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  • : 13/10/2007
Samedi 5 juillet 2008

Je pue ! Je viens de sortir de la douche et je pue...c'est pourtant pas humainement possible de transpirer autant à cause du stress ! Mes mains sont toutes moites et je ne tiens pas en place.

 

-Pose-toi un peu Romain, tu me donnes le tournis. Ne stress pas comme ça.

 

-Je ne stress pas du tout ! Qu'est-ce que tu crois ? Tes parents me font pas peur....Et puis tu peux parler, ça fait trois fois que tu rates ton nœud de cravate, t'as deux chaussures différentes et tu cherche depuis un bon quart d'heure tes clés qui sont dans ta main ! Et puis pourquoi je dois m'habiller comme ça. J'ai l'air d'un vrai pingouin. Je ne porte jamais de smoking, encore moins de cravate. J'aime que mes cheveux soient libres de partir dans tous les sens et là ils sont plaqués par une tonne de gel ! Je ne suis pas moi...je vais jamais y arriver ! Est-ce que je t'ai demandé de te déguiser pour voir mes parents, hein !

 

Je finis ma phrase en tombant mollement sur son canapé. Evan s'accroupit devant moi et pose ses mains sur mes cuisses.

 

-Ecoute, je sais que c'est pas évident pour toi. Mais nous avons rencontré tes parents par hasard, sinon, je peux t'assurer que j'aurai porté une autre tenue que celle que j'avais aujourd'hui. Le souci vois-tu...c'est que mes parents ne sont pas comme les tiens. Ils sont plutôt vieux-jeu. Je ne te demande pas d'être quelqu'un d'autre, simplement la première impression est importante pour eux, et je ne veux pas que ce dîner se passe mal, ok ?

 

-Mais regarde-moi, je suis tout coincé la dedans, c'est à peine si je peux respirer et je me sens pas à l'aise.

 

-Tu enlèveras ta veste là bas. Et tu es très beau, c'est juste que tu n'as pas l'habitude ! S'il te plait Romain, c'est important pour moi.

 

Ah! Et voilà qu'il me prend avec les sentiments...oh! Et ce regard suppliant et son petit sourire encourageant.... roh, c'est bon, j'abandonne !!! Je pousse un gros soupire.

 

-Bon, allons-y.


Evan m'aide à me relever et m'embrasse tendrement.

 

-Mais dis-moi, comment tes parents peuvent être vieux-jeu avec un fils homo ?

 

Je vois Evan stopper tout mouvement.

 

-Eh bien...je crois qu'ils espèrent encore que ce ne sera qu'une passade...ils me présentent régulièrement des jeunes filles bien sous tout rapport dans l'espoir qu'une d'elle me fasse revenir dans le droit chemin. Et puis je suis leur seul fils, ça ferait mauvais genre de me renier.

 

Je dois avoir changé de couleur car il se reprend assez vite.

 

-Ne t'en fais pas, je noircis sûrement un peu le tableau. C'est juste que je sais bien que je les déçois, ce n'est pas toujours agréable.

-Oooh noonnn, je suis sur qu'ils me détestent déjà !!!

 

-Mais non, ne t'inquiète pas. Evite seulement de ramener ta super réputation de tombeur et de vie de débauche sur le tapis, et ça devrait aller !!!

 

Il me dit ça sur le ton de l'humour, mais je crains quand même énormément cette rencontre. Plus encore maintenant...Jamais l'expression « y aller à reculons » n'a été aussi appropriée à la situation que maintenant. Dans la voiture, je tente de respirer et de retrouver mon clame légendaire ! En toute innocence je glisse dans le lecteur un CD de Benabar et lance la chanson « Le dîner ». Il me regarde bizarrement et je tente de garder un visage exempt de tout reproche. Nous finissons par éclater de rire et la pression retombe. Nous finissons le trajet gaiement la main d'Evan sur ma cuisse, ne s'éloignant que pour passer les vitesses. La bonne nouvelle c'est que la rencontre a lieu dans un restaurant, c'est donc un terrain neutre, je n'aurai pas l'impression d'empiéter leur territoire. La mauvaise c'est que ce n'est pas UN restaurant, c'est LE restaurant, celui ou tout le gratin de la ville et des célébrités de passage se donnent rendez-vous. Jamais je ne suis entré dans ce genre d'endroit et ça ne me manquait pas du tout, je vous assure. Evan m'embrasse une dernière fois avant de rentrer dans le hall, pourquoi ai-je l'impression de recevoir le dernier baiser du condamné ? Nous entrons dans la cage au lion...

 

Le type de l'entrée nous regarde de haut avant de voir que nos noms sont effectivement notés sur la liste. Alors il devient tout mielleux et c'est limite s'il ne se prosterne pas devant nous. J'ai horreur de ce genre de comportement. Un regard suppliant d'Evan m'empêche d'envoyer bouler monsieur j'ai un parapluie dans le cul et d'aller au Mc do du coin manger des trucs bien gras avec les doigts ! Au lieu de ça, je tente un sourire crispé...raté ! Je suis donc Evan qui lui-même suit l'autre face de cul et nous arrivons dans un petit coin isolé du restaurant, en alcôve. Les fauteuils sont assortis aux tables et les couleurs sont les même un peu partout, du rouge et du doré à profusion. Pourtant il n'y a rien d'agressif dans les couleurs, c'est un bel ensemble harmonieux, ça serait parfait si tout n'était pas qu'un étalage de richesse à outrance. J'ai juste le temps de penser qu'une seule de ces tables pourrait sans aucun doute payer quelques mois de loyer de mon chez moi avant de me retrouver face à un couple très distingué, dont on pourrait croire qu'ils sont assis sur quelque chose de très piquant tellement leur bouche est pincée. Je m'apprête à donner un coup de coude discret à Evan pour me foutre allègrement d'eux quand je le vois se pencher vers la dame.

 

-Bonjour maman.

 

Eh merde !! Il sert la main de son père et je vois trois paires d'yeux se tourner vers moi.

 

-Papa, maman, je vous présente Romain. Romain, voici mes parents.

 

Je glisse un coup d'œil discret aux alentours. Avec un peu de chance, je vais trouver une porte de sortie de secours et pouvoir m'y glisser en toute discrétion. Manque de bol, non seulement je n'en vois aucune, mais les trois paires d'yeux semblent attendre une réaction...Je constate avec une sorte de fascination malsaine que je n'arrive pas à décoller mes jambes du sol, mon cerveau sait ce que je dois faire, mais impossible d'exécuter le moindre geste pendant quelques secondes. Enfin, après un effort qui me parait surhumain, mon pied droit se lève, miracle !! Le deuxième suit sans trop de difficulté, la machine est lancée. Je sers la main de son père et sa mère me tend la sienne. Je manque de lui serrer également quand je vois Evan retenir son souffle. Je me souviens alors de certains films qu'Elisa m'obligeait à regarder avec elle dans ces soirs de déprime et je réajuste ma poignée en baise-main improvisé. Je me trouve ridicule ! Je le suis ! Mais vu l'air d'Evan, c'était le truc à faire. Un point pour moi !!! Nous nous installons et le serveur vient nous proposer les menus. J'ai à peine le temps d'ouvrir la carte que le père d'Evan commande quatre menus du chef. Ah bon ? On a pas le droit de choisir ? Bon ben tant pis, je repose mon menu, j'espère au moins que ça va être bon...je jette un coup d'œil à Evan, il semble stressé et me fait un petit sourire crispé. J'ai beau savoir que ce repas est important pour lui, moi, je le sens très mal. Et je n'aime pas du tout la manière dont ses parents me regardent. On dirait qu'ils décryptent chacun de mon mouvement, jaugeant, évaluant...c'est particulièrement désagréable et gênant. Je tente de respirer pour ne pas m'emporter. Je ne cesse de me répéter que je peu bien faire un effort. Que c'est pour Evan, que c'est juste un dîner.....Je savais que j'aurai du aller au Mc do !

 

Le serveur s'entretient avec le père d'Evan et j'en profite pour observer la table. Les couleurs sont les mêmes que pour la salle, les verres sont en cristal et les couverts...sont beaucoup trop nombreux !!! Je regarde paniqué mes couteaux et fourchettes qui s'accumulent les uns à côté des autres...je remercie Elisa mentalement pour m'avoir passé cinq fois le film Titanic qui m'a permit d'apprendre qu'on commence par les couverts les plus éloignés, pour se rapprocher ensuite de l'assiette ! Avec ma brillante culture, je repère un couteau à fromage et je crois que celui-ci c'est pour le poisson...bon, ça m'en fait deux...et les autres ? Ah, tiens, cette drôle de pique, je crois que c'est pour manger des escargots...pitié qu'ils ne me fassent pas manger d'escargot !!!

 

Ma méditation est enfermée au placard par le père d'Evan qui prend la parole.

 

-Alors jeune homme, peut-on savoir ce que vous faites dans la vie ?

 

Je lève la tête brusquement...j'ai l'impression de débuter un interrogatoire.

 

-Je suis en fac de droit !

 

-Ah! Etrange !

 

-Pourquoi étrange ?

 

Je le vois froncer le nez...mauvais signe tout ça, mauvais signe !!!

 

-Eh bien, avouez que vous n'avez pas vraiment...la carrure que l'on pourrait attendre d'un juge...

 

-Papa !

 

Ca y'est, le bras de fer est lancé. Evan a beau faire tout ce qu'il peut pour nous arrêter, nous sommes partis dans une joute verbale que je n'ai pas l'intention de perdre.

 

-Je veux être avocat, pas juge. Je ne savais pas que les hommes de lois devaient avoir des critères physiques reconnaissables !

 

-N'êtes vous pas un peu jeune pour un travail impliquant autant de responsabilités ?

 

-Papa !

 

-A ce qu'il paraît la valeur n'attend point le nombre d'années !

 

Et toc, il ne s'y attendait pas à celle la. J'en ai peut être l'air, j'en joue parfois, mais je ne suis pas stupide pour autant !

 

-Romain, s'il te plait !


Je me tais un moment et tente de reprendre une respiration normale. Le père d'Evan semble faire de même, il relance pourtant la conversation.

 

-Serait-ce trop vous demander que de savoir ce que font vos parents ?

 

-Mon père est directeur associé dans une firme d'import-export qui commence à prendre de l'ampleur. Ma mère est en congé maternité.


-Maternité ? A leur âge ?...

 

-Oui et alors ?

 

J'ai haussé le ton. Qu'il ne s'avise pas de m'attaquer sur ce terrain là ! Le silence se fait peu à peu dans le restaurant. Un serveur qui s'approchait de la table avec son carnet de commande bifurque brutalement comme s'il devait s'occuper d'autres personnes.

 

-Alors rien ! Papa, je t'avais dit que c'était comme ça que j'avais rencontré Romain. Et ses parents sont des gens très bien.

 

Je vois le père d'Evan se pincer les lèvres pour ne pas rétorquer. Je ne peux pas m'empêcher de le fusiller du regard. Il peut s'amuser à m'insulter si ça lui chante, mais qu'il ne s'avise pas de toucher à ma famille !!! Pour la première fois de la soirée la mère d'Evan prend la parole :

 

-Calmez-vous s'il vous plait. On est là pour passer une agréable soirée, n'est-ce pas ? Alors, Romain, êtes vous déjà venu au Cristal ?

 

-C'est évident que non, Edna, voyons. C'est parfaitement visible que ce jeune homme n'est pas du même monde ! Il suffit de voir sa tenue et cette...chose sur sa langue !

 

-Cette chose s'appelle un piercing. Votre fils l'aime beaucoup !

 

Ca marche, il est déstabilisé. La mère d'Evan est écrevisse et je crois qu'Evan n'en est pas loin non plus.

 

Les serveurs autour de nous sont de plus en plus agités au fur et à mesure que la conversation devient dispute. Ils tentent de continuer leur travail l'air de rien, mais tout le monde a les yeux tournés vers notre table. Table qu'ils évitent d'ailleurs au maximum quitte à faire de grands détours pour ne pas avoir à passer près de nous.

 

Je sais que c'est le plus intelligent qui cède...je n'ai jamais prétendu être intelligent. Je ne me laisse pas faire. Je n'ai plus le père d'Evan en face de moi, j'ai un ennemi, un concurrent verbal de taille. Il a l'expérience, j'ai la jeunesse. Il a la sûreté, j'ai l'arrogance !


Evan a plongé la tête dans ses mains et sa mère regarde les alentours espérant vainement que nos éclats de voix ne s'entendent pas des tables voisines. Les choses s'enveniment.


-Mon fils mérite quelqu'un de son rang, pas un jeune délinquant de votre espèce !

 

-Vous connaissez beaucoup de délinquants qui finissent en droit ? C'est pas parce que ma tête ne vous revient pas que vous pouvez vous permettre de dire n'importe quoi. Vous êtes qui pour me juger ?

 

-Ca suffit tous les deux, arrêtez !

 

Evan est rouge de colère. Il n'y a plus un bruit dans le restaurant, tout le monde a les yeux tournés vers nous ! La mère d'Evan est aussi rouge que son fils, mais de honte, elle. Le père d'Evan prend une grande respiration et baisse la voix pour me demander d'une manière très mielleuse :

 

-Avec tous les dépravés qui courent les rues, puis-je au moins savoir ce qui vous a poussé à choisir mon fils ?

 

Je vois bien le regard d'Evan qui me supplie de ne pas répondre à la provocation, mais ça n'a plus aucune importance. Je suis hors de moi ! Je ne lui montrerai pas, ça lui ferait tout plaisir. Alors à mon tour, sur le ton de la confidence et avec un grand sourire, je lui dis :

 

-Il baise comme un dieu !

 

Jeu, set et match. Le père d'Evan s'étouffe tandis que sa mère tente de se planquer sous la table. Je vois un homme s'approcher de la table. Il est moche et gros, à son tour il me regarde de haut. Mais pour qui se prennent tous ces types ? Il prend un air pincé.

 

-Messieurs dame, je vous prie de cesser immédiatement ce tapage ou je me verrai dans l'obligation de vous demander de sortir.

 

-Paniquez pas, j'avais pas l'intention de rester de toutes façons ! Désolé Evan, mais je savais bien que c'était une mauvaise idée.

 

Je me lève et rapidement je suis dehors. Je desserre cette foutue cravate qui me donne l'impression d'étouffer et enlève ma veste et les premiers boutons de ma chemise. J'ai gagné. Pas étonnant, la tchatche, ça a toujours été mon truc. Alors pourquoi j'ai un goût amer dans la bouche ?

 

Je me mets à marcher doucement, j'ai une longue route pour rentrer chez moi.

 

-ROMAIN !

 

Je me retourne en sachant très bien que c'est Evan, mais ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est son regard déçu, blessé, blessant.

 

-Je te ramène.

 

Ce n'est pas une question, pas une proposition, juste un fait. Peut être que pour une fois dans ma vie, j'aurai pu faire l'effort de fermer ma gueule !

 

Le voyage se fait dans un silence pesant. Evan est fâché, et je suis trop fier pour faire le premier pas. Nous arrivons devant chez moi, ça m'ennui mais je sors sans un mot. Je me dirige vers le portail quand je suis saisi par le bras et plaqué contre le mur. Je ne l'ai même pas entendu sortir de la voiture.
Evan a le visage dur et fermé, la mâchoire crispée.


-Tu aurais pu...

 

Il s'arrête et se tient l'arrête du nez entre deux doigts.

 

-Je t'avais demandé de faire un petit effort. C'était trop te demander apparemment !

 

La colère qui m'avait peu à peu quitté le long de la route revient au triple galop !

 

-Tu te fous de moi ? C'est lui qui a commencé !

 

-Oh Romain mais tu t'écoutes parler ? Je disais ça quand j'avais cinq ans !

 

-C'est la vérité. J'avais à peine posé mon cul sur la chaise qui me cherchait déjà. T'as pas vu comme il me regardait ?

 

-C'est sur qu'en t'entendant parler comme ça, il allait forcement t'adorer !!!

 

-Arrête de vouloir tout me mettre sur le dos pour la seule raison que tu n'as pas les couilles de t'opposer à tes parents ! Je n'avais même pas ouvert encore la bouche quand ton père a commencé à m'attaquer. Et il a insulté mes parents !!!

 

-Ne sois pas ridicule, ça n'avait rien de méchant, c'était une sorte de test ! Je suis son fils, c'est normal qu'il veuille savoir avec qui je sors !

 

-Son fils ! Il te méprise pour ce que tu es. Tu l'as entendu parlé des PDs ? Il m'a traité de dépravé et de délinquant parce que je couche avec des mecs !!! Réveil toi, Evan, ton père ne se comportera convenablement à un dîner que lorsque tu lui ramèneras une jolie jeune fille propre sur elle et de bonne famille. Je ne suis ni l'un ni l'autre !

 

-C'est faux ! Si tu avais fait ne serait-ce qu'un petit effort, ce dîner aurait pu très bien se passer !

 

Sans vraiment comprendre pourquoi, je sens mes larmes s'accumuler aux coins de mes yeux. J'ai l'impression que quand il s'agit de ses parents, Evan perd tout sens des réalités et du contrôle. Il veut tellement leur plaire que je ne suis même pas sur qu'il soit conscient que je n'ai fait que me défendre.

 

Je secoue la tête doucement et lui dis en lui caressant la joue :

 

-La vérité Evan, c'est que même avec tous les efforts du monde, ton père m'aurait détesté. Un jour ou l'autre tu devras faire un choix entre la vie qu'il veut te voir mener et celle que tu as choisie. Si tu n'es pas prêt à comprendre ça, alors je crois qu'on perd notre temps ensemble.


Je repousse ses bras qui me tenaient au mur et je rentre chez moi. Cette fois il en me retient pas et je crois bien que c'est ça le plus douloureux !


 

 

 


Bonjour les gens, ou bonsoir...bonne nuit..
Eh ben je vous jure que ce chapitre n'a pas été de la tarte, j'ai eu trop de mal à le faire. J'ai même pensé abandonner pour y revenir plus tard !!! Mais il est bien là, enfin me direz vous !!!
Oui je sais, j'ai du retard, j'ai eu quelques trucs à faire...J'espère que ce chapitre va vous plaire. Et rappelez-vous qu'on ne tape pas l'auteur !!!
Un grand merci à
Perri pour ses conseils et ses coups de pied au cul qui font mal mais qui boostent !!!
Bisous

 

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Vendredi 27 juin 2008
Edit du 30/06/08: J'avais prévu une suite ce week-end....comme vous avez pu le constater, ça n'a pas été le cas. J'ai eu des imprévus et je pars demain et après demain. Donc je reviens jeudi, et là, promis, je m'y mets à fond...lol
Merci de votre patience et de votre soutien. A très bientôt.
Bisous



Me revoilà, en pleine forme ou presque, ready pour me replonger dans l'univers yaoi qui m'a tant manqué!!!! Bon j'étais pas loin, hein, je continuais à vous lire...mais l'écriture m'a manqué!!!! Bref, je suis de retour et pas pour vous jouer un mauvais tour. Me revoilà donc dans la course. Merci de continuer à venir régulièrement, j'espère vous mettre une suite avant la fin du week-end.
Grosses bises à toutes!!!

P.S: euh, j'ai installé la newsletter....je suis pas convaincue de son utilité, mais bon, après tout pourquoi....vous en pensez quoi?
Par Meryl - Publié dans : Petits potins
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Dimanche 15 juin 2008
Eh non, je suis désolée, ce n'est pas une suite. Je n'ai absolument pas le temps de me consacrer à mes fics en ce moment, je suis en plein periode révision et donc quand j'écris, c'est très peu à la fois. Rassurez-vous, je suis en vacances le 27 juin. Je reprendrai donc tout ça à partir de là. J'aurai peut être l'occasion de poster quelque chose entre temps, mais y'a rien de moins sur...je ne prefere pas m'avancer.
Les chapitres en cours sont "Coeur figé", "Une petite parcelle de bonheur" et "Dependance". Il y a aussi une ou deux histoires qui seront sans doute des OS qui me trotent dans la tête...bref, je verrai bien tout ça.
Je vous embrasse bien fort, et je vous dis à bientôt (au max 15 jrs)!
Merci pour voc coms et vos visites!
Meryl (qui en a ras le bol de devoir réviser alors qu'elle pourrait se consacrer à ses histoires et aux votres par la même occasion!!!)
Par Meryl - Publié dans : Petits potins
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Lundi 2 juin 2008
Quand je me réveille à nouveau, je suis seul dans le lit, recouvert d'un drap. Le temps d'émerger, je me rappelle où je suis. Soudain je bondis hors du lit et me dirige vers la porte de la chambre....Merde, je suis à poil. Je cherche mes vêtements du regard...je ne trouve que mon jean et mon haut...mais où est passé mon boxer ??? Tant pis pour le boxer, j'enfile mon pantalon et le tee-shirt. Je me précipite dans le salon sous les yeux plutôt ébahis d'Evan qui buvait jusque là tranquillement son café.

-Bonjour.

 

-Ouais, salut !!!

 

Je ne m'arrête pas et me précipite sur mon sac, pour trouver mon portable. Quatorze appels en absence...je vais me faire tuer. J'appelle chez moi. Evan me regarde complètement abasourdi et légèrement goguenard.

 

-Allo ?

 

-Mounette, c'est moi !!!

 

Le cri qu'elle pousse m'oblige à éloigner le combiné de mon oreille !!! Je savais que j'allais en prendre plein la tronche !!! Faut dire, partir de chez moi après m'être disputé avec mon père et ne pas donner de nouvelle de la nuit...fallait s'y attendre !!! Elle s'époumone me maudissant sur plusieurs générations, me dit que même Elisa ne savait pas où j'étais, que je ne suis qu'un fils indigne et qu'il fallait que j'attende un peu ce que mon père allait dire quand il l'apprendrait !!! Après quelques minutes de vilipendage intensif envers ma pauvre personne, j'arrive enfin à la calmer et à raccrocher.

 

Je me tourne vers Evan, qui tient un bout de brioche dans la main, l'autre bout flottant dans son café sans doute depuis un petit moment, trop occupé à me regarder pour s'en rendre compte !!!

 

-Eh ben, ça aurait pu être pire...je m'en sors pas trop mal je trouve !!!

 

La, je crois bien que je viens de lui donner le coup de grâce. Sa bouche est légèrement ouverte et finalement il éclate de rire.

 

-Tu es vraiment grave Romain !... J'ai le droit à un bonjour digne de ce nom, maintenant ?

 

Je rougis me rendant compte que je l'ai légèrement oublié dans ma précipitation. Je dépose mon portable et me dirige vers lui. Je m'installe sur ses genoux et commence à l'embrasser.

 

-YERK !!! T'as le goût du café...

 

-Et tu n'aimes pas ?

 

-Non, c'est un truc de vieux.

 

-Gamin, va !!!

 

Je décide de passe outre le café et replonge vers sa bouche. Finalement le café, quand c'est sur ses lèvres, ça passe....Ne dites surtout pas à Elisa que j'ai pensé ça.

 

Finalement Evan recule un peu sa tête.

 

-Il faut que j'aille bosser. Tu fermeras derrière toi ?

 

-Et tes clés, j'en fais quoi ?

 

-Eh bien tu n'auras cas passer à l'hôpital me les déposer. Tu vas venir voir ta sœur, non ?

 

A ces mots, la réalité me rattrape brutalement. Je revis ma journée d'hier à une vitesse impressionnante. Ma petite haricote est malade....et la seule chose que j'ai pensé à faire c'est m'envoyer en l'air. Heureusement que je n'ai pas pu...enfin pas avec quelqu'un d'autre que lui.
Evan semble remarquer mon trouble car ses bras se resserrent autour de moi.

 

-Eh ! Ca va aller !

 

-Je suis un monstre...j'ai ma famille qui part en morceau et moi, je suis là, avec toi...et j'arrive à être heureux....je ne suis pas normal.

 

-C'est humain de chercher à être heureux quand tout va mal. Même si ça n'est qu'une petite parcelle de bonheur !

 

Je rigole doucement.

 

-Tu as bien appris tes cours, on dirait.

 

Il m'embrasse doucement et nous restons quelques minutes front contre front, dans un silence réconfortant.

 

-Ce n'est pas le moment de te laisser aller Romain. C'est maintenant qu'ils vont avoir besoin de toi. Tu vas devoir veiller sur eux.

 

-Et je suppose que tu te proposes d'être là pour veiller sur moi ?


 

Je n'ai pas pu empêcher le cynisme dans ma voix.

 

 

-Oui. Si tu veux bien de moi.

 

Je caresse sa joue tendrement. Alors ça y'est, tout se joue maintenant ? Soit je m'éloigne et je le perds, soit je l'accepte à temps plein...pas de vacances ni de jours de congés... Une stabilité que je n'ai jamais recherché et qui s'impose à moi presque naturellement. Je sens la peur m'envahir doucement, s'infiltrant dans chacune de mes veines. Suis-je vraiment prêt à tenter de me stabiliser ? Moi qui étais tellement sûr que la fidélité n'était pas pour moi... Au moment ou je m'apprête à le repousser et à sauvegarder ma liberté, je croise ses yeux et j'y plonge un instant. Je revois ces derniers mois passés. Les rares moments partagés et pourtant si forts. Je repense à Elisa et ses gentilles moqueries pleines de vérité. Je pense à cette nuit et à ce matin. Et je pense à ce qu'il vient de me dire. Il me laisse le choix tout en paraissant résigné à recevoir une réponse négative de ma part. et paradoxalement c'est le fait qu'il me propose clairement de le laisser tomber qui me fait prendre une décision.

 

-D'accord.

 

Ses yeux s'arrondissent de stupeur.

 

-C'est vrai ?

 

-Oui. J'aimerai bien essayer...

 

Je le vois me sourire tout en déglutissant. Sa main se pose sur ma nuque et me rapproche de lui jusqu'à ce que nos lèvres se trouvent. Le baiser se prolonge et je sens ses mains glisser doucement sous mon tee-shirt.

 

-Tu vas être en retard.

 

-Oui, tu as raison.

 

Je l'embrasse chastement avant de me lever, lui permettant de finir son petit déjeuner qui doit être froid d'ailleurs. Son bout de brioche de tout à l'heure fait toujours trempette dans son café...je pense qu'on peut le considérer comme mort noyé....

 

-Je finis tôt, tu voudras que je t'emmène voir ta sœur ?

 

-Euh, oui, pourquoi pas. Je vais y aller, moi. Je crois que j'ai suffisamment inquiété mes parents pour aujourd'hui.

 

-Très bien. Je passe te prendre en sortant alors ?

 

-Oui. A tout à l'heure.

 

Je l'embrasse à nouveau et j'ai du mal à me détacher de lui. Je finis cependant par partir et me retrouve en bas de son immeuble. Je m'adosse un instant au mur et souffle un grand coup. Je suis officiellement en couple. Je sens un sourire niais fleurir sur mon visage. Oh, mon dieu...je suis officiellement en couple !!! Je décroche mon portable.

 

-Salut chéri !!!

 

-Elisa, faut que j'te parle !!!

 

-Ben qu'est-ce qui se passe ?

 

-J'ai dit oui...j'ai accepté de sortir avec lui...

 

-Ben c'est génial ça choupinet !!!

 

-Non mais tu comprends pas...j'ai accepté officiellement...

 

-Depuis le temps que tu lui tournes autour tu devais bien le voir venir, non ? T'es où là ?

 

-Je viens de sortir de chez lui.

 

-Bon, ben où est le problème ?

 

-Elisa, j'ai même plus de sous vêtement !!!

 


Après m'avoir écouté, réconforté, encouragé, Elisa a fini par m'envoyer bouler et je décide d'enfin rentrer chez moi. Je m'attendais à une deuxième crise pour mon absence au lieu de cela, mes parents m'invitent à m'asseoir. La dernière fois qu'ils ont agi comme ça, ils m'ont annoncé la grossesse de ma mère...seulement les mines étaient nettement plus réjouies qu'aujourd'hui. Je m'installe le plus confortablement possible compte tenu de l'état légèrement douloureux de mon arrière train. Il ne m'a pas raté ce con, j'vais plus pouvoir m'asseoir pendant un moment !
Mais le temps n'est pas à la plaisanterie. Les visages graves de mes parents me sortent de mes pensées.

 

-Bon allez-y, dites moi...de toutes façons qu'est-ce qui pourrait être pire que ce qu'on vit déjà, hein ?

 

Ma mère baisse les yeux et je sais qu'elle ne va pas tarder à pleurer. Mon père prend la parole.

 

-Romain...ta mère et moi, avons décidé...de nous séparer pendant quelques temps...

 

Un lourd silence s'abat sur le salon, seulement entrecoupé par les sanglots de ma mère.

 

-Pourquoi ?

 

-Parce que nous...pour le moment nous n'arrivons qu'à nous faire du mal.


-Mais, et Morgane ? Et moi ?

 

-Romain tu es grand maintenant. Tu peux comprendre que nous avons besoin de prendre un peu de recul ! Quant à Morgane, elle sera bientôt ici. Et nous serons présents tous les deux pour elle. Simplement nous ne vivrons plus sous le même toit...

 

Je me contente de hocher la tête. A quoi bon hurler ? A quoi bon argumenter ? leur décision est prise et semble irrévocable...après tout, qui suis-je pour leur dire que ce n'est pas une bonne idée. S'ils en ont besoin, je suppose que je ne peu rien faire contre...

 

-Qui reste ici ?

 

-Ta mère. Je vais prendre un petit studio pas très loin d'ici.

 

-Ok....Je vais dans ma chambre.

 


Nous allongés sur mon lit, Elisa me tient la main. Elle m'a rejoint dans l'après midi.

 

-Alors ils vont se séparer ?

 

-Ouais.

 

-Vraiment ?

 

-Faut croire.

 

-...Comment tu vas ?

 

-Ca va, je crois. Je suppose que c'est la meilleure solution. C'était plus vivable.

 

Elisa se redresse sur un coude. Et me caresse les cheveux.

 

-Mon petit Rom' devient un homme !

 

-Dis pas de connerie ma belle, c'est pas le moment.

 

-Je suis sérieuse chéri. Y'a quelques temps t'aurais beuglé comme un âne en maudissant toute personne à moins de cinquante mètre. Et regarde toi aujourd'hui. Tu analyse, tu réfléchis...tu n'as pas haussé la voix une seule fois. Tu grandis...

 

Je pousse un profond soupir.

 

-Ouais, ben grandir, c'est pas drôle...

 

Elisa éclate de rire et je me laisse aller à sa bonne humeur. Après tout, ce n'est pas la fin du monde. Ce n'est pas le premier couple qui se sépare lors d'un coup dur...

 

-Bon et sinon, tes exams ? Ca donne quoi ?

 

-Je crois que ça s'est plutôt bien passé...et je suis bien content d'être enfin en vacances !!!

 

-Tu m'étonnes !


-Et toi ?

 

-Ca devrait aller aussi...on verra bien aux résultats !

 

-Ouais t'as raison, il est temps de profiter de notre liberté !!!

 

Quelques heures passent. Mes parents sont à l'hôpital. C'est là qu'ils passent la plus grande partie de leur temps. Finalement ils vont être tout le temps ensemble, sauf la nuit...

 

Aux environs de seize heures, la sonnerie de mon portable retentit dans la chambre.

 

-Mouais ?!!

 

-Romain, c'est Evan !

 

-Salut toi !!!

 

-Salut ! Es-tu prêt ?

 

Je jette un coup d'œil dans la glace, je suis torse nu, j'ai qu'un chaussette, les cheveux en pétard et la trace d'oreiller sur la joue. Et surtout, je n'ai toujours pas de boxer depuis ce matin !

 

-Euh...Oui, oui.

 

-Ok, j'arrive dans dix minutes.

 

Je raccroche et me tourne vers Elisa qui a un grand sourire au lèvre.

 

-Ne commence pas !

 

-Mais j'ai rien dit !

 

-Non mais tu l'as pensé très fort.

 

-Oh, allez, je peux bien me moquer un peu de toi, c'est pas tous les jours que je vois ça quand même !!!

 

-Bon, Elisa, si je te dis que je l'aime à la folie, tu me foutras la paix ?

 

Elle me regarde les yeux pétillants à moitié en sautillant.

 

-Oui, oui, promis !!!

 

-Et ben....tu rêves ma grande, j'te dirai jamais un truc pareil !!!


-Oooohhhh, Rom', chéri, s'il te plait....ça serait trop mignoonnn !!!

 

-Justement, dire un truc comme ça devant toi, ça serait signer pour un contrat de babillements et d'exclamations intempestifs pour les dix prochaines années. Alors crois bien que je me risquerai pas à le faire !!!

 

-T'es mauvaise langue, je suis pas comme ça !

 

-Non t'as raison, ça aurait juste été « sssiiiiii miggnoonnnnnnn » !!!

 

Elle se met à bouder. Je m'approche d'elle et l'embrasse doucement sur les lèvres.

 

-Allez, ma belle, fait pas la tronche. Tu sais bien que t'es la femme de ma vie !!!

 

-Tu dis ça, mais maintenant que t'as ta frangine...

 

-C'est vrai que t'as de la concurrence...mais c'est pas plus mal, ça t'obligera à te surpasser...Faut bien que tu me mérites un peu !!!

 

J'esquive un coussin et me jette sur elle, la renversant sur le lit. Nous bataillons un moment et comme toujours, je finis par me retrouver sous elle !


-Alors, qui est-ce qui porte la culotte ?

 

-Ni l'un ni l'autre ma belle, je te signale que tu as un string rouge et que moi je ne porte rien. Mais si ça te fait plaisir, c'est toi l'homme de la maison !!!

 

-Tu portes rien. ?? Mais t'es un gros dégueulasse !!!

 

J'éclate de rire devant sa moue dégoûtée.

 

-C'est pas de ma faute, mon boxer est partit en expédition chez Evan et j'ai perdu sa trace vers trois heures du matin...mais t'en fais pas pour lui, il est débrouillard, il s'en sortira !!!

 

Elisa me regarde avec un air de dire....ben je sais pas trop ce qu'il veut dire, mais il ne me plait pas du tout.

 

-T'aurais pas oublié de me raconter un truc mon lapin en sucre ?

 

-Hein ?

 

-Si tu as perdu ton boxer...ça veut dire qu'il y a eu enlevage du dit boxer....et qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ???

 

Je pique un fard monumental. Je me suis fait piégé comme un débutant !

 

-OOUUUHHHAAAAA, alors ça y'est, vous avez conclu ???

 

-Bon je veux pas te mettre dehors, mais je dois me préparer, il va pas tarder.

 

-Oh non, mon grand, tu vas pas t'en sortir comme ça. Je veux tout savoir. L'heure, le lieu, la position, le dominant, le temps que ça a duré, si c'était bien...

 

La sonnette l'interrompt. Je ne peux m'empêcher de sourire.

 

-Oh, quel dommage, je ne peux pas te raconter !!!

 

-Rom' je te préviens, si tu ne me raconte pas tout, je lui demande à lui !

 

Je me retourne brutalement vers elle.

 

-T'oserais pas !

 

-Tu veux parier.

 

Je suis coincé. Je sais qu'elle en est parfaitement capable ! Elle a un sourire de vainqueur scotché aux lèvres. Elle m'énerve, mais elle m'énerve !

 

-Bon écoute, je te promets de tout te raconter d'accord, mais là, j'ai pas le temps. Tu sauras tout.

 

-Même les détails ?...

 

Je soupir.

 

-Même les détails...

 

-Promis ?

 

-Promis. Maintenant, si tu veux bien je vais aller accueillir mon pet...enfin Evan !

 

-T'allais dire petit ami !!!

 

Je me dirige vers la porte en me bouchant les oreilles.

 

-Je ne t'écoute même pas, tu sais pas ce que tu dis !!!

 

J'ouvre la porte et retrouve Evan tandis qu'Elisa est toujours en train de gueuler je ne sais quoi là-haut. Quant à Evan-j'ai-un-corps-de-rêve, il a les traits tirés.

 

-Journée difficile ?

 

-Plutôt oui ! Mais t'es pas prêt ?

 

-Euh..si !!

 

-T'es à moitié à poil.

 

-Tu deviens grossier quand t'es fatigué !

 

-Tu parles comme ça tout le temps, je m'adapte.

 

Je lui tire la langue.

 

-Et puis si mes renseignements sont exacts, ça n'est pas toujours un soucis de le voir nu !!!

 

Je ferme les yeux de désespoir.


-Oh, nan !!! Bon, je suppose que la rencontre était inévitable...Evan, je te présente Elisa la femme qui fait de ma vie un enfer. Elisa, je te présente Evan, l'homme qui a fait de ma nuit un...

 

La main d'Evan se plaque sur ma bouche, m'empêchant de finir ma phrase.

 

-Je suis sûr qu'elle a comprit l'idée, Romain.

 

Elisa se jette à moitié au cou d'Evan et l'embrasse.

 

Il semble complètement abasourdi le pauvre.

 

-Ne t'inquiète pas, elle est un peu bizarre mais tu t'y feras...j'aurai du te prévenir, le choc aurait été moins rude...

 

Elise me met une claque derrière la tête.

 

-Va plutôt t'habiller, je m'occuper de super-mâle (*)!

 

Evan se laisse emporter dans le salon e me lance :

 

-Tu en as pour longtemps ?

 

-A peine cinq minutes ! Elisa, t'es gentille, tu ne me le traumatises pas !

 

Je grimpe dans ma chambre, me préparer.

 

Une demi heure plus tard, je redescend.

 

Elisa est juchée sur les genoux d'Evan qui semble être collé contre le canapé...à moitié tétanisé.

 

-Tu peux la virer si elle te gène, sinon elle va s'installer !


 

Evan se lève d'un bond et Elisa se retrouve les quatre fers en l'air sur le tapis du salon !
J'éclate de rire tandis qu'Evan s'excuse platement en l'aidant à se relever. Plus de peur que de mal. Elisa fini par rire avec moi et Evan aussi.

 

Une fois dans la voiture Evan me dit :

 

-Elle est....bizarre ta copine...

 

J'éclate de rire ! Il continue.

 

-Vous vous êtes bien trouvés tout les deux.

 

La, c'est tout de suite beaucoup moins drôle...


Nous arrivons à l'hôpital et je sens la nervosité monter en moi. Ce n'est pas la première fois que je vois ma p'tite haricote depuis sa naissance, mais c'est la première fois depuis l'annonce de sa maladie....sa maladie...j'ai encore du mal à m'y faire. Comment un petit bout comme elle peut être atteinte d'une telle ignominie ?
Je sens la main d'Evan sur mon poignet.

 

-Ca va aller ?

 

-Oui...oui, c'est juste que...Tu crois que je vais la voir différemment ? Je veux dire...on ne dirait vraiment pas qu'elle est malade, elle est tellement belle, je....je comprends pas...

 

-Je sais que c'est pas évident, Romain. Je ne sais pas quoi te dire...tu verras bien, je suis sure que tu la trouveras toujours aussi belle. Et si ça se trouve la maladie ne se développera que très peu. Il y a des cas ou...

 

-Evan, s'il te plait. Je ne suis pas un de tes patients que tu dois consoler. Dis moi la vérité. Qu'est-ce que c'est que cette maladie exactement ?

 

Evan pousse un petit soupir résigné et sa main monte caresser ma joue.

 

-La monosomie, c'est quand il manque un chromosome. Au lieu d'avoir 46 chromosomes, la personne n'en a que 45. La plupart du temps, les monosomies sont létales et ta mère aurait du faire une fausse couche plus ou moins rapidement ou bien avoir un bébé mort né, c'est ce qu'il arrive le plus fréquemment. Mais il arrive que les fœtus se développent et arrivent à terme. (**)


-Et après ?

 

-Après quoi ?

 

-Après...Qu'est-ce qu'elle va devenir ?


-En théorie...elle devrait avoir des retards de croissance et sans doute aussi des retards au niveau psychomoteur, et mental....(**)


-Mais est-ce qu'elle va....vivre ? Je veux dire, y'a plus de risque maintenant qu'elle est née, hein ?

 

Evan baisse les yeux et une sourde douleur prend place dans ma poitrine.

 

-Ecoute Romain, je ne crois pas que ce soit à moi de te dire ça, le médecin de ta sœur est bien plus apte à répondre à tes questions, je ne suis qu'infirmier, et...

 

Je pose une main sur sa bouche pour l'empêcher de continuer.

 

-Dis moi ce que tu sais....j'ai besoin de savoir !

 

-...

 

-S'il te plait...

 

-Je...crains que son espérance de vie ne soit pas très élevée. Mais tout ça, c'est très théorique, je te l'ai dit, je ne suis pas médecin...et chaque cas est différent. C'est une maladie rare et peu d'études sont faites dessus. On ne peut pas prédire à l'avance ce qui va se passer. Si ça se trouve, elle peut très bien évoluer... simplement elle sera un peu en retard par rapport aux autres ! (**)


-Combien de temps ?

 

-Je ne sais pas Romain. Quelques années...peut être plus...Peut être a-t-elle une longue vie qui l'attend. Je ne peux pas te dire, je n'en sais rien.

 

Je hoche doucement la tête et quelques larmes font leur apparition aux coins de mes yeux. Evan passe sa main derrière ma tête et m'attire contre son épaule. Nous restons un petit moment l'un contre l'autre. Puis je me décide à reprendre mes esprits. J'essuie mes larmes et pose un léger baiser sur les lèvres d'Evan.

 

-Merci.

 

Il me fait un petit sourire triste. Puis nous quittons l'habitacle de la voiture et nous nous dirigeons main dans la main vers l'entrée du service. Arrivé devant la porte, Evan me lâche la main. Je le regarde étonné.

 

-Je suis désolé, mais c'est mon lieu de travail.

 

-Et ils ne savent pas que t'es homo ?

 

-Si, ils le savent, mais ce n'est pas pour ça que je veux m'afficher. Surtout que tu es le fils d'une patient et que ta sœur est toujours dans les locaux...je ne crois pas que ça serait très bien vu.

 

-Oh, ok.


Il m'emmène vers la nurserie et je la vois.


-Tu vois elle est magnifique ta sœur !

 

J'acquiesce.

 

-Evidemment...c'est de famille !

 

Evan me sourit et ma caresse doucement le dos de la main. Je vois bien qu'il se retient de ne pas se rapprocher trop de moi, de ne pas avoir de gestes équivoques. Et cette manifestation de frustration m'apporte une grande satisfaction. Savoir que je lui manque alors que je suis à deux pas de lui me donne l'impression d'avoir un grand pouvoir, d'être VIP parmi les simples mortels. C'est grisant ! J'arrive à trouver une puéricultrice et elle m'aide à m'installer dans une petite salle pour que je puisse prendre ma frangine dans les bras. Evan s'installe à côté de moi et une fois la puéricultrice partie, il passe son bras autour de mes épaules. Je me surprends à nous trouver touchants comme ça...on croirait presque un tableau de famille ! Cette idée me fait sourire tandis que Morgane somnole dans mes bras. Au bout d'un moment Evan se lève et prend une photo de ma p'tite haricote et moi avec son portable. Puis il revient prendre sa place à mes côtés.
Soudain, la porte s'ouvre et la puéricultrice fait entrer mes parents. Evan se lève d'un bond et s'éloigne de quelques pas.

 

Un gros silence se fait dans la pièce. Finalement ma mère prend a parole et s'adresse à Evan.

 

-Alors c'est vous ?

 

-Pardon ?

 

-Monsieur Lombot, c'est bien cela ? Vous étiez dans l'équipe qui nous a suivi pendant la grossesse, c'est bien cela ?

 

-Oui madame, c'est moi.

 

-Et c'est vous qui me volez mon fils ?


Je vois Evan pâlir dangereusement. Dans ma grande bonté, je décide de voler à son secours.

 

-Mounette, arrête, tu vois bien qu'il y croit !!!

 

Quelques secondes plus tard, ma mère n'arrive plus à se retenir et éclate de rire, bientôt suivi par mon père, puis moi. Seul Evan reste immobile au milieu de la pièce, semblant se demander ce qu'il se passe. Ca me fait du bien de voir mes parents rire librement et ensemble. J'ai l'impression que rien n'a changé ! Je me lève et tend p'tite haricote à ma mère, puis me dirige vers Evan.

 

-T'inquiète pas, ils sont barges...je crois que je suis la personne la plus sensée de cette famille, c'est pour te dire le niveau !!!

 

Finalement Evan se laisse emporter dans la joie ambiante et après une poignée de main de la part de mon père et une bise de la part de ma mère, il semble se détendre un peu.


-Tu sais, Evan, c'est un grand honneur pour nous de te rencontrer. C'est la première fois que Romain se décide à nous présenter son petit ami !

 

Evan me regarde et je rougis légèrement.

 

-Papa, arrête, c'est bon la...

 

-Et si en plus il rougit...ajoute ma mère.

 

-Vous êtes en train de me foutre la honte, la. C'est pas cool de votre part. Et puis comment vous avez su que j'avais quelqu'un ?

 

-Ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire des grimace Romain. Ta mère et moi avons bien vu que tu étais plus souvent absent, et sans Elisa...ce qui est extrêmement rare. Il y avait donc deux solutions. Soit tu t'étais engagé dans un camp terroriste pour suivre une idéologie qui n'est pas la tienne, soit tu avais une meilleure compagnie que celle de tes vieux parents et de ta meilleure amie !

 

La fin d'après midi se déroule lentement mais très agréablement. P'tite haricote fait le tour des bras et Elisa nous rejoins même pendant un petit moment. Evan était bien plus gêné d'avoir fait partit des explorateurs de foufoune de ma mère qu'elle ne l'était elle même ! Je suis surpris et heureux de l'accueil que mes parents ont réservé à Evan. Je ne pensais pas avoir à faire les présentations si tôt, mais je ne regrette rien. Après tout, si j'ai décidé de m'engager sur un terme plus ou moins long, il faut bien marquer le coup ! Cet après-midi a eu l'effet d'un grand bol d'oxygène pour chacun d'entre nous. Et même si mes parents vont quand même se séparer, nos rapports n'ont jamais été aussi détendus et agréables depuis de longs mois.
Je me suis surpris plus d'une fois à apprécier les petits gestes d'Evan à mon égard...il va falloir que je fasse gaffe à ne pas tomber dans une pathétique mièvrerie !! D'ailleurs j'ai l'impression que depuis que j'ai confirmé à Evan que j'étais décidé à tenter quelque chose de...disons de sérieux, avec lui, ces petits gestes se font de plus en plus nombreux et son comportement se relâche un peu, il semble moins tendu, plus joyeux.
Et malgré toutes ses prétendues précautions sur son lieu de travail, lorsque nous sommes repartis, Evan avait passé son bras sur mes épaules ! Peut être parce que nous venions de passer un très bon moment et que rien n'aurait pu gâcher ça, ou peut être pour me donner du courage pour affronter la pire soirée de ma vie : le dîner avec ses parents !


 

 

 

(*) Petite référence au film de Disney « Hercule »...lol, j'adore cette expression

(**) les données concernant la monosomie ne sont pas complètement exactes. Je me suis inspirée de la vérité, mais j'ai un peu remanié à ma sauce. Donc ne vous étonnez pas si vous trouvez des données différentes dans des sites/revues/émissions spécialisées. Et c'est valable pour tout l'histoire (grossesse, dépistage de la maladie, naissance, évolution, etc...)


Bonjour, bonjour !!!
Je tiens à m'excuser pour mon retard, ça fait un petit moment que je n'ai pas posté. J'avais pas mal de boulot et j'ai aussi eu quelques soucis de blocage à certains passages du chapitre. A l'origine je devais faire le repas avec les parents d'Evan dans ce chapitre, mais les choses se sont passées différemment, donc ça sera pour le prochain.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
J'ai commencé (je dis bien commencé, hein) le chapitre 22 de cœur figé...Eh, oui, ENFIN...je crois que je me suis faite à l'idée de me séparer de mes persos ! Et puis à force d'attendre, ça risque de perdre son sens...donc voilà, je ne sais pas quand ça se finira, mais c'est commencé...
Bisous à vous !!!!

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Dimanche 25 mai 2008
Je suis Alix à travers les couloirs, mon sac poubelle dans une main, le règlement dans l'autre. Je me laisse conduire sans écouter un mot de ce que peut me dire l'éducateur.

-Voilà ta chambre, je te laisse une clé. Nous avons des passes et pouvons entrer à tout moment. Rassure toi nous ne le ferons qu'en cas de nécessité, sinon cet antre est à toi. Tu peux y faire ce que tu veux....tant que tu n'enfreins pas les règles.


Il commence à me taper sur le système avec ses règles ! J'ai bien compris qu'il y en avait...de toutes façons il y en a partout. Je me sens tout d'un coup très lasse et je n'aspire qu'à dormir un peu. Alix semble s'en apercevoir.

 

-Je vais te laisser te reposer un peu. Je reviendrais te chercher au moment du repas. Je dois préparer une autre entrée. A plus tard.

 

Je murmure un vague « salut » et je ferme la porte derrière lui. Je m'y adosse un moment et respire un grand coup. Je décide de visiter les lieux. Ce n'est pas Byzance, mais c'est sympa. Les couleurs sont chaleureuses et l'on se sent facilement à l'aise. J'ai un lit une place au centre, un bureau, une table de chevet, une armoire intégrée au mur et une porte au fond. Ce doit être la salle de bain. J'ouvre et effectivement, j'ai à ma disposition une douche, un WC, un lavabo et une petite étagère.

 

J'ouvre l'armoire de la chambre et souris tout seul. Je n'ai vraiment pas de quoi la remplir. Je pose mon sac poubelle sur un étage et mon livret d'accueil sur la table de nuit. Je retire mes chaussures et m'écroule sur le lit. Alors que je m'attends à tomber de fatigue, je sens une boule se former dans ma gorge et sans bien comprendre pourquoi, j'éclate en sanglot. Les larmes dévalent mes joues et je ne sais ni les expliquer, ni les arrêter...alors je me roule en boule serrant l'oreiller contre moi et j'attends. Je sens que ça va être long, je sens que ça va être dur...bien plus que je ne l'imaginais. Et je n'ai qu'une envie pour le moment, me piquer. Et Riley qui n'est pas là ! Je me demande ce qu'il fait, si il pense à moi. A cette heure ci, il doit dormir...récupérer de sa nuit. J'ai mal au ventre rien que de penser aux hommes qui l'ont touché. C'est sur ces sombres pensées, que je me sens m'assoupir.

 

Une main me réveille en sursaut. Je regarde affolé autour de moi avant de voir le visage d'Alix penché sur moi. Il me faut quelques secondes avant de remettre les pièces du puzzle en place.

 

-Ca va ?

 

-Euh...oui, oui, je...je me suis endormi.

 

-Oui, j'ai vu ça, tu devais en avoir besoin. Je voulais juste te prévenir que c'est l'heure du dîner.

 

-Ah, d'accord.

 

-Je t'attends dans le couloir, je vais te conduire à la salle commune.

 

Il sort et je m'étire un instant avant d'aller me passer un peu d'eau sur le visage. Ca faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi, d'habitude je ne dors que d'un œil, sursautant au moindre bruit et là, je n'ai même pas entendu mon moniteur arriver. Effectivement, je devais avoir besoin de repos. Je retrouve Alix dans le couloir et nous nous dirigeons vers ce qui semble être une sorte de cafétéria. En marchant, il me donne des informations complémentaires sur le centre. J'écoute vaguement, plus occupé à regarder autour de moi et à repérer le chemin que nous prenons.

 

-Voilà, nous y sommes, tu prends ton plateau, c'est un système de self service. Tu as le droit à un plat principal accompagné de trois accompagnant. Deux entrées et un dessert, une entrée et deux desserts, trois desserts...bref, tu fais comme tu le sens. Cette table est réservée au personnel, mais pour le reste, tu te mets où tu veux. Je t'attendrai à la fin du repas. A plus tard.

 

Il s'éloigne. Je prends un plateau et me met en bout de file. Je m'installe seul à une table, je regarde mon plateau, je ne pourrais jamais manger tout ça. Ca fait un moment que je n'ai pas eu de vrai repas. Et puis la drogue est un excellent coupe faim. Soudain des plateaux se posent de chaque côté et en face de moi. Une groupe de jeunes m'entourent et je me sens en position de faiblesse. Je n'aime pas ça du tout.

 

-Alors, c'est toi l'nouveau !

 

C'est le type en face de moi qui vient de parler, il semble être une sorte de chef. Celui à ma droit tire mon plateau vers lui.

 

-Hum, ça m'a l'air bon tout ça.


Il s'apprête à prendre ma fourchette mais ma main s'abat sur la sienne, agrippant son poignet.

 

-Rends moi ça.

 

Je connais les codes de la rue. C'est une sorte de test. Si je me laisse piétiner maintenant, je n'en sortirai jamais. Je ne dois pas plier, quitte à me prendre quelques coups. C'est comme ça que ça marche. Marche ou crève ! Je m'apprête à récupérer mon plateau quand une main, venant de gauche cette fois-ci, m'attrape par la nuque, m'immobilisant au dessus de la table.


-Tu bouges pas l'nouveau ! Et tu fais ce qu'on te dit !

 

Je vois le type de droite reprendre doucement le plateau. Celui en face de moi, me regarde un petit sourire narquois plaqué sur le visage. Je sens la moutarde qui monte et qui finit par déborder. Le chef de la bande me toise d'un air de défi. Je suis en train de perdre, nous le savons tout les deux....j'ai horreur de perdre !!! D'un bond, je colle mon coude dans la face du type de gauche, retrouvant ainsi ma nuque libérée de toute entrave, puis je colle la tête de celui de droite dans l'assiette du plateau, et ayant saisi une fourchette au passage, je la lui enfonce légèrement au niveau du cou. Je vois son regard se remplir de frayeur. Je me tourne vers le type en face de moi.

 

-Ecoutez moi bien bande de cons, je suis pas la pour foutre la merde, mais si vous me cherchez, vous allez rapidement me trouver. Alors vous allez gentiment dégager de cette table et me laisser finir mon repas peinard. Si vous êtes bien gentils, j'oublierai tout ça et on poursuivra nos vies chacun de notre côté, mais si vous essayez encore une fois de vous en prendre à moi, je vous jure que je vous briserai les uns après les autres.


Le type sous ma fourchette acquiesce rapidement et je le lâche, lui permettant de se relever et de commencer à essuyer sa purée. Les autres ont le regard tourné vers leur chef, attendant les consignes. Il s'adresse à moi :

 

-C'est quoi ton nom ?

 

-Tyler.

 

Il tend se main par dessus la table.

 

-Moi c'est Jordan. Bienvenu au CASA !

 

-CASA ?

 

-Centre d'Accompagnement et de Soins d'Addictologie. On dit CASA, c'est plus court.

 

-Ah, ok.

 

Je sers sa main et il me désigne de la tête le type à ma gauche.

 

-Lui c'est Alec.

 

Puis les deux qui l'entourent.

 

-Voilà Sidney et Le criquet.

 

Et enfin celui à ma droite, toujours en train de tenter de se débarrasser de la purée.

 

-Et lui, c'est Raoul. Raoul, va chercher une autre assiette pour Tyler !

 

-Quoi ?

 

-T'as foutu ta tronche d'abruti dedans, alors tu vas lui en chercher une autre.

 

-Mais c'est lui qui...

 

-J'ai dit tu vas en chercher une autre !

 

Jordan accentue chacun de ses mots et réduit Raoul au silence. Celui-ci se lève en râlant. Je l'interromps.


-Laisse tomber, je n'ai plus faim de toutes façons.

 

-Bah alors pourquoi tu t'es battu pour ton plateau ?


Me demande Raoul étonné en se rasseyant.


-Question de principe. Tu touches pas à ce qui m'appartiens.

 

Je croise le regard de Jordan qui hoche la tête en me faisant un petit sourire.

 

-Toi tu me plais. Je pense qu'on peut bien s'entendre.


-On verra. Pour le moment je dois y aller.

 

-A plus Tyler !

 

-Ouais, salut Jordan.

 

Je prends mon plateau et me dirige vers la sortie pour l'y déposer au passage. Alix m'intercepte au passage et jette un coup d'œil au contenu.


-Tu n'as pas mangé grand chose.

 

-Je n'avais pas très faim.

 

-Tu as décidé de faire la guerre à ta purée et c'est elle qui a gagné ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

 

Je baisse légèrement la tête.

 

-Oh, rien....un petit incident de parcours.

 

Je pose rapidement mon plateau sur l'espèce de tapis roulant qui semble mener à la cuisine, et me dirige vers la sortie de la cafétéria afin d'éviter les questions inutiles. Heureusement Alix semble habitué et n'insiste pas. La fin de journée se passe assez rapidement. Je visite le reste du centre, les différentes salles d'activités, j'en apprends un peu plus sur les règles de vie. Demain, je rencontrerai un psychologue, ça ne m'enchante pas vraiment, mais je préfère me taire. J'apprends aussi qu'il y a un groupe de parole. Alix me dit que ce n'est pas obligatoire, mais que ça ne peut qu'être bénéfique. Il faut y aller quand on s'y sent prêt...ce n'est pas mon cas. J'apprends aussi que je vais devoir pisser dans un bocal tous les matins pour contrôler que je respecte bien ma part du contrat. Contrat que j'ai signé un peu plus tôt, stipulant que je m'engageais à ne rien consommer comme drogue en l'échange de leur accueil et de leur aide. Oh, joie...j'adore pisser dans les bocaux !!!
L'éducateur me raccompagne jusqu'à ma chambre et me souhaite une bonne nuit.

 

-Oh fait !!!

 

Quoi encore ? Il a pas compris que je voulais qu'il me foute la paix maintenant. J'ai besoin de me retrouver un peu avec moi même.

 

-Si jamais ça t'intéresse, nous proposons des cours ou des remises à niveau pour les personnes souhaitant avoir ou préparer un diplôme.


Je sens mon cœur faire un bond dans ma poitrine.

 

-Tu veux dire que je pourrais reprendre mes études ?

 

-A priori, oui, si tu nous donnes le niveau où tu t'es arrêté, on fera quelques tests pour voir où tu en es....et des bénévoles viennent plusieurs fois par semaines pour donner des cours. Ca t'intéresse ?

 

Je sens mon cœur danser la gigue et c'est avec un peu de mal que je réponds.

 

-Oui, beaucoup...enfin, je...je sais pas si je pourrai...ça fait longtemps....

 

-Ecoute, ça n'a pas d'importance pour aujourd'hui. Ce que je te propose, c'est d'y réfléchir et tu me donnes ta réponse quand tu auras pris une décision.

 

-Euh...oui, d'accord.

 

-A demain Tyler.

 

-A demain...Alix.

 

Il me fait un petit sourire et s'éloigne. Je referme la porte et m'y adosse. Ca fait beaucoup d'émotions à digérer pour cette journée. Les premiers temps risquent d'être émotionnellement remplis. Je tente de faire le point. Je suis rentré dans un centre pour me désintoxiquer, chose que j'avais déjà commencé seul. J'ai été agressé puis accepté par une bande de jeunes qui semblent avoir mon âge. On m'offre la chance d'un nouveau départ, une possibilité de reprendre des études, une vie...on m'offre du temps. Du temps pour réfléchir, du temps pour comprendre, du temps pour évoluer...Je n'ai pas l'habitude d'avoir du temps. Pour la première fois depuis plus de six ans, j'ai l'impression que l'horizon s'éclaircit un peu. Je sens un sourire se former sur mes lèvres malgré moi. J'ai l'impression que je suis en train de jouer le tournant de ma vie. Je ne peux pas laisser passer cette chance.
Je me prépare à dormir et m'allonge dans mon lit, repensant à l'idée de reprendre des cours. J'adorais l'école avant. J'avais toujours adoré ça, j'aimais apprendre et découvrir chaque jour de nouvelles choses. Bien sur, tout n'était pas rose, je n'aimais pas toujours mes profs, je n'aimais pas toujours toutes les leçons, mais dans l'ensemble, j'étais bon élève et j'allais toujours au devant de nouvelle découvertes. Tout ça, c'était avant....
L'excitation commence à gagner mon ventre, ça faisait longtemps que je n'avais pas ressentit une telle émotion. Il faut que je me calme sinon, je n'arriverai jamais à m'endormir...et pourtant, je sens que j'en ai besoin.

 

La douleur me réveille en sursaut au milieu de la nuit. Je tremble et j'ai des crampes à l'estomac. Le manque ! Je pensais pourtant avoir dépassé le stade. C'est la première fois que ça me fait ça. Les fois d'avant, quand j'avais essayé d'arrêté, les crises avaient bien été là, mais une fois arrêtées, elle ne réapparaissaient pas. Pas sous forme physique en tout cas. L'envie me tiraillait l'esprit, mais je n'avais pas de « signes cliniques ». Et là, alors que je suis clean depuis trois jours, je refais une crise. Et une belle en plus, je sens la douleur monter crescendo. Je me roule en boule tentant d'intérioriser un maximum. Les spasmes augmentent en durée et en intensité. Je me retrouve par terre, je dégouline de sueur et je laisse mes larmes couler, bien incapable de me contrôler plus longtemps et je crois bien que je cris aussi.


Je vois les minutes passer sur le réveil et pourtant j'ai l'impression que ça fait des heures que je suis allongé là, par terre. La douleur est partout maintenant. Et je sens mon corps entièrement crispé. Une lumière m'aveugle et je crois comprendre que quelqu'un est à côté de moi. Un surveillant de nuit, sans doute. Je ne vois plus rien, je crois bien que mes yeux sont partis derrière leurs orbites. Je sens quelque chose me piquer le bras et tout d'un coup, je me détends et je sombre dans une inconscience salvatrice.


Lorsque je reprend conscience, le soleil est déjà haut dans le ciel. C'est rare d'avoir si beau temps à cette période de l'année. Je sens le lit s'affaisser légèrement et quand je tourne la tête, je vois Alix penché au dessus de moi.

 

-Tu te sens mieux ?

 

J'ai la bouche trop pâteuse pour répondre alors je me contente de hocher la tête. Il reprend avec un petit sourire.

 

-Arthur, le surveillant de nuit à entendu un bruit sourd alors il est venu voir ce qui se passait. C'était son premier jour chez nous...je crois qu'il s'en souviendra !

 

Je tente un sourire qui doit ressembler à une grimace.

 

-Tu dois avoir soif, non ?

 

Je hoche la tête à nouveau.

 

Il me tend un verre. Après m'être réhydraté, je me décide à le questionner.

 

-Je ne comprends pas ? Je n'ai pas eu de crise depuis trois jours. Pourquoi cette nuit ?

 

-Vu l'importance de ta crise, je suppose que ce n'est pas ta première tentative d'arrêt.

 

-Non, j'ai déjà essayé plusieurs fois.

 

-Bon, alors, tu n'es pas sans savoir que plus tu essaies, plus le sevrage est long et difficile ?

 

-Oui, je sais.

 

-Eh bien, c'est juste une nouvelle conséquence. Ton corps est trop habitué aux substances et même après tes quelques jours de sevrage, il se rappelle à toi. Peut-être aussi est-ce dû à tous ces chamboulements que tu es en train de vivre. Ton corps cherche un moyen de décompresser et c'est sûrement le seul qu'il connaisse à l'heure actuelle.

 

-Ah...alors ça va encore m'arriver ?

 

-C'est possible. On en peut pas prévoir. Chaque sevrage est différent.

 

-J'ai senti qu'on me piquait. Vous m'avez donné de la drogue ?

 

-Non, pas vraiment, c'est de la buprénorphine. C'est un substitut que tu arrêteras progressivement, jusqu'au sevrage complet.

 

-Pourquoi t'es là ?

 

-Chaque patient à un référent au centre. Si tu as besoin de parler ou autre, je suis là pour toi, pendant tout le temps ou tu seras ici et aussi quand tu sortiras. Ca me permettra de voir ton évolution dans la maladie. Pour toi, je peux être une sorte de béquille, si tu le veux bien, évidemment. J'ai été volontaire pour te suivre parce que je t'ai accueilli, et que c'est ce qu'on fait d'habitude. Si ça ne te convient pas, tu peux demander à changer à n'importe quel moment.

 

-Vous dites que je suis malade ?

 

-Oui. Comment tu dis toi ?

 

-.....je ne sais pas...je suis...qu'un drogué ! C'est mal...

 

-L'addictologie est une branche de la médecine. Pour nous tous ici tu es un malade comme les autres. Et nous sommes là pour t'aider à guérir. Je te l'ai déjà dit, mais le fait que tu sois venu ici de ton plein gré est déjà une preuve de volonté que peu de gens franchissent. Tu es sur la bonne voie Tyler. Simplement, c'est un chemin difficile et rempli d'embûches. Il va falloir t'accrocher.

 

-Oui, j'ai remarqué...mais après tout, si j'ai une béquille, ça devrait aller !!

 

Il me sourit et je lui rend. Avant de constater avec horreur que je suis en train de le trouver très attirant. Et quand il se tourne pour partir, je ne peux empêcher mon regard de descendre sur son joli petit cul. Oh, merde, il s'est retourné. Et il m'a vu. Heureusement, il fait comme si de rien n'était et j'essai de faire pareil...difficile quand mon teint prend la couleur d'une tomate bien mure.


-Euh...je vais te laisser t'habiller. Tu as raté le petit déjeuner, mais le déjeuner va bientôt être servi.

 

Après son départ, je me lève et me prépare. Je ne comprends pas ce qui m'a prit. Depuis que j'étais avec Riley, je n'avais jamais posé les yeux sur un autre homme. Et là...le voir me sourire comme ça, sans arrière pensée, ça m'a...ému. Oui, c'est le mot. Je crois que c'est parce que je n'ai pas l'habitude. Les hommes que je côtoie sont ceux de ma bande et il ne me voit pas comme un amant potentiel...ceux qui ont essayé ont reçu une petite visite de Riley et ont eu du mal à s'en remettre. Les autres sont mes clients...et ceux là, ne pensent qu'à tirer leur coup. Quand ils me regardent, ils ne voient que mon corps et ce qu'ils pourront en faire. Ils n'ont toujours qu'une idée en tête. Je crois que j'ai eu trop peu de contacts humains ces dernières années.

 

Une fois prêt, je me retrouve à la cafétéria. La salle est bondée. Il n'y a plus beaucoup de place. Je m'approche d'une fille assise seule.

 

-Je peux m'asseoir ?


Elle relève la tête et acquiesce doucement. Je m'installe et commence à manger.

 

-Oh fait, je m'appelle Tyler.

 

-Moi c'est Emilie.

 

-Tu es là depuis longtemps ?

 

-Je suis arrivée hier. Et toi ?

 

Effectivement, je me souviens qu'Alix avait mentionné une autre arrivée quand il m'avait accompagné à ma chambre.

 

-Pareil, hier aussi.

 

-Tu es là pour quoi ?

 

-Drogue. Et toi ?

 

-Pareil. Comment tu te sens ?

 

-Pas trop mal. J'ai l'impression que ça va être beaucoup plus difficile que je ne pensais. Mais je sais aussi que si j'échoue maintenant, je n'en sortirai jamais...alors, je veux essayer au maximum !

 

-Oui, je comprends. J'ai peur de ne pas réussir. Mes parents m'ont envoyé ici, mais...j'ai peur de ne pas être assez forte. Ils m'ont dit que c'était la condition pour qu'ils m'acceptent chez eux. Si j'échoue, je me retrouverai à la rue...

 

Je ne sais pas trop quoi dire. Je ne suis pas doué pour réconforter les gens...

 

-Ca va aller. Dis toi que...c'est un mauvais moment à passer !

 

-Oui...peut-être...

 

Je vois Jordan s'installer en face de moi et le reste de la bande autour de nous. Je vois qu'ils s'apprêtent à faire passer le même genre d'épreuve à Emilie.

 

-Ca va les gars, elle est avec moi, foutez lui la paix.

 

Raoul s'apprête à répliquer mais je le fusille du regard et il finit par baisser les yeux, sous le regard amusé de Jordan. Finalement le repas ne se passe pas trop mal. Nous faisons tous plus ou moins connaissance. Et encore une fois, mon plateau est quasiment intact quand je le dépose sur le tapis roulant.

 

Alix m'a expliqué un peu le déroulement de mon après midi. Comme prévu, j'ai rendez-vous avec un psy...ça craint, sérieux. En plus le type a une salle tronche. Et il me regarde de haut. J'ai horreur de ça. C'est évident que pour lui, je ne suis qu'une sous merde. Si certaines personnes sont là bénévolement, je suis certain que ce n'est pas son cas. C'est étrange mais son visage m'est familier.


Je suis installé sur une chaise, lui en face de moi, un bureau nous séparant. Je croyais que chez les psys, on était allongé sur une sorte de divan...je me suis planté. Il me scrute derrière ses lunettes. Attendant que je prenne la parole. Il peut toujours courir.

 

-Bien, monsieur....Rivion Jeremy...

 

Dit-il après un coup d'œil dans son dossier.

 

-C'est Tyler.

 

-Vous ne vous appelez pas Jeremy Rivion ?

 

-Si. Mais je préfère Tyler.

 

Il hausse les sourcils, je hais déjà ce type.

 

-Monsieur Rivion, savez-vous pourquoi vous êtes là ?

 

-Non. Et appelez moi Tyler....s'il vous plait.

 

-Monsieur Rivion, vous êtes là parce que les...gens comme vous, sont...comment dire...un poids pour l'état. Mon devoir est de faire en sorte que vous deveniez une personne normale, si cela est possible bien entendu !!! Je vais donc devoir faire de vous une personne...respectable ou en tout cas s'en approcher...

 

-Je m'appelle Tyler.

 

-Tyler, Jeremy, quelle importance.

 

-C'est important pour moi !

 

-Ce qui vous plait m'importe peu. Il va falloir que vous appreniez le respect JEREMY. Ce que je vais mettre dans votre dossier peut vous aider à avancer, ou vous faire retourner dans la rue. Alors à moins que vous ne souhaitiez faire le trottoir jusqu'à la fin de votre misérable vie, vous allez faire ce que je vous demande.

 

Je reste muet devant sa réplique. Comment peut-il savoir que je suis prostitué. Je ne l'ai dit à personne...

 

-Comment...qui vous a dit ça ?

 

Il me regarde avec une lueur perverse dans les yeux, un sourire malsain plaqué sur son visage.

 

-Personne, je l'ignorais. Mais vous venez de me fournir la réponse. En fait, je m'en doutais. Les gens de votre...espèce n'ont pas vraiment d'autre talents que ceux la. Vous et vos petits camarades ne méritez pas la place dans ce centre. Vous êtes la lie de la société et vous devriez être honorés d'avoir une telle opportunité. Au lieu de ça, vous vous pavanez avant de repartir d'où vous venez et de recommencer les mêmes erreurs encore et encore...Vous n'êtes rien du tout !!! Quant à vous monsieur Rivion, je ne vous donne pas un mois avant de vous voir retourner faire le tapin sur votre trottoir.


Je sens les larmes prêtent à sortir, je les retiens. Je ne lui ferai pas le plaisir de me voir pleurer. Ce type est une abomination. Et le pire c'est que je sais qu'il a raison. Comment ai-je pu croire une seconde que je pouvais m'en sortir. Je ne suis rien. On me l'a pourtant assez répété. Un minable...c'est ce qu'il disait. Et me revoilà à nouveau plongé dans mon passé. J'en suis presque à me demander si ce type ne va pas me sortir un ceinturon pour me battre avec. Comme lui. En quelques phrases ce foutu psychologue de mes deux m'a renvoyé toutes mes craintes en pleine figure. J'ai l'impression de me retrouver presque sept années en arrière, sous son regard sévère et sa main leste.

 

Un jeune garçon étendu sur le sol. Devant lui, un homme, debout, le visage rouge d'avoir trop frappé. Une ceinture à la main.

-Tu n'es qu'un minable Jeremy. Un bon à rien. Tu devrais t'estimer heureux que l'on t'accueille encore sous notre toit. Et au lieu de nous remercier, tu t'enfonces dans ton abomination. Car c'est ce que tu es Jeremy. Tu es un monstre. Tu sais que tu mérites ce qui t'arrives, n'est-ce pas ? Réponds !!! Tu sais que tu le mérites, hein ?


-Oui, Charles. Je sais.


-Dis le. Dis que tu es un monstre. Que tu mérites ta punition.


-Je le mérite. Je suis un monstre.


Et a nouveau la ceinture s'abat sur le jeune homme.

 


Le psy se lève et s'approche de moi. Il me dévisage de toute sa hauteur.


-Nous nous reverrons la semaine prochaine monsieur Rivion. D'ici là, je vous prie de bien réfléchir à ce que je vous ai dit. Ne vous inquiétez pas, je serai muet comme une tombe concernant vos....petites habitudes. Mais comme vous le savez, toute chose à un prix.

 

Il dit ça en me caressant la joue. Que je détourne immédiatement. Il ricane.

 

-Vous le ferez monsieur Rivion. Vous le ferez car vous n'avez pas d'autre choix.

 

Il sort.


 


 

Hello!!! Voici la suite de dépendance!!! Je suis en retard sur ce que j'avais prévu!!! Pour ma défense, j'ai eu une semaine bien remplie!!! Et aussi, j'ai pas mal glandé ce week-end...lol Je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre, mais il fallait que je mette pas mal de choses en place, donc, je pense qu'il est malgré tout nécessaire. En espérant que ça vous plaise.

Un grand merci à vous pour vos commentaires et vos visites. Ca me fait très plaisir et m'encourage à continuer. Donc...merci, vraiment!!!

Bisous

Par Meryl - Publié dans : Dépendance
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Samedi 17 mai 2008
-Elisa, tu arrêtes de te marrer tout de suite...je trouve pas ça drôle du tout !!!

Ma meilleure amie est pliée en deux sur mon lit et les larmes coulent abondamment le long de ses joues tellement elle rigole...c'est le genre de rire communicatif, même quand tu ne sais pas pourquoi la personne rigole. Sauf que moi, je SAIS pourquoi elle rigole et que en l'occurrence, elle se fout de MA gueule, et je n'apprécie pas DU TOUT !!!
Elle tente vainement de se contrôler et entre deux éclats de rire me dit :

 

-S'cuse moi chéri....mais...c'est trop drôle !!! J'y crois pas...TOI !!!! Toi, tu as accepté ça !!! Si on m'avait dit ça y'a deux jours, j'y aurai jamais cru. Et tu prétends que t'es pas accro ??? Laisse moi rire !!!

 

Et elle repart dans son fou rire solitaire...Mais elle m'énerve !!!

 

-Ca va, c'est qu'un dîner, c'est pas non plus le mariage !!!

 

-Mais enfin Rom', il te présente ses parents !!! Pas ses potes, pas sa frangine, SES PARENTS !!! Est-ce que tu réalises un peu ??? Et tu as accepté !!!


-Je sais...j'ai pas réfléchi !!! Morgane venait de naître, je savais pas ou j'en étais...il était là...c'est sortit tout seul !!!

 

Elisa me regarde les yeux pétillants.

 

-Justement chéri, c'est là que ça coince...il y a encore quelques temps, c'est toi qui serait sortit, pas ces paroles ! Avant même qu'il finisse sa phrase tu aurais été à l'autre bout de la ville !!! Je suis si heureuse pour vous deux !!!

 

-Elisa, tu me gonfles !!!

 

Quelques heures plus tard Elisa-la-traîtresse est rentrée chez elle, et j'attend le retour de mes parents avec petite haricote. Les derniers résultats d'examen doivent arriver aujourd'hui et donc, mes parents rentrent tout à l'heure. Enfin, nous sommes à quatre. Je sens une immense fierté m'envahir quand je pense à ce petit bout de chose qui n'est avec nous que depuis quelques jours !!! J'essai de ne pas penser à demain soir et à ce putain de rendez-vous qui me tord les tripes dans tous les sens. Non d'ailleurs...je m'en fous complètement, c'est qu'un dîner...c'est pas comme si j'avais envie de faire bonne impression...si vous répétez quoi que ce soit, je nierai tout en bloc !!!

 

J'entends les pneus sur le gravier. Je sors de la maison et attends sur le perron. Je vois tout de suite qu'il y a un problème. Non seulement petite haricote n'est pas avec eux, mes ma mère est en larmes et mon père est encore plus crispé que d'habitude. Je leur demande ce qui se passe. Ma mère passe devant moi sans rien dire, tentant d'étouffer un sanglot. Mon père m'attrape par l'épaule et m'emmène dans le salon. Il me fait asseoir sur le canapé, verse deux verres de whisky pur et m'en tend un. Je le prends, tremblant légèrement.

 

-Mais merde, qu'est-ce qui se passe ?

 

-Surveille ton langage !


Il prend une grande respiration et continue, des tremolos dans la voix.

 

-Ce que nous craignions est arrivé...elle est malade Romain.

 

J'ai l'impression qu'on vient de me mettre un plomb dans l'estomac.

 

-Elle est atteinte de monosomie...c'est...c'est une maladie génétique...ils la gardent encore un peu...encore quelques jours...

 

Il finit sa phrase en sanglotant, la tête cachée dans ses mains.

 

-Bordel de merde.

 

Je ne sais pas quoi dire d'autre. Qu'est-ce que vous voulez que je dise de toutes façons. Ca ne devait pas arriver. Pas à nous, pas comme ça !!! Ce n'est pas possible, elle est si belle. Elle ne peut pas être malade, ça se serait vu...petite haricote est belle comme un cœur....

 

-Je t'ai dit de surveiller ton langage !!!

 

Son ton est cassant. Je sais qu'il est malheureux, mais ça me fait du mal quand même. En plus de ça, je suis complètement retourné par la nouvelle. Je n'arrive pas à dire autre chose que :

 

-Mais bordel de merde !!!

 

Je ne l'ai pas vu venir, pourtant j'ai bien senti la gifle. Mon père est devant moi, me dominant de toute sa hauteur, me fusillant du regard. Et alors que je pose ma main sur ma joue endolorie et que je sens les larmes monter, il semble se rendre compte de son geste. Sa bouche s'entrouvre mais aucun son ne sort...ses yeux sont sûrement aussi écarquillés que les miens. Je me lève et quitte le salon. En passant la porte, je me retourne et voit mon père à genoux par terre, en larmes. Il a reprit sa tête dans ses mains et semble faire de petits mouvements d'avant en arrière en gémissant mon prénom.

 

Je suis bien trop en colère...ou choqué...ou malheureux...ou un peu de tout ça, pour penser à son bien être maintenant. Je sors de chez moi et me met à courir le plus vite possible. Je ne cherche pas à savoir où je vais, j'ai juste besoin d'évacuer. J'ai envie de hurler, j'ai envie de pleurer, j'ai envie de baiser, j'ai trop mal ! Je continue à courir, je reconnais cette route, je connais le chemin. Mes pas s'arrêtent devant une porte. Le videur me connaît et me laisse entrer. La musique m'engloutit dans un tourbillon de sensations éphémères. Je prends quelques verres et rapidement des types m'accostent. Moi qui ne me trouve pas particulièrement attirant, je n'ai que l'embarras du choix.

 

Une heure plus tard, peut-être deux...en tout cas la nuit est tombée depuis longtemps. Je me retrouve devant un immeuble. Une personne sort et je profite de la porte ouverte pour y pénétrer. Je grimpe les escaliers et à nouveau, je me trouve devant un porte. La sienne. Je ne réfléchis même pas, je sonne. Evan m'ouvre, uniquement vêtu d'un bas de pyjama qui dévoile légèrement ses hanches. Il est vraiment hyper sexy, mais la colère m'aveugle trop pour que j'en prenne réellement conscience.


-Romain ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

 

Je le pousse et rentre dans l'appartement avant de me retourner face à lui pendant qu'il ferme la porte.

 

-Ma sœur est malade !

 

-Oui, je sais, je l'ai appris tout à l'heure...je suis vraiment déso...

 

-Je me suis engueulé avec mon père. Je suis sortit...j'avais besoin de m'aérer...je voulais m'envoyer en l'air...j'étais bien partit pour d'ailleurs !!!

 

Je vois ses traits se crisper violemment à l'entente de mes paroles.

 

-Et ça t'amuses de venir me balancer ça à une heure du matin ?

 

Je me rend à peine compte que je tremble et je pointe un doigt vers lui. La colère s'entend nettement dans ma voix et je parle sans doute un peu trop fort.

 

-Tu n'avais pas le droit de faire ça !

 

J'ai l'impression que je ne me contrôle plus et pourtant, c'est lui qui semble prêt à exploser.

 

-Tu te fous de moi ? tu viens m'annoncer que tu viens de t'envoyer en l'air avec un type et c'est moi qui n'ai pas le droit de te faire quelque chose ?

 

Il fulmine. Mais je ne me laisse pas démonter.

 

-Mais tu comprends rien !!! J'ai pas pu...je voulais juste...j'avais besoin de....et j'ai pas pu. ET TOUT CA C'EST TA FAUTE !!!!!

 

Je sens mes jambes lâcher sous mon poids et je me retrouve à genoux dans son salon. Mon poing frappe mollement sur le sol.

 

-C'est de ta faute...


Je vois ses pieds se rapprocher. Il s'agenouille à côté de moi et me relève le menton à l'aide de ses doigts.

 

-As-tu, oui ou non, couché avec quelqu'un ce soir ?

 

Je hoche la tête négativement.

 

-Pourquoi tu dis que c'est de ma faute.

 

-Je...tu m'as plu...beaucoup...dès le début. Je voulais sortir avec toi...quelques temps...juste quelques temps ! Je voulais pas tomber amoureux...c'est de ta faute...je voulais pas, je veux pas...t'avais pas l'droit...

 

Je sens ses lèvres se poser vivement sur les miennes et je le laisse passer le barrage de mes dents afin que nos langues se retrouvent. Soudain, sa main agrippent mes cheveux et me tire la tête en arrière coupant net le baiser. Je croise ses yeux qui pétillent d'une passion que je n'avais jamais vu.

 

-Je ne partage pas Romain. Est-ce que c'est clair ?

 

Je suis trop choqué pour répondre et je sens sa poigne se raffermir.

 

-Est-ce que c'est clair ?

 

Je murmure un « oui » étranglé. Et il reprend mes lèvres voracement. De ses bras, il enlève mon blouson et les positionne ensuite sur mes reins tandis que je m'agrippe à sa nuque avec force. Il m'aide à me relever et me soulève pour que j'enroule mes jambes autour de lui. Il m'emmène à travers l'appartement, manquant de tomber et de se prendre des meubles plusieurs fois. Et après un dangereux périple, il me pose sur le lit. Evan s'allonge à mes côtés, m'enlève mon jean et referment à nouveau ses bras autour de moi, l'un caressant mes cheveux, l'autre étant posé sur ma cuisse tout en me donnant de petits baisers sur les lèvres.

 

-Dors maintenant.

 

Je tente de protester mais je sens mes muscles et ma tête crier grâce après une telle journée. Je me laisse bercer par les bras et les baisers de...mon amant ? Et finis par m'endormir, lové contre lui.

 

Je me sens lentement sortir d'un cocon chaud et rassurant. Quelque chose me frôle la nuque et je frissonne. Je tente de l'ignorer et de me rendormir quand je sens à nouveau le même frôlement, un peu plus poussé. J'ouvre mes yeux doucement et les referme tout de suite après à cause des rayons matinaux qui m'éblouissent. Une main caresse doucement ma hanche tandis que les baisers remontent en direction de ma bouche !!! Je me laisse doucement aller à ce doux traitement et respire l'odeur d'Evan....soudain la soirée d'hier me revient en tête et je me redresse tout d'un coup explosant son nez au passage.

 

-Oh merde !!!

 

Evan se redresse doucement en se tenant le nez.

 

-Purée..Qu'est-ce qu'il y a ?

 

-Oh naaaaannnn !!!

 

-Quoi ?

 

-Je me suis tapé la plus grosse honte de ma vie !!! Je suis désolé, c'était pas du tout prévu que...enfin, je.... J'y crois pas...la honte, la honte, la honte !!!...

 

Evan me regarde amusé tout en massant son nez endolori.

 

-Tu n'as pas à avoir honte, c'est...

 

Je me lève d'un bond et commence à arpenter la pièce.

 

-Non, mais tu te rends pas compte, toi, j'ai une réputation à tenir moi, monsieur...et, bon sang, j'ai tout foutu par terre !!! C'est trop la hoooonnnte...Elisa va se foutre de moi à vie, c'est sur !!! Déjà qu'elle me lâche avec ce foutu dîner, et maintenant ça !!! Je suis sensé être un tombeur et je n'est même pas réussi à coucher avec ce type alors que je devais être à environ 2 grammes d'alcool dans le sang !!! Tout ça à cause de ces foutus sentiments...sentiments qui n'existent pas d'ailleurs !!! Je ne sais pas ce que tu as compris hier, mais ça n'a rien à voir avec toi, hein, c'est juste que....J'étais bourré !!! Voilà, c'est ça, j'étais bourré et je ne savais pas ce que je disais.

 

Evan se lève à son tour, un sourire plus que moqueur accroché au visage et m'enlace, me stoppant ainsi dans mon creusage de trou au milieu de sa chambre. Il penche sa tête et effleure mes lèvres des siennes.

 

-Je suis très heureux que tu n'es rien pu faire avec ce type. Et comme il est évident que tu n'es pas du tout amoureux de moi, que tu n'es pas venu te réfugier dans mes bras, et que tu n'es pas à cet instant très excité alors que je t'ai à peine touché, tu n'as rien à craindre, tu es un vrai tombeur !!! Mais si je te vois avec des mecs qui te tournent autour, je te promets que je les démonte un par un, est-ce que c'est clair ?

 

C'est moi, ou il fait tout à coup très chaud dans la pièce ? Evan a un regard de prédateur et une voix de mafieux, et...putain, il a raison ! Je bande comme un malade alors qu'il a tout juste posé ses mains sur moi.
Tant pis pour lui, je me jette sur ses lèvres. Et commence à nous diriger vers le lit. Entre deux baisers, il me lance :

 

-Je prends ça pour un oui.

 

Il vient de m'annoncer qu'il veut une totale exclusivité et ça ne me dérange même pas. Je n'ai qu'une envie maintenant, c'est de sentir Evan en moi et de pouvoir me réveiller tous les matins avec cette même chaleur qui m'entourait il y a quelques minutes ! Je suis pathétique et dégoulinant de mièvrerie...ça ne me perturbe pas plus que ça...Eh merde, je suis amoureux !!!

 

Evan est assis sur le lit et je m'installe à califourchon sur ses cuisses pendant qu'il enlève mon tee-shirt. Je me retrouve en caleçon et lui en bas de pyjama. Nous ne pouvons ni l'un ni l'autre nier notre excitation, et heureusement, ça ne semble pas être au programme !!! Je lâche ses lèvres un moment. Il gémit, frustré et m'interroge :

 

-Quoi ?

 

Je tente de reprendre un souffle normal avant d'enchaîner :

 

-Je te jure que si ton biper sonne avant que nous ayons finit ce que nous avons si bien commencé, je t'émascule !! Est-ce que c'est clair ?

 

Il sourit en entendant cette phrase qu'il m'a sortit lui même quelques secondes plus tôt ! Il attire ma tête vers lui et plonge dans mon cou et ne semble pas avoir l'intention de laisser la moindre parcelle de peau neutre. Je halète difficilement :

 

-Je...prends ça...pour un ouiiiiiiii !!!

 

Ca c'est de la triche ! Si il commence à s'attaquer à cette partie de mon cou, je ne réponds plus de rien...d'ailleurs je ne réponds plus de rien. La preuve, je suis à présent nu et allongé sur le dos, mes jambes sur ses épaules, sa tête entre mes cuisses et je pousse des gémissements indigne de mon statut de tombeur ! Je suis à deux doigts de le supplier de m'achever ou de me prendre, au choix...avec une nette préférence pour la deuxième option ! Mais je résiste...encore un peu...il n'est pas dit que je vais m'abaisser à le supplier !!!

 

-Ooooh....Evan....s'il te plaaaiiitttt !!!!

 

Eh merde!!! Mais ce sadique ne m'écoute pas, et sa bouche qui jusque la parcourait ma verge sans vergogne descend lentement torturer mes bourses et...

 

-Oh, oui, là !!! Continue !!

 

Je réalise que jamais encore on m'avait offert une caresse aussi intime et j'apprécie le fait qu'il soit le premier à me la faire découvrir, avant de me laisser envahir par les fourmillements annonciateurs du désir qui se propagent dans mon corps. Mes mains agrippent les draps et j'ai définitivement renoncé à essayé d'être silencieux. Je sens la langue d'Evan parcourir lentement ma cavité et je me sens perdre peu à peu les pédales. Si il continue comme ça, je ne me donne pas longtemps pour exploser. Heureusement il finit par arrêter et remonte progressivement s'acharnant à sucer ou mordiller chaque parcelle de peau qu'il rencontre sur son passage ! Lorsque enfin sa bouche rejoins la mienne je l'embrasse avidement et mes mains s'aventurent sur son torse dans le but de lui enlever son dernier rempart mais il m'en empêche. Je grogne mais il ne lâche pas prise.

 

-Quoi ?

 

-Tu es bien pressé, je trouve.

 

-Je...je te veux...en moi...maintenant !!!

 

-Chhhtt, calme toi, on a tout notre temps...

 

Et sur ces mots, il me cale les bras au dessus de ma tête et il repart en direction de mon cou. Je sens la chaleur m'envahir entièrement et mon sexe est tellement gonflé qu'il en devient douloureux.

 

-Evan...s'il te plaiiitt...je peux plus...

 

Il me fait taire en me présentant ses doigts que je m'applique à sucer en imaginant son sexe à leur place, tout en le regardant droit dans les yeux. Mon petit manège semble fonctionner car il pousse un petit gémissement qui me fait frissonner. Rapidement ses doigts partent en direction de mon antre. Il a beau prétendre le contraire, je vois bien qu'il est au moins aussi excité et pressé que moi. Ses doigts me pénètrent les uns rejoignant les autres et il ne me faut pas longtemps pour être prêt à l'accueillir en moi. Lorsque je le sens retirer ses doigts et baisser son pantalon, je gémis d'anticipation, lui arrachant un sourire. Sa seconde main tient toujours mes poignets au dessus de moi et il m'embrasse doucement.

 

-Tu es prêt ?

 

-Oui, viens !!!

 

Sa main lâche mes poignets pour se tenir mieux sur son coude et la deuxième va cherche un préservatif. Une fois installé, il se réinstalle et de sa main libre guide doucement son sexe. Je sens mes chaires s'écarter au passage imposant de son membre et la douleur irradier mon corps. Je savais qu'il était bien monté, je l'avais déjà senti à travers nos étreintes, mais je n'avais jamais imaginé à quel point. Je réalise alors seulement que je ne l'ai jamais vu nu. Ca lui ressemble, une fausse innocence, mais une vraie pudeur. Je me surprends à vouloir le découvrir entièrement. Malgré la grande douceur dont il fait preuve, je me sens écartelé de l'intérieur. Je n'avais pas ressenti ça depuis mes premières fois et j'avais oublié à quel point la pénétration peut être douloureuse. Mon souffle se coupe et je sens Evan s'immobiliser. Son regard inquiet est posé sur moi.

 

-Tu veux que j'arrête ?


Je prends une grande inspiration et tente de me détendre un maximum. J'ai rêvé de ce moment depuis des mois, je ne veux pas reculer maintenant. Je sais que le plaisir va venir, il faut juste passer le cap.

 

-Non....ça va aller...juste...va doucement, ok ?

 

Evan hoche la tête et m'embrasse tendrement. Il n'a pas reprit de mouvement de hanche, mais sa main vient caresser mon sexe pour lui rendre la vigueur qu'il avait perdu face à la douleur. Petit à petit, sa présence en moi se fait moins douloureuse, mes muscles se détendent et je sens même les prémices du plaisir revenir grâce à sa main sur mon sexe. Evan se retire de moi tout doucement et j'ai peur qu'il décide d'arrêter malgré tout. Mais il ne sort pas complètement et réamorce une pénétration aussi lente que la première tout en continuant à me masturber. Sa bouche picore mes lèvres, me détournant ainsi l'attention de sa pénétration. Mais la douleur est déjà bien moins vive et je sens mon sexe retrouver une forme olympique !
Je souris à Evan.

 

-Ca va mieux ?

 

-Oui...continue !

 

Il entreprend alors d'amples mouvements lents, allant chercher à chaque fois un peu plus profond, finissant par dénicher mon point sensible et tentant de le retrouver à chaque passage. Nos bouches sont toujours soudées, lais cette fois-ci, nos langues sont de la parties. Le baiser est plus enfiévré, la passion est bien présente. Les coups de rein d'Evan se font moins amples, plus rapides, plus violents. Et je sens la douleur refluer pour laisser place aux vagues de plaisir qui font leur entrée en grand pompe ! Et à nouveau, je ne peux m'empêcher de gémir puis de crier, mais j'ai le plaisir de ne pas être le seul. Evan ne crie pas, mais son souffle rapide et ses gémissements rauques me prouvent son état d'excitation. Ses mouvements sont maintenant presque frénétiques et sa tête est enfouie dans mon cou. Je lâche les draps pour m'accrocher à lui. Et alors que nous ne faisons réellement plus qu'un, je me laisse emporter par les sensations électrisantes qui m'amènent indubitablement vers la jouissance extrême. Je sens un voile sombre couvrir mes yeux et ma tête partir en arrière. Mon corps se tend en quelques spasmes ultimes et je me libère entre nous en criant le nom de mon amant. Quelques coups de reins supplémentaires le font me rejoindre au nirvana. Mais je ne m'en aperçoit pas vraiment, trop occupé à me remettre de mes propres émotions.


Après quelques minutes de somnolence, Evan se retire et s'écarte. Je sens le froid m'envahir brusquement. Heureusement, il me rejoint vite et m'entoure de ses bras. Je me surprends à me pelotonner contre lui. Si j'en avais la force, ce comportement de pucelle me ferait bien rire. A la place, je me laisse bercer par sa main dans mes cheveux et ses mots doux. Avant de sombrer, je l'entends me murmurer :

 

-Je t'aime idiot.

 

Mais, peut être que je me suis trompé.


 



Bonjour les geeennnnssss!!!!! Euh...y'a encore quelqu'un??? lol Bon ben vous pouvez pas dire que je ne vous avais pas prévenu, hein!!! M'enfin bon, mon mois de "galère" est maintenant fini.  Je vais donc pouvoir me remettre à écrire un peu plus régulièrement. Pas autant que pendant les vacances, mais quand même, ça ne sera pas le vide intersidéral !!! J'espère que ce petit chapitre vous plaira!!! Je vous bizouille!!!

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Jeudi 8 mai 2008
Cette histoire est inspirée du livre "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée". J'avais oublié de le préciser, merci à Bloodyrock qui m'a fait réparer cet oubli!!! Il est bien sur remanié à la sauce yaoi et à la sauce Meryl. L'histoire sera donc à la fois similaire et différente (je rêve ou cette phrase ne veut rien dire!!!)!


Les rayons du soleil commencent tout juste à réchauffer les murs de béton du quartier des alouettes !!! Je traverse le square qui autrefois était un terrain de jeu pour enfant. J'y venais avant. Maintenant, il ne reste plus que de la caillasse, de la boue, des seringues et des capotes usagées...je ne m'arrête pas, les souvenirs ne sont pas ce qui nous fait avancer. Je rentre dans mon chez moi. C'est un immeuble qui accueillait autrefois des bureaux...de je ne sais quelle entreprise. L'avantage c'est que notre squat est plus chaud que la plupart des autres. Ca fait des jalousies, mais on sait se défendre !!!

Je grimpe les marches des quelques étages sautant celles qui manquent de se décrocher à tout moment. C'est un bon moyen d'entendre si quelqu'un tente de monter, il finit toujours par glisser sur un des carrelages mal collés. J'arrive enfin dans nos appartements. Je suis le premier rentré. Je dépose les billets dans mon petit coffre et en garde un peu dans mon portefeuille. Je me dirige vers les anciens vestiaires et me déshabille pour prendre ma douche. Ces abrutis n'ont coupé ni l'eau ni l'électricité alors que cette bâtisse est inutilisée depuis près de huit ans. Et après ils se plaignent de l'état des caisses du pays...faut pas chercher bien loin. Je laisse l'eau couler un long moment sur mon corps, c'est bien le meilleur moment...l'après, la purification. Je me lave toujours deux fois de suite, après ça. Je ne sais pas pourquoi, c'est un tic que j'ai pris.


Soudain deux bras m'enlacent et une bouche se pose sur ma nuque. Un murmure :

 

-Tu m'as manqué.


Je souris et me retourne.

 

-Toi aussi.

 

Sa bouche attrape la mienne et ses mains caressent mon corps. Il m'écarte un peu pour profiter à son tour du jet d'eau. Il a aussi besoin de se laver. On ne peut rien faire avant de se sentir à nouveau propre. Puis nous sortons de la douche et je n'ai pas le temps de me sécher qu'il m'entraîne vers le matelas dans la pièce d'à côté. Il me pousse brusquement et je trébuche dessus. Il s'agenouille à mes côtés et me met sur le ventre. Les minutes qui suivent vont être assez douloureuses, il va être brusque, presque violent. Il va me pénétrer sans trop de préparation, comme toujours, pour se réapproprier mon corps. Comme s'il avait peur que les autres aient pu prendre sa place dans mon cœur en prenant sa place dans mon cul. Il va me faire l'amour sans aucune tendresse, comme toujours, pour me montrer que je lui appartiens toujours, malgré tout.
Puis il recommencera une deuxième fois, comme toujours. Doucement, tendrement, me positionnant face à lui, cette fois. Et il m'embrassera tout le corps, comme toujours, pour se faire pardonner son excès précédent, pour me dire qu'il m'aime, pour me dire que lui aussi en crève de devoir me partager. Et il ne s'occupera que de mon plaisir, comme toujours, pour que je me sente important, pour que je comprenne qu'il serait prêt à tout pour moi. Il va me murmurer des mots d'amour à l'oreille pendant de longues minutes, pendant que le plaisir s'installera en moi pour la première fois depuis la veille au soir. Et il va me faire jouir comme jamais personne ne pourra le faire, me faire crier son nom. Et à mon tour je vais le rassurer, en lui disant à quel point il est tout pour moi. Que je l'aime et que nous deux c'est pour la vie. Je lui dirai que je lui appartiens, cœur et âme. Pas le corps, c'est trop tard, mais le reste, tout est à lui et il le sait.
Enfin nous nous endormirons pour quelques heures paisibles, dans les bras l'un de l'autre, collés, soudés, incapables de se séparer. Parce que ces moments sont trop rares et que nous les voudrions éternels, parce que nous savons que très vite la réalité nous rattrapera, parce que l'on s'aime à en crever, et que nous sommes conscients que c'est bien la seule chose qui nous attend.

 

Je le regarde dormir, tentant de ne pas ressentir les tremblements de mes membres. Ils seront de plus en plus violents, je le sais, j'ai l'habitude. Mais je veux les contrôler le plus longtemps possible. Avant j'y arrivais pas trop mal, au début...mais c'est de pire en pire et de plus en plus douloureux.

 

Je vois ses yeux s'ouvrir ses pupilles sont dilatées. Je sais que les miennes le sont aussi, je me suis regardé une fois dans la glace, c'est terrifiant. Je ne l'ai plus jamais fait depuis. Pas dans cet état. Il me voit trembler et me sert contre lui. Puis il se lève et va chercher son coffre. Il prend un petit sachet et me prépare une douce mixture. Au prix du shoot, me donner un des siens est le plus beau cadeau qu'il pouvait me faire. Je sens les courbatures s'intensifier et ma respiration s'accélérer d'anticipation. La fin du calvaire approche. Il s'approche de moi, la seringue à la main pendant que je me fait un garrot au bras avec un élastique. Il s'installe à mes côtés et je lui tends mon bras. Il me pique doucement et toute la tension de mon corps s'envole brusquement. Je pars en arrière et je sens ses bras me retenir pour ne pas que je me cogne. Je me laisse aller complètement. Je plane littéralement, les couleurs se mélangent devant mes yeux et je ne vois plus rien de la réalité. J'entends à ses bruits qu'il se prépare sa dose puis qu'il se pique. Puis il me rejoins, je me roule pour me retrouver contre son torse. Je vais chercher sa bouche et mes mains dessinent les traits de son corps. A nouveau nos corps ne font plus qu'un et tout n'est que feu d'artifice. Je le sens se mouvoir en moi, le plaisir est multiplié, je ressens dans chacune de mes cellules ses mouvement, son souffle, ses gémissements. Il passe mes jambes autour de son cou et se redresse légèrement. Il sort de moi et je ne peux retenir un gémissement de contrariété, bien vite transformé en cri de plaisir quand il revient d'un coup habile trouver ma prostate, m'envoyant loin là haut dans les étoiles. Ses mouvement se font plus rapides, ses cuisses frappant mes fesses. Si le monde qui m'entoure est flou, lui, je le vois parfaitement. Il transpire mais il est le plus bel homme que je connaisse. Je peux lire dans ses yeux flous tout l'amour et le désespoir qui nous lient. Je sens ma main toute légère décoller doucement pour aller caresser sa joue et son sourire me fait échos à mes cris. Cette fois ça y'est, je sens la passion m'envahir, l'immense brasier de mes reins se repend dans tout mon corps et je sens les spasmes du plaisir m'envahir, j'essai en vain de me contenir. Je veux encore rêver un peu. Mais les coups de buttoir de mon amant me font rapidement perdre le peu de notion de réalité qu'il me restait et je m'envole tandis que je me répands sur mon ventre dans un cri. Je le sens me pénétrer encore et encore avant de venir à son tour et de s'écrouler sur moi. Je refermer mes bras autour de son cou et mes jambes autour de sa taille et me laisse bercer par ses mots, profitant du peu de temps qu'il me reste des rêves que ma petite poudre blanche peut encore m'apporter.

 

L'après midi est bien avancé. Je n'ai pas mangé de la journée, mais je n'ai pas faim. Je sais qu'il me forcera à manger un peu tout à l'heure, avant d'y retourner. Il dit que je suis trop maigre, et que j'ai besoin de prendre des forces pour la nuit. La nourriture me dégoûte. Les seules choses qui me font vivre sont ses bras, ma po
udre, et mon petit moment familial. C'est l'heure d'ailleurs. Je le laisse dormir. Lui aussi a besoin de repos.

 

Je m'habille et sors doucement. Je me retrouve dans la rue, l'air est frais, mais le ciel est dégagé. J'ai pas mal de marche à faire avant de me retrouver dans le quartier riche. Il doit être prêt de 16h30, je me retrouver à quelques mètres d'une bâtisse blanche, caché derrière un arbre. Je suis un peu en avance, j'attends. Le soucis quand j'attends, c'est que mon esprit vagabonde un peu trop. Alors, je pense à nous, à ce que nous sommes, à ce que nous faisons.

 

Il me dit toujours que nous sommes différents des autres. Que nous pouvons arrêter quand bon nous semble, qu'un jour, nous en finirons avec tout ça et que nous partirons loin, ensemble et que nous serons heureux. Autrefois je le croyais....et encore maintenant à certains moments, généralement quand je suis shooté, je me prends à y croire encore. Mais dans des moments tels que celui ci, je sais bien que nous sommes tous les mêmes. Et que jamais, je ne sortirais de ce trou autrement que pour être mis dans un autre trou, recouvert de terre. J'aimerai, pourtant. Je rêve de pouvoir me passer de cette poudre, de ces rêves éphémères, j'aimerai ne pas avoir à vendre mon corps chaque nuit pour pouvoir me payer mes doses. J'aimerai que nous nous en sortions, ensemble. On a déjà essayé. Plusieurs fois. Et on a parfois presque réussi. Les sevrages sont longs et difficiles, et plus on réessaie, plus la douleur est insupportable. Mais irrémédiablement, un de nous deux finis par replonger, entraînant l'autre à sa suite. Criquet m'avait dit un jour que le seul moyen de se sortir de la came, c'était de le faire seul, et de ne plus jamais s'approcher de ceux qui y sont encore ou de ceux avec qui on l'a partagé. Criquet était de bons conseils, il est mort aujourd'hui. Une overdose à cause d'une came frelatée. C'est ça de chercher à payer toujours moins cher, on finit par tomber sur de la came coupée avec on ne sait pas trop quoi et ça nous tue. Quand il m'avait parlé de ça, je lui avais dit que j'étais bien incapable de quitter Riley et que si un jour je sortais de là, ça serait avec lui. Il m'a répondu alors que j'y resterai jusqu'à ce que j'en crève.

 

Et je sais qu'il a raison. On ne peut pas se sortir de la dope à deux. C'est un travail en solitaire. Je voudrai essayer, mais l'idée même de quitter Riley me fait mal au bide rien que d'y penser. Alors je reprends une dose et je préfère croire à ses rêves qu'il me chuchote tout bas lorsque nous faisons l'amour.

 

Une sonnerie stridente me sort de mes pensées. Je vois des dizaines et des dizaines d'enfants qui courent joyeusement vers le portail. Ils embrassent leurs parents et repartent en parlant avec animation de leur journée. Enfin je le vois, lui. Il est calme, il s'assoit sur un muret et attend. Le trottoir se vide petit à petit, et lui reste assis. Je l'observe dans l'ombre. Ses cheveux sont châtains coupés au bol, mais je ne vois pas ses yeux. Son visage a encore certaines rondeurs d'enfance. Il est adorable avec sn cartable presque deux fois plus large que lui. Ses parents ne sont pas là. C'est étonnant, d'habitude, sa mère est toujours à l'heure. Je me mordille la lèvre...je ne devrai pas aller le voir, mais à peine ai-je le temps de le penser que mes pas ont déjà pris sa direction. A chaque pas, je me dis que c'est une erreur, qu'il faut que je m'en aille, vite, que sa mère peut arriver d'un moment à l'autre. Je finis par m'arrêter, devant lui. Il lève la tête et me fait un petit sourire, moitié méfiant, moitié poli. Je m'assois à côté de lui, laissant un petit écart pour ne pas l'apeurer. Il se crispe légèrement mais ne bouge pas.

 

-Salut !

 

-....

 

-En général, quand quelqu'un te dit bonjour, c'est plus poli de répondre.

 

-Je ne dois pas vous parler. Je ne vous connais pas.

 

-C'est ta maman qui t'a dit de ne pas parler aux inconnus ?

 

Il hoche la tête frénétiquement, faisant voltiger ses mèches autour de sa tête.

 

-Elle a bien raison, tu sais. Je m'appelle Tyler !

 

Je lui dis ça en lui tendant une main. Quand j'étais petit et qu'on me saluait en me tendant la main plutôt qu'en me faisant une bise, je me sentais grand.
Je le vois hésiter et finalement, sa main retrouve la mienne.

 

-Moi c'est Tristan Rivion. On n'est plus des étrangers maintenant ?

 

Je souris face à son innocence.

 

-On ne l'est plus vraiment, mais encore un peu quand même. Dis moi, tu as quel âge, Tristan ?

 

-J'ai six ans et demi.

 

-Oui, six ans et demi.....déjà !!!

 

-Et toi, t'as quel âge ?

 

-J'ai vingt deux ans.

 

-Houa !!! Et plus tard, je serai grand comme toi ?

 

Sa remarque me fait rire.

 

-Oui, sûrement, peut-être même plus.

 

-Supeeerrrr !!! Et tu crois que je serai aussi fort que Batman ?

 

-Avec de l'entraînement, pourquoi pas ! Mais tu sais, je crois que Superman est bien plus balèze que Batman. Il a des supers pouvoirs, lui.

 

-Tu dis n'importe quoi, parce que Batman, c'est trop le plus fort.

 

Et me voilà partir dans une grande discussion sur la supériorité de Batman ou Superman avec ce p'tit mec haut comme trois pommes qui me tiens tête. Et je replonge en enfance, arrachant chaque argument pouvant servir ma cause. Jai presque réussi à le convaincre quand une voix féminine me coupe.

 

-Tristan, je t'ai déjà dit de ne pas parler à...JEREMY ?

 

Je lève la tête en entendant cette voix et je me fige en même temps que la personne en face de moi. Un lourde tension s'abat sur nous et Tristan semble légèrement perdu.

 

-Maman ? Qu'est-ce qu'il y a ?

 

Je me lève d'un bond et m'éloigne mais un bras me retient.

 

-Jeremy, mon dieu, c'est bien toi ?

 

Ma gorge est sèche. Je savais que ce n'était pas une bonne idée. J'aurai du rester caché derrière mon arbre, comme je le fais toujours. Mais qu'est-ce qui m'est passé par la tête ? Je déglutis péniblement.

 

-Désolé madame, je m'appelle Tyler.

 

La femme semble déboussolée un instant et je prévois de m'échapper à nouveau, mais son regard change et brille de détermination.

 

-Je...non, c'est bien toi. Oh, mon dieu, nous t'avons cherché pendant des mois. Comment vas-tu ? Où vis-tu ? Reviens à la maison, chéri. S'il te plait, on trouvera un moyen, tu nous manques terriblement, tu sais.

 

Mon bras est coincé dans son étau, Riley à raison, j'aurai du manger, j'aurai eu plus de forces. Je tente de me libérer et je sens les larmes monter sournoisement dans mes yeux. La femme me regarde avec des yeux désespérés.

 

-Je t'en prie Jeremy, laisse moi te parler, je m'en veux de ce qu'il s'est passé. Reviens avec moi.

 

Je panique, il faut à tout pris qu'elle me lâche. Je veux voir Riley, je veux ses bras. Je ne suis pas en sécurité ici. Je croise un instant les yeux de Tristan. Ils sont verts, et remplis de frayeur. Il ne doit pas voir tous les jours sa mère faire une mini crise d'hystérie face à un inconnu.

 

-Madame, je suis vraiment désolé, mais je m'appelle Tyler. Je ne vous connais pas. Lâchez moi.

 

Les larmes coulent maintenant librement. Je sens ma respiration être saccadée.

 

-D'accord, d'accord, attend juste une minute.

 

En parlant, elle fouille dans son sac avec sa main de libre. Elle en sort une poignée de billets et me les tends.

 

-Tiens. S'il te plait prend les. Je t'en prie Jeremy, fais ça pour moi. Laisse moi au moins t'apporter ça, pour tout ce que j'ai raté avec toi. Ce n'est pas grand chose, mais j'espère que ça t'aidera un peu...

 

Elle pleure aussi. Nous somme beaux tous les trois en larmes. Elle hystérique, moi, paniqué, et son fils terrorisé par la scène. Heureusement, personne n'est là pour nous voir.

 

Je prend son argent. Après tout, tant pis pour elle. Moi ça m'évite quelques passes. Enfin je dégage mon bras brusquement et je m'éloigne. Je me tourne une dernière fois vers elle. Elle tend la main vers moi et dans un murmure, me dit :

 

-Je t'en prie...Jeremy...

 

-Je m'appelle Tyler.

 

Et je pars en courant.

 

Je cours sans m'arrêter. Je traverse la quartier riche en sens inverse. Puis le quartier des classes moyennes, le quartier des défavorisés, puis le quartier des sous-merdes, mon quartier.
Je rentre dans l'immeuble sans m'arrêter. Je me précipite à l'étage et retrouve Riley, un air inquiet s'inscrit sur son visage en voyant mon état.

 

-Tyler, ça va ?

 

Je m'approche de lui et l'embrasse durement.


-Tyler, dis moi, qu'est-ce qui se passe ? Quelqu'un t'a fait du mal ?

 

Oh oui, quelqu'un m'a fait du mal, beaucoup de mal. C'était il y a longtemps, très longtemps. Et même toi tu ne connais pas tout de cette période. A cette époque, j'avais aussi un toit, un foyer, une famille...et tout a basculé...et l'enfer a commencé !!! Je ne veux plus y penser.
Je l'embrasse à nouveau.

 

-Non...c'est rien...Riley, s'il te plait, montre moi à quel point tu m'aimes.

 

-Mais, tu...

 

Je le coupe avec mes lèvres, tout en commençant à le déshabiller.

 

-S'il te plait. Riley, je t'en prie. J'ai besoin de toi.

 

Alors il attrape mes poignets et m'embrasse doucement, freinant mon rythme ardent et m'entoure de ses bras, avant de me porter jusqu'au matelas. Ses gestes transpirent de douceur, et lentement je reprends une respiration normale. Quand il sent que je me détends sous ses caresses, il commence sa lente exploration. Et cette fois encore, je vais me sentir aimer dans ses bras, me sentir vivre sous ses coups de reins, me sentir partir dans l'orgasme.

 


L'heure est venue d'aller bosser. Je déteste ce moment. Ce moment ou je peux encore choisir de ne pas y aller mais ou je sais que je finirai irrémédiablement par le faire quand même. J'ai enfilé un pantalon moulant en cuir et un haut en maille de filet. Heureusement, il ne semble pas faire trop froid. Riley me regarde avec un sourire triste. Lui aussi est prêt. Nous prenons un dernier shoot ensemble. Moins forts que ceux de d'habitude, ils ne doivent pas nous abrutir, juste nous donner assez de courage pour passer la nuit. Car elles sont longues ces nuits. Elles sont insupportables, à passer de mains en mains, de lits en lits....et j'ai de plus en plus de mal à rester stoïque face aux regards impudiques et aux mains baladeuses de ces pervers qui ne sont pas contentés par leur femme et viennent choisir une pute comme ils choisiraient un morceau de viande. Je suis à deux doigts de vomir chaque matin quand enfin, je rentre chez moi et que je pense à ce que je viens de faire. Je sais que je ne tiendrai pas encore longtemps. Mais pour le moment je dois m'accrocher, encore un peu...bientôt, on s'en ira très loin, Riley me l'a promit...il faut juste tenir encore un peu !!! Avant de partir, il m'embrasse passionnément. Une manière comme une autre de se montrer notre soutien et de donner notre pardon par avance à cette nuit qui nous attend.

 

Il est trois heures. Je n'ai pas pu finir ma nuit. Normalement à cette heure ci il me reste facilement trois ou quatre passes à faire, plus dans les moments de pleine forme. Mais là, je n'en peux plus. J'ai beau être raide dingue de Riley, cette vie est devenue insupportable. Je n'arrive plus à faire semblant de croire à ses promesses d'un avenir meilleur. J'ai essayé, je jure que j'ai essayé. Mais je sais que rien à part moi, ne pourrait me sortir de ce merdier. Je rentre chez moi, prends deux douches bien chaudes et m'endors sur le matelas pour quelques heures d'un sommeil tourmenté.


Le lendemain, je suis réveillé par une douloureuse érection et deux doigts déjà en moi. Un coup d'œil par la fenêtre m'indique qu'il ne doit pas être plus de six heures trente. Riley finit rapidement de me préparer et me pénètre violemment. Je suis allongé sur le côté dos à lui et je tourne la tête pour accueillir sa langue contre la mienne. J'ai l'habitude de sa brusquerie. Il en supporte pas de savoir que j'ai pu être touché par d'autres hommes tout en sachant que je n'ai pas le choix. Il ne gagne pas assez pour nos deux consommations. Mais il se fait toujours pardonné au deuxième round. Et j'avoue que même au premier, il n'est pas rare que j'atteigne l'orgasme.


La journée passe doucement et je n'ai encore rien prit. Je sens les tremblements et les courbatures apparaîtrent puis s'intensifier au fur et à mesure que les minutes s'égrènent. Quand Riley me propose de me préparer un shoot, je refuse. Il me regarde étonné, les yeux remplis de questions.

 

-J'arrête Riley.

 

-C'est super, tu vas voir, cette fois, tu vas réussir.

 

Je sais que ma décision va lui faire du mal et qu'il ne va sûrement pas comprendre, mais je l'ai prise. Un centre a ouvert il y a quelques mois en périphérie de la ville. Un centre qui accueille les malades de la rue et qui, comme moi, veulent s'en sortir. Un centre gratuit. C'est ma seule chance et je dois la saisir. Je sais que si je n'y arrive pas là bas, je retournerai dans la rue et n'en sortirai plus.

 

Effectivement il le prend mal. Il crie, négocie, fulmine, négocie, me supplie de ne pas le laisser seul. Et je manque de céder à chacun de ses arguments, avant de me ressaisir au dernier moment. Il finit par claquer la porte. Il revient un peu plus tard et me sert dans ses bras, noyant ses larmes dans mon cou.
Il me dit qu'il est fier de moi, qu'il sait que c'est la bonne décision.

 

-Tu vas y arriver Tyler, parce que t'es le meilleur. Et moi, de mon côté, je vais arrêter aussi, ok ? Et dès que tu sortiras de là, on se retrouvera et cette fois, on l'aura notre vie de rêve. Promets moi juste de ne pas m'oublier d'accord ?

 

-Je ne t'oublierai jamais Tyler, je t'aime tu le sais. Je n'aime que toi, je n'aimerai jamais que toi. Je t'attendrai.

 

Je sais qu'il est sincère dans ses paroles et ça me touche. On y arrivera, on va s'en sortir séparément, mais c'est ensemble qu'on finira. C'est une promesse mutuelle, l'assurance d'un avenir commun.


J'ai passé plusieurs jours roulé en boule dans un coin de notre « foyer ». Et j'aurai pu hurler tellement la douleur était forte. Combien de fois j'ai failli me piquer, juste un peu, juste pour oublier la douleur, juste pour rêver quelques minutes. Riley était là pour m'en empêcher. C'est lui qui a du supporter ma souffrance et il ne s'est jamais plaint. Il emmenait nos coffres les nuits pour m'empêcher de craquer. Et la journée il me soutenait dans les vomissements, les crampes, les cris...me murmurant des encouragements.


Finalement le manque a fait place à un grand vide. J'ai encore mal au muscles, mais je sais que le plus gros est fait. Alors ce matin Riley m'a fait l'amour, tendrement, sensuellement, longtemps, et je suis partit. Je me retrouve devant un bâtiment de plein pied assez coloré avec un sac poubelle rempli de mes affaires. Je m'attendais à un truc tout blanc, genre hôpital, mais je suis assez agréablement surpris. Je reste un bon moment à observer les entrées et sorties, sans oser passer la porte. Au dernier moment, je sens que ma volonté commence à fléchir. Je m'apprête à faire demi-tour quand une voix m'arrête.

 

-Je peux vous aider.


Un jeune homme est à mes côtés, je ne l'avais même pas vu arrivé.

 

-....

 

-Vous voulez de l'aide ?

 

Je remarque le double sens de sa question.

 

-Oui... Oui, je crois que j'ai besoin d'aide.

 

Il me fait entrer dans le bâtiment et installé dans un bureau.

 

-Je vous écoute. Vous pouvez parler sans crainte, rien de ce que vous me direz ne sera répété.


-Vous êtes psy ?

 

Ma remarque et sans doute aussi ma tête le font rire.

 

-Non, rassure toi. Je suis éducateur. Je fait partie de l'équipe de ce centre. Pour commencer on va se tutoyer, d'accord, ça va être plus simple pour nous deux. Je m'appelle Alix.

 

-Ok...

 

-Et toi ?

 

Je l'observe un instant, méfiant...Il me fait un petit sourire encourageant.

 

-Tyler.

 

-Bien, alors, pourquoi es-tu là Tyler ?

 

-Euh...je ne sais pas...enfin si...mais, en fait, je...

 

Je ne sais pas quoi dire. Je me sens ridicule. Mais Alix ne se moque pas....ça se voit qu'il a l'habitude des paumés dans mon genre. Je tente de m'expliquer, laissant les explications sortir de ma bouche comme elles viennent.

 

-Je suis à la rue...enfin j'y suis depuis un moment, en fait, c'est pas ça le problème. Enfin techniquement, ça reste un problème parce que ça m'amènera nul part...mais c'est pas le pire, enfin je veux dire...y'a pire, je suis pas là pour ça...

 

Me voyant m'embrouiller tout seul, Alix me coupe.

 

-Eh, respire d'accord. Prend ton temps...

 

Je respire un grand coup.

 

-J'ai pris de la drogue...

 

J'attends la sentence...mais rien. Pas de moue dégoutée, pas d'yeux remplis de pitié...juste un hochement de tête, l'attente d'une suite.

 

-J'en ai pris beaucoup...et depuis longtemps...

 

Toujours pas de remarque désobligeante...je continue alors :

 

-Je sais que je suis accro...j'ai eu beau répéter que je pouvais arrêter quand je voulais, je sais que c'est faux. D'ailleurs j'ai déjà essayé avec Riley...et ça n'a pas marché, on finissait toujours pas replonger, l'un ou l'autre...et forcement, on repartait de plus belle. Mais je sais aussi que si je continue je m'en sortirais pas vivant. Je vois bien que le cercle de mes amis se fait de plus en plus petit au fur et à mesure que les années passent...Je ne veux pas mourir, vous savez ! Je veux une belle vie, avec Riley. Mais tout seul je crois que j'y arriverai pas, je suis... trop faible. On m'a dit qu'ici on aidait les gens dans mon cas...alors je me suis dit que peut-être.... C'est ma dernière chance...

 

-Bien. Où en es-tu de ta consommation de drogue, et qu'est-ce que tu prends ?

 

-J'ai rien pris depuis presque trois jours. Je voulais pas arriver en manque. Je prenais principalement de l'héroïne. Mais je prenais tout ce qui passait qui pouvait se fumer, s'injecter, se sniffer...

 

J'arrête, un peu honte de ce que je viens de révéler.


-N'aie pas honte de toi Tyler. Le fait d'être ici est une preuve de force et de volonté et le fait que tu sois « clean » depuis près de trois jours est encore mieux. Je pense qu'on peut te faire une petite place ici. Ca te dit d'essayer ?

 

Je reste bouche bée un instant.

 

-J'ai pas d'argent.

 

-C'est un service payé par l'état, tu n'as rien à payer. J'aurai juste quelques questions à te poser et quelques formalités à remplir.

 

Il sort des papiers. Il me parle du centre de son fonctionnement.

 

-Les repas sont servis en salle commune. Il y a des activités proposées régulièrement et aussi des sorties. Chaque personne qui vient ici le fait de son plein gré et peut repartir quand bon lui semble. Personne n'est prisonnier. Par contre si tu choisi de rester, il faudra respecter le règlement.

 

Il me tend un petit dossier qui contient le fameux règlement.
Puis nous faisons l'inventaire de ce que j'ai amené avec moi. Il me demande si j'ai des choses de valeur à mettre au coffre. Puis il commence à remplir des papiers.

 

-Tyler, c'est ton vrai prénom ?

 

-Euh....oui...

 

Il me regarde un moment, je baisse les yeux face à son regard scrutateur.


-Ecoute, pour tout le monde ici, et pour moi en premier, tu seras Tyler si tu le souhaites. C'est juste une question de papiers, j'ai besoin de savoir ton nom et ton prénom. Personne ne le saura à part l'administration.


-Si je te le dis, tu préviendras ma famille ?

 

-Non. Nous ne ferons rien que tu ne souhaites pas de toi même. Si un jour tu éprouves le besoin de voir ou d'appeler ta famille, nous mettrons tout en œuvre pour t'aider. En attendant, ton nom restera rangé dans un placard bien sagement.

 

-Est-ce que je pourrais voir Riley ?... C'est... mon petit ami.

 

-Tu peux recevoir du monde. Mais si il se drogue aussi, je ne peux que te le déconseiller...au moins avant un petit moment. Si tu restes ici, tu dois t'engager à ne rien consommer. Ca fait partie du contrat.

 

Je hoche la tête doucement.

 

-Je m'appelle Jeremy. Jeremy Rivion.


 


 


 

BONJOUUUURRRR!!!! Bon je suis un peu à la bourre dans mes mises à jour, mais je vous avais prévenur, je suis over méga bookée pour encore au moins 15 jours...bref, voici le premier chapitre d'un nouvelle fiction...le hic...c'est que j'ai pas encore de titre...si j'en trouve un, je le mettrai, bien entendu...mais si ce début vous inspire un titre, n'hésitez pas à proposer, je verrai si ça peut coincider avec l'histoire...je sais que c'est pas évident quand on ne sait pas la suite, mais bon, sait-on jamais, si vous avez une révélation!!!

C'est quand même la honte de ne pas avoir de titre...lol...J'espère que ce début vous plait. Le prochain chapitre devrait être la suite d'une petite parcelle de bonheur...mais je ne sais pas quand elle arrivera...

Gros bisous à vous et merde à toutes celles qui sont en examens, je croise les doigts!!!

 

Edit: merci à Naishou pour le titre...il colle super...

Par Meryl - Publié dans : Dépendance
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Jeudi 1 mai 2008
Je suis roulé en boule dans mon lit. Je pense à la journée qui vient de s'écouler. Le gynéco suspecte une maladie génétique. Il a proposé à mes parents une amniocentèse pour écarter tout danger, mais ils ont refuser. Il y a un risque de fausse couche assez important et ma mère n'est plus toute jeune. Elle sait qu'elle n'aura sûrement pas d'autre chance d'avoir un enfant. Alors quand le médecin a parlé d'avortement médicalisé, mon père a failli lui coller son poing dans la figure. Le seul point positif de cette histoire, c'est que nous avons eu droit à une nouvelle écho et j'ai enfin eu droit de rentrer dans la pièce. A ce moment mon père m'a serré la main, comme pour se faire pardonner ses paroles blessantes. Nous avons revu p'tit haricot qui gigotait encore partout. Une vraie gymnaste. Oui, parce que maintenant nous savons. C'est une fille, une petite princesse ! Nous savons et rien que ce fait à conforter mes parents dans leur décision. Il y a environ 25% de chance ou plutôt de malchance qu'elle est effectivement une maladie génétique. Les 75% restant sont des petits problèmes de croissance bénins qui peuvent même se résoudrent d'eux même avec le temps. Malgré tout ma mère sera suivie plus régulièrement. Il ne reste plus que deux mois et demi de grossesse. Nous aurons alors la réponse. Je ne sais pas à qui je m'adresse, mais je continue à prier. Et s'il le faut, je le ferai tous les jours d'ici là. Petite haricote est prévue pour Juin. Je serai en plein dans mes partielles.

Ce soir je sors. Elisa m'accompagne. Elle voit bien que ça ne va pas, et tente de me remonter le moral à sa manière, en me racontant des grosses conneries devant un bon verre. Une semaine supplémentaire a passée. Demain, il y a un nouveau rendez-vous. J'ai besoin de décompresser. La boite est bondée, la chasse est ouverte. Rapidement, je repère un mec, plutôt bien foutu. Il vient danser contre moi et je ne le repousse pas. Nous finissons par nous retrouver dans la back-room (on voit la fan de Queer As Folk) et tout autour de nous des mecs s'envoient en l'air ou se font des gâteries. Le type...je ne connais même pas son nom, happe mes lèvres avec avidités. Ses mains commencent à me déshabiller, il ne s'embarrasse pas des préliminaires et je me retrouve rapidement face contre le mur, après avoir vérifié, quand même, qu'il mettait bien une capote. Il vient en moi assez brusquement, mais ça me fait du bien. La douleur me permet de m'évader un instant. Et puis pour être honnête, je ne suis pas contre un peu de bestialité de temps en temps, je trouve que ça pimente la relation sexuelle. Je comprends que le type en question n'a pas l'intention de s'occuper de mon plaisir à moi alors je commence à me masturber. J'ai du mal à prendre mon pied alors je ferme les yeux. Sans même m'en rendre compte, les traits d'Evan se forment dans mon esprit. J'imagine que c'est lui qui me pilonne, et j'imagine ses mains sur mon corps, son souffle dans mon cou. Ma main accélère le mouvement sur mon sexe, je commence à partir. Nous bougeons en cadence maintenant, lui en moi, moi dans mes fantasmes. Et bientôt nos semences se répandent. L'interlude est de courte durée. Mes pieds retombent lourdement au sol et ce n'est pas très agréable. J'ai un arrière goût amer dans la bouche. J'ai l'impression d'avoir trompé Evan. C'est idiot, on ne sort même pas ensemble !

 

Le lendemain, le réveil est plutôt difficile. J'ai une gueule de bois d'enfer et je suis courbaturé. Le petit déjeuner se fait dans le silence le plus complet. Enfin nous arrivons à l'hôpital. Nous n'attendons plus, nous sommes prioritaires. A nouveau je me retrouve dans le bureau pendant que mes parents sont dans le cabinet. Et à nouveau je laisse mes épaules s'affaisser profitant qu'ils ne peuvent pas me voir. Je ne pleure pas, pas cette fois. Mais Evan est quand même à côté de moi, ses bras autour de mes épaules. Il me parle. De douces paroles pour me rassurer, il tente de positiver la situation, je crois. Je dis je crois parce que depuis quelques temps je ne l'écoute plus. Je regarde ses lèvres remuer et je n'ai qu'une envie c'est de les goûter. Alors je me penche et mes lèvres effleurent les siennes, puis les collent. Au début, il n'a pas de réaction, mais très vite, je le sens réagir positivement. Nos lèvres se mélangent, enfin, et ce n'est qu'au moment ou je tente d'envoyer ma langue rejoindre sa consœur qu'il me repousse doucement.

 

-Romain, tu...ce n'est pas raisonnable, tu es en état de choc, tu dois...

 

Je ne le laisse pas finir, il est hors de question qu'il me coupe, je me sens trop bien en cet instant.

 

-Oh, par pitié, tais-toi !

 

Et je reprends ses lèvres, plus farouchement cette fois. Je ne laisserai pas me repousser. Ma langue par trouver la sienne et entame un doux ballet. Je grimpe sur les genoux d'Evan et passe mes mains derrière sa nuque, tandis que les siennes, hésitantes, finissent par se poser sur mes reins. Plus ou moins consciemment, je mime quelques mouvements de vas et viens et je sens avec plaisir son début d'érection contre ma cuisse. Alors que je déboutonne sa blouse, des bruits se font entendre de l'autre côté de la porte. Aussitôt, Evan se lève, me faisant glisser de ses genoux et m'écarte de lui. Le gynécologue passe la tête par la porte et me demande de le rejoindre. Il n'a rien capté. Avant de passer la porte, je me tourne vers Evan :

 

-Tu me dois toujours un rencard.

 

Sans attendre de réponse, je rentre dans le cabinet. L'échographie se passe plutôt bien, hormis cette épée de Damoclès au-dessus de nos tête. Petite haricote est toujours là, plus belle que jamais. Elle commence à se sentir un peu à l'étroit, mais elle est pleine de vie. Ma mère par contre va être mise sous décontractant. Elle est trop stressée, c'est mauvais pour le bébé. Malheureusement avec la grossesse elle n'a pas le droit à grand chose.

 

En sortant, Evan est toujours là. Il salue mes parents et finit par me serrer la main.

 

-Au revoir monsieur Cyra.

 

Et il glisse dans ma main un petit papier. Je baisse la tête car vu la situation, mon grand sourire pourrait prêter à confusion sur ce que je ressens face à la détresse de ma famille. Mais mon cœur s'est emballé, je n'avais encore jamais ressentit ça. Nos mains restent peut-être un tout petit peu trop longtemps serrés. Mais nous finissons par nous séparer. Dans la voiture, j'ouvre le papier. Un numéro de téléphone et un petit mot :

 

« va pour un rendez-vous. Je finis à 19h »

 

Je sens l'euphorie me gagner. L'ambiance reste morose, mais au fond de moi, je trouve une raison de continuer à me lever.

 


Une fois à la maison, je récupère mon sac et y retrouve Hector le castor. Un sourire désabusé apparaît sur mes lèvres et je me surprends à dire :

 

-A quoi bon !

 

Et Hector se retrouve dans ma corbeille de bureau. Avant d'en être aussi vite ressortit et rangé dans un placard.

 

A 18h30, je tourne déjà en rond à vérifier toutes les cinq minutes si mon réveil ne s'est pas arrêté. A 19h, je me bouffe les ongles pour ne pas appeler tout de suite. A 19h30, je me dis que j'ai déjà suffisamment attendu et je me jette sur mon portable.

 

Une sonnerie.

 

Deux sonnerie.

 

-Allo ?

 

Je raccroche !

 

-....MAIS QUEL CON !!!!

 

Je ne sais pas ce qui m'a prit. J'ai complètement paniqué. Mais c'est pas vrai, on dirait une vrai pucelle !!! Mais qu'est-ce qui me prend, bon sang. Ce n'est pas le premier mec que j'invite à sortir. Alors pourquoi, je sens mon ventre se tordre à l'idée de recomposer le numéro ?

 

J'appui sur bis et m'accroche pour ne pas refaire un truc aussi stupide.

 

-Allo ?

 

-Evan.

 

-Romain ?

 

-Ouais.

 

-C'est toi qui a appelé à l'instant ?

 

-Ouais, euh...j'ai fait une fausse manip', ça a coupé, désolé.

 

Et une excuse à deux balles, une !

 

-Oh, d'accord, y'a pas de problème.

 

-Alors, tu es prêt à m'emmener passer une super soirée ?

 

-Eh bien, je suppose que oui.

 

-Comment ça, je suppose ? Ca devrait être un honneur pour toi de m'emmener en ville.

 

Je l'entends rire au bout du fil, ça me détend un peu.

 

-Ca l'est, ça l'est. Bon à quelle heure je peu passer te prendre ?

 

Je dois me mordre la langue pour ne pas faire un mauvais jeu de mot...Finalement je lui donne l'heure et mon adresse. Une fois raccroché, je me tourne vers mon armoire, il faut que je trouve de quoi m'habiller ! J'en ai pour un moment...

 

-Non mais tu comprends pas Elisa, c'est la cata, j'ai rien à me mettre !!!

 

-T'excites pas mon biquet, ouvre ta penderie et dis moi ce que t'as.

 

Ca fait une bonne demi heure que j'ai vidé tous mes tiroirs et mes vêtement sont éparpillés partout dans la chambre. Et ça fait un bon quart d'heure que j'ai appelé Elisa, complètement désespéré, par ces foutues fringues qui ne sont jamais assez bien.
Je commence à lui détailler mes fringues.

 

-T'aurais pas ta chemise bleue ? Tu sais ma préférée, celle un peu délavée, t'es super sexy la-dedans !

 

-Euh, attends je regarde....OUAIS, je l'ai. Et en plus elle est repassée !

 

-Bon super, tu la chifonnes un tout petit peu, ça te donne un look décontract', et tu mets ton baggy.

 

-Lequel ?

 

-Tu sais, celui avec plein de poches...et qui te moules ton joli p'tit cul !!

 

-Ah celui la ? Ok, c'est bon je les ai. T'es sur que ça va aller ?

 

-Mais oui, arrête de flipper ! Je vais finir par croire qu'il t'a vraiment tapé dans l'œil celui la.

 

-Dis pas n'importe quoi. J'ai envie de me le faire c'est tout. Comme les autres.

 

-Les autres, tu ne les as jamais attendu si longtemps...et puis tu ne m'as jamais demandé d'aide pour tes fringues.

 

-Tu dis n'importe quoi. Si ça fait longtemps, c'est parce que les occasions pour se voir étaient peu nombreuses. Et pour les fringues, c'est parce que j'en ai marre de mettre toujours les mêmes, c'est tout. Bon allez, j'te laisse. J'finis de me préparer.

 

-Tu fuis la conversation mon chéri !!! Mais tu sais bien que je finirai par te faire avouer la vérité.

 

-Il n'y a pas de vérité Elisa. Je le veux, je l'aurai, je le jetterai. Ca a toujours été comme ça, et ça le sera encore pour un moment !

 

Elisa pousse un soupir au bout du fil.

 

-...si tu l'dis mon chéri, si tu l'dis.

 

-Ouais, allez salut !

 

- Fais attention à ton p'tit cœur, il est fragile !

 

Elle raccroche. Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? Ce n'est qu'un simple attirance, après tout. Bon, je reconnais qu'elle est forte. Mais ça ne va pas plus loin. On va passer du bon temps, et on finira par se séparer quelques jours/semaines après. J'ai toujours été très heureux comme ça...

 

Je secoue ma tête, il vaut mieux arrêter de penser à ça. J'ai juste envie de passer une bonne soirée. Malheureusement, je ne pourrai pas rentrer trop tard, ayant cours demain...dommage, j'aurai bien finit ma nuit dans le lit d'un bel infirmier.

 


A l'heure convenue, je descends au salon. Mon père n'est pas là. Ma mère est allongée sur le canapé, endormie devant un documentaire animalier, une main sur son ventre. Je sais que ça ne va pas fort entre eux. Cette histoire les bouleverse, j'espère qu'ils arriveront à s'en remettre...j'espère que petite haricote nous fait juste une belle frayeur. Je prend un plaid et recouvre ma mère avec avant de couper la télé. Je pars attendre Evan sur le peron.
Le voilà qui arrive. Je grimpe dans la voiture et me tourne vers lui.

 

-Alors, tu m'emmènes où ?

 

-T'as mangé ?

 

-Non.

 

-Bon alors je t'emmène dans une petite brasserie en périphérie de la vie. Tu vas voir, c'est sympa comme tout. Mais avant, faut qu'on passe chez moi, j'ai oublié mes papiers dans mon sac de boulot.

 

-Ahhh, intéressant, je peux venir t'aider à chercher si tu veux...comme ça, tu m'feras visiter !!!

 

-Non, toi, tu restes dans la voiture !

 

Je lui fais ma moue n°7 et il éclate de rire. J'ai beau supplié, négocier, tempêter, je suis toujours dans la voiture pendant qu'il est en train de chercher ses foutus papiers. Dire qu'il aurait pu me faire visiter sa chambre, ou sa salle de bain, ou son canapé...sa table...
Le revoilà. Je décide de bouder un peu. Il ne mérite pas mieux. Quand il s'en rend compte, il éclate à nouveau de rire...je trouve que son rire est beau. J'arrête de bouder.

 

Nous avons passé une soirée très agréable. L'endroit qu'il m'a fait découvrir était sympa comme tout et la bouffe très bonne. Il avait l'air d'être un habitué, tout le monde le connaissait...et je lui ai filé mon numéro de portable...juste histoire qu'on soit à égalité. On n'a pas pu rallonger la soirée à cause de mes cours et nous sommes à présent devant chez moi, toujours dans la voiture. Le temps s'est nettement rafraîchit, mais honnêtement, je m'en fous, je suis bien plus occupé à caresser ses lèvres des miennes. Sa main est derrière ma nuque et la mienne est sur sa cuisse. Sans arrière pensée, elle est juste posée et étrangement, je ne cherche pas plus. Je profite simplement de l'instant, de ses gestes, de son odeur, de cette harmonie que nos corps semblent trouver lorsqu'ils sont en contact. Le baiser s'achève mais nos fronts restent collés. La main d'Evan caresse ma joue et je peux lire dans ses yeux la flamme du désir. Il s'éloigne un peu, les cheveux légèrement en bataille, le souffle court, les joues rougies...heureusement que je suis assis car il est à tomber par terre.

 

-Je...je pense que tu ferais mieux de rentrer...

 

-....Oui...

 

Et à nouveau nos lèvres se trouvent.
Enfin après de longues minutes, j'arrive à m'arracher de ses bras. Je rentre chez moi, et rapidement je m'écroule sans prendre le temps de me déshabiller. Je m'endors, encore bercé par son odeur.

 

Les jours passent, les semaines aussi. Je vois Evan régulièrement et je suis ravi de l'évolution de notre...relation. Elisa est très fière d'elle, elle n'arrête pas de me chanter à tue tête que je suis casé, et j'ai beau démentir, elle ne m'écoute même pas, et c'est encore pire depuis qu'elle sait qu'on a toujours pas couché ensemble. Moi le baiseur de ces hommes, le tombeur du quartier gay, je suis en abstinence depuis plus de deux mois. Alors elle m'a catalogué dans la case « amoureux transi ». Ce qui est totalement faux. J'apprécie Evan... beaucoup... énormément mais je pourrais facilement m'en détacher.... j'en ai pas envie, c'est tout. Et puis ça serait dommage d'avoir fait tout ça pour les quitter sans avoir eu une petite partie de jambe en l'air. Voilà la théorie que je viens d'expliquer à ma future ex meilleure amie.

 

-Tu es d'une mauvaise foi mon chéri, c'est hallucinant !

 

-Pas du tout ! Je suis bien avec lui, on va pas se marier pour autant !

 

-Mais vous n'avez pas encore couché ensemble ! Depuis quand tu t'embarrasses des cul-bénit ?

 

-Oh crois moi, il n'a rien d'un cul-bénit. Le peu qu'il m'a montré me laisse envisager le meilleur quand il se décidera à passer à la vitesse supérieur. Simplement, je crois qu'il a été trop secoué par son truc avec son ex, alors il préfère prendre son temps. Mais crois moi, quand le moment sera venu, je vais grimper au plafond ! Il a déjà des mains et une bouche dont il sait parfaitement se servir !!! Et il est...particulièrement bien fournit par la nature.

 

-Ooohhh, vas-y raconte tout.

 

-Tu n'es pas sensée être attirée par les meufs, toi ?

 

-Je trouve que deux mecs ensembles sont particulièrement excitants, alors raconte.

 

-Y'a pas grand chose à dire en fait. L'autre jour, on était chez lui et il se préparait à aller bosser. Il devait me déposer à la fac avant. Et il est allé prendre une douche....alors évidemment, je l'ai rejoins.

 

-Il ne t'a pas jeté.

 

-Il a essayé...

 

-Et ???...

 

-Et je me suis mis à genoux, et ce n'était pas pour le supplier ! Il a vite abandonné l'idée de me faire sortir.

 

-ET ?????...........

 

-Et je suis arrivé en retard à la fac et lui s'est fait passé un savon à son boulot !!!

 

Elisa éclate de rire et je me joins à elle.

 

-Je sais que l'idée même de pouvoir être un jour amoureux t'effrai, mais ce gars te plait, c'est évident.

 

-Bien sur qu'il me plait...

 

-Pas dans ce sens la, chéri. Tu t'accroches à lui. Doucement, mais sûrement.

 

Je hausse les épaules. Elle s'approche dans mon dos et me murmure :

 

-En tout cas, toi, tu lui plais ! Et il ne s'en cache pas.

 

Je ne réponds rien, mais je n'arrive pas à retenir mes lèvres de se retrousser vers le haut. J'ai un sourire béat scotché sur le visage et j'ai l'air d'un con...et je me sens bien ! Il faudrait peut-être réenvisager l'idée d'une relation « sérieuse » avec Evan....Naaannn, c'est pas pour moi. Je me contente de ce que j'ai, au jour le jour.

 

-Et tes parents ? Comment ils vont ?

 

Mon sourire disparaît immédiatement.

 

-C'est de pire en pire. Ma mère reste stoïque la journée et pleure la quasi totalité de la nuit. Mon père est de moins en moins présent, il se réfugie dans son boulot pour ne pas vois la vérité en face...L'autre jour il m'a engueulé, prétextant que je sortais trop et que c'était bien la preuve que je ne me souciais pas du tout de ma famille. Il devient aigri. Il ne parle plus que pour gueuler. Et entre eux...c'est pareil. Ils ne dorment même plus ensemble. En général mon père dort à son bureau ou sur le canapé. Ils en souffrent tout les deux, mais je crois qu'ils ont trop peur de ce qui pourrait arriver.

 

-Je suis désolé mon chéri, c'est pas la joie chez toi. Ils sont au courant pour Evan ?

 

-Non. Ils se doutent bien que j'ai quelqu'un, c'est pour ça la réflexion de mon père. Ils me reproche de réussir à être heureux malgré tout. Eux n'y arrivent pas. Mais si ils devaient apprendre que je sors avec un gars qui fait partie de l'équipe médicale...je ne suis pas sur qu'ils le prendraient bien.

 

Elle me regarde avec un grand sourire espiègle.

 

-Quoi encore ?

 

-Tu as dit que tu étais heureux avec lui.

 

-Oh Elisa, fous moi la paix avec ça. C'est une histoire comme un autre, qui finira comme une autre. T'es trop vieille pour croire au contes de fées, alors pitié, oublie tes projets de vie en couple pour moi, ok ?

 

A son tour, elle hausse les épaules.

 

-Si tu voulais bien grandir un peu et arrêter ton angoisse existentielle de l'engagement, tu pourrais l'être vraiment, heureux.

 

La discussion s'arrête sur ces paroles. Puis nous parlons d'autres choses. Mes partielles entre autre. Ca y'est, j'ai le nez dedans. Ca ne se passe pas trop mal malgré tout. J'aime vraiment beaucoup ce que je fais, ce que j'apprends. Le droit, c'est mon truc. J'ai une soif de justice inébranlable depuis que j'ai 5 ans. J'ai toujours évité les affrontements directs et réglé mes conflits en parlant. J'ai une tchatche à toute épreuve...sauf peut-être avec Elisa...mais je progresse, je progresse !

 

J'ai quitté Elisa en début d'après midi. Je profite de mon week-end, en plus Evan ne travaille pas non plus aujourd'hui. Je suis largement prêt pour la suite de mes examens, je ne m'inquiète donc pas. En fait, il n'habite pas très loin de chez moi, ce qui m'arrange grandement. Je n'ai pas besoin qu'on me transporte de droite à gauche. Le permis ? Vous savez combien ça coûte le permis ??? Ben, moi, j'ai pas les moyens. Et puis les transports en communs sont très pratiques. Bref, je me retrouve devant son appart' et je sonne. Il ouvre, il est au téléphone et me fais signe d'entrer. Il commence à repartir quand je le tire en arrière et pose fermement ma bouche sur la sienne. Je le fais rapidement et en silence pour ne pas le déranger, mais il n'allait tout de même pas me dire bonjour comme ça ! Je m'installe sur le canapé avec un verre de jus de fruit. Il me regarde avec un sourcil rehaussé d'un air de dire « fais comme chez toi » et je lève mon verre dans sa direction en murmurant :

 

-Santé !

 

Accompagné d'un petit clin d'œil qui lui fait lever les yeux au ciel Il s'éloigne un peu pour continuer sa conversation. Quand il revient, il s'installe à côté de moi sur le canapé, mais semble un peu gêné. Je grimpe sur ses genoux, face à lui et m'empare de ses lèvres.

 

-Qu'est-ce qui se passe ?

 

-Hum, rien, rien....

 

C'est à mon tour de hausser le sourcil.

 

-Me prends pas pour un imbécile. Dis moi.

 

-C'était mes parents.

 

Je plonge dans son cou promener mes lèvres pour l'encourager à continuer son récit.

 

-Ils...ils vont passer vendredi prochain....et...hhmmmm...ils m'invitent au resto...

 

Je continue ma progression et ma bouche se retrouve juste derrière son oreille, un point que je sais très sensible.

 

-Oui, et ??? pourquoi cet air constipé ?

 

-Ils voudraient bien...ooohhh Romain arrête...

 

Je le sens durcir sous moi et j'engage quelques mouvements de vas et viens explicite avec mes hanches. Ma langue décide de s'attarder derrière son oreille et ma main part en exploration sous son T-shirt.

 

-Ils aimeraient...hmmm et moi...aah aussi...que tu sois là...

 

J'ai l'impression qu'on vient de me vider une bassine d'eau froide sur la tête...Je me redresse brusquement et arrête tout ce que je faisais.

 

-Quoi ? Tu veux me présenter tes parents ?

 

Evan semble remarquer mon malaise.

 

-Ecoute, c'est rien. C'est qu'un dîner !

 

Il veut me présenter ses parents. Bordel de merde !!! Qu'est-ce que je fais maintenant ? Heureusement Evan me coupe dans ma réflexion.

 

-C'est pas grave. Je savais bien que c'était pas ton truc. Ca m'aurait fait plaisir c'est tout. Oublie.

 

Oublier ? Comment je peux oublier ça ? Et puis il a fini sa phrase avec un petit sourire triste digne de ma moue n°7 de chien battu !!! Je me sens mal. J'ai l'impression qu'on me tord l'estomac avec du barbelé. Et c'est douloureux.

 

Il veut me présenter ses parents. Ca veut dire qu'il est sérieux. Très sérieux, quand ils pensent à nous. Et moi ? Qu'est-ce qu'il représente pour moi ? Je n'ai jamais attendu aussi longtemps pour coucher avec un mec. Je n'étais jamais allé chez un mec plus longtemps que pour m'envoyer en l'air, prendre éventuellement une douche, me rhabiller et partir. Je ne m'étais jamais assoupi dans les bras d'un mec comme il m'arrive parfois de le faire avec Evan. Je ne me sens jamais moi même avec d'autres hommes que lui.
Je ne suis pas amoureux, c'est impossible, je ne veux pas l'être, et pourtant...

 

-Romain, laisse tomber ! Je savais que tu ne voudrais pas, c'est pas grave. On passe à autre chose. Et continue ce que tu faisais, c'était très agréable.

 

Je lui souris doucement. Et je décide de faire ce qu'il me dit. Profiter de l'instant présent, ça, c'est mon truc ! Mais je garde dans un petit recoin de ma tête cette conversation. Il faut sérieusement que je me pose des questions sur moi même !

 

Mes lèvres retrouvent les siennes et nos langues se rejoignent enfin. L'excitation remonte rapidement et très vite, nos mains se baladent sur nos corps. Comme toujours, je sens mes reins s'embraser sous ses caresses, et je sens à sa respiration et à ses gestes fébriles qu'il n'est pas en reste. Je le sens agripper mes poignets et les lever au dessus de ma tête, lui permettant ainsi d'enlever mon haut. J'ai déjà fait sauter tous les boutons de sa chemise et m'attaque maintenant à son pantalon. Je n'ai pas le temps d'aller plus loin puisqu'il m'allonge sur le canapé, prenant place entre mes jambes. Jamais encore nous n'avions atteint ce degré de chaleur et de désir. Je sens qu'il est prêt et je m'apprête à passer une des meilleures nuits de ma vie. Les mouvement qu'il fait font se frotter nos sexes à travers nos vêtements restants, sa bouche part à la conquête de mon torse tandis que sa main a passé les barrières de mon pantalon et mon boxer. Elle est maintenant en train de jouer avec mes bourses et je sens sa langue descendre de plus ne plus bas. Je laisse échapper un gémissement et ma main se pose sur sa tête, caressant ses cheveux. Sans appuyer, sans forcer, juste pour qu'il sente à quel point j'aime ce qu'il me fait. Ca y'est, je suis nu, mon pantalon et le boxer ont volé et c'est avec un petit sourire pervers qu'Evan a reprit son exploration. Lui est toujours à habillé, seule sa chemise est ouverte par mes soins. J'ai toujours préféré être passif, mais tout en gardant une certaine égalité dans le rapport. La, je me sens totalement soumis, à sa merci, et ça ne fait que m'exciter encore plus. C'est étrange, j'ai l'impression d'une certaine manière, de lui appartenir... et ça ne me dérange pas. Cette constatation m'aurait plutôt effrayé si sa langue ne m'avait pas fait me concentrer uniquement sur le délicieux traitement qu'il m'infligeait ! Je la sentais courir sur mon sexe, s'attardant sur chaque parcelle. Mes gémissements se font de plus en plus rauques et forts. Et je ne peux m'empêcher de crier lorsqu'il me prend totalement en bouche. Ses mouvements se font rapides dès le début. Je sens son doigt pénétrer doucement mon entrée. J'aime la douceur de ses gestes, comme si c'était ma première fois et qu'il ne voulait pas ma blesser. Je suis loin d'être vierge et il le sait, mais j'apprécie le fait qu'il prenne soin de moi. Je lui fais relever la tête avant d'exploser dans sa bouche.

 

-Pas comme ça...viens...s'il te plait.

 

Sa bouche se repose sur la mienne dans un baiser fougueux tandis qu'un deuxième puis un troisième doigt font leur entrée en moi. Entre deux gémissements, j'arrive à lui articuler :

 

-C'est bon, viens....

 

Il retire ses doigts et commence à ouvrir son pantalon quand mon téléphone se met à sonner. Evan se redresse, stoppant tout mouvement. Je ne peux m'empêcher de pousser un cri de frustration.

 

-NAN, t'arrête pas !!!

 

-Tu...tu devrais répondre....c'est...c'est peut être urgent.

 

Il a dit ça en tentant de reprendre son souffle.

 

-Je m'en fous, s'il te plait, continue !!!

 

Il m'embrasse à nouveau et avant que j'ai eu le temps de m'en apercevoir il a attrapé mon portable et a décroché, me le collant à l'oreille.

 

Je me mords la lèvre pour ne pas gémir mon « allo » !

 

-Romain, qu'est-ce que tu fais, ça fait une plombe que ça sonne ?

 

-PAPA ?....Euh...oui...je...j'étais...occupé...

 

-T'es essoufflé. Qu'est-ce qu'il y a ?

 

-Rien, j'ai...j'ai couru... pour attraper le téléphone, c'est pour ça...

 

Evan étouffe son rire dans mon ventre et je dois m'accrocher au canapé pour ne pas lâcher un gémissement digne d'un film porno ! Heureusement mon père semble préoccupé et ne se rend compte de rien.

 

-Nous sommes à la maternité. Ta mère va accoucher. Viens tout de suite, nous t'attendons.

 

-Je...QUOI ??? Mais...euh...

 

Je n'ai pas le temps de trouver une phrase cohérente, mon père a déjà raccroché. Evan me fait de petites caresses apaisantes sur le torse pour tenter de me calmer.

 

-Je crois qu'on va devoir remettre ça à plus tard !

 

Je ferme les yeux de frustration.

 

-On peut prendre le temps de...

 

-Non, tes parents t'attendent. T'inquiète pas, on a tout le temps.

 

-Tu peux pas me laisser comme ça. dis-je en désignant mon anatomie dressée et prête à l'assaut.

 

Il m'embrasse le sommet du sexe et me lance un regarde aguicheur.

 

-Je peux peut-être faire quelque chose. Il s'apprête à continuer la fellation qu'il avait abandonné quelques minutes plus tôt mais son biper se met à sonner.

 

-PUTAIN, mais c'est pas vrai !!!

 

Je peste contre le destin qui s'acharne.

 

-J'aurai du m'en douter, si ta mère est à la clinique, ils allaient forcement m'appeler à un moment ou un autre. Je fais partie de l'équipe qui suit ta mère et elle est classée dans une catégorie à risque. Il y aura tout le monde sur le pont.

 

Je gémis de douleur en tentant de repasser mon boxer sur mon érection. Evan se rapproche de moi et me serre dans ses bras, en m'offrant un baiser enivrant.

 

-Je suis vraiment désolé.

 

-Mouais...c'est pas grave...mais ce n'est pas en m'embrassant comme ça que je vais réussir à me calmer.

 

Finalement je me passe de l'eau froide sur le visage et la nuque. Mon corps commence lentement à se faire à l'idée que personne ne va s'occuper de lui pour le moment. Je promets à p'tite haricote de lui faire payer ça quand elle sera plus grande. Nous sommes enfin habillés. Et nous nous dirigeons vers la voiture. Pendant tout le trajet, la main d'Evan n'a pas quitté la mienne. Et l'idée fugace qui me traverse l'esprit est que n'importe quelle personne qui nous croiserait nous prendrait pour un vrai couple. Je continue à marche en direction de la voiture le sourire au lèvre, qui est, j'en suis sur, uniquement du au fait que je vais être grand frère.


 

La nuit passe lentement. Il est déjà trois heures du matin et rien en vue. P'tite haricote fait son chemin, mais doucement...Mon père en est à son treizième café et je ne pense pas que ce soit très bon pour ses nerfs. Il tourne en rond depuis le début. Moi je suis allongé en travers des chaises m'assoupissant de temps à autre. Heureusement que j'aurai le lendemain pour récupérer...sinon j'aurai eu une belle tête pour ma dernière ligne droite d'examens.

Finalement p'tite haricote pointe le bout de son nez à 6h24 et avec toute la modestie qui me caractérise, je peux dire que c'est le plus beau bébé du monde !!! Ma mère est ramenée vers sa chambre et nous la suivons. Je crois Evan en tenue et il me fait un clin d'œil en passant. Je souris. La vie est belle ! Une fois les soins donnés et ma mère installée, mon père prend ma petite sœur dans ses bras. Je les trouve beaux tous les trois. Mes parents semblent s'être retrouvés. Ils irradient de bonheur. Toute question est pour le moment balayée pour faire place au bonheur de tenir ce petit bout de chose dans ses bras. Finalement mon père s'approche de moi et un fois mes mains lavées, il me tend petite haricote.

 

-Je te présente Morgane Lily Cyra.


Je l'accueille délicatement. Elle est vraiment toute petite, elle semble si fragile.


-Bonjour toi ! Tu es magnifique tu sais ! Avant toute chose, il va falloir que je t'apprenne deux trois trucs...mais t'inquiète pas, je serai là...je te protégerai si il faut !


Je relève la tête et vois que tout le monde me regarde. Mes parents, émus, l'équipe soignante, toujours présente, Evan...Evan qui me regarde comme jamais encore on ne m'avait regardé. Il me sourit tendrement et presque malgré moi, je lui réponds. Je sens le rouge me monter aux joues. Je tends Morgane vers mon père et lui souffle :

 

-On reprendra cette conversation plus tard.

 

Cette phrase provoque un rire général. L'équipe soignante après avoir vérifié une dernière fois que ma mère ne manquait de rien nous laisse entre nous. Je m'éclipse à mon tour, voulant laisser un peu de tranquillité à mes parents. Je repère Evan dans un couloir. J'attends qu'il soit seul et l'entraîne dans une sorte de débarras.

 

-Tu sais que la réserve est interdite au public ?

 

-Ils n'avaient cas fermer à clé...et puis ce qui est interdit est excitant.

 

Je l'embrasse et pendant de longues minutes, je profite de l'avoir tout contre moi. L'excitation renaît, mais n'est pas volontaire. Il s'éloigne un peu de moi.


-Je vais rentrer chez moi, je suis naze. Tu devrais en faire de même. Il me semble que tu n'as pas fini tes examens !

 

-Oui, je sais, je vais y aller.

 

Il m'embrasse une dernière fois et s'apprête à partir. Je repense à toutes les émotions qui m'ont traversé aujourd'hui. Le bonheur d'être entouré et d'avoir ma famille auprès de moi. Il ne manquait plus qu'Elisa pour que le tableau soit parfait...Elisa, et peut-être quelqu'un d'autre...

 

-Evan ?

 

Il se retourne.

 

-Si...si ta proposition tiens toujours...je crois que je n'ai rien de prévu vendredi.

 

Il semble perdu un instant puis ses yeux s'ouvrent de stupeur.

 

-Tu es sérieux ?

 

J'acquiesce, n'ayant absolument aucune confiance en ma voix en cet instant. Je suis rongé par le doute, mais au vue du sourire qu'il me fait, je crois que peut être ça vaut le coup. Il revient et m'embrasse amoureusement...oui, c'est le mot.

 

-Merci.

 

Et il finit par partir pour de bon. Cette fois, c'est dit...vendredi, je rencontre ses parents.

 


 

 

 


Oh purée, j'en ai bavé avec celui la...le début du chapitre est à chier (je pèse mes mots) et je m'en excuse, la fin est un peu mieux, j'espère que ça vous plaira. C'est le plus long chapitre que j'ai écrit depuis la création de ce blog...lol
J'ai vraiment très peu de temps pour moi en ce moment et je suis très fatiguée. Mais bon, voilà la suite. Désolée pour les fautes. Je sais qu'il y en a dans chaque chapitre et quand j'en vois, je les corrige, mais c'est vrai que je suis pas vraiment douée en conjugaison (en plus du reste...lol) donc parfois je ne sais pas vraiment comment accorder tout ça...bref, j'espère que ça n'empêche pas une bonne lecture. Une bonne fête du travail à tous ! Je vous embrasse. Merci à celles qui me laissent des coms, ça me touche beaucoup et m'encourage à continuer !
Bisous

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Samedi 26 avril 2008
-Et alors à ce moment la, il a levé la main, je suis sur qu'il savait qu'on le voyait, et il a voulu se la raconter un peu...

-Chéri, tu m'l'as déjà raconté cinq cent fois, lâche moi un peu avec ton haricot !!!

 

-Non, mais tu comprends pas, ça va être génial. Je vais lui apprendre plein de trucs de mec....et euh un peu des trucs de PD aussi, mais ça j'y peux rien, et puis ça sera à lui de voir !

 

-Et qui te dit que c'est un mec d'abord, hein ? Si ça se trouve c'est une gonzesse...

 

-Non, c'est un mec, je le sais. Et il sera forcement le plus beau vu que ça sera mon brother !!!

 

-Ta modestie de perdra. Maintenant tu serais gentil de te manier de choisir entre tes peluches parce que, d'une, on fait un peu tache avec nos look dans un magasin de mioches, de deux, ça fait trois heures que tu hésites entre Hector le castor et Olaf la girafe, et que ça commence sérieusement à me les briser !!!

 

-Ah ça, c'est biologiquement impossible ma belle, t'as rien à briser.

 

-Rien à foutre, tu prends ta girafe et on se casse.

 

-Ouais t'as raison, la girafe est bien....mais je kiff bien Hector le castor et...OH !!!! Regarde, y'a aussi mimi la souris !!!

 


Une bonne demi heure plus tard, j'offre une glace à Elisa pour me faire pardonner l'attente, vérifiant toutes les trente secondes que Hector le castor ne tente pas de se faire la malle de mon sac. Demain, je vais à la seconde échographie avec ma mère, pour le second trimestre. Mon père s'était proposé mais je l'ai éjecté. Il regardera le CD-rom offert par l'hôpital, comme la dernière fois. Il est hors de question que je rate un moment comme ça, déjà qu'il n'y en a pas beaucoup.

 

-Tu veux que je te montre une photo de p'tit haricot ?

 

-Je les ai déjà vu des centaines de fois, chéri, ça va, je le connais par cœur ton haricot !

 

-Non, mais attend, regarde celle ci, tu trouves pas qu'il me ressemble déjà

 

-Je ne veux pas le savoir.

 

-Mais, si, regarde, je....

 

-ROMAIN !!!!

 

Elisa me le répète depuis près de trois mois, je suis pire qu'une gonzesse. Je ne pense plus qu'à ce petit bout qui pousse doucement dans le ventre de ma mère. J'ai failli m'abonner à un magazine pour meuf, mais Elisa m'a arraché le bon d'envoi des mains avant que j'ai eu le temps de faire quoique ce soit. Bon, sur ce coup la, elle n'a pas eu tort. Mais est-ce que c'est ma faute si je suis tombé amoureux d'un haricot ? Peut-être est-ce l'idée que je n'aurai jamais le droit d'être père qui fait que je veux vivre à fond cette grossesse et cette naissance. N'allez pas vous faire d'idées. Je sais bien quelle est ma place. Je ne suis et ne serai jamais un père pour cet enfant, je serai son frère. Mais je serai le meilleur des frères, ça c'est sur !!! Et Elisa aura beau dire tout ce qu'elle veut, je sais que c'est un petit mec. D'ailleurs je suis sur que l'ensemble vert que j'ai vu au centre commercial l'autre jour lui irait très bien...il faudra que je demande à Elisa de venir avec moi !

 


Nous y voilà, le jour J. Finalement nous irons tous les trois. Mon père n'a pas voulu céder sa place...le mauvais joueur ! Peut importe. Il est prévu que je reste dans la petite salle de la dernière fois et que je les rejoigne dans le cabinet d'auscultation pour l'écho. De toutes façons, c'est bien la seule chose qui m'intéresse. Je me fiche un peu de savoir combien de poids a prit ma mère et si elle a des problèmes de dos...bon je m'en fiche pas complètement. Premièrement parce que c'est ma mère...ben, oui !!! Deuxièmement parce que ça la met d'une humeur exécrable et qu'elle gueule sur tout ce qui bouge...et l'instant d'après elle s'écroule en larme...Les hormones, il paraît ! Bref, le fait est que je ne serai présent que pour l'échographie, et que ça me convient parfaitement comme ça.

 

Nous arrivons à l'hôpital et je frémis d'horreur à l'idée de passer encore des heures sur leurs chaises plastiques toutes pourries. Et l'on n'y coupe pas. Encore plus d'une heure d'attente...je cuis dans cette salle d'attente bondée, surchauffée, pleine de femmes gavées d'hormones, prêtent à mordre à la moindre anicroche. Je décide de sortir un peu prendre l'air. Je percute une personne en sortant de la salle d'attente.


-Aieuh !!!

 

-Je suis désolé, je...M. Cyra ?

 

-Oh, salut Evan !

 

Hop, sourire colgate ultra large !! Je le vois lever les yeux au ciel. Mais pourquoi ça marche pas sur lui ? Avec tout le monde, ça passe nickel et évidemment, le mec que je veux me taper est complètement hermétique à mon sourire de tombeur !

 

-Ca va être à vous. J'allai prévenir votre mère.

 

-M'MAAANNN, viens, c'est à toi !!!

 

Ahhh, bingo, ma mère est rouge de honte d'avoir un gosse comme moi...et mon père me fait les gros yeux ! Moi je suis juste mort de rire. Et je crois bien avoir vu Evan esquisser un sourire...Quand je vous dis que tout n'est pas perdu !

 

Nous nous dirigeons vers la même pièce que l'autre jour et mes parents suivent le gynéco dans le petit cabinet. Evan reste avec moi dans le bureau.

 

-C'est sympa de me tenir compagnie.

 

-Je dois veiller à ce que vous ne tentiez pas de voler quelque chose.

 

Et vlan, douche froide pour moi. Sur le coup je suis carrément vexé là !

 

-Ehhhh, je suis pas un camé, ok ?

 

-Je n'ai pas dit ça. Si une personne autre que le personnel de l'hôpital est présente dans cette pièce, je me dois d'y être aussi.

 

Pfff, cette conversation est stérile. Je sens que je vais vite m'ennuyer. Pourtant, on pourrait trouver des occupations très intéressantes tout les deux dans cette pièce !!!

 

-Oh fait, tu sais pour ma question de l'autre fois, j'ai trouvé tout seul ma réponse.

 

-Quelle question ?

 

-Pourquoi tu faisais ce métier !

 

Il lève les yeux au ciel.

 

-Ah oui, et votre brillante suggestion d'être...quoi, déjà ? Mannequin ? Acteur ? vous ne pensez pas qu'à votre âge, il faudrait songer à avoir un peu plus les pieds sur terre ?

 

-J'ai parfaitement les pieds sur terre, merci bien. Et puis t'as raison, les mannequins sont pas sensés tirés la tronche sans arrêt. Tu sais que tu es bien plus sexy quand tu souris ?

 

-Ecoutez...

 

-J'aimerai vraiment que tu me tutoies !

 

Evan pousse un soupire désespéré.

 

-Si je vous tutoies, vous me ficherez la paix ?

 

-Ah, non, certainement pas.

 

Je m'attendais à une petite crise de nerf en bon et du forme, au lieu de ça, je vois un petit sourire flotter sur ses lèvres.

 

-Je n'aurai pas le dernier mot n'est-ce pas ?

 

Je lui souris à mon tour.

 

-Non.


-Alors, très bien, je vais te tutoyer tant que nous serons seuls. Mais dis toi bien que dès qu'il y aura du monde, je reprendrai le vouvoiement, c'est clair ?!

 

Je crois que si je pouvais rayonner, j'illuminerai la pièce.

 

-Très clair. Et j'avais raison. Tu es très sexy quand tu souris.

 

-Je te signale que tu es bien plus agréable à regarder quand tu souris normalement, plutôt qu'avec tes sourires de drague à deux francs six sous !!!

 

J'éclate de rire et devant son air intrigué, je tente de m'expliquer :

 

-Deux francs, six sous....Ah, ah, mais c'est quoi cette expression de grand mère ?

 

Evan lève encore les yeux au ciel, mais souris quand même. Je crois que nous avons brisé la glace.

 

-Alors, tu n'avais pas dit que tu avais trouvé le pourquoi j'avais choisi ce métier ?

 

-Oui. En fait, être infirmier, y'avait pas de soucis. La question que je me posais était pourquoi la pédiatrie ? Et quand j'ai regardé l'échographie de ma mère...je sais pas, ça m'a fait tout bizarre. Comme si, tout devenait concret. C'est vrai, on a pas idée qu'une vie puisse naître comme ça à l‘intérieur d'un corps et en avoir la preuve sous les yeux...C'était comme si, tout prenait un sens.

 

-Oui, c'est magique. Chaque grossesse puis naissance à laquelle mon équipe participe, je la reçois comme un cadeau précieux. C'est un travail merveilleux. Et malgré les mauvais côtés, je ne le changerai pour rien au monde.

 

Je lui souris tendrement, et me reprend bien vite en m'en rendant compte. Mais je crois qu'il m'a vu. Nous partageons un silence complice pendant quelques secondes.

 

-C'est quoi les mauvais côtés ?

 

-Oh, et bien il y en a de toutes sortes. Il y a les horaires qui changent régulièrement et qui chamboulent un peu toute notre horloge interne et n'aident pas à la construction d'une vie sociale épanouie. C'est un métier qui peut être éprouvant, nous partageons beaucoup de bonheur avec les patients et leur famille, mais également toutes les peines. Perdre un enfant doit être, je pense l'expérience la plus douloureuse dans la vie d'un être humain, tout comme le voir souffrir. Et puis avec notre société actuelle, le monde de la santé devient une course au profit. Les patients sont devenus des clients, nous ne prenons plus le temps du contact humain...j'ai l'impression que tout part en cacahuète.

 

Je souris à nouveau face à cette expression qui date encore de nos ancêtre, mais je ne le coupe pas. Il semble vraiment à fond dans son récit et je vois à quel point son boulot lui tient à cœur.

 

-Et malgré tout ça...c'est vraiment un métier magnifique. Je crois que chaque jour j'apprends un peu plus sur moi, et sur les autres...j'espère ne jamais me lasser de cette richesse.


-Mais dis moi, ça ne perd pas de sa magie à force ? Je veux dire, moi quand j'ai vu p'tit haricot, j'ai été plutôt sur le cul, j'avoue ! Mais, à force d'en voir toute la journée, ça ne perd pas son charme à la fin ?

 

-Non, chaque personne et chaque histoire est différente, il y a une telle diversité que je ne tomberai jamais sur deux histoires pareilles. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de haricot ?

 

Oh, le con. J'ai quand même pas dit ça devant lui ?!!! Oh, non, c'est carrément la honte...moi et ma grand gu....Je sens mes joues virer au rouge vif tandis que je baragouine :

 

-Euh, c'est le nom que j'ai donné au bébé. Non seulement mes parents ne se sont pas décidés pour les prénoms, mais on ne sait même pas si c'est un gars ou une fille, alors en attendant...voilà quoi...

 

Il rigole doucement.

 

-Ouais, vas-y, fous toi de moi !

 

-Non, je ne me moque pas, je trouve ça...mignon...

 

Je relève la tête brusquement. Effectivement, je ne vois aucune trace de moquerie sur son visage, il a même plutôt l'air attendri et...intéressé ? C'est bon pour mes affaires ça !

 

-Ne dis pas que je suis mignon, ça va ternir mon image. Et uis j'y peux rien si je suis tombé raide dingue d'un haricot. Il avait cas pas me faire signe, c'est de sa faute !

 

Evan rit franchement maintenant. Et j'aime en être responsable. Il semble beaucoup plus détendu que la dernière fois.

 

-Tu es beaucoup moins coincé que ce que tu as bien voulu me montrer la dernière fois en fait !

 

-Moui, eh bien, disons que j'avais quelques soucis personnels.

 

-Lesquels ?

 

-Ca ne te regarde pas, mais je suppose que la non plus tu ne vas pas lâcher l'affaire ?

 

-Exactement, alors ?

 

Evan pousse un soupir digne des plus grands tragédiens, mais continue quand même sur sa lancée.

 

-Mon...fiancé venait de me quitter...pour une femme !

 

-Oh, ça fait mal !

 

-Oui. Et puis tu n'es plus non plus le même petit con arrogant que j'ai rencontré il y a trois mois. J'ai vu ton vrai visage au moment de l'échographie, c'était nettement mieux, crois moi...

 

Je rougis encore...décidément, c'est chronique depuis tout à l'heure. Je préfère dévier le sujet sur un autre ou je suis plus à l'aise : la chasse !

 

-Je te dirai bien que je suis désolé pour ton mec, mais pour être honnête ça arrange bien mes affaires. Puisque tu es libre comme l'air, tu vas pouvoir avoir l'immense honneur de sortir avec moi.

 

Il éclate de rire...il deviendrait presque vexant.

 

-Je n'ai jamais dit que j'étais intéressé.

 

-Tu n'as pas besoin, je le sais. N'oublie pas que je t'ai vu me mater le cul. Et tu as dit tout à l'heure que j'étais mignon, et...

 

-Ecoute...Romain, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Ca ne mènerait nul part...

 

-Oh, allez, ça te coûte rien d'essayer, c'est juste une soirée, pas une demande en mariage. On passe un bon moment et puis on avise. S'il te plaaiiiittt !!!

 

Je suis passé en mode chien battu N°3, et cette fois, je sens que ça marche. Il vaut mieux en tout cas, c'est bien la première fois que je m'abaisse à supplier un mec pour qu'il sorte avec moi...Faut croire qu'il m'a vraiment tapé dans l'œil mon infirmier ! Je me demande pourquoi je m'accroche comme ça, c'est pourtant pas mon genre...je ne préfère pas y penser, ou plutôt je me dis que c'est parce que j'ai pour habitude que personne ne me résiste. Je peux lire son combat intérieur sur son visage. Il hésite, il va céder, il cède...il parle :

 

-Eh bien, je....

 

-Monsieur, Cyra, vous pouvez venir je vous prie.

 

Je voudrai hurler de frustration contre ce gynéco de mes deux et vu le sourire amusé d'Evan, je dois bien tirer une tronche de dix mètres de long. Le gynéco se retire à nouveau dans le cabinet et nous nous dirigeons tout les deux à sa suite. Juste avant de franchir la porte, je le retiens Evan par le bras.

 

-C'est oui, ou c'est non ?

 

Il me regarde un instant, semblant me jauger, mais toujours avec cette petite pointe d'amusement dans ses yeux qui pétillent.

 

-Pourquoi pas !

 

Je ne saute pas au plafond, mais j'en ai très envie. A la place, je ne peux déscotcher ce sourire niais de mon visage. Oh et puis zut, je vais voir petit haricot et je viens de décrocher un rencard, cette journée est magnifique !

 

Mes parents semblent radieux, eux aussi. Je m'installe à leur côté. Je sens Evan se placer pas loin derrière. J'aime cette subtile proximité.

 

Le gynéco répète le même rituel du gel pendant qu'Evan s'occupe du monitoring avant de revenir se placer derrière moi. Je sens l'excitation monter au fur et à mesure que le moment de la « rencontre » se rapproche. Et enfin le moment tant attendu arrive. L'écran s'illumine et petit haricot est là, bien plus grand que la dernière fois que je l'ai vu, il a tellement grandi qu'on ne le voit pas tout entier. Il semble péter la forme. Il s'agite dans tous les sens et fait de grands gestes amples. Avant même de savoir quelle tête il a, je sais déjà qu'il sera le plus beau bébé du monde.

 

Le temps s'éternise et je me noie dans cette image mobile. La dernière fois c'était beaucoup plus court et je suis content d'avoir le temps cette fois. Je ne vois pas le visage du gynécologue s'assombrir au fur et à mesure de son examen. Je ne vois pas mes parents pâlir à vue d'œil. Je sors de ma contemplation quand j'entends mon père demander :

 

-Quelque chose ne va pas docteur ?

 

Comment ça, quelque chose ne va pas ? Qu'est-ce que tu racontes papa, tout va bien, regarde, il bouge dans tous les sens. Il pète le feu p'tit haricot. Pourquoi ma mère pleure ? Mais bon sang, qu'est-ce qui se passe ?
Le gynécologue finit par se tourner vers mes parents.

 

-Ecoutez, je ne veux pas vous alarmer, ce n'est peut-être rien. Il me semble juste que la croissance de votre enfant est inférieur à celle qu'elle devrait être à ce stade de la grossesse. Cela peut n'être rien du tout, mais je préfèrerai vous revoir rapidement.
Je sens le sol se dérober sous moi. P'tit haricot est malade ? P'tit haricot ne va pas bien. Mais merde, qu'est-ce qu'on peut faire ?
Je ne ressens mes tremblements qu'au moment ou Evan pose sa main sur mon épaule pour les faire cesser. Sa chaleur me fait du bien, mais je suis toujours aussi perdu. Mes parents ne sont pas en meilleur état. Le gynécologue tente en vain de nous rassurer. Mais le mal est fait. Le prochain rendez-vous est la semaine prochaine.

 

Nous sortons du cabinet plus retournés les uns que les autres. Je n'ai même pas pris le temps de dire au revoir à Evan. Pour être honnête, je n'ai pas vraiment pensé à lui.

 

La semaine passe dans une ambiance plus que morbide. Ma mère pleure, mon père s'isole, et moi, je fuis. Je me réfugie chez Elisa dans les meilleurs des cas, dans les bras d'inconnus le reste du temps. Je sors tous les soirs et ne finis jamais seul, rentrant seulement au petit matin, abandonnant mes amants d'un soir avant leur réveille. Je m'envois en l'air pour évacuer toute cette détresse que je ne sais pas où placer.
Dans les rares moments que l'on passe ensemble, on tente de se rassurer mutuellement. C'est sûrement une erreur. Ca ne peut pas nous arriver, ce genre de choses n'arrivent qu'aux autres, n'est-ce pas ? Ou bien, nous parlons de tout autre chose, cherchant un semblant de retour à la normale auquel personne ne croit. Mais nous jouons bien le jeu.

 

Enfin le rendez-vous arrive, avec son lot de question, d'interrogation. Je ne crois pas en dieu, et pourtant je prie. Je prie de tout mon cœur, de toute mon âme d'épargner ma famille, de nous laisser une chance avec p'tit haricot. Je veux que dans quelques années, nous puissions rire de ce moment de panique.
Le gynécologue nous accueil directement. Pas d'attente cette fois ci. Evan est là, il me regarde l'air inquiet. Ca se voit tant que ça que je ne dors plus depuis près d'une semaine ?
Le gynéco fait entrer mes parents dans le cabinet et me demande de rester ici.

 

-Quoi ? Mais pourquoi ? Non, je ne veux...

 

-Romain cesse de faire l'enfant et fais ce qu'on te dit pour une fois dans ta vie.

 

La vois de mon père a claqué comme un fouet. Je reste debout, muet de stupeur face à cet emportement. Jamais encore il ne m'avait adressé la parole sur ce ton. Ma mère semble voir ma détresse car elle pose sa main sur le bras de mon père est reprend plus doucement.

 

-Nous t'expliquerons, mon chéri. Ne t'inquiète pas d'accord.

 

Et ils disparaissent tous les trois, derrière cette porte close. Au son du loquet, il y a comme un déclic qui se fait en moi et je sens un torrent de larmes dévaler mes joues. Je ne peux pas les arrêter...je ne cherche même pas à le faire d'ailleurs. Une semaine que je me retiens, une semaine que je reste fort, je m'écroule tout simplement, dans les deux sens du terme. Je me retrouve à genoux sur le carrelage du bureau d'un cabinet hospitalier gynécologique. C'est pitoyable.
Soudain, je sens des bras m'entourer et une douce chaleur m'envahir. Je relève la tête. Evan est également à genou, à côté de moi et me berce doucement. Je n'arrive même pas à avoir honte de ma faiblesse tant la peur est partout dans mes veines. Je pose ma tête dans son cou et me laisse aller doucement. J'ai toujours peur, mais mes larmes se tarissent progressivement. J'ai toujours peur, mais je ne suis plus seul. J'ai toujours peur, mais je suis bien dans ses bras.


 


 

Tadaaaa, voilà la suite. Après une semaine de dingue...pfff, j'vous jure les stages, c'est pas terrible. Bref, j'espère que ça vous plait. Comme je l'ai dit avant, ayant repris les cours (enfin la c'est un stage), je peux écrire bien moins souvent. mais je le ferai dès que possible. j'ai déjà trois nouvelles fictions en tête, mais bon, elles attendront un peu. J'ai posé les bases, mais je vais attendre un peu avant de commencer, j'ai déjà assez à faire pour le moment.

Bisous à toutes!!!

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Lundi 21 avril 2008
-Tu peux me rappeler pourquoi je suis là ?

Ma mère soupire d'agacement.

 

-Parce que ton père est en déplacement, que ça me fait plaisir que tu m'accompagnes, et que ça te fait plaisir à toi aussi de passer un peu de temps avec ta mère.

 

-On aurait très bien pu aller faire les magasins pour ça. Je vois pas ce qu'il y a d'excitant à passer trois heures dans une salle d'attente remplie de femmes énormes pour regarder un haricot se tortiller sur un écran.

 

La plupart des femmes énormes sus-nommées me fusillent du regard à l'entente de mes paroles. Eh bien quoi ? Non je ne trouve pas qu'un femme enceinte ce soit beau. Elles sont la plupart du temps joufflues, criblées de vergetures, se déplacent comme un canard et ont leur vocabulaire qui diminue au fur et à mesure que leur ventre grossit pour ne parler plus que de couches, biberons, layettes, allaitement et autres joies de la vie. Merci bien, très peu pour moi.

 

Nous sommes donc dans la salle d'attente pour la première échographie de ma mère...ça va faire trois mois que j'ai appris la « merveilleuse » nouvelle, et j'avoue que j'ai encore du mal à m'en remettre. En plus on ne voit rien, ma mère n'a quasiment pas pris un gramme. Je sais que ça va venir, mais je me dit que si elle ressemblait un peu plus aux baleines qui nous entourent, je prendrai peut être plus conscience que c'est bien vrai !!! Et mon père qui n'est pas là...pff, c'est bien beau de faire un gosse à leur âge, mais faut voir à assumer derrière. Moi je m'emmerde prodigieusement...j'ai essayé les magazines...et j'ai très vite abandonné : 9mois, bébémag, future maman...quand je vous dit qu'une femme enceinte à le cerveau qui s'atrophie !!!


Et puis ces chaises sont super inconfortables. Bon c'est peut-être du au fait que j'ai passé une soirée mouvementée. Ce n'est pas de faute, j'étais avec Elisa dans une super boite qui vient d'ouvrir et y'avait tout un tas de beau mec. J'en ai vu deux en particulier, et j'ai eu beaucoup de mal à me décider pour l'un des deux. Au final, nous nous sommes retrouvés à trois, et même si c'était particulièrement excitant et que j'ai passé une très, très bonne soirée/nuit/matinée, mon pauvre postérieur a un peu de mal à s'en remettre. Ils auraient pu penser aux coussins sur les chaises...il y a des femmes enceintes, ici, quand même !!!

 

-Tu peux me dire pourquoi ils nous donnent un rendez vous à 14h si c'est pour nous faire passer à 15h30 ?

 

-Ils ont eu une urgence, arrête un peu de râler !

 

-Je suis un ado, je ne sais faire que ça !!

 

-Tu n'es plus un ado, tu es un adulte, maintenant, et il faut te comporter comme tel.

 

-Quoi ? Et qui a décidé ça ? Il est hors de question que je sois déjà un adulte. Je comptes bien rester un gamin encore quelques temps.


Et je m'adresse alors au ventre de ma mère.

 

-Et toi la dedans, ne crois pas que tu vas tout chambouler comme ça. Tu seras peut-être un bébé, mais moi, je serai quand même un gamin...et crois moi, au concours de chieur, je te battrai à plate couture. J'étais là prem's !

 

Ma mère éclate de rire et quelques femmes de la salle d'attente rigole également. Je suis trop doué, tout le monde m'aime. Si j'étais hétéro, je suis sure que je pourrai en faire plier quelques unes. Tiens, elle par exemple, mignonnette, jeune, elle n'arrête pas de me lancer des coups d'œil. Désolée ma grande, tu n'as pas les attributs qu'il faut...et en plus j'ai vu ton alliance. Je pense que ton mari devrait faire un test de paternité à la naissance de votre rejeton.

 

-Mme Cyra s'il vous plait.

 

-Ah ben quand même, on a faillit attendre.

 

Le type balbutie des excuses incompréhensible et je le fusille du regard sous l'œil exaspéré de ma mère. Le gars nous fait entrer dans une pièce et s'en va à toute vitesse. Je jubile, je suis vraiment le meilleur !

 

-Arrête Romain, tu me fais honte. Ce pauvre homme n'y est pour rien dans le retard du gynécologue. Je t'ai dit qu'ils avaient eu une urgence.

 

-Roh, ça va, désolé mounette.

 

Elle craque toujours quand j'utilise son surnom.


-Oui, bon, mais ne recommence pas, tu sais bien que ça me met mal à l'aise quand tu joues au petit con. Tu n'es pas du tout comme ça en réalité.

 

-Mais maman, c'est ça qui est marrant !

 

Elle lève les yeux au ciel mais ne répond rien. Un type finit par rentrer dans la pièce. Et là, je suis bouche bée...que fait un mannequin dans un cabinet hospitalier de gynéco ? Ce type est vraiment super beau...non c'est plus que beau, c'est....je n'ai pas de mot !!!! Son corps est parfait, rien que pour ça, il me plait, mais quand on y rajoute son visage, des traits sculptés, des yeux perçants, des cheveux châtains courts...un sourire à damner les saints. Je veux ce type dans mon lit. Malheureusement, il ne me regarde même pas. Toute son attention est centrée sur a mère et son haricot.

 

-Nous allons ouvrir un dossier à votre nom qui vous suivra tout le long de la grossesse. Je vais vous poser quelques questions. Peut-être souhaiteriez vous être seule.

 

Non mais je rêve ou il veux me foutre dehors ? Hors de question, ça fait deux heures que je râpe mes pauvres fesses, déjà bien endolories sur vos chaises pourries, alors, maintenant que j'y suis, j'y reste.

 

La porte se referme devant moi. C'est un scandale. On m'a foutu dehors....et qu'est-ce qu'elle fait de notre moment passé ensemble hein ? Tu parles, je savais que ça sentait l'arnaque. Et tout ça pour un haricot qui va me bouffer la vie pendant les 18 prochaines années ! Je suis très énervé. Au out d'un moment, la porte finit par se rouvrir. Mais eu lieu de ma mère, c'est mon bel infirmier qui est là. Il me fait entrer.

 

-Votre mère est avec le gynécologue pour finir l'interrogatoire. Elle voudrait que vous soyez auprès d'elle pour l'échographie.

 

-Oh, ok ! Comment tu t'appelles ?

 

-Monsieur Lombot. Mais je ne crois pas que...

 

-Non, c'est ton prénom que je veux...et accessoirement une sortie, mais je pense que tu peux commencer par ton prénom.

 

-Ecoutez, je...

 

-Ah, ça va arrête avec le vouvoiement !

 

-Désolé, je ne tutoie pas mes patients.

 

-Ca tombe bien, je ne suis pas ton patient. Alors ?

 

Il reste un instant indécis. Je lui lance alors mon sourire colgate numéro 3 ! Celui pour lequel ils craquent tous. Mais ça ne semble pas fonctionner avec lui. Il lève les yeux au ciel et secoue la tête.

 

-Ecoutez...

 

Aïe, non, ça prend une mauvaise tournure, vite, tentative d'approche numéro 2 :

 

-Moi c'est Romain.

 

Et je lui tends la main. Je sais qu'il est foutu et il semble s'en rendre compte aussi. Il n'a pas vraiment l'air d'avoir envie de répondre, mais si il ne le fait pas, ce serait vraiment très malpoli. Et même si je ne suis pas patient, je suis fils de patiente!
Il finit par se décider et attrape ma main.

 

-Evan.

 

-Super, ça te dirait une petite virée un de ces quatre ?

 

-Quoi ?

 

-Toi, moi, un bar ou un ciné au choix !

 

-Qu'est-ce qui vous fait croire que je serai intéressé par vous ?

 

-Tu m'as maté le cul quand je suis rentré. Ne nie pas, je t'ai vu, dans le miroir, juste là. Donc je sais que les mecs ne te laissent pas indifférent. Et arrête de me vouvoyer. Dis moi, pourquoi tu fais ce métier ? Avec un corps comme le tien, tu pourrais te faire plein de thunes en posant...ou...je sais pas moi, acteur...

 

Il semble un instant perdu mais se reprend très vite. Son visage s'est figé et son ton est cassant.

 

-Ecoutez, ma vie privée ne vous regarde pas. Et de toutes manières j'ai pour règle de ne pas sortir avec des petits cons prétentieux. Maintenant, vous attendez ici, je vous dirai quand vous pourrez rentrer.


Il sort dans une arrière salle. Il a sortit ses griffes. Se sentirait-il menacé ? Bon d'accord, je n'ai pas été très subtil sur le coup. Mais pourquoi faut-il que les types les plus intéressants ne pensent pas uniquement avec leur entrejambe ? Cette réflexion est stupide, c'est bien ça qui fait qu'ils sont intéressants. Mais je ne baisse pas les bras. Je le veux, je l'aurai !

 

Je regarde un peu autour de moi. Des affiches de préventions sont collées sur le mur, une étagère remplie de bouquins, et des photos de bébés...partout des photos de bébés, bon sang, nous sommes envahis !!!

 

Enfin Evan revient.


-Vous pouvez venir.

 

Je le remercie d'un signe de tête et passe la porte en n'omettant pas d'accidentellement caresser sa cuisse avec ma paume de main. C'est fou ce que je suis maladroit. Il me fusille du regard mais, trop tard, j'ai vu les petites rougeurs sur ses joues. Je lui ressort mon sourire colgate N°3 et cette fois-ci, il baisse les yeux dans son dossier.

 

Je détourne finalement les yeux pour trouver ma mère, allongée sur une sorte de table de consultation, le haut du corps légèrement surélevé. Un homme est à ses côtés, il lui étale une sorte de gel sur le ventre. Elle me fait signe d'approcher. Je m'assoies sur le petit tabouret à coté de la table, et elle me prend la main. Je trouve ça ridicule, je commence à en avoir ras la casquette, je veux rentrer chez moi, appeler Elisa...ou alors, m'isoler dans un placard avec mon bel infirmier.

 

En parlant de lui, il installe une sorte de sangle autour du ventre de ma mère, sans pouvoir éviter une petite main au fesses de ma part, en toute innocence ! Puis il allume un appareil relier à la sangle. Au même moment, le gynécologue passe un bidule à l'endroit où il avait posé le gel un peu plus tôt.


Et là, tout s'est arrêté. L'écran s'est allumé et sur le fond sonore de ses battements cardiaques, je vois petit haricot, bien au chaud dans sa bulle, qui fait des cabrioles dans tous les sens ! Je sens à peine la main de ma mère qui sert un peu plus fort la mienne. Elle aussi est émue, mais rien ne peut me faire décoller les yeux de cet écran. Tout d'un coup, petit haricot lève sa main, comme pour nous saluer. J'entends au loin le gynécologue plaisanter avec ma mère. Je reste sans voix. Je crois bien qu'une larme est en train de couler sur ma joue...peut-importe, je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. Et j'entends ses boums boums, réguliers, rapides, signe incontestable de la vie qui évolue dans le ventre de ma mère.

 

L'écran redevient noir. La lumière se rallume. Non, attendez, je veux le revoir encore. Pourquoi c'est si court ? Ma mère me regarde, elle est aussi en larmes.

 

-Alors ? me demande-t-elle


-C'est magnifique. dis-je dans un souffle.

 

Je n'en reviens pas. Comment une si petite chose peut autant me bouleverser. Un mouchoir m'est tendu. C'est Evan. Il me regarde bizarrement. Comme si...comme si il me découvrait sous un nouveau jour. Ca peut se comprendre. Je n'ai plus rien à voir avec le type qui lui a fait du rentre dedans dans la salle tout à l'heure. Mais je ne parviens pas à revêtir mon masque. Je suis trop ému, je suis ailleurs.


Je comprends maintenant. Je comprends pourquoi Evan a choisi ce métier, je comprend pourquoi les gens ne savent parler que de bébés, je comprend qu'un femme enceinte, peut importe son âge, son poids, ses vergetures, sera toujours merveilleuse. Parce qu'il n'y a rien de plus beau que de voir la vie.

 

J'avoue que je suis sonné. Je sais que ma mère parle encore un peu avec le gynécologue, puis nous sortons de la salle. Nous récupérons une enveloppe et ma mère règle. Elle sert la main du gynéco, puis d'Evan. J'en fais de même. Au moment de serrer sa main, je croise son regard. Je lui souris. Pas d'un sourire colgate, non. Juste un petit sourire, pour lui dire merci de m'avoir offert cet instant. Et curieusement, il me le rend. Son visage a perdu toute trace de dureté, et je crois que nos mains sont restés l'une dans l'autre un peu plus longtemps qu'une poignée de main normale.
Peut-être que j'ai une chance, finalement.


 

 

 


Voilà la suite !!! Est-il encore utile de préciser que je n'ai pas du tout suivi le plan de départ ?? C'est pas grave, l'important est que je retombe sur mes pattes !!! ...ça c'est pas encore gagné !!! lol. Je voulais vous dire qu'aujourd'hui était mon dernier jour de vacances, je reprend demain et donc forcément, les mises à jours seront moins nombreuses...Je ferai bien sur tout mon possible, mais le rythme sera nettement moins soutenu que ces 15 derniers jours...Je suis au désespoir....pourquoi les vacances passent-elles toujours aussi rapidement ?
Bref, c'est pas la question. Je vous embrasse, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre !!!
A bientôt !

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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