Bonjour à tous, bonjours à toutes !
Voici le nouveau chapitre de Dépendance. En espérant qu'il vous plaise !
Ensuite, merci à celles qui ont cherché, mais j'a retrouvé la fiction que je cherchais et malheureusement pour moi, elle en est toujours au même stade (frustration quand tu nous tiens !!!). Si certaines d'entre vous veulent la lire, le titre c'est Au placard et c'est écrit par Babydracky. Voici le lien : http://www.fanfiction.net/s/1781984/1/Au_placard
Enfin, je ne sais plus si je vous en ai déjà parlé, mais une nouvelle histoire est en cours d'écriture. Le chapitre 1 est prêt, le deuxième est en cours. Il me manque le titre (comme d'hab, quoi !) C'est une histoire qui, si tout se déroule comme prévu, se déroulera en trois partie et sera composée de 16 chapitres. Si j'arrive à bien écrire ce que j'ai dans la tête, j'espère pouvoir vous offrir un truc pas mal... Je ne sais pas quand je vais commencer à poster...
Merci à tous et toutes pour vos commentaires, j'adore les lire. Je suis heureuse que mes histoires vous plaisent et vos p'tits mots me touchent souvent beaucoup ! Donc merci à vous d'être toujours là.
Bisous, Meryl.
Les jours passent et se ressemblent au centre. Nous ne sommes toujours pas passés à l'action. J'ai l'impression que la peur nous cloue sur place, l'un comme l'autre. Nous n'en parlons pas, et même si nous le faisions, je crois que jamais Jordan ne reconnaîtrait appréhender autant que moi. Finalement nous avons décidé que étant le plus petit, je resterai dans le bureau, caché à attendre que les « patients » arrivent. Jordan attendra dehors, prêt à intervenir à la moindre alerte, quitte à foutre le plan par terre. Il me l'a promis, il ne quittera pas son poste. Alors nous attendons, guettant le bon moment pour agir, tout en repoussant chaque occasion pour n'importe quel prétexte, aussi bidon les uns que les autres : un cours à finir, un rendez-vous avec Alix, un mauvais pressentiment...
L'hiver est bien là, à présent. Les flocons tombent abondamment depuis plusieurs jours, recouvrant la ville d'une fine couche blanche, qui sera bientôt transformée en mélange boueux sous les pas des passants et les roues des voitures. Le jardin du centre est particulièrement attrayant, et l'idée que les fêtes se rapprochent pourrait presque me faire plaisir, si je ne détestais pas autant cette période.
-Tyler, tu es avec moi ?
Je sursaute légèrement, m'arrachant à la contemplation de l'extérieur, par la fenêtre du bureau d'Alix.
-Oui, désolé. Tu disais quoi ?
Un petit sourire amusé s'étira sur les lèvres de mon référent.
-Je te demandais quel était ton bilan pour le moment, mais si tu préfères, on peut parler de la neige qui tombe...
-Non...non, ça va aller...
-Alors ?
-Alors quoi ?
Alix semble hésiter entre l'amusement et le désespoir.
-Ton bilan depuis ton arrivée au centre ?
-Euh....
J'ai déjà fait deux crises plutôt violentes, j'ai subi les avances, les menaces et une fellation forcée de mon psy, je me pose des questions sur mon avenir, des questions sur mon petit copain, petit copain que j'ai par trois fois failli tromper avec un type aussi paumé que moi, j'ai passé une épreuve d'acceptation par ce même type et sa bande, je suis sur le point de mettre à exécution un plan dans le but de virer le type qui fait de ma vie ici un enfer et je me suis surpris à penser à mon référent dans des rêves pas vraiment catholiques....
-Ca va.
-C'est tout ?
-Ben...qu'est-ce que tu veux savoir ?
Alix soupire exagérément.
-Bon, ok. Laisse tomber, c'est pas grave...Est-ce que tu voudrais me parler de quelque chose en particulier ?
-J'aimerai que tu me parles de Stéphane.
La brusque contraction de sa mâchoire me prouve ce que je savais déjà : mauvaise idée. Cependant, la douleur remplace rapidement la colère dans ses yeux et lorsqu'il prend la parole, elle est dénuée d'agressivité.
-Je n'ai rien à dire là dessus.
-Moi je crois que ça te ferai du bien.
-Ecoute, Tyler, tu sais déjà tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet. Alors s'il te plait, ne remue pas le couteau dans la plaie. Nous sommes ici pour parler de toi.
Je hoche la tête doucement.
-Désolé.
-Ca n'a pas d'importance.
Je me retiens de dire qu'au vu de sa réaction, ça doit en avoir beaucoup pour lui. Je décide de changer de sujet. Et aussi stupide que cela puisse paraître mes yeux retombent sur le manteau blanc qui recouvre le jardin.
-Tu sais, je n'aime pas l'hiver.
-Pourquoi ?
Je laisse échapper, malgré moi, un petit rire cynique.
-C'est une longue histoire.
Un léger silence ponctue ma phrase.
-Tu veux m'en parler ?
Je secoue la tête négativement.
-Tu veux changer de référent ?
Je fixe mes yeux dans les siens. Une sourde angoisse me prenant brusquement aux tripes.
-Pourquoi je ferai ça ? Tu ne veux plus de moi ?
Je rougis lorsque je comprends le double sens que ma question peut avoir, mais mes yeux restent ancrés dans les siens. Sa réponse est trop importante à mes yeux.
-Ne te méprends pas. Je...j'aime beaucoup travailler avec toi, mais compte tenu de ce que je t'ai dit l'autre jour, je comprendrai que tu ne veuilles pas....enfin je vois bien que tu ne veux pas me parler, mais c'est nécessaire à ton processus de guérison. Donc si tu ne veux plus de moi comme référent, tu peux parfaitement demander à en changer.
Je reste pensif un instant, Alix semble maintenant aussi gêné que moi. Mais nos yeux ne se quittent pas pour autant. Je me redresse sur ma chaise pour poser mes coudes sur le bureau, adoptant la même position que lui et rapprochant donc ma tête de la sienne.
-Je ne veux pas parler de mon passé, ni de la raison de ma présence ici. Je ne....je ne suis pas prêt pour ça, ok ?! Mais quand ça sera le cas, tu seras....le seul...que j'aurai envie de venir voir.
Alix hoche la tête et s'apprête à répondre quelque chose lorsque des coups sont tapés à la porte. Alix lève les yeux au ciel, et semble énervé d'être coupé.
-Quoi ?
La porte s'entrouvre et la tête de Jordan apparaît, il nous observe un instant et je me rends compte que nous sommes toujours accoudés l'un en face de l'autre, nos têtes à une dizaine de centimètres l'un de l'autre. Je me redresse alors sur ma chaise, tentant d'ordonner à mes joues de ne pas se colorer, sans grand succès. Jordan me regarde et me lance un petit sourire ironique.
-Tu veux quelque chose Jordan ?
Mon ami se concentre à nouveau sur Alix.
-Il faut que Tyler vienne avec moi.
-Qui le demande ?
-C'est moi.
-Nous sommes en entretien.
-C'est urgent....et personnel, rajoute Jordan en voyant qu'Alix cherche des explications.
-C'est bon, Alix, j'y vais. Je reviendrai plus tard.
Je me lève et sort avec Jordan en faisant un petit signe de la main à Alix qui me répond par un mouvement de tête. Il ne semble pas vraiment ravi. Les paroles de Jordan résonne alors dans ma tête « si tu veux mon avis, je ne suis pas le seul...je pense que notre éducateur te trouve, lui aussi, très à son goût » Ce pourrait-il que ce soit vrai ? Ce pourrait-il que mes récents fantasmes prennent forme ? Je me fustige mentalement pour penser à de tels propos alors que dans mon esprit, le visage de Riley s'impose brutalement. Un coup de coude de Jordan dans mes côtes me sort de mes pensées.
-Eh bien, ça a l'air de bien avancer avec Alix !
-Quoi ? De quoi tu parles ?
-Te fous pas de moi ! J'ai rarement vu une telle tension sexuelle entre deux personnes !
-Tu dis n'importe quoi, y'avait rien de tel.
-Arrête, on aurait dit que vous vous faisiez l'amour avec les yeux. Si j'étais arrive quelques minutes plus tard, je suis sur que je vous aurai retrouvé sur le bureau, très occupés....la prochaine fois, j'attendrai un peu !
Une brusque chaleur envahie mes reins à cette idée. Vite, changer de sujet !
-Tu délires, je te dis ! Bon qu'est-ce que tu voulais ?
Son visage jusque là moqueur, devient brusquement sérieux.
-Il a été appelé à l'extérieur, c'est le moment d'y aller Tyler.
Un frisson de terreur glisse le long de ma colonne vertébrale.
-Maintenant ? T'es sur ?
-Oui, c'est le moment ou jamais, on aura pas souvent d'autres occasions comme ça.
-Ecoute je sais pas si c'est une bonne idée, il faudrait qu'on y repense encore un peu....c'est précipité...
-Tyler, j'ai rendez-vous avec lui dans deux jours....
Sa phrase et tout ce qu'elle implique me fait mal au cœur. Mon rendez-vous à moi est dans un peu moins d'une semaine et j'angoisse déjà. Il ne m'en avait pas parlé de son rendez-vous. Et je sens bien qu'il vient d'abattre sa dernière carte pour me convaincre.
-S'il te plait, je ne veux plus jamais que les mains de ce type se posent sur moi. J'en dors plus, il me fait gerber. Me fais pas faux bond maintenant ! J'ai besoin de toi. Ne le laisse plus me toucher...
Sa voix, devenue suppliante et ses yeux ne me laissent pas vraiment le choix. De toutes façons, on a assez repoussé le problème comme ça. Je prends une grande inspiration et acquiesce.
-Ok, on y va. T'as l'appareil ?
Il me tend le jetable que je coince sous mon sweat-shirt et nous nous dirigeons vers son bureau en silence, guettant le moindre mouvement à chaque coin de couloir.
Enfin nous arrivons et Jordan arrive sans grande peine à ouvrir la porte et la referme derrière nous. J'ai l'impression de pénétrer dans l'antre du diable. Nous restons un moment immobiles, indécis. Puis Jordan me montre une armoire.
-Là, regarde.
Lorsque nous ouvrons l'armoire, Jordan s'empare des documents qui pourraient me gêner et va les cacher dans un placard un peu plus loin. En espérant que le psy n'ait pas besoin d'eux au cours de la journée.
-Installe toi là, et fais attention à prendre une position pas trop fatigante, tu vas sûrement y rester un long moment.
Je reste un instant tétanisé.
-Jordan, je peux pas...
-Quoi.
-J'ai la trouille, je...ça va pas marcher....je peux pas...
-Tyler, calme toi.
-Non, je peux pas, si il me chope, je suis foutu...je...
Des pas se font entendre et un trousseau cliquette à quelques pas de nous. Nos regards se croisent et je pense que mes yeux reflètent la même chose que ce que je vois dans ceux de Jordan : une terreur sans nom. Complètement paniqué, je chuchote :
-Jordan, il arrive, qu'est-ce qu'on fait ?
Pendant une demi seconde je vois une foule d'émotion passer sur son visage puis, il me fait face avec une détermination que je ne lui connaissais pas encore. Puis il me pousse dans l'armoire.
-Rentre là-dedans, reste caché et mitraille. On va l'avoir se salop.
Je n'ai pas le temps de comprendre ni de protester, la porte est déjà refermée sur moi. Je me sens trahi, je voudrais hurler et sortir de là, mais déjà la porte du bureau s'ouvre et le psy entre. Je me recroqueville sur moi même en tentant de refréner les tremblements qui m'agitent. Le docteur Kirst se fige un instant en voyant Jordan, une fesse posée sur son bureau. Mais rapidement il se reprend et c'est avec une voix dégoulinante de mépris qu'il s'adresse à Jordan.
-Monsieur, Brignoux, puis-je savoir ce que vous faites ici ?
Jordan se redresse et lui fait face.
-Je voulais vous voir, monsieur.
Un rictus dédaigneux s'inscrit sur le visage du psychologue.
-Il me semble qu'on se voit bientôt....dans deux jours si je ne m'abuse, rajoute-t-il après avoir jeté un coup d'œil dans son agenda. Je n'ai pas que vous à voir.
-Je sais bien monsieur, mais...il fallait absolument que je vous vois et....
J'observe Jordan déglutir.
-...et je n'en pouvais plus d'attendre.
En disant cela, il adopte une pose aguicheuse et fait descendre son regard de haut en bas, semblant déshabiller son vis-à-vis du regard.
Le psychologue semble un instant troublé, puis regarde autour de lui, sûrement pour chercher où est le piège. Je me tasse encore plus dans mon armoire, observant toute la scène par l'interstice entre les deux portes.
-C'est une blague ? Je vous préviens, ça ne me fais pas rire. Sortez de mon bureau immédiatement !
Jordan s'approche alors de lui, tout en continuant à adopter une attitude des plus suggestives, lui tournant autour, laissant juste un doigt le caresser furtivement.
-Je ne plaisante absolument pas, monsieur. Croyez bien que j'ai essayé de lutter...mais j'ai eu beau tenter l'impossible, il faut que je me rende à l'évidence...vous et moi...nous partageons une alchimie...vous ne pouvez pas ne pas l'avoir remarqué au cours de nos....séances régulières...
Jordan continue à tourner autour du psy et je vois celui-ci commencer à perdre contenance. Sa respiration s'accélère, ses doigts se crispent et son regard...le même qu'il m'avait lancé en me voyant à ses genoux, un regard de prédateur, un regard pervers et excité. Et c'est seulement en voyant Jordan continuer son petit jeu que je me rend compte de ce qu'il va faire. Ca ne devait pas se passer comme ça. Ce n'est pas Jordan que je devais photographier avec lui, nous devions nous débarrasser pour toujours de ce type, pas repasser sous lui à nouveau. Pourtant il n'arrête pas, se rapprochant un peu plus de sa cible au fur et à mesure, jusqu'à se retrouver tout contre lui, leur nez se touchant presque.
-Dites moi que je ne vous fais pas d'effet.
Sa main qui jouait alors avec le col de la chemise descend se poser sur son entre jambe.
-Dites moi que vous n'avez plus envie de moi.
Dans une dernière tentative de reprendre le contrôle, le psychologue serre les poings et lance d'une voix tremblante d'anticipation.
-Si vous essayez de m'avoir je vous jure que...
Ses paroles sont coupées par les lèvres de Jordan. Ces lèvres si douces que j'ai pris tant de plaisir à découvrir. Et alors je me rend compte que Jordan endosse le rôle de martyr. Il est prêt à se sacrifier pour pouvoir nous sauver tous. Je me mords la main pour ne pas laisser mes larmes couler, pour ne pas vomir pour mon ami. Je n'en ai pas le droit, ce n'est pas moi qui subis.
Le docteur Kirst éjecte soudain Jordan sur son bureau.
-Ne me touche pas, espèce de vermine. Je savais bien que vous n'étiez tous qu'une bande de petites chiennes en chaleur ! Tu vas voir ce que je vais te mettre ! Puisque t'as l'air d'adorer ça, tu vas y avoir droit !
Sur ce, il le retourne, face sur le bureau et commence à baisser son pantalon. Jordan relève doucement la tête et je croise son regard angoissé. Un bref signe de tête, comme un signal, je dégaine mon appareil. Je prends une première photo et je suis horrifié de constater le bruit qu'il fait lorsque j'appui sur le déclencheur. Mais très vite, le cri que Jordan pousse sous l'intrusion brutale me couvre. « Je le revois dans deux jours » Le rythme est tout de suite violent et rapide. « S'il te plait, ne le laisse plus me toucher » Les poings de Jordan se serrent sous les assauts répétés de son agresseur et j'assiste impuissant à un viol, provoqué certes, mais non consentant quand même. « Je ne veux plus jamais que les mains de ce type se posent sur moi ». Les larmes coulent sur les joues de mon ami, puis il baisse la tête pour la cacher dans son bras replié tandis que je continue mon travail écœurant, profitant des gémissements de l'un et des plaintes de l'autre pour prendre des photos sans me faire repérer. « J'ai besoin de toi ». Lorsqu'il a fini son affaire, le psy se retire de Jordan qui manque de s'écrouler et se raccroche au bord du bureau, puis il lui murmure quelque chose à l'oreille que je ne peux entendre. Avant de reprendre plus fort :
-Maintenant dégage !
Jordan se rhabille assez doucement pour éviter les gestes brusques mais tout de même le plus rapidement possible, puis il sort, le visage ravagé par les larmes. Je sers les dents pour ne pas laisser éclater ma peine et ma haine, un goût amer de bile se répandant dans ma bouche et ma gorge. L'air plus que satisfait du psychologue me donne des envies de meurtre. Mais je reste caché dans mon armoire, trop peureux, trop honteux, à attendre la prochaine victime de ce pervers, qui ne tarde pas à arriver. L'après midi se passe au rythme des consultations, au rythme des photographies. Tous ne sont pas obligés de se soumettre au psychologue, non, « seulement ceux qui ont un secret » m'avait dit Le Criquet junior. Il n'avait sûrement pas tord. Lorsqu'enfin il quitte son bureau, je reste encore un long moment assis, replié sur moi même, ayant bien trop peur qu'il revienne pour un oubli et de le croiser. Et c'est une bonne heure plus tard que j'arrive à m'extraire de l'armoire, m'étant dit que je passerai bien la nuit ici, mais me rappelant que si c'était le cas, j'assisterai au même spectacle demain matin. Hors de question. Plus jamais je ne resterai immobile face à une personne qui souffre. Je sais déjà que je ne pourrai plus me regarder dans un miroir avant un long moment. Et j'ai beau me dire que c'était pour la bonne cause, que si j'avais bougé le moindre petit doigt, nous n'aurions pas eu de preuves, je sais au fond de moi que ce n'est qu'une excuse bidon pour justifier ma lâcheté flagrante. Mais je me haïrai plus tard. Pour le moment je dois aller retrouver Jordan. Plus que jamais, il doit avoir besoin de moi.
Je sors du bureau le plus discrètement possible, puis j'étire mes membres endoloris d'être restés dans la même position si longtemps. Je me rends immédiatement devant la chambre de Jordan et frappe légèrement. N'entendant pas de réponse, je réitère, un peu plus franchement. Toujours rien. Je rentre alors dans la pièce avec précautions et prends bien soin de refermer derrière moi. Jordan est allongé sur son lit, sur le côté, face à moi. Il n'y a plus la moindre trace de larmes sur son visage, ni quoique ce soit qui puisse faire penser à ce qu'il a subi, hormis cet abattement qui ne lui est pas familier et ses vêtements qui ont été changés. Sans un mot je m'approche de lui, déposant l'appareil photo sur sa table de nuit. Et je m'allonge contre lui, le serrant dans mes bras. Ma main caresse sa nuque, et sa main monte doucement caresser ma joue. Alors doucement je me penche vers lui et pose mes lèvres sur les siennes, doucement, sans approfondir, juste une caresse. Puis après quelques échanges très chaste, il insère de lui même sa langue dans ma bouche, lui faisant rencontrer sa consœur. Je ne sais pas exactement ce qui m'a poussé à l'embrasser, mais je sais que c'était ce qu'il fallait et déjà je sens son corps reprendre vie ; il reprend les commandes ce qui est bon signe et ses mains habiles se promènent sur mon corps tandis que sa langue fouille toujours ma bouche et que je me laisse faire avec délice. Un baiser pour dire « merci », un baiser pour dire « pardon », un baiser pour dire « je suis là pour toi ».
Lorsque la chaleur se fait trop importante et que les gémissements que nous poussons nous laissent clairement deviner ce qui se passera si nous continuons, je romps doucement le baiser, sans sortir de l'étreinte. Je pose mon front contre le sien et je plonge avec plaisir mes yeux dans les siens qui ont retrouvé leur éclat. Je murmure doucement, comme pour ne pas briser cet instant :
-Je ne peux pas...
-Je sais.
-Je suis désolé...
-Je sais.
-Est-ce que ça va aller ?
-Ca va. Mais je ne veux plus jamais en parler.
-D'accord. Si jamais tu voulais...
-Non Tyler. Plus jamais !
-D'accord.
-Tu sais quoi ? Je vais passer les fêtes de noël avec ma famille. Ils ont bien voulu que je vienne chez eux.
-C'est vrai ? C'est...c'est bien...
Jordan rigole doucement.
-Tu mens mal mon beau.
-Désolé, c'est juste...que je digère toujours pas le fait qu'ils t'aient foutu dehors
-Je te l'ai déjà dit, Tyler, c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Même si le chemin est long.
-Si tu le dis. En tout cas, je suis heureux pour toi. Vraiment.
-Merci.
-...Tu vas me manquer...
-Toi aussi... Mais je vais revenir.
-Oui je sais.
-Tu restes dormir ?
-Oui.
Il m'embrasse à nouveau et pose sa tête tout près de la mienne.
Quelques jours plus tard, nous sortons du magasin de photo. J'avais peur que quelqu'un tombe dessus et qu'on puisse avoir des problèmes, mais de nos jours tout est fait par des machines, tout s'est passé comme sur des roulettes. Encore une fois, l'appel de la rue a été assez fort, encore une fois je n'ai pas lâché la main de Jordan. Nous n'avons pas reparlé de ce qui s'est passé dans le bureau du docteur Kirst cet après midi la, mais Jordan l'a laissé le soin de vérifier si les photos étaient bien les nôtres et leur qualité. Mais lorsque nous nous retrouvons devant le bureau, il a retrouvé tout son aplomb et semble prêt à passer à l'attaque.
Nous entrons sans frapper, faisant sursauter les deux personnes présentes.
La résidente présente semble nous bénir alors que le psychologue fulmine.
-Tu peux sortir, dis-je à la jeune fille, qui trop contente d'échapper à son calvaire, ne pose aucune question et s'enfuie sans demander son reste.
Jordan Ferme la porte derrière elle et tourne la clé d'un cran. Ainsi nous serons plus tranquille.
-Messieurs Rivion et Brignoux...puis-je savoir pour quelles raisons vous interrompez ma séance ? Encore une petite sauterie ?
L'air sadique est amusé qu'il affiche est assez déstabilisant, mais surtout, il montre bien qu'il est ici chez lui et qu'il a toutes les cartes en main.
Jordan sert les poings et je décide de prendre les choses en main avant que ça ne dégénère.
Je lui lance un paquet sur son bureau. Et même si il ne le prend pas imméidatement, je vois bien que j'ai titillé sa curiosité.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Ouvrez, vous verrez.
Semblant peser le pour et le contre, il se décide finalement à saisir l'enveloppe de papier kraft et à en regarder le contenu. Au fur et à mesure que les photos défilent, son visage pâlit, ses gestes sont précipités et nerveux. Un tic apparaît même au niveau de sa paupière droite. Je dois avouer que je savoure notre petit effet et j'ai l'impression que Jordan en profite tout autant que moi. Une fois avoir visionné les photos, le psy, qui n'a de psy que le titre les pose sur son bureau et semble réfléchir très rapidement.
-Personne ne vous croira.
-Et pourquoi ça ?
-Ces photos peuvent avoir été truquées !
-Avec autant de personnes différentes ? Ca relèverait du génie.
-Des photos ne valent rien et votre parole n'a aucune valeur vous entendez, vous n'êtes rien du tout, vous n'êtes...
-....que de la vermine, la lie de la société, bla bla bla...il faudrait penser à revoir votre discours, ça fait un peu réchauffer, là.
Le docteur Kirst est de plus en plus nerveux et agité. Son visage s'humidifie et ses yeux s'agitent. Jordan a toujours les poings serrés et les lèvres crispées, je décide de continuer dans ma lancée.
-Chacune de ces personnes sont prêtes à témoigner si besoin, nous les premiers. Et vous vous doutez bien que si quelques uns commencent à parler, tout le monde se mettra à table, sans aucune difficulté...Oh ! Et inutile de vous dire que nous avons les doubles et les négatifs de ces photos et qu'il serait donc totalement inutile de les détruire, n'est-ce pas ?!
Jeu, set et match. Il a perdu et il le sait. Et la haine déformant ses traits il nous lance :
-Qu'est-ce que vous voulez ?
Les mêmes paroles que j'ai prononcé il y a environ deux mois. Peut être que finalement, je vais réussir à voir le bout du tunnel.
-Pour le moment, tout ce qu'on vous demande c'est d'arrêter votre chantage illico. On n'a pas encore décidé de ce qu'on allait faire de vous. Donc, vous accueillez les résidents vous attendez un peu, que l'heure de la consultation soit passée pour justifier votre présence et ils ressortent comme si de rien n'était ! Ni vu ni connu je t'embrouille !
-Très bien...
-Ne vous faites pas d'illusion, si il se passe quoique ce soit d'anormal dans ce bureau, nous le saurons, c'est clair ?
-J'ai dit très bien ! Maintenant sortez d'ici !
Nous sortons du bureau. Nous n'avons même pas eu une vraie victoire, mais au moins nous serons tranquille pour un moment. Nous retournons dans la chambre de Jordan.
-C'est pas gagné, hein ?
-Non, je ne pense pas non plus.
-A quoi tu penses ?
-Ca fait combien de temps que t'es là Tyler ? Deux mois, c'est ça ?
-Oui à peu près, pourquoi ?
-Mois ça fait un peu plus de quatre mois. Et pour être honnête, je crois que je vais bientôt partir. Et toi aussi tu finiras par t'en aller...
-Oui...
-Et après ? Une fois qu'on sera parti, comment on pourra être sur qu'il ne recommencera pas ? On ne va pas transmettre ces photos à des générations de camé qui se relaieront pour l'empêcher d'agir, c'est ridicule !
-On peut l'obliger à partir ! Il n'aurait pas le choix !
-Pour aller recommencer ailleurs ?
-Alors...tu crois qu'il faut...donner ces photos à quelqu'un de plus....approprié ?
-Je ne sais pas Tyler, je ne sais pas. Je...je ne suis pas une balance et en même temps...je ne peux pas laisser ce type recommencer ce genre de.....je peux pas, c'est tout !
Je soupire devant le dilemme.
-Ecoute, avec ça, on va avoir la paix pour un petit moment. C'est bientôt noël et demain tu pars chez toi pour quatre jours. Va faire ta valise et oublie tout ça. On en reparlera à ton retour, ok ?
-Oui...tu as sans doute raison. Ce type ne va pas gâcher mes fêtes. Je vais faire ma valise. Tu dors avec moi cette nuit ?
-Oui.
La plupart de mes nuits sont maintenant partagées avec Jordan. Les baisers sont fréquents eux aussi et les caresses....accompagnent parfois le tout. Pour l'instant rien de bien sérieux, nous ne considérons pas que nous sortons ensemble. Nous sommes juste... présents l'un pour l'autre...et nous ne sommes pas vraiment doués pour nous exprimer autrement que physiquement. Cependant la culpabilité me ronge chaque jour un peu plus. Deux mois que je n'ai aucune nouvelle de Riley, deux mois que je me soulage seul, deux moi que je sens des sentiments contradictoires s'agiter en moi. Je suis complètement largué.
-Jordan....tu dors ?
-Hgrmfff...je dormais...qu'est-ce qu'il y a ?
-Je pensais à ce que tu m'avais raconté l'autre jour. Tu sais, tes orgies, tout ça...
-Hmmmm.....
-Tu m'as bien dit que tu ne t'étais pas protégé ?
-Oui, et alors ?
-Alors tu t'es déjà fait dépister ?
Jordan se redresse légèrement, posant sa tête sur sa main, le coude sur son oreiller.
-Tu fais chier Tyler ! Tu me réveilles au milieu de la nuit pour me demander un truc pareil ?
-Ca me turlupinait.
-Non j'ai pas fait de test. Je peux dormir maintenant ?
-Hmm...
Jordan repose la tête sur l'oreiller et ferme à nouveau ses yeux.
-Pourquoi t'as pas fait de test ?
-Putain Tyler, merde ! J'ai un voyage qui m'attend demain.
-Allez, s'il te plait !
-Oh, mais c'est pas vrai. Qu'est-ce que ça peut te faire, t'as finalement décidé de coucher avec moi ?
-Admettons que ce soit le cas.
-...
-...
-...
-Quoi ?
-Tu es sérieux ?
-J'ai dit admettons...après tout, au point ou on en est, ça pourrait bien arriver un jour. Alors, pourquoi pas de test ?
-Je ne veux pas savoir.
-Pourquoi ?
-Parce que la vie est assez flippante comme ça sans avoir en plus au dessus de la tête une épée de Damoclès. Mais rassure toi, maintenant, je sors toujours couvert. Ca te va ?
-Non. Moi je trouverai ça plus angoissant de ne pas savoir...
-Eh bien pas moi. Alors maintenant, sauf si tu as décidé que j'avais le droit à chaque morceau de ton corps, et dans ce cas, crois moi que je serai vite réveillé, j'aimerai bien dormir !
-Tu sais bien que je ne peux pas.
-Oui, je sais, Riley. Tu es vraiment très frustrant, tu sais ça ?
-Désolé.
-Allez, dors.
Comme si il était le seul à être frustré. J'ai eu du sexe plus d'une dizaine de fois par jour pendant presque six ans et j'ai tout arrêté d'un coup...je, ne savais pas que l'ont pouvait aussi être accro au sexe. Et pourtant, seul mon amour pour Riley me permet de ne pas céder aux nombreuses tentations et je me demande si il sera fort suffisamment longtemps. Ou es-tu en ce moment Riley ? Est-ce que toi aussi tu t'endors dans d'autres bras ? Est-ce que tu penses à moi ?
Noël est là. Jour maudit pour moi. Et comme chaque année depuis près de sept ans, au réveil, je ne peux m'empêcher de repasser en boucle la journée qui a fait basculer ma vie en enfer.
Deux corps allongés sur un lit, nus, qui se découvrent et s'apprivoisent pour la première fois. Des gémissements, des mots doux, des gestes malhabiles, une envie grandissante, des sexes qui se gorgent de sang et se dressent fièrement. Des pas précipités, une porte qui s'ouvre violemment, un homme qui entre, rougeaud, furieux, haineux. Une voix qui crie.
-JEREMY !!!
Le jeune homme se redresse précipitamment, tentant de se cacher avec le drap. Mais l'homme lui empoigne le bras et le tire violemment du lit avant de hurler à l'autre jeune homme de ficher le camp immédiatement et de ne plus jamais revenir.
Entraîné par une poigne ferme, le jeune garçon qui avait réussi à garder son drap en main tentait vainement de se cacher le corps tandis qu'il était traîné à travers la maison. Lorsqu'enfin il fut lâché il était dans le salon, une jeune femme au ventre rebondi, assise dans un fauteuil au pied du sapin illuminé, leva les yeux sur eux.
-Bon sang, Charles, qu'est-ce qui se....Jeremy ? Mais enfin qu'est-ce que tu fais à moitié nu ?
-Maman, je...
-Tu veux savoir ce qu'il se passe Hélène ? Tu veux vraiment ?
L'homme hurlait et gesticulait dans tous les sens. Son doigt se pointant sans cesse sur le jeune homme.
-Ton fils était en train de s'envoyer en l'air ! Avec un garçon !!! Sous notre toit !!!
Le jeune homme baissa la tête honteux. Il ne voulait pas que sa mère l'apprenne comme ça. Il aurait voulu lui dire de lui même, la préparer, lui faire rencontrer l'homme dont il serait amoureux un jour...
La femme quant à elle, se recroquevilla légèrement sous les accusation de son époux, baissant la tête, rentrant les épaules.
-Je te l'avais dit qu'il était pas normal ce môme ! Une abomination, voilà ce qu'il est. Quand on voit comment a fini son père, c'est pas étonnant. Je t'ai dit que tu étais beaucoup trop
coulante avec lui. Maintenant, c'est terminé ! Je m'occupe de lui ! Et crois moi, ajouta-t-il en s'adressant au jeune homme, tu vas vite retourner dans le droit chemin !
Sur ces mots, il attrapa à nouveau le bras du garçon et l'entraîna derrière lui.
-Non...MAMAN !!!
Mais la femme, ne prononça pas un mot et regarda son fils se faire traîner à l'étage, laissant couler les larmes qu'elle retenait jusque la. Et lorsque les premiers cris, dus aux coups de ceinture se firent entendre dans la maison, elle préféra sortir, n'en supportant pas d'avantage.
-Eh bien alors Tyler, tu rêves ?
Tyler sursauta légèrement, manquant de renverser son bol.
-Salut Alix.
-Joyeux noël !!!
-Oui...toi aussi !
-Alors, tu as prévu quelque chose de spécial pour aujourd'hui ?
-Non, rien. Et toi, pas trop dur de travailler le jour de noël ?
-Non, c'est une période que j'aime passer ici. Les liens sont plus forts en général, les esprits moins tendus. C'est comme une sorte d'accalmie. J'aime à penser que je suis plus utile ici. Et puis, personne ne m'attend.
Je hoche la tête et lui offre un sourire.
-Je suis content que tu sois là.
Cette phrase nous surprend tout les deux et pourtant je suis on ne peut plus sincère.
-Je peux m'asseoir avec toi ?
Je hoche la tête et le petit déjeuner se passe dans la bonne humeur, mélangeant les patients du centre et les éducateurs, nous offrant pour un court moment, un sentiment de normalité et de joie presque enfantine. Finalement, peut-être noël a-t-il vraiment un petit côté magique ! Nous marchons côte à côte, Alix et moi, dans les couloirs du centre, parlant de tout et de rien.
-Tu sais, tes profs m'ont parlé de tes progrès. Ils sont plus que satisfaits et ils voudraient vous proposer à toi et à quelques uns de l'établissement de poursuivre votre formation en organisant des stages dans des entreprises. Ca t'intéresserait ?
-Tu veux rire ? Bien sur ! C'est des stages de quoi ?
-Eh bien, il y en a de toutes sortes, j'ai la liste dans mon bureau tu n'auras qu'à passer !
-C'est super ! Et ça va mener à quoi ensuite ?
-En fonction des stages et des périodes d'essais, vous pourrez obtenir un diplôme et éventuellement un futur patron, si ça se passe bien.
-Oh c'est vraiment....super, je....je sais pas quoi dire. Merci Alix.
-Y'a pas de quoi ! C'est les patrons qu'il faut remercier d'avoir accepté de participer au programme.
-Oui, je...oh j'en reviens pas...un diplôme...tu crois que je pourrais en obtenir un ?
La perplexité s'inscrit sur le visage d'Alix.
-Pourquoi tu ne pourrais pas ?
-Euh..je sais pas, je....j'aurai jamais cru pouvoir....enfin, y'a pas si longtemps ça me semblait tellement impossible...
-Tyler, tout le monde ici sait que tu en es capable. Tu es volontaire, battant et intelligent. Tes professeurs sont stupéfaits de la vitesse à laquelle tu as rattrapé ton retard, les éducateurs te trouvent d'une compagnie agréable et tes camarades sont unanimes à ton propos. Il n'y a aucune raison que ça ne marche pas. J'ai confiance en toi. Et tu sais que si tu as besoin de quoique ce soit, tu peux venir me voir, ok ?
-Oui...merci.
Et dans l'euphorie du moment, je le serre dans mes bras.
-Merci, merci....
Avant de m'éloigner aussitôt.
-Désolé...je voulais pas....désolé...
Sa main se pose sur mon épaule et un doux sourire me montre qu'il ne semble pas fâché.
-Tyler ! Tyler !
Le criquet junior fait irruption dans le couloir et pile un instant en nous voyant si proche.
-Oui ?
-Euh...y'a quelqu'un qui demande à te voir, dehors.
-Qui ça ?
-Je sais pas.
Je me dirige vers la sortie, talonné par Alix, me demandant qui pourrait demander à me voir, craignant de voir ressurgir des fantômes du passé.
Sur le pas de la porte, un jeune homme attend, dos tourné, contemplant le jardin. Des cheveux châtains tombent sur sa nuque. Ma respiration s'accélère et lorsqu'il se retourne, le regard lumineux, elle se bloque dans ma poitrine. Et alors qu'il s'approche de moi, un sourire rayonnant collé sur le visage, je n'ose croire que je ne suis pas en train de rêver. Et tandis que sa main se pose sur ma joue avec tendresse, je ne peux que lâcher dans un murmure étranglé par les larmes :
J'avoue, le chapitre ne devait pas se finir là, il y avait encore pas mal de choses à dire...mais ça commençait à faire long...lol et puis le sadisme à reprit le dessus. Ne vous inquiétez pas, tout ce qui était prévu sera repris dans le prochain chapitre. Ne frappez pas l'auteur, ne jouez pas avec des poupées vaudoues à l'image de l'auteur, n'envoyez pas de lettres de menaces avec des balles de 9mm à l'auteur (hmm hmm...mdr), aimez l'auteur!!! mdr bon j'arrête!
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques/reflexions/avis/déclarations d'amour!!!
Bisous à toutes!

