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Mercredi 11 mars 2009

Bonjour à toutes !!! (enfin bonne nuit, vu l'heure) !

Voilà le 2ème chapitre de ma nouvelle fiction. Je n'ai pas encore trouvé de titre, mais je sens que je m'en rapproche...je ne désespère pas...lol

Beaucoup d'entre vous ont exprimé des inquiétudes quant au fait que je puisse arrêter mes autres fics. Je  le dis et je le répète, je n'abandonne rien du tout. C'est vrai qu'en ce moment, je suis à fond sur cette fiction, parce que, d'une art elle me plait beaucoup et d'autre part je suis énormément motivée pour la faire...(je sais pas pourquoi, c'est venu d'un coup). Mais j'aime beaucoup trop mes autres persos pour les abandonner comme ça...lol, ne vous inquiétez pas, les suites viendront également pour eux.

En espérant que ça vous plaise ! Bizz


Trois jours passèrent rapidement et malgré tous les préparatifs et les attentions de son valet pour garder son humeur en hausse, Louis était très inquiet. Son futur époux ne s'était pas montré une seule fois, s'absentant chaque jour du château. Il allait donc devoir se marier dans moins d'une heure, avec un parfait inconnu et il était assez inquiet de la tournure des choses. Le seul point positif était qu'il s'était considérablement rapproché de Lothaire et il avait réussi à obtenir de lui qu'il l'appelle par son prénom et même qu'il le tutoie. Cela serait seulement lorsqu'ils seraient tout les deux seuls, mais c'était déjà un grand pas en avant.


Profitant du fait d'être seul, Louis voulu essuyer ses mains moites sur ses vêtements avant de se rappeler qu'il portait ceux de la cérémonie. Lothaire n'avait pas mentit. Les vêtements étaient vraiment somptueux. D'un blanc immaculé, les couleurs de leur deux pays rassemblés sous forme de leur blason respectif au niveau de la poitrine. L'ensemble était composé d'un pantalon assez moulant et d'une chemise bouffante, le tout recouvert par une cape enroulée autour de son torse. C'est avec un certain agacement que Louis constata un voile blanc qui accompagnait ses affaires. Encore une fois, il devrait cacher son visage à la face du monde. Il commençait à sérieusement se lasser et était pressé de rencontrer son époux pour pouvoir enfin se débarrasser de cette gêne.  Car il en était certain à présent, le prince ne voulait que personne ne puisse voir son visage avant lui. Sinon, pourquoi aurait-il du se cacher ainsi ? mais alors pourquoi ne pas être venu le voir plus tôt ? Tant de question et il devait attendre d'être seul avec le prince pour avoir des réponses.


-Louis ? Tu es prêt ? Il faut y aller !


Louis se retourna vers son ami, tripotant ses mains nerveusement.


-Oui, je suis prêt. Comment tu me trouves ?


-Tu es très beau, je te l'ai déjà dit. Ces vêtements te changent vraiment, ça te va très bien.


Louis lui adressa un petit sourire et le suivit en direction de la chapelle. La traversée du château se fit sans encombre, celui ci étant presque désert. Mais au fur et à mesure que les portes de la chapelle approchaient, Louis sentait l'angoisse augmenter. Il y aurait foule, il le savait, mais lui était seul. Sa famille n'avait pas pu faire un si long voyage pour si peu de temps et les affaires de leur royaume les retenaient affairés là bas. Il avait juste reçu une missive de son frère lui souhaitant beaucoup de bonheur dans sa nouvelle vie et disant qu'il viendrait dès que possible voir son petit frère. Lothaire s'arrêta à quelques mètres des portes.


-Je n'ai pas le droit d'aller plus loin. Je serai au château ce soir pour le festin, si tu as besoin de quoique ce soit, je serai là, d'accord.


-D'accord. Merci.


-Tout va bien se passer, tu verras. Respire un grand coup et vas-y.


Louis hocha la tête et entra dans la chapelle sans regarder en arrière. Vu l'état dans lequel il était, il aurait été capable de retourner dans sa chambre se cacher sous ses draps. Une fois les portes passées, il fut pris en charge par un majordome qu'il ne connaissait que de vue. Il l'amena dans une sorte d'anti-chambre et lui dit d'attendre là qu'on vienne le chercher. Louis s'installa sur un fauteuil et tenta de respirer calmement et de se détendre...en vain.



Le prince Philippe tournait en rond dans sa loge. Son ami devait être là depuis un moment et il l'attendait toujours. Philippe n'aimait pas attendre en vain. Lorsqu'enfin la porte s'ouvrit, il failli bondir sur son ami avant de voir entrer sa mère.


-Mère ! Que faites-vous là ?


Anne de Mésancourt pénétra dans la pièce avec toute la grâce qui la caractérisait. C'était une femme à la beauté fatale mais au cœur froid, avide de pouvoir et de puissance. Elle n'était pas la favorite au poste de reine, mais elle avait fait en sorte de le devenir, n'hésitant pas à écarter les concurrentes de son chemin. Quand elle voulait quelque chose, elle l'avait, peu importe le prix. La seule chose qu'elle n'avait pas pu obtenir était le mariage de son fils avec sa cousine éloignée. Le roi avait conclut cet accord alors qu'elle était absente du château pour quelques semaines. Quand elle avait apprit la nouvelle, sa fureur avait été telle que ses domestiques avaient tous du passer plusieurs jours à se faire soigner une fois qu'elle en avait eu fini avec eux. Cependant, le roi n'avait pas cédé. Le mariage empêcherait une guerre et serait bénéfique pour leur pays. Anne ruminait depuis ce jour à un moyen de changer les choses. Certes, elle ne pouvait rien faire pour éviter ce mariage, elle n'avait pas eu assez de temps. Mais elle pouvait faire en sorte qu'il soit bref et elle avait déjà commencé à préparer son fils pour cela, semant quelques piques ça et la sur le futur compagnon de celui-ci, insinuant à plusieurs reprises qu'il visait le trône de Mésancourt et qu'il comptait bien se servir du prince pour cela.


-Je suis venu voir comment vous alliez. C'est un grand jour, pour vous. Etes vous prêt ?


-Vous savez bien que je n'approuve pas ce mariage. Si j'avais le choix, rien de tout ça ne se passerait.


-Allons mon fils, votre père a essayé de voir le mieux pour vous et pour le royaume. Ce n'est pas sa faute si le fils qu'il a choisi a un cœur souillé par la cupidité et la soif de pouvoir.


Voyant qu'elle avait à nouveau l'attention totale de son fils, elle en profita pour asséner le coup de grâce.


-Enfin...si il n'avait que ça de souillé.....


Philippe tiqua.


-Que voulez-vous dire ?


-Oh rien, mon fils...vous connaissez les rumeurs, elles se propagent à vitesse folle sans bien savoir qui en est l'auteur et quelle en est la part de vérité.


-Eh bien dites moi, qu'avez-vous entendu dire ?


-Oh, je ne voudrai pas vous ennuyer avec ça.


-Mère, parlez !


-Eh bien, j'ai ouï dire que votre futur époux n'était pas le pur jeune homme qu'on nous avait présenté de premier abord.


-Comment cela ?


-Eh bien, il aurait été surprit dans des positions fort peu chrétiennes avec toutes sortes de gens, hommes comme femmes, se servant et jouant des plaisirs de la chaire tout son saoul. Ses mœurs semblent bien éloignées des nôtres. Il semblerait même qu'il soit adepte de jeux....violents avec ses partenaires...


Anne de Mésancourt connaissait bien son fils. Il attachait une importance toute particulière aux mœurs et coutumes de son pays. Et non seulement il veillait à ce que personne ne vise à s'approprier le trône mais en plus, les lois de leur terre était claires. Un des prétendants aux épousailles ayant déjà consumé avant le mariage était considéré comme impur et inapte aux devoirs du mariage. Il devait être châtié et souvent banni par la communauté.


Les traits crispés de son fils lui donnèrent raison. Elle avait fait mouche et se délectait d'avance de ce que son fils allait bien pouvoir faire de ces informations. Cependant, son rôle de reine ne lui permettait pas d'exprimer clairement ses opinions.


-Allons, mon fils. Comme je vous l'ai dit, ce ne sont que des rumeurs. Ne vous embêtez donc pas avec ça. Votre époux est sûrement aussi pur qu'il doit l'être.


Philippe hocha la tête assez sèchement. Et Anne déposa un léger baiser sur son front avant de repartir d'où elle venait. Quand la porte se referma derrière elle, elle put enfin laisser courir sur ses lèvres un sourire machiavélique et triomphant.


Lorsque François entra dans la loge de son ami, celui ci tournait en rond comme un lion en cage, les traits crispés.


-Ca ne va pas ?


-Tu sais bien ce que je pense de ce mariage.


-Eh bien, j'avais eu l'impression, ces derniers jours, que tu avais finalement décidé de lui laisser sa chance ?..


-Eh bien j'ai changé d'avis. Avec tout ce qu'on raconte sur lui, comment peux tu croire un instant que je vais lui laisser la moindre chance de s'emparer du trône. Il en va de mon royaume et de ses habitants.


-Des rumeurs ?


-Oui, tu sais bien. Tout ce qu'on dit sur lui...ça me met hors de moi. Comment peut-on bafouer ainsi les traditions ancestrales ? Tu as bien du entendre les gens parler, non ?


-Non. Ecoute, Philippe, les seules choses que j'ai entendu dans ce château sur ton futur époux sont des critiques positives. Les domestiques son traités avec respect et courtoisie, il semble intelligent et curieux et son valet a l'air ravi de son nouveau travail. Sauf que monsieur est tellement buté qu'il n'a pas voulu aller se présenter, laissant ainsi passer sa chance de savoir à qui il avait à faire vraiment.


-Tu n'as vraiment pas entendu de rumeurs sur son compte ?


-Aucune, mon ami. Sois sur que si j'avais eu la moindre information, je t'en aurai fait part.  Tu en as entendu, toi ?


-Moi non. Ma mère, oui.


-Hmmf...


-Quoi ?


-Rien, rien.


-Ne me prend pas pour un imbécile. Je sais que tu ne l'aimes pas. Mais elle veille sur moi et ne veut que mon bien. Si elle me dit qu'elle a entendu ces rumeurs, c'est que ça a bien été le cas. C'est clair ?!


-Très clair.


-Et je ne laisserai pas ce petit salopard infecte mettre la main sur mon royaume. Je vais l'épouser parce que je n'ai pas le choix. Mais crois moi, il va vite regretter le voyage. Il va comprendre qu'ici, JE suis la loi.


-Philippe, je ne crois pas que...


Des coups furent frappés à la porte.


-Votre majesté, c'est l'heure. Il faut y aller.


-J'arrive, merci.


Philippe se dirigea vers la sortie en apostrophant son ami.


-Tu viens ?


-Oui, oui, je te suis.


François était inquiet pour son ami. Sa confiance en sa mère l'avait rendu aveugle sur qui elle était vraiment et un mauvais pressentiment tiraillait les entrailles du jeune lord. Même lui ne pouvait émettre des critiques vis à vis de la reine à son meilleur ami sous peine de le voir se mettre dans une colère noire. La reine avait parfaitement maîtrisé son coup à ce niveau. Le prince lui était entièrement dévoué. François espérait de tout cœur que son époux arrive à le convaincre de sa bonne foi et qu'ils arrivent à trouver un minimum de paix au sein de leur couple. Mais si Philippe ne démordait pas de ses préjugés, il plaignait sincèrement le futur marié. Si par contre, il était réellement comme son ami le lui avait décrit, il n'aurait aucune pitié et serait même volontaire pour réduire le jeune Louis à rien du tout. Avec un soupir fataliste, François se demanda si son ami connaissait ne serait-ce que le prénom de son futur amant.



Philippe était debout devant l'autel, face à la porte, attendant l'arrivée de son futur. Toutes ses émotions se mélangeaient en lui. Il était toujours très en colère contre cet homme qui s'imposait dans sa vie, lui empêchant de poursuivre l'idylle qu'il entretenait avec le compte de Barovois. Car si les promis ou les promises devaient être vierges, les futurs princes, eux, avaient l'avantage de devoir être préparés à leur nuit de noce et pouvait donc, de ce fait, profiter pleinement de leur jeunesse. Mais il était aussi anxieux. Les propos de son ami le tourmentaient. Il n'était pas stupide et savait bien que sa mère n'était pas une sainte. Mais elle était sa mère et voulait le bien de son unique enfant, ça il en était sur. Elle ne lui aurait pas menti. Pas volontairement, en tout cas. Philippe se demandait également à quoi ressemblait son futur mari. Il savait par François qu'il avait respecté les consignes à la lettre, c'est à dire qu'il n'avait jamais été vu sans masque ou avec des habits trop prêt du corps, empêchant quiconque de deviner qui se cachait derrière ses étoffes de vêtements. D'un côté, il en était satisfait car il avait été obéi, mais de l'autre, il se trouvait bien embêté de ne pas savoir à quoi s'attendre. Plusieurs fois pendant ces trois jours il avait voulu aller voir son promis, pour pouvoir l'observer un peu, mais à chaque fois une affaire l'avait retenu, ou bien son orgueil avait reprit le dessus. Il déglutit et tourna la tête pour trouver réconfort auprès de son ami de toujours et témoin. François, lui adressa un sourire encourageant et il put reprendre sa position initiale. Il n'était pas seul ! Un bref instant, il se dit que ça ne devait pas être évident pour son futur époux de se retrouver seul, loin de sa famille, pour se marier avec un inconnu et une vague de remords l'assaillit, peut être aurait-il pu faire un effort... Mais bien vite il les repoussa, se refusant à éprouver la moindre pitié pour ce traîne chien. Il ne se laisserait pas avoir. Il porterait un jour le poids de la couronne de son père et se devait d'être fort.


Soudain la musique retentit et les discussions des centaines de personnes présentes cessèrent sur le champs. Des petites filles vêtues de blanc entrèrent à pas lents, parsemant sur leur chemin des pétales de roses fraîchement coupées. Ses parents suivirent, radieux, faisant quelques signes à la foule et allant s'asseoir au premier rang, à leur place. Enfin, accompagné de deux valets, le futur époux avança lentement, calquant ses pas sur le rythme de la musique. Philippe fut stupéfait. Son époux était magnifique. Il se savait très élégant dans son costume royal, mais il se sentit soudain fade face à lui. Tout de blanc vêtu, son costume laissait apercevoir un corps parfaitement proportionné sans pour autant tout dévoiler, comme un appel à la découverte. Philippe sentit une douce chaleur se répandre dans ses reins et il se demanda comment était-ce possible, alors qu'il ne voyait pas son visage, qu'il puisse autant lui plaire. Lorsqu'il réussi à enfin lever les yeux de son promis, il s'aperçut que l'effet recherché avait atteint son but. Beaucoup de monde regardait, bouche ouvert, le futur époux et dans beaucoup d'yeux on pouvait lire la convoitise et l'envie. Aussitôt, les paroles de sa mère revinrent en tête de Philippe. Ainsi elle avait dit vrai. Son époux attirait tous les regards et il devait bien en profiter. Il allait devoir s'abaisser à épouser une catin. La haine se déversa alors dans ses veines mais il tenta de maintenant bonne figure. Il n'allait pas craquer maintenant. Son époux allait le payer cher, mais pas ici, pas maintenant. Ce soir...oui, ce soir, lorsqu'ils seraient seuls, il allait payer.


Louis avançait doucement, terrorisé à l'idée de faire le moindre faux pas, tentant de maîtriser au mieux le tremblement de ses membres et priant pour que ses jambes ne cèdent pas. Lorsqu'il était entré dans la salle, il n'avait pas aperçu tous les regards sur lui. Seul une paire d'yeux lui importait. Il put enfin contempler son futur époux et il put constater que Lothaire ne lui avait pas menti. Il était très beau et bien bâti. Louis se surprit à penser qu'on devait se sentir en sécurité lorsqu'il nous prenait dans ses bras. Cependant, si les premiers instants il avait cru voir une certaine douceur sur les traits du prince, Louis avait l'impression que plus il avançait, plus les traits de son futur époux étaient crispés et ses yeux froids. Il se rappela la conversation qu'il avait eu avec Lothaire et pria pour que le prince lui laisse une chance de le séduire. Car lui l'était déjà. Physiquement, il était déjà très attiré par le prince et il ne demandait qu'à le connaître mieux.


Enfin ils se retrouvèrent face à face. Après un léger blanc, Philippe tendit son bras à Louis qui y fit glisser le sien. Puis ils se rapprochèrent ensemble de l'autel et du prêtre qui s'y trouvait, toujours sur le rythme lent de l'orchestre. Là il se mirent face à face, Philippe tenant les mains de Louis. Philippe était plus que frustré de ne pas pouvoir observer le visage de son époux, à la recherche d'un indice prouvant sa perfidie. Frustration d'autant plus grande qu'il savait que lui pouvait être vu. Il avait demandé lui même la confection de ce voile et se surprit à penser qu'il avait été trop indulgent en lui laissant cette possibilité. Louis ne perdait pas une miette des minutes qui s'écoulaient. Le discours du prêtre lui passa complètement au dessus de la tête tant il était occupé à découvrir le visage du prince. Cependant l'air furieux qu'il arborait faisait naître en Louis un gros nœud au creux de son ventre. Il ne savait pas ce qu'il avait fait, mais ça n'avait pas plut au prince. Il se demanda si celui ci avait été au courant pour l'unique fois ou il avait retiré son voile, le premier jour, et qu'il s'était fait surprendre par Lothaire. Mais hormis eux deux, personne n'était au courant et Louis était convaincu de la fidélité de son valet. Il attendit donc patiemment la fin de la cérémonie, sentant le nœud grossir un peu plus à chaque regarde meurtrier.


Philippe était énervé. Enervé contre son mari d'être aussi désirable sans même montrer son visage, d'avoir été désigné comme promis, de lui faire douter de la véracité des rumeurs que sa mère avait entendu, d'avoir les mains si douces et une bouche si tentante. La goutte d'eau fut lorsqu'il prononça ses vœux, d'une voix légèrement tremblante mais aux sons exquis. Philippe du se concentrer ensuite pour pouvoir lire les siens. Puis enfin, ils prononcèrent le « oui », chacun avec un peu d'appréhension, mais tous les deux avec détermination. Puis vint le baiser qui clôturait la cérémonie. Philippe qui fixait les lèvres de son époux avec avidité depuis le début se força à n'échanger avec lui qu'un baiser assez bref, mais surtout, dénué de toute douceur pour ne rien ressentir d'autre que du mépris. Ce qui ne l'empêcha pas de trouver ses lèvres très appétissantes. Philippe relégua ses pensées dans un coin de sa tête et entraîna son mari par la main sous les applaudissements et les confettis des invités. Toujours ensemble ils revinrent vers le château, mais n'étant jamais seuls, ils ne purent aborder quelconque sujet. Une fois arrivé, le buffet commença. Philippe et Louis était assis l'un à côté de l'autre mais le premier était en perpétuelle conversation avec ses voisins et Louis ne se sentait pas du tout à sa place, attendant avec impatience la fin de la fête pour pouvoir être dans sa chambre et parler avec Lothaire de la dure journée qu'il vivait....Non, ce soir, il ne pourrait pas parler avec Lothaire. Ce soir....grand dieu, ce soir c'était sa nuit de noce ! Louis avait été tellement angoissé par son mariage qu'il n'avait pas percuté que s'en suivrait la nuit de noce. Il se mit à paniquer. Heureusement, l'heure de la danse était arrivée et Philippe le fit se lever pour aller au milieu de la piste, empêchant quiconque de s'apercevoir de ses tremblements. Mais le prince, lui, s'aperçut de la crispation de son mari et en fut troublé. Ils commencèrent à danser, doucement, toujours sans échanger la moindre parole. Louis, toujours très angoissé, ne pouvait s'empêcher de respirer l'odeur du prince et se faire la réflexion qu'effectivement, il était très à l'aise dans ces bras la !  Le prince restait très doux avec lui tout du long, contrastant avec l'air sévère qu'il n'avait pas cessé d'arborer depuis le début et Louis ne savait plus trop à quoi s'attendre. La boule grossit encore d'avantage.

Philippe quant à lui sentait l'inquiétude de l'homme qu'il faisait tourner dans ses bras et inconsciemment, sa prise se fit plus douce, mais il garda le contrôle sur son visage, se répétant en boucle tout le mal qu'il pensait de son époux.


La journée et la soirée parurent interminables aux yeux de Louis. Heureusement il aperçut Lothaire de temps à autres qui faisait le service. Celui ci l'apaisait à grand renfort de clin d'œils, de sourires encourageants et parfois même, quand il était sur que personne ne regardait, de grimaces hilarantes. Il fut également abordé par beaucoup de monde, hommes et femmes qui souhaitaient en connaître un peu plus sur le mystérieux jeune homme. Le fait que personne n'ait pu voir son visage et qu'il soit si peu sorti du château durant ces trois jours avaient fait beaucoup parlé de lui. Louis tenta de tenir la conversation du mieux qu'il pu, en assurant à chacun que lorsque le prince l'autoriserait, il retirerai son voile.


-Et ça ne vous gêne pas de devoir vous cacher sur ordre de votre époux ? fit une voix au milieu du petit attroupement qu'il avait suscité.


-Puis-je savoir à qui je m'adresse ? répondit Louis, interpellé par la question.


Un jeune homme s'avança. Il devait avoir à peu près son âge, le visage rieur et les yeux vifs.


-Pardonnez mon impolitesse. François de Devrant, fils du Baron Geoffroy de Devrant. Enchanté de faire votre connaissance votre altesse. Dit-il en effectuant une légère révérence.


Louis inclina légèrement la tête pour répondre à son salut.


-Eh bien, Monsieur de Devrant, si mon époux m'en a fait la demande, c'est qu'il a ses raisons. Et lorsqu'il me dira de l'enlever, il en aura également. Je pense que vous feriez aussi bien de lui poser la question directement.


Un petit sourire vint se poser sur les lèvres de François.


-Je n'y manquerai pas ! Alors, parlez nous un peu de vous. D'où venait vous ?


La tension était partie aussi vite qu'elle était venue. Et louis put enfin se détendre légèrement, parlant avec François puis avec d'autres convives. Il ne remarqua pas que la plupart d'entre eux le déshabillait du regard, ni l'air furieux de son époux.


Lorsque les derniers invités furent partis ou logés dans le château, la nuit était bien avancée. Philippe attrapa le bras de son époux et l'emmena dans sa chambre, suivi de deux dames assez âgées. Une fois arrivé dans la chambre, il le lâcha enfin. Louis se frotta le bras à l'endroit ou la prise l'avait légèrement malmené et constata avec soulagement que Lothaire était présent, encore éveillé, semblant l'attendre. Louis se demanda pourquoi les femmes étaient toujours là. Elles n'allaient tout de même pas rester toute la nuit ici ? Philippe le coupa dans ses réflexions en s'adressant à Lothaire.


-Toi, tu vas dans ta chambre et tu y restes.


Voyant le domestique hésiter et lancer un coup d'œil vers son époux, Philippe s'emporta de plus belle.


-EXECUTION !


Lothaire, après un petit signe de tête de Louis se dirigea vers sa chambre et referma la porte derrière lui, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil inquiet à son maître.


-Mesdames, je vous le laisse un moment.


Louis sursauta. Qu'il reste avec elles ? Mais pourquoi ?


-Pardon Majesté, mais pourquoi donc ?


Philippe parut outré de cette intervention et le fusilla du regard.


-Ce sont des chercheuses d'impureté.


-Des quoi ?


-Ces femmes sont nones et elles sont spécialisées dans l'auscultation des jeunes époux ou épouses dans le but de prouver si oui ou non ils ou elles sont effectivement vierges.


Louis sentit ses joues chauffer en même temps que la colère monter en lui.


-Qu'est-ce que vous insinuez ?


Un rictus méprisant s'afficha sur le visage de Philippe.


-Ca me paraît pourtant clair. J'ai bien remarqué votre petit jeu et si j'en crois les rumeurs, vous savez parfaitement jouer de vos charmes. Alors ces dames vont vous ausculter et estimez vous heureux que je ne reste pas y assister. J'attendrai dehors. Et sachez bien que si j'ai raison, vous serez répudié sur le champs.


Sur ce, Philippe sortit et s'adossa au mur du couloir. La fureur le faisait trembler. Comment son époux pouvait-il encore jouer à l'innocent après le numéro de charme qu'il avait fait dans la soirée ? Il ne se laisserait pas faire. Il allait le mater, pas plus tard que le soir même. De toutes manières il était persuadé qu'il ne serait pas vierge. Il allait donc le chasser sans avoir à le toucher.


Dans la chambre, Louis, rouge de honte se tenait face aux femmes, retenant ses larmes. La plus vieille s'avança vers lui et posa sa main doucement sur son épaule.


-Ne vous en faites pas, nous avons l'habitude, ça ne sera pas long. Enlevez votre bas et allongez vous sur le dos. Les mains tremblantes de colère, trop impuissant face aux évènements, Louis enleva son pantalon et son sous-vêtement et alla s'allonger sur le lit, tentant de cacher son anatomie comme il pouvait. Les femmes se lavèrent les mains dans une bassine prévue à cet effet puis elles s'avancèrent vers lui. La première lui fit retirer ses mains avec douceur et commença à palper son pénis et ses bourses. Louis serra les dents. Il savait dès le début que dans son couple, il jouerait le rôle de la femme et ça ne l'avait pas dérangé plus que ça, ne serait-ce que pour sauver son pays, mais également par préférence. Mais lorsque la deuxième introduisit un doigt dans son anus, il ne put empêcher son corps de se tendre ni une larme de s'échapper de ses paupières. Il l'essuya rapidement. Il n'allait pas pleurer. Il ne voulait pas pleurer. Son mari ne méritait pas ses larmes. Alors il attendit patiemment qu'elles aient fini et à son grand étonnement, elles furent assez rapides. Peu de temps après, les femmes retournèrent se laver les mains tandis que Louis se rhabillait. Puis elles allèrent ouvrir la porte.


Le prince qui attendait en tournant en rond entra dans la pièce précipitamment. Cette fois, ce fut la plus jeune qui parla.


-Il est vierge, Votre altesse.


Le prince parut un instant ébranlé mais se ressaisit vite.


-Vous êtes sures ?


-Sures et certaines, Votre altesse, il n'y a aucun doute possible.


-Bien je vous remercie. Au revoir.


Les deux femmes partirent après une dernière révérence. Louis se tenait toujours à côté du lit, un bras le long du corps et le deuxième replié sur son ventre, ayant attrapé son coude. Il fulminait mais se mordait la langue pour ne pas agresser son mari verbalement. Car celui ci semblait lui aussi très énervé. Mais il restait plongé dans ses pensées. Louis prit alors la parole, voulant se débarrasser de ce qui le gênait depuis son arrivée ici.


-Est-ce que je peux l'enlever maintenant ?


Sa voix s'était faite sèche. Il voulait bien faire des efforts, mais il avait beaucoup de mal à se maîtriser.


-Pardon ?


Philippe avait relevé la tête, sortant de ses songes et à son regard, Louis se dit qu'il aurai mieux fait de se taire et de se faire tout petit. Mais il pointa quand même son voile.


-Non !


Et avant que Louis puisse argumenter, le prince enchaîna.


-Déshabillez vous !


-Comment ?


-Déshabillez vous immédiatement. Vous enlevez tout sauf le voile, est-ce que c'est clair ?


Louis, pour ne pas l'énerver d'avantage, s'affaira doucement, se demandant comment sa nuit de noce pouvait se transformer en tel cauchemar. Il se retrouva nu, plaçant une fois de plus ses mains devant son sexe. Sa respiration était saccadée, coupée par la peur.


-Mettez vous sur le lit. A quatre pattes.


Louis ferma les yeux fortement mais ne dit rien. Il alla s'installer comme son époux le lui avait demandé, sentant monter un dégoût de lui même et de son mari dans sa gorge. Jusqu'à quel point cette humiliation allait-elle aller ? Et surtout, qu'est-ce qui, dans son comportement, avait pu mériter un tel traitement ?


Philippe s'approcha derrière lui et après avoir humidifié ses doigts, il en plongea deux dans l'anus de son époux. Louis ne put retenir un cri de douleur, ne s'attendant pas à ce que le côté purement sexuel arrive si vite. Cependant il eut à peine le temps de s'y habituer qu'un troisième doigt vint prendre place aux côtés de ses semblables. Les vas et viens de la main de son époux étaient rapides et dénués de douceur et la douleur était importante. Lorsque Louis sentit les doigts être retirés, il savait qu'il n'était absolument pas prêt à recevoir plus gros, il tentât de se dégager de la prise, mais Philippe le maintenait fermement par les hanches.


-Non, attendez, s'il vous plait !


-Taisez vous !


Philippe ne voulait pas craquer, il ne pouvait pas. Il était le futur roi de ce pays et ne devait pas se laisser attendrir. Il devait le mater, lui montrer que c'était lui qui commandait. Si il l'avait laissé parler, il n'aurait jamais pu lui donner une leçon. Alors il lui avait intimé de se taire et après avoir baissé son pantalon jusqu'à mi-cuisse, il s'enfonça brusquement en son époux. Louis hurla sous la douleur et les larmes dévalèrent le long de ses joues. Ses mains s'accrochèrent aux draps et il serra les dents, mais les vas et viens de son époux étaient beaucoup trop douloureux pour qu'il puisse encore maîtriser quoique ce soit. Alors il supplia d'arrêter, ou tout du moins de ralentir. Mais son époux finit par lui appuyer la tête dans l'oreiller, étouffant ses supplications.

Philippe se dépêcha de finir, ne souhaitant pas continuer cette scène de torture plus longuement. Lorsqu'il vint en son époux, il se coucha légèrement sur lui pour atteindre son oreille et lui cracher avec mépris des paroles qu'il avait longuement préparé, pour être sur de ne pas renoncer au dernier moment.


-Votre présence ici n'est due qu'à un besoin pour moi de donner des héritiers à ma couronne. Si vous espériez obtenir un quelconque rôle dans ce pays, oubliez ça, vous n'êtes rien du tout !


Puis il se releva, remonta son pantalon et se dirigea vers la porte mitoyenne entre les deux chambres. Il se tourna une dernière fois avant de partir.


-Je reviendrai chaque soir jusqu'à ce que vous m'offriez un descendant. Soyez présent ! Et je vous interdit de retirer ce voile. Vous le porterez jour et nuit jusqu'à ce que j'en décide autrement...et je vous déconseille de désobéir sans quoi ce que vous venez de vivre vous semblera très agréable comparé à ce qui vous attend.


Sur ces paroles, il entra dans sa chambre et claqua la porte. Il fit quelques pas puis se laissa glisser contre le mur, un goût amer de bile dans la bouche. Laissant enfin ses larmes couler, il sentit remonter son déjeuner et n'eut pas la force de se lever pour aller dans sa salle d'eau, il vomit par terre, crachant son repas, son comportement, son dégoût de la manière dont il s'était comporté, de l'homme qu'il avait été.



De son côté, Louis toujours allongé sur le lit, attendit que la porte claque pour laisser échapper ses sanglots déchirants. Il ne pouvait plus bouger, ne voulait plus bouger. Sur le moment il souhaiter juste mourir ou bien rentrer chez lui et oublier à tout jamais cette nuit.

Lothaire qui était resté derrière sa porte tout le long, dès qu'il fut certain que le prince était parti, se précipita dans la chambre de son maître et constata le désastre. Louis était allongé sur le ventre, sur son lit, la tête enfouie dans son coussin, les jambes collantes de sperme et de sang, le corps tremblant de spasmes.


Le valet prépara une bassine d'eau et s'approcha du lit de son maître en prononçant de douces paroles pour ne pas l'effrayer. Puis il voulut le laver, mais au moindre contact, Louis sursautait et tremblait d'avantage. Il fallut beaucoup d'essais et de nombreuses paroles accompagnatrices pour qu'enfin il se laisse aller aux soins, ayant enfin reconnu son ami. Mais lorsqu'il voulut enlever le voile pour débarbouiller son visage, Louis l'en empêcha en gémissant des « non » plaintifs, la menace résonnant encore au dessus de sa tête. Alors, Lothaire prit une robe de nuit dans l'armoire de Louis et l'aida à l'enfiler, puis il changea les draps. Enfin, il aida son maître, amorphe à s'allonger et il replia sur lui la lourde couette, lui fournissant ainsi un doux cocon. Mais lorsqu'il voulut s'éloigner, une main attrapa sa manche.


-Reste...s'il te plait.


Louis avait parlé si bas que Lothaire du tendre l'oreille pour l'entendre. Alors il s'allongea par dessus la couette, encore tout habillé et serra contre lui ce jeune homme fragile auquel il s'était si vite attaché, lui murmurant des paroles d'espoirs et la promesse d'être toujours là.
par Meryl - publié dans : Royale destinée
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Dimanche 8 mars 2009

Un petit bonjour !


Comme promis voici ma nouvelle histoire. Alors, quelques petites mises au point :


-Comme prévue, cette histoire sera divisée en trois parties.


-Par contre il y aura plus de chapitres que prévu...certains chapitres étant trop longs, je les ai séparés en deux, donc...je ne sais pas exactement combien il y en aura.


-Cette histoire est un Mpreg !!! Ca se passe dans un monde ou les grossesses peuvent être masculines ou féminines sans soucis, ça ne paraîtra donc pas étrange d'y voir un homme enceinte. Donc pour ceux qui n'aiment pas, ne lisez pas !


-Je n'ai toujours pas d'idée de titre...j'espère en trouver un rapidement. Si vous avez une idée n'hésitez pas, mais sachant que vous ne connaissez pas la suite, ça risque d'être difficile d'en trouver un qui colle...mais bon, sait-on jamais !!!


Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et j'espère vraiment que ça vous plaira ! Les 6 premiers chapitres étant écrits, je devrai avoir une certaine régularité dans la publication, au moins au début !

 



PREMIERE PARTIEMésancourt


Le jeune dauphin Philippe II, prince du royaume de Mésancourt, frappait avec rage sa lame sur le bouclier que son adversaire parvenait tout juste à placer entre eux. Celui ci suait à grosse goutte et faisait le maximum pour rester concentrer sur le combat qui ne ressemblait en rien à un entraînement habituel.


-Philippe, calme toi, tu vas finir par me tuer. Je comprends que tu sois en colère, mais moi , je n'y suis pour rien.


Le jeune prince toisa son adversaire méchamment.


-Imagine toi sur le champs de bataille, François. Tu crois vraiment qu'ils te laisseraient te reposer ? Non mais tu te rends compte ? me faire ça, à moi ?! Comment osent-ils ?


Et sur ce il frappa à nouveau en direction de son ami qui esquiva habilement la lame tranchante.


-Il fallait t'y attendre, non ? Après tout, tu as déjà dix-neuf ans. Je trouve ça étonnant qu'ils ne l'aient pas fait plus tôt.


-Plus tôt ! Tu te moques de moi ? Je suis jeune, j'ai envie de profiter de cette jeunesse. J'aurai toute la vie pour me marier.


-Va dire ça au peuple. Ils attendent un héritier et tes parents aussi. Tu as eu de l'indulgence de la part de tous car tu es leur futur souverain, mais peu de jeunes hommes de ton âge sont encore célibataires en ville. Il fallait bien que ça t'arrive un jour ou l'autre.


Philippe ajusta sa lame et tenta une nouvelle attaque que François évita à nouveau avant de tenter une contre attaque, parée par le prince héritier.


-Toi, tu es bien célibataire !


-J'ai deux années de moins que toi et puis, je ne porte pas le poids d'un royaume sur mes épaules.


-Ils auraient au moins pu me demander mon avis, ou me laisser choisir.


-Tu n'avais cas te décider plus tôt au lieu de papillonner à droite et à gauche en goûtant à tout ce qui t'était proposé. Maintenant, tes parents ont fait leur choix, pour le bien du royaume. Votre union va empêcher une guerre certaine et apportera sans aucun doute des ressources abondantes. Dits toi que ça fait partie de ton devoir.


Dans un cri rageur, le prince fit tournoyer l'épée de son adversaire et d'un coup de balayette, envoya son ami mordre la poussière. Puis il s'avança au dessus de lui, pointant la lame sous son menton, l'obligeant à croiser son regard.


-Je ne veux pas me marier par devoir et je te signale que j'ai déjà quelqu'un dans ma vie.


-Pour combien de temps, cette fois ? Trois jours ? Six ?


-C'était sérieux.


-Ben voyons, comme par hasard au moment ou tu dois te marier. Arrête de râler, si ça se trouve ton futur mari est une bombe et tu ne voudras plus quitter sa couche...


Le prince, toujours surplombant son camarade enfonça légèrement la lame dans son cou, le réduisant au silence, puis s'agenouilla face à lui.


-Je n'ai aucune envie de le savoir, tu vois. D'ailleurs je refuse de le voir tout court. Je vais ordonner qu'on me cache cet homme.


-Mais il va être ton époux.


-Et alors. Je le rencontrerai le moins possible et je ferai en sorte qu'il soit masqué.


-Et comment feras-tu pour l'honorer ?


-Je n'ai pas besoin de voir son visage pour ça. Je ferai mon devoir, certes, mais ce petit grain de sable va vite regretter d'avoir visé le trône de Mésancourt, crois moi.


Sur ce, le prince se redressa, rengaina sa lame et sortit de la salle d'armes, laissant son ami se relever et se rhabiller seul. Celui ci secoua la tête.


-Espèce de tête de mule. Ne va pas tout gâcher avant même que ça ne commence.


Quelques semaines plus tard, une calèche s'arrêtait au portes du château. Quelques valets accoururent et se mirent en place pour accueillir le futur époux du prince, tandis qu'un intendant grimpa dans le véhicule, avec dans les bras un drôle de bout de tissu noir.

Quelque minutes plus tard, il en ressorti suivi d'une silhouette souple portant ce même bout de tissu sur la tête, formant une sorte de voile grillagé, lui recouvrant la quasi totalité du visage. Seul le menton était visible et parfois un peu la bouche lors de certains mouvements de tête. La confection de cet habit avait pour particularité que les mailles permettaient de voir de l'intérieur sans être vu de l'exterieur, ne gênant ainsi pas la vue du jeune homme. De plus, les vêtements portés étaient suffisamment amples pour cacher les éventuelles formes et des gants, noirs eux aussi, recouvraient ses mains. Rien ne permettait de distinguer quoi que ce soit de la personne qui montait à présent les marches de château.


Lorsqu'il se retrouva dans le hall, il fut présenté à un majordome qui s'inclina devant lui. Le jeune homme, un peu perdu, se laissa guider à travers de grandes salles de marbre blanc, écoutant distraitement les récits historiques accompagnant ce qui serait désormais sa résidence et tentant de mémoriser le chemin prit pour ne pas se perdre. Peine perdue, après une dizaine de couloir, trois escaliers et plusieurs portes, Louis de Castille aurait été bien incapable de se retrouver dans ce labyrinthe. Ses pensées furent coupées lorsqu'il arriva dans une chambre.


-Voici vos appartements, Monseigneur. J'ose espérer qu'ils vous plairont.


Louis regarda autour de lui. La pièce était vraiment très belle, spacieuse, claire, bien décorée, chauffée par une cheminée. Il s'y sentit tout de suite à l'aise.


-C'est très beau.


-Heureux qu'ils vous plaisent. Vos appartements donnent directement sur ceux qu'occuperont le prince Philippe après votre union.  Dit le majordome en désignant une porte. Et ici, se trouve la chambre de votre laquais. Dit-il en désignant une autre porte, à l'opposé de la première. Enfin, voilà votre salle d'eau. Vos bagages arriveront d'ici peu, je vous laisse vous installer, votre laquais vous accompagnera à la grande salle au moment du dîner.


Le majordome s'inclina une dernière fois et s'éloigna en faisant résonner ses talonnettes le long du grand corridor.


Louis, encore étourdi, s'assit sur le bord du lit, puis commença à se dévêtir, retirant sa cape épaisse, protectrice du froid mordant de l'extérieur, mais superflue dans ce doux cocon. Ses mains saisirent le voile et il hésita un instant. Il n'avait pas bien comprit les motivations de l'intendant pour qu'il porte ce truc sur la tête, mais il avait bien comprit que cela venait du prince lui même et qu'il ne fallait surtout pas y désobéir. Louis se demanda alors, si le prince n'était pas jaloux au point de vouloir être le premier à voir son visage. Mais, là, il était dans sa chambre, à priori, personne ne viendrait le déranger, sauf peut être son futur époux et dans ce cas, il serait quand même le premier, il ne voyait donc pas en quoi le retirer pouvait être gênant. Il retira le voile, inspirant une grande goulée d'air, et passant une main dans ses cheveux, tentant de les discipliner.


-Je serai vous je ne ferai pas ça ?


Louis sursauta violemment en poussant un petit cri de stupeur. Il se mit debout immédiatement et fit volt face. Accoudé au chambranle de la porte, se tenait un jeune homme à l'air jovial, des taches de rousseur parsemant son visage et des yeux pétillants de malice. Il entra dans la pièce en prenant soin de fermer la porte derrière lui.


-Pardonnez moi de vous avoir fait peur, ce n'était pas mon intention. Je suis Lothaire, votre laquais attitré. Si vous avez besoin de quoique ce soit, n'hésitez pas.


En parlant, Lothaire avait fait une sorte de courbette malhabile qui fit sourire Louis. Il était certain de pouvoir bien s'entendre avec son laquais.


-Bonjour Lothaire, heureux de vous rencontrer. Puis-je savoir ce que vous ne feriez pas ?


Lothaire parut un instant gêné.


-Eh bien, ne croyez pas que je vous donne une leçon ou quoique ce soit, monseigneur, non. Mais le prince a clairement ordonné que vous deviez porter ce voile, et ce jusqu'à ce qu'il décide que vous puissiez le retirer.


-Je ne comprends pas. Ici, personne ne peut me voir, à part vous peut être, mais si vous êtes mon laquais, cela risque d'arriver fréquemment que l'on se croise. Quel mal y-a-t-il à ce que je me découvre dans cette pièce.


-Veuillez m'excuser monseigneur, je n'en ai aucune idée. Mais les ordres sont les ordres. Je serai vous, je remettrai ceci.


Louis interloqué, mais ne voulant pas froisser son futur époux si vite après son arrivée, réinstalla le voile sur sa tête. Puis en soupirant il se rassit.


-Dites moi, Lothaire, savez-vous si je vais bientôt rencontrer le prince Philippe ?


-Je ne le sais pas monseigneur. Je ne suis pas tenu au courant de ces choses là. Vous souhaitez le voir ?


Louis regarda son laquais, un petit air moqueur sur le visage. Air qui ne fut visible de personne, cependant le silence qui suivit sa question parut lui faire comprendre qu'il outrepassait son rôle. Lothaire prit aussitôt une belle teinte cramoisi.


-Pardonnez moi, je suis indiscret.


-Ce n'est pas grave. Pour répondre à ta question, oui, j'aimerai bien le rencontrer. Je ne l'ai encore jamais vu et j'avoue que j'aimerai faire connaissance avec lui avant le mariage qui a lieu dans trois jours. Je ne m'imagine pas me marier avec un parfait étranger, alors j'avais espéré... mais bon, il viendra sûrement, il doit être occupé pour le moment.


-Oui, sans doute.


-Alors, dis moi, peux tu me faire un peu visiter les lieux, j'avoue ne pas avoir retenu grand chose tout à l'heure.


-Oh, bien sur. Suivez moi, Monseigneur !


-Et par pitié, Lothaire, appelez moi Louis.


-Oh non, Monseigneur, je ne peux pas faire ça.


-Pourquoi pas, si je vous le demande.


-Non, non, je ne peux pas, c'est contraire à l'éthique...


Voyant la gêne manifeste de son laquais, Louis n'insista pas, se promettant de revenir à la charge plus tard. Ils sortirent de la pièce et Lothaire entama une petite visite des lieux, prenant le temps d'expliquer les différents points de repère pour se retrouver dans le château. Contrairement à l'aller, Louis fut bien plus à l'aise et profita pleinement des pièces qu'il visitait. Cependant Lothaire lui apprit rapidement qu'il n'avait accès qu'à certaine pièces, les autres lui étant interdites. Louis se renfrogna à cette nouvelle, ressentant clairement le message : il était encore un étranger dans ce château. Mais lorsque Lothaire ouvrit la dernière porte, toute idée morose déserta son esprit. Une salle immense s'offrait à lui, baignant dans une lumière claire, pénétrant au travers de grandes baies vitrées et allant se répercuter sur les murs blancs ornés de gravures et de fresques. Le haut plafond laissait apercevoir une mezzanine, toute aussi spacieuse et somptueuse.

Voyant son petit effet réussi, Lothaire murmura :


-Bienvenue dans la bibliothèque.


Caché sous son voile, Louis, la bouche grande ouverte de stupeur, laissa apparaître un franc sourire sur son visage. Des étagères remplies de livres couraient le long des murs, de petits coins où s'entassaient des coussins semblaient propices à la détente et d'autre, avec quelques tables, attendaient les éventuels érudits. Des statuettes et autres décorations étaient disposées ça et là dans la bibliothèque, venant de différentes époques et de différents pays. Le toux donnait un décor somptueux mais paisible, laissant entrevoir des moments très agréables.


-C'est magnifique.


-Et encore, vous n'avez pas vu la mezzanine ! Je suis sure qu'il faudrait des jours et des jours pour compter tous les livres.


-C'est probable, que plaisir ce doit être de pouvoir venir ici !


-Vous pourrez le faire, vous être chez vous maintenant.


-Oui, plus ou moins....si nous y allions ? Ca fait un bon moment que nous sommes partis, je n'aimerai pas manquer mon futur époux, même pour la plus belle bibliothèque du monde !


Lothaire acquiesça et il partire tous les deux en direction des appartements de Louis. Cependant après plus de deux heures d'attente, ils durent se rendre à l'évidence : le prince n'avait pas l'intention de les rejoindre pour quelque moment que ce soit. Devinant l'air dépité de son maître, Lothaire chercha un moyen de détourner son attention qu'il trouva grâce à un rappel à l'ordre de son estomac.


-Et si vous alliez manger ? A cette heure-ci, le souper est servi.


-Je n'ai pas très faim.


-Mais si, vous allez voir, Mathilde est la meilleure cuisinière du royaume, vous ne pourrez bientôt plus vous passer de ses plats.


Laissant échapper un petit rire triste, Louis, se leva et suivit son laquais. Il ne comprenait pas pourquoi son futur époux ne s'était pas montré. Même si il avait eu des occupations urgentes, il aurait pu prendre un peu de temps, ne serait-ce que pour se présenter à lui...et enfin lui permettre de retirer ce voile. Louis ne se doutait pas qu'à seulement quelques pas de lui, son laquais se posait les mêmes questions. Lothaire ne travaillait pas au château depuis longtemps, il avait été recruté tout spécialement pour le futur époux, mais la réputation du prince était celle d'un homme bon et juste, et le peu de contact qu'il avait pu avoir avec lui, lui avait confirmé ces propos. Cependant il devait admettre que depuis que le prince avait été mis au courant de son mariage prochain, son humeur s'était fortement dégradée et il valait mieux ne pas se trouver dans son sillage. A plusieurs reprises, Lothaire l'avait entendu pester contre son futur époux mais sur le coup, il avait mis cela sur le comte du choc du moment. Mais les journées passées n'avaient rien arrangé et le prince semblait vraiment en colère. Lothaire jeta un coup d'œil discret sur son maître qui paraissait soucieux. Il espérait que le prince ne s'en prendrait pas à lui, il avait l'air vraiment gentil. Lothaire se considéra comme chanceux d'avoir un maître comme Louis, tout les serviteurs n'avaient pas cette chance.


Enfin ils arrivèrent dans une salle à manger suffisamment grande pour accueillir une trentaine de convives. Cependant, seul un couvert était dressé. Louis soupira, le prince ne serait pas là non plus pour le dîner.


-Je vais manger tout seul ? s'étonna Louis, déjà anxieux de la réponse.


-Eh bien...il semblerait, oui.


Lothaire ne savait pas où se mettre. Le désespoir dans la voix de son maître lui faisait clairement voir la déception qu'il devait ressentir. Il venait d'arriver, seul dans un royaume inconnu, pour épouser une personne qu'il n'avait encore jamais rencontré et il n'avait été accueilli par aucun membre de la famille royale. Mais ce fut avec une immense fierté que Lothaire vit Louis redresser la tête et gonfler légèrement son buste. Son maître ne se laisserait pas abattre.


-Eh bien, goûtons donc cette fameuse cuisine, je vais voir si elle est aussi bonne que vous me l'avez décrite !


-Vous ne le regretterez pas Monseigneur.


Sur ce, Lothaire aida Louis à s'installer et se tint debout à sa droite, légèrement en retrait, prêt à anticiper ses moindres désirs. Une fois installé, un défilé de personnel se mit en route pour apporter les plats, les boissons, les sauces, les accompagnements. Louis sembla un instant sous le choc face à cette surabondance de nourriture.


-Lothaire ?


-Oui, Monseigneur ?


-Vous ne voudriez pas manger avec moi ?


Il avait posé sa question d'une petite voix presque suppliante, pouvant faire fondre le plus cruel des soldats. Mais Lothaire connaissait les règles, il était formellement interdit de mélanger les Grands et les petites gens.


-Je suis désolée Monseigneur, je n'ai pas le droit. C'est impossible !


Les épaules de Louis s'affaissèrent un peu.


-Vous pourriez au moins vous asseoir à mes côtés, non ?


Lothaire hésita un instant. Il savait cela interdit, mais après tout, ce point n'avait jamais été spécifié clairement. Comme pour le décider définitivement, Louis rajouta d'une voix amusée :


-Allez, personne ne le saura...


Alors avec un grand sourire, Lothaire s'installa sur la chaise voisine de celle de Louis et le reste du repas fut bien plus agréable pour chacun d'eux, faisant fi du regard étonné, voire outré de certains domestiques passant par là.

Si on lui demandait un jour des comptes, Lothaire comptait bien tout nier en bloc et il était persuadé que Louis tiendrait le même discours, sans même avoir à se concerter.


Une fois le repas terminé, Lothaire raccompagna Louis dans ses appartements et s'absenta pour aller manger avec les autres domestiques. Le peu de temps qu'il mit pour revenir suffit à Louis pour mourir d'ennui. Il n'osait pas vraiment sortir de sa chambre seul, d'une part parce qu'il ne connaissait pas encore suffisamment les lieux et d'autre part parce qu'il ne connaissait personne. Mais surtout, il espérait vraiment que son futur époux viendrait le rejoindre pour le rencontrer. Louis n'était pas particulièrement heureux de se marier avec un parfait inconnu, mais étant héritier de son royaume, il savait que cela était bon pour son peuple. Quitter sa famille aimante avait été un déchirement, mais il espérait pouvoir en construire une autre ici, tout en gardant contact régulièrement avec son père et son frère, à plusieurs centaines de lieux d'ici. Son père avait refusé de prime abord l'idée d'une alliance par un mariage, surtout si rapidement, mais Louis savait que c'était la condition pour obtenir une paix solide et durable. Son frère aîné étant déjà marié et futur dirigeant de leur terre, c'était à Louis de prendre cette place. Le roi Philippe 1er était réputé pour être un homme bon et un dirigeant juste. Et Louis espérait que le fils serait comme le père. Cependant, il ne comprenait pas la raison de son silence. Il n'était pas stupide au point de penser qu'ils finiraient par tomber amoureux, mais il espérait fortement pouvoir lier au moins une amitié sincère avec son mari. Si ça n'était pas le cas, Louis était sur que son mariage serait un vrai cauchemar.


-Ca ne va pas, Monseigneur ?


Louis sursauta, n'ayant pas entendu son laquais revenir.


-Si ça va. Je me demandais juste... sais-tu si le prince est présent au château ?


-Eh bien, oui, je crois. Pourquoi cela ?


-Oh pour rien....


Louis baissa la tête et Lothaire ne savais pas trop si il devait avouer ce qu'il savait à son nouveau maître, mais le voir si perdu lui donnait envie de le protéger.


-Ecoutez, Monseigneur, veuillez m'excuser si mes paroles vous offensent d'une quelconque manière, mais pour ce que j'en sais, le prince Philippe n'a été mis au courant de ce mariage qu'il y a peu de temps et sa réaction a été plutôt virulente. Il n'avait pas pour habitude que ses parents lui imposent des choix, surtout pour ce qui est de....enfin de ses...relations...


Louis sembla pensif un moment, puis hocha la tête doucement.


-Il me déteste, n'est-ce pas ? C'est pour ça que je ne l'ai pas encore vu.


Lothaire parut très embêté, ne sachant pas exactement où s'arrêtait son rôle. Finalement il arrêta de se poser trop de question et laissa parler son instinct.


-Je n'ai pas dit ça, monseigneur, je n'ai vu que très peu le prince depuis mon arrivée au château. Ce que j'en sais, c'est une amie à moi qui travaille aux cuisines qui me le dit et je ne sais pas d'où elle tient elle même ses sources. Simplement...peut être devriez-vous lui laisser un peu de temps pour se faire à cette idée. Je suis persuadé qu'il viendra vous voir quand il sera prêt et alors, vous pourrez...faire connaissance.


-Mais le mariage est dans trois jours !


-Il peut se passer bien des choses en trois jours, monseigneur. Et puis après tout, vous aurez la vie devant vous pour vous connaître mieux. Pour le moment, il vous faut surtout un premier contact.


Louis hocha la tête en souriant. Il avait bien senti depuis le début que l'homme qu'on lui avait assigné comme laquais était quelque avec qui il pourrait s'entendre.


-Vous pourriez me parler de lui ?


-Du prince ?


Lothaire sembla si surprit que Louis rebaissa la tête et senti ses joues s'embraser. Heureusement, son voile le cachait de tous.


-Eh bien oui...je ne le connais pas du tout...pensez vous que...enfin que nous pourrions...nous entendre ?


Lothaire baissa la tête pour ne pas montrer son petit sourire amusé. Il ne voulait surtout pas vexer son maître.


-Comme je vous l'ai dit Monseigneur, je ne le connais que très peu. Mais les gens disent que c'est un homme bon. Il tient beaucoup de son père. Son seul... soucis est sa mère.


-Sa mère ?


-Oui, la reine est comment dire....


Lothaire sembla se rendre compte qu'il allait dire du mal de la famille royale devant un quasi inconnu et préféra chasser ses paroles d'un revers de la main.


-Enfin, disons qu'elle n'est pas comme notre roi. Mais je suis sur que le prince et vous, vous entendrez bien. Nous ne nous connaissons que depuis tout à l'heure, mais vous me paraissez être un homme bon également. Et puis, vous verrez, le prince est également très...séduisant...ce qui ne gâche rien.


Soudain, Lothaire sembla se rendre compte de la personne à qui il donnait ces informations. Il pâlit dangereusement.


-Enfin, je veux dire euh....non pas que ça me regarde ou quoique ce soit....je disais ça pour vous...enfin, je sais que vous aurez votre propre opinion et d'ailleurs...je ne l'ai pas vu suffisamment pour pouvoir bien l'observer....non pas que j'ai envie de l'observer, je...


Il fut coupé par un éclat de rire et lorsqu'il redressa la tête, il put voir Louis s'esclaffant devant lui, au point de devoir s'asseoir sur le bord du lit. Lothaire, trop heureux de ne pas se voir punir souffla un soupir de soulagement. Louis, entre deux éclats de rire, s'adressa à lui.


-Lothaire...je crois vraiment que...qu'il faut que vous appreniez à vous taire, parfois !


Le laquais baissa la tête à nouveau, un peu honteux, mais la remarque n'avait pas été blessante ou humiliante et la bonne humeur de Louis se propagea rapidement à son valet et ils finirent par rire ensemble.


Lorsqu'enfin il se calmèrent, Lothaire voyant que la mine de son maître restait soucieuse, tenta de mieux se faire comprendre.


-Ce que je voulais dire, c'est qu'il ne faut pas vous en faire. Tout ira bien, d'accord ?


Louis hocha la tête et lui offrit un beau sourire.


-Merci Lothaire. Je ne sais pas ce que j'aurai fait sans vous. Je ne suis pas là depuis une journée que je me sens déjà perdu...j'espère juste... être à la hauteur !


-Tout ira bien Monseigneur.


Puis voyant la nuit bien avancée :


-Etes vous fatigué ?


-Je suis épuisé, mais je n'ai absolument pas envie de dormir...seulement je ne vois pas ce que je pourrai faire.


Lothaire eu un petit sourire rusé.


-J'ai peut être une idée. Que diriez-vous d'essayer votre tenue de mariage ?


Louis le regarda intéressé.


-Vous voulez dire que mes vêtements ont déjà été fait ?


-Bien sur ! Il faudra faire quelques retouches pour les adapter comme il faut à votre taille, mais ils sont dans l'armoire. Les essais étaient prévus pour demain...mais j'avoue que j'aimerai beaucoup les voir.


-Vous les avez déjà vu ?


-Non Monseigneur, mais on m'a dit qu'ils étaient vraiment magnifiques.


Louis se leva de son lit et suivit son laquais.


-Très bien, allons-y et demain, nous pourrons toujours jouer les surpris. Oh, et par pitié, Lothaire, ne m'appelez plus « monseigneur ».



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Mercredi 4 mars 2009

Bonjour à tous, bonjours à toutes !


Voici le nouveau chapitre de Dépendance. En espérant qu'il vous plaise !


Ensuite, merci à celles qui ont cherché, mais j'a retrouvé la fiction que je cherchais et malheureusement pour moi, elle en est toujours au même stade (frustration quand tu nous tiens !!!). Si certaines d'entre vous veulent la lire, le titre c'est Au placard et c'est écrit par Babydracky. Voici le lien : http://www.fanfiction.net/s/1781984/1/Au_placard


Enfin, je ne sais plus si je vous en ai déjà parlé, mais une nouvelle histoire est en cours d'écriture. Le chapitre 1 est prêt, le deuxième est en cours. Il me manque le titre (comme d'hab, quoi !) C'est une histoire qui, si tout se déroule comme prévu, se déroulera en trois partie et sera composée de 16 chapitres. Si j'arrive à bien écrire ce que j'ai dans la tête, j'espère pouvoir vous offrir un truc pas mal... Je ne sais pas quand je vais commencer à poster...


Merci à tous et toutes pour vos commentaires, j'adore les lire. Je suis heureuse que mes histoires vous plaisent et vos p'tits mots me touchent souvent beaucoup ! Donc merci à vous d'être toujours là.

Bisous, Meryl.

 

 



Les jours passent et se ressemblent au centre. Nous ne sommes toujours pas passés à l'action. J'ai l'impression que la peur nous cloue sur place, l'un comme l'autre. Nous n'en parlons pas, et même si nous le faisions, je crois que jamais Jordan ne reconnaîtrait appréhender autant que moi. Finalement nous avons décidé que étant le plus petit, je resterai dans le bureau, caché à attendre que les « patients » arrivent. Jordan attendra dehors, prêt à intervenir à la moindre alerte, quitte à foutre le plan par terre. Il me l'a promis, il ne quittera pas son poste. Alors nous attendons, guettant le bon moment pour agir, tout en repoussant chaque occasion pour n'importe quel prétexte, aussi bidon les uns que les autres : un cours à finir, un rendez-vous avec Alix, un mauvais pressentiment...


L'hiver est bien là, à présent. Les flocons tombent abondamment depuis plusieurs jours, recouvrant la ville d'une fine couche blanche, qui sera bientôt transformée en mélange boueux sous les pas des passants et les roues des voitures. Le jardin du centre est particulièrement attrayant, et l'idée que les fêtes se rapprochent pourrait presque me faire plaisir, si je ne détestais pas autant cette période.



-Tyler, tu es avec moi ?



Je sursaute légèrement, m'arrachant à la contemplation de l'extérieur, par la fenêtre du bureau d'Alix.



-Oui, désolé. Tu disais quoi ?



Un petit sourire amusé s'étira sur les lèvres de mon référent.



-Je te demandais quel était ton bilan pour le moment, mais si tu préfères, on peut parler de la neige qui tombe...



-Non...non, ça va aller...



-Alors ?



-Alors quoi ?



Alix semble hésiter entre l'amusement et le désespoir.



-Ton bilan depuis ton arrivée au centre ?



-Euh....



J'ai déjà fait deux crises plutôt violentes, j'ai subi les avances, les menaces et une fellation forcée de mon psy, je me pose des questions sur mon avenir, des questions sur mon petit copain, petit copain que j'ai par trois fois failli tromper avec un type aussi paumé que moi, j'ai passé une épreuve d'acceptation par ce même type et sa bande, je suis sur le point de mettre à exécution un plan dans le but de virer le type qui fait de ma vie ici un enfer et je me suis surpris à penser à mon référent dans des rêves pas vraiment catholiques....



-Ca va.



-C'est tout ?



-Ben...qu'est-ce que tu veux savoir ?



Alix soupire exagérément.



-Bon, ok. Laisse tomber, c'est pas grave...Est-ce que tu voudrais me parler de quelque chose en particulier ?



-J'aimerai que tu me parles de Stéphane.



La brusque contraction de sa mâchoire me prouve ce que je savais déjà : mauvaise idée. Cependant, la douleur remplace rapidement la colère dans ses yeux et lorsqu'il prend la parole, elle est dénuée d'agressivité.



-Je n'ai rien à dire là dessus.



-Moi je crois que ça te ferai du bien.



-Ecoute, Tyler, tu sais déjà tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet. Alors s'il te plait, ne remue pas le couteau dans la plaie. Nous sommes ici pour parler de toi.



Je hoche la tête doucement.



-Désolé.



-Ca n'a pas d'importance.



Je me retiens de dire qu'au vu de sa réaction, ça doit en avoir beaucoup pour lui. Je décide de changer de sujet. Et aussi stupide que cela puisse paraître mes yeux retombent sur le manteau blanc qui recouvre le jardin.



-Tu sais, je n'aime pas l'hiver.



-Pourquoi ?



Je laisse échapper, malgré moi, un petit rire cynique.



-C'est une longue histoire.



Un léger silence ponctue ma phrase.



-Tu veux m'en parler ?



Je secoue la tête négativement.



-Tu veux changer de référent ?



Je fixe mes yeux dans les siens. Une sourde angoisse me prenant brusquement aux tripes.



-Pourquoi je ferai ça ? Tu ne veux plus de moi ?



Je rougis lorsque je comprends le double sens que ma question peut avoir, mais mes yeux restent ancrés dans les siens. Sa réponse est trop importante à mes yeux.



-Ne te méprends pas. Je...j'aime beaucoup travailler avec toi, mais compte tenu de ce que je t'ai dit l'autre jour, je comprendrai que tu ne veuilles pas....enfin je vois bien que tu ne veux pas me parler, mais c'est nécessaire à ton processus de guérison. Donc si tu ne veux plus de moi comme référent, tu peux parfaitement demander à en changer.



Je reste pensif un instant, Alix semble maintenant aussi gêné que moi. Mais nos yeux ne se quittent pas pour autant. Je me redresse sur ma chaise pour poser mes coudes sur le bureau, adoptant la même position que lui et rapprochant donc ma tête de la sienne.



-Je ne veux pas parler de mon passé, ni de la raison de ma présence ici. Je ne....je ne suis pas prêt pour ça, ok ?! Mais quand ça sera le cas, tu seras....le seul...que j'aurai envie de venir voir.



Alix hoche la tête et s'apprête à répondre quelque chose lorsque des coups sont tapés à la porte. Alix lève les yeux au ciel, et semble énervé d'être coupé.



-Quoi ?



La porte s'entrouvre et la tête de Jordan apparaît, il nous observe un instant et je me rends compte que nous sommes toujours accoudés l'un en face de l'autre, nos têtes à une dizaine de centimètres l'un de l'autre. Je me redresse alors sur ma chaise, tentant d'ordonner à mes joues de ne pas se colorer, sans grand succès. Jordan me regarde et me lance un petit sourire ironique.



-Tu veux quelque chose Jordan ?



Mon ami se concentre à nouveau sur Alix.



-Il faut que Tyler vienne avec moi.



-Qui le demande ?



-C'est moi.



-Nous sommes en entretien.



-C'est urgent....et personnel, rajoute Jordan en voyant qu'Alix cherche des explications.



-C'est bon, Alix, j'y vais. Je reviendrai plus tard.



Je me lève et sort avec Jordan en faisant un petit signe de la main à Alix qui me répond par un mouvement de tête. Il ne semble pas vraiment ravi. Les paroles de Jordan résonne alors dans ma tête « si tu veux mon avis, je ne suis pas le seul...je pense que notre éducateur te trouve, lui aussi, très à son goût » Ce pourrait-il que ce soit vrai ? Ce pourrait-il que mes récents fantasmes prennent forme ? Je me fustige mentalement pour penser à de tels propos alors que dans mon esprit, le visage de Riley s'impose brutalement. Un coup de coude de Jordan dans mes côtes me sort de mes pensées.



-Eh bien, ça a l'air de bien avancer avec Alix !



-Quoi ? De quoi tu parles ?



-Te fous pas de moi ! J'ai rarement vu une telle tension sexuelle entre deux personnes !



-Tu dis n'importe quoi, y'avait rien de tel.



-Arrête, on aurait dit que vous vous faisiez l'amour avec les yeux. Si j'étais arrive quelques minutes plus tard, je suis sur que je vous aurai retrouvé sur le bureau, très occupés....la prochaine fois, j'attendrai un peu !



Une brusque chaleur envahie mes reins à cette idée. Vite, changer de sujet !



-Tu délires, je te dis ! Bon qu'est-ce que tu voulais ?



Son visage jusque là moqueur, devient brusquement sérieux.



-Il a été appelé à l'extérieur, c'est le moment d'y aller Tyler.



Un frisson de terreur glisse le long de ma colonne vertébrale.



-Maintenant ? T'es sur ?



-Oui, c'est le moment ou jamais, on aura pas souvent d'autres occasions comme ça.



-Ecoute je sais pas si c'est une bonne idée, il faudrait qu'on y repense encore un peu....c'est précipité...



-Tyler, j'ai rendez-vous avec lui dans deux jours....



Sa phrase et tout ce qu'elle implique me fait mal au cœur. Mon rendez-vous à moi est dans un peu moins d'une semaine et j'angoisse déjà. Il ne m'en avait pas parlé de son rendez-vous. Et je sens bien qu'il vient d'abattre sa dernière carte pour me convaincre.



-S'il te plait, je ne veux plus jamais que les mains de ce type se posent sur moi. J'en dors plus, il me fait gerber. Me fais pas faux bond maintenant ! J'ai besoin de toi. Ne le laisse plus me toucher...



Sa voix, devenue suppliante et ses yeux ne me laissent pas vraiment le choix. De toutes façons, on a assez repoussé le problème comme ça. Je prends une grande inspiration et acquiesce.



-Ok, on y va. T'as l'appareil ?



Il me tend le jetable que je coince sous mon sweat-shirt et nous nous dirigeons vers son bureau en silence, guettant le moindre mouvement à chaque coin de couloir.



Enfin nous arrivons et Jordan arrive sans grande peine à ouvrir la porte et la referme derrière nous. J'ai l'impression de pénétrer dans l'antre du diable. Nous restons un moment immobiles, indécis. Puis Jordan me montre une armoire.



-Là, regarde.



Lorsque nous ouvrons l'armoire, Jordan s'empare des documents qui  pourraient me gêner et va les cacher dans un placard un peu plus loin. En espérant que le psy n'ait pas besoin d'eux au cours de la journée.



-Installe toi là, et fais attention à prendre une position pas trop fatigante, tu vas sûrement y rester un long moment.



Je reste un instant tétanisé.



-Jordan, je peux pas...



-Quoi.



-J'ai la trouille, je...ça va pas marcher....je peux pas...



-Tyler, calme toi.



-Non, je peux pas, si il me chope, je suis foutu...je...



Des pas se font entendre et un trousseau cliquette à quelques pas de nous. Nos regards se croisent et je pense que mes yeux reflètent la même chose que ce que je vois dans ceux de Jordan : une terreur sans nom. Complètement paniqué, je chuchote :



-Jordan, il arrive, qu'est-ce qu'on fait ?



Pendant une demi seconde je vois une foule d'émotion passer sur son visage puis, il me fait face avec une détermination que je ne lui connaissais pas encore. Puis il me pousse dans l'armoire.



-Rentre là-dedans, reste caché et mitraille. On va l'avoir se salop.



Je n'ai pas le temps de comprendre ni de protester, la porte est déjà refermée sur moi. Je me sens trahi, je voudrais hurler et sortir de là, mais déjà la porte du bureau s'ouvre et le psy entre. Je me recroqueville sur moi même en tentant de refréner les tremblements qui m'agitent. Le docteur Kirst se fige un instant en voyant Jordan, une fesse posée sur son bureau. Mais rapidement il se reprend et c'est avec une voix dégoulinante de mépris qu'il s'adresse à Jordan.



-Monsieur, Brignoux, puis-je savoir ce que vous faites ici ?



Jordan se redresse et lui fait face.



-Je voulais vous voir, monsieur.



Un rictus dédaigneux s'inscrit sur le visage du psychologue.



-Il me semble qu'on se voit bientôt....dans deux jours si je ne m'abuse, rajoute-t-il après avoir jeté un coup d'œil dans son agenda. Je n'ai pas que vous à voir.



-Je sais bien monsieur, mais...il fallait absolument que je vous vois et....



J'observe Jordan déglutir.



-...et je n'en pouvais plus d'attendre.



En disant cela, il adopte une pose aguicheuse et fait descendre son regard de haut en bas, semblant déshabiller son vis-à-vis du regard.

Le psychologue semble un instant troublé, puis regarde autour de lui, sûrement pour chercher où est le piège. Je me tasse encore plus dans mon armoire, observant toute la scène par l'interstice entre les deux portes.



-C'est une blague ? Je vous préviens, ça ne me fais pas rire. Sortez de mon bureau immédiatement !



Jordan s'approche alors de lui, tout en continuant à adopter une attitude des plus suggestives, lui tournant autour, laissant juste un doigt le caresser furtivement.



-Je ne plaisante absolument pas, monsieur. Croyez bien que j'ai essayé de lutter...mais j'ai eu beau tenter l'impossible, il faut que je me rende à l'évidence...vous et moi...nous partageons une alchimie...vous ne pouvez pas ne pas l'avoir remarqué au cours de nos....séances régulières...



Jordan continue à tourner autour du psy et je vois celui-ci commencer à perdre contenance. Sa respiration s'accélère, ses doigts se crispent et son regard...le même qu'il m'avait lancé en me voyant à ses genoux, un regard de prédateur, un regard pervers et excité. Et c'est seulement en voyant Jordan continuer son petit jeu que je me rend compte de ce qu'il va faire. Ca ne devait pas se passer comme ça. Ce n'est pas Jordan que je devais photographier avec lui, nous devions nous débarrasser pour toujours de ce type, pas repasser sous lui à nouveau. Pourtant il n'arrête pas, se rapprochant un peu plus de sa cible au fur et à mesure, jusqu'à se retrouver tout contre lui, leur nez se touchant presque.



-Dites moi que je ne vous fais pas d'effet.



Sa main qui jouait alors avec le col de la chemise descend se poser sur son entre jambe.



-Dites moi que vous n'avez plus envie de moi.



Dans une dernière tentative de reprendre le contrôle, le psychologue serre les poings et lance d'une voix tremblante d'anticipation.



-Si vous essayez de m'avoir je vous jure que...



Ses paroles sont coupées par les lèvres de Jordan. Ces lèvres si douces que j'ai pris tant de plaisir à découvrir. Et alors je me rend compte que Jordan endosse le rôle de martyr. Il est prêt à se sacrifier pour pouvoir nous sauver tous. Je me mords la main pour ne pas laisser mes larmes couler, pour ne pas vomir pour mon ami. Je n'en ai pas le droit, ce n'est pas moi qui subis.



Le docteur Kirst éjecte soudain Jordan sur son bureau.



-Ne me touche pas, espèce de vermine. Je savais bien que vous n'étiez tous qu'une bande de petites chiennes en chaleur ! Tu vas voir ce que je vais te mettre ! Puisque t'as l'air d'adorer ça, tu vas y avoir droit !



Sur ce, il le retourne, face sur le bureau et commence à baisser son pantalon. Jordan relève doucement la tête et je croise son regard angoissé. Un bref signe de tête, comme un signal, je dégaine mon appareil. Je prends une première photo et je suis horrifié de constater le bruit qu'il fait lorsque j'appui sur le déclencheur. Mais très vite, le cri que Jordan pousse sous l'intrusion brutale me couvre. « Je le revois dans deux jours » Le rythme est tout de suite violent et rapide. « S'il te plait, ne le laisse plus me toucher » Les poings de Jordan se serrent sous les assauts répétés de son agresseur et j'assiste impuissant à un viol, provoqué certes, mais non consentant quand même.  « Je ne veux plus jamais que les mains de ce type se posent sur moi ». Les larmes coulent sur les joues de mon ami, puis il baisse la tête pour la cacher dans son bras replié tandis que je continue mon travail écœurant, profitant des gémissements de l'un et des plaintes de l'autre pour prendre des photos sans me faire repérer. « J'ai besoin de toi ». Lorsqu'il a fini son affaire, le psy se retire de Jordan qui manque de s'écrouler et se raccroche au bord du bureau, puis il lui murmure quelque chose à l'oreille que je ne peux entendre. Avant de reprendre plus fort :



-Maintenant dégage !



Jordan se rhabille assez doucement pour éviter les gestes brusques mais tout de même le plus rapidement possible, puis il sort, le visage ravagé par les larmes. Je sers les dents pour ne pas laisser éclater ma peine et ma haine, un goût amer de bile se répandant dans ma bouche et ma gorge. L'air plus que satisfait du psychologue me donne des envies de meurtre. Mais je reste caché dans mon armoire, trop peureux, trop honteux, à attendre la prochaine victime de ce pervers, qui ne tarde pas à arriver. L'après midi se passe au rythme des consultations, au rythme des photographies. Tous ne sont pas obligés de se soumettre au psychologue, non, « seulement ceux qui ont un secret » m'avait dit Le Criquet junior. Il n'avait sûrement pas tord. Lorsqu'enfin il quitte son bureau, je reste encore un long moment assis, replié sur moi même, ayant bien trop peur qu'il revienne pour un oubli et de le croiser. Et c'est une bonne heure plus tard que j'arrive à m'extraire de l'armoire, m'étant dit que je passerai bien la nuit ici, mais me rappelant que si c'était le cas, j'assisterai au même spectacle demain matin. Hors de question. Plus jamais je ne resterai immobile face à une personne qui souffre. Je sais déjà que je ne pourrai plus me regarder dans un miroir avant un long moment. Et j'ai beau me dire que c'était pour la bonne cause, que si j'avais bougé le moindre petit doigt, nous n'aurions pas eu de preuves, je sais au fond de moi que ce n'est qu'une excuse bidon pour justifier ma lâcheté flagrante. Mais je me haïrai plus tard. Pour le moment je dois aller retrouver Jordan. Plus que jamais, il doit avoir besoin de moi.



Je sors du bureau le plus discrètement possible, puis j'étire mes membres endoloris d'être restés dans la même position si longtemps. Je me rends immédiatement devant la chambre de Jordan et frappe légèrement. N'entendant pas de réponse, je réitère, un peu plus franchement. Toujours rien. Je rentre alors dans la pièce avec précautions et prends bien soin de refermer derrière moi. Jordan est allongé sur son lit, sur le côté, face à moi. Il n'y a plus la moindre trace de larmes sur son visage, ni quoique ce soit qui puisse faire penser à ce qu'il a subi, hormis cet abattement qui ne lui est pas familier et ses vêtements qui ont été changés. Sans un mot je m'approche de lui, déposant l'appareil photo sur sa table de nuit. Et je m'allonge contre lui, le serrant dans mes bras. Ma main caresse sa nuque, et sa main monte doucement caresser ma joue. Alors doucement je me penche vers lui et pose mes lèvres sur les siennes, doucement, sans approfondir, juste une caresse. Puis après quelques échanges très chaste, il insère de lui même sa langue dans ma bouche, lui faisant rencontrer sa consœur. Je ne sais pas exactement ce qui m'a poussé à l'embrasser, mais je sais que c'était ce qu'il fallait et déjà je sens son corps reprendre vie ; il reprend les commandes ce qui est bon signe et ses mains habiles se promènent sur mon corps tandis que sa langue fouille toujours ma bouche et que je me laisse faire avec délice. Un baiser pour dire « merci », un baiser pour dire « pardon », un baiser pour dire « je suis là pour toi ».



Lorsque la chaleur se fait trop importante et que les gémissements que nous poussons nous laissent clairement deviner ce qui se passera si nous continuons, je romps doucement le baiser, sans sortir de l'étreinte. Je pose mon front contre le sien et je plonge avec plaisir mes yeux dans les siens qui ont retrouvé leur éclat. Je murmure doucement, comme pour ne pas briser cet instant :



-Je ne peux pas...



-Je sais.



-Je suis désolé...



-Je sais.



-Est-ce que ça va aller ?



-Ca va. Mais je ne veux plus jamais en parler.



-D'accord. Si jamais tu voulais...



-Non Tyler. Plus jamais !



-D'accord.



-Tu sais quoi ? Je vais passer les fêtes de noël avec ma famille. Ils ont bien voulu que je vienne chez eux.



-C'est vrai ? C'est...c'est bien...



Jordan rigole doucement.



-Tu mens mal mon beau.



-Désolé, c'est juste...que je digère toujours pas le fait qu'ils t'aient foutu dehors



-Je te l'ai déjà dit, Tyler, c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Même si le chemin est long.



-Si tu le dis. En tout cas, je suis heureux pour toi. Vraiment.



-Merci.



-...Tu vas me manquer...



-Toi aussi... Mais je vais revenir.



-Oui je sais.



-Tu restes dormir ?



-Oui.



Il m'embrasse à nouveau et pose sa tête tout près de la mienne.




Quelques jours plus tard, nous sortons du magasin de photo. J'avais peur que quelqu'un tombe dessus et qu'on puisse avoir des problèmes, mais de nos jours tout est fait par des machines, tout s'est passé comme sur des roulettes. Encore une fois, l'appel de la rue a été assez fort, encore une fois je n'ai pas lâché la main de Jordan. Nous n'avons pas reparlé de ce qui s'est passé dans le bureau du docteur Kirst cet après midi la, mais Jordan l'a laissé le soin de vérifier si les photos étaient bien les nôtres et leur qualité. Mais lorsque nous nous retrouvons devant le bureau, il a retrouvé tout son aplomb et semble prêt à passer à l'attaque.

Nous entrons sans frapper, faisant sursauter les deux personnes présentes.



La résidente présente semble nous bénir alors que le psychologue fulmine.



-Tu peux sortir, dis-je à la jeune fille, qui trop contente d'échapper à son calvaire, ne pose aucune question et s'enfuie sans demander son reste.



Jordan Ferme la porte derrière elle et tourne la clé d'un cran. Ainsi nous serons plus tranquille.



-Messieurs Rivion et Brignoux...puis-je savoir pour quelles raisons vous interrompez ma séance ? Encore une petite sauterie ?



L'air sadique est amusé qu'il affiche est assez déstabilisant, mais surtout, il montre bien qu'il est ici chez lui et qu'il a toutes les cartes en main.

Jordan sert les poings et je décide de prendre les choses en main avant que ça ne dégénère.

Je lui lance un paquet sur son bureau. Et même si il ne le prend pas imméidatement, je vois bien que j'ai titillé sa curiosité.



-Qu'est-ce que c'est ?



-Ouvrez, vous verrez.



Semblant peser le pour et le contre, il se décide finalement à saisir l'enveloppe de papier kraft et à en regarder le contenu. Au fur et à mesure que les photos défilent, son visage pâlit, ses gestes sont précipités et nerveux. Un tic apparaît même au niveau de sa paupière droite. Je dois avouer que je savoure notre petit effet et j'ai l'impression que Jordan en profite tout autant que moi. Une fois avoir visionné les photos, le psy, qui n'a de psy que le titre les pose sur son bureau et semble réfléchir très rapidement.



-Personne ne vous croira.



-Et pourquoi ça ?



-Ces photos peuvent avoir été truquées !



-Avec autant de personnes différentes ? Ca relèverait du génie.



-Des photos ne valent rien et votre parole n'a aucune valeur vous entendez, vous n'êtes rien du tout, vous n'êtes...



-....que de la vermine, la lie de la société, bla bla bla...il faudrait penser à revoir votre discours, ça fait un peu réchauffer, là.



Le docteur Kirst est de plus en plus nerveux et agité. Son visage s'humidifie et ses yeux s'agitent. Jordan a toujours les poings serrés et les lèvres crispées, je décide de continuer dans ma lancée.



-Chacune de ces personnes sont prêtes à témoigner si besoin, nous les premiers. Et vous vous doutez bien que si quelques uns commencent à parler, tout le monde se mettra à table, sans aucune difficulté...Oh ! Et inutile de vous dire que nous avons les doubles et les négatifs de ces photos et qu'il serait donc totalement inutile de les détruire, n'est-ce pas ?!



Jeu, set et match. Il a perdu et il le sait. Et la haine déformant ses traits il nous lance :



-Qu'est-ce que vous voulez ?



Les mêmes paroles que j'ai prononcé il y a environ deux mois. Peut être que finalement, je vais réussir à voir le bout du tunnel.



-Pour le moment, tout ce qu'on vous demande c'est d'arrêter votre chantage illico. On n'a pas encore décidé de ce qu'on allait faire de vous. Donc, vous accueillez les résidents vous attendez un peu, que l'heure de la consultation soit passée pour justifier votre présence et ils ressortent comme si de rien n'était ! Ni vu ni connu je t'embrouille !



-Très bien...



-Ne vous faites pas d'illusion, si il se passe quoique ce soit d'anormal dans ce bureau, nous le saurons, c'est clair ?



-J'ai dit très bien ! Maintenant sortez d'ici !



Nous sortons du bureau. Nous n'avons même  pas eu une vraie victoire, mais au moins nous serons tranquille pour un moment. Nous retournons dans la chambre de Jordan.



-C'est pas gagné, hein ?



-Non, je ne pense pas non plus.



-A quoi tu penses ?



-Ca fait combien de temps que t'es là Tyler ? Deux mois, c'est ça ?



-Oui à peu près, pourquoi ?



-Mois ça fait un peu plus de quatre mois. Et pour être honnête, je crois que je vais bientôt partir. Et toi aussi tu finiras par t'en aller...



-Oui...



-Et après ? Une fois qu'on sera parti, comment on pourra être sur qu'il ne recommencera pas ? On ne va pas transmettre ces photos à des générations de camé qui se relaieront pour l'empêcher d'agir, c'est ridicule !



-On peut l'obliger à partir ! Il n'aurait pas le choix !



-Pour aller recommencer ailleurs ?



-Alors...tu crois qu'il faut...donner ces photos à quelqu'un de plus....approprié ?



-Je ne sais pas Tyler, je ne sais pas. Je...je ne suis pas une balance et en même temps...je ne peux pas laisser ce type recommencer ce genre de.....je peux pas, c'est tout !



Je soupire devant le dilemme.



-Ecoute, avec ça, on va avoir la paix pour un petit moment. C'est bientôt noël et demain tu pars chez toi pour quatre jours. Va faire ta valise et oublie tout ça. On en reparlera à ton retour, ok ?



-Oui...tu as sans doute raison. Ce type ne va pas gâcher mes fêtes. Je vais faire ma valise. Tu dors avec moi cette nuit ?



-Oui.



La plupart de mes nuits sont maintenant partagées avec Jordan. Les baisers sont fréquents eux aussi et les caresses....accompagnent parfois le tout. Pour l'instant rien de bien sérieux, nous ne considérons pas que nous sortons ensemble. Nous sommes juste... présents l'un pour l'autre...et nous ne sommes pas vraiment doués pour nous exprimer autrement que physiquement. Cependant la culpabilité me ronge chaque jour un peu plus. Deux mois que je n'ai aucune nouvelle de Riley, deux mois que je me soulage seul, deux moi que je sens des sentiments contradictoires s'agiter en moi. Je suis complètement largué.



-Jordan....tu dors ?



-Hgrmfff...je dormais...qu'est-ce qu'il y a ?



-Je pensais à ce que tu m'avais raconté l'autre jour. Tu sais, tes orgies, tout ça...



-Hmmmm.....



-Tu m'as bien dit que tu ne t'étais pas protégé ?



-Oui, et alors ?



-Alors tu t'es déjà fait dépister ?



Jordan se redresse légèrement, posant sa tête sur sa main, le coude sur son oreiller.



-Tu fais chier Tyler ! Tu me réveilles au milieu de la nuit pour me demander un truc pareil ?



-Ca me turlupinait.



-Non j'ai pas fait de test. Je peux dormir maintenant ?



-Hmm...



Jordan repose la tête sur l'oreiller et ferme à nouveau ses yeux.



-Pourquoi t'as pas fait de test ?



-Putain Tyler, merde ! J'ai un voyage qui m'attend demain.



-Allez, s'il te plait !



-Oh, mais c'est pas vrai. Qu'est-ce que ça peut te faire, t'as finalement décidé de coucher avec moi ?



-Admettons que ce soit le cas.



-...



-...



-...



-Quoi ?



-Tu es sérieux ?



-J'ai dit admettons...après tout, au point ou on en est, ça pourrait bien arriver un jour. Alors, pourquoi pas de test ?



-Je ne veux pas savoir.



-Pourquoi ?



-Parce que la vie est assez flippante comme ça sans avoir en plus au dessus de la tête une épée de Damoclès. Mais rassure toi, maintenant, je sors toujours couvert. Ca te va ?



-Non. Moi je trouverai ça plus angoissant de ne pas savoir...



-Eh bien pas moi. Alors maintenant, sauf si tu as décidé que j'avais le droit à chaque morceau de ton corps, et dans ce cas, crois moi que je serai vite réveillé, j'aimerai bien dormir !



-Tu sais bien que je ne peux pas.



-Oui, je sais, Riley. Tu es vraiment très frustrant, tu sais ça ?



-Désolé.



-Allez, dors.



Comme si il était le seul à être frustré. J'ai eu du sexe plus d'une dizaine de fois par jour pendant presque six ans et j'ai tout arrêté d'un coup...je, ne savais pas que l'ont pouvait aussi être accro au sexe. Et pourtant, seul mon amour pour Riley me permet de ne pas céder aux nombreuses tentations et je me demande si il sera fort suffisamment longtemps. Ou es-tu en ce moment Riley ? Est-ce que toi aussi tu t'endors dans d'autres bras ? Est-ce que tu penses à moi ?




Noël est là. Jour maudit pour moi. Et comme chaque année depuis près de sept ans, au réveil, je ne peux m'empêcher de repasser en boucle la journée qui a fait basculer ma vie en enfer.



Deux corps allongés sur un lit, nus, qui se découvrent et s'apprivoisent pour la première fois. Des gémissements, des mots doux, des gestes malhabiles, une envie grandissante, des sexes qui se gorgent de sang et se dressent fièrement. Des pas précipités, une porte qui s'ouvre violemment, un homme qui entre, rougeaud, furieux, haineux. Une voix qui crie.


 

-JEREMY !!!


 

Le jeune homme se redresse précipitamment, tentant de se cacher avec le drap. Mais l'homme lui empoigne le bras et le tire violemment du lit avant de hurler à l'autre jeune homme de ficher le camp immédiatement et de ne plus jamais revenir.

Entraîné par une poigne ferme, le jeune garçon qui avait réussi à garder son drap en main tentait vainement de se cacher le corps tandis qu'il était traîné à travers la maison. Lorsqu'enfin il fut lâché il était dans le salon, une jeune femme au ventre rebondi, assise dans un fauteuil au pied du sapin illuminé, leva les yeux sur eux.


 

-Bon sang, Charles, qu'est-ce qui se....Jeremy ? Mais enfin qu'est-ce que tu fais à moitié nu ?


 

-Maman, je...


 

-Tu veux savoir ce qu'il se passe Hélène ? Tu veux vraiment ?


 

L'homme hurlait et gesticulait dans tous les sens. Son doigt se pointant sans cesse sur le jeune homme.


 

-Ton fils était en train de s'envoyer en l'air ! Avec un garçon !!! Sous notre toit !!!


 

Le jeune homme baissa la tête honteux. Il ne voulait pas que sa mère l'apprenne comme ça. Il aurait voulu lui dire de lui même, la préparer, lui faire rencontrer l'homme dont il serait amoureux un jour...

La femme quant à elle, se recroquevilla légèrement sous les accusation de son époux, baissant la tête, rentrant les épaules.


 

-Je te l'avais dit qu'il était pas normal ce môme ! Une abomination, voilà ce qu'il est. Quand on voit comment a fini son père, c'est pas étonnant. Je t'ai dit que tu étais beaucoup trop coulante avec lui. Maintenant, c'est terminé ! Je m'occupe de lui ! Et crois moi, ajouta-t-il en s'adressant au jeune homme, tu vas vite retourner dans le droit chemin !


 

Sur ces mots, il attrapa à nouveau le bras du garçon et l'entraîna derrière lui.


 

-Non...MAMAN !!!


 

Mais la femme, ne prononça pas un mot et regarda son fils se faire traîner à l'étage, laissant couler les larmes qu'elle retenait jusque la. Et lorsque les premiers cris, dus aux coups de ceinture se firent entendre dans la maison, elle préféra sortir, n'en supportant pas d'avantage.


 

-Eh bien alors Tyler, tu rêves ?



Tyler sursauta légèrement, manquant de renverser son bol.



-Salut Alix.



-Joyeux noël !!!



-Oui...toi aussi !



-Alors, tu as prévu quelque chose de spécial pour aujourd'hui ?



-Non, rien. Et toi, pas trop dur de travailler le jour de noël ?



-Non, c'est une période que j'aime passer ici. Les liens sont plus forts en général, les esprits moins tendus. C'est comme une sorte d'accalmie. J'aime à penser que je suis plus utile ici. Et puis, personne ne m'attend.



Je hoche la tête et lui offre un sourire.



-Je suis content que tu sois là.



Cette phrase nous surprend tout les deux et pourtant je suis on ne peut plus sincère.


 

-Je peux m'asseoir avec toi ?



Je hoche la tête et le petit déjeuner se passe dans la bonne humeur, mélangeant les patients du centre et les éducateurs, nous offrant pour un court moment, un sentiment de normalité et de joie presque enfantine. Finalement, peut-être noël a-t-il vraiment un petit côté magique ! Nous marchons côte à côte, Alix et moi, dans les couloirs du centre, parlant de tout et de rien.



-Tu sais, tes profs m'ont parlé de tes progrès. Ils sont plus que satisfaits et ils voudraient vous proposer à toi et à quelques uns de l'établissement de poursuivre votre formation en organisant des stages dans des entreprises. Ca t'intéresserait ?



-Tu veux rire ? Bien sur ! C'est des stages de quoi ?



-Eh bien, il y en a de toutes sortes, j'ai la liste dans mon bureau tu n'auras qu'à passer !



-C'est super ! Et ça va mener à quoi ensuite ?



-En fonction des stages et des périodes d'essais, vous pourrez obtenir un diplôme et éventuellement un futur patron, si ça se passe bien.



-Oh c'est vraiment....super, je....je sais pas quoi dire. Merci Alix.



-Y'a pas de quoi ! C'est les patrons qu'il faut remercier d'avoir accepté de participer au programme.



-Oui, je...oh j'en reviens pas...un diplôme...tu crois que je pourrais en obtenir un ?



La perplexité s'inscrit sur le visage d'Alix.



-Pourquoi tu ne pourrais pas ?



-Euh..je sais pas, je....j'aurai jamais cru pouvoir....enfin, y'a pas si longtemps ça me semblait tellement impossible...



-Tyler, tout le monde ici sait que tu en es capable. Tu es volontaire, battant et intelligent. Tes professeurs sont stupéfaits de la vitesse à laquelle tu as rattrapé ton retard, les éducateurs te trouvent d'une compagnie agréable et tes camarades sont unanimes à ton propos. Il n'y a aucune raison que ça ne marche pas. J'ai confiance en toi. Et tu sais que si tu as besoin de quoique ce soit, tu peux venir me voir, ok ?



-Oui...merci.



Et dans l'euphorie du moment, je le serre dans mes bras.



-Merci, merci....



Avant de m'éloigner aussitôt.



-Désolé...je voulais pas....désolé...



Sa main se pose sur mon épaule et un doux sourire me montre qu'il ne semble pas fâché.




-Tyler ! Tyler !



Le criquet junior fait irruption dans le couloir et pile un instant en nous voyant si proche.



-Oui ?



-Euh...y'a quelqu'un qui demande à te voir, dehors.



-Qui ça ?



-Je sais pas.



Je me dirige vers la sortie, talonné par Alix, me demandant qui pourrait demander à me voir, craignant de voir ressurgir des fantômes du passé.



Sur le pas de la porte, un jeune homme attend, dos tourné, contemplant le jardin. Des cheveux châtains tombent sur sa nuque. Ma respiration s'accélère et lorsqu'il se retourne, le regard lumineux, elle se bloque dans ma poitrine. Et alors qu'il s'approche de moi, un sourire rayonnant collé sur le visage, je n'ose croire que je ne suis pas en train de rêver. Et tandis que sa main se pose sur ma joue avec tendresse, je ne peux que lâcher dans un murmure étranglé par les larmes :



-Riley...



J'avoue, le chapitre ne devait pas se finir là, il y avait encore pas mal de choses à dire...mais ça commençait à faire long...lol et puis le sadisme à reprit le dessus. Ne vous inquiétez pas, tout ce qui était prévu sera repris dans le prochain chapitre. Ne frappez pas l'auteur, ne jouez pas avec des poupées vaudoues à l'image de l'auteur, n'envoyez pas de lettres de menaces avec des balles de 9mm à l'auteur (hmm hmm...mdr), aimez l'auteur!!! mdr bon j'arrête!
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques/reflexions/avis/déclarations d'amour!!!
Bisous à toutes!
par Meryl - publié dans : Dépendance
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Samedi 7 février 2009
Bonsoir à toutes !! Désolée pour ce grand retard...les excuses sont les mêmes qu'à chaque fois. Je croule sous le boulot et j'ai la fâcheuse tendance à me laisser un peu dépasser par les évènements...J'aurai voulu écrire pendant les vacances de noël, mais j'ai bien remarqué que...je n'en avais pas eu...lol...j'ai pas arrêté de courir de droite à gauche et quand je ne le faisais pas, il fallait que je bosse...bref, vous vous en foutez. Voilà donc le nouveau chapitre de dépendance...en espérant qu'il vous plaise.
J'ai un petit mot à la fin, un appel à l'aide...lol



Je baigne dans une douce torpeur et je n'ai absolument aucune envie d'en sortir, mais quelque chose me tire hors du sommeil. Lorsque mon esprit se reconnectent avec la réalité je constate que c'est une main qui me secoue, mais légèrement, en douceur. Je n'ai pas envie d'ouvrir les yeux et le fait savoir en me roulant un peu plus en boule. Malheureusement mon message ne semble pas avoir fonctionné car non seulement la main ne lâche rien, mais une voix s'y ajoute.


-Tyler ! Allez, debout...


Comprenant que feindre l'indifférence ne servirait à rien sinon à prolonger un peu plus mon supplice, je me résous à ouvrir les yeux dans un grognement peu avantageux. Deux perles d'un bleu pâle me regardent amusées. Alix !


-Hmmm...quoi ?


Mon regard noir ne semble pas affecter sa bonne humeur.


-Bonjour à toi aussi ! Je voulais juste te prévenir que l'heure du petit déjeuner est bientôt terminée. Je ne voulais pas que tu le rates.


-Pourquoi, il est quelle heure ?


-Il est un peu plus de neuf heure.


Je me redresse brusquement sur mon lit, laissant retomber les couvertures.


-Quoi ?


-C'est pas grave tu as encore une bonne demi heure devant toi. Mais je ne voulais pas que tu rates le petit déjeuner, d'autant que si tu veux, tu pourras commencer les cours aujourd'hui.


-C'est vrai ?


-Oui. Tu n'auras cas me rejoindre après avoir mangé, on verra tout ça. Je te laisse, je vais chercher les autres retardataires. A tout à l'heure.


-Oui, merci !


Je me dépêche de me préparer et me dirige vers le réfectoire. Jordan m'attend au coin d'un couloir. Les évènements de la soirée me reviennent alors brusquement en mémoire et le rouge me monte aux joues. Jordan, lui, n'a pas l'air décontenancé plus que ça.


-Salut !


-Salut.


-Bien dormi ?


-Oui, c'est la première fois que je me lève à cette heure ci depuis...eh bien, depuis un long moment je dois dire. Ca fait du bien.


-Tant mieux. Tu viens, j'ai la dalle.


-Tu m'as attendu ?


-Ouais.


-Fallait pas.


-J'avais pas envie de manger tout seul. Les gars avaient déjà fini quand je me suis levé. J'ai eu un peu de mal ce matin à cause d'un léger abus de boisson hier.


Je souris à sa remarque. C'est vrai que nous étions bien éméchés. Nous arrivons à la cafétéria, presque entièrement vide. Après avoir rempli nos plateaux, nous nous installons face à face et commençons à manger. Je sais qu'il faut que je lui parle rapidement, mais je repousse toujours à plus tard la conversation. Finalement, une fois nos ventres à peu près pleins et les plateaux reposés, nous nous retrouvons à nouveau dans le couloir. Je me jette à l'eau.


-Jordan.


-Moui ?


-Euh...je voulais te dire...à propos d'hier soir...


-Oui ?


-Ecoute, je voulais pas ce qui est arrivé. Je me suis laissé emporté par...je sais pas trop, j'avais trop bu...je sais que c'est pas une excuse, mais bref, tout ça pour dire que mon cœur est prit, j'aime Riley et je veux pas lui faire ça...ça peut paraître con, mais j'aimerai vraiment qu'on soit amis, juste amis...


Jordan semble amusé par mon excuse branlante et mon incapacité chronique à rester clair quand je suis gêné. Cependant, il a la décence de ne pas me regarder m'enfoncer plus longtemps.


-Je sais bien que ton cœur est prit, mais ce n'est pas ce que je cherchais...


Et sur ce, m'attire contre lui et m'offre un baiser exigent et...exquis. J'ai du mal à croire qu'en moins d'une seconde je viens d'envoyer valser mes bonnes résolutions et quand sa langue arrive à caresser la mienne, je n'ai plus qu'une idée en tête, faire durer ce moment le plus longtemps possible. Une de ses mains passe derrière ma nuque nous rapprochant encore un peu plus et je sens une chaleur traîtresse me traverser de part en part. Je sens ma main échapper à mon contrôle et passer doucement sous son tee-shirt sans oser toutefois aller plus loin. Jordan me pousse doucement contre le mur et insère une de ses jambes entre les miennes tandis que son baiser m'emmène toujours plus haut. Un raclement de gorge nous interrompt. Jordan s'éloigne tranquillement.


-Mais je saurai me contenterais de ton amitié... en attendant mieux ! me glisse-t-il avant de s'éloigner dans le couloir.


Ma tête se tourne vers Alix qui me fixe le regard noir.


-Suis moi.


La sécheresse de son ton me refroidit d'un coup. Je le suis dans son bureau, redoutant les raisons pour lesquelles il veux me voir en privé. Il m'invite à m'asseoir et en fait de même de l'autre côté de son bureau rempli de paperasse. Son regard est froid et sa voix se fait cassante.


-Je croyais que tu avais un petit ami ?


Je reste abasourdi un instant, ne comprenant pas vraiment le pourquoi de cette question.


-Euh...oui...


-Alors qu'est-ce que tu faisais avec Jordan ?


Je ne comprend toujours pas pourquoi il s'inquiète de ça. Ses yeux me fusillent et les miens restent arrondis de stupeur. Qu'est-ce qu'il attend de moi exactement ?


-C'est aussi écrit dans le règlement intérieur qu'il ne faut pas tromper son petit ami ?


Bon sang ! J'ai trompé Riley ! Je savais que ce que je faisait avec Jordan n'était pas raisonnable, mais emporté par l'ivresse du moment, je n'y ai pas vraiment fait attention. Mais le fait de prononcer cette phrase me renvoie à la figure mon geste. Je me sens pâlir et mes mains commencent à trembler.


-Oh, mon dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?


Les yeux d'Alix s'adoucissent aussitôt. Je plonge ma tête dans mes mains et la secoue de droite à gauche, n'en revenant toujours pas de ce qu'il s'est passé quelques minutes plus tôt.


-Ecoute, c'est pas si grave....


-Bien sur que si. C'est toi qui a raison, j'aurai jamais du....merde, Riley !


Alors que je relève la tête, cherchant quoi faire pour me sortir de cette ambiance stressante et à la limite de la crise, Alix se pince l'arrête du nez avec ses deux doigts et inspire profondément.


-C'est rien de grave. Excuse moi Tyler, ça ne me regarde pas du tout, c'est juste que...


Il secoue doucement la tête.


-C'est juste que je suis vraiment fatigué et te voir avec Jordan....


Je le vois se figer. Je suis sur que ce qu'il s'apprêtait à me dire était important.


-Aucune importance ! Tout ça pour dire que tu n'as rien fait de mal. Et je m'excuse de t'avoir agressé...je suis juste...fatigué en ce moment.


Je m'attarde alors sur le visage de cet homme qui m'a accueillit et épaulé depuis que je suis arrivé. J'avoue qu'au début, il m'énervait pas mal, mais je vois bien qu'il fait son boulot du mieux qu'il peut et ça ne doit pas être facile tous les jours, surtout si tous les énergumènes qu'il rencontre sont dans mon genre. C'est vrai qu'il a l'air fatigué, son visage d'ordinaire si doux est creusé par les cernes et ses sourcils sont froncés, signe d'intense réflexion. Ce n'est pas la première fois que je me surprends à le trouver très beau, très attirant. Il me surprend en pleine observation de sa personne et ses sourcils se soulèvent en interrogation. Je baisse la tête et rougis. Soudain une question me turlupine.


-Pourquoi tu fais ce métier ?


Il semble surprit de ma question et après un long silence, je n'espère plus vraiment de réponse. Mais il finit par prendre la parole.


-Quand j'étais un peu plus jeune que toi, je faisais des études de médecine. J'étais la fierté de mes parents, je réussissais tout ce que j'entreprenais, j'avais un bel avenir, tout tracé. La fortune de ma famille m'ouvrait toutes portes que je voulais, j'avais la belle vie. Et un jour j'ai rencontré un jeune homme...qui m'a tout de suite plu. On a commencé à se fréquenter de temps en temps, puis de plus en plus...


Alix semble plongé dans un souvenir douloureux, le visage fermé, les mains crispées. Je n'ose l'interrompre de peur de ne pas savoir la suite. Curieusement, son histoire m'intéresse réellement.


-On a fini par sortir ensemble...tout allait bien jusqu'à ce que je me rende compte qu'il se droguait. En fait, je m'en doutais depuis un petit moment déjà, mais j'espérais que je me trompais, je fermais les yeux sur tous les signes qui étaient pourtant sous mon nez. Pour un futur médecin, c'était risible. Quand je lui ai dit que je savais, il m'a laissé le choix de partir...mais pour moi c'était trop tard, j'étais complètement accro...à lui. Je l'ai aidé du mieux que j'ai pu, ratant les cours quand il était malade, vidant mes comptes en banque pour lui éviter de faire le trottoir....mes parents ont fini par tout découvrir et m'ont posé un ultimatum. Je me suis retrouvé à la rue...mais ça m'était égal, parce que j'étais avec lui. J'ai trouvé un petit boulot, je louais une chambre de bonne avec un matelas par terre pour nous deux et je restais persuadé qu'un jour on s'en sortirai. J'ai jamais touché à la drogue. J'avais sous les yeux tout ce que je ne voulais pas devenir. Mais pour rien au monde je ne l'aurai abandonné, lui. J'ai appris qu'un centre de désintoxication devait s'ouvrir à la capitale, je lui avais réservé une place, avec son accord. Il est mort trois jours avant l'ouverture...une overdose...typique...je l'ai retrouvé dans des toilettes publiques, la seringue encore plantée dans le bras...


Alix, les yeux dans le vague, brillants de larme, prend une grande respiration, avant de reprendre son récit.


-Je suis devenu éducateur et depuis je bosse dans des centres de désintox, j'essaie d'éviter que d'autres personnes soient retrouvées dans des toilettes publiques. Quand celui la à ouvert ses portes il y a quelques temps, j'ai vu l'occasion de m'éloigner de ma vie d'avant en changeant de ville, de reprendre un nouveau départ...


Un léger silence flotte. Quand je comprends qu'il ne reprendra plus la parole, j'ose poser ma question.


-Comment s'appelait-il ?


Alix sursaute brusquement, il semble avoir totalement occulté ma présence, trop plongé dans son passé trouble. Lorsqu'il s'en rend compte, il se relève vivement de son siège et s'éloigne vers la porte.


-Désolé, je sais pas ce qui m'a prit. Tu peux aller dans la salle de cours, un professeur ne va pas tarder. Il vous expliquera tout.


Il s'essuie rapidement les quelques larmes qui avaient coulé sur ses joues et m'entraîne à sa suite en me tenant par l'épaule pour me faire sortir du bureau. Quand je comprends son intention, je pile net et lui attrape le poignet pour qu'il se tourne vers moi. Ses yeux, encore embués se font interrogateurs. Je reprends doucement en le regardant droit dans les yeux et en tentant d'ignorer les battements frénétiques de mon cœur au contact de sa peau.


-Comment s'appelait-il ?


Alix me fixe un long moment, semblant chercher une réponse au fond de moi.


-Stéphane...et tu lui ressembles tellement...finit-il dans un murmure, sa main caressant ma joue.


Poussé par un élan de tendresse, je m'approche doucement et pose mon front dans le creux de son épaule et je sens ses bras se refermer derrière mon dos. Je ne peux m'empêcher de respirer son odeur. Je me sens tellement bien dans ses bras. Depuis combien de temps n'ai-je pas pu serrer quelqu'un dans mes bras sans aucune arrière pensée sexuelle ? J'abandonne mes questions qui, de toutes manières, n'ont aucune réponse et je me laisse aller progressivement à l'étreinte chaleureuse et revigorante qui m'est offerte.

Les mains d'Alix se posent sur mes épaules et doucement, m'éloignent. Ses yeux sont fuyants et ses pommettes rougies. Il ne dit rien, je comprends le message et sort de son bureau, un drôle de pincement au cœur. En repartant, je me fait rentrer dedans par Emilie. Elle semble très énervée !


-Eh, Emilie, ça ne va pas ?


Elle s'arrête net et ses yeux semblent légèrement incontrôlables avant de se stabiliser sur moi.


-Tyler !....Si, ça va. Alix est là ?


Ses paroles sont volubiles et accompagnées de gestes saccadés. Je me demande ce qu'elle a prit pour être dans cet état. Sans doute une joint amélioré comme il en circule régulièrement ici. Je décide de ne pas m'en mêler.


-Oui, il est là, mais je ne sais pas si il pourra te recevoir. Pourquoi ?


-Je vais partir.


-Quoi ? Déjà ? Mais tu es arrivée en même temps que moi !


-Oui, mais ça va, je vais beaucoup mieux. Et puis je ne supporte plus cet endroit. J'avais bien dis à mes parents que j'étais pas une droguée. Je contrôlais parfaitement la situation. Mais bon maintenant qu'ils ont eu ce qu'ils voulaient, je rentre. Après tout, rien ne nous oblige à rester, Alix me l'a bien dit à l'entrée. C'est une intervention volontaire ! Volontaire, tu parles. Mes parents m'ont foutu là sans me demander mon avis !


Je l'observe un moment. Il est clair qu'elle tente de se persuader de la véracité de ses propos. Elle est encore bien trop instable émotionnellement et même physiquement pour surmonter quoique ce soit. Mais si elle n'est pas suffisamment honnête avec elle même pour se rendre compte de son problème, ça ne l'aidera en rien de la retenir ici contre son gré.


-Bonne chance alors.


S'attendant sûrement à ce que je le contraries, ses yeux s'agrandissent de stupeur. Et un immense sourire naît sur son visage.


-Merci. Bonne continuation à toi.


-Merci.


Je m'éloigne en direction de la salle de cours en sachant pertinemment que d'ici très peu de temps elle reviendra au centre....dans le meilleur des cas.


J'arrive dans la salle. Nous sommes peu nombreux. J'ai le plaisir de retrouver Jordan, au moins je ne serai pas seul, même si son regard me rappel un peu trop rapidement les évènements du couloir. Je m'installe quand même à côté de lui, mais heureusement l'arrivée de l'enseignant l'empêche de dire quoique ce soit. Malheureusement pour moi, son regard me fait clairement comprendre que ce n'est que partie remise.


-Bonjour à tous, je m'appelle Jack, je serai votre enseignant en collaboration avec mon collègue qui n'a pas pu se libérer aujourd'hui. Mais ce matin, vous allez juste me remplir un petit questionnaire pour que je sache à quel niveau d'études vous avez arrêté ainsi qu'un petit QCM, très rapide pour évaluer vos niveaux. En fonction de vos résultats, vous serez répartis en groupe.


Et c'est ainsi que débute mon premier cours. Curieusement je me sens à l'aise dans cette classe. Les jours passent et tous les matins je vais en cours accompagné de Jordan. Curieusement, celui-ci n'a pas refait de tentative d'approche. Quelques regards intenses lancés, quelques caresses légères et furtives sur ma cuisse, mais rien de poussé, comme si il souhaitait m'attiser sans chercher plus loin. L'effet est plutôt réussi et je sers souvent les poings pour ne pas lui sauter dessus. Heureusement, j'arrive à me concentrer suffisamment sur les cours pour ne pas y penser. C'est d'ailleurs avec un immense plaisir que je redécouvre les joies d'apprendre. Je croyais avoir tout perdu mais les connaissances reviennent avec une facilité déconcertante. J'en suis le premier surpris. Alix évite de se retrouver seul avec moi mais il m'a quand même félicité plusieurs fois de mon avancées scolaire. Il semblerait que Jack soit très heureux de mon travail et de mon investissement. Je me retrouve dans une sorte de routine rassurante et Alix a même légèrement réduit ma dose de buprénorphine, hier. Je me sens bien et en sécurité. 



Quinze jours, déjà que je suis au centre et demain a lieu mon deuxième rendez-vous avec le psychiatre. Le stress me prend au tripes, mais j'essai de rester serein. Il ne se passera peut être rien...


-Asseyez vous monsieur Rivion. Je suppose que vous avez réfléchi à ma...proposition. J'attends votre réponse.


J'avais tort. Ca va mal se passer. Très mal. Tout son visage l'exprime clairement. Il transpire une joie malsaine et insipide. Il a gagné d'avance. Il est évident que je n'ai pas envie que tout le monde au centre sache que je fais le trottoir. Je sers les dents et les poings, mais il attend une réponse et commence déjà à s'impatienter. Je n'ai pas envie de le mettre en colère en plus du reste. Je n'ai plus qu'à accepter tout ce qu'il voudra en espérant que ça ne soit pas trop dur, ni trop long.


-Qu'est-ce que vous voulez ?


Il exulte. Ses yeux brillent de haine et d'excitation. Grisé par ce pouvoir qu'il détient sur moi, sa respiration s'accélère.


-Venez ici.


Je me lève et m'approche de lui en contournant le bureau. Il est assis sur son fauteuil en cuir et écart légèrement une jambe en dézippant sa fermeture éclaire révélant un début d'érection. Le message est limpide. Doucement, presque au ralentit, je m'agenouille entre ses jambes, essayant de garder une attitude soumise et d'intérioriser cette rébellion qui gronde en moi. Je ne veux pas le provoquer d'avantage, je ne sais pas vraiment jusqu'où ce type est capable d'aller. Après tout, j'ai déjà fait ça des centaines et des centaines de fois....oui, mais c'est justement pour ne plus jamais avoir à le faire que je suis venu ici. Semblant trouver ma réflexion trop longue, il m'attrape par les cheveux et attire violemment ma tête, me forçant de ce fait à avaler presque entièrement son sexe à présent complètement dressé. N'y étant pas préparé, je n'ai pas pris le temps de focaliser mon esprit sur autre chose et les mouvements de ma tête obtenus par sa main font s'enfoncer sa verge jusqu'au fond de ma gorge à chaque fois et ce n'est qu'un coup de maître en terme de self contrôle que je ne rend pas mon déjeuner. Heureusement, les habitudes reviennent vite et j'arrive à contrôler mes pensées pour qu'elles dévient en attendant qu'il ait fini. Comme d'habitude, l'image de Riley se forme dans mon esprit et j'essaie au maximum d'oublier que cette fois ci, il ne sera pas là pour me faire oublier ce traitement. Et curieusement, d'autres visages apparaissent. Je vois Jordan, je vois Alix, je vois le Criquet junior. Je peux trouver du soutien auprès d'eux, je le sais. Encore faut-il que je survive à mes séances avec ce type, sensé nous aider sur le chemin de la guérison. Le rythme accélère d'avantage et ses gémissements me laissent supposer qu'il ne va pas tarder à venir. Je crains de ne pas supporter son sperme dans ma bouche, mais mon corps, bien entraîné me permet d'avaler le tout sans broncher. Une fois repu, il me repousse violemment et je me retrouve à quatre pattes sur la moquette de son cabinet, face à lui. Je me redresse rapidement pour ne pas lui donner d'autres idées et m'essuie la bouche rageusement. Je n'ose pas croiser ses yeux. J'attends qu'il décide de la suite avec une appréhension croissante. Lorsqu'il a suffisamment joué avec mes nerfs il me donne congé et me dit à dans quinze jours, sans oublier de me rappeler quel serait le prix de mes éventuelles révélations.



Une fois dans le couloir, je me dirige comme un automate vers ma chambre. Je n'y arrive malheureusement pas et je m'écroule à seulement quelques mètres de mon objectif. Les larmes dévalent mes joues et un sentiment de dégoût intense me prend le corps. Enfin je peux vomir tout ce foutre et le repas qui l'a précédé. Peut importe la nourriture, tant que plus rien de lui n'est en moi. Je croyais que j'en avais fini avec ça. Le trottoir, les passes, j'avais cru pouvoir tourné la page et je me rends compte que j'ai trouvé bien pire. Je ne le supporterai pas. Je sais que je n'en suis pas capable. La honte et la haine gonflent en moins comme ça a été rarement le cas. Je ne ressens rien d'autre que du dégoût, de l'humiliation. A nouveau mon estomac se contracte et rejette violemment le peux qu'il contient, c'est à dire de la bile. La douleur est bien présente, comme une pénitence. Mais je sens monter en moi une autre douleur, bien plus forte, bien plus pénible. Une douleur que je n'ai pas ressenti depuis quinze jours. Celle du manque, qui refait surface dans les moments de faiblesse. Ma dose de buprénorphine a été diminuée hier, mon corps ne va pas pouvoir supporter tout ça. Les spasmes commencent, contractant chacun de mes muscles douloureusement, je me sens partir en arrière mais je suis retenu par deux bras qui m'allongent délicatement au sol, la tête contre un torse. Je relève difficilement mes yeux. Jordan est là, il semble inquiet et en colère et je crois l'entendre appeler à l'aide. Puis la douleur me submerge totalement et je ne peux plus retenir mes cris de souffrance alors que tout mon corps est tendu à l'extrême. Je sens mes yeux se retourner dans leurs orbites et enfin je sombre dans l'inconscience salvatrice, mais provisoire.


Lorsque je me réveille, je n'ai vraiment pas envie d'ouvrir les yeux. J'ai froid, j'ai mal à la tête et aux muscles et j'ai encore envie de vomir. Une main caresse mon front, doucement. Je reconnais le parfum d'Alix et ferme plus fortement les paupières. Je ne veux pas croiser son regard après ça. Cependant il a du s'apercevoir que je ne dormais plus car sa main se retire de mon front et qu'il se met à me parler tout bas.


-Tu es dans ta chambre, il n'y a que toi et moi. Il faut que tu restes un peu allonger pour t'en remettre. Ta crise a été très forte. Je...ce n'est pas habituel de faire une crise d'une telle amplitude tant de temps après la dernière, alors Tyler, je suis désolé mais il faut que je te pose une question. Est-ce que tu as repris quelque chose depuis que tu es au centre ?


Je me redresse brusquement de mon lit, scandalisé par une telle accusation. Malheureusement, ma tête n'apprécie pas le traitement et je la plonge dans mes mains pour tenter de calmer la douleur fulgurante qui vient de se raviver. Alix est assit sur le bord du matelas et pose une main sur mon épaule. Je me dégage brusquement.


-Comment tu peux dire ça ?


-C'est déjà arrivé, Tyler.


-Tu sais que c'est faux. Je ne ferai pas ça....je pensais que tu le savais !


Et curieusement la constatation du fait qu'il n'ait aucune confiance en moi me fait mal. C'est pourtant logique. Je suis un camé. Ma parole n'a aucune valeur.


-Je le savais...ou du moins, je l'espérais vraiment.


Je relève doucement la tête vers lui et croise ses yeux pour la première fois depuis le début de cet entretien. Il m'adresse un petit sourire d'excuse.


-C'est juste la procédure, tu sais.


Je hoche la tête, honteux de mon emportement. Il ne fait que son boulot.


-Dis moi ce qu'il s'est passé.


-Rien...je suis juste un peu fatigué...et je n'ai pas beaucoup mangé ce midi. Je crois que ça me prend beaucoup d'énergie, tout ça.


Je tente un sourire rassurant, mais l'air circonspect qu'il me lance me prouve qu'il n'est pas dupe.


-Très bien...,reprend-il doucement, je dois te laisser pour le moment, j'ai des choses à faire. Et puis Jordan trépigne d'impatience derrière ta porte pour pouvoir te voir. Je crois que tu lui as bien fait peur. Mais nous reparlerons de tout ça, ok ?


Je hoche la tête et attend qu'il sen aille. A peine a-t-il franchi la porte que Jordan rentre en trombe dans la chambre. Quand il me voir réveillé, il semble soulagé, mais son regard est toujours fermé et froid. Il ferme la porte derrière lui et j'ai la forte impression que je ne vais pas aimer la conversation qui va suivre. Il s'approche du lit et prend la place qu'occupait Alix il y a quelques instants, un air sévère plaqué sur le visage. Cependant c'est d'une voix douce et basse qu'il entame la discussion.


-Qu'est-ce qu'il t'a fait ?


J'arrondis les yeux sous la surprise. Comment peut-il savoir ? Ce n'est pas possible.


-De quoi tu parles ?


C'est la colère cette fois qui déforme ses traits. Cependant sa voix, si elle a perdu sa douceur, reste basse, sans doute pour ne pas être entendu.


-Ne joue pas au con avec moi Tyler. On sait tous ce qu'il se passe dans le cabinet de ce connard. Alors dis moi ce qu'il t'a fait faire.


Je reste coi.


-Comment ça « on le sait tous » ? Tu veux dire que toi aussi, tu....


-Oui, moi aussi je me suis fait piéger par ce salopard, mais quand j'ai voulu changer les choses, personne n'a voulu bouger le petit doigt. Ils ont tous bien trop peur de ce qui pourrait en découler. Alors maintenant dis moi...


-Il a voulu...


C'est plus fort que moi. Malgré mon envie et mon besoin de me confier, je me répugne à l'idée de prononcer ces mots. Heureusement pour moi, Jordan n'a jamais eu la langue dans sa poche.


-Quoi ? Il t'a forcé à coucher avec lui ?


Je secoue la tête négativement.


-A le sucer ?


J'acquiesce. Jordan pousse alors un long soupire en serrant les poings.


-Putain, quel salop, si je pouvais, je lui défoncerai sa petite gueule d'aristo de mes deux.


Sa colère le fait trembler et moi je ne peux que baisser la tête, honteux d'avoir cédé et ayant l'impossibilité de l'empêcher de recommencer à notre prochain rendez-vous. J'en tremble d'avance. Je ne pourrais pas le supporter encore une fois ? Je sens encore son odeur sur moi et j'entends ses gémissements alors qu'il venait dans ma bouche. La tête me tourne à nouveau et je pense que si je ne vomis pas, c'est que je n'ai plus rien dans le ventre. Semblant remarquer mon état, Jordan se calme légèrement.


-Est-ce que ça va aller ?


A nouveau je hoche la tête, pas vraiment certain de la voix que je pourrai voir.


-Il faut l'arrêter.


Je relève brusquement la tête.


-Quoi ?


Jordan me regarde droit dans les yeux, sa détermination marquant ses traits.


-Il faut arrêter ce type !


-Ne dis pas n'importe quoi. Qu'est-ce que tu veux faire ?


-J'en ai aucune idée, mais on peut pas continuer comme ça. Ce type se tape mon cul depuis des semaines et des semaines sans que je puisse y faire quoique ce soit. Il est hors de question qu'il me touche encore une fois. Est-ce que t'es avec moi ?


Je le regarde bouche bée. Je ne sais pas quoi répondre, je me sens tellement impuissant face à ce type. Et pourtant je n'ai eu qu'à le sucer. Il semblerait qu'il soit passé au stade supérieur avec Jordan depuis un moment. Et je sais que si ça continue, il finira aussi par le faire avec moi. Je ne peux empêcher un frisson d'horreur me traverser à cette idée.


-T'es avec moi, oui ou non ?


-Jordan, arrête. Qu'est-ce que tu veux que deux mecs paumés comme nous puissent faire. Ca serait sa parole contre la notre...et la notre ne vaut rien. Personne ne voudra parler...et on n'a aucune preuve....


-Des preuves ! Bien sur, c'est ça qu'il nous faut ! Personne n'aura besoin de parler si on a des preuves.


-Et tu en as toi, des preuves ?


Jordan se lève et commence à arpenter la pièce de long en large, plongé dans ses pensées.


-Non j'en ai pas. Mais on pourrait en trouver....on pourrait aller les chercher...


-Comment ça les chercher ? Tu m'inquiètes la.


-Des photos !!! Mais oui, voilà, il nous faut des photos où on le prend la main dans le sac !


Jordan revient s'asseoir à mes côtés et me prend les mains.


-J'ai un plan Tyler. Mais je ne pourrais pas y arriver tout seul. J'ai besoin de toi. Pour la dernière fois, es-tu oui ou non avec moi ?


Je ne réponds rien, trop chamboulé par les derniers évènements. Tout l'éclat qu'avait le visage de Jordan s'amenuise peu à peu pour finalement disparaître complètement.


-Ok, j'ai compris.


Il se lève et s'en va. Au moment ou il atteint la porte je lui dis :


-Explique moi ton plan !


Aussitôt il fait volte-face et un sourire se forme sur ses lèvres. Il revient s'asseoir précipitamment au bord du lit.


-C'est simple. Vu qu'il n'agit que dans son bureau, il faut que l'un d'entre nous soit caché quelque part dedans et prenne des photos de ce qu'il y fait.


-Mais on n'a pas d'appareil.


-Il suffit d'aller en acheter un. On a le droit de sortir, Tyler. Nous irons demain en ville, un petit truc jetable, ça doit pas coûter hyper cher.


-Mais ce n'est pas de bonne qualité.


-On ne va pas faire de l'art, on a juste besoin de comprendre de quoi il s'agit. Un jetable sera largement suffisant. Alors ?


Je prends le temps d'enregistrer ces informations. Je suis mort de trouille à l'idée que ce plan plus que succin ne tombe à l'eau, mais je ne peux empêcher l'espoir d'étreindre mon cœur. C'est peut être la dernière chance pour moi de pouvoir me débarrasser de ce type. Je ne peux pas la laisser passer.


-Ok, je marche.


Je sers la main de Jordan en signe d'accord.


-Pour le moment repose toi, t'es pas en état. Demain on va en ville et on s'équipe pour notre opération, ok ?


-Ok.


On dirait un enfant qui prépare un plan d'attaque contre des pirates imaginaires, tout excité à l'idée de découvrir leur trésor. 


A mon grand étonnement, Jordan m'embrasse doucement sur la tempe et appui sur mon torse pour me forcer à me recoucher.


-Je viens te chercher tout à l'heure pour le repas. Dors.


Peu de temps après, je sombre dans un sommeil réparateur.



Je suis fébrile, devant la porte d'entrée du centre. La fin de journée d'hier est passée à une vitesse hallucinante et aujourd'hui nous sortons acheter l'appareil photo. Seulement l'idée même de me retrouver en centre ville me fout la chaire de poule. La seule fois ou je suis sorti du centre, c'était pour aller à la sortie de l'école voir Tristan. Mais depuis, je suis resté bien consciencieusement dans mes murs, évitant ainsi toute tentation extérieure. Et si je croisais mon dealer ? Ou un client ? Si je croisais Riley ? Aurais-je la force de ne pas me jeter dans ses bras pour ne plus les quitter ? Ici, je suis à l'abri, mais le monde extérieur est un jungle féroce dans la quelle je ne suis pas sure de pouvoir me sortir indemne. Jordan arrive derrière moi et sa main se pose sur mon épaule. D'un sourire il tente de me rassurer.


-Ca va aller, me souffle-t-il au creux de l'oreille. C'est juste un petit aller retour, tu n'as pas à t'inquiéter.


-Je...j'ai peur de ne pas y arriver. Ca serait si facile de retourner d'où je viens...je suis sur que si je fermais les yeux, mes pas m'y conduiraient instinctivement. Je ne veux pas...


-Ne t'en fais pas, je suis là, d'accord ? Je reste avec toi et je ne te lâche pas d'une semelle.


Je hoche la tête et nous partons avec un peu d'argent en poche.


Et effectivement, Jordan ne me lâche pas un instant. Et lorsque nous arrivons en centre ville, à quelques minutes de marche d'un des endroits les plus fréquentés par les junkies en manque et que je sens mon corps entier se tendre, comme attiré par un appel invisible, ma main trouve refuge dans la sienne et ne s'en décolle pas. C'est ainsi, main dans la main que nous entrons dans le magasin, que nous dénichons un petit appareil jetable, et c'est toujours liés que nous rentrons au centre. Je n'ai croisé personne de ma connaissance et les seuls regards de dégoûts que j'ai croisé ont été ceux qui fixaient nos mains collées l'une à l'autre. A mon grand étonnement, personne ne m'a regardé comme un drogué, comme un clochard ou un minable. Et même si certains esprits rétrogrades nous ont collés l'étiquette « homosexuels » sur le front, personne n'a pu me coller celle de « junkie » et j'en suis très satisfait.


Lorsque j'en parle à Jordan, le soir même, dans sa chambre, en partageant une bouteille de whisky, il rit.


-Tu n'as plus une tête de camé depuis quelques temps déjà, et tu as aussi commencé à reprendre du poids...je me demande bien comment d'ailleurs, vu le peu que tu bouffes...Mais quoiqu'il en soit, tu es de plus en plus sexy mon petit Tyler. Et pour être tout à fait honnête, je ferai bien de toi mon quatre heure.


Je baisse la tête, rougissant sous le compliment. Ce qui n'empêche pas Jordan de continuer.


-D'ailleurs, si tu veux tout savoir, je ne suis pas le seul...


-Ne dis pas n'importe quoi, qu'est-ce que tu racontes ?!


-Hmm eh bien, je crois bien que notre cher éducateur te trouve, lui aussi, très à son goût.


-Quoi, Alix ?


-Hmm hmmm !


-Tsss, tu ne sais plus ce que tu dis tu as trop bu !


-Je suis encore suffisamment sobre pour comprendre ce que veulent dire ses regards appuyés sur toi. Je suis loin d'être un spécialiste en relations amoureuses, mais pour ce qui est du cul, j'en connais un rayon, et il est clair qu'il te mate aisément à longueur de journée.


-Je vais aller me coucher, tu es bourré.


Et je me lève de son lit après lui avoir posé un baiser, involontairement tombé sur le coin des lèvres. Arrivé à la porte et sans surprise, Jordan m'a rattrapé et s'applique à me faire goûter un vrai baiser que je lui rends. Malgré tout ce que me dicte mon cœur, j'aime vraiment ses baisers. Ils ont un goût sucré et dans ce cas précis, légèrement alcoolisés. Et surtout, ils me transportent et m'apaisent. Lorsque mes pieds retouchent le sol, nos fronts sont collés l'un à l'autre et mes bras sont enroulés autour de sa nuque tandis que les siens sont autours de ma taille, une main caressant mon dos. Doucement je me décolle et ouvre la porte pour retourner dans ma chambre.


-Bonne nuit Jordan.


-Bonne nuit mon beau, bonne nuit.


Une fois dans mon lit, j'ai du mal à trouver le sommeil, malgré la fatigue. Toutes sortes de questions se posent à moi. Sur Jordan, Alix, Riley, Le Criquet, Emilie, Tristan, mon passé, mon futur...mais surtout sur cet homme qui menace mon rétablissement au sein de ce centre. J'ai peur de ce qui pourrait arriver face à ce psy de malheur, mais une chose est sure, nous ne pouvons pas échouer. En m'endormant, une certitude s'impose à moi, si les choses devaient encore s'aggraver, je n'y survivrai pas. Et Jordan est un allié de choix, j'ai confiance en lui. Ensemble, nous pouvons y arriver, j'en ai la conviction. Pourvu que rien ne vienne entraver notre plan...

 

 

 


Petit message aux fans de yaoi et de fanfic en particulier !!!


Je suis, vous vous en doutez, fan de yaoi, mais entre autres je suis avec grand intérêt, les fanfictions sur Harry Potter...et en particulier les HPDM ou HPSS...d'ailleurs il est possible que d'ici quelques temps, je tente d'écrire une ou deux fanfiction (OS ou histoire complète)....j'ai quelques idées que j'espère pouvoir développer un jour. Mais ce n'est pas de ça dont je voulais parler. Je suis à la recherche d'une fiction (Harry/Draco) que j'avais lu il y a......oula....y'a bien un an ou deux déjà....lol, mais elle n'était pas terminée et j'ai jamais réussi à remettre la main dessus...je n'ai ni le titre, ni l'auteur (ça vous avance bien, hein...mdr) mais voilà en gros l'histoire :

A Poudlard, il y a un système de lettres qui sont envoyées aux élèves qui donnent des lieux de rendez-vous. Ces lieux changent à chaque fois et si un jour une des personnes concernée par la lettre ne se présente pas au rendez-vous, il/elle n'en recevra plus. Dans le cas contraire, les deux élèves concernés reçoivent régulièrement leur rendez-vous avec la même personne.
MAIS (oui, il y a toujours un mais...lol), les personnes ne se voient pas. Les rendez-vous ont toujours lieux dans des petites pièces dans le noir qui apparaissent magiquement à l'heure du rendez-vous et qui redis paraissent après ; les rendez-vous durent une heure (si ma mémoire est bonne), après les élèves sont en quelque sorte expulsés de la pièce (pas violemment, hein) chacun de leur côté. Les élèvent ne savent donc pas qui ils sont en train de tripoter (ben oui, vous pensiez pas qu'ils y faisaient du tricot quand même...). Les lettres envoyées sont de couleur bleues pour les garçons et de couleur rose pour les filles.
Voilà pour le décor.

L'histoire, maintenant :
Harry est un jour possesseur d'une de ces enveloppes (je ne sais plus comment, je crois qu'il la trouve par terre, mais je n'en suis pas sure...), mais elle est rose. Harry n'étant pas au courant de cette « tradition » poudlarienne, ne comprend pas l'erreur et poussé par la curiosité, se rend au rendez-vous.
Là bas, il se retrouve avec Draco Malfoy (ben oui, sinon ça ne serait pas un HPDM), mais aucun des deux ne sait qui est l'autre personne. Pire encore, même si Harry se rend compte assez rapidement qu'il a affaire à un homme, Draco, lui ne le sait pas (ils se pelotent partout, sauf aux encroits propices appremment...lol). Harry ne dit rien et profite de ces moments passé dans les bras d'un inconnu. Jusqu'au jour ou Draco s'aperçoit que c'est bien un mec qui est en face de lui et non une femme et là, il panique et s'en va. S'en suit toute une remise en question de Draco qui décide de sortir avec une fille pour se convaincre qu'il ne ressent rien pour l'inconnu des rendez-vous et i prend la décision de ne pas aller au prochain rendez-vous que lui fiera la lettre.
Harry lui, est déprimé parce que son inconnu l'a planté la. Et décide malgré tout de se rendre au rendez-vous suivant dans l'espoir que l'homme lui laisse au moins un peu de temps pour s'expliquer (et plus si affinité...lol).
Draco passe un long moment à tourner et retourner la fameuse question dans sa tête « j'y vais ou j'y vais pas » et décide finalement d'y aller. Il court pour ne pas être en retard, car n'oublions pas que les rdv ne durent qu'une heure et que si il ne s'est pas présenté là bas pendant ce laps de temps, il ne recevra pas de prochaine lettre et donc ne reverra jamais son mystérieux peloteur. Malheureusement pour lui lorsqu'il arrive enfin au rendez vous, il reste trop peu de temps et il a à peine le temps d'entrer dans la pièce et de tenter d'attraper harry par la manche qu'ils sont déjà éjectés de la pièce sans qu'il n'ait rien pu lui dire.

De son côté, harry trop anéanti par l'absence de l'homme mystère ne se rend même pas compte qu'au dernier moment, quelqu'un tente de l'attraper par la manche et se retrouve dehors en étant persuadé que la personne ne veut pas de lui.

L'histoire s'arrêtaient ici quand je l'ai lu. Mais nous, lecteurs, savons que Draco est finalement venu et que donc, il y aura une autre possibilité de rdv...cependant, comme j'ai jamais pu retrouver cette fic, je ne sais pas la fin...et j'avoue que c'est très frustrant. Donc si jamais l'une d'entre vous pouvait me renseigner sur cette fiction, me donner le titre, un lien...n'importe quoi qui me permette de la retrouver...je vous en serai éternellement reconnaissante (ou presque...lol). Bon j'ai bien conscience d'avoir écrit un pâté...mais j'aimerai bien retrouver cette histoire...donc n'hésitez pas. J'espère avoir été assez précise dans le résumé...lol

 



Merci à vous d'être passé, de m'avoir lu, merci à celles qui ont posté des commentaires. Ils me font toujours chaud au cœur.
Bisous à toutes !


par Meryl - publié dans : Dépendance
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Mercredi 24 décembre 2008
Un petit coucou pour vous prévenir que je suis en vacances pour les fêtes. j'ai accès à l'ordinateur, mais très peu. Donc il n'y aura certainement pas de nouvelle maj pendant ces vacances. Cependant, j'espère pouvoir écrire quand même un peu, ce qui permetterai de publier quasiment dès la rentrée...
Je vous souhaite à tous et toutes de très bonnes fêtes de fin d'année.
Gros bisous!!!

Meryl
par Meryl - publié dans : Petits potins
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Mercredi 10 décembre 2008
Je suis pathétique. Ce sont les mots qu'Elisa a employés lorsqu'elle m'a trouvé, comateux, en pyjama sur mon canapé devant un navet télévisuel enfournant des cuillerées de glace au brownie. Et encore, elle ne m'a pas vu pleurer la mort du petit chien dans le navet précédent. Je crois bien qu'il faut que j'oublie de lui parler de cet incident. Sauf que quand elle a commencé à me faire la leçon de moral me rappelant qu'il y a une vie à l'extérieur, les larmes sont ressorties toutes seules et la glace au brownie s'est mise à couler le long de mon menton. Ca a au moins eu le mérite de la couper en plein élan. Elle s'est alors assise à côté de moi et m'a serré contre elle dans un silence bienfaiteur, légèrement perturbé par la conversation plus que trépidante des personnages de Plus belle la vie.* Je suis maintenant toujours affalé sur mon canapé, mais ma tête est posée sur les cuisses de ma meilleure amie...mon pot de glace s'est mystérieusement téléporté dans ses mains à elle et j'ai bien peur de ne plus en revoir la couleur. Les mots « à suivre... » apparaissent finalement à l'écran et avant d'avoir eu le temps de comprendre, je me retrouve propulsé sur le tapis, devant le canapé. Elisa est déjà debout près de la télé et impitoyablement, appuie sur le bouton plongeant l'écran dans le noir dans un petit éclair. Je me redresse jetant un coup d'œil au pot de glace qu'elle a posé au passage sur la table basse...vide. Traîtresse !

-Bon maintenant Rom, tu vas bouger ton joli cul de là. Je te rappelle que tes parents rentrent de l'hôpital avec ta frangine dans un peu moins d'une heure. J'ose croire que ce n'est pas l'image que tu veux donner à Morgane pour ces premiers instants chez vous !


P'tite haricote !!! Mais c'est vrai, c'est bien aujourd'hui qu'elle arrive ! Depuis 3 jours que je me suis engueulé avec Evan, je vis un peu dans le cirage. J'en avais même oublié la venue de ma sœur. Elisa me traîne derrière elle et me plante devant le miroir plein pied du couloir de l'entrée.
Je suis en débardeur défraîchit et en bas de jogging dans le même état, j'ai des cernes foncées et le reste du visage pâle à me faire envier par un mort, on dirait que mes cheveux n'ont pas rencontré de peigne depuis un siècle et, est-il vraiment utile de le préciser, je sens le chacal !


-Regarde-toi maintenant, t'as l'air malin ! Alors tu arrêtes de faire ta gonzesse et tu te magnes le fion pour te refaire une beauté et me rendre mon Romain à moi. Et pas la midinette boulimique qui pleure son homme !


Aïeuh ! C'est qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Pathétique, je dois vraiment l'être pour qu'elle me sorte ça.


-Tu y vas peut être un peu fort ?


-Tu veux rire ? Je me retiens de te foutre un coup de pied ou je pense depuis que je t'ai retrouvé sur le canapé, alors si tu veux pas tester la rencontre de mon 42 avec tes fesses, tu as plutôt intérêt à faire ce que je t'ai dit. EXECUTION !!!


Inutile de dire que je ne cherche même pas à négocier. Comment une fille aussi gentille qu'Elisa peut-elle devenir aussi terrifiante ?


Une fois dans la salle de bain, je me déshabille rapidement, jetant mes affaires un peu partout. L'eau chaude me fait un bien fou et je laisse mes muscles se détendrent un par un. Une fois douché, habillé, coiffé, parfumé, je rejoins Elisa en bas. Elle m'accueille avec un grand sourire.


-Ah ben voilà ! Tu ressembles déjà un peu plus à quelque chose. Tu as juste le bon timing, j'ai entendu la voiture arriver.


Elle me sert dans ses bras et m'embrasse doucement.


-Je suis là Rom. Ca va aller.


-Bien sur que ça va aller. Je ne suis pas une femmelette !


Mon sourire ne dupe ni elle ni moi, mais nous faisons avec. Il est plus que temps que je me ressaisisse.
La porte s'ouvre sur mes parents et un gros couffin. Et même si mon organe cardiaque me brûle depuis quelques jours, à ce moment précis, il se gonfle d'un mélange de joie et de fierté. J'embrasse rapidement mes parents et me concentre enfin sur la petite boule de nerf qui se débat sous les couvertures. Je la prends dans mes bras et lance à mes parents :


-Je lui fais visiter la maison, vous n'avez cas...ben faire ce que vous voulez, nous on est occupé.


Et je les plante là, à moitié stupéfaits dans le hall et j'entends vaguement Elisa marmonner qu'il ne m'en faut pas beaucoup pour reprendre du poil de la bête. Je colle précieusement le petit paquet contre moi. Morgane Porte un petit pyjama blanc polaire en forme d'ours. Une tenue que j'avais choisie avec mon père peu de temps après l'annonce de la grossesse. Et elle me regarde avec ses grands yeux clairs bien ouverts, prête à croquer le monde.


-T'en fait pas ma belle, tout va bien se passer. Tu es à la maison maintenant. Et voilà ton antre.


La chambre de Morgane, préparée avec soin pourrait être montrée dans un catalogue. Les murs d'un parme clair sont parsemés de petits personnages rigolos, le lit en bois dans un coin attendant sagement d'être occupé tandis qu'à l'autre bout de la pièce une table à langer assortie au lit et à l'armoire, est remplie de couches, produits nettoyants et bodys en tout genre. La chambre est également remplie de jouets, mobiles et peluches de toutes sortes.


-Mais les premiers temps, tu vas pas dormir là, viens, je vais te montrer.


Mes pas nous conduisent dans la chambre de mes parents où un petit berceau, en bois également, est posté pas très loin du lit conjugal, avec en son centre, trônant fièrement, Hector le castor. A ces cotés, un fauteuil de forme arrondi, pour les biberons nocturnes.


-Tu vas être comme un coq en pâte ma belle.


-Ca c'est sur, mais si tu lui donnes mon p'tit nom, je lui déclare la guerre.


Elisa que je n'avais pas entendu monter se trouve maintenant juste derrière moi et m'enlace tendrement.


-On dirait un vrai p'tit couple comme ça, je trouve.


-Si c'était le cas je plaindrai l'enfant !


-Eh ! Je ferai un papa super cool !


-Ben voyons, à la rigueur pour le côté éducation sexuelle je dis pas, mais pour le reste...faut encore que tu grandisses un peu mon chéri !


-Faudrait savoir. Un jour tu me dis que je grandis et que tu es ébahie devant ma grande maturité et un autre, je suis encore un gamin !


Elisa s'est placée face à moi et me regarde maintenant, un sourcil surélevé, le poing sur la hanche.


-Je n'ai jamais été impressionnée par ta...grande maturité, je disais juste que tu prenais mieux que je ne le pensais la séparation de tes parents. Va pas te faire des films.


-Peut être que nous pourrions récupérer notre fille maintenant ?


Mes parents, un air très amusé sur le visage se tiennent dans l'ouverture de la porte, enlacés.
J'embrasse Morgane sur le front avant de la tendre à mon père.


-Sois pas sage ma p'tite haricote, fais les bien tourner en bourrique, et ton grand frère sera très fier de toi.


J'esquive une claque derrière la tête de la part de mon père et entraîne Elisa dans ma chambre.


-Pour des gens séparés, ils ont plutôt l'air bien, non ?


-Oui, ils ne se sont jamais aussi bien entendu que depuis qu'ils sont soit disant séparés. Et en même temps, ils sont toujours collés ensemble...j'ai arrêté de chercher à comprendre !


-En parlant de séparation, tu veux pas me parler de ton bel infirmier ?


Je me tends.


-Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus ?


-Tu as essayé de l'appeler ?


-Non.


-Ben fais le, ça t'évitera de te morfondre pendant des jours en t'empiffrant devant des niaiseries !


-...


Elisa attrape mon téléphone portable et me le tend.


-Allez !!! Tu l'appelles, tu lui demande pardon, vous vous envoyez en l'air et tout va bien !


-Ce n'est pas à moi de lui demander pardon. C'est à lui de faire des excuses ! Son père m'a humilié et il n'a rien fait pour me défendre. Pire encore, il a prit son parti.


Alors qu'elle le repose, mon téléphone se met à vibrer dans la main d'Elisa, qui arbore maintenant un sourire radieux !


-Quand on parle du loup...


-C'est lui ?!


Ma précipitation se voit sans aucun doute et le visage de ma meilleure amie ne me dit rien qui vaille.


-Quelle importance ?


-Quoi ? Elisa donne-moi ce téléphone !


-Mais non, c'est pas la peine, tu viens de me dire que tu ne voulais pas lui parler.


J'essaie d'attraper le portable, mais Elisa est plus vive et le maintient hors de portée. Et dans ma tête, je compte avec affolement les sonneries qui se suivent. Dans le désespoir, je finis par me jeter sur elle, la faisant trébucher sur mon lit. Elle lâche mon téléphone qui rebondit sur le sol. Je bondis, mais Elisa me rattrape par la cheville ce qui me fait m'étaler sans aucune grâce juste à côté de mon lit. Je me dégage et me jette sur le téléphone qui s'arrête finalement de sonner.


-Oh, c'est pas vrai ! C'est pas vrai, c'est pas vrai !!! Mais pourquoi t'as fait ça ? Putain, mais tu fais chier, tu sais depuis combien de temps j'attends ce coup de fil ?!


Elisa, toujours sur le lit, semble jubiler et je me rends compte au même moment de ce que je viens de dire...et de ce que ça signifie.


-Ravie de te l'entendre dire mon chéri !

 

-Tu vas me le payer !


A nouveau je me jette sur elle, mais cette fois, dans le but de lui faire subir mille et une torture appropriée à la situation. Malheureusement, j'ai oublié dans l'équation qu'elle est nettement plus douée que moi au corps à corps et rapidement, je me retrouve coincé entre le matelas et ma meilleure amie.


-Si tu tenais tant que ça à m'entendre dire ce genre d'aberration, pourquoi ne pas m'avoir laissé répondre tout simplement ?


-J'aime ta mauvaise foi mon chéri, mais même si tu l'avais eu au téléphone, tu n'aurais avoué pour rien au monde que tu n'attendais que ça. Au moins maintenant, je suis fixée.


-Peut être, mais maintenant, je l'ai raté !


-Ne t'en fais pas pour ça, il va rappeler dans trois, deux, un....


Et sous mes yeux ébahis, mon téléphone se remet à vibrer. Elisa se précipite dessus et décroche.


-Dis donc super mâle, tu en as mis du temps ! Quoi ? Oui, évidemment qu'il est là ! Je te le passe, mais fais gaffe à toi, c'est parce que t'as une gueule d'ange que tu peux te permettre de me le rendre dans des états pareils. Alors t'as plutôt intérêt à te faire pardonner fissa.


Je trépigne presque d'impatience à côté d'Elisa en tentant vainement d'avoir ma conversation. Enfin elle se décide à me passer le téléphone.


-Tiens, j'te laisse un petit moment, foire pas tout !


J'attends qu'elle sorte et referme la porte tout en sachant qu'elle aura l'oreille collée sur la serrure. J'approche le combiné à mon oreille en ignorant volontairement que ma main est prise de légers tremblements.


-Allô?...


-Romain...


-...


-Je....Je t'appelle pour euh... oh écoute, je suis désolé que ça se soit fini comme ça. J'aurai vraiment aimé passer une bonne soirée avec toi !


-J'aurai aimé moi aussi.


Mon ton est moins froid que je ne l'aurai voulu...même au téléphone il arrive à me faire fondre !


-Ecoute, j'aimerai qu'on se voie, je ne veux pas parler de ça au téléphone. Tu pourrais passer à l'appartement ?


-Euh....


-S'il te plait, je voudrai vraiment te voir. Tu sais ça fait trois jours que je tourne en rond pour savoir si je dois t'appeler ou pas...


Malgré moi, un petit sourire se forme sur mes lèvres.


-Ok, je passerai tout à l'heure. Tu sais, je voulais pas que ça se passe mal avec tes parents...


-Je sais, écoute, c'est pas bien grave, je pense que si tu présentes tes excuses, ils passeront l'éponge et...


-Pardon ?


-Quoi ?


-Dis-moi que tu m'as pas dit que je devais présenter des excuses ?


-Romain, si tu veux que ça se passe bien avec eux, ça va être le minimum à fournir !


Je sens la colère revenir au grand galop, comme si je venais à nouveau tout juste de sortir du restaurant.


-Mais je rêve. Enfin tu te rends compte de ce que tu me dis ? Evan, ton père nous a insulté, moi et ma famille ! Il a clairement dit que... que tu méritais bien mieux que moi. Même si je n'aurai pas du, je n'ai fait que répondre à ses provocations, je...je...


L'énervement me fait bafouiller et ça m'énerve encore plus.


-Mais merde, ça t'a pas fait ouvrir les yeux tout ça ? Combien de temps encore tu vas espérer la bénédiction de tes parents alors que tu ne l'auras sans doute jamais ?!


-Ne dis pas n'importe quoi. Tu t'es montré aussi très arrogant et entêté. Mon père n'a pas tous les torts. Tu ne sais pas te tenir en société ce repas l'a clairement montré ! Mais c'est pas le problème, je sais qu'ils pourraient très bien t'accepter si tu faisais des efforts.


-Ah oui, tu veux dire une fois que j'aurai eu un lavage de cerveau ? Que je penserai comme eux, que je choisirai une petite femme pour avoir de merveilleux bambins et vivre une petite vie sans anicroche apparente dans mon costume trois pièces ?


-Oh, arrête, tu dis n'importe quoi !


-Effectivement, c'est un grand n'importe quoi, mais sache qu'ils ne m'accepteront que le jour ou je rentrerai dans le modèle qu'ils ont décidé d'appeler normalité. Et le fait d'avoir une histoire avec toi ne rentre pas dans leur moule !

-Mais tu n'essaies même pas de comprendre. Pourquoi tu te braques comme ça ? Tu n'écoutes pas ce que je te dis. Cette conversation ne mène à rien !


-Eh bien, voilà au moins un point sur lequel on est d'accord. Finalement ne m'attends pas. Et surtout ne me rappelle pas !


Je raccroche d'un geste rageur et balance le téléphone à travers la pièce. Celui ci va s'exploser contre le mur et je me laisse tomber par terre, m'adossant contre mon lit.


Sans surprise, Elisa rentre dans la pièce quasiment instantanément. Son visage n'est plus aussi détendu qu'auparavant. Je l'ai rarement vu avec un tel air. Elle s'assoit à mes côtés et me prend dans ses bras.


-Je suis désolée, Rom...


-Et moi donc.


Je laisse aller ma tête contre son épaule et me laisse bercer. Quelques coups sont frappés à ma porte et la tête de mon père passe par l'entrebâillement.


-Est-ce que tout va bien ? J'ai entendu des cris.


Voyant notre position, mon père entre et referme la porte derrière lui. Elisa me lâche et se redresse.


-Je vais vous laisser. Romain je t'appelle ce soir. Elle m'embrasse tendrement et s'en va après avoir fait la bise à mon père.


-Alors mon grand, tu veux peut être partager avec ton vieux père ta première peine de cœur ?


Je réussis un pauvre sourire qui ne dupe personne, ne cherchant même pas à savoir comment il est au courant. Mon comportement de ces derniers jours a sûrement été plus que révélateur. Je sens les larmes monter malgré moi et avant d'avoir eu le temps de réagir, mon père a prit la place qu'Elisa occupée quelques secondes auparavant et je me retrouve dans l'étreinte rassurante de ses bras.


-Je n'aime pas voir mon fils dans cet état la. Tu veux m'en parler ?


-C'est rien....je crois juste que, finalement, on n'était pas sur la même longueur d'onde Evan et moi.


-C'est la rencontre avec ses parents, c'est ça ? Tu es rentré de cette soirée dans un état pitoyable et depuis tu te morfonds.


-Oui, eh bien...disons qu'ils ont une idée bien précise de ce que doit être la vie de leur fils et il est clair que je n'en fait pas partie. D'ailleurs aucun homme n'en fait partie. Ils vivent encore au moyen âge !


-Et Evan, qu'est-ce qu'il en dit, lui ?


-J'en sais rien.


-Tu es sur de ça ?


-Je sais pas, papa....il...j'ai l'impression qu'il est complètement aveugle dès que ça concerne ses parents. Ils le méprisent pour ce qu'il est, et pourtant il est prêt à se mettre en quatre pour leur plaire...je ne le comprends pas. Il n'ose même pas s'affirmer, face à eux, on dirait encore un petit garçon...


-Hmm....Tu sais, ça ne doit pas être facile pour lui non plus. Imagine quelle aurait été ta réaction si nous t'avions rejeté lorsqu'on a su que tu étais gay ?


Je médite un petit moment sur cette question. La réaction de mes parents a été vraiment un soulagement pour moi. Ne plus avoir à leur mentir, pouvoir leur parler de mes soucis, ne pas être jugé...


-Je ne sais pas. J'aurai sans doute été très mal. Mais je n'aurai pas renoncé à ma vie pour autant....


-Il ne semble pas y avoir renoncé non plus, vu qu'il était prêt à sortir avec toi.


-Oui, c'est vrai. J'aurai juste voulu...j'aurai aimé qu'il me défende face à eux. Qu'il me montre...qu'il leur montre que son choix c'était moi, et peu importe leur avis, qu'il faudrait qu'ils fassent avec.


Mon père réprime un petit rire.


-Tu m'as l'air bien mordu !


Le rouge me monte aux joues.


-Je... je crois, oui.


-Ecoute Romain. Je ne suis pas à ta place, je ne peux pas choisir pour toi. Mais ça serait dommage de rater une belle histoire à cause de gens qui vivent encore au siècle dernier, tu ne crois pas ? Si ils ne voient pas que tu es un garçon bien, alors, crois moi, ils n'en valent pas la peine. Mais Evan, lui, a su le voir. Peut être qu'il faut que tu lui montres que tu vaux le coup de se battre ?


Je hoche la tête doucement. Et alors que je médite ses phrases, mon père m'embrasse sur la tête et me laisse seul. Je me prends la tête tout le reste de la journée, à me demander si oui ou non, je dois à mon tour faire un pas vers lui. Lorsqu'Elisa m'appelle après le dîner, ma décision n'est toujours pas prise. Heureusement, nous parlons un peu de tout et de rien. Elle me parle d'un film qu'elle a vu la veille ou plutôt d'une scène du film qu'elle a vu hier et qui d'après elle était très érotique quand elle se coupe soudainement.


-Oh fait ! Tu m'avais pas promis quelque chose, toi ?


-Quoi ?

 

-Mais si rappelle toi, quand Evan est venu te chercher la dernière fois !


-Quand on est allé voir P'tite Haricote à l'hôpital ?


-Oui.


-Eh bien, quoi ?


-Fais un petit effort, ça va revenir.


-Non je ne vois pas !


-Je te donne un indice, il y avait une histoire de caleçon en fugue dans l'histoire !


J'éclate de rire à ce souvenir.


-Oui, effectivement, je m'en souviens maintenant.


-Bien ! Alors en rentrant, tu étais bien pressé, mais tu m'avais promis que j'aurai droit à toute l'histoire. Et avec les détails, s'il te plait !


-Oh ! Non, j'ai pas pu dire ça.


-Oh que si ! Tu me l'as promis, alors j'attends. Je veux savoir comment tu as enfin réussi à coucher avec monsieur l'intouchable mais très sexy infirmier.


-Bon je te le dis, mais tu peux courir pour les détails !


-Pfff, t'es pas drôle mon chéri !


-Bon tu veux l'entendre ou pas ?


-Je t'écoute !


-Bon en gros, la veille, on a appris que morgane était malade et on était tout les trois mal en point. Et à cause de ça, on s'est prit la tête avec mon père et au final, je m'en suis pris une. J'étais vraiment mal...à tel point que très hônnetement, la soirée reste assez floue. Je sais que je suis allé en boite me bourrer la gueule, et que je me suis fait grave allumer par un type, mais malgré moi j'ai pas réussi à coucher avec lui.


-Nooonnn !!! C'est pas vrai ?!


-Si et je te le donne dans le mile, je pensais trop à Evan !


-Oooooh c'est siiii....


-Si mignon, oui, je sais !!! Bref, je suis finalement allé chez lui pour l'engueuler.


-L'engueuler ? Mais pourquoi ?


-Parce qu'à cause de lui, j'arrivais pas à m'envoyer en l'air ! J'étais très frustré !


Le fou rire d'Elisa est communicatif et je ne peux reprendre mon récit que quelques temps après.


-Bref, je suis allé chez lui et je lui ai reproché d'occuper trop mes pensées.


-Et là, ça a été le grand feu d'artifice ?


-Non, pas du tout. J'étais trop bourré ! Et sans doute que lui était encore trop endormi, il m'a emmené dans sa chambre et on a dormi.


-C'est tout ?


-Oui c'est tout.


-Ben alors ? Et la fugue de caleçon ?


-La fugue du caleçon, c'est le lendemain matin.


-Aaaahhh, raconte !


-Tu sauras rien de plus que ça ma belle !


-Dommage ! C'était comment ?


-C'était très bien...non c'était mieux que ça encore....c'était...


-Parfait ?


Je sens bien l'ironie dans sa question, pourtant l'adjectif convient !


-Oui, c'était parfait !


Je ne la vois pas et pourtant je l'imagine très bien bouche bée !


-Eh ben...y'a pas à dire mon chéri, t'es accro !


-Oui, je pense aussi !


-....


-Te laisser sans voix deux fois de suite, c'est à noter dans mes records !!!


-Oui, je...laisse moi le temps de m'en remettre. Tu te rends compte de ce que tu viens de me dire ?


-Oui. Je suis accro à lui. Je suis accro à Evan...et résultat, on s'est engueulé. Et je ne sais toujours pas si je dois le rappeler.


-Va le voir !


-Quoi ? T'as fumé ou quoi ?


-Mais non ! Tu viens de m'avouer que tu étais accro de ce mec, alors crois moi qua nd je te dis qu'il ne faut certainement pas le laisser filer. Mais au téléphone, c'est jamais pareil et puis avec un peu de chance, si tout s'arrange vous pourrez directement passer à l'étape suivante de la réconciliation !!!


Je rigole à cette réflexion, elle ne perd jamais le nord !


-J'aimerai bien...mais je ne sais pas trop...


-Oh écoute, Rom, tu m'fais chier depuis des jours...qu'est-ce que je dis, moi ! Tu m'fais chier depuis des mois avec ton histoire d'amour ! Alors maintenant que t'as enfin compris que t'es amoureux, tu va me faire le plaisir de bouger ton joli p'tit cul et de t'accrocher à lui, sinon je te jure que je te brûle la plante de pied avec de l'huile bouillante, c'est clair ?


-Euh...oui, d'accord !


-Et dis toi bien que même si il a quelques défauts, ils sont sans aucun doute bien moins durs à vivre que les tiens. Et même si ses parents n'ont pas été du tout corretce, tu t'es montré très immature aussi. Donc tu vas aller le voir, lui dire que tu t'en fous de ses parents et tu vas lui sauter dessus pour finir en beauté, ok ?


-Dis comme ça, ça paraît jouable.


-Parfait. Maintenant, va dormir, t'auras besoin de forces, demain.


-Euh...ça ne me rassure pas beaucoup, ça, ma belle !


-C'est pas le but ! Tu sais bien que la partie n'est pas gagnée d'avance. Mais je sais que tu peux y arriver. Quoiqu'il arrive n'oublie pas qu'il t'aime et que tu l'aimes.


-Je ne...


-Ne nie pas, c'est pas la peine. Même sans te voir, j'entends à ta voix comment tu parles de lui, tu es transparent mon cher. Alors imagine un peu quand je suis en face de toi, la tête que tu fais quand tu parles de vous deux ne laisse aucun doute ! Si tu ne veux pas l'avouer devant moi, c'est pas grave, l'important c'est que tu le saches et qu'il le sache.


-T'as raison, après tout, ça ne coûte rien d'essayer. Et puis... il a déjà fait le premier pas...


-Tout à fait ! Je suis très fière de toi Rom, chéri ! Bonne nuit mon lapin en sucre !


-Bonne nuit ma belle. Je t'appelle demain, après être allé le voir, pour te raconter.


-Mais j'y compte bien. Bye


Lorsque j'entends la tonalité, je raccroche à mon tour. Je me préparer pour aller me coucher et vais embrasser ma p'ite haricote qui, elle, dort profondément. Je me couche enfin, une boule au ventre, me passant dans la tête tous les scénarios possibles lors de mon futur tête à tête avec Evan.

 



Une douce musique me sort de ma torpeur, c'est quand même plus agréable qu'un bip bip strident. Malgré tout, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi de la nuit. Entre mes questions existentielles et Morgane qui a voulu tester si nous étions vraiment disponibles à toute heure pour elle, la nuit a été plutôt folklo. Je me lève paresseusement et traîne à aller dans la douche. Je ne suis pas vraiment pressé de me retrouver face à Evan. Mes parents dorment encore, leur nuit n'a pas été plus longue que la mienne, je profite de la salle de bain un bon moment et décide d'aller m'occuper de ma frangine qui semble sortir à son tour de son sommeil. C'est p'tites bêtes la sont vraiment increvables ! Heureusement, j'ai révisé la préparation des biberons depuis un moment et la préparation n'est pas longue. P'tite haricote bien calée contre moi, je m'installe sur le sofa et lui fourre la tétine dans la bouche. Elle se jette dessus comme si elle n'avait pas mangé depuis trois jours. Tandis qu'elle tête, laissant échapper par moment de légers bruits de succion qu me font sourirent, je l'observe. C'est vraiment un beau bébé, ces traits sont fins, elle a un petit duvet de cheveux tout blonds sur la crane et surtout, deux yeux clairs grands ouverts sur le monde, comme si elle souhaitait ne rien rater de la vie. Comment une petit fille belle comme ça peut elle être malade ? On ne voit absolument rien, elle semble si parfaite. Je n'arrive pas à réaliser le risque qu'elle court à longueur de temps. Je me souviens de ce qu'avait dit Evan dans la voiture. Au mieux, elle vivra quelques années...mais qu'en est-il du pire ? Et quelles seront les véritables séquelles ? Je n'ose imaginer que nous pouvons la perdre n'importe quand. Je maudis le destin de nous infliger cette épreuve. Nous offrir un être à aimer, protéger et chérir pour ensuite nous le reprendre de la manière la plus cruelle qui soit. Malheureusement, le diagnostic est sans appel, et l'idée même de me résigner à perdre un jour ce p'tit bout de chose qui gesticule dans mes bras me révolte. Je renifle un coup, il faut que j'arrête d'y penser pour le moment. Je profite de nos instants à deux avant que mes parents ne se lèvent et ne prennent la relève. C'est fou comme ce matin, je trouve beaucoup de choses à faire. Ma chambre à ranger un peu, donner un coup de main à ma mère pendant qu'elle s'occupe de Morgane, préparer à manger avec mon père...


-Tu vas repousser longtemps ton départ ?


Je laisse tomber ma fourchette tandis que ma mère attend ma réponse sous l'œil complice de mon père.


-Tu lui as dis ? Traître !


-Elle avait déjà deviné une bonne partie toute seule, tu sais.


J'enfouis ma tête dans mes mains alors que mes parents se foutent ouvertement de ma gueule.


-Parents indignes, vous devriez me soutenir, pas m'enfoncer !


-Oh ! Mais c'est ce qu'on fait. Plus les heures passent, plus tu deviens blancs, nous te poussons pour que tu ne nous fasses pas une syncope...ou au moins si tu la faisais chez lui, il saurait quoi faire !


-Ah ah ! Très drôle ! Non sérieux, je suis mort de rire !


-Allez, dégage d'ici, fils ! Prends le taureau par les cornes !


-C'est pas les cornes dont j'ai envie.


-Je ne veux pas savoir les détails, Rom ! Allez file, on s'occupe de débarrasser.


-Mmoui, oui, ça va, j'y vais.


Je monte me laver les dents et enfiler une veste légère. Le temps étant plus que clément. Lorsque je redescends, je passe la tête par la cuisine.


-Vous êtes surs que vous n'avez pas besoin d'aide ?


-FILE !!!


-Ok, salut !


Et je me précipite dehors avant qu'ils n'aient la mauvaise idée de m'envoyer quelque chose à la figure histoire de me motiver. Mine de rien, ils en sont largement capable. Croyez moi, je les connais depuis plus de 18 ans, rien ne les arrête !


Une fois dans la rue, je ralentis la cadence. Ma boule d'angoisse revient prendre sa place avec un plaisir manifeste au fur et à mesure que mes pas me dirigent vers l'arrêt de bus. Avec un peu de chance, ils seront en grève, ou alors y'aura un accident sur la route, ou bien je raterai tous mes bus....Pas de bol, mon bus arrive juste après moi et la circulation n'a jamais été aussi fluide. Je suis maudis, le destin s'acharne contre moi avec un rire sadique.

Et voilà, j'y suis. Planté devant la porte depuis quelques minutes. Je n'ose pas entrer, mais je ne veux pas faire demi-tour. J'espère juste que ça se passera mieux que la dernière fois. Lorsqu'une vieille dame se présente pour sortir, je lui tiens la porte, elle me remercie avec un grand sourire et je me décide enfin à entrer dans l'immeuble. Une fois devant sa porte j'hésite encore un peu. Il y a du bruit à l'intérieur, sûrement la télé. Je finis par sonner et rentre mes mains dans mes poches pour camoufler les légers tremblements qui les parcourent. Après quelques secondes, la porte s'ouvre sur Evan, légèrement agacé. Ses traits se décrispent et s'arrondissent sous la surprise.


-Romain ?


Les bruits à l'intérieur s'arrêtent brusquement. Je comprends alors que ce n'était pas la télé, mais bien des personnes.


-Je...désolé, je te dérange.


-Non, pas du tout....je...mes parents sont là...avec des amis à eux.


-Ah ? je ne savais pas que tu faisais ce genre de...réception.


-Ca n'a rien d'une réception, je...


Il soupire et sort sur le palier, referment la porte derrière lui.


-Je ne les ai pas invité, ils sont venus d'eux même.


-Avec des amis à eux ?


-Oui...c'est compliqué. Ils veulent...Romain, en te mets pas en colère, ok, ils sont venus pour me présenter quelqu'un.


Je reste ébahi un moment avant de sentir la moutarde me monter au nez.


-Une jeune fille de bonne famille je suppose. Ils ne perdent pas de temps !


-Non, Romain, écoute...


Il n'a pas le temps de finir sa phrase que la porte s'ouvre sur une jeune fille, très jolie, très bien vêtue, quoiqu'un peu court, mais après tout, il semblerait qu'elle soit là pour séduire.


-Eh bien Evan, viens donc, tout le monde t'attend ! Oh ! Un ami à toi ? Tu me présentes ?


Evan, rouge écrevisse, ne semble plus savoir où se mettre.


-Euh, oui...bien sur...Anne-Claire, je te présente Romain, Romain c'est Anne claire, elle est...


-Je suis sa fiancée !


Rajoute le coupe la pimbêche dans un gloussement assez peu humain. J'ai l'impression qu'on m'a donné le coup de grâce. Jamais de ma vie je ne me suis senti autant humilié.


-Fiancée ? Toi non plus tu ne perds pas de temps on dirait ! Mais qu'est-ce que tu fous avec elle ?


Avant qu'il ne puisse répondre, elle le coupe à nouveau.


-Vous avez des manières bien cavalières jeune homme. Ce n'est pas ainsi qu'on s'adresse à une jeune fille de mon rang!


-Premièrement, je ne te parle pas, deuxièmement, quand je te regarde je vois plus un croisement entre la dinde et la hyène qu'avec un membre de l'espèce humaine et troisièmement, ton rang, tu peux te le foutre au cul parce que j'en ai absolument rien à foutre. Donc, t'es gentille mais restes-en au concept du « sois belle et boucle la ».

Vexée et furieuse, elle rentre à nouveau dans l'appartement, faisant claquer la porte.


-Tu y as peut être été un peu fort, non ?


-Evan...s'il te plait dis moi que tout ça, c'est une blague. Dis moi où est la caméra, on se marre un bon coup et on oublie....dis moi que t'as pas fait ça !


-Je n'ai rien fait Romain. Ils se sont pointé et m'annoncent de but en blanc que j'ai une fiancée qui a le QI d'une huître. Je suis coincé avec eux, mais je te jure que ce n'est pas moi qui ai organisé tout ça.

Je respire un bon coup à la fois de soulagement et aussi pour tenter de ma calmer car malgré tout, je reste très en colère. Je ne sais plus trop contre qui...contre Evan, contre ses parents, contre l'autre dinde...je crois un peu tous en même temps.


-Tu vas l'envoyer balader, hein ?


Evan ne répond pas et baisse la tête, il semble triste...pire que ça, il semble résigné.


-Evan...je t'en prie...


-Arrête Romain. Tu crois que c'est facile pour moi? Mes parents m'ont mis le couteau sous la gorge. Ils estiment qu'ils m'ont laissé suffisamment de liberté comme ça et qu'il est temps de rentrer dans le droit chemin. Si je n'épouse pas cette fille ou que je ne leur en présente pas une autre d'ici peu, je serai renié ! Tu te rends comptes un peu de ce que ça signifie ?


Je lui attrape la main, tentant de ne pas perdre le contact.


-Tu n'as pas besoin d'eux, Evan. Tu as un boulot, un appart', tu es libre de faire ce que tu veux...


-Ce sont mes parents, Romain. Je les aime, je ne veux pas les perdre.


-Moi aussi tu m'as dit que tu m'aimais !


Un grand silence suit cette déclaration.


-Tu...tu m'avais entendu ?


Je hoche la tête. Je sens les larmes monter. Je suis arrivé trop tard, je vais perdre la partie.


-Je dormais pas complètement...je...je me suis demandé si c'était mon imagination, mais c'était bien toi.


Evan s'approche un peu et pose la main sur ma joue.


-Tu n'avais pas l'air particulièrement pour t'engager dans quelque chose de sérieux Romain et j'ai respecté ça. Mais aujourd'hui je dois choisir entre toi et eux. Et je voudrai que tu me répondes très sérieusement. Est-ce qu'on en vaut le coup ? Est-ce que notre histoire vaut la peine que je renie toute ma vie, que je renie mes parents ? Est-ce que tu es certain que tu ne te lasseras pas de moi dans quelques temps en me laissant alors tout seul...avec uniquement mon boulot et mon appart' ?


Mes larmes coulent toutes seules, et les siennes aussi. C'est la première fois que je le vois pleurer. Lui m'a déjà vu plusieurs fois et pourtant c'est moi qui jouais au gros dur... 


Je ne sais pas quoi répondre. Je ne suis plus sur de rien. Il a raison. Je ne peux pas lui demander de tout renier pour moi. Il vaut mieux, tellement mieux que moi, pourquoi je le priverai d'un avenir prometteur ? Est-ce que j'aurai les épaules assez larges pour assumer un tel sacrifice de sa part ? Est-ce que je pourrai lui offrir ce qu'il attend, ce qu'il mérite ?


Je secoue la tête doucement. Je me hausse sur la pointe des pieds et l'embrasse doucement, profitant peut être une dernière fois de ses lèvres si douces. Je fais durer un peu le baiser, voulant m'imprégner de lui avant de reprendre la parole.


-A ce stade tu es le seul à pouvoir choisir. Moi, la seule chose dont je sois certain, c'est....c'est mes....sentiments pour toi...


Je n'ose même pas soutenir son regarde en disant ces mots. Mais pourtant il faut que je lui dise. Il faut qu'il sache, pour avoir toutes les cartes en main. Alors je continue et me force à relever la tête. Il semble étonné mais ses yeux brillent.


-Putain Evan, je suis fou de toi ! Je suis tellement raide dingue de toi que ça me fout les boules. Je sais même pas dans quoi je m'engage. Jamais ça m'a fait ça avant. Mais pour une fois dans ma vie, si je suis bien sur d'une chose...c'est que nous deux, ça vaut le coup.


Sa main tremble dans la mienne et ses larmes ne se tarissent pas, bien au contraire. Il semble chercher à reprendre contenance avant de dire quoique ce soit. Mais la porte de l'appartement s'ouvre à nouveau, bien plus violemment cette fois. Le père d'Evan se tient face à moi, furieux. Il attrape son fils par le bras et le tire en arrière, je sens la main d'Evan s'arracher de la mienne.


-Non papa, je...


-Toi tu te tais, on réglera ça plus tard, quand TES invités seront partis. Quant à vous, dit il en s'adressant à moi, fichez le camps d'ici. Et ne revenez plus. Plus jamais. Sinon je vous jure que vous aurez des ennuis dans vous n'imaginez même pas les conséquences !


La porte se referme brutalement et manque de peu mon visage. J'entends Evan se disputer avec son père mais très rapidement, il est réduit au silence et les pas s'éloignent de la porte vers l'endroit où se trouvent ses parents...et sa fiancée.


J'ai l'impression que non seulement mon cœur est brisé en mille morceau mais que quelqu'un s'évertue à en piétiner les restes. Il ne s'est pas battu. Pas pour moi. Malgré tout ce que je viens de lui avouer, il a baissé les bras face à son père. A nouveau. Je suis arrivé trop tard, j'ai trop hésité et je l'ai perdu. Je manque de m'effondrer sur place, sur son paillasson gris devant la porte, mais un dernier sursaut d'orgueil me maintien debout et, je l'espère, tiendra jusqu'à chez moi. Je m'éloigne doucement, ne souhaitant pas regarder en arrière. Et je suis toujours en larmes. A nouveau.



*Petite dédicace à une certaine personne qui est fan de cette série et qui assume !!! lol

Voilà la suite d'Une petite parcelle de bonheur, j'espère qu'elle vous plait, elle est plus longue que d'habitude...mdr, je dis ça à chaque fois...j'écris des chapitres de plus en plus grands !!!
Oh fait, je vous ai pas dit ? Cette histoire touche à sa fin !!! Eh oui, sauf si idée lumineuse de ma part, nous devrons bientôt dire au revoir à Rom, Elisa, Evan, p'tite haricote et les autres...

Je vais probablement changer de site pour mes histoires. Mais comme je n'y connais rien, en informatique, je vais d'abord attendre de voir comment je peu faire pour tout déplacer (y compris les coms). Sinon je resterai là...bien malgré moi !

 

Sinon les plans de UPPDB et de Dependance sont finis. Je sais donc exactement ce qui va se passer pour chacune de ces histoires jusqu'au mot fin...lol...si ça interesse quelqu'un de savoir.....NON je déconne, vous verrez au fur et à mesure, noméo!!! lol

Bisous à toutes !!!

par Meryl - publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Samedi 6 décembre 2008
Depuis le début de ce blog, je ne vous demande pas grand chose. J'essaie juste de vous contenter en vous donnant un petit bout de moi à travers mes histoires sans prétention.
Mais aujourd'hui, je vais vous demander votre aide. En tant qu'auteur Yaoi, j'ai apposé en créant ce blog la mention "public majeur", pour éviter tout incident et pour éviter de heurter certaines personnes "égarées". Nous avons presque toutes agis comme cela. Aujourd'hui, notre "prévention" est récompensée en nous cataloguant parmis les sites de cul plus vulgaires les uns que les autres.
Je ne considère pas que mes histoires soient de la pornographie. Au pire il y a un peu d'érotisme dans certains chapitres, mais je fais en sorte de ne jamais être vulgaire ou choquante dans mes propos.
D'autres auteurs yaoi (Rhode, Yue, Natsuko, Utopi et d'autres viendront...) ont lancé un post pour tenter de rétablir leur "origine" à nos blogs et si vous aimez nos hitoires, je vous demande de donner votre avis sur le sujet.
Merci d'avance pour votre soutien.
Voici le mot à faire circuler ainsi que le lien:



Vous voulez nous aider, nous soutenir? Auteurs ou non, laissez vos impressions, sur le forum d'Over-blog, venez nous aider à faire exploser le nombre de réponse, prenez la défense de ceux qui écrivent pour vous. Nous ne vous avons jamais rien fait payer, aujourd'hui nous vous demandons un service. Merci a vous.

C'est ICI : http://forum.erog.fr/thread-2635910.html

par Meryl - publié dans : Petits potins
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Dimanche 23 novembre 2008

Ta la la laaaaaaaaaa !!!!!!!! Hum...pardon. Donc comme promis, la suite de Dépendance. En fait pour être honnête, ce chapitre est quasiment fini depuis plus de 15 jours, il manquait juste la dernière partie. Mais les évènements m'ont un peu dépassé, j'ai eu pas mal de trucs à faire !!! Et donc je n'ai pu finir que maintenant. J'espère que ça vous plaira. Je dédie ce chapitre à toutes celles qui commençaient à désespérer de me voir poster une suite un jour...(n'est-ce pas Styara ?!! XD )



ALIX


Il sera ma perte. Je le sais depuis le moment où je l'ai vu. Parce qu'il est trop semblable, parce que je suis trop faible. Il est ma damnation. Je l'ai vu face à l'entrée du centre, affichant un air déterminé mais effrayé. Je savais que je ne devais pas m'en mêler alors je suis resté à l'écart, mais quand je l'ai vu reculer d'un pas et s'apprêter à prendre la fuite, comme tant d'autres avant lui, j'ai baissé les bras et je suis intervenu. Signant ainsi ma défaite face au destin, me lançant tête baissée dans la gueule du loup.


-Je peux vous aider ?


Il m'a regardé d'un air surpris mais rapidement a remis son masque. Mais il m'a tout de même suivi, a répondu à mes questions et s'est laissé entraîner. Il était perdu, bien sur...ils le sont tous. Lui aussi l'était ! Pourtant il semblait vouloir s'accrocher à tout prix. Cette attitude m'a plu, finalement il n'était pas exactement le même. Plus de volonté, une soif de s'en sortir et de vivre évidente...J'ai eu du mal à le laisser seul, mais je n'ai pas eu le choix. Il n'est pas le seul résident à avoir besoin de mon aide. Et puis, je crois qu'il avait besoin d'être un peu seul.

Au repas il s'est fait tester. Comme tous les nouveaux, mais je n'étais pas inquiet, la suite m'a donné raison, il s'en est sorti avec brio. Quand je suis rentré chez moi ce soir là, je me suis senti seul. J'ai l'habitude d'être seul, mais cette fois-ci a été plus pesante que d'habitude...et je sais que c'est à cause de lui ! Et je m'en veux pour ça, je n'ai pas le droit. Pourtant il me plait....bien sur qu'il me plait, c'est indéniable. Il lui ressemble tellement. Pendant un moment je me suis demandé si ce n'était pas lui qui était revenu, puis la réalité a refait surface et j'ai pu noter leurs différences.


Quand ils m'ont appeler au milieu de la nuit, j'ai paniqué, comma à chaque fois. Je déteste qu'on m'appelle comme ça, trop de mauvais souvenirs sont à liés à ces réveils en panique. C'était lui. Jeremy...non, Tyler, il préfère, je respecte. Je ne connais pas encore son histoire mais je me suis déjà promis de l'apprendre tout en m'interdisant de m'attacher à lui. Plutôt paradoxales comme décisions. Je l'ai retrouvé juste après une crise de manque. Heureusement les calmants faisaient déjà effet, malgré l'habitude, j'ai encore beaucoup de difficultés à voir toutes ces réactions physiques d'un corps réclamant sa dose. Les spasmes, les cris, les larmes, j'en ai vu bien assez comme ça. Encore une fois les souvenirs m'assaillent, tentant encore une fois de reprendre le dessus, je les chasse rapidement, ça aussi, j'ai apprit à gérer.


Je déteste ce boulot. Pourquoi je continue ? Parce que j'ai promis, parce que j'ai besoin, parce que c'est tout ce que je sais faire. Mais surtout parce que peut importe combien je le déteste, avant tout je l'aime. J'aime apporter mon aide et mon soutient. J'aime me sentir utile, j'aime voir l'espoir renaître dans les yeux de ces gens à qui la vie à tout pris et qui n'attendent plus rien de personne. J'aime voir un homme ou une femme prendre un nouveau départ en me disant que quelque part dans son parcours, j'ai participé à sa réussite. Je suis fier de recevoir des lettres d'ancien pensionnaires me racontant leur travail, leurs retrouvailles, leur vie de famille, toutes ces choses auxquelles ils ne pensaient jamais avoir droit. Oui, j'aime mon travail. Comment puis-je penser une seule minute que je le déteste. Je crois surtout que c'est moi que je déteste.


Aujourd'hui j'ai revu Tyler. Il semble aller pas trop mal. Il prend ses marques doucement. Je l'ai vu parler à la jeune Emilie. Elle est notre plus jeune pensionnaire. Je crois qu'elle ne restera pas longtemps. Elle n'est pas là par choix, elle n'a pas cette volonté farouche de s'en sortir. Elle sera vite sevrée ça c'est sur...ça ne fait pas si longtemps qu'elle se drogue. Mais à peine dehors elle replongera, j'en suis quasiment certain. Avec les années, on finit par repérer ceux qui reviendront nous voir et ceux qui s'en sortiront. Je l'ai envoyé à son rendez-vous hebdomadaire chez le psy de l'établissement. Il n'est pas là depuis très longtemps, il a pris la suite du Dr Franck qui a pris une retraite bien méritée. Mais lui, le docteur Kirst, je ne le sens pas. Ce type ne m'inspire rien de bon. Les conditions de son acceptation au seins de l'équipe sont plus que floues, je suis sur que c'est une histoire de piston. Mais je ne comprends pas pourquoi il est là. D'ailleurs je ne comprends même pas pourquoi il a choisi ce job. Il semble n'aimer personne et surtout pas les résidents, ceux qui ont le plus besoin de soutien. Il dénigre non seulement les résidents mais aussi l'équipe entière, personne ne semble être digne de lui, à ses yeux. Il ne parle à personne sauf pour dénigrer, juger...il commence à semer la zizanie dans une équipe qui jusque la se serait les coudes à cent pour cent. Ses remarques sont acerbes, méchantes, cinglantes...et on ne sait pas pourquoi. Personne ne lui parle plus, mais les résidents, eux, n'ont pas le choix. Ca fait partie du contrat. Personne ne s'est encore plaint...mais des rumeurs courent...je ne sais pas trop ce qui se passe, mais ça m'inquiète. Le taux de réussite depuis son arrivée est en chute constante...mais c'est peut être juste une coïncidence. Après tout, il y a toujours eu des hauts et des bas avec les chiffres. Je ne veux pas juger, ça ne me ressemble pas...alors pourquoi j'ai ce sentiment de malaise et cette impression de danger quand il est dans les environs ?

J'ai voulu voir Tyler à la sortie de sa séance, mais je l'ai raté. Depuis je crois bien qu'il me fuit. Mais la encore, ce n'est peut être qu'une illusion de ma part. J'ai remarqué également qu'il mangeait très peu. Pas étonnant pour un drogué. Enfin, un ex drogué. Même si je sais qu'en s'estompant les sensations de manque laisseront place à un plus grand appétit, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter. Il faut qu'il se nourrisse convenablement s'il veut avoir assez de force pour lutter. Il n'est pas bien épais.


Je dois arrêter de penser à lui. Je ne dois pas m'impliquer de trop dans cette relation avec lui, il est un résident, un patient comme les autres et c'est tout. Je ne dois pas chercher plus, ça ne serait bon ni pour lui, ni pour moi. Et tout en prenant cette décision, je sais déjà qu'elle me sera impossible à tenir.



TYLER


Je sors du bureau anéanti. Dans quel merdier je viens de me fourrer ? Ce type me dégoûte et pourtant je sais déjà que je suis coincé. Ma seule chance de m'en sortir et de rester ici, mais si je veux rester, je vais devoir faire les quatre volontés de ce.... J'enrage !!! J'ai besoin d'air, je sors. En passant la porte, je percute quelqu'un et me retrouve par terre, c'est bien mon jour ! C'est Jordan, il est seul et étonnement il me tend la main pour me relever.


-Ben alors, vieux, ça va pas ?


-Si, si, ça va.


-T'es sur de ça ?


J'hésite un instant. Il est là depuis un petit moment, il doit sûrement savoir tout un tas de choses sur ce centre...et ceux qui y bossent.


-Oui, ça va...merci.


Il hausse les épaules et s'en va. Je ne suis pas sur d'avoir fait le bon choix. Après tout, pour le moment, le psy ne m'a rien fait...ce ne sont peut être que des menaces en l'air, pour asseoir sa supériorité.
Je m'assois sur les marches et sors une cigarette de son paquet. En l'allumant, je sens quelqu'un s'installer à côté de moi. C'est le petit blond de la bande à Jordan.


-On t'appelle le criquet, c'est bien ça ?


-Oui.


-J'ai connu quelqu'un qui s'appelait comme ça aussi. C'était un bon ami à moi.


-C'est mon frère.


Je sursaute très surpris de cette révélation. Je savais que le criquet premier du nom avait un frère mais je ne savais pas qu'il était drogué. Au contraire.


-C'est vrai ?


-Oui. Il ne t'a jamais parlé de moi ?


Je sens la tristesse dans sa voix.


-Si, il me disait que contrairement à lui, tu continuais tes études et d'ailleurs que tu t'en sortais plutôt pas mal. Il était très fier de te voir réussir, c'est pour ça que je sui surpris de te retrouver ici.


Il baisse la tête.


-Je sais. Je voulais juste....j'ai cherché à comprendre comment mon frère avait pu perdre la vie aussi stupidement...alors j'ai marché sur ses pas...et j'ai compris...mais je crois bien m'être un peu égaré en route...Dès que je me suis rendu compte qu'en suivant son chemin j'aurai la même fin je suis venu ici...je ne veux pas mourir.


-...


-Tu le connaissais vraiment bien mon frère ?


-Autant qu'on peut se connaître entre camés. Il a toujours été une sorte de modèle à suivre pour moi.


-Pourtant il se droguait aussi !


-Oui, mais contrairement aux autres, il était bien conscient de tout ce qui l'entourait. Il ne prétendait pas pouvoir s'en sortir à tout moment. Il savait dans quelle merde il était et savait les efforts que représentaient un éventuel sevrage. Je crois qu'il voulait s'en sortir...


-Ca ne l'a pas empêché de s'injecter une dose tellement forte qu'il en a clamsé !


-Ce n'est pas la quantité de came qui l'a tué, c'est la qualité.


-Qu'est-ce que tu en sais ?


-Je t'ai dit que je le connaissais. Il aimait trop la vie pour mourir. Il t'aimait trop toi.


-C'est pour ça qu'il n'est plus revenu me voir les trois dernières années de sa vie ? Parce qu'il m'aimait trop ?


Malgré son ton agressif, je vois bien la souffrance qui l'habite ?


-Il n'est pas revenu pour ne pas que tu le vois dans cet état, il voulait que tu gardes l'image du grand frère qu'il avait été. J'ai perdu énormément d'amis dans les mêmes conditions que ton frère et parmi tous ceux la, un seul me fait douter que ce soit un suicide et non un accident et ce n'était certainement pas ton frère. Je te dis la vérité, t'es pas obligé de me croire.


Mon ton ne lui laisse pas le choix, la discussion est close.


-Dis moi, le criquet, c'est quoi ton prénom ?


-C'est vraiment important ?


Je laisse un sourire flotter sur mon visage.


-Non, ça ne l'est pas. Je peux te poser une question ?


-Oui.


-Tu es déjà allé chez le psy ici ?


Je le sens se raidir à côté de moi.


-Comme tout le monde. C'est obligatoire.


-Et...ça se passe bien ?


-Qu'est-ce que tu veux dire ?


-Je sais pas. Je viens d'aller le voir et...disons que je ne le sens pas du tout.


Il baisse la tête.


-J'ai pas envie d'en parler.


-Ok...


Je finis ma cigarette tranquillement. Si j'avais encore un doute, je sais maintenant que ce type est un pourri et qu'il agit ici en toute impunité. En venant ici je cherchais à me libérer et je me sens oppressé par un nouveau danger. Il va falloir que je me démerde pour trouver une solution...et vite.


-Tu as un frère, toi ?


Sa question me déroute un peu. Je sais qu'il a à peu près mon âge et pourtant il a gardé des traits enfantins. Seuls ses yeux sont témoins de ses souffrances passées, présentes et sans aucun doute, futures. Jusqu'où puis-je me confier à ce jeune homme que je connais à peine ?


-Oui, j'en ai un.


-Tu le vois souvent ?


-Non.


-Ok. Je dois y aller, je te laisse. A plus tard.


-Ouais, salut !


J'écrase le mégot par terre. Un coup d'œil sur ma montre, il est près de seize heures. C'est bientôt l'heure de mon petit moment familial. Si j'osais...oh et puis j'ose. Après tout, Alix m'a bien prévenu, je suis libre, je dois juste être rentré pour le dîner. C'est décidé, je me lève et je pars.


Ca y'est j'y suis, caché derrière mon arbre, j'entends la sonnerie stridente, c'était tout juste ; un peu plus et je ratais la sortie. Les petites têtes sortent pour la plupart en courant et retrouvent les bras protecteurs de leurs parents. Je le vois sortir doucement. Il semble plonger en plein discussion avec un camarade à lui, bras dessus bras dessous. Je me demande ce qu'en penserai son père s'il le voyait ainsi...mais ça n'a aucune importance, son père n'est jamais venu le chercher à l'école. Sa mère est là par contre. Cachée sous ses lunettes de soleil...a-t-elle encore pleuré ? Elle semble fouiller les environs du regard à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un...de moi ? Je me cale un peu plus contre le tronc, cherchant à être le moins visible possible ? Je ne veux surtout pas revivre une scène comme la dernière fois. Tristan finit par retrouver sa mère et ils s'éloignent tous les deux main dans la main. Au coin de la rue, Tristan relève la tête et me fixe de ses grands yeux verts, si semblables à ceux de sa mère...si semblables aux miens ! Je crains un instant qu'il n'alerte sa mère de ma présence, mais sa bouche reste close. Il ne fait que me dévisager jusqu'à ce que le mur lui coupe la vue. Je reste un petit moment seul à regarder cet angle ou il a disparu. Je commence à trop m'attacher à ce petit à force de venir ici presque tous les jours. Il faut que je ralentisse mes « visites », ça sera bien mieux pour tout le monde.


Je viens de rentrer au centre et il fait bientôt nuit, on voit que l'automne est là, les journées raccourcissent ! Je n'aime pas l'hiver. C'est trop sombre, trop froid... Quelqu'un vient à ma rencontre, Jordan. Nous nous rendons au réfectoire ensemble et le repas se passe plutôt calmement. Il me raccompagne à ma chambre et je me rends compte que je n'ai pas vraiment envie qu'il parte.


-Ca va pas ? me demande-t-il.


-Si, si...c'est juste que...


-...oui ?


-Je suppose que t'ai déjà au courant, mais j'ai fait une crise la nuit dernière. Je m'y attendais pas, c'était la première fois que ça me le faisait après un laps de temps si long....et j'ai un peu...peur que ça recommence...

-J'ai une bouteille dans ma chambre si tu veux, je peux aller la chercher et on continuera à discuter un peu, ça peut être sympa, non ?


-C'est autorisé ça ?


-Hum, pas vraiment. Mais je ne suis pas ici pour un soucis d'alcool, donc les éducs ferment un peu les yeux. Tant que je finis pas complètement beurré, ça passe.


J'acquiesce en souriant. Je lui suis reconnaissant de ne pas me laisser seul avec mes doutes. J'ai vraiment la trouille de retomber dans cette sorte de transe malsaine et douloureuse que sont les périodes de crise. Je m'installe assis sur mon lit, le dos contre le mur en l'attendant et quand il revient, il s'installe à mes côtés. Il boit une longue rasade au goulot et me tend la bouteille. Je l'imite et je sens le liquide couler, brûler ma gorge et réchauffer mon corps tandis que mes yeux me piquent. Une toux me prend et Jordan me regarde avec un petit sourire moqueur.


-Tu n'as pas l'habitude apparemment !


-Non pas trop...mais c'est pas grave, ça fait du bien.


Je lui repasse la bouteille et il prend une deuxième gorgée, un peu moins importante que la première. Un silence agréable s'installe coupé par le bruit du liquide dans la bouteille.


-Tu es là depuis longtemps ? je demande soudain.


-Bientôt deux mois.


-Ca faisait longtemps que tu....


-Que je me droguais ?


Je baisse la tête et rougie légèrement sans trop savoir si c'est pour avoir posé une question aussi intime ou bien l'alcool qui commence à monter.


-Oui.


-Quelques années.


-C'est arrivé comment ?


-Tu es bien curieux dis moi.


-Désolé.


Il soupire et boit une nouvelle gorgée.


-Si je te raconte mon histoire, il faudra que tu me racontes la tienne.


Il se reprend en me sentant me raidir.


-T'en fais pas, je veux pas les détails, ni que tu remontes à l'an quarante. Juste savoir en gros comment tu es arrivé là.


Je hoche doucement la tête. Et j'attrape la bouteille, il va me falloir un peu d'aide si je veux parler un peu.


-Pour moi c'est un parcours plutôt banal...voire même complètement pathétique si on y réfléchit bien. J'étais un petit gosse de riche, pourri gâté qui trouvait que sa vie manquait de piquants. Et un soir, dans une des soirées comme seule la jeunesse bourgeoise peut en faire, c'est à dire, des orgies ou l'alcool et la drogue coulent à flot, ceux que j'appelais mes amis m'ont proposé un petit cachet magique pour oublier ce qu'était ma morne petite existence. Et effectivement, ça a été magique. Une nuit comme j'en ai rarement connu. Je ne me souviens pas de grand chose, juste d'un perpétuel feu d'artifice en moi et une nuit entière de baise avec je ne sais combien de personnes. Et un bien être indescriptible....je suppose que tu sais ce que c'est...


Je hoche la tête, ne voulant surtout pas le couper dans ses explications.


-Ca aurait pu s'arrêter là. Mais j'étais très con. J'en voulais toujours plus. Alors j'ai recommencé, encore, des soirées entières à m'envoyer en l'air avec n'importe qui, les journées à tenter de me rappeler ce que j'avais fait...et puis les défonces de soirées n'étaient plus suffisantes, je ressentais des envies impérieuses de me défoncer à tout moment. C'est à ce moment, je crois, que j'ai eu peur. Mais il était déjà trop tard et petit à petit je me suis enfoncé dans un merdier indescriptible. J'ai eu quand même un sursaut d'intelligence en arrêtant d'aller aux soirées. Quant un pote à moi a été déclaré séropositif, j'ai eu la révélation du siècle, c'est qu'à sûrement aucun moment de mes partouzes je n'avais du me protéger. Donc j'ai continué à me shooter, mais sans les parties de baises.


-Mais...tu as dit que tu étais riche...tes parents ne t'ont pas aidé ?


-Au contraire, ils ont tout fait pour moi, mais sûrement de la pire des façons. Ils m'ont couvert, me faisant éviter tous les ennuis, que ce soit avec la police ou l'entourage. Et j'ai donc pu continuer mes conneries, j'avais les parents derrière moi qui payaient toutes mes cautions et qui me fournissaient des alibis. J'avais bien sur droit aux leçons de moral, mais tu penses que ça me passer bien au dessus...Et puis un jour ils en ont eu marre, et ils ont sans doute fait la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Ils m'ont laissé tombé.


Je me redresse brusquement à ces mots.


-Comment tu peux dire une chose pareille ? Tu avais besoin d'eux et ils t'ont laissé tombé et tu dis que c'était la meilleure chose à faire !! Mais tu délires !


-Calme toi, laisse moi t'expliquer. J'étais un vrai connard, Tyler. Je me savais protégé de tout et j'en profitai allègrement. Je me pensais au dessus des lois, au dessus de tout...Du jour au lendemain, je me suis retrouvé sans rien et même si ça a été brutal ça m'a permit de comprendre la personne que j'étais devenu. Mais je sais que mes parents sont là à m'attendre, ma chambre m'attendra jusqu'au jour où je sortirai d'ici et je peu te dire que je veux que ça arrive le plus tôt possible. Ils ne m'ont pas réellement abandonné, ils m'ont poussé à reprendre ma vie en main et à enfin devenir quelqu'un. Sans eux je serai probablement déjà mort, ils m'ont sauvé la vie !


Je secoue la tête vivement. Comment peu-t-il être reconnaissant d'avoir été rejeté ? Voyant ma réaction, il reprend.


-Il semblerait que nous n'ayons pas le même avis sur le sujet. Mais t'en fais pas pour moi, je sais ce que je leur dois et ce que je dois faire pour les retrouver. A ton tour, maintenant. Comment es-tu arrivé là ?


Je reprend une gorgée d'alcool qui commence à me monter légèrement à la tête.


-C'est compliqué...


-J'ai tout mon temps.


-Je vis avec Riley, mon copain, dans la rue depuis un moment déjà, c'est lui qui m'a aidé à surmonter...pas mal de choses. Mais disons que j'en pouvais plus de cette vie et que toutes mes tentatives pour arrêter la drogue jusque là ont été vaines. Alors il a bien fallut que je prenne le taureau par les cornes et que je me décide à venir ici.


-Humm....alors t'as un copain ?


-Hein ? Euh...oui


-Oh...ça risque d'être embêtant pour moi, ça. dit-il en se tournant sur le côté.


-Pourq....ooh....


Je ne rêve pas, Jordan est bien en train de me faire du rentre dedans ! Ca y'est je pique un fard. J'attrape la bouteille qu'il avait reprit et je décide de passer ma nervosité en la vidant le plus rapidement possible. Mes projets sont malheureusement chamboulés par la main de Jordan qui me voyant faire, reprend la bouteille et la pose par terre. Lorsqu'il se tourne à nouveau vers moi, je n'ose pas le regarder, et je suis de toutes manières bien trop occupé à contrôler mon corps qui semble plus que chaud, c'est le cas de le dire, pour un petit extra. J'aurai pas du boire autant car quand Jordan me fait pencher la tête vers lui et que ses lèvres se rapprochent inexorablement des miennes, je n'esquisse pas un mouvement. Un douloureux combat s'engage alors entre mon cœur qui me crie que j'appartiens déjà à un autre et mon bas-ventre qui pour le moment n'en a visiblement rien à faire et souhaite juste être soulagé de ce désir qui enfle. Ma tête, elle a complètement décroché après la dernière gorgée que j'ai prise. Le temps que je prenne réellement conscience des évènements, je sens mon cœur flancher et le frôlement des ses lèvres fait réagir les miennes. Et alors que je m'apprête à répondre à son baiser, trois coups brefs sont frappées à ma porte. Aussitôt, mon cerveau se trouve reconnecté, je repousse Jordan et saute presque littéralement du lit pour m'éloigner. Je tente vainement de reprendre mes esprits avant de pouvoir ouvrir la porte. Jordan, très zen, se lève, ramasse sa bouteille et me claque une bise sur la joue avant d'ouvrir la porte et de s'éloigner. Devant la porte, Le Criquet junior qui se tripote les doigts nerveusement.


-Je suis désolé, je te dérange.


-...Non, pas du tout, j'avais besoin d'un peu de compagnie, on discutait.


Excuse peut crédible, mais il ne relève pas.


-Tu voulais me voir ?


-Oui. Je peux entrer ?


-Bien sur.


Je m'écarte et referme la porte derrière lui.


-Installe toi.


Il s'assied sur le bord du lit, toujours mal à l'aise.


-Alors, tu voulais me dire quoi ?


-J'ai pas mal réfléchi à ce que tu m'as dit tout à l'heure.


-....


-A propos du docteur Kirst.


Tout de suite, ma curiosité est titillée. Peut être vais-je enfin en savoir un peu plus.


-J'ai...un ami, qui m'a...enfin qui m'a dit que le docteur le forçait à...faire des trucs avec lui.


Il fixe le sol, n'osant plus relever les yeux vers moi. La bonne nouvelle, c'est que si je ne suis pas le seul à subir les assauts de ce pervers, je peux peut être trouver une issue. La mauvaise c'est que j'ai peur de ce que cette phrase peut impliquer dans la bouche du criquet.


-Dis moi, cet ami...est-ce que c'est toi ?


Il relève la tête brusquement.


-Est-ce que ce type t'a fait du mal ?


-Non ! Je t'assure que non, c'est vraiment un ami. Je lui ai dit de venir t'en parler mais il n'a pas voulu. Je...j'aurai pas du venir, j'ai promis de rien dire, mais quand tu m'en as parlé tout à l'heure....je sais pas... je me suis dit que peut être toi aussi...


-Tu as bien fait ! Ne t'en fait pas pour moi, il ne m'a encore rien fait. Mais j'ai bien peur que ma tranquillité ne soit pas de longue durée. C'est pour ça que je voulais savoir. Si je ne suis pas le seul, on pourra peut être se défendre. Pourquoi personne ne dit rien ?


-Je crois...je n'en suis pas sure. Mais je crois qu'il ne s'attaque qu'au gens qui ont un lourd secret...comme ça il peut les faire chanter...mais ce n'est que mon avis. En tout cas, toutes les personnes qui je connais qui le faisaient ne voulaient pas parler parce qu'elles disaient qu'il les « tenait »...alors j'en ai déduit ça.


-Ca se tient.


-Tu as un secret ?


Je souris doucement.


-Oui. Mais qui n'en a pas, hein ?


-...tu ne me le diras pas, n'est-ce pas ?


-Non. Pas pour le moment en tout cas. Un jour peut être.


Il hoche la tête.


-Bon, je vais te laisser. Bonne nuit.


-Oui, bonne nuit. Merci d'être venu.


Une fois seul dans ma chambre, la fatigue me tombe dessus d'un seul coup et l'effet de l'alcool qui s'était dissipé avec les révélations du Criquet revient brutalement. J'ai besoin de sommeil. Je me change et m'allonge. Une fois couché, le remord m'assaille. J'étais à deux doigts d'embrasser Jordan. Qui sait ce qui aurait pu se passer si Le Criquet n'était pas venu frapper à ce moment la ? Est-ce que j'aurai pu coucher avec lui ? Est-ce que j'étais prêt à tromper Riley après seulement quelques jours d'éloignements ? Mon corps est-il à ce point dépendant de sexe que je suis prêt à trahir l'homme que j'aime ? Non, c'est absurde. J'aime Riley, de tout mon cœur. Ce n'était qu'une pulsion, un désir soudain poussé par l'alcool et la proximité. Une chose est sure, je mettrai les choses au point avec Jordan demain. Mon cœur est prit.

Je soupire longuement, le combat pour m'en sortir est loin d'être gagné. Et les épreuves semblent plus nombreuses que prévu. Finalement je me sens doucement partir pour une nuit complète. La première depuis longtemps.

par Meryl - publié dans : Dépendance
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Dimanche 23 novembre 2008

Je viens de m'apercevoir que j'ai oublié l'anniversaire de ce blog...lol

Non pas que ce soit important, mais quand même, 1 an, ça se fête!!!

Donc le 13 octobre (eh ouais je suis grave à la bourre), ça faisait un an que ce blog était crée, sans grande conviction....et pourtant aujourd'hui, il est encore là!

Merci à vous pour vos passages, pour vos messages, pour vos encouragements....vousne savez pas à quel point ça peut être motivant pour un auteur!!! Merci aussi à ceux qui sont encore là malgré une longue absence et des périodes de perte de motivation...

J'espère vraiment que ce que j'écris vous plais et que ce qui viendra sera à la hauteur de vos attentes. Ne vous inquietez pas, je ne suis pas dans une autgre période de vide, le prochain chapitre de dépendance arrive très prochainement (il est quasiment fini depuis 15 jours, il manquait juste quelques paragraphes, mais le temps m'a prit de court... et donc je le finis aujourd'hui). Les prochaines fics sont prêtes à être pondues sans attendre, mais je me retiens, pour ne pas avoir trop de choses en même temps...lol, mais les idées sont là, elles bouillonnent, elles fusionnent....


Alors encore merci à vous et à très bientôt!!!

Bisous

par Meryl - publié dans : Petits potins
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Vendredi 17 octobre 2008
Hmmm...vous êtes toujours là?
Oui, je sais c'est inadmissible de faire attendre les gens comme ça...
Pour me faire pardonner, je vous ai fait un petit OS...enfin petit....d'habitude je pars du principe que mes OS fassent environ 6 pages word...celui la en fait 19....lol...après tout est relatif!!!

Bon pour ceux que ça interesse, j'ai réussi mes examens de ratrapage et donc je suis passée en deuxième année...c'est une des raisons de mon retard...la marche est haute entre ls deux années et il y a beaucoup de boulot. Je ne serai donc pas hyper présente...

J'ai eu plusieurs interrogation  propos de mes fics, mais je n'abandonne rien du tout. Je continue, j'aime toujours autant, les idées sont là, la motivation...fait des vas et viens, mais finit toujours par revenir...lol. Bref, Je suis désolée pour l'attente, mais en aucun cas je n'abandonne ce blog.

Je vous souhaite une très bonne journée. La prochaine mise à jour devrait être celle de Dépendance...mais je ne pourrais pas vous dire quand. J'espère bientôt!

Merci à ceux qui sont encore là.
Bisous
par Meryl - publié dans : Petits potins
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