Bonjour à toutes !!! (enfin bonne nuit, vu l'heure) !
Voilà le 2ème chapitre de ma nouvelle fiction. Je n'ai pas encore trouvé de titre, mais je sens que je m'en rapproche...je ne désespère pas...lol
Beaucoup d'entre vous ont exprimé des inquiétudes quant au fait que je puisse arrêter mes autres fics. Je le dis et je le répète, je n'abandonne rien du tout. C'est vrai qu'en ce moment, je suis à fond sur cette fiction, parce que, d'une art elle me plait beaucoup et d'autre part je suis énormément motivée pour la faire...(je sais pas pourquoi, c'est venu d'un coup). Mais j'aime beaucoup trop mes autres persos pour les abandonner comme ça...lol, ne vous inquiétez pas, les suites viendront également pour eux.
En espérant que ça vous plaise ! Bizz
Trois jours passèrent rapidement et malgré tous les préparatifs et les attentions de son valet pour garder son humeur en hausse, Louis était très inquiet. Son futur époux ne s'était pas montré une seule fois, s'absentant chaque jour du château. Il allait donc devoir se marier dans moins d'une heure, avec un parfait inconnu et il était assez inquiet de la tournure des choses. Le seul point positif était qu'il s'était considérablement rapproché de Lothaire et il avait réussi à obtenir de lui qu'il l'appelle par son prénom et même qu'il le tutoie. Cela serait seulement lorsqu'ils seraient tout les deux seuls, mais c'était déjà un grand pas en avant.
Profitant du fait d'être seul, Louis voulu essuyer ses mains moites sur ses vêtements avant de se rappeler qu'il portait ceux de la cérémonie. Lothaire n'avait pas mentit. Les vêtements étaient vraiment somptueux. D'un blanc immaculé, les couleurs de leur deux pays rassemblés sous forme de leur blason respectif au niveau de la poitrine. L'ensemble était composé d'un pantalon assez moulant et d'une chemise bouffante, le tout recouvert par une cape enroulée autour de son torse. C'est avec un certain agacement que Louis constata un voile blanc qui accompagnait ses affaires. Encore une fois, il devrait cacher son visage à la face du monde. Il commençait à sérieusement se lasser et était pressé de rencontrer son époux pour pouvoir enfin se débarrasser de cette gêne. Car il en était certain à présent, le prince ne voulait que personne ne puisse voir son visage avant lui. Sinon, pourquoi aurait-il du se cacher ainsi ? mais alors pourquoi ne pas être venu le voir plus tôt ? Tant de question et il devait attendre d'être seul avec le prince pour avoir des réponses.
-Louis ? Tu es prêt ? Il faut y aller !
Louis se retourna vers son ami, tripotant ses mains nerveusement.
-Oui, je suis prêt. Comment tu me trouves ?
-Tu es très beau, je te l'ai déjà dit. Ces vêtements te changent vraiment, ça te va très bien.
Louis lui adressa un petit sourire et le suivit en direction de la chapelle. La traversée du château se fit sans encombre, celui ci étant presque désert. Mais au fur et à mesure que les portes de la chapelle approchaient, Louis sentait l'angoisse augmenter. Il y aurait foule, il le savait, mais lui était seul. Sa famille n'avait pas pu faire un si long voyage pour si peu de temps et les affaires de leur royaume les retenaient affairés là bas. Il avait juste reçu une missive de son frère lui souhaitant beaucoup de bonheur dans sa nouvelle vie et disant qu'il viendrait dès que possible voir son petit frère. Lothaire s'arrêta à quelques mètres des portes.
-Je n'ai pas le droit d'aller plus loin. Je serai au château ce soir pour le festin, si tu as besoin de quoique ce soit, je serai là, d'accord.
-D'accord. Merci.
-Tout va bien se passer, tu verras. Respire un grand coup et vas-y.
Louis hocha la tête et entra dans la chapelle sans regarder en arrière. Vu l'état dans lequel il était, il aurait été capable de retourner dans sa chambre se cacher sous ses draps. Une fois les portes passées, il fut pris en charge par un majordome qu'il ne connaissait que de vue. Il l'amena dans une sorte d'anti-chambre et lui dit d'attendre là qu'on vienne le chercher. Louis s'installa sur un fauteuil et tenta de respirer calmement et de se détendre...en vain.
Le prince Philippe tournait en rond dans sa loge. Son ami devait être là depuis un moment et il l'attendait toujours. Philippe n'aimait pas attendre en vain. Lorsqu'enfin la porte s'ouvrit, il failli bondir sur son ami avant de voir entrer sa mère.
-Mère ! Que faites-vous là ?
Anne de Mésancourt pénétra dans la pièce avec toute la grâce qui la caractérisait. C'était une femme à la beauté fatale mais au cœur froid, avide de pouvoir et de puissance. Elle n'était pas la favorite au poste de reine, mais elle avait fait en sorte de le devenir, n'hésitant pas à écarter les concurrentes de son chemin. Quand elle voulait quelque chose, elle l'avait, peu importe le prix. La seule chose qu'elle n'avait pas pu obtenir était le mariage de son fils avec sa cousine éloignée. Le roi avait conclut cet accord alors qu'elle était absente du château pour quelques semaines. Quand elle avait apprit la nouvelle, sa fureur avait été telle que ses domestiques avaient tous du passer plusieurs jours à se faire soigner une fois qu'elle en avait eu fini avec eux. Cependant, le roi n'avait pas cédé. Le mariage empêcherait une guerre et serait bénéfique pour leur pays. Anne ruminait depuis ce jour à un moyen de changer les choses. Certes, elle ne pouvait rien faire pour éviter ce mariage, elle n'avait pas eu assez de temps. Mais elle pouvait faire en sorte qu'il soit bref et elle avait déjà commencé à préparer son fils pour cela, semant quelques piques ça et la sur le futur compagnon de celui-ci, insinuant à plusieurs reprises qu'il visait le trône de Mésancourt et qu'il comptait bien se servir du prince pour cela.
-Je suis venu voir comment vous alliez. C'est un grand jour, pour vous. Etes vous prêt ?
-Vous savez bien que je n'approuve pas ce mariage. Si j'avais le choix, rien de tout ça ne se passerait.
-Allons mon fils, votre père a essayé de voir le mieux pour vous et pour le royaume. Ce n'est pas sa faute si le fils qu'il a choisi a un cœur souillé par la cupidité et la soif de pouvoir.
Voyant qu'elle avait à nouveau l'attention totale de son fils, elle en profita pour asséner le coup de grâce.
-Enfin...si il n'avait que ça de souillé.....
Philippe tiqua.
-Que voulez-vous dire ?
-Oh rien, mon fils...vous connaissez les rumeurs, elles se propagent à vitesse folle sans bien savoir qui en est l'auteur et quelle en est la part de vérité.
-Eh bien dites moi, qu'avez-vous entendu dire ?
-Oh, je ne voudrai pas vous ennuyer avec ça.
-Mère, parlez !
-Eh bien, j'ai ouï dire que votre futur époux n'était pas le pur jeune homme qu'on nous avait présenté de premier abord.
-Comment cela ?
-Eh bien, il aurait été surprit dans des positions fort peu chrétiennes avec toutes sortes de gens, hommes comme femmes, se servant et jouant des plaisirs de la chaire tout son saoul. Ses mœurs semblent bien éloignées des nôtres. Il semblerait même qu'il soit adepte de jeux....violents avec ses partenaires...
Anne de Mésancourt connaissait bien son fils. Il attachait une importance toute particulière aux mœurs et coutumes de son pays. Et non seulement il veillait à ce que personne ne vise à s'approprier le trône mais en plus, les lois de leur terre était claires. Un des prétendants aux épousailles ayant déjà consumé avant le mariage était considéré comme impur et inapte aux devoirs du mariage. Il devait être châtié et souvent banni par la communauté.
Les traits crispés de son fils lui donnèrent raison. Elle avait fait mouche et se délectait d'avance de ce que son fils allait bien pouvoir faire de ces informations. Cependant, son rôle de reine ne lui permettait pas d'exprimer clairement ses opinions.
-Allons, mon fils. Comme je vous l'ai dit, ce ne sont que des rumeurs. Ne vous embêtez donc pas avec ça. Votre époux est sûrement aussi pur qu'il doit l'être.
Philippe hocha la tête assez sèchement. Et Anne déposa un léger baiser sur son front avant de repartir d'où elle venait. Quand la porte se referma derrière elle, elle put enfin laisser courir sur ses lèvres un sourire machiavélique et triomphant.
Lorsque François entra dans la loge de son ami, celui ci tournait en rond comme un lion en cage, les traits crispés.
-Ca ne va pas ?
-Tu sais bien ce que je pense de ce mariage.
-Eh bien, j'avais eu l'impression, ces derniers jours, que tu avais finalement décidé de lui laisser sa chance ?..
-Eh bien j'ai changé d'avis. Avec tout ce qu'on raconte sur lui, comment peux tu croire un instant que je vais lui laisser la moindre chance de s'emparer du trône. Il en va de mon royaume et de ses habitants.
-Des rumeurs ?
-Oui, tu sais bien. Tout ce qu'on dit sur lui...ça me met hors de moi. Comment peut-on bafouer ainsi les traditions ancestrales ? Tu as bien du entendre les gens parler, non ?
-Non. Ecoute, Philippe, les seules choses que j'ai entendu dans ce château sur ton futur époux sont des critiques positives. Les domestiques son traités avec respect et courtoisie, il semble intelligent et curieux et son valet a l'air ravi de son nouveau travail. Sauf que monsieur est tellement buté qu'il n'a pas voulu aller se présenter, laissant ainsi passer sa chance de savoir à qui il avait à faire vraiment.
-Tu n'as vraiment pas entendu de rumeurs sur son compte ?
-Aucune, mon ami. Sois sur que si j'avais eu la moindre information, je t'en aurai fait part. Tu en as entendu, toi ?
-Moi non. Ma mère, oui.
-Hmmf...
-Quoi ?
-Rien, rien.
-Ne me prend pas pour un imbécile. Je sais que tu ne l'aimes pas. Mais elle veille sur moi et ne veut que mon bien. Si elle me dit qu'elle a entendu ces rumeurs, c'est que ça a bien été le cas. C'est clair ?!
-Très clair.
-Et je ne laisserai pas ce petit salopard infecte mettre la main sur mon royaume. Je vais l'épouser parce que je n'ai pas le choix. Mais crois moi, il va vite regretter le voyage. Il va comprendre qu'ici, JE suis la loi.
-Philippe, je ne crois pas que...
Des coups furent frappés à la porte.
-Votre majesté, c'est l'heure. Il faut y aller.
-J'arrive, merci.
Philippe se dirigea vers la sortie en apostrophant son ami.
-Tu viens ?
-Oui, oui, je te suis.
François était inquiet pour son ami. Sa confiance en sa mère l'avait rendu aveugle sur qui elle était vraiment et un mauvais pressentiment tiraillait les entrailles du jeune lord. Même lui ne pouvait émettre des critiques vis à vis de la reine à son meilleur ami sous peine de le voir se mettre dans une colère noire. La reine avait parfaitement maîtrisé son coup à ce niveau. Le prince lui était entièrement dévoué. François espérait de tout cœur que son époux arrive à le convaincre de sa bonne foi et qu'ils arrivent à trouver un minimum de paix au sein de leur couple. Mais si Philippe ne démordait pas de ses préjugés, il plaignait sincèrement le futur marié. Si par contre, il était réellement comme son ami le lui avait décrit, il n'aurait aucune pitié et serait même volontaire pour réduire le jeune Louis à rien du tout. Avec un soupir fataliste, François se demanda si son ami connaissait ne serait-ce que le prénom de son futur amant.
Philippe était debout devant l'autel, face à la porte, attendant l'arrivée de son futur. Toutes ses émotions se mélangeaient en lui. Il était toujours très en colère contre cet homme qui s'imposait dans sa vie, lui empêchant de poursuivre l'idylle qu'il entretenait avec le compte de Barovois. Car si les promis ou les promises devaient être vierges, les futurs princes, eux, avaient l'avantage de devoir être préparés à leur nuit de noce et pouvait donc, de ce fait, profiter pleinement de leur jeunesse. Mais il était aussi anxieux. Les propos de son ami le tourmentaient. Il n'était pas stupide et savait bien que sa mère n'était pas une sainte. Mais elle était sa mère et voulait le bien de son unique enfant, ça il en était sur. Elle ne lui aurait pas menti. Pas volontairement, en tout cas. Philippe se demandait également à quoi ressemblait son futur mari. Il savait par François qu'il avait respecté les consignes à la lettre, c'est à dire qu'il n'avait jamais été vu sans masque ou avec des habits trop prêt du corps, empêchant quiconque de deviner qui se cachait derrière ses étoffes de vêtements. D'un côté, il en était satisfait car il avait été obéi, mais de l'autre, il se trouvait bien embêté de ne pas savoir à quoi s'attendre. Plusieurs fois pendant ces trois jours il avait voulu aller voir son promis, pour pouvoir l'observer un peu, mais à chaque fois une affaire l'avait retenu, ou bien son orgueil avait reprit le dessus. Il déglutit et tourna la tête pour trouver réconfort auprès de son ami de toujours et témoin. François, lui adressa un sourire encourageant et il put reprendre sa position initiale. Il n'était pas seul ! Un bref instant, il se dit que ça ne devait pas être évident pour son futur époux de se retrouver seul, loin de sa famille, pour se marier avec un inconnu et une vague de remords l'assaillit, peut être aurait-il pu faire un effort... Mais bien vite il les repoussa, se refusant à éprouver la moindre pitié pour ce traîne chien. Il ne se laisserait pas avoir. Il porterait un jour le poids de la couronne de son père et se devait d'être fort.
Soudain la musique retentit et les discussions des centaines de personnes présentes cessèrent sur le champs. Des petites filles vêtues de blanc entrèrent à pas lents, parsemant sur leur chemin des pétales de roses fraîchement coupées. Ses parents suivirent, radieux, faisant quelques signes à la foule et allant s'asseoir au premier rang, à leur place. Enfin, accompagné de deux valets, le futur époux avança lentement, calquant ses pas sur le rythme de la musique. Philippe fut stupéfait. Son époux était magnifique. Il se savait très élégant dans son costume royal, mais il se sentit soudain fade face à lui. Tout de blanc vêtu, son costume laissait apercevoir un corps parfaitement proportionné sans pour autant tout dévoiler, comme un appel à la découverte. Philippe sentit une douce chaleur se répandre dans ses reins et il se demanda comment était-ce possible, alors qu'il ne voyait pas son visage, qu'il puisse autant lui plaire. Lorsqu'il réussi à enfin lever les yeux de son promis, il s'aperçut que l'effet recherché avait atteint son but. Beaucoup de monde regardait, bouche ouvert, le futur époux et dans beaucoup d'yeux on pouvait lire la convoitise et l'envie. Aussitôt, les paroles de sa mère revinrent en tête de Philippe. Ainsi elle avait dit vrai. Son époux attirait tous les regards et il devait bien en profiter. Il allait devoir s'abaisser à épouser une catin. La haine se déversa alors dans ses veines mais il tenta de maintenant bonne figure. Il n'allait pas craquer maintenant. Son époux allait le payer cher, mais pas ici, pas maintenant. Ce soir...oui, ce soir, lorsqu'ils seraient seuls, il allait payer.
Louis avançait doucement, terrorisé à l'idée de faire le moindre faux pas, tentant de maîtriser au mieux le tremblement de ses membres et priant pour que ses jambes ne cèdent pas. Lorsqu'il était entré dans la salle, il n'avait pas aperçu tous les regards sur lui. Seul une paire d'yeux lui importait. Il put enfin contempler son futur époux et il put constater que Lothaire ne lui avait pas menti. Il était très beau et bien bâti. Louis se surprit à penser qu'on devait se sentir en sécurité lorsqu'il nous prenait dans ses bras. Cependant, si les premiers instants il avait cru voir une certaine douceur sur les traits du prince, Louis avait l'impression que plus il avançait, plus les traits de son futur époux étaient crispés et ses yeux froids. Il se rappela la conversation qu'il avait eu avec Lothaire et pria pour que le prince lui laisse une chance de le séduire. Car lui l'était déjà. Physiquement, il était déjà très attiré par le prince et il ne demandait qu'à le connaître mieux.
Enfin ils se retrouvèrent face à face. Après un léger blanc, Philippe tendit son bras à Louis qui y fit glisser le sien. Puis ils se rapprochèrent ensemble de l'autel et du prêtre qui s'y trouvait, toujours sur le rythme lent de l'orchestre. Là il se mirent face à face, Philippe tenant les mains de Louis. Philippe était plus que frustré de ne pas pouvoir observer le visage de son époux, à la recherche d'un indice prouvant sa perfidie. Frustration d'autant plus grande qu'il savait que lui pouvait être vu. Il avait demandé lui même la confection de ce voile et se surprit à penser qu'il avait été trop indulgent en lui laissant cette possibilité. Louis ne perdait pas une miette des minutes qui s'écoulaient. Le discours du prêtre lui passa complètement au dessus de la tête tant il était occupé à découvrir le visage du prince. Cependant l'air furieux qu'il arborait faisait naître en Louis un gros nœud au creux de son ventre. Il ne savait pas ce qu'il avait fait, mais ça n'avait pas plut au prince. Il se demanda si celui ci avait été au courant pour l'unique fois ou il avait retiré son voile, le premier jour, et qu'il s'était fait surprendre par Lothaire. Mais hormis eux deux, personne n'était au courant et Louis était convaincu de la fidélité de son valet. Il attendit donc patiemment la fin de la cérémonie, sentant le nœud grossir un peu plus à chaque regarde meurtrier.
Philippe était énervé. Enervé contre son mari d'être aussi désirable sans même montrer son visage, d'avoir été désigné comme promis, de lui faire douter de la véracité des rumeurs que sa mère avait entendu, d'avoir les mains si douces et une bouche si tentante. La goutte d'eau fut lorsqu'il prononça ses vœux, d'une voix légèrement tremblante mais aux sons exquis. Philippe du se concentrer ensuite pour pouvoir lire les siens. Puis enfin, ils prononcèrent le « oui », chacun avec un peu d'appréhension, mais tous les deux avec détermination. Puis vint le baiser qui clôturait la cérémonie. Philippe qui fixait les lèvres de son époux avec avidité depuis le début se força à n'échanger avec lui qu'un baiser assez bref, mais surtout, dénué de toute douceur pour ne rien ressentir d'autre que du mépris. Ce qui ne l'empêcha pas de trouver ses lèvres très appétissantes. Philippe relégua ses pensées dans un coin de sa tête et entraîna son mari par la main sous les applaudissements et les confettis des invités. Toujours ensemble ils revinrent vers le château, mais n'étant jamais seuls, ils ne purent aborder quelconque sujet. Une fois arrivé, le buffet commença. Philippe et Louis était assis l'un à côté de l'autre mais le premier était en perpétuelle conversation avec ses voisins et Louis ne se sentait pas du tout à sa place, attendant avec impatience la fin de la fête pour pouvoir être dans sa chambre et parler avec Lothaire de la dure journée qu'il vivait....Non, ce soir, il ne pourrait pas parler avec Lothaire. Ce soir....grand dieu, ce soir c'était sa nuit de noce ! Louis avait été tellement angoissé par son mariage qu'il n'avait pas percuté que s'en suivrait la nuit de noce. Il se mit à paniquer. Heureusement, l'heure de la danse était arrivée et Philippe le fit se lever pour aller au milieu de la piste, empêchant quiconque de s'apercevoir de ses tremblements. Mais le prince, lui, s'aperçut de la crispation de son mari et en fut troublé. Ils commencèrent à danser, doucement, toujours sans échanger la moindre parole. Louis, toujours très angoissé, ne pouvait s'empêcher de respirer l'odeur du prince et se faire la réflexion qu'effectivement, il était très à l'aise dans ces bras la ! Le prince restait très doux avec lui tout du long, contrastant avec l'air sévère qu'il n'avait pas cessé d'arborer depuis le début et Louis ne savait plus trop à quoi s'attendre. La boule grossit encore d'avantage.
Philippe quant à lui sentait l'inquiétude de l'homme qu'il faisait tourner dans ses bras et inconsciemment, sa prise se fit plus douce, mais il garda le contrôle sur son visage, se répétant en boucle tout le mal qu'il pensait de son époux.
La journée et la soirée parurent interminables aux yeux de Louis. Heureusement il aperçut Lothaire de temps à autres qui faisait le service. Celui ci l'apaisait à grand renfort de clin d'œils, de sourires encourageants et parfois même, quand il était sur que personne ne regardait, de grimaces hilarantes. Il fut également abordé par beaucoup de monde, hommes et femmes qui souhaitaient en connaître un peu plus sur le mystérieux jeune homme. Le fait que personne n'ait pu voir son visage et qu'il soit si peu sorti du château durant ces trois jours avaient fait beaucoup parlé de lui. Louis tenta de tenir la conversation du mieux qu'il pu, en assurant à chacun que lorsque le prince l'autoriserait, il retirerai son voile.
-Et ça ne vous gêne pas de devoir vous cacher sur ordre de votre époux ? fit une voix au milieu du petit attroupement qu'il avait suscité.
-Puis-je savoir à qui je m'adresse ? répondit Louis, interpellé par la question.
Un jeune homme s'avança. Il devait avoir à peu près son âge, le visage rieur et les yeux vifs.
-Pardonnez mon impolitesse. François de Devrant, fils du Baron Geoffroy de Devrant. Enchanté de faire votre connaissance votre altesse. Dit-il en effectuant une légère révérence.
Louis inclina légèrement la tête pour répondre à son salut.
-Eh bien, Monsieur de Devrant, si mon époux m'en a fait la demande, c'est qu'il a ses raisons. Et lorsqu'il me dira de l'enlever, il en aura également. Je pense que vous feriez aussi bien de lui poser la question directement.
Un petit sourire vint se poser sur les lèvres de François.
-Je n'y manquerai pas ! Alors, parlez nous un peu de vous. D'où venait vous ?
La tension était partie aussi vite qu'elle était venue. Et louis put enfin se détendre légèrement, parlant avec François puis avec d'autres convives. Il ne remarqua pas que la plupart d'entre eux le déshabillait du regard, ni l'air furieux de son époux.
Lorsque les derniers invités furent partis ou logés dans le château, la nuit était bien avancée. Philippe attrapa le bras de son époux et l'emmena dans sa chambre, suivi de deux dames assez âgées. Une fois arrivé dans la chambre, il le lâcha enfin. Louis se frotta le bras à l'endroit ou la prise l'avait légèrement malmené et constata avec soulagement que Lothaire était présent, encore éveillé, semblant l'attendre. Louis se demanda pourquoi les femmes étaient toujours là. Elles n'allaient tout de même pas rester toute la nuit ici ? Philippe le coupa dans ses réflexions en s'adressant à Lothaire.
-Toi, tu vas dans ta chambre et tu y restes.
Voyant le domestique hésiter et lancer un coup d'œil vers son époux, Philippe s'emporta de plus belle.
-EXECUTION !
Lothaire, après un petit signe de tête de Louis se dirigea vers sa chambre et referma la porte derrière lui, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil inquiet à son maître.
-Mesdames, je vous le laisse un moment.
Louis sursauta. Qu'il reste avec elles ? Mais pourquoi ?
-Pardon Majesté, mais pourquoi donc ?
Philippe parut outré de cette intervention et le fusilla du regard.
-Ce sont des chercheuses d'impureté.
-Des quoi ?
-Ces femmes sont nones et elles sont spécialisées dans l'auscultation des jeunes époux ou épouses dans le but de prouver si oui ou non ils ou elles sont effectivement vierges.
Louis sentit ses joues chauffer en même temps que la colère monter en lui.
-Qu'est-ce que vous insinuez ?
Un rictus méprisant s'afficha sur le visage de Philippe.
-Ca me paraît pourtant clair. J'ai bien remarqué votre petit jeu et si j'en crois les rumeurs, vous savez parfaitement jouer de vos charmes. Alors ces dames vont vous ausculter et estimez vous heureux que je ne reste pas y assister. J'attendrai dehors. Et sachez bien que si j'ai raison, vous serez répudié sur le champs.
Sur ce, Philippe sortit et s'adossa au mur du couloir. La fureur le faisait trembler. Comment son époux pouvait-il encore jouer à l'innocent après le numéro de charme qu'il avait fait dans la soirée ? Il ne se laisserait pas faire. Il allait le mater, pas plus tard que le soir même. De toutes manières il était persuadé qu'il ne serait pas vierge. Il allait donc le chasser sans avoir à le toucher.
Dans la chambre, Louis, rouge de honte se tenait face aux femmes, retenant ses larmes. La plus vieille s'avança vers lui et posa sa main doucement sur son épaule.
-Ne vous en faites pas, nous avons l'habitude, ça ne sera pas long. Enlevez votre bas et allongez vous sur le dos. Les mains tremblantes de colère, trop impuissant face aux évènements, Louis enleva son pantalon et son sous-vêtement et alla s'allonger sur le lit, tentant de cacher son anatomie comme il pouvait. Les femmes se lavèrent les mains dans une bassine prévue à cet effet puis elles s'avancèrent vers lui. La première lui fit retirer ses mains avec douceur et commença à palper son pénis et ses bourses. Louis serra les dents. Il savait dès le début que dans son couple, il jouerait le rôle de la femme et ça ne l'avait pas dérangé plus que ça, ne serait-ce que pour sauver son pays, mais également par préférence. Mais lorsque la deuxième introduisit un doigt dans son anus, il ne put empêcher son corps de se tendre ni une larme de s'échapper de ses paupières. Il l'essuya rapidement. Il n'allait pas pleurer. Il ne voulait pas pleurer. Son mari ne méritait pas ses larmes. Alors il attendit patiemment qu'elles aient fini et à son grand étonnement, elles furent assez rapides. Peu de temps après, les femmes retournèrent se laver les mains tandis que Louis se rhabillait. Puis elles allèrent ouvrir la porte.
Le prince qui attendait en tournant en rond entra dans la pièce précipitamment. Cette fois, ce fut la plus jeune qui parla.
-Il est vierge, Votre altesse.
Le prince parut un instant ébranlé mais se ressaisit vite.
-Vous êtes sures ?
-Sures et certaines, Votre altesse, il n'y a aucun doute possible.
-Bien je vous remercie. Au revoir.
Les deux femmes partirent après une dernière révérence. Louis se tenait toujours à côté du lit, un bras le long du corps et le deuxième replié sur son ventre, ayant attrapé son coude. Il fulminait mais se mordait la langue pour ne pas agresser son mari verbalement. Car celui ci semblait lui aussi très énervé. Mais il restait plongé dans ses pensées. Louis prit alors la parole, voulant se débarrasser de ce qui le gênait depuis son arrivée ici.
-Est-ce que je peux l'enlever maintenant ?
Sa voix s'était faite sèche. Il voulait bien faire des efforts, mais il avait beaucoup de mal à se maîtriser.
-Pardon ?
Philippe avait relevé la tête, sortant de ses songes et à son regard, Louis se dit qu'il aurai mieux fait de se taire et de se faire tout petit. Mais il pointa quand même son voile.
-Non !
Et avant que Louis puisse argumenter, le prince enchaîna.
-Déshabillez vous !
-Comment ?
-Déshabillez vous immédiatement. Vous enlevez tout sauf le voile, est-ce que c'est clair ?
Louis, pour ne pas l'énerver d'avantage, s'affaira doucement, se demandant comment sa nuit de noce pouvait se transformer en tel cauchemar. Il se retrouva nu, plaçant une fois de plus ses mains devant son sexe. Sa respiration était saccadée, coupée par la peur.
-Mettez vous sur le lit. A quatre pattes.
Louis ferma les yeux fortement mais ne dit rien. Il alla s'installer comme son époux le lui avait demandé, sentant monter un dégoût de lui même et de son mari dans sa gorge. Jusqu'à quel point cette humiliation allait-elle aller ? Et surtout, qu'est-ce qui, dans son comportement, avait pu mériter un tel traitement ?
Philippe s'approcha derrière lui et après avoir humidifié ses doigts, il en plongea deux dans l'anus de son époux. Louis ne put retenir un cri de douleur, ne s'attendant pas à ce que le côté purement sexuel arrive si vite. Cependant il eut à peine le temps de s'y habituer qu'un troisième doigt vint prendre place aux côtés de ses semblables. Les vas et viens de la main de son époux étaient rapides et dénués de douceur et la douleur était importante. Lorsque Louis sentit les doigts être retirés, il savait qu'il n'était absolument pas prêt à recevoir plus gros, il tentât de se dégager de la prise, mais Philippe le maintenait fermement par les hanches.
-Non, attendez, s'il vous plait !
-Taisez vous !
Philippe ne voulait pas craquer, il ne pouvait pas. Il était le futur roi de ce pays et ne devait pas se laisser attendrir. Il devait le mater, lui montrer que c'était lui qui commandait. Si il l'avait laissé parler, il n'aurait jamais pu lui donner une leçon. Alors il lui avait intimé de se taire et après avoir baissé son pantalon jusqu'à mi-cuisse, il s'enfonça brusquement en son époux. Louis hurla sous la douleur et les larmes dévalèrent le long de ses joues. Ses mains s'accrochèrent aux draps et il serra les dents, mais les vas et viens de son époux étaient beaucoup trop douloureux pour qu'il puisse encore maîtriser quoique ce soit. Alors il supplia d'arrêter, ou tout du moins de ralentir. Mais son époux finit par lui appuyer la tête dans l'oreiller, étouffant ses supplications.
Philippe se dépêcha de finir, ne souhaitant pas continuer cette scène de torture plus longuement. Lorsqu'il vint en son époux, il se coucha légèrement sur lui pour atteindre son oreille et lui cracher avec mépris des paroles qu'il avait longuement préparé, pour être sur de ne pas renoncer au dernier moment.
-Votre présence ici n'est due qu'à un besoin pour moi de donner des héritiers à ma couronne. Si vous espériez obtenir un quelconque rôle dans ce pays, oubliez ça, vous n'êtes rien du tout !
Puis il se releva, remonta son pantalon et se dirigea vers la porte mitoyenne entre les deux chambres. Il se tourna une dernière fois avant de partir.
-Je reviendrai chaque soir jusqu'à ce que vous m'offriez un descendant. Soyez présent ! Et je vous interdit de retirer ce voile. Vous le porterez jour et nuit jusqu'à ce que j'en décide autrement...et je vous déconseille de désobéir sans quoi ce que vous venez de vivre vous semblera très agréable comparé à ce qui vous attend.
Sur ces paroles, il entra dans sa chambre et claqua la porte. Il fit quelques pas puis se laissa glisser contre le mur, un goût amer de bile dans la bouche. Laissant enfin ses larmes couler, il sentit remonter son déjeuner et n'eut pas la force de se lever pour aller dans sa salle d'eau, il vomit par terre, crachant son repas, son comportement, son dégoût de la manière dont il s'était comporté, de l'homme qu'il avait été.
De son côté, Louis toujours allongé sur le lit, attendit que la porte claque pour laisser échapper ses sanglots déchirants. Il ne pouvait plus bouger, ne voulait plus bouger. Sur le moment il souhaiter juste mourir ou bien rentrer chez lui et oublier à tout jamais cette nuit.
Lothaire qui était resté derrière sa porte tout le long, dès qu'il fut certain que le prince était parti, se précipita dans la chambre de son maître et constata le désastre. Louis était allongé sur le ventre, sur son lit, la tête enfouie dans son coussin, les jambes collantes de sperme et de sang, le corps tremblant de spasmes.
Le valet prépara une bassine d'eau et s'approcha du lit de son maître en prononçant de douces paroles pour ne pas l'effrayer. Puis il voulut le laver, mais au moindre contact, Louis sursautait et tremblait d'avantage. Il fallut beaucoup d'essais et de nombreuses paroles accompagnatrices pour qu'enfin il se laisse aller aux soins, ayant enfin reconnu son ami. Mais lorsqu'il voulut enlever le voile pour débarbouiller son visage, Louis l'en empêcha en gémissant des « non » plaintifs, la menace résonnant encore au dessus de sa tête. Alors, Lothaire prit une robe de nuit dans l'armoire de Louis et l'aida à l'enfiler, puis il changea les draps. Enfin, il aida son maître, amorphe à s'allonger et il replia sur lui la lourde couette, lui fournissant ainsi un doux cocon. Mais lorsqu'il voulut s'éloigner, une main attrapa sa manche.
-Reste...s'il te plait.