflexion, se contentant d'hocher la tête.

 

-Très bien... Vous dormez avec moi, ce soir ?

 

-Quoi, ici ? Dans votre chambre ?

 

-Oui.

 

-... D'accord.

 

Philippe attrapa à nouveau les lèvres de Louis et très vite, l'intensité augmenta, les faisant de déshabiller sur le chemin qui les amenait au lit. Malgré ses mains qui le démangeaient, Philippe ne tenta à aucun moment de profiter de l'abandon de son époux pour lui enlever le voile. Lorsqu'ils furent nus et allongés tous les deux, Philippe, après avoir passé avec ravissement sa main sur le ventre de Louis, le fit se tourner doucement, provoquant une subite tension chez son époux qui plaqua la main sur le matelas pour arrêter le mouvement de rotation.

 

-Il y a un problème ? demanda-t-il

 

Louis, à moitié tourné, baissa la tête, sa respiration rapide n'était plus due à l'excitation, mais bel et bien à la peur.

 

-Je... pas sur le ventre, s'il vous plait... pas comme ça...

 

Philippe s'interrogea un instant avant de comprendre la peur de son époux.

 

-Louis... je vous ai dit que jamais plus vous n'auriez à subir ce que je vous ai infligé à votre arrivée...

 

-Je sais... mais je... je ne peux pas, c'est trop... tôt...

 

-Néanmoins, le coupa Philippe, je ne voulais pas vous demander de vous allonger sur le ventre. Je voulais juste que vous soyez sur le côté. Nos enfants commencent à me laisser trop peu de place pour... ce genre d'activité et j'aurai peur de vous faire mal.

 

La voix douce de Philippe et l'évocation de leurs enfants firent se détendre Louis, qui accepta finalement de rester sur le côté, repliant son coude sous sa tête et gardant une des mains de Philippe dans celle qui lui restait*.

 

Philippe redoubla ses caresses et ses baisers pour être sûr que son époux retrouve du plaisir et que tout inquiétude le quitte avant de lui faire l'amour avec passion, s'appliquant à faire crier Louis de plaisir et se délectant d'entendre son prénom sortir de ses lèvres lorsque la jouissance l'emporta. Philippe resta le torse contre le dos de Louis, continuant ses caresses, cette fois apaisantes et embrassant son épaule et la base de son cou, petites parcelles de peau que le voile lui permettait d'atteindre. Enfin, il reprit la parole d'une voix douce. Le temps était venu d'aborder en toute franchise plusieurs sujets qui le perturbait.

 

-Louis... pourquoi n'avez-vous pas respecté les consignes que le druide vous avez donné pour la potion ?

 

Louis se tendit légèrement et se mordit la lèvre avant de répondre, peu sûr de lui.

 

-Je...vous vouliez un héritier... plus que tout au monde... c'était mon rôle en tant qu'époux de vous offrir cela... Je sais que vous étiez contre ce mariage et je ne voulais pas vous décevoir davantage...

 

Philippe serra les dents en se traitant de tous les noms.

 

-Vous avez mis votre vie en danger !

 

-Je ne pensais pas qu'elle vous importait.

 

Philippe eut l'impression qu'on lui versait un bac d'eau glacée sur le corps. Il tira l'épaule de Louis pour qu'il se retrouve à nouveau sur le dos et se pencha sur lui tout en caressant sa joue par dessous le voile..

 

-Ne dites pas ça ! Ne dîtes plus jamais cela... Je suis désolé, tellement désolé...

 

Louis observa les yeux de Philippe remplis de remords et se rendit compte du quiproquo de sa phrase.

 

-Je voulais dire... à l'époque, c'était ce que je pensais...

 

Philippe posa sa tête dans le cou de Louis et celui ci referma les bras autour de son époux, prenant pour la première fois le rôle de protecteur et de dominant. Mais Philippe continua à parler, soufflant ainsi dans son cou, le faisant frissonner.

 

-Si vous l'avez fait dans le but de me contenter, pourquoi ne pas m'avoir annoncer que vous aviez réussi ? Je n'ai appris votre grossesse qu'à la venue du druide lorsque vous avez fait votre crise.

 

Louis tenta de maîtriser sa voix et son corps qui s'embrasait à nouveau sous la chaleur de son amant.

 

-Je voulais attendre d'en avoir la certitude pour ne pas vous faire une fausse joie. Et j'avais terriblement peur de perdre notre enfant... nos enfants... la potion pourrait leur faire du mal, je ne me le pardonnerait jamais si il leur arrivait malheur par ma faute.

 

Philippe passa sa main sur le ventre de Louis, la tête toujours dans son cou.

 

-Ca n'arrivera pas... Je suis désolé, Louis. Tellement désolé... pour tout...

 

Louis passa sa main dans les cheveux de son époux.

 

-Je sais... C'est du passé, maintenant.

 

Philippe hocha doucement la tête.

 

-Louis ?..

 

-Oui.

 

-J'ai... encore envie de vous.

 

Louis sourit et attira le visage de son époux pour l'embrasser avant de se repositionner sur le côté.

 

Lorsque Louis ouvrit les yeux le lendemain matin, il fut très surpris et heureux de constater que son époux était toujours là et qu'il le serrait contre lui de manière possessive et si comme il le sentait, son époux était aussi dur que lui, la matinée promettait d'être mouvementée.

 

* c'est la position de la cuillère (je précise parce que je ne suis pas douée pour la description des positions des corps...lol).

 

 

 

 

par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Dimanche 17 mai 2009
J'ai déjà les projets de mes futures fictions en tête! Il est bien évident que l'écriture ne va pas commencer tout de suite, tout d'abord parce que je n'ai pas le temps et aussi parce que j'en ai déjà trois en cours et que je ne veux pas en avoir trop en même temps!
Mais ça ne m'empeche pas de vous donner les résumés. Et j'aimerai bien que vous me disiez lequel vous préférez. Il y a trois fics en tout, mais je ne peux vous donner les résumés que de deux d'entre elles.


La première n'a pas encore de titre (je vous dis que je suis pas douée pour ça!!!):

     Sohan est en général très satisfait de ses vacances. Ses parents prennent les services d'une jeune fille au pair tous les ans et aucune n'a encore résisté à l'appel de son lit. Et quand il réussi à convaincre ses parents de le laisser chez eux, la maison familiale se transforme en un véritable baisodrome personnel. Mais cette année tout ne se passe pas comme prévu. Un séminaire impromptu, un départ imposé, une préparation tardive et la jeune fille au pair... s'appelle Loris et non seulement il n'est absolument pas intimidé par le fils cadet de la famille Vierzon, mais en plus il déclenche en lui des sensations inattendues.  Les vacances rêvées tournent vite au cauchemar pour Sohan qui n'a plus qu'une idée en tête : que les vacances se terminent vite pour qu'enfin, Loris sorte de sa vie !


Et la deuxième (elle a un titre celle la!!! Trop forte!!!mdr)

Au delà de la haine:

     Lorqu'un jeune juif légèrement homophobe et un jeune homosexuel légèrement antisémite se retrouve côte à côte, ils n'ont à priori pas grand chose à se dire. Oui, mais voilà, nous sommes en 1942 et Noâm et Angus se retrouvent enfermés avec des centaines/milliers d'autres personnes dans le Velodrome d'Hiver. Des rumeurs courent... on ferait monter des gens dans des trains... des gens qu'on ne revoit jamais ! Pour survivre à la folie des hommes, ils vont devoir surmonter leurs préjugés, s'armer de courage et apprendre à se faire confiance mutuellement. Et qui sait, peut être sauront-ils trouver, au delà de la haine et de la guerre, bien plus qu'un compagnon d'infortune.



Je vous laisse voter pour l'histoire que vous souhaitez voir en premier, même si, je le répète, c'est vraiment pas pour tout de suite!
Bisous!




P.S: le 500ème commentaire a été atteint! Posté par Galadrielle! Et vous êtes 20 à être inscrits à la newsletter! Je crois que ça résume beaucoup de chose, donc que dire à part: merci encore à vous pour votre fidélité (on dirait PPDA...lol) et pour vos commentaires qui me touchent toujours beaucoup!


par Meryl - publié dans : Petits potins
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Dimanche 17 mai 2009

Salut à vous !

Voilà la suite ! En espérant qu'elle vous plaise !

Je n'ai vraiment pas le temps pour écrire en ce moment... j'espère juste pouvoir terminer la première partie de Royale destinée dans les temps... Et je peux vous promettre que lorsque vous la lirez, vous allez me haïr...lol...surtout qu'il y aura une petite pause en attendant la deuxième partie ! Mais nous n'y somme pas, donc en attendant, je vous souhaite à tous et toutes, une bonne lecture !

 

 

 

Louis fut tiré du sommeil par les rayons du soleil qui réchauffaient doucement son visage. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il tomba sur Lothaire assit sur le fauteuil à bascule que Philippe avait approché du lit la veille. Il lui sourit doucement, puis tourna la tête pour vérifier si son époux était toujours présent.

 

-Il est parti il y a un petit moment pour aller chercher le druide.

 

-Oh, d'accord.

 

-Je crois qu'il serait parti au milieu de la nuit si il avait pu. Il n'a pas eu l'air de dormir beaucoup !

 

Louis hocha la tête.

 

-Mais il m'a demandé de te donner ça...

 

Et Lothaire lui tendit une fleur de lys fraîchement coupée, un grand sourire aux lèvres.

 

-C'était très drôle à voir... il avait l'air de tenir vraiment à ce que tu aies cette fleur et en même temps, le fait de me le demander... j'ai eu l'impression que ça lui arrachait la langue !

 

Lothaire partit dans un grand éclat de rire qui redonna le sourire à Louis. Il saisit la fleur et la rangea soigneusement avec la précédente.

 

-Ne te moque pas !

 

-Oh allez, ce n'est pas méchant ! Alors, dis moi tout, vous aviez l'air plutôt proche tous les deux !

 

Louis piqua un fard monumentale au souvenir de la scène à laquelle avait assisté son ami.

 

-Dois-je te rappeler la tête que tu as fait ?

 

-Je dois avouer que je ne m'attendais pas à cela... et je te promets de toujours frapper à ta porte avant d'entrer dorénavant !

 

Louis s'assombrit légèrement.

 

-Je ne suis pas sure qu'une telle situation se reproduise...

 

-Et pourquoi cela, je te prie ?

 

Louis haussa les épaules.

 

-Je ne comprends déjà pas pourquoi nous en sommes arrivés là, hier. C'est vrai, il m'avait dit qu'il avait juste besoin d'un héritier... et je le porte... je ne comprends pas ce qu'il cherche. Et si il se moquait de moi ?

 

Lothaire écarquilla les yeux.

 

-Hum... Louis, je suis le premier à admettre que le comportement du prince n'a pas été... adapté... mais je crois que tu es en retard d'une charrette* ! Ah moins que... tu voudrais qu'il ne vienne plus ?

 

-NON !!!

 

Louis se rendit compte de l'excès de sa réponse et rougit à nouveau sous l'œil goguenard de son valet. Il se vengea en lui lançant un de ses oreillers.

 

-Oh, ça va ! Arrête de te moquer ! Tu sais bien que je n'ai pas envie qu'il arrête... c'est juste... je ne sais pas. J'étais persuadé qu'il me haïssait ! Et puis il a changé... et je... je suis content de le voir, j'attends ses visites avec impatience et j'apprécie le temps que nous passons ensemble... Et je suis tellement bizarre quand il est attentionné comme il l'a été hier... j'ai le cœur qui bat et j'ai chaud et...

 

-Tu l'aimes ! conclut Lothaire d'une voix douce.

 

-... Nooon... enfin je ne sais pas... peut être... je... je suis très attaché à lui...

 

Lothaire hocha la tête.

 

-Et ça t'angoisse parce que ?..

 

-Parce que je ne crois pas que ce soit réciproque.

 

-Je serais toi, je n'en serai pas si sûr !

 

-La preuve en est que je dois toujours porter ce voile. Il refuse de voir mon visage.

 

-A ce propos, il faut que je te raconte une petite histoire... Je suppose que tu te souviens de la journée où nous sommes allés chercher la potion chez le druide !

 

-Comment oublier !

 

-Eh bien la veille, le prince est venu dans ta chambre, mais tu dormais. Il s'est assis près de toi un moment et allait soulever ton voile... mais il s'est arrêté au dernier moment et a préféré partir... Je crois que c'est parcequ'il s'est aperçu de ma présence.

 

Louis resta pensif un moment.

 

-Et tu me dis ça avec tous ces mois de retard, parce que ?..

 

Lothaire eut un petit sourire espiègle.

 

-Oh, j'ai du oublier...

 

-Dis plutôt que tu attendais le bon moment pour t'en servir !

 

-Oui, peut être... ça et les délicieuses tortures que ton époux m'a promis si je te révélais quoique ce soit !

 

-Il a fait ça ?

 

Lothaire hocha la tête en souriant puis reprit plus sérieusement.

 

-Ecoute Louis, les princes... n'ont pas l'habitude d'avoir tort et encore moins de devoir le reconnaître... laisse lui encore un peu de temps. Il a déjà fait d'énormes progrès, je trouve ! Je pense que si il est vrai qu'au début, il ne supportait pas l'idée de ta présence ici, cela a nettement évolué avec le temps. Il finira par te demander de l'enlever, tu verras !

 

Louis hocha la tête doucement, comme plongé dans ses réflexions.

 

-Alors tu penses que... qu'il aurait vraiment envie de... enfin je veux dire... tu sais...

 

-D'avoir des rapports sexuels avec toi ?

 

Louis hocha la tête, tout en la gardant baissé, honteux.

 

-Eh bien... il me semble qu'il te l'a bien montré la dernière fois, non ?

 

Louis rougit davantage sous son voile. Lothaire continua.

 

-Et puis, tu as sans doute remarqué que plus personne n'est invité dans sa chambre depuis... eh bien depuis un très long moment déjà...

 

-Oui, j'avais remarqué...

 

-Je n'en doute pas !

 

Lothaire réconforta ainsi son ami pendant quelques temps avant qu'il ne lui apporte de quoi se changer et se nourrir.

 

-Je pourrais descendre manger, tu sais !

 

-Oh, certainement pas. Le prince Philippe me tuerait si il apprenait que je t'avais laissé te lever.

 

-Absolument, renchérit une voix du pas de la porte.

 

Lothaire et Louis sursautèrent et se tournèrent vers Philippe qui venait d'arriver avec le druide. Ils avancèrent dans la pièce et Philippe s'approcha de Louis.

 

-Comment vous sentez-vous ?

 

-Bien mieux, merci. Ce n'était vraiment pas la peine de s'inquiéter...

 

-Je veux être sûr qu'il ne vous arrive rien.

 

Louis eut un petit sourire.

 

-Il a eu raison, mieux vaut que je vous examine pour évaluer où vous en êtes. Reprit le druide.

 

-Euh... je vais vous laisser alors, dit Lothaire en se dirigeant vers sa chambre.

 

Louis lui fit un petit signe de tête et se tourna vers le druide.

 

-Vous connaissez la procédure, enlevez votre bas, remontez le haut et allongez vous pendant que je me prépare.

 

Puis le druide se tourna vers Philippe mais avant qu'il ait pu dire un mot celui-ci le coupa :

 

-Je reste !

 

Le druide maugréa :

 

-Oui, oui, et ce n'est pas négociable, naturellement !

 

-Absolument, reprit Philippe, un petit air hautain sur le visage.

 

Louis sourit, amusé du petit affrontement et profita que leur attention était détournée pour se dévêtir et se glisser sous le drap soyeux. Lorsque Philippe revint à ses côtés, il s'installa sur le fauteuil qui n'avait pas bougé et lui saisit la main, comme la première fois, mais cette fois, ce fut volontaire. Le druide recommença son petit rituel en se lavant les mains puis en les désinfectant à l'aide de plantes puis il vient se placer auprès de Louis. Il baissa le drap jusqu'au  niveau de l'haine, dévoilant le ventre bombé et louis put constater que Philippe ne quittait pas des yeux ce doux arrondi, un sourire aux lèvres et que sa main caressait doucement la sienne. Le druide palpa doucement son ventre et sembla s'y attarder un peu, une légère surprise inscrite sur le visage.

 

-Que se passe-t-il ? demanda Philippe.

 

Le druide leva la main pour demander le silence et Louis serra un peu plus fortement la main de son époux, tentant d'évacuer le nœud qui se formait dans son ventre. Pourvu que le bébé n'ait rien ! Le druide inséra un doigt en Louis tout en continuant à palper son ventre avec l'autre main. Louis serra les dents et serra de toutes ses forces la main qu'il tenait dans la sienne. Sa respiration était rapide et sèche, il sentait la sueur perler le long de sa tempe.

 

Le druide arrêta enfin son auscultation et retourna se laver les mains. Philippe et Louis attendirent en silence, anxieux de la sentence qui allait tomber. Le druide se tourna enfin vers eux et parut surpris de leur mine inquiète.

 

-Quelque chose ne va pas messieurs ?

 

Louis et Philippe écarquillèrent les yeux dans un bel ensemble, l'un étant visible, l'autre non. C'est Louis, qui sous la pression et l'angoisse se reprit le plus vite. 

 

-Comment, « quelque chose ne va pas » ! Mais c'est à vous de nous le dire !

 

Philippe acquiesça sèchement. Le druide parut chercher dans sa mémoire et Louis put jurer qu'il prenait un grand plaisir à les faire languir.

 

-ALORS ?!

 

Cette fois, c'était Philippe, qui avait repris conscience des éléments qui l'entouraient.

 

-Je ne comprends pas pourquoi une telle impatience, tout va bien.

 

Le druide avait parlait avec une voix qui laissait penser qu'ils avaient été bien sots de s'inquiéter pour rien.

 

-Alors... il n'y a aucun soucis ? demanda Philippe par précaution.

 

-Non... oh bien sur, il faudra vous ménager davantage, votre journée d'hier a, paraît-il, été éprouvante, mais sinon, il n'y a pas de soucis majeur pour le moment. Et puis j'ai l'habitude que vous n'en fassiez qu'à votre tête, jeune Louis. Faites en sorte de continuer à éviter les situations de stress, vous avez tout de même une paroi assez fragile. Mais si cela continue dans cette voie, vous pourrez commencer à préparer la venue de vos enfants en toute tranquillité.

 

Louis et Philippe soufflèrent en concert, une vague de soulagement les submergeant. Puis le prince reprit tout en caressant le ventre de Louis, une petite note d'humour ponctuant sa voix.

 

-Oui, enfin, nous allons déjà commencer par celui la.

 

Le druide le regarda quelques secondes et reprit :

 

-Je ne crois pas qu'ils vous laissent le choix !

 

-Pardon ? demanda Philippe interloqué.

 

-Je crois que vous ne m'avez pas bien compris. Il y en a deux !

 

Philippe resta bouche bée alors que Louis de comprenait pas de quoi le druide pouvait bien parler.

 

-Deux ? Deux quoi ?

 

Philippe chuchota :

 

-Deux bébés... des jumeaux ?

 

Le druide hocha la tête.

 

-Tout à fait, vous comprenez donc qu'il faut redoubler de vigilance ! Maintenant, je vous prie de bien vouloir m'excuser, mais je dois m'en aller ! Ne me raccompagnez pas, je connais le chemin !

 

Et il passa la porte en sifflotant. Un lourd silence succéda à son départ. Louis leva les yeux vers Philippe, pas vraiment certain de ce qu'il venait d'entendre.

 

-Deux bébés ?...

 

-Deux bébés.

 

Soudain Philippe éclata d'un rire nerveux. Louis le regarda d'un drôle d'air avant de se laisser lui aussi aller à vider la pression.

 

-Bon sang, je n'en reviens pas ! reprit Philippe après un petit moment.

 

-Oui, c'est vraiment... extraordinaire !

 

Philippe se pencha soudain vers Louis et déposa ses lèvres sur les siennes. Après quelques secondes, ils approfondirent le baiser, Philippe passant sa main sur la nuque de Louis pour le rapprocher un peu. Puis il se détacha légèrement et murmura tout contre les lèvres de son époux :

 

-Merci...

 

Louis laissa ses lèvres s'ourler dans un grand sourire avant de se pencher à son tour pour embrasser à nouveau son mari. Quelques coups frappés à une des portes de la chambre les interrompirent.

 

-Ce doit être Lothaire qui s'inquiète. Puis-je le faire entrer ? demanda Louis à Philippe.

 

-Faites, donc. Je dois vous laisser pour la fin de la journée, de toutes façons. Je reviens ce soir....enfin je veux dire... si vous le souhaitez...

 

-Louis hocha la tête en continuant à sourire.

 

-A ce soir !

 

-A ce soir, Louis.

 

Philippe sortit et Louis invita son valet à entrer pour lui raconter l'entrevue.

 

 

 

 


*j'allais mettre d'un wagon... avant de me rendre compte que ça n'existait pas à l'époque... mdr  Les fautes d'inattention, je vous jure !!!
par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Dimanche 10 mai 2009

Hello !

N'étant pas chez moi dimanche, il est temps pour moi de tester la fonction de mise en page programmée de ce site... j'espère que ça va marcher...lol (ouais, je suis pas particulièrement douée avec ces bestioles !). Donc si tout va bien, vous devez être devant le chapitre 12 de Royale destinée... Je n'ai pas eu du tout le temps d'écrire depuis la dernière fois et ça ne va sûrement pas s'améliorer. Sachez quand même que j'ai déjà écrit jusqu'au chapitre 15 (inclus), donc y'a un peu de marge, mais comme j'ai un mois et demi hyper chargé, je ne promets rien. J'espère réussir à finir la première partie dans les temps!

Bref, trêve de blabla, je vous souhaite une bonne lecture !

Bisous.

 

Louis se laissa guider à travers les dédalles de couloirs. Philippe marchait lentement, prenant bien soin d'aller au rythme de son époux et Louis fut surpris de constater qu'ils arrivaient aux cuisines. Lothaire, qui discutait avec sa future femme fut stupéfait de voir arriver son ami et leur prince. Mais voyant leurs mains jointes et la complicité qui émanait d'eux, il ne chercha pas à en comprendre davantage et lui fit juste un petit signe de la main auquel Louis répondit, un grand sourire aux lèvres. Philippe demanda quelques provisions à emporter puis ils sortirent par une porte de derrière. Lothaire se retourna vers Suzanne pour commenter la scène qu'ils venaient de voir. Il aurait énormément de questions à poser à son ami à son retour.

 

Philippe et Louis se retrouvèrent dans le parc, protégés de la légère bise par les hautes haies qui longeaient les allées. Ils riaient encore de leur course poursuite lorsqu'ils arrivèrent sur un petit carré de pelouse sur lequel Philippe étendit une grande étoffe qu'il avait récupéré en cuisine. Ils s'y installèrent, l'un à côté de l'autre et Philippe commença à répartir la nourriture qu'ils avaient eu.

 

-Je suis désolé,  c'est vraiment rustique, mais au moins, nous sommes certains de ne pas être dérangés.

 

-C'est parfait ! le rassura Louis.

 

Le dîner se passa sans incident notable et dans une bonne humeur presque enfantine. Quand ils eurent terminé, aucun d'eux n'avaient envie de rompre l'harmonie qui s'était installée. Ils restèrent donc assis l'un contre l'autre et continuèrent à discuter un peu, à regarder les étoiles, à simplement profiter du moment présent.

Soudain, Louis sursauta et se tint le ventre, une drôle d'expression sur le visage. Philippe se redressa aussitôt et posa une main sur l'épaule de son époux.

 

-Que se passe-t-il ? Ca ne va pas ?

 

Mais au lieu de répondre, Louis saisi brusquement sa main et la posa sur le côté droit de son ventre après avoir soulevé son haut. Philippe ne comprit pas immédiatement ce qu'il se passait et s'apprêtait à demander des explications à Louis quand il sentit une légère secousse sous sa paume. Ce fut si bref qu'il crut avoir rêvé et se concentra donc pendant quelques secondes. Mais peu après, la petite bosse se forma à nouveau au creux de sa main. Philippe laissa échapper un petit rire et regarda son époux dans ce qu'il pensait être ses yeux avec un sourire que Louis ne lui avait encore jamais vu : tendre, ému, heureux.

 

-C'est... c'est vraiment...

 

-Oui... c'est votre enfant... notre enfant...

 

Louis avait hésité à prononcer ses dernières paroles, mais le regard de Philippe était si brillant et lumineux qu'il ne le regrettait pas.

 

-Notre enfant... répéta Philippe doucement.

 

Un immense sourire était plaqué sur les visages des deux hommes et ils passèrent ainsi de longues minutes à rechercher la présence du petit être qui poussait en Louis. Celui-ci, gardait sa main sur celle de son époux et lui faisait changer de place lorsque l'enfant faisait des cabrioles. Lorsque la surface de l'abdomen redevint plane et lisse, ils finirent par enlever leur main et lorsqu'ils relevèrent la tête, ils se retrouvèrent à quelques centimètres l'un de l'autre. Leur rythme cardiaque s'accéléra à l'unisson. Louis n'osait plus bouger un membre tandis qu'une foule de sensation l'envahissait. L'envie, la peur, l'espoir, la joie se battaient pour prendre la place dominante et avant d'avoir pu faire un choix définitif, il sentit les lèvres de son époux se poser délicatement sur les siennes. Louis ferma les yeux et alors tout s'arrêta. Le vent, le chant des oiseux, le bruit d'une fontaine à quelques pas de leur campement de fortune, tout ça disparut de son esprit pour laisser place à ses lèvres douces et chaudes qui s'appropriaient lentement les siennes. Philippe joua ainsi un petit moment à suçoter la lèvre inférieure de son époux, sentant avec un plaisir grandissant son souffle s'accélérer. Lorsque sa langue vint quémander l'entrée, Louis n'opposa aucune résistance et l'accueillie comme si elle était à sa place. Et enfin, ils unirent pleinement leur bouche. Les mains de Philippe passèrent derrière la nuque et le dos de Louis pour le rapprocher davantage contre lui et ce dernier s'agrippa aux vêtements de son époux, se laissant guider à travers cette expérience nouvelle. Lorsqu'à bout de souffle, ils durent se séparer, ils ne se décollèrent pas de plus de quelques centimètres, cherchant toujours davantage de contact, comme si l'éloignement risquait à tout moment de briser la naissance de cette nouvelle complicité.


Sans vraiment comprendre pourquoi, Philippe leva la main dans le but d'enfin faire tomber le voile. Mais alors qu'il approchait du but, il suspendit son geste, se remémorant la réaction de son époux à sa dernière tentative. Il s'était approchait de lui dans le but de le découvrir et s'était fait renvoyer avant d'avoir pu ouvrir la bouche. A cette pensée, le prince sentit son ventre se contracter d'angoisse. Pour rien au monde il n'aurait voulu briser l'instant qu'il était en train de vivre avec son époux. Alors il posa sa main sur la joue de Louis et se contenta de la caresser légèrement et de retrouver ses lèvres. Le reste viendrait plus tard. Pour le moment il souhaitait juste profiter. Lorsque la nuit fut trop fraîche pour prolonger leur soirée, Philippe aida Louis à se relever et ils rentrèrent au château.

 

Arrivé devant la porte de son époux, Philippe n'avait qu'une envie, c'était de l'y suivre et de lui faire l'amour à nouveau. La nuit précédente avait était purement délicieuse et il s'était étonné à prendre autant de plaisir, juste en en donnant à Louis. Il se souvenait de chaque son, chaque gémissement de son époux et aurait donné n'importe quoi pour les entendre encore et encore. Il avait surtout était surprit de la confiance que Louis semblait avoir conservé en lui. Jamais il n'aurait pensé pouvoir le toucher à nouveau et encore moins le pénétrer, et pourtant, après une légère hésitation, il s'était offert à lui sans pudeur, sans faux-semblant. Il avait eu l'impression de détenir sa vie entre ses mains et s'était senti empli d'une grande responsabilité et d'un sentiment d'allégresse qu'il n'avait encore jamais ressenti. Cependant, il gardait enfouie en lui la peur que son époux ne lui ait accordé cette faveur que parce qu'il lui avait demandé. Philippe se demandait si les choses se seraient passées différemment si il avait laissé Louis décider seul de la soirée. Il décida donc de ne pas lui demander cette fois ci, non seulement pour ne pas avoir l'impression de s'imposer, mais surtout, pour laisser à son époux le temps de réfléchir à ses envies. Il voulut s'éloigner, mais ne résista pas à l'envie de goûter une dernière fois ses lèvres.

 

Il se pencha vers Louis et constata avec ravissement que son époux lui rendait fiévreusement son baiser. Cependant il avait sous estimé sa condition d'homme, qui lui fut rappelé rapidement lorsqu'il sentit son excitation grimper à tout vitesse et qu'une chaleur traîtresse se répandit dans son bas-ventre. Presque malgré lui, il se colla contre Louis, poussant celui-ci contre la porte de sa chambre et approfondit le baiser, laissant son corps onduler lentement contre celui de son vis-à-vis. Il sentait avec plaisir le sexe de son époux gonfler à travers les couches de tissus et il se délectait des sons que Louis n'avait même pas conscience de pousser. Malgré l'intense plaisir que Philippe ressentait, il se rappela sa décision de laisser le choix à son époux. Aussi, et au prix d'un immense effort, il rompit le baiser doucement, pour s'éloigner, embrassant tout de même légèrement le nez, le menton, et une dernière fois la bouche de Louis pour ne pas lui donner l'impression de l'abandonner.

 

Mais Louis, qui le sentit s'éloigner n'avait pas l'intention de se laisser planter comme cela. L'excitation qu'il ressentait lui avait fait baisser quelques barrières et il posa une main sur la nuque et l'autre sur la hanche de Philippe et le ramena contre lui dans le but de finir ce qu'ils avaient si bien commencé. Philippe ne fut pas difficile à convaincre et très vite, les caresses reprirent. Le prince considéra que Louis avait fait son choix, au moins pour ce soir. Il n'était plus temps de se poser des questions, il l'avait clairement incité à continuer, ce qu'il s'apprêtait à faire avec enthousiasme.

Philippe passa une main derrière Louis pour abaisser la poignée et entrer dans la chambre. Il n'avait rien contre le fait de s'unir à son époux contre cette porte, mais il aurait été gêné d'être surpris ainsi... et si François avait été là, il aurait sans doute réussi à lui faire avouer qu'il voulait aussi être le seul à pouvoir observer le corps de son époux.

Ils firent quelques pas avec difficulté, toujours collés l'un à l'autre, les lèvres soudées et Philippe referma la porte derrière lui. Un mouvement sur le côté lui fit interrompre son activité favorite et ses yeux tombèrent sur un Lothaire visiblement plus que surpris et également très gêné d'être là. Louis s'éloigna légèrement de son étreinte et Philippe senti un froid très désagréable l'envahir aussitôt.

 

-Lothaire...

 

-Non, ne dis rien... je veux dire, ne dîtes rien, Majesté... je m'en vais immédiatement... je ne pensais pas que vous.. enfin que je... ne vous inquiétez pas pour moi... enfin non, je veux dire continuer...ou pas, comme vous voulez... je...

 

Louis laissa un doux sourire s'inscrire sur le visage à la vue de ma maladresse naturelle de son ami et décida de ne pas le laisser s'enfoncer davantage.

 

-Lothaire !

 

Le valet se tut aussitôt, baissant la tête et attendant la suite.

 

-Oui, Majesté ?

 

Lothaire savait pertinemment que jamais Louis ne lui ferait de mal, mais il n'était pas vraiment certain de la réaction de Philippe. Il n'étais pas homme à battre ses sujets, mais il les avait surpris dans une situation plus qu'embarrassante et il espérait ne pas avoir fichu par terre la soirée de son ami.

 

-Bonne nuit, Lothaire, reprit Louis, lui donnant ainsi congé.

 

-Bonne nuit, altesse.

 

Lothaire se précipita dans sa chambre et referma la porte. Puis il s'adossa dessus, tentant de redonner à sa respiration un semblant de calme. Il se frappa la tête pour sa stupidité. Il les avait pourtant croisé dans les cuisines et tout semblait aller bien, il aurait du se douter qu'il remontraient ensemble, mais il avait attendu Louis comme il le faisait à son habitude, sans penser à mal. Il espérait vraiment de tout cœur ne pas avoir déclenché une catastrophe. La relation entre Louis et Philippe semblait vraiment s'améliorer de jour en jour et il s'en serait voulu éternellement si il avait était un caillou dans les rouages de leur couple. Lothaire se fit la promesse de ne plus jamais débarquer à l'improviste dans la chambre de son ami comme il en avait l'habitude. Il ne voulait plus jamais tomber sur ce genre de scène... et encore, il était plutôt chanceux, ils étaient encore habillés... Le valet rigola tout seul à sa réflexion et se prépara pour aller se coucher.

 

De l'autre côté du mur, Louis se tenait toujours face à la porte où Lothaire avait disparu, un sourire sur le visage. Il ferait en sorte de ne jamais oublié la mine qu'avait eu Lothaire en se rendant compte de la situation. Il se retourna vers son époux et fut heureux de voir que Philippe replaçait d'autorité ses bras autour de lui. Il ne semblait donc pas avoir changé d'avis.

 

-Veuillez l'excuser, il ne savait pas que nous... enfin...

 

A son tour, Louis ne sut quel vocabulaire employer.

 

-Je comprends, ça n'a aucune importance.

 

Louis hocha la tête.

 

-Peut être souhaiteriez-vous que je m'en aille ?

 

Louis écarquilla les yeux. Est-ce que son époux regrettait de s'être laisser aller ainsi avec lui ? Ils avaient pourtant passé une soirée très agréable et il lui avait semblé n'avoir jamais été aussi proche de lui que quelques instants plus tôt. Et la merveilleuse surprise que leur avait fait leur enfant en se manifestant à ce moment précis avait était un pur moment de bonheur partagé à deux, comme la cerise sur le gâteau de cette soirée. Louis observa pendant quelques secondes l'homme qui lui faisait face. Il avait perdu l'assurance qu'il avait au début, il semblait juste attendre sa réponse, qu'elle soit négative ou positive. Louis hésitait à lui répondre franchement. Il était évident qu'il voulait à nouveau faire l'amour avec le prince, comme ils l'avaient fait la veille, mais l'avouer ne serait-il pas se mettre en position de faiblesse face à lui ? Avait-il réellement changé de regard sur lui au point de se dévoiler sans risque d'un contre coup ? Louis décida de ne pas s'avancer trop rapidement.

 

-Voulez-vous partir ?

 

Philippe fronça les yeux. Ce n'était pas une réponse ça ! Il ne voulait pas partir, il voulait arracher tous les vêtements de son époux et lui faire subir les derniers outrages, par terre, sur le lit, conte la porte, peut lui importait, il voulait juste se sentir à nouveau entier. Il voulait l'entendre gémir, le sentir s'accrocher à lui, sentir ses ongles s'enfoncer dans sa chair sous ses assauts répétés. Seulement maintenant que l'excitation était légèrement retombée, il pouvait à nouveau penser clairement. Il avait déjà fait le premier pas, il voulait juste que son époux face le deuxième, il voulait qu'il lui montre que c'était une envie partagée et non un acte contraint et forcé. Et si tel n'était pas le cas, alors il le laisserait tranquille. Philippe se molesta mentalement pour tout ce qu'il avait fait subir à Louis depuis son arrivée. Il était évident qu'il ne pouvait pas lui dire clairement ce dont il avait envie, et ce, peut importe sa décision. Il ne lui avait pas vraiment laissé l'occasion de s'exprimer librement. Alors comment lui faire retrouver la force de parler franchement.

Philippe tenta de trouver sa voix la plus douce pour s'adresser à lui.

 

-Je ferai ce que vous voudrez.

 

Louis failli laisser échapper un gémissement en entendant la voix de Philippe. Elle était si sensuelle, si attirante... et la phrase pouvait vraiment porter à confusion. Il voulait encore l'entendre parler comme ça. Cependant, il se rendait bien compte que leur conversation était purement stérile. L'un d'eux devait faire le premier pas et Philippe ne semblait pas décidé. Louis se rappela ce qu'avait dit François à son propos « très fier », « un orgueil légèrement démesuré ». Il l'avait dit avec beaucoup de tendresse et Louis en avait rit sur le coup, mais c'était tellement vrai, il s'en rendait compte à présent. Philippe n'avait pas le droit d'être faible, n'avait pas le droit de réclamer. Son statut et son rôle le lui interdisait. Mais au lieu de se servir comme il l'aurait fait quelques mois plus tôt, il lui proposait de choisir lui même. Louis prit sa décision. Et tout en espérant de tout cœur ne pas être rejeté et/ou humilié pour ce choix, il s'approcha de son époux pour se retrouver tout contre lui. Il se haussa légèrement sur la pointe des pieds pour que leurs lèvres se frôlent.

 

-Faites moi l'amour.

 

Ca y'est, il l'avait dit... en fait, il l'avait murmuré, pour être exact. La voix tremblante, le ventre noué mais il l'avait dit. Et lorsque Philippe le serra à nouveau dans ses bras et dévorant ses lèvres, il sut que non seulement il avait bien fait d'oser dire à voix haute ce qu'il voulait, mais aussi, et son ego en était flatté, que son époux n'attendait visiblement que ça.

 

Leur baiser fut rapidement très enflammé, comme si il n'y avait pas eu d'interruption entre le moment ou ils étaient contre la porte et celui ou ils s'allongeait sur le lit de Louis. Le jeune homme se laissait d'ailleurs faire avec un plaisir manifeste, accueillant son époux entre ses jambes et se cambrant légèrement pour frotter leur virilité tendue. Philippe, grisé par ce geste s'apprêtait à délester son mari de ses couches de vêtements superflues quand celui-ci se contracta violemment et le repoussa. Puis il se roula en boule en tenant son ventre, respirant rapidement.

 

Philippe mit une demi seconde à comprendre ce qui n'allait pas et se précipita vers Louis, s'agenouillant à ses côtés.

 

-Que se passe-t-il ? Voulez-vous que j'appelle le druide ?

 

Louis secoua doucement a tête.

 

-Non... non, ça va aller...

 

-Vous en êtes sûr ?

 

Louis observa les traits inquiets de son époux.

 

-Ca va, je vous assure... la douleur diminue déjà...

 

-Que s'est-il passé ? Vous étiez souffrant toute la soirée ?

 

-Non. C'est venu comme cela. Je crois que le bébé n'a pas vraiment apprécier toutes mes péripéties de la journée...

 

Philippe sentit une vague de remord l'envahir. Il l'avait fait courir. Le druide avait préconisé un repose maximum et lui l'avait obligé à courir à travers tout le château.

 

-Je suis vraiment désolé, c'est ma faute.

 

-Non, j'aurai du faire plus attention, c'est tout.

 

-Avez vous pris votre potion ?

 

-Oui, je la prends comme il faut.

 

-N'y en avait-il pas une autre pour les douleurs ?

 

-Si, c'est Lothaire qui les a.

 

Philippe se leva aussitôt et se précipita vers la chambre du valet pour y entrer en trombe. Lothaire qui commençait tout juste à se dévêtir cru que sa gaffe avait engendré des conséquences vraiment néfastes et que le prince venait lui asséner son châtiment.

 

-Où est la potion contre la douleur que le druide avait laissé.

 

La mine inquiète du prince l'interpella. Il ne venait donc pas pour le punir ? Soudain il comprit le sens de ses paroles. La potion, le druide, ça voulait dire que...

 

-Louis !

 

Philippe ne remarqua même pas que le valet de son époux venait de l'appeler par son prénom. Une seule chose comptait, Louis souffrait. Il devait agir et vite.

 

-Oui, Louis. La potion, Lothaire, vite !

 

Le valet se précipita sur une commode qui faisait l'angle, en sorti une fiole et la tendit au prince, puis le suivit dans sa chambre. Philippe revint vers Louis et l'aida à s'asseoir, tout en le maintenant contre lui avec un bras. Avec le deuxième, il porta la fiole à sa bouche pour lui donner les deux gorgées prescrites. Lothaire s'approcha alors pour débarrasser le prince de la fiole et la posa sur le meuble de chevet au cas ou il faudrait renouveler l'opération un peu plus tard. Philippe aida Louis à se rallonger puis s'adressa au valet :

 

-Merci Lothaire, vous pouvez retourner vous coucher.

 

-Je peux rester là si vous le voulez, je peux veiller sur lui cette nuit.

 

-Non allez-y. Je reste là.

 

Philippe voyait bien l'hésitation du valet qui prouvait son profond attachement à son maître et il sentit la jalousie lui brûler les entrailles. Il savait que les deux jeunes hommes s'entendaient bien, mais il ne pouvait s'empêcher d'envier cette relation, même si il commençait de son côté à faire des progrès avec Louis. Il respira profondément. Lothaire était un bon domestique et, selon François, il avait été un soutien inestimable pour son époux depuis son arrivée. Ne serait-ce que pour cela, il méritait le respect. Aussi il s'efforça de le rassurer un minimum.

 

-Si il y a le moindre soucis, je vous appelle, d'accord ?!

 

Lothaire hocha enfin la tête et s'éclipsa dans sa chambre. Philippe enleva les poulaines de Louis et quelques uns de ses vêtements, puis il rabattit les couvertures sur lui.

 

-Je suis désolé, dit Louis mi figue mi raisin, ce n'est sans doute pas comme cela que vous imaginiez la fin de la soirée...

 

Philippe eut un petit sourire.

 

-Cela n'a aucune importance. Avez-vous encore mal ?

 

-Ca va beaucoup mieux. Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette potion, mais c'est un vrai miracle !

 

-Je pense qu'il faut que je fasse appeler le druide.

 

-Non, je vous assure, inutile d'aller le réveiller en pleine nuit. Ca va aller. Je vais déjà mieux.

 

Philippe réfléchit un petit moment.

 

-Je le ferai venir demain pour contrôler si tout va bien.

 

Et voyant que son époux allait répliquer, il reprit :

 

-Ce n'est pas négociable, Louis.

 

Louis referma la bouche. Philippe alla chercher un fauteuil à bascule et l'installa près du lit.

 

-Je vais passer la nuit à vos côtés. Si je devais m'endormir et qu'il y avait le moindre problème, vous me réveillez, c'est compris ?

 

Louis hocha la tête.

 

-Peut être... pourriez vous venir avec moi...

 

Lorsqu'il se rendit compte de son audace, Louis rajouta :

 

-Ainsi, vous pourriez me surveiller de plus près...

 

Philippe fut un instant surpris de la demande. Accepter de partager sa couche sans aucun rapport sexuel pouvait signifier beaucoup de chose. Etait-il, comme il le craignait un peu, réellement en train de tomber amoureux de son époux ? Et Louis, que pensait-il de lui ? Arriverait-il un jour à voir autre chose que l'homme qui l'avait violenté ? Si il devait s'en référer à sa conduite précédente, la réponse était oui, mais il aurait pu aussi bien se laisser emporter par l'excitation du moment, ou pire, avoir peur de lui au point de simuler une envie de rapprochement... Philippe commençait à perdre pied au milieu de toutes ses idées. Aussi, quand Louis ouvrit légèrement la couverture pour l'y inviter, Philippe décida qu'il était beaucoup trop tard pour réfléchir et retira à son tour ses vêtements pour rejoindre son époux. A sa grande surprise, lorsqu'il fut installé, Louis vint contre lui. Il ne se blottissait pas vraiment, mais restait tout près. Et quand Philippe passa ses bras autour de sa taille, il se colla davantage, comme si il n'avait attendu que ça. Le prince, ainsi douillettement installé se sentit bien. Il se rendit compte qu'il pouvais très vite s'habituer à ce confort la.

 

-Louis ?

 

-Oui ?

 

-J'ai une question à vous poser... à propos du bébé...

 

-Louis se redressa légèrement.

 

-Qui y-a-t-il ?

 

-Avez-vous... 

 

Philippe sembla hésiter à poursuivre, puis se jeta à l'eau.

 

-Avez vous déjà penser à un prénom ?

 

Louis resta immobile quelques secondes. Un prénom ? Non, il n'y avait encore jamais pensé. Ou plutôt, il y avait énormément pensé mais il s'était interdit de trop s'y attarder. Penser à un prénom pour son enfant signifiait s'imaginer un futur, une vie partagée à deux et peut être même à trois si le prince continuait dans cette voie. Trouver un prénom signifiait s'engager dans un avenir incertain et y croire. Louis avait bien trop peur qu'il arrive un malheur à son enfant. La potion dont il avait abusé et les remontrances du druide trottaient en permanence dans sa tête. Alors il évitait de se l'imaginer, de penser à la suite. Mais il priait, oui il priait de tout son être pour que son bébé soit sauf. Mais pour le moment il préférait continuer à l'appeler « le bébé». Et il prétendait ainsi ne pas trop s'y attacher, pour le cas ou....

 

-Non, pas encore. Pourquoi ?

 

Philippe s'installa sur son coude, la tête reposant sur sa main tandis que l'autre alla caresser le ventre de son époux, sans vraiment s'en apercevoir.

 

-Eh bien, ici, à Mésancourt, la tradition royale veut que mon premier fils porte mon nom... et euh... je voulais savoir ce que vous en pensiez.

 

Louis était surpris. Le prince était-il prêt à renoncer à une tradition ancestrale pour lui ? Il préféra détourner la question.

 

-Et si c'est une fille ?

 

Philippe sourit doucement.

 

-Alors, je vous laisserai choisir.

 

-Aliénor.

 

Un silence se fit dans la chambre.

 

-Je croyais que vous n'y aviez pas encore réfléchi ?

 

-Je... je croyais aussi...

 

Mais le sourire de Philippe n'avait pas disparu, bien au contraire.

 

-Aliénor... C'est un très beau prénom. Alors... nous sommes d'accord ?

 

Louis se détendit enfin et rendit son sourire à son époux.

 

-Nous sommes d'accord !

 

Philippe se pencha et embrassa doucement Louis, se délectant à nouveau de la douceur de ces lèvres charnues, puis le rallongea.

 

-Dormez maintenant. Vous avez besoin de reprendre des forces.

 

Louis ferma les yeux et se laissa bercer par les bras et l'odeur de son époux tout en profitant des douces caresses qui passaient sur son ventre. Rapidement, il sombra dans un sommeil serein et réparateur.

 


J'espère avoir réussi à rendre compréhensible ce chapitre.. j'en suis pas sûre...lol...

Ces deux abrutis la ont comme qui dirait un léger problème de communication... mdr

Plusieurs chapitres de suite qui se terminent bien... je serai vous j'aurai peur pour le prochain !!! mdr. Meuh non, je blague... ou pas...

 

par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Dimanche 3 mai 2009

Saluuut !!!

Et voici le chapitre 11 !

Quelques petites notes pour vous :


-pour ceux et celles que ça intéresse, j'ai posté hier un article pour vous présenter les tenues des personnages de cette fic, c'est donc l'article précédant.


-vous réclamez à corps et à cris la levée du voile (ouah le jeu de mot !! lol). Sachez qu'à l'origine le voile devait être en place jusqu'au dernier chapitre de la première partie. Mais j'ai fait évoluer l'histoire un peu plus rapidement que prévu et ça ne collait plus. Donc, le voile sera effectivement retiré un peu avant la fin de la première partie, mais il va vous falloir patienter un peu.


-Je viens de finir d'écrire le chapitre 15 et il me reste 2 chapitre à écrire pour boucler la 1ère partie. J'ai un mois et demi de galère et de boulot qui s'annonce, donc je pourrai très peu écrire. J'espère quand même pouvoir tenir le rythme d'un chapitre par semaine jusqu'à la fin de la 1ère partie. Cependant, après, je ferai une pause dans cette histoire, pour me donner le temps de prendre un peu d'avance sur la 2ème partie. Je vous tiendrai au courant de toutes façons !


-J'adore toujours autant vos commentaire et certaines d'entre vous me font mourir de rire et ça fait du bien ! Notamment avec les surnoms que vous donnez à Louis... entre autre, j'ai eu droit à : Loulou, roudouchoux, tit Louis, lapinou chéri,... et j'en oublie sûrement. Franchement, j'adore ! Surtout, continuez, ça me fait passer des supers moments ! Bon, j'ai eu aussi souvent droit à des menaces de mort, de tortures, de mauvais sorts... mais vous revenez à chaque fois, pour mon plus grand plaisir ! Un grand merci à vous, donc, de me suivre à travers mes histoires et mes délires !


-J'ai une nouvelle fic en préparation. Elle ne sera pas commencée tout de suite vu les semaines qui m'attendent, mais sachez que mon esprit est en ébullition et que les bases sont déjà posées. La encore, je vous tiens au courant.


Bon j'arête de vous embêter et je vous souhaite une bonne lecture !

Bisous à toutes et à tous !


 

 

Lorsque Louis se réveilla le lendemain, la place à ses côtés était vide, mais encore chaude. Une fleur de lys était posée sur l'oreiller. Ce petit geste fit naître un doux sourire sur les lèvres de Louis au souvenir de l'anecdote que Philippe lui avait raconté sur son aïeul. Il paressa un peu au lit, jouant doucement avec cette feuille puis la rangea précieusement dans un tiroir de son meuble de chevet avant d'aller réveiller Lothaire en fanfare !!!

 

A nouveau, il sauta sur le lit de son ami, le réveillant en sursaut !

 

-Louis, il va vraiment te falloir perdre cette habitude !

 

-C'est de ta faute, mon ami. C'est toi qui est sensé me réveiller le matin, pas l'inverse !

 

-Le soleil est à peine levé ! Tu n'as donc aucune pitié pour ton pauvre serviteur ?

 

Les deux jeunes hommes partirent dans un grand éclat de rire.

 

-Allez, tu as eu toute une nuit pour dormir, maintenant il faut te lever !

 

-Toute une nuit ? Tu crois ? Il se trouve que j'ai eu énormément de mal à m'endormir. Mes voisins de chambrée étaient plutôt remuants...et bruyants !

 

Louis piqua un fard monumental et Lothaire en profita pour se moquer de lui gentiment. Puis il reprit :

 

-Plus sérieusement, je suis très heureux que vos relations s'arrangent.

 

Le jeune homme eut un petit sourire doux.

 

-Mais, oh fait, tu as abandonné ton époux ?

 

-Non. Il est parti.

 

-Oh...Désolé...

 

-Non, ce n'est pas grave...j'ai bien compris qu'il lui faudrait du temps. Et puis, il n'est pas réellement parti comme un voleur, il m'a laissé un petit souvenir.

 

Devant l'air intéressé de son valet, Louis lui raconta la découverte de la fleur de lys ainsi que l'histoire que Philippe lui avait raconté.

 

-Voilà qui en dit long. C'est un acte prometteur... mais, je dois avouer qu'il est un peu long à a détente.

 

Louis eut un petit rire.

 

-Oui, c'est vrai. Peut-on vraiment l'en blâmer ? Il se doit d'être méfiant si il veut préserver sa place. Depuis hier, j'ai compris que j'allais devoir l'apprivoiser... j'ai tout le temps, maintenant qu'il m'a laissé une chance de lui montrer qui j'étais.

-Je l'espère de tout cœur. Tu mérites le bonheur, Louis. Ne laisse jamais personne te convaincre du contraire.

 

-Merci. Et merci pour tout le reste aussi. Je ne sais pas vraiment comment les choses vont évoluer, mais j'ai l'impression, pour la première fois depuis que je suis ici, que je vais peut être finir par trouver ma place. Et une chose est sure, je n'y serai pas arrivé sans toi. Je ne sais pas ce que je pourrai faire pour te remercier...

 

-Moi je sais ! Viens à mon mariage !

 

Le visage de Louis s'éclaira d'un grand sourire.

 

-Alors ça y'est ? Vous avez fixé la date ?

 

-Oui, cela aura lieu le mois prochain. Le jour du solstice d'été. Tu seras là, n'est-ce pas ?

 

-Bien sur ! Enfin, je veux dire...il va falloir que j'en parle au prince...enfin à mon ép....à Philippe...

 

Lothaire eut une petit rire amusé face à la confusion de son ami. Puis il lui dit qu'il attendrait sa réponse avec impatience. Ensuite ils se levèrent tous les deux et se préparèrent pour aller manger, une belle journée les attendait.

Ils se dirigèrent ensuite vers la bibliothèque où ils aimaient beaucoup se retrouver. Ils y croisèrent François.

 

-Tiens, bonjour Louis. Lothaire.

 

-Bonjour François, répondit Louis tandis que Lothaire se courbait légèrement.

 

-Comment allez-vous ?

 

-Très bien, je vous remercie. Et vous ?

 

-Ma foi, on ne peut mieux, les affaires se portent bien !

 

-C'est une bonne chose. Je suis heureux de vous voir, je n'ai pas encore eu l'occasion de vous remercier.

 

-Me remercier ?

 

-Oui. Je sais que vous êtes intervenu en ma faveur auprès de mon époux. Je sais aussi que sans vous, il n'aurait même pas essayé de changer d'avis me concernant. Donc je vous dois une fière chandelle. Sachez que si je peux vous aider, d'une quelconque manière, n'hésitez pas à me le demander.

 

-Je n'y manquerais pas. répondit le baron avec un sourire. Bonne journée messieurs.

 

-A vous aussi.

 

Après avoir passé la matinée dans la bibliothèque, Louis et Lothaire décidèrent de se restaurer avant de sortir dans les jardins. La journée était belle et même si parcourir les rayons de la bibliothèque était fort intéressant, ils n'avaient pas l'intention d'y passer la journée. Mais après quelques avoir marché un peu, Louis du se reposer. La chaleur était forte et il sentit de légère tension au niveau de son ventre. Ils s'installèrent sur le bord d'une des nombreuses fontaine du parc et après avoir vérifié que personne ne les observait, ils se déchaussèrent et trempèrent leur pied dans l'eau, Louis caressant doucement son ventre arrondi et parlant tous deux du mariage prochain de Lothaire. Ils étaient plongés dans leur discussion lorsqu'une voix les interpella.

 

-Bonjour.

 

Les deux concernés sursautèrent en concert. Philippe était là, un petit sourire aux lèvres. Il s'adressa à Lothaire.

 

-Pourrais-tu nous laisser un instant, je te prie. J'aimerai m'entretenir avec mon époux.

 

Lothaire acquiesça vivement et sortit de la fontaine, ramassant ses chausses au passage. Louis baissa la tête, honteux. Il était pied nu, dans une fontaine, ce n'était sans doute pas l'attitude attendue de la part d'un futur roi.

 

-Je suis désolé, je pensais que personne ne me verrai ainsi. dit-il en désignant sa tenue.

 

-Cela n'a aucune importance. Vous êtes ici chez vous, vous pouvez bien y faire ce que vous voulez... tant que cela ne porte pas préjudice à la couronne bien sur.

 

Louis acquiesça avec un petit sourire.

 

-Vous souhaitiez me voir ?

 

-Oui. Puis-je me joindre à vous ? dit Philippe en désignant la fontaine de la tête.

 

-Bien sur !

 

Le prince se déchaussa et, à la grande surprise de Louis, enjamba le bord de la fontaine pour se retrouver au côtés de son époux. Louis se dit qu'il avait encore de nombreuses facettes à découvrir chez son époux. Un petit silence s'installa, pendant que le prince cherchait ses mots.

 

-Hum...est-ce que...vous allez bien ?

 

-Très bien, merci.

 

-En fait, je voulais...j'aurais aimé...

 

Louis retint un sourire. Il n'avait encore jamais vu son époux aussi indécis. Il aurait presque pu dire qu'il était intimidé. Poussé par un instinct qu'il ne se connaissait pas, Louis posa sa main sur celle de son époux en signe de réconfort. Aussitôt le regard de Philippe se posa sur cette douce alliance et lorsque Louis, se rendant compte de son geste, voulu retirer sa main, elle était déjà prisonnière de celle de son époux.

 

-J'aimerais que vous vous joigniez à moi pour le dîner.

 

Louis, qui jusque la était uniquement concentré sur la douce chaleur qui avait envahie sa main au contact de Philippe releva subitement la tête.

 

-Vous voulez dire...dans la grande salle ?

 

-Oui. Je comprendrai que vous ne vouliez pas, bien sur...c'était juste une simple proposition ...ce n'est pas grave... oubliez cela !

 

-Non, ce n'est pas ça. C'est juste que...

 

Louis hésita à continuer. Avait-il parcouru assez de chemin vers son époux pour se permettre de telles exigences ? Il n'en était pas certain. Seulement, si il ne parlait pas, il risquait de perdre l'occasion de dîner avec lui et ça, il ne le voulait pas. Le regard de Philippe n'avait rien de menaçant, il attendait juste patiemment, peut être un peu nerveusement de savoir ce qui gênait Louis dans cette proposition. Aussi, le jeune homme se lança.

 

-Il risque d'y avoir du monde n'est-ce pas ?

 

-Eh bien, oui. Enfin comme d'habitude, quelques dizaines de personnes seront... oh...je comprends... vous n'êtes sans doute pas encore assez à l'aise pour affronter cela ?

 

Louis hocha la tête, dépité. Il venait de repousser son époux alors que celui-ci faisait visiblement des efforts pour se rapprocher de lui. Un autre silence suivit, puis Philippe reprit la parole.

 

-Alors peut être accepteriez vous que je partage le votre ?

 

-Le mien ? Vous voulez dire...dans le petit salon ?

 

-Oui.

 

-Mais nous serions...enfin, je veux dire, je dîne toujours seul d'habitude, ça voudrait dire qu'il n'y aurait que vous et moi...

 

-Exact, que vous et moi. Cela vous dérange-t-il ?

 

-Non, bien sur que non ! Mais... et vous ?

 

-Une petite pause de toutes ces hypocrisies de la cour me fera le plus grand bien, je vous l'assure. Et puis... j'ai envie de dîner avec vous.

 

-Oh... alors avec plaisir.

 

Louis offrit à son époux un beau sourire qu'il ne lui avait encore jamais vu. Philippe le grava dans sa mémoire et se promit de réussir à en obtenir d'autres. Le chemin n'était pas simple, mais il se savait sur la bonne voie.

 

-Parlez moi de vous.

 

-Pardon ?

 

-Je dois reconnaître que j'en connais fort peu sur vous. J'aimerai... combler mes lacunes...

 

Ils continuèrent ainsi à parler pendant un petit moment. Ils abordèrent un peu leur enfance et leur histoire respective, sans pour autant approfondir le sujet. Ils n'étaient pas encore prêt pour cela, ils leur fallait apprendre à se connaître petit à petit. Mais ils abordèrent différents sujets, plus neutres et plus universels. Ils furent surpris de s'accorder sur la plupart d'entre eux, et ils argumentèrent intelligemment sur ceux où ils avaient un avis divergeant. Le temps passa rapidement et chacun de leur côté, les princes ne virent pas le temps passer, profitant simplement de ce moment partagé.

 

C'est François qui vint les interrompre en fin d'après midi.

 

-Philipe ! Je te cherchais partout !

 

-Ah oui ? Pourquoi cela ?

 

-Tu viens de rater le conseil des ministres... ton père n'est pas vraiment ravi...

 

-Mince, j'avais complètement oublié.

 

-Oh, je suis vraiment navré, c'est ma faute ! intervint Louis.

 

-Vous n'y êtes pour rien, reprit Philippe. Bien, je crois que je vais devoir vous raccompagner à vos appartements.

 

François le regarda comme si il venait de lui pousser une troisième tête.

 

-As-tu seulement écouté ce que je viens de dire ?

 

-Bien sur. Tu as dit que j'avais raté le conseil. Et vu que je l'ai manqué, ce n'est plus la peine de me presser, n'est-ce pas ?

 

François resta la bouche ouverte quelques secondes, provoquant un éclat de rire de la part de Louis. C'était bien la première fois qu'il pouvait voir le baron à court de mots. Philippe savoura le rire de son époux qui était clair et cristallin. Puis il lui tendit le bras.

 

-Allons-y, voulez vous ?

 

Louis attrapa ses poulaines et se saisi du bras de son époux.

 

-A plus tard mon ami ! lança Philippe à François en s'éloignant.

 

Le jeune baron secoua la tête d'un désespoir feint. Et s'éloigna après un signe demain au couple. Philippe raccompagna Louis jusqu'aux portes de sa chambre.

 

-Bien, je vous dis à ce soir, alors ?

 

-Oui, à ce soir !

 

Le prince commença à s'éloigner puis se ravisa.

 

-Louis !

 

-Oui ?

 

-Vous sentez vous obligé ?

 

-Pardon ?

 

-Je veux dire. Vous avez parfaitement le droit de refuser ce dîner si vous n'en avez pas envie, je ne veux pas que vous vous forciez. Alors si vous préférez être seul, dites le moi...

 

Louis sourit doucement. Philippe faisait vraiment de gros efforts pour essayer de remonter dans son estime.

 

-Je serai ravi de partager ce repas avec vous, votre alt... Philippe.

 

A l'entente de son prénom, le prince se détendit. Puis il hocha la tête et s'éloigna le sourire aux lèvres.

 

Louis pénétra dans ses appartements et fut assailli par un Lothaire débordant de curiosité. Il dut lui raconter son après midi en long et en large avant d'avoir comblé la curiosité de son ami. Ensuite le valet se précipita vers les armoires pour trouver un vêtement adapté à l'occasion. Il en revint dépité.

 

-Eh bien... ce n'est pas avec ce genre de vêtements que tu arriveras à quelque chose !

 

-Ce sont les seuls que j'ai le droit de porter, Lothaire.

 

-Tu crois ? Les choses sont pourtant différentes de ce qu'elles étaient au début !

 

-Je porte toujours le voile, je te signale...

 

-C'est vrai...mais les choses sont quand même différentes !

 

-Certes... écoute, je ne veux pas prendre de risque inutile, je vais prendre ce que j'ai à disposition.

 

-Mais c'est laid !

 

-C'est vrai que ce n'est pas terrible. Mais au moins c'est confortable. Si un jour Philippe veut me voir porter autre chose, il me le fera savoir.

 

-Tu as raison, tant pis pour lui ! Tiens tu devrais mettre ça, c'est la chose la moins laide de ce que j'ai pu trouver.

 

-Merci, mais tu sais, je ne suis pas sur que ça serve à grand chose. Ce n'est pas une phase de séduction, il m'a juste invité à dîner avec lui.

 

-Peut être, mais non seulement c'est la première fois que ça arrive, mais en plus il a accepté de s'isoler avec toi lorsque tu as refusé son offre. Si ce n'est pas une tentative de séduction, je veux bien rentrer au monastère.

 

-Tu serais renvoyé en quelques jours mon ami ! répondit Louis en riant.

 

-C'est vrai, et puis je ne pourrais pas voir Suzanne...ça serait fort dommage pour elle !

 

Les deux garçons éclatèrent de rire et un domestique vint les prévenir que le repas était prêt.

 

Louis et Lothaire se rendirent au petit salon, le premier écoutant religieusement les derniers conseils du deuxième qui s'était pour l'occasion transformé en vraie mère poule. Ils arrivèrent les premiers et Lothaire, après moult recommandations fut mis à la porte par un Louis partagé entre l'amusement et l'exaspération. Le valet partit vers les cuisines pour prendre son repas et retrouver sa future épouse.

Suzanne était femme de chambre au château depuis quelques années déjà, tout comme sa mère et la mère de sa mère. Le travail n'était pas aisé, mais il lui convenait. Elle était bien traitée et avaient de nombreux amis. Et bien sur, elle y avait fait la connaissance de Lothaire qu'elle aimait de tout son cœur. Du haut de ses quatorze ans, elle avait un caractère bien trempé et avait su séduire le valet jusque là plutôt frivole. Il était certain de ne jamais s'ennuyer avec elle et apprenait chaque jour à la découvrir davantage. Ils en étaient certains tous les deux, ils feraient un mariage heureux.

 

Louis s'installa sur la chaise qu'il avait l'habitude d'occuper, ne sachant trop quelle attitude adopter. Il aurait bien aimé que Lothaire reste là jusqu'à l'arrivée du prince, mais il ne voulait pas passer sa vie à dépendre de son valet. Et puis il aurait fini par le rendre chèvre. Il s'intima de respirer profondément et de calmer ses doigts qui tapotaient la table. Le temps s'écoula lentement, augmentant progressivement l'angoisse de Louis. Il espérait de tout cœur que le prince ne se soit pas moqué de lui en lui proposant ce dîner. Il sentit son cœur se serrer à cette idée. Il n'avait jamais détesté le prince. Même malgré son comportement du début, même malgré ses nombreux amants et maîtresses. Il avait été décontenancé, malheureux, mais avait toujours attendu patiemment que le prince le regarde pour ce qu'il était et non pour ce qu'il voulait voir. Et depuis quelques temps, il avait vu son époux se transformer pour devenir peu à peu la personne dont on lui avait tant vanté les mérites. Et bien malgré lui, il avait senti de tendres sentiments se développer pour lui, attendant ses visites, appréciant ses efforts, contemplant son visage, bien à l'abris derrière son voile. Il ne pouvait pas s'être moqué de lui. Cela aurait été cruel et mesquin. Et pourtant les minutes s'égrenaient et personne ne poussait la porte.

 

Quand, après une longue attente, un domestique osa enfin s'approcher de Louis pour lui demander si ils devaient commencer à servir le repas ou non, Louis secoua doucement la tête. Il aurait pu jurer que le pauvre jeune homme avait tiré à la courte paille et avait perdu pour se présenter ainsi devant lui, penaud et indécis. Mais il ne lui en voulait pas. Il se sentait juste désespérément vide.

 

Alors qu'il n'y croyait plus et qu'il s'apprêtait à repartir dans ses appartements, la porte du petit salon s'ouvrit à la volée sur Philippe qui semblait avoir couru, les cheveux à moitié emmêlés et les vêtements en désordre. Il s'approcha de Louis qui s'était relevé à l'arrivée de son époux, et lui saisi les mains.

 

-Je suis heureux que vous soyez encore ici. Je pensais que vous seriez reparti.... Je suis vraiment navré pour ce retard, j'ai été retenu...

 

Louis hocha la tête doucement, le cœur prêt à éclaté de joie.

 

-J'ai cru que... vous vous étiez moqué... balbutia-t-il la gorge serrée.

 

Ces paroles semblèrent frapper Philippe qui observa son époux d'un air soucieux. Il effectua une petite pression sur les mains de Louis.

 

-Ma... ma mère n'a pas vraiment apprécié que je ne veuille pas participer au festin de la grande salle et elle a voulu savoir la raison précise... et quand elle l'a su... elle a tenté par tous les moyens de me faire passer la soirée en compagnie d'Adélaïde...

 

Philippe s'interrompit, se rendant compte de l'impact que pouvait avoir ses paroles sur son époux. Il s'agissait tout de même d'une femme qui avait été sa maîtresse au vu et au su de son époux et surtout, elle portait son enfant. Et effectivement, Louis baissa la tête et ses mains furent pris de légers tremblements. Philippe passa alors une main sous le voile pour caresser sa joue.

 

-Louis, je n'aurai raté ce repas pour rien au monde.

 

A ces mots, Louis releva la tête et put lire la sincérité dans les yeux de son époux. Il lui offrit alors un sourire rassuré et reconnaissant. Philippe allait reprendre la parole quand des bruits se firent entendre du couloir. Des bruits de pas approchaient, des bruits de talon pour être exacte. Philippe écarquilla les yeux.

 

-Bon sang, mais ce n'est pas vrai, elle m'a retrouvé... j'étais persuadé de l'avoir semé...

 

Louis eut un petit rire amusé. Etait-ce vraiment son époux qui parlait ? Philippe attrapa la poignet du jeune homme et l'entraîna à sa suite !

 

-Venez, suivez moi, il en faut pas qu'elle nous voit, sinon nous n'avons pas fini !

 

Ils se mirent à courir le plus silencieusement possible et sortirent de la salle par une autre porte. Puis il descendirent un escalier et se cachèrent dessous. Les bruits de pas qui avaient accélérés, percutèrent les marches une à une. Philippe tenait fermement son époux contre lui, toujours à l'abris sous l'escalier et jetait quelques coups d'œils pour suivre l'évolution d'Adélaïde, plutôt lente à cause de la taille de son ventre qui provoquait une démarche légèrement en canard. Lorsqu'elle passa une porte, Philippe tira à nouveau Louis par le poignet et ils s'éloignèrent rapidement en sens inverse. Louis qui avait l'impression de retomber en enfance se mit à éclater de rire au vu du comique de la situation. Il était en train de faire un cache-cache géant avec son époux, poursuivi par la prétendante de celui-ci à travers le château de Mésancourt. Son fou rire fut communicatif et Philippe le rejoignit rapidement. Ils durent s'arrêter de courir tant le souffle leur manquait. Mais avec le bruit qu'ils faisaient, les pas revinrent vers eux et ils durent à nouveau prendre la fuite, traversant les salles, longeant les corridors, dévalant les escaliers, main dans la main. La fuite prenait des airs de course folle, ponctuée par les cris de joies et les fous rires des deux époux et des appels et des plaintes d'Adélaïde, qui tentait désespérément mais en vain d'attirer la pitié du prince de par son état.  Lorsqu'elle n'en put plus, Adélaïde abandonna et disparut de leur vue. Philippe tenait toujours la main de son époux dans la sienne et le regardait rire tout en se joignant à lui. Ce son le ravissait et il fut heureux d'en être à l'origine. Cependant, Louis du se calmer car son ventre le tira. Il passa sa main dessus en geste apaisant et eut une petite grimace de douleur. Il devait se ménager. Philippe s'en aperçut et sembla être pris de remord.

 

-Je suis navré, je n'aurai pas du vous imposer cela, vous devez vous reposer.

 

-Oh, non, ça ira, je vous assure. Je m'en serai voulu de rater un moment pareil.

 

Ils échangèrent un sourire complice puis Philippe, tira à nouveau Louis à ses côtés.

 

-Venez, allons manger.

 

Ils firent quelques pas et se dirigèrent vers un autre escalier. Louis était un peu perdu, mais il lui semblait qu'ils n'allaient pas dans la bonne direction.

 

-Excusez moi, mais... le repas devait être servi dans le petit salon...

 

-Je pense que c'est là qu'elle ira nous attendre en premier lieu... mais j'ai une idée. Laissez moi faire, c'est une surprise.

 

 


Si vous saviez comme j'ai été tentée de couper le chapitre au moment ou Louis pense que Philippe ne viendra pas et l'a planté là !!! Je vous jure que j'étais à deux doigts de le faire... et puis je me suis dit que vous aviez assez souffert pour cette fiction... et que vous aviez suffisamment détesté Philippe comme ça.... le pauvre... lol... et puis, ils n'ont pas fini de souffrir, donc, vous méritez bien un petit repos et une fin de chapitre plutôt heureuse. Vous avez de la chance, c'est mon jour de bonté !

Je vous embrasse!

par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Samedi 2 mai 2009
Hello à tous et à toutes!
Comme promis, et après de longues heures de recherches, voici un petit aperçu des tenues que portent mes persos de cette fic, histoire de vous plonger un peu dans cet univers.  Par pitié, je vous demande de ne pas tenir compte des visages des gens sur les images car ça ne correspond pas du tout à ceux de mes persos (ils sont vraiment moches pour la plupart...mdr), concentrez-vous uniquement sur les vêtements.

Pour commencer, vos personnages préférées: Adélaïde et la reine (ben quoi, c'est la galanterie):

Adélaïde porte ce genre de robes:


















































La reine
porte plutôt des robes un peu plus larges qu'Adélaïde au niveau des hanches, signe de pouvoir et de statut social plus élevé (sur la photo, c'est Marie-Antoinette):





Les tenues de Philippe
:

Normale:


Officielle (dans les déplacements pour traiter avec d'autres pays, etc...):


Décontractée:


Les tenues de Louis
:

1ère tenue (sans la cape):

2ème tenue (celle-ci est bien une tenue de femme à l'origine, mais je trouve qu'avec quelques modifications, elle irait très bien à Louis. Donc ce qu'on verrait en dessous de la tunique bleue, ce ne serait pas un jupon, mais un braie (comme l'image du dessus). Et le voile, il est à peu près comme ça, sauf qu'il descend jusque sous le nez et derrière il ne forme pas une cape, il s'arrête au niveau de la nuque):



Tenue décontractée (la tenue est du même genre que la tenue décontractée de Philippe).




Les tenues de François
:

A peu près de ce genre la:


Tenue décontractée (le même genre que Philippe et Louis, simplement, avec moins de fioritures vu qu'il est d'un rang social moins élevé).



Les chaussures:

-les fameuses poulaines dont la longueur est un signe de richesse et de pouvoir (comme je l'ai déjà dit, dans mon histoire, y'a pas ces longs bouts la... déjà c'est moches et puisavouez que c'est hyper pas pratique...mdr, non mais c'est vrai quoi!)


-les autres chausses en fonction des situations et des personnages:



















Les tenues des domestiques
:

Je n'ai trouvé que très peu d'images de domestiques masculins, la plupart sont des images de femmes domestiques (bien plus courant à l'époque, puisque les hommes étaient destinés majoritairement aux combats ou aux métiers manuels). Malgré tout, j'en ai quand même trouvé une (ce sont ceux qui apportent les plats au premier plan):

Le soucis est que je trouve la tenue très moche. Donc dans mon esprit, Lothaire porte plutôt ce genre de vêtement:
Il est bien entendu qu'à l'origine, ce n'est pas un vêtement de domestique, mais ça lui va bien je trouve


Suzanne:

Les tenues des ouvriers
:

-Le père de Lothaire est Forgeron. Il n'est pas encore apparu dans l'histoire (ça viendra plus tard), mais je vous mets déjà les fringues, comme ça, je ne referai pas un article spécialement pour ça.



Les tenues des enfants:

C'est pareil, il n'y a pas encore d'enfant dans l'histoire, mais ça vous donne déjà une idée des vêtements qu'ils portent. Voici des images qui vont du nouveau né au début de l'adolescence. Par contre, cela concerne les familles nobles pour la plupart (donc uniquement pour Philippe et Louis et un peu pour françois). Je vous raconte pas comment j'ai galéré pour les trouver ces images... autant les adultes ça a été à peu près, autant les enfants... la grosse galère!

                
       



































































Le portrait (avant dernière photo) du jeune prince en bleu, c'est Louis XIV à l'âge de 5 ans.







N.B
: Bien sur, je vous mets à chaque fois les tenues complètes, mais il est évident qu'en fonction de l'activité, des envies, ou du climat, les tenues s'adaptent. Les capes ne sont pas portées tout le temps par exemple.

Voila, j'espère que c'est un peu plus clair pour vous! Je vous dis à demain pour la suite de Royale destinée!
Bisous

P.S: désolée pour les newsletter si vous en avez reçu plusieurs. c'est du à plusieurs modifications dans la mise en page.

par Meryl - publié dans : Royale destinée
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