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  • : 13/10/2007
Dimanche 20 avril 2008
-Maman, il faut que je te parle.

Elle perd son sourire lorsqu'elle me voit si sérieux. Elle me fait entrer et ne me demande même pas pourquoi je ne suis pas en cours. De toutes façons, ce soir c'est le week-end et j'y retourne dès lundi. Je n'aurai manqué que trois jours.

 

-Assieds toi.

 

Je m'exécute. J'ai les paumes de main toute moite, un nœud à l'estomac et je suis sur que je suis pâle comme un linge.

 

-Tu veux boire quelque chose.

 

-Non merci.

 

-Qu'est-ce qu'il se passe poussin ?

 

Je ne sais pas trop par où commencer. J'ai eu beau préparer tout un tas de phrases, je ne me souviens plus de rien. J'inspire un grand coup et me lance :

 

-Henri ne te trompe pas.

 

Oh purée....ce n'était pas du tout l'entrée en matière que j'attendais...Je fais vraiment n'importe quoi quand je suis stressé. Ma mère semble tomber des nues, et être très gênée.

 

-Enfin Antoine, comment....

 

-Attends, s'il te plait. Laisse moi parler d'accord. J'ai des choses à te dire. Des choses qui ne vont pas te plaire et qui vont te blesser, mais crois moi, j'ai déjà été bien puni. Et comme c'est déjà très difficile à avouer, je voudrais que tu ne m'interrompes pas. Laisse moi parler et après...après tu feras ce que tu voudras...

 

Le malaise s'installe. Je sais qu'elle a peur de ce que je vais lui dire, ça se voit sur son visage. Mais elle ne dit rien, elle acquiesce juste.

 

-Je te disais qu'Henri ne te trompait pas. Je suis au courant que tu le soupçonne parce qu'il m'en a parlé. Et si je sais qu'il ne te trompe pas, c'est parce que toutes les fois où il n'était pas avec toi, il était avec moi.

 

Là, je vois bien qu'elle est complètement perdue. Mais comme promis elle attend la suite.

 

-Maman, tu m'as dit l'autre jour au téléphone que je n'étais pas venu te voir depuis un moment. Pour être honnête ça fait un mois. Et si je ne suis pas venu, c'est parce que j'étais malade.

 

Elle blêmit encore plus.

 

-Non, ne t'inquiète pas, je n'avais pas de maladie, j'étais malade à cause d'un traitement.

 

Je m'embrouille de plus en plus. Ma mère n'y comprend plus rien et semble avoir bien du mal à ne pas me poser de question. Je décide de reprendre à zéro.

 

-Maman, quand je suis venu il y a un mois, je n'étais pas bien parce que Marc m'avait quitté.

 

Elle hoche la tête.

 

-Le truc c'est que j'étais mal. Vraiment très mal et....j'ai fait n'importe quoi. La semaine qui a suivi mon passage ici, je suis allé en boite et j'ai....j'ai couché avec un type que je ne connaissais pas. J'avais bu...beaucoup et....et j'ai même pris de la drogue....enfin je....C'est un ami qui m'a ramené à la maison et le lendemain, en plus d'une gueule de bois faramineuse, je me suis rendu compte que je ne m'étais pas protégé.

 

Je n'ose même plus relever la tête. Je ne veux pas croiser ses yeux. Mais le silence est toujours là et me permet de continuer.

 

-Avec mes amis, je suis allé à l'hôpital immédiatement et j'ai été pris en charge par un médecin. J'ai été mis sous traitement de prévention contre le sida. C'est un traitement qui dure un mois et les effets secondaires sont assez dérangeants. C'est pour ça que je disais que j'étais malade. Ca n'a pas été facile tous les jours et c'est aussi pour ça que je ne suis plus venu. Je voulais te le dire, je te jure, mais quand je suis arrivé, tu n'étais pas là....et il y avait Henri, alors, je lui ai dit et il m'a dit qu'il allait m'aider...et je ne voulais pas que tu te fasses de soucis pour moi, alors je lui ai demandé de ne rien te dire. Il n'était pas d'accord, il disait que tu devais être mise au courant, que tu ne méritais pas que je te cache un truc pareil. Mais je lui ai fait promettre. C'est pour ça qu'il disparaissais quelques temps de la maison. Il était avec moi maman, il m'a soutenu pendant tout ce temps. Jamais il ne t'aurait trompé, je vois bien qu'il t'aime. Il était à mes côtés et il m'a beaucoup aidé....

 

Le silence, toujours le silence. Je ne dois pas relever les yeux...j'en suis incapable. Je sens les larmes couler sur mes joues.

 

-Je suis désolé maman. Si tu savais à quel point. Je m'en veux. Mais tu ne dois pas en vouloir à Henri, il n'a fait que m'aider, et tenir sa promesse. Je sais que j'ai été idiot, j'ai fait n'importe quoi...j'ai pas d'excuse, je suis juste désolé...

 

Je lève enfin les yeux vers ma mère. Ses traits son crispés, mais son visage semble froid, dur comme la pierre.

 

-Tu as les résultats ?

 

-Euh...oui, je...c'est négatif, je vais bien....enfin je dois avoir une autre prise de sang dans trois mois, mais je....

 

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je vois ma mère se lever et elle me colle une gifle monumentale. J'ai sentit mon cou craqué sous la violence du choc. Je la regarde, une main sur la joue, ne sachant comment réagir. C'est la première fois de ma vie qu'elle me met une gifle. Gamin, j'ai eu des fessées bien sur, mais une gifle, jamais...
Elle semble irradier de colère et tente de maîtriser sa voix.

 

-Sors d'ici !

 

-Quoi ?

 

-Tu n'imagines pas à quel point tu me déçois. Je veux que tu t'en ailles. Si je te parle maintenant je vais dire des choses blessantes. Alors tu sors immédiatement de chez moi, tu rentres dans ton appartement et je t'appellerai quand je serai calmée. Maintenant, SORS !!!

 

Je ne cherche pas à comprendre, je me retrouve dehors, toujours une main sur la joue, baignant dans mes larmes. Je m'écroule contre le mur et me laisse aller à de longs sanglots. Ca faisait un moment que je ne m'étais pas laissé aller à pleurer vraiment. Pourtant des larmes, j'en ai eu ces derniers temps, mais la, je me laisse aller, je verse tout ce que j'ai sur le cœur, et étrangement je me sens me vide d'un poids. J'avais oublié à quel point pleurer peut faire du bien. Je sens deux bras me serrer. Je lève la tête. Agathe, ma jolie Agathe. Elle me fait un gros câlin et un gros bisou qui me redonnent le sourire. Un peu plus loin, Henri nous regarde. Il me sourit tendrement. Comme un père le ferait à son fils.

 

-Allez, viens. Je te ramène.

 

Le trajet se fait en silence. Arrivé devant chez moi. Je reste quelques secondes dans la voiture. Comme si en sortir, me ferait affronter le monde extérieur. Henri me coupe dans mes pensées.

 

-Merci Antoine. Je me doute que ça n'a pas été facile pour toi, mais je te remercie.

 

-Bah, je l'aurai mise au courant un jour ou l'autre...c'est mieux que ça se soit fait maintenant, au moins, je ne lui ai pas caché trop longtemps. Et puis, je te devais bien ça. C'est à moi de te remercier, pour tout ce que tu as fait. C'est énorme pour moi. Je ne l'oublierai pas.

 

Je l'enlace. C'est court, c'est timide, c'est fragile, c'est peut être même un peu gênant, mais nous sommes enlacés, et je me surprend à penser que j'aurai bien aimé qu'Henri soit mon père. Je fait un baiser de la main à Agathe qui me le rend avec un grand sourire. Cette fille est une perle.

 

Je rentre dans l'immeuble. Je sais que ma mère m'en veut. C'est logique, je m'y attendais, mais ça fait quand même très mal. Je ramasse mon courrier en passant. Rien de bien intéressant. J'entre dans mon appart' et pose les lettres et la publicité sur le petit meuble. Je me retourne et sursaute, manquant de faire une crise cardiaque.

 

-Marc ?!!

 

Il est là, devant moi, plus beau que jamais. Il semble un peu nerveux. Je suis, pardonnez-moi l'expression, complètement sur le cul. Je n'aurai jamais cru le revoir si vite, et surtout, de sa propre initiative...Et puis comment ça, si vite, lui aussi ça fait un mois que je ne l'ai pas revu. Il m'a manqué....Dieu qu'il est beau...je l'ai déjà dit ? Peut-importe, je me plais à le répéter.
J'avais déjà dit que lorsque j'étais stressé ou surpris, je n'arrivais jamais à sortir quelque chose d'intelligent. Je crois que j'ai battu le record car je lui dit :

 

-Tu as coupé tes cheveux ?

 

-Euh...oui...

 

Nous restons là, face à face, à quelques pas l'un de l'autre. Il me tend son trousseau, mon cadeau de noël. Il n'avait jamais eu l'occasion de s'en servir encore. C'est surprenant que ce soit fait dans ces circonstances.

 

-J'espère que ça ne te dérange pas que j'ai utilisé tes clés. Enfin je comprendrai que ça t'énerve, après tout, je suis chez toi...mais je me suis dit....enfin, si tu veux je peux te les rendre...c'est juste que...

 

Il s'enfonce un peu plus dans des excuses et je sors enfin de ma torpeur.

 

-Non. Ca ne me dérange pas. Et je voudrais que tu gardes ces clés.

 

Je laisse passer un petit silence pendant lequel Marc range ses clés dans sa poche. Et je ne peux pas
m'empêcher de lui dire :

 

-Ca me fait plaisir de te voir.


Il me fait un sourire radieux. Il a l'air bien. Soudain je percute.

 

-Le procès. Comment ça s'est passé ?

 

-Eh bien...plutôt bien je crois. Mademoiselle Ramia m'a dit que nous avions de bonne chance de le remporter.


Il se tait un moment puis reprend.


-Je l'ai vu tu sais.

 

-Ton oncle ?

 

-Oui. Il était là, en face de moi. Et...je l'ai regardé...droit dans les yeux. Et...il a finit par détourné le regard. Il a baissé les yeux...face à moi....tu te rends compte ?

 

Marc ressemble à un enfant qui raconte une journée découverte. Il semble émerveillé du pouvoir qu'il a en lui. Cette force qui l'habitait a enfin fait surface.

 

-Alors tu l'as enfin affronté...

 

-Oui. J'ai...je lui ai prouvé qu'il ne pourrait jamais me détruire....Merci pour ça aussi...

 

Je rougis face à son allusion à mon petit mot, remis par Gaston le matin même.

 

-Comment sais tu que c'est moi ?

 

-Ca ne pouvait être que toi. Et puis n'oublie pas qu'après ton agression, je t'ai fait réviser pendant plus d'une semaine. Je pourrais reconnaître ton écriture entre mille.

 

Mes joues doivent avoir une jolie teinte vermeille, à présent.

 

-Je voulais juste que tu saches que j'étais là, c'est tout.

 

-Je le savais. Même sans tes mots. Mais je voulais quand même te remercier, c'est pour ça que je suis là.

 

-Oh, d'accord. C'est seulement pour ça ?

 

Je m'approche un peu. Il est tout prêt maintenant, mais il ne recule pas. Je tends ma main vers sa joue mais je me rends compte de mon geste et le suspends. Ma main reste en l'air quelques secondes et finalement Marc la saisi et la pose lui même sur sa joue.

 

-Non, pas seulement.

 

Je sens sa peau sous mes doigts, si douce. Et je me souviens...

 

-Je suis désolé de t'avoir frappé l'autre jour. Je ne voulais pas, c'est partit tout seul...j'avais mal...

 

-Je sais, c'est pas grave. C'était mérité. Je sais que je t'ai blessé Antoine. Ce n'est pas ce que je voulais, mais je l'ai fait. J'ai essayé de prendre la meilleure décision pour moi et je n'ai pas fait attention aux conséquences. Mais je voudrai que tu comprennes, j'avais besoin de me retrouver. Il fallait que je le fasse seul. Aujourd'hui, je sais que je suis capable de lui faire face, et je peux me tourner vers l'avenir sans avoir à jeter des coups d'œil en arrière. Je voudrai....enfin je comprendrai que tu ne veuilles pas, mais...j'aimerai, que tout les deux....enfin, si ça te dit, on pourrait peut-être....réessayer quelque chose....

 

Au fur et à mesure de ses paroles mes battements cardiaques ont accélérés tandis que Marc se rapprochait. Il est tout contre moi maintenant. Ses lèvres ne sont plus très loin des miennes et je sais qu'il n'attend que moi.

 

-Tu es sur de toi ?

 

-Plus que jamais. Mais et toi ?

 

-Je...Marc si tu devais me laisser à nouveau, je ne m'en remettrai pas...

 

-Je sais. Je suis vraiment désolé Antoine. Mais je n'ai plus l'intention de te laisser. C'est toi que je veux.

 

J'attends ce moment depuis tellement longtemps...et pourtant mon cœur balance. J'ai peur, c'est indéniable. J'ai trop souffert ces derniers temps pour pouvoir me relancer à corps perdu dans notre histoire. Et pourtant j'en meurs d'envie. J'avais l'intention de revoir marc et de le séduire, jamais je n'aurai imaginé que ce soit lui qui fasse le premier pas. Cette épreuve l'a transformé. Il paraît plus sur de lui, confiant. Ca me met du baume au cœur, et ça m'inquiète. Si il se rendait compte qu'il n'avait plus besoin de moi ? Si il finissait par aller voir ailleurs, maintenant qu'il n'a plus peur ?

 

-Marc, je suis désolé....mais, on ne peut pas repartir de là ou on s'était arrêté...pas après tout ce qu'il s'est passé. Ca voudrait dire repartir sur des mauvaises bases, et ça finirait forcement par casser....je suis désolé...

 

Je vois ses beaux yeux se remplir de larmes. Il commence à s'éloigner de moi.

 

-Bien je vais rentrer alors. Désolé de t'avoir dérangé.

 

Il se dirige vers la porte.

 

-Marc, attends, j'ai pas fini ma phrase.

 

Il s'arrête et se retourne doucement, les yeux remplis d'un mélange de tristesse et d'espoir...

 

-Je te disais qu'on ne pouvait pas repartir sur de mauvais bases. Mais si tu voulais bien sortir avec moi...un de ces soirs...peut-être qu'on pourrait tenter d'en construire de nouvelles...

 

Il me regarde, pas certain d'avoir comprit. Je lui sourit et alors il pousse un soupir de soulagement en me rendant un sourire éclatant. Il revient et me sert dans ses bras. Je passe mes bras autour de sa taille et plonge mon nez dans son cou. Je me rends compte à quel point ça m'avait manqué. Son odeur, ses gestes, sa voix....ça ne va pas être facile de ne pas lui sauter dessus dès notre premier rendez-vous, mais j'y arriverai. C'est la condition d'un possible futur entre nous. Repartir sur des bases saines, et faire évoluer notre relation normalement.


Je sens ses larmes sur mon épaule. Je remonte son menton du bout des doigts.

 

-Tu es libre ce soir ?

 

Il acquiesce toujours avec son sourire scotché sur le visage.

 

-Ca te dirait un resto ? Ou un ciné ? Ou un bowling...ou n'importe quoi en fait...ça te dirait de passer la soirée avec moi ?

 

-Oui....oui, ça me ferait très plaisir. Tu passes me prendre tout à l'heure ?

 

-Ok, pas de soucis. 20h ?

 

-Ok. Je dois rentrer maintenant. On m'attend.

 

-D'accord, rentre bien.

 

-Merci.

 

Il s'éloigne et enfile sa veste. Je le rejoins à la porte. Il franchit le seuil puis s'arrête brusquement. Il fait demi tour et avant que je comprenne je sens ses lèvres rencontrer les miennes. C'est un baiser chaste, tendre, un peu hésitant, mais ardemment désiré. Je voudrais approfondir le baiser, le coller contre le mur de mon appartement et lui faire l'amour jusqu'à plus soif, mais déjà il s'éloigne de moi.

 

-Désolé, j'en avais envie.

 

Il rougit. Ca me fait sourire.

 

-Je trouve que ce sont d'excellentes bases, pas toi ?

 

Il rit. J'aime son rire. Cette fois c'est moi qui l'embrasse. Et le baiser est beaucoup moins chaste. Nos lèvres s'ouvrent, laissant nos langues se retrouver avec avidité. Nos souffles s'accélèrent, nos mains glisses doucement sur nos corps. Lorsqu'à bout de souffle, nous nous détachons, je vois briller cette lueur de désir brut dans ses yeux. Je ne l'y avais encore jamais vu et elle me fait un effet incroyable. On se regarde un petit moment s'admirant mutuellement, comme si nous n'étions pas bien sur d'être à nouveau ensemble.

 

-Je crois que je ferai mieux de rentrer maintenant. Sinon, je risque de ne pas pouvoir repartir...

 

-Oui, c'est mieux. Je passe tout à l'heure.


-Oui.

 

-Merci Marc.

 

-Pourquoi ?

 

-Pour être venu. Pour avoir fait le premier pas.

 

Il me sourit. Et pose à nouveau ses lèvres sur les miennes, juste assez pour que je puisse à nouveau les goûter, mais pas trop pour que nous ne dérapions pas.
Il s'en va, et me fait un signe en bas de l'escalier. Je souris. Il part, mais je sais qu'il reviendra. Et cette fois, je ne le lâcherai pas.


 

 

 

Voilà un nouveau chapitre de cœur figé. Et l'histoire est normalement presque finie. Selon mes plans, il reste encore deux chapitres. Mais vous me connaissez maintenant et vous savez que mes plans sont rarement suivis (qui a dit jamais ?). Donc voilà à priori l'histoire s'arrête dans deux chapitres...mais qui sait peut-être aurais-je une idée lumineuse d'ici la pour la continuer...ou peut-être pas...
J'avoue que j'ai du mal à me mettre en tête de laisser mes bébés (on ne se moque pas !!!)...ben oui, ce sont mes miens que j'ai crée et tout et tout...ça me fait bizarre de me dire que bientôt je ne les ferai plus vivre !!! Ch'uis trop sentimentale comme fille !!! lol
Bon j'arrête avec mes bêtises, j'espère que ce chapitre vous convient.

Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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Mercredi 16 avril 2008
Attention, cette fiction risque de contenir des propos plus crus que Cœur figé. Ca ne va sûrement pas être comme ça tout le long de cette fiction, et hônnetement, moi ça ne me choquerai pas particulièrement. Mais je préfère prévenir, qu'on ne vienne pas se plaindre après. Certaines séances de sexe pourront être aussi un peu plus « bestiales » et les mots balancés iront avec. Je pense que ça sera surtout valable pour le/les premier(s) chapitre(s). Après ça devrait se calmer un peu.


Les grandes vacances se terminent enfin. Enfin ? Oui, car trois mois de vacances, on les attend avec impatience, mais au final, on s'ennui rapidement. Je m'appelle Romain, j'ai 18 ans. J'ai eu mon bac il y a trois mois et je m'apprête à rentrer en fac de droit. Je n'étais pas un élève brillant, mais je me suis battu pour pouvoir atteindre mes rêves. La guerre est loin d'être gagnée, mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. Quand je veux quelque chose, je m'accroche. Mon sac est prêt. Mon téléphone sonne. C'est Elisa, ma meilleure amie, ma confidente, la sœur que je n'ai jamais eu.

 

-Salut chéri, t'es libre la, maintenant, tout de suite ?

 

-Toujours pour toi, ma belle !

 

-Ok, j't'attends à notre café dans 5 minutes. Biz.

 

Et elle raccroche. Elle est comme ça Elisa. Franche, directe, complètement marteau !!! Je l'adore. On peut dire qu'on se connaît depuis toujours. Tout avait commencé à propos d'un saligot en culotte courte qui m'avait piqué mon sot et ma pelle. Super Elisa avec sa robe rouge et ses couettes est arrivé, et le saligot en question n'a plus jamais osé croisé ma route. Depuis, c'est une grande histoire d'amour...en toute amitié ! Oui, en toutes amitié, pourquoi ? Elle est lesbienne, je suis homo...ça réduit nettement les chances de se retrouver dans le même lit à part quand on est trop saoul pour tenter d'aller cuver ailleurs. La lesbienne et le gay...vieux cliché ? Peut-être, honnêtement, on s'en fout. Si il fallait qu'on attende l'accord des gens pour vivre, ça ferait un bail qu'on se serait tiré une balle dans la tête.


Je dégringole les marches de chez moi, claque une bise sur les joues de ma mère.

 

-J'ai rendez-vous avec Elisa au café. Je serai là ce soir.

 

-Sois à l'heure pour le dîner.


-Pas de soucis. A tout' mounette !

 

Le premier qui se moque, Elisa lui foutra son poing dans le nez. Oui parce qu'en plus nous avons joué les clichés à fond. Elisa est une très belle fille, mais elle sait jouer de ses poings et les gens qui en font le constat ont souvent du mal à s'en remettre. Moi, je suis plutôt chochotte. Je préfère parler...et je suis plutôt doué pour ça. Ca m'a sortit de pas mal de situation, mais parfois, il fallait juste cogner...alors Elisa était là. Quand je vous dis que nous sommes de vrais clichés.
Bref, tout ça pour dire que, oui, je donne un surnom ridicule à ma mère et, oui, je vous emmerde.


J'arrive au café.

 

-Salut ma belle.

 

-Hello darling.

 

Ma Elisa est là, une salopette avec une bretelle qui tombe et en dessous un haut orange pétard. Des chaussettes pas de la même couleur et des basket tout autant dépareillées. Je ne vous parle pas de ses cheveux un dégradé de couleurs sombres. Un piercing à l'arcade, le mien est à la langue. Elle est magnifique.


-Alors, qu'est-ce que tu voulais ?

 

-Rien de spécial. Juste te voir.

 

-Juste ? C'est déjà pas mal, je trouve !

 

-Arrête t'as les chevilles qui gonflent. Alors, t'es prêt pour ta rentrée ?

 

-Ouais, un peu le trac, mais ça va.

 

-Toi le trac ? depuis quand t'as le trac ?

 

-Bah tu sais bien. A chaque rentrée c'est pareil !

 

-Ah oui, c'est vrai ! Je me souviens à la rentrée au lycée, c'était limite si tu faisais pas dans ton froc.

 

-Roh, ouais ça va, c'est bon, t'es pas obligé d'en rajouter, non plus.

 

-Je rajoute rien du tout, t'arrêtais pas d'aller aux chiottes. T'as presque raté l'appel !

 

Elle part dans un grand éclat de rire qui fait se retourner la moitié des clients du café. Et je finis par la rejoindre. Au bout d'un moment, nous nous calmons un peu.

 

-J'avais oublié que derrière ta grande gueule se cache un p'tit bonhomme pas trop sur d'où il met les pieds !!!

 

-Te v'la poète maintenant, ben ch'uis pas dans la mouise, moi !

 

-T'inquiète, chéri. Si quelqu'un essai de te piquer ton sot, je lui péterai la gueule bien comme il faut.

 

Jolie manière de me dire qu'elle sera toujours là pour moi. Nous ne sommes pas doués en sentiments, ni l'un ni l'autre. Mais d'une certaine manière, on se comprend. Je sais que je peu compter sur elle. L'inverse est tout aussi vrai. On a tout partagé. Le divorce de ses parents, le suicide de son père, nos première expériences, nos premiers râteaux. Nos premiers amours, nos premières désillusions. Une vie à deux. D'ailleurs notre première fois, nous l'avons faite ensemble. Histoire de pouvoir dire qu'une fois dans la vie nous l'avions fait avec quelqu'un de l'autre sexe. Honnêtement, c'était pas trop mal, mais je crois que c'était surtout dû au fait que nous étions ensemble et que ça s'est fait dans une ambiance de délire constant. Nous faisions l'amour en nous marrant.


Nous finissons l'après-midi au flipper. Je suis en train de pulvériser le score quand Elisa m'interpelle :

 

-T'as vu le type là-bas, dans le coin ?

 

Je lève vite fait la tête, puis replonge dans ma partie.

 

-Ouais et ben ?

 

-Il te mate le cul depuis tout à l'heure ?

 

-Que veux-tu ma belle, j'ai un cul à faire tomber les saints !

 

-Frimeur. N'empêche, je crois bien qu'il serait pas contre une petite partie de jambe en l'air...il te dévore carrément des yeux.

 

Je détache mon regard de ma partie pour regarder le mec. Il est plus âgé...sûrement la trentaine, ou pas loin. Encore un qui cherche à rester jeune en couchant avec des jeunes. Mais je dois admettre qu'il est plutôt bien fait. Une sonnerie me sort de mes pensées. J'ai perdu !
Je peste contre la machine pendant que j'échange ma place avec Elisa. Au moins, maintenant, je peux lorgner sur le type sans problème. Il ne me lâche pas du regard. Je sais bien comment ça va finir. Je lui fait un petit sourire en coin, celui qui les fait tous craquer.

 

Il se lève et se dirige vers les toilettes. Quand je me lève pour le rejoindre, Elisa me retient par le bras.

 

-T'as pas le temps, Rom', tu dois bientôt rentrer chez toi.

 

-T'inquiète je ferai vite.

 

Elle lève les yeux puis me sourit.

 

-Amuse toi bien, et oublie pas la capote !

 

-T'inquiète !

 

Je rentre dans les toilettes. Je sens cette douce chaleur s'insinuer dans mes veines. J'aime les endroits insolites. Le type est là, adossé au lavabo, il a l'air chaud ! Heureusement que la musique du bar est assez forte, parce que je sens que ça va donner. Je m'approche de lui, il me choppe par le col et m'embrasse violemment. Il me pousse dans une cabine(*) et referme la porte derrière lui. Il enlève rapidement mon tee-shirt et sa bouche dérive vers mon cou tandis que sa main à largement franchi la barrière de mon pantalon. Il commence à me caresser, il me regarde à nouveau dans les yeux.

 

-Comment tu t'appelles ?

 

-On s'en fout...ahh...on est pas là pour ça !

Il sourit et reprend son exploration. Je suis bien excité maintenant. Et je vois bien que lui aussi. Sa bouche commence à descendre vers mon nombril. Je lui attrape le menton et le fait remonter vers moi.


-J'ai pas le temps ch'uis pressé. Tiens !

 

Lui dis-je en lui tendant une capote. Il paraît un instant surpris, mais son regard lubrique reprend vite le dessus. Il baisse son futal et enfile la capote. Il m'embrasse à nouveau tout en me soulevant par les fesses. J'enroule mes jambes autour de sa taille et je sens ses doigts qui commencent à me préparer.

 

-Putain, je...aaahh j't'ai dit que...j'étais pressé !


-Tant pis pour toi !

 

-Il retire ses doigts et s'enfonce brutalement en moi.

 

-AAAAHHhhhh, putain, oui !!!


Je chope ses cheveux dans ma main, pendant qu'il me pilonne et l'embrasse à nouveau. Il me mord la lèvre. Je sens le goût du sang se mélanger à nos langues. Je gémis de plus en plus fort. Je sais que ça ne va pas durer longtemps, c'est trop intense.

 

-Tu n'es qu'un petite chienne en fait !!!

 

-Et toi un vieux pervers ! Huummm !! Ferme la maintenant, et continue !!

 

Ses coups de reins s'accélèrent. Sa main revient chercher mon sexe, signe qu'il ne va plus tarder à jouir...Pas assez endurant, dommage, ça aurait pu être un bon coup.


Effectivement un peu plus tard, je le sens se répandre en moi dans un cri, et je me laisse aller à mon tour, histoire de pas finir complètement frustré. Mes pieds retrouvent le sol. Avec un peu de PQ, nous nous essuyons, puis nous nous rhabillons. Le type me parle à nouveau.

 

-C'était bon, on peut se revoir ?

 

-Ouais, c'était pas trop mal. Mais non, désolé. Ca va s'arrêter là.

 

Et je sors. Je me lave rapidement les mains et en sortant je l'entend râler.

 

-P'tit con, va...

 

Je rejoins Elisa qui a finit depuis un moment son flipper et qui m'attend dehors.

 

-Alors c'était bien ?

 

-Bof, trop court.

 

-De toutes façons, t'es déjà en retard alors, c'est plutôt une bonne nouvelle.

 

Nous reprenons notre chemin et nous nous séparons à un carrefour. Vous l'aurez compris, je prends la vie comme elle vient. Les mecs viennent et repartent. Je ne m'attache pas, je suis jeune, je profite. C'est pas dans vingt ans que je pourrai m'envoyer en l'air avec qui je veux. Alors je prends comme ça vient. Le seul hic, c'est que la plupart des mecs ne comprennent pas. Pourtant je suis claire dès le début. Jamais je n'ai cherché une relation sérieuse...mais je ne sais pas pourquoi, certains pensent que coucher ça veut dire rester ensemble. C'est faux. Je revendique mon droit de coucher avec qui je veux, quand je veux. La capote est ma meilleure amie, après Elisa bien sur. Je crois qu'avec mes seuls achats, le fabricant de capotes pourrait faire fortune !!!

 

J'arrive chez moi.


-Tu es en retard Romain.

 

-Désolé papa, j'étais avec Elisa, j'ai pas vu le temps passer.


-Comme d'habitude. Allez, installe toi.

 

La table est déjà mise...étrange ! D'habitude, c'est moi qui doit la mettre, même quand j'arrive en retard...surtout quand j'arrive en retard, d'ailleurs !!! Il y a un malaise quelque part, je le sens. Ma mère gigote d'une fesse sur l'autre, mon père tortille ses couverts....
La dernière fois qu'ils m'ont fait le cou je me suis retrouvé à passer l'été chez mes cousins à m'ennuyer comme un rat mort pendant près de deux moi dans leur bled paumé, parce que mes parents avaient gagné un voyage pour deux. Ca sent mauvais tout ça.

 

Je m'installe et demande :

 

-Bon, qu'est-ce qui se passe cette fois ?

 

-Eh bien, ta mère et moi, avons quelque chose à te dire.

 

-Oui, ça je l'avais bien remarqué, vois-tu. C'est bien pour ça que je vous demande : qu'est-ce qui se passe ?

 

-Nous avons une excellente nouvelle à t'apprendre mon chéri.

Me dit ma mère.

 

-Une excellente nouvelle pour moi, ou pour vous ?

 

-Romain, que dirais-tu d'avoir un petit frère ou une petite sœur ?

 

-.....Pardon ?

 

-Je suis enceinte mon chéri.

 

Voilà le genre de cas où les félicitations sont de rigueur. Mais je dois avouer que là, je suis trop secouer pour y penser et les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont :

 

-Bordel de merde !!!!


 

 

*Décidément...ça doit être un fantasme de mon inconscient les cabines de toilettes...lol, c'est la deuxième fois que je fais ça dans ces lieux...lol...mes pauvres persos!!!



Voilà le prologue de ma nouvelle histoire. Pour une fois j'ai fais un joli plan avec le nombre de chapitre et tout...et bien sur, rien qu'avec le prologue, je suis déjà sortie du plan. Donc, je pense que comme d'habitude, ça devrait joliment partir en cacahuète et revenir à pied !!!
J'espère quand même que ça vous à plu. La trame principale n'est pas encore mise en place, mais vous avez une idée de la personnalité du personnage principal (qui a dit débauché ?) !
A très vite !!!

Par Meryl - Publié dans : Une petite parcelle de bonheur
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Lundi 14 avril 2008
Jour-J. Nous y sommes. J'ai une tête à faire peur, mais au moins, cette fois, ce n'est pas du à une gueule de bois. Je n'ai bien sur pas pu fermer un œil de la nuit. J'ai eu de fortes nausées. Impossible de dire si c'est à cause du traitement ou du stress...sûrement un subtil mélange des deux. Quoiqu'il en soit, j'ai des cernes qui tombent jusqu'aux menton. Henri doit passer me chercher dans 5 minutes et je tourne en rond déjà depuis plus d'une heure. Ca sonne. Je me précipite dans les escaliers. Ils sont tous là. Henri, Gaston, Vincent, Kathy...et je suis à deux doigts de pleurer. Ils sont là pour moi.

Nous arrivons finalement à l'hôpital. Je me présente au laboratoire et la secrétaire me tend une enveloppe. Je ressors, mon enveloppe à la main. Ils me regardent.

 

-Alors ? me demande Vincent.

 

-Je sais pas, j'ai pas encore ouvert.

 

-Ben qu'est-ce que tu attends ? la c'est Gaston....

 

Mais ils ne comprennent pas, je suis mort de trouille, moi. Une bonne partie de ma vie peut se jouer avec ce qu'il y a dans cette enveloppe. Je la tend à Vincent.

 

-Tiens, lis-la, toi. Moi j'ose pas.

 

Il me l'arrache des mains et l'ouvre. Tous les yeux sont fixés sur lui.

 

-Alors, alors....Monsieur Salier Antoine, bla bla bla, né le bla bla....AH ! voilà. Alors hépatites...négatif , syphilis...négatif, VIH....oh...

 

-Quoi ? Pourquoi « oh » ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis positif ?


-Je suis désolé mec mais....

 

Je sens le sang quitter mon visage. Je lui arrache la feuille des mains et tombe sur la ligne. VIH....négatif. Je met un petit moment à comprendre.

 

-Ben...je croyais que...

 

Vincent reprend la parole.

 

-Tu es négatif espèce d'idiot. Je voulais juste être sur que tu ne recommencerais pas ce genre de connerie. Avec une frayeur pareille, je pense pouvoir dire que tu es vacciné.

 

-QUOI ? Espèce de....je suis....j'y crois pas, je....

 

Je ne sais plus trop ou j'en suis. Je sais que je frappe Vincent et que la seconde d'après je le sers dans mes bras. La feuille tourne de mains en mains. Les sourires retrouvent leur place sur les visages. Je pleure, je ris, j'embrasse....Je ne me suis jamais senti aussi léger. La boule est partie. Je ne suis pas malade. Je suis bien vivant et en bonne santé. Je ne vais pas mourir. Je peux arrêter le traitement. Tout va bien.

 

Après nos embrassades, je retourne à l'intérieur. J'ai rendez-vous avec le médecin pour parler de tout ça et pour une nouvelle prise de sang. Mais plus rien n'a d'importance. Je me ballade avec un grand sourire plaqué sur mon visage...une première à l'hôpital je crois...

 

Nous finissons par nous séparer. Mes amis doivent retourner respectivement en cours et au boulot. Henri me raccompagne chez moi.

 

-Antoine, maintenant que tu sais que tout va bien, je crois qu'il faudrait que tu parles à ta mère.

 

-Oui, je sais bien. Je comptes lui dire...mais je pensais attendre encore un peu. La, c'est vraiment tout frais.


-Je comprends, le problème vois-tu, c'est que ces derniers temps, j'ai essayé de passer du temps avec toi. Je sais que tu avais besoin de soutient et j'ai essayé de faire mon possible...

 

-Oui, je sais Henri. Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi. Tu as vraiment été formidable.

 

-C'est gentil, mais si tu veux me remercier, je pense qu'il y a un moyen.

 

-Lequel ?

 

-J'aimerai vraiment que tu parles à ta mère.

 

Son ton m'inquiète.

 

-Pourquoi ? Elle se doute de quelque chose ?

 

Henri rougit...j'y crois pas, il rougit !

 

-Eh bien, non, sur toi elle ne se doute de rien...le soucis, c'est moi.

 

-Comment ça ?

 

-Antoine, je suis passé presque tous les jours chez toi depuis un mois et ces deux derniers jours j'ai pris un congé pour être à tes côtés. Je l'ai fait parce que tu m'avais demandé de ne rien dire à ta mère. C'était ton choix et je l'ai respecté, même si je ne l'approuvais pas. Je sais que si elle l'avait su, elle aurait fait la même chose que moi, c'est à dire essayer de te montrer toutes son affection. Et ça m' a aussi permit de découvrir qui tu étais et je ne regrette pas du tout. Mais avec tout ça, mon emploi du temps s'est retrouvé avec un bon tas de trou inexpliqué et ta mère....elle croit que je la trompe...

 

-Quoi ?

 

-Ta mère croit que je vais voir ailleurs. Voilà pourquoi, j'aimerai que tu lui expliques. Je ne peux rien lui dire sans trahir la promesse que je t'ai faite. Mais aujourd'hui je te demande de l'aide. Je ne veux pas risquer de la perdre, tu comprends ?

 

J'acquiesce. Je n'avais pas imaginé que je puisse mettre Henri dans une telle situation. Je réalise que ces derniers temps, je n'ai pas pensé à grand chose d'autre qu'à moi...et à Marc aussi...mais la, je ne contrôle pas. Après tout ce qu'il a fait pour moi, je ne peux pas lui refuser ça...et même si il ne l'avait pas fait d'ailleurs. Ma mère est heureuse avec lui, et c'est tout ce qui compte.

 

-Très bien, je lui parlerai. Je viendrai chez vous demain soir. Avant je ne peux pas, j'ai des trucs à faire.

 

Oui, avant j'ai des trucs à faire. Demain, c'est le procès de Marc.

 

Henri me dépose. Je suis épuisé. Je crois que je vais me faire un casse-croute et ensuite une petite sieste. Je ne tarde pas à m'endormir. Après tout, j'ai un mois de sommeil à rattraper.

 

Je me réveille sous les coups de sonnette intempestifs de Gaston. Une fois monté, il s'installe et nous discutons du procès. Il vient de chez Marc et apparemment, il a le trac. Rien d'étonnant, mais je m'en veux de ne pas pouvoir l'aider. Puis nous abordons un sujet qui commence à prendre pas mal de place dans ma vie : l'exposition des jeunes talents. Je ressors mes dessins et mon matériel. Maintenant que j'ai à nouveau la tête libre, je sens l'inspiration revenir au grand galop. Je déborde de projets et il va falloir que je trie. Je présente les quelques esquisses que j'ai déjà commencé. Il remarque aussi le portrait de marc. Il le trouve beau. Je me retiens de lui dire que c'est forcément beau puisque c'est Marc, mais je me retiens de justesse. Finalement Gaston reste pour la soirée. Nous dînons tous les deux en reparlant de notre frayeur à tous durant ce mois d'attente. Je lui reparle des effets secondaires, des rendez-vous médicaux deux fois par semaine pour vérifier l'évolution, cette angoisse sourde, tapie dans mon ventre qui ne faisait qu'enfler. Lui me dit sa peur de perdre encore un ami, de me voir souffrir, il me parle des larmes que Kathy versait presque chaque soir, de l'indifférence qu'il devait jouer devant Marc puisque celui-ci b'était pas au courant. Je lui demande pardon pour tout. Ce n'est pas grand chose, mais c'est le minimum.

 

-Tu comptes le dire à Marc un jour ?

 

-Oui. Un jour. Je ne sais pas quand, mais je sais qu'il faut que je lui en parle. Je veux pouvoir repartir sur de bonnes bases avec lui.

 

-Oh ! Alors tu comptes bien te remettre avec ? Kathy avait raison !

 

Je ne répond rien, mais mon sourire parle pour moi. Une fois Gaston partit, je me remet à mes crayons. Il faut que je pense à sortir pour trouver des modèles et qui sait...une inspiration subite !

 

Je range mon matériel dans sa boite. C'est celle que Marc m'a offert pour noël. Il n'est pas question que je l'abandonne. Je l'aime. Je repense au petit mot que j'ai remit à Gaston avant qu'il parte, qui disait :
« Prouve lui qu'il ne pourra jamais te détruire ! »

 

J'espère que ça l'aidera un peu. Je prends mon portable et décide de lui envoyer un message. J'écris, j'efface, je réécris, puis ré efface. Au final, j'arrive à un truc pas trop mal :
« Bon courage pour demain, je pense fort à toi. Je t'attendrai le temps qu'il faudra. Je t'aime » mais j'hésite. Je ne sais pas si je dois l'envoyer ou non. Il faut que je lui laisse du temps. Et puis, ce n'est pas le moment pour le chambouler encore plus. J'efface et j'éteins mon portable. Je vais me coucher, malgré ma sieste, je suis encore crevé.


 

Et voilà. Le chapitre est encore plus court, mais j'ai de bonnes raisons. La première est que je voulais pas vous faire attendre trop longtemps pour les résultats du test...après tout, j'ai eu des menaces de mort...lol
La deuxième est que si j'avais fait plus long, vous ne l'auriez sûrement pas eu avant demain.
La troisième est que je me suis dit que peut être si les chapitres étaient moins longs, ça serait moins lourd...et j'ai l'impression aussi que les paroles allègent également le récit...Qu'en pensez-vous ?
J'espère que ça vous a plu...vous avez-vu j'ai pas été sadique !!!
P.S ; je suis toute émue d'arriver au chapitre 20 de ma fic...si on m'avait dit ça y'a quelques mois....j'y aurai pas cru.
Bisous à vous !!!

Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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Mercredi 9 avril 2008
Ca fait un petit moment que je tourne en rond au coin de la rue. Je n'ose pas faire les cent derniers mètres qui me séparent de ma mère. Qu'est-ce que je vais pouvoir lui dire ? Comment annoncer à sa mère qu'on a joué avec la mort ? Finalement je n'ai pas téléphoné et j'ai pris le bus pour venir pour être sur que ça prendrait beaucoup de temps et malgré cela, je ne sais toujours pas par quel bout commencer. Ma mère n'a jamais eu de soucis pour accepter mon homosexualité, ni le fait que pendant un moment j'enchaînais les conquêtes. Elle me disait toujours qu'elle avait confiance en moi et qu'elle savait que je me protégeais comme il fallait. Nous en avions parlé tout les deux et pour les questions plus personnelles elle m'avait proposé de m'emmener dans un planning familial ou bien de voir mon médecin traitant. De ce fait, je savais depuis longtemps quels étaient les différents moyens de protection et je savais d'autant plus que l'alcool n'aidait pas à prendre des décisions rationnelles, alors la drogue....J'en étais la de mes réflexions quand une main se posa sur mon épaule.

-Antoine ? Ben qu'est-ce que tu fais là ?


Henri ! Et merde, je suis mal barré. Et surtout, je ne peux plus faire marcher arrière.


-Je...je voulais voir ma mère.


-Elle n'est pas là pour le moment, elle est chez une amie. Mais tu peux l'attendre avec nous si tu veux.


Je regarde Agathe qui tient le main de son père. Elle me fait un grand sourire et je tente de lui répondre mais je crois que j'ai plutôt fait une grimace. Nous nous dirigeons vers la maison et elle me tend sa deuxième main. Inconsciemment je la sers fort, je ne veux pas la lâcher, elle me paraît être comme un lien avec la vie. Si elle laisse sa main dans la mienne jusqu'à la maison, alors je n'aurai rien. Je tente de m'en convaincre. Je vois la clôture qui se rapproche pas après pas, et sa main et toujours là. Chaude, rassurante. Etonnant que je retrouve une relative sécurité grâce à une gamine de six ans.


Nous arrivons finalement devant l'entrée et sa main est toujours dans la mienne. Je vais vivre. Je veux vivre. Sans maladie, sans angoisse, sans peur que chaque jour sois le dernier.


-Ca ne va pas ? Tu es tout pâle.


-Quoi ? Oh, je....non ça va aller, je suis juste un peu fatigué.


-Ah, ok. Agathe, chérie, tu veux bien aller jouer dans ta chambre ?


Elle s'exécute sans broncher.


-Tu veux boire quelque chose ?


-Euh...vous avez du coca ?


-Oui, je crois. Sers toi.


Je vais dans la cuisine et je sens qu'il me suis. Je sors deux verres et lui en propose un.


-Quelque chose ne va pas Antoine ?


-Pourquoi tu dis ça ?


-Tu n'as pas l'air bien. C'est encore à cause de ton petit ami ?


Oula, cela s'annonce un peu tendu. Même si j'aime beaucoup Henri, je ne m'attendais pas à avoir ce genre de discussion avec lui.


-Ecoute, ne le prend pas mal, mais je préfère attendre que ma mère rentre.


Il semble aussi gêné que moi.


-Oh ! Oui, bien sur je comprends. C'estt juste que...Tu sais Antoine, ta mère est très inquiète pour toi. La semaine dernière quand elle est venue te chercher, tu étais dans un tel état....elle n'en a pas dormi pendant des jours. Alors je sais que je ne suis pas ton père, d'ailleurs, je ne suis pas grand chose pour toi. Mais j'aime ta mère. Enormément. Et ça me fait mal de la voir comme ça. Le soucis c'est qu'elle pense que si elle me parle de tes problèmes, tu le vivrais comme une trahison. Mais elle ne peut pas tout garder pour elle. Je ne te reproche rien, je sais que c'est ta mère et que tu dois pouvoir compter sur elle à tout moment. Mais j'aimerai...j'aimerai que nous apprenions à nous connaître un peu mieux tout les deux. Et peut-être qu'un jour tu pourras me parler un peu à moi aussi.


Un lourd silence se fait dans la pièce. Je sais qu'Henri attend une réponse, il est anxieux, ça se lit sur son visage. Mais moi la seule chose que je retiens pour le moment c'est que ma mère va mal depuis qu'elle m'a ramassé à la petite cuillère. Si elle s'inquiète pour moi depuis ma « rupture », j'ai encore du mal à me faire à ce mot, qu'est-ce que ça sera si elle apprend ce qu'il s'est passé ce week-end ? Oh, bien sur, je ne comptais pas lui donner les détails...mais ça suffirait à la bouleverser complètement. Je ne peux pas lui faire ça. Pas maintenant qu'elle a retrouvé le sourire avec Henri. Ma décision est prise, elle ne saura rien. Au moins jusqu'au résultats. Parce que si je suis malade, je sais que je ne pourrai pas lui cacher. Mais tant qu'il n'y a aucune certitude, elle restera dans l'ignorance. Le problème c'est que j'ai besoin d'en parler. Et pas seulement à mes amis. Henri est devant moi, il semble encore moi sà l'aise qu'avant, attendant toujours ma réponse. C'est le moment de me prouver si tu es dignes d'entrer dans ma famille mon grand !


-Henri, tu saurais garder un secret ?



Me revoilà chez moi. Ma mère est rentrée quelques temps après notre petite discussion et a retrouvé un Henri plus pâle qu'un mort. Elle s'est inquiété mais il a juste prétendu qu'il ne se sentait pas très bien. Nous avons finalement mangé ensemble est passé une bonne soirée. J'ai juste du m'isoler aux toilettes pour prendre mes cachets. Je crois bien que j'ai traumatisé Henri avec mon histoire. Et il m'a dit que je ne pouvais pas cacher ça à ma mère et que sans doute lui non plus. Mais il a eu beau, s'énerver, négocier, supplier, je suis resté inflexible. Il ne devrait rien dire, à personne. Il a fini par promettre. Je savais que c'était un chic type. J'espère qu'il ne va pas trop stresser non plus...il avait vraiment l'air mal.
Le temps n'est plus aux questions. Demain j'ai cours et je dois donner ma réponse à mon prof d'art et dans quelques mois j'ai le bac. Il est temps de reprendre ma vie en main.


Malheureusement la volonté ne suffit pas toujours. J'ai été malade pendant une bonne partie de la nuit à cause de mon traitement et j'ai une sacrée tronche ce matin. Je me lève quand même, avec une belle migraine. Arrivé au lycée, mes amis sont déjà là. Et ils s'inquiètent. Il ne faut pas exagérer j'ai pas non plus une tête de cadavre...Ah tiens, si !!! Eh bien tant pis, je vais devoir faire avec. J'en ai pour un mois après tout. Mes amis semblent étonnés de voir mon évolution en si peu de temps. Hier j'étais selon leurs mots « une vraie larve avachie et déprimée » tandis qu'aujourd'hui je serai « un type qu'à la tronche d'un mort mais qui respire la vie »....je crois qu'il vaut mieux pour ma santé mentale que je ne cherche pas à les comprendre. Le journée se passe relativement bien, mon prof est ravi que j'accepte le projet. Quand je lui ai annoncé, on aurait dit un enfant devant son cadeau de noël, c'est très drôle à voir. Il m'a demandé de lui apporter mes dessins le lendemain pour que nous discutions de mon travail. Ca fait un moment que je n'ai pas pris mon crayon pour le plaisir et je me rend compte que ça m'a manqué.


Les jours passent, le train-train reprend. Dans mon malheur j'ai de la chance : mon traitement ne me rend pa
s trop malade. J'ai pas mal de nausées et aussi des courbatures, mais ça m'arrive principalement les soirs et pendant la nuit. Donc je manque de sommeil mais au moins je peux suivre ma scolarité à peu près normalement. Les migraines sont régulières aussi, mais pas insupportables. Je prends sur moi, je ne me plains pas. Ce qui m'arrive, je l'ai mérité. Mes amis sont autour de moi. Gaston et Kathy sont très présents et je sais que quand ils ne me soutiennent pas, ils sont avec Marc et le soutiennent lui. C'est une bonne chose, mais j'ai l'impression qu'ils n'ont plus trop de temps pour eux. Vincent passe régulièrement à l'appart' pour voir comment je vais et me soutenir dans les moments difficiles. Il reste souvent dormir, en tout bien tout honneur. Nous ne couchons plus ensemble. Il est devenu un ami très proche et je n'ai pas envie de perdre ce que nous construisons dans une partie de jambe en l'air. D'ailleurs il me semble qu'il a quelqu'un en vue. Un certain Yoann. Je ne l'ai jamais vu, mais Vincent m'en parle...un peu trop pour que ce soit innocent...Dès que ce mois sera fini et que cette histoire sera derrière moi, je mènerai l'enquête. Oui parce que dans ma tête je ne suis pas malade, je ne le serai pas. C'est inimaginable. Je ne peux pas être condamné à même pas 20 ans. Pour moi, ces 4 semaines sont un temps mort, une pause qui me permet de réfléchir sur mes actes et de mûrir. Il est hors de question que j'ai le SIDA. Je refuse, tout simplement. Alors je n'y pense pas, en tout cas j'essai. Je me concentre sur mes cours, le concours des jeunes talents, mes amis, ma mère. Elle va mieux, Henri a tenu sa promesse. Mieux que ça, il passe régulièrement à l'appart' et prend soin de moi tout comme l'aurait fait ma mère. Il téléphone presque tous les jours pour être sur que je n'ai besoin de rien...une vraie mère poule. Et nous discutons. Pas forcement de mon « problème » mais de lui, de moi, de ma mère, d'Agathe, de politique, de la flambée du pétrole, des massacres au Darfour...bref, nous apprenons à nous connaître. Et ce n'est pas pour me déplaire. Il fait partit de ceux qui me font oublier mon état pour quelques temps.
Je crois que j'ai plus appris sur moi même et sur les gens qui m'entourent ces 15 derniers jours que sur toute ma vie. Mais j'ai peur du prix que je vais devoir payer. La sentence se rapproche et même si j'essai de ne pas y penser, je sens cette boule dans mon ventre qui grossit un peu plus chaque jour.


Mon prof a étudié mes dessins avec moi, il en a retenu certains pour que je m'en inspire. Il est tombé sur le dessin de Marc que j'avais fait en début d'année. Celui que je n'arrivais pas à finir. Il m'a dit qu'il était particulièrement réussi et que si j'arrivai à le finir, il pourrait figurer à l'expo. Je ne suis pas sur de le vouloir, mais je verrai bien. J'ai cinq places et j'ai un libre choix pour les genres et les thèmes. Cette expo m'emballe complètement et sans mes séances de vomissement quasi quotidiennes, je pourrais y passer mes nuits.


Une chose m'inquiète encore. Marc n'a toujours pas décidé si oui ou non il allait témoigner. Gaston me tient au courant de temps en temps. Il lâche une phrase dans une conversation anodine afin de me tenir informé et tout de suite après il enchaîne sur un autre sujet. Nous n'en parlons pas, il me donne juste quelques infos histoire d'étancher ma curiosité et mon inquiétude sur l'ex futur homme de ma vie.
J'ai décidé de prendre les choses en mains aussi avec Marc en toute discrétion. J'ai seulement mis Gaston au courant pour qu'il m'aide, résultat, ils sont tous au courant...Je sais que je ne peux pas le voir. C'est trop tôt, et pour lui et pour moi, et ça risquerait de tourner aussi mal que la dernière fois. Non pas que me retrouver à embrasser Marc à pleine bouche au milieu de son hall d'entrée soit particulièrement désagréable, mais je crois qu'en matière de drague, je peux faire beaucoup mieux...et choisir un meilleur moment. Alors je vais y aller en douceur. Il a besoin d'aide, il a besoin de soutien. Il en a déjà, mais un peu plus ne peut pas lui faire de mal. Je lui ai écrit un petit mot sur un papier cartonné. « Sois fort » avec son prénom marqué sur le recto. C'est simple, concis, direct. Je n'ai pas signé, je ne crois pas que ça en vaille la peine. Tout ce que je souhaite c'est qu'il sache qu'il est soutenu. Gaston a pris la carte et l'a glissé dans sa boite aux lettres en allant le voir. Et j'ai recommencé l'opération tous les jours. Allant du « Ne te laisse pas aller » au « Garde confiance »...j'ai failli avoir une panne d'inspiration quand un jour Gaston a annoncé en plein milieu du dîner et de la conversation passionnante que nous avions sur les OGM :


-Marc va témoigner.


Et aussitôt après il a ajouté :


-Passe moi le sel s'il te plait.


Voilà, c'est tout. J'ai réussi. Je ne sais pas si c'est grâce à moi, mais j'aime à penser que j'y ai contribué. Maintenant je sais que Marc se prépare avec son avocate. Il s'apprête sûrement à vivre l'un des pires moments de sa vie, mais il semble qu'il tienne le coup. Il faut dire qu'il était temps qu'il se décide, l'audience a lieu dans trois jours. La veille, j'irai chercher mes résultats d'analyse. Je suis cassé. Ce traitement est une vraie torture et je n'ai même pas eu tous les symptômes ni à une trop forte intensité. Des gens doivent vivrent toute leur vie avec ces trucs....je ne suis pas sur que je pourrais le supporter. Mais je ne suis plus sur de rien. J'ai vraiment très peur maintenant. La boule est toujours présente, bien plus grosse qu'avant et elle ne part jamais. J'ai beau me concentrer sur autre chose, discuter, dessiner, lire, dormir...elle est là et je la sens. Même mon inspiration artistique est redescendue un peu ces derniers jours. D'ailleurs aujourd'hui je ne suis pas allé en cours je n'irai plus jusqu'à la date fatidique...ce n'est pas forcement une bonne idée vu que je n'aurai plus rien pour m'occuper, mais le stress me fait un mal de ventre atroce, sans compter les courbatures musculaires et le manque de sommeil dû aux nausées...Henri passe ces deux journées avec moi. Il attend le départ de ma mère au boulot et lui a prit un congé. J'apprécie le geste, vraiment. Il est aux petits soins pour moi. Et ce soir quand il est partit, j'ai ressenti un grand vide autour de moi. A part la boule...toujours là, imposante, menaçante, qui me rappelle que les minutes sont comptées...


Demain je vais chercher les résultats. J'ai peur. Je ne trouve pas le sommeil. De toutes manières les nausées sont toujours là. Il faut que j'arrive à me calmer, ça serait trop stupide que je me fasse un ulcère. Je ris bêtement tout seul à cette remarque. Je crois que le stress me fait un peu délirer. Une chose est sure, je ne veux pas mourir. Je l'ai déjà dit ? Qu'importe, je le répète. Certaine chose ne devrait pas être comptées : « j'aime la vie », « j'ai bien dormit cette nuit », « j'ai faim », « je t'aime ». Tant de petites choses anodines qui font que la vie est belle et pourtant qui nous paraissent dérisoires quand elles sont présentes.
Demain je saurai mon destin, je serai fixé.
Demain...

 

Un petit chapitre, mais je voulais l'arrêter là. J'espère qu'il vous plaira quand même. J'ai du mal à être satisfaite, je trouve les trois derniers chapitres plutôt lents...voire même ennuyeux...et malgré tout, il fallait je crois en passer par la...Qu'en pensez-vous? Je vais essayer de faire accélérer les choses.

Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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Vendredi 4 avril 2008
Je ne me sens pas bien du tout. Je tente d'ouvrir un œil, mais une forte lumière m'agresse les yeux. Je le referme aussitôt et cherche à me cacher sous mes couvertures. Ca pourrait être agréable cet état cotonneux si je n'avais pas cette nausée... Je me précipite hors du lit et me dirige vers les toilettes. Mauvais calcul, je n'ai pas fait trois pas que je m'effondre. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive. Je sens deux bras me soutenir sous les aisselles et m'aider à marcher jusqu'aux toilettes ou je peux enfin me vider l'estomac. Estomac bien vide d'ailleurs. Je vomis essentiellement de la bile, et c'est très douloureux. Je tire encore au cœur alors que plus rien ne sors. Ca fait un mal de chien, je ne boirai plus jamais. Une fois les spasmes passés, je pose mon front contre la cuvette des toilettes et je prends enfin le temps de réfléchir. Je ne savais pas que j'avais ramener quelqu'un hier...d'ailleurs je ne sais même pas ce que j'ai fait hier....Je tente de me rappeler mais un violent mal de crane m'en empêche. Je sens un gant sur ma figure et je lève les yeux. Vincent me regarde anxieusement.

-Ca va aller ?

Je hoche doucement la tête, je ne me sens pas capable d'articuler. Il m'aide à me relever et m'amène devant le lavabo. Je ne me regarde pas dans la glace, j'ai bien trop peur de ce que je pourrais y voir. Vincent me demande si je veux prendre une douche. A nouveau je hoche la tête. J'ai l'impression de me laisser totalement porter par Vincent, ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression. Il s'occupe de tout et je le laisse faire. L'eau tiède me fait du bien. Pas trop froide pour ne pas me geler, mais pas trop chaude non plus pour ne pas que je replonge dans un état mi-comateux. Une fois habillé, je me retrouve dans mon petit salon. Vincent me présente un verre d'eau et un cachet et du pain. Je grimace à la vue du cachet.

-Ce n'est que de l'aspirine. Je suppose que tu as un marteau piqueur qui fais la java dans ta tête, et je crois que tu as assez tenté les drogues pour le moment. Et le pain...disons que si tu ne manges rien tu vas avoir à nouveau envie de vomir.... Je ne savais pas quoi te préparer, mais c'est la seule chose que j'arrive à avaler après une cuite donc, je me suis dit...bref, si t'as faim n'hésite pas. Je te ferai du riz ce midi....enfin tout à l'heure, vu l'heure.

J'avale mon cachet difficilement et grignote un morceau de pain. Vincent s'installe sur le fauteuil en face de moi. Je sens que c'est l'heure de l'interrogatoire et je sens que ça ne va pas être une partie de plaisir. En effet, Vincent ouvre la bouche et...est interrompu par la sonnette.
Ouf, sauvé par le gong. Il semble agacé, moi, je suis plutôt content, enfin jusqu'à ce que j'apprenne la présence de Gaston et Kathy devant ma porte. Là, je dois avouer que je panique. Ca ne se voit pas uniquement pour deux raisons. La première est que je ne peux pas faire le moindre mouvement sans avoir l'impression que l'on perce un trou dans mon crane. La deuxième étant que vu mon état je suis déjà aussi pâle qu'un mort...Je sens que je vais passer un très sale quart d'heure.

Une fois arrivés, Kathy me fait la bise ainsi qu'à Vincent. Gaston lui, semble méfiant vis-à-vis de mon ami ?amant ?sauveur ?un peu des trois ? Ils se toisent et finissent par s'installer chacun à une extrémité du canapé. Finalement Gaston demande à Vincent qui il est et ce qu'il fait ici. Celui ci lui répond qu'il est un ami et qu'il m'a trouvé dans un sale état la veille au soir et qu'il m'a ramené...J'aime sa manière d'éviter les passages sensibles de notre rencontre et de ma soirée. Gaston finit par me demander d'expliquer ce qu'il s'est passé, Vincent n'ayant pu raconter que la partie où il a été présent.
Je me sens mal, je revis la soirée au fur-et-à-mesure que je la raconte. Je ne mens pas...certes, je ne raconte pas les détails, mais je leur raconte tout ce qu'il s'est passé. Je me sens las et sale. J'avais en partie occulté grâce à l'alcool, la drogue et la nuit, mais maintenant, je me prends tout en pleine face et j'ai honte de moi. Quand j'arrive à ma prise de drogue, je baisse les yeux tant les regards de mes amis me gênent. Et enfin, sommet de ma déchéance, l'acte bestial qui a suivi dans les toilettes avec un porc que j'aurai aimé ne jamais avoir croisé.
J'ai fini mon récit, je me tais attendant mon jugement. Mais une seule question est posée, une question qui va tout chambouler. Une question qui me foudroie sur place.

-Tu t'es protégé au moins ?

Je sens mon sang se glacer dans mes veines. Je relève doucement la tête cherchant une réponse dans les yeux de Vincent. Une réponse que je connais déjà.

-Non, il ne s'est pas protégé.

-Et comment tu sais ça toi ?! Réplique Gaston. Il semble en colère.

-Je l'ai aidé à se laver en rentrant, et je peux t'affirmer qu'il n'a pas utilisé de capote.

-Antoine, dis moi que c'est pas vrai. T'aurais pas fait ça n'est-ce pas ?

La c'est Kathy. Je ne peux que secouer doucement la tête.

-Je suis désolé Kathy, je....

La brûlure sur ma joue me fait comprendre qu'elle m'a giflé. Je sens à peine la douleur. De toutes manières, c'est mérité. Commentai-je pu tomber si bas ? Comment un truc pareil a pu m'arriver à moi.
Tout d'un coup je commence à paniquer. Je commence à voir les implications que mon geste pourraient avoir sur moi, ma vie, mon future... Je tremble, j'essaye de me lever, mais mes jambes ne me porte plus.

-Oh, mon dieu, qu'est-ce que j'ai fais...Je voulais pas, je...j'ai pas fait exprès...

-Ce n'est pas le moment de pleurnicher sur ton sort. Tu enfiles tes chaussures, ton blouson et tu viens avec nous immédiatement.

Nous regardons tous les trois Kathy, ce petit bout de femme semble être la seule à avoir une réaction saine pour le moment. Nous ne cherchons pas à comprendre, en 2 minutes, nous sommes tous les quatre dehors, direction les urgences.

Arrivé sur place, c'est Vincent qui prend les choses en main. Kathy a une baisse de pression et s'effondre en larmes dans les bras de Gaston. Je me sens mal pour eux. Je ne voulais pas leur infliger tout ça. Mais quel con j'ai été ! Je n'ai pas le temps de m'apitoyer d'avantage, Vincent reviens me chercher et m'emmène dans une salle, me fais asseoir sur une chaise en face d'un bureau et me dit d'attendre, que quelqu'un va s'occuper de moi. Il ressort. Je suis seul, je recommence à trembler...je ne veux pas penser à ce qui m'arrive. Heureusement je n'ai pas à attendre trop longtemps. Plus jamais je ne croirai les gens qui se plaignent d'attendre pendant des heures aux urgences.

L'infirmière se présente, elle est jeune et très gentille. Elle me parle sur un ton qui me fait penser à ma mère quand elle me consolait petit. Elle me demande de lui raconter ce qu'il s'est passé. Alors à nouveau, je dois replonger dans ce cauchemar, à nouveau revivre toutes ces sensations qui m'ont traversé la tête et le corps...je voudrai tant oublie cette nuit.
Elle me pose ensuite des questions sur mes antécédents, sur mes relations sexuelles. Je lui affirme que ce n'était pas un viol. J'étais un peu dans les vapes, mais cette situation je l'ai cherché, je suis entièrement responsable de ce qui arrive. Je lui dit aussi que c'est la première fois que je couche avec quelqu'un sans me protéger...à part avec Marc....Là encore je dois expliquer une partie de mon histoire. J'abrège, ça sera je pense moins douloureux. Marc était vierge et moi je m'étais toujours protégé et je faisais le test tous les 6 mois, et oui, nous étions fidèles, la question ne s'est donc pas posée. Bien sur, je ne lui parle pas du passé de Marc, à l'époque tous les examens avaient été faits après son viol. Il n'avait rien attrapé. Ce n'est peut-être pas mon cas aujourd'hui.

Après ce qu'il me semble être des heures d'interrogatoire, elle finit par m'installer dans un fauteuil pour me faire une prise de sang. Entre temps, un médecin est arrivé. Et pendant que l'infirmière prend mon sang, il m'explique la procédure qui va suivre. Je vais être traité avec une association de trois anti-rétroviraux pendant un mois. Après ce délai il y aura une autre prise de sang et une dernière encore trois mois après. Il me dit qu'ayant eu mon rapport sexuel hier soir, je suis venu à temps et que j'ai une grande chance de ne pas être contaminé. Mais il me précise que le traitement est lourd et qu'il y aura de nombreux effets secondaires qui me gâcheront la vie.
Je rétorque que si ça peut me sauver la vie, je veux bien être malade pendant un mois. Il semble prendre ma réponse pour un signe encourageant. Je crois en effet que c'est ma première phrase de plus de 4 mots depuis que je suis là. Je commence à sortir de ma léthargie mais je ne suis pas sur que ce soit une bonne chose. J'ai pleinement conscience des risques que j'ai pris maintenant. J'ai risqué ma vie pour une histoire de baise. Je ne veux pas mourir, je ne veux pas attraper le SIDA. Le médecin tente de me rassurer comme il peut. J'aurai les premiers résultats dans un mois, pas avant. En attendant il me conseille d'en parler avec mes proches pour ne pas avoir à garder ça pour moi. Il me tend aussi un paquet de préservatifs en me disant de ne plus jamais les oublier.

-Croyez moi docteur, dans l'état ou je me trouve, je ne pense pas avoir à m'en servir avant un bon moment.

-C'est sans doute la meilleure solution pour le moment, mais je préfère que vous la gardiez quand même. Il vaut mieux en avoir et ne pas s'en servir plutôt qu'en avoir besoin et ne pas en avoir.

Je ressors avec mon paquet de pharmacie dans les mains. Mon traitement pour la semaine et mon paquet de capotes. Je retrouve mes amis dans la salle d'attente. Il semble que je sois resté longtemps là-bas. Kathy a les yeux rouges et bouffis et je crois que Gaston a laissé échapper quelques larmes aussi. Je leur fait un rapide topo de la situation.

-Je suis tellement désolé, je ne voulais pas vous faire subir un truc pareil...j'ai vraiment été trop con...

-c'est sur que sur ce coup là t'as pas été malin, me répond Gaston. Mais ce n'est pas vraiment le moment pour te jeter des pierres. On est avec toi mon pote, t'inquiètes pas, on va pas te lâcher.

Je leur souris. J'ai des amis géniaux. Nous rentrons chez moi. Vincent nous fait à manger, du riz seul pour moi, je ne pense pas pouvoir avaler quelque chose d'autre. Je regarde mes pilules, elles sont de trois couleurs différentes. Je les avale n'imaginant même pas le quart du calvaire qui m'attend.

Vincent finit par partir, il me dit qu'il repassera dans la semaine. Il a également prit mon numéro. Kathy me fait une bise sur la joue et nous dit que nous avons sûrement un tas de trucs à nous dire et qu'elle va, elle aussi, nous laisser. Après son départ, nous restons quelques instants silencieux.

-Tu veux en parler ?

-Je crois qu'on a fait le tour de la question. J'ai été un véritable abruti, et le mois que je vais passer va être un véritable calvaire pour mes nerfs, en espérant que ça ne soit pas le début d'une longue agonie. Ca m'apprendra !

-Dis pas ça Antoine. Personne ne mérite de vivre un truc pareil. Tu n'allais pas bien et même si ce n'est pas une excuse, tout le monde à droit à l'erreur. Tout ce que j'espère c'est que celle ci ne sera pas fatale.

J'acquiesce doucement. Il reprend la parole.

-Ecoute, je ne sais pas si c'est vraiment le moment, mais hier je t'avais promis que je passerai pour te parler de Marc. Je comprendrai que tu ne veuilles pas en parler maintenant...

-Non, non, j'ai...j'ai besoin de savoir.

-Qu'est-ce que tu veux savoir ?

-Pourquoi il m'a quitté ? Il ne m'aimait pas ? ou plus ? Depuis quand il pensait le faire ? Et pourquoi il a couché avec moi si c'était pour me lâcher après ? Est-ce qu'il m'a vraiment aimé un jour de toutes façons hein ? Qui me dit que c'était pas du bluff depuis le début ?

-Antoine calme toi, tu n'y crois même pas toi même à ce que tu viens de dire.

Je cherche à retrouver mon calme que j'avais légèrement perdu lors de ma précédente tirade. Je prend une grande inspiration et demande :

-Je t'écoute. Raconte moi tout ce que tu sais s'il te plait.

-Je ne suis pas sur d'être le mieux placé. Lui seul pourrait répondre à toutes tes questions, mais je vais tenter d'y répondre au mieux, ok ?

Je hoche la tête.

-Bon alors pour commencer, Marc ne s'est jamais moqué de toi. Il a toujours été sincère dans ce qu'il t'a dit, toujours. Et d'ailleurs il t'aime toujours, passionnément même. Il n'arrête pas de me parler de toi, c'est limite si il ne s'attache pas lui même à son lit pour ne pas venir te supplier à genoux de lui pardonner.

Je souris doucement en imaginant la scène. Mais je suis encore plus perdu qu'avant.

-Mais alors, pourquoi ?

-J'y viens. Tu es sans doute le mieux placé pour savoir que ce qu'il a vécu l'a profondément marqué...ça serait le cas pour n'importe qui d'ailleurs. Mais malgré son traumatisme, marc a réussi à te faire confiance et à établir quelque chose avec toi. Et selon ce que j'en ai vu, vous aviez l'air de former un couple plutôt solide. Encore un peu jeune, mais néanmoins solide. Tu lui as permis de revivre et je ne suis certainement pas le seul à t'avoir dit qu'il n'avait pas été aussi rayonnant depuis des années. Et ça aurait très bien pu continuer dans cette voie mais malheureusement, les récents évènements l'ont faire retomber dans un enfer qu'il croyait avoir quitté. Pour lui, c'est comme une régression. Comme si il avais fait un bond de cinq ans dans le passé. Non seulement il risque de retrouver son agresseur dehors, mais en plus il faut qu'il raconte son calvaire devant des dizaines de personnes sous peine de quoi il va passer pour un menteur aux yeux de la loi.

-Mais je sais bien tout ça, mais quel rapport avec moi ? J'aurai pu l'aider !

-Je n'en suis pas certain mais je crois qu'il avait besoin de recul. Depuis que vous êtes ensemble, vous semblez être plutôt fusionnels et je crois que cette coupure peut vous faire une peu de bien à tout les deux. En plus, c'est une épreuve qu'il doit affronter seul. Il sait qu'il s'est beaucoup reposé sur toi depuis le début et il veut prouver à tous mais surtout il veut se prouver à lui même qu'il est capable d'affronter ça seul. Je sais que sa réaction peut te paraître démesurée, et elle l'est sans doute, mais ne penses-tu pas qu'elle soit à la hauteur de la situation dans laquelle il est ?

-...

-Je sais que ça a été un choque pour toi. Mais pour lui aussi. Crois moi, il n'y avait rien de prémédité. Marc a du faire face à son histoire d'une manière assez brutale et il a réagit avec toi de la même manière. Mais il t'aime. Crois moi, il t'aime de tout son cœur, et il s'en veut chaque jour de la manière dont il s'est comporté. Mais il sait aussi qu'il ne pourra rien construire de sérieux avec toi si il n'enterre pas cette histoire avant.

-...

-Je me doute bien que je ne réponds pas à tes attentes, mais c'est tout ce que je peux te dire pour le moment.

-Non, c'est bon. Je crois que j'ai compris. C'est toujours douloureux, mais j'ai compris. Il va témoigner ?

-Je ne sais pas. Sa décision n'est pas encore prise. Il hésite beaucoup. Il sait qu'il le doit mais sa peur et sa honte le submerge. Il faut qu'il surmonte ça pour pouvoir faire face.

-Je vois.

Soudain le visage de Gaston pris un air plus grave encore que celui qu'il avait jusqu'à présent.

-Maintenant, dis moi Antoine. Ce type la, Vincent, qui s'est pour toi exactement ?

-C'est un ami.

-Un ami ? ...il a dit qu'il t'avait aidé à te laver....vous avez couché ensemble ?

-Oh...Gaston, je....

-Répond moi Antoine. A quoi tu joues exactement ? Tu prétends être fou de chagrin parce que Marc t'a quitté et tu te retrouves à coucher avec n'importe qui. J'ai de quoi me poser des questions moi aussi. Qui me dit que ce n'est pas toi qui te moque de Marc au final ?

-Ne dis pas ça, je te l'interdis. Tu sais bien que c'est faux. Oui, j'ai couché avec Vincent et oui j'ai couché avec un autre type. J'étais au plus mal. Ca n'excuse rien mais c'est comme ça. Et si l'autre pourriture a été une grosse erreur, j'ai eu beaucoup de chance de tomber sur Vincent. Il m'a aidé comme il a pu alors qu'il me connaissait à peine. Nous avons couché ensemble deux fois même si tu veux le savoir. Mais hier il m'a juste aidé à rentrer chez moi entier, à me laver et à me coucher. Et si ça peut te rassurer sache que je ne pense pas que ça se reproduira. Je crois que nous sommes devenus amis, je ne couche pas avec des amis. Et j'aime Marc comme un fou. Vincent à été là au bon moment au bon endroit et je lui en serai toujours reconnaissant pour ça.

-Bien, c'est tout ce que je voulais entendre. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

-Je crois qu'il va falloir que je me reprenne sérieusement en main. Je vais d'abord parler à ma mère. Je pense qu'elle a le droit d'être au courant....ça ne va pas être une partie de plaisir, mais vu les dires du médecin, avec le mois que je vais passer, je vais pas vraiment pouvoir le cacher longtemps.

-Tu sais, Kathy pense qu'il te faut un but. Un objectif sur lequel tu puisses te concentrer et évacuer le trop plein en toi.

-Oui...c'est une bonne idée...j'ai bien quelque chose en tête, mais je ne suis pas sure d'avoir les capacités requises...

-C'est quoi ?

-Mon prof d'art m'a parlé d'une exposition de jeunes talents et il voudrait que j'y occupe une place. Il y aura des grands pontes qui seront présents. Ca pourrait être la chance de ma vie, professionnellement parlant.

-Ouah, mais c'est génial. Qu'est-ce que tu attends pour accepter ?

-Ben, en fait, je doit t'avouer que je n'avais pas trop la motivation nécessaire. Mais aujourd'hui, je me sens mieux. Je crois que je vais tenter ma chance. Et je ne vais pas laisser cette saloperie de maladie me gâcher mes chances d'évoluer artistiquement.

-Ah, je retrouve mon Antoine !!! Heureux de te revoir l'artiste !

-Oui, j'irai lui donner ma réponse demain. Je vais faire de mon mieux, tu vas voir, je vais tout déchirer. Je serai le meilleur.

-Tu es bien modestes je trouve.

-Disons que...je viens de trouver un but....

-Oh, tu m'en vois ravi. Et quel est-il ?

-Si je décroche un prix ou un contrat ou quoique ce soit d'intéressant à cette exposition, je vais reconquérir Marc, et cette fois, je ne le laisserai pas partir.

-Eh bien, tu m'as l'air motivé !

-Plus que jamais.

-Je suis content. Je vais te laisser maintenant. N'oublie pas que si tu as besoin de quoique ce soit, je suis là et Kathy aussi.....et ton Vincent truc la aussi je suppose...

Je rigole.

-Oui, c'est ce qu'il m'a dit en tout cas.

-Mouais...quoiqu'il en soit, ne nous refait jamais une peur pareille mon vieux, c'est clair ?

-Comme de l'eau de roche.

Gaston est parti. Je décroche le téléphone. Et à nouveau, je ne me sens pas très bien. Comment annoncer à sa mère qu'on a été une traînée et qu'on a peut être attrapé la maladie du siècle...maladie mortelle qui plus est ? Ma journée est loin d'être finie...je vais encore décevoir les gens qui m'entourent...

Je me fais une promesse. Plus jamais je ne décevrai les gens que j'aime. Jamais.


Pas très intéréssant comme chapitre...et surement un peu ennuyeuse la partie à l'hopital, mais je tenais à approfondir un peu le sujet...Une manière de mettre ma pierre à l'édifice. N'oubliez pas cette petite phrase que j'aime beaucoup: "Dieu est amour, avec du latex autour"!!!

Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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Lundi 24 mars 2008
Je me réveille doucement sous ses caresses. Pendant une demi seconde, j'y ai cru...oui, j'ai cru que j'étais dans mon lit, que marc était à mes côtés et que ces délicieuses attentions venaient de lui. Puis j'ai senti son odeur, et ce n'était pas celle de Marc ; puis j'ai ouvert les yeux et je n'étais pas dans ma chambre ; puis je l'ai regardé et c'était Vincent. Ainsi vont les choses. Il hésite puis m'embrasse la tempe. Je lui souris, ça semble le soulager.

-Salut.

-Salut.

-Bien dormi ?

-Oui.

Sa main caresse mon dos, il se rapproche. Elle semble s'attarder au niveau de mon épaule tandis que sa bouche redessine ma mâchoire.

-C'est quoi ça ?

La marque des dents de Marc n'a pas encore disparu. Il ne reste plus qu'une fine trace blanche qui disparaîtra dans quelques jours. Dernier vestige de Marc sur mon corps.

-Ce n'est rien.

-On dirait une marque de dents, c'est bizarre... t'as été mordu ? Je...

-Je t'ai dis que ce n'était rien. Arrête tes questions et occupe toi de moi.

Il semble un instant surpris, mais n'insiste pas, et sa bouche finit par retrouver la mienne. Rapidement mon corps réagit à ses mains et sans lâcher ma bouche, il prend une autre capote dans son tiroir. Et alors que je me demande si je pourrai encore un jour me regarder dans une glace, je laisse cet homme me faire sien à nouveau.


J'enfile ma veste, Vincent m'attend devant la porte. Je m'approche de lui et l'embrasse doucement. Il semble surpris.

-Merci.

C'est tout ce que j'arrive à dire, mais il semble comprendre et me souris. Je me sens étonnement mieux.

-Allons-y.

Et il pose sa main sur ma nuque pour m'amener jusqu'à sa voiture. Cette fois le trajet est plus détendu, nous discutons de tout et de rien. Nous savons tous les deux que nous n'entamons pas une histoire, que c'était juste une nuit, moi pour oublier, lui parce que je lui plaisais, et c'est très bien ainsi. Il me dit cependant qu'il traîne régulièrement dans cette boite et que si un de ces quatre l'envie me prenait de renouveler l'expérience, il serait partant. J'acquiesce et lui dit que je m'en souviendrai. Nous arrivons chez moi, il m'embrasse, je descend et le regarde s'éloigner. Cette soirée m'a fait du bien, mais une fois seul, j'ai cette douleur qui revient au triple gallot. Je monte les marches et rentre chez moi. J'ai faim et je me dis que c'est plutôt une bonne nouvelle. Le petit déjeuner chez Vincent a plutôt était frugal, alors je me dirige vers la cuisine et me fait un casse-croûte digne de ce nom. Je l'embarque et me dirige vers le canapé dans le but avoué de m'y affaler et de ne plus en bouger quand le téléphone sonne. Je le prend au passage et m'assois sur le sofa en décrochant.

-Allo ?

-Hey Tonio, c'est Kathy !!!

-Oh, Kathy, salut.

-Comment tu vas ?

-A merveille...

-Oh Antoine, je suis vraiment désolée tu sais.

-Oui, moi aussi , écoute, je peux pas rester j'ai pas mal de trucs à faire la, j'te rappelle plus tard ok ?

-Euh, mais...

-Super, j'tembrasse. A plus.

Je raccroche. Si avec ça elle ne me fait pas la gueule pendant dix ans...mais ce n'est pas grave, je n'ai pas envie de parler pour le moment. J'ai envie de rester seul. J'essai de repenser à la semaine passée. Marc n'allait pas bien c'était évident. Comment aurait-il pu aller bien avec ce qui lui tombait sur la tête...Mais moi, je n'avais rien fait de mal, enfin je crois....J'ai beau cherché, non, je ne vois pas. Ai-je dit ou fait quelque chose qui aurait pu pousser Marc à me quitter ? Je n'en ai pas l'impression...au contraire, j'avais le sentiment que ça allait de mieux en mieux pour lui mais aussi entre nous. Sinon pourquoi avoir finalement baissé ses barrières ? Le constat de la semaine dernière me saute à nouveau au visage. Marc a-t-il accepté de coucher avec moi pour m'offrir sa virginité en cadeau d'adieu ? Ca me paraît assez incroyable et pourtant, je ne vois pas quelle autre solution envisager. Je tourne en rond. Je sens bien que je m'énerve, je sens monter cette fureur en moi. C'est puissant, dévastateur, et ça monte, monte....il faut que je comprenne. Je sors de chez moi précipitamment. Mes pas me portent à une vitesse impressionnante devant ce joli pavillon. Je pénètre dans le jardin et me retrouve devant la porte. Toute ma colère tombe d'un coup. J'ai peur maintenant. Je crève de trouille devant son perron. Qu'est-ce qui peut m'arriver de pire après tout ?
Je sonne. La porte s'ouvre, je suis bouche bée.

Marc est devant moi. J'étais pas préparé à ça. Je pensais que sa mère allait ouvrir, je pensais que j'aurai un peu de temps encore avant l'affrontement, au lieu de ça il est là, devant moi. Il semble au moins aussi perdu que moi, il est cerné et je me demande si il n'a pas perdu du poids...Combien peut-on perdre en une semaine ?
-....Antoine...

Je ne sais pas quoi lui dire. J'aurai du préparer un truc, je sais pas, quelque chose...mais non bien sur il a fallut que je parte sur un coup de tête. Et j'ai l'air malin moi maintenant. Non seulement je ne sais pas quoi lui dire mais en plus je sens mes larmes remonter à vitesse grand V.

-Je t'aime.

Ah, et bien, voilà qui est remarquablement trouvé ! Il est maintenant complètement sous le choc. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre, j'attrape son cou et pose mes lèvres sur les siennes. Je ne sais pas ce qui me prend, j'ai pas réfléchi, il était là devant moi, j'ai pas pu résister. Je le colle contre le mur du hall et ma langue va chercher la sienne. Marc tente de me repousser avant de céder et de me rendre mon baiser. Je tremble, mes mains passent dans se cheveux, dans son cou, je pleure et je crois que lui aussi, pourtant ses mains me repoussent.

-Antoine...arrête...s'il te plait...

Marc est allongé par terre, je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé. Il me regarde, les yeux écarquillés, la main sur la joue...Mon dieu, je l'ai giflé...j'ai levé la main sur lui. Comment ai-je pu faire ça ? Les larmes coulent sur ses joues encore plus abondantes...j'avance d'un pas, il recule effrayé. Je voudrai le prendre dans mes bras, lui demander pardon, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi dire. Je m'agenouille, Marc arrête de reculer, il me regarde de ses beaux yeux.

-Pourquoi ?

-...

-Pourquoi tu m'as fais ça ? Je t'aimais Marc...putain je t'aime espèce d'enfoiré !!! Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pourquoi tu me rejettes comme ça ? Il faut que tu m'expliques ! Il faut que tu m'expliques putain, parce que je vais devenir dingue !!!

-Antoine...je...

-ANTOINE !

-Gaston ?

-Antoine, tu ne devrais pas être ici.

-Gaston, je....

Je vois mon ami aider Marc à se relever, moi je suis toujours à genoux au milieu de l'entrée, la scène pourrait être drôle si elle n'était pas si pathétique ! Gaston me dit de rester là et il emmène Marc dans le salon. Il revient quelques minutes plus tard, seul. Il m'aide à mon tour à me mettre debout. Il me dit que je ne dois pas rester là, qu'il faut que je parte. Que Marc ne veut pas me voir pour le moment.

-Il faut que je lui parle Gaston, j'ai besoin de savoir...
-Je sais Antoine. Je sais que tu l'aimes et je sais que tu souffres. Mais regarde toi, tu n'es pas en état de faire quoique ce soit. Tu l'as frappé Antoine. Tu te rends compte un peu ?

-Je...je voulais pas, je suis désolé...

-Je sais. Ecoute moi Antoine, tu vas rentrer chez toi d'accord ?

-Non, je...

-Ecoute moi je t'ai dis. Tu vas rentrer chez toi et tu vas prendre une bonne douche. Je ne peux pas tout t'expliquer maintenant, mais je serai chez toi demain matin à la première heure d'accord ?

-Marc ?

-Je t'expliquerai tout demain Antoine. Rentre chez toi maintenant. Et fais très attention, tu n'es pas dans ton été normal. Tu veux que j'appelle Kathy pour lui demander de passer te prendre ?

-Quoi ? Kathy ? Non, non, c'est bon, ça va aller. Je vais rentrer.

-Tu rentres directement hein ? Pas de détour ! Promets le moi Antoine.

-Oui promis, je rentre directement. Tu promets que tu me diras tout demain ?

-Oui, promis je viens demain et je te dirai tout ce que je sais. Maintenant, va. Et fais attention à toi.

Je repars. Très honnêtement, je ne saurai pas expliquer ce qui vient de se passer. Quand j'arrive à mon appartement, les larmes coulent toujours. Si je ne trouvais aucune raison valable au fait que Marc m'ait quitté, j'en ai maintenant une belle, je l'ai frappé. Je n'ai même pas senti ma main partir. Quand il m'a repoussé j'ai...j'ai pété un plomb, ça m'a fait tellement mal...je n'arrive même pas à décrire ce que j'ai ressentit. Et pourtant...et pourtant il a répondu à mon baiser. Ses mains parcouraient aussi mon corps et nos larmes se rejoignaient. Je crois même qu'il était prêt à s'expliquer quand Gaston est intervenu. Je suis encore plus perdu qu'avant. Demain Gaston va venir, demain, j'aurai des informations...Je ne tiendrai jamais jusque là. Je suis le conseil de Gaston et je vais prendre une douche. L'eau qui coule me fait du bien, mais je ressens à nouveau cette boule de colère mêlée d'angoisse renaître au creux de mon ventre.

Je tourne maintenant comme un lion en cage. Je ne me sens pas bien, j'ai mal au ventre. Je sens la rage et la frustration qui se battent pour savoir qui sortira le premier, et je dois me retenir de ne pas pousser un gris libérateur. J'ai besoin de voir Vincent. Je sors.
Je retourne à la boite, et commande un verre que j'avale presque cul sec. J'en demande un deuxième qui trouve rapidement le même chemin que le premier. Je ne vois pas Vincent, ç m'énerve. En plus un type me tourne autour depuis tout à l'heure et me fait du rentre comme c'est pas permis. Il me colle, je m'éloigne. Je commande un autre verre. Je repense à ce que m'a dit Vincent à propos du GHB...au moins, je ne risque pas grand chose, vu la vitesse à laquelle je vide mes verres, bien chanceux serait celui qui pourrait mettre quelque chose dedans ! Le type est revenu, je lui dis de dégager, il ne semble pas parler ma langue...pourtant c'est bien lui qui me propose, je le cite « un coup de queue d'enfer ». Il me colle, et l'alcool ne m'aide pas à l'empêcher de franchir les barrières. Merde Vincent, dépêche toi, j'ai besoin de m'envoyer en l'air. Et de parler aussi....après. Le type auprès de moi a ses mains sur mon corps, je ne sais pas quand il a commencé à me peloter. Je tente vainement de le détacher avant d'abandonner. Après tout, un coup est un coup et là, j'ai besoin de me défouler. Il m'entraîne dans les toilettes et me dis de me détendre. Il prend un flacon l'approche de son nez en se bouchant une narine et renifle un grand coup. Il me le tend en me disant que ça me fera du bien. Je prend le flacon et imite son geste.

L'effet est quasiment immédiat, je me sens décoller. Le décor tourne et je me retrouve plaqué contre le mur d'une cabine pendant que l'autre tache me déshabille. Je sens sa bouche chercher la mienne. Je me laisse faire. Je n'aime pas son baiser, j'ai l'impression qu'il cherche à m'étouffer avec sa langue. Je tourne la tête. Ca n'a pas l'air de le gêner plus que ça vu que son exploration sur mon corps continue. Je ne me sens pas bien, j'ai la tête qui tourne. Je vois des petits points noirs devant mes yeux. Le type me met à genoux et me présente son membre devant la bouche. L'odeur me saute au nez. Il pue l'urine, c'est dégoûtant. Je n'ai as le temps d'approfondir mes pensées que sa main agrippe mes cheveux et son sexe se retrouve dans ma bouche il s'enfonce en moi bien trop loin, je crois que je vais vomir. Heureusement il ne s'attarde pas et se retire de ma bouche. Je retiens de justesse mon déjeuner du midi pour ne pas qu'il ressorte. Ce porc me relève et me colle ventre contre le mur. Je sais ce qui va suivre. J'ai peur, mais je ne bouge pas, j'en suis incapable, je sens tous mes muscles s'ankyloser. Il ne perd pas son temps en préparation et me pénètre violemment. Je cri sous la douleur mais il ne s'arrête pas pour autant. Il peut faire de moi ce qu'il veut je suis complètement partit...d'ailleurs les points noirs sont de plus en plus nombreux, et la cabine des toilettes semble rétrécir à vue d'œil. Je crois que je fais un bad trip. Le mec s'enfonce encore en moi, il me fait mal ce con. Et en même temps, n'étais-ce pas ce que je cherchais ? N'étais-ce pas ce que je reprochais à Vincent hier ? C'est vrai que mon mal de ventre est partit. J'ai mal partout ailleurs, mais ma fureur semble s'être calmée. La douleur que je ressens est comme salvatrice. Cette pourriture est en train de laver mon mal être en souillant mon âme. Je crois même que je pourrais prendre du plaisir à ce qu'il fait. Parce qu'en ayant mal, j'ai la preuve que je suis en vie. Mon cœur bat, il souffre mais il est bien là, palpitant, vivant.
Heureusement le type éjacule rapidement, se rhabille et s'en va. Je suis à genoux au dessus de la cuvette et je me rhabille doucement. Je me trouve répugnant. Je suis sale. Je me suis fait mettre dans des chiottes par un gros porc et j'y ai presque prit du plaisir.

Je vomis, enfin. Je me vide de tout : plus de colère, plus de sexe, plus rien. Je ne suis plus rien, je suis vide. Je suis à deux doigts de m'évanouir. Je ne sais pas ce que ce type m'a fait sniffer, mais ça arrache. Je crois qu'il faut que je dorme. Je me sens partir quand je sens des mains me secouer. Une voix qui m'appelle. Des cheveux châtains, des mèches violettes. Vincent.

-Tu es en retard.

Je lui dis. Il me sourit, mais je vois bien qu'il est inquiet. C'est marrant de se dire qu'hier on ne se connaissait pas et qu'aujourd'hui il me ramasse dans les toilettes comme un pauvre poivrot.

-Allez viens, je te ramène chez toi.

Oh, ça c'est gentil. Je crois que je n'aurai pas pu le faire seul. La route est périlleuse, mais Vincent me soutient. En chemin je pleure, et je lui raconte tout...enfin je crois. Parce que je ne comprends même pas ce que je dis. Lui semble saisir mes paroles car il y répond. Il me rassure, me dit qu'il va s'occuper de moi. Et c'est ce qu'il fait. Arrivé chez moi, il m'emmène prendre une douche, il la prend avec moi parce que je ne tiens pas debout et pourtant il me touche à peine. Il n'y a rien de sexuel dans ces gestes. Il sens le sperme entre mes cuisses, il fait une grimace mais aucun commentaire. Cependant je vois à son regard que je n'y échapperai pas. Tant pis, c'est mérité, mais je suis content qu'il ne le fasse pas maintenant. Ensuite il m'aide à me sécher, à enfiler des fringues et m'allonge dans mon lit. Il veut partir mais je le retiens. Je ne veux pas qu'il parte. Je me sens partir, comme aspiré par les ténèbres. Je sais que c'est du à la drogue que j'ai pris, mais ça reste très flippant. Il s'allonge à mes côtés, me serre dans ses bras, tentant de me réconforter, et je m'endort en écoutant ses paroles auxquelles je ne comprends rien, mais qui sonnent telle une berceuse, douce, apaisante, aimante. Je suis bien.


 


 

Voili, voila, voilou!!! Un chapitre comme promis!!! Bon, encore une fois, c'est complètement partit en cacahuète...ce n'était absolument pas prévu qu'ils se revoient avant un moment ces deux là (Marc et Antoine)...mais bon, c'est venu tout seul. Pour le mec des toilettes pour tout vous dire, à l'origine, c'est Vincent quid evait jouer ce rôle...et oui, mais pendant leur rencontre au bar, je l'ai bien aimé, alors j'ai décidé d'évoluer differemment entre eux... Et finalement je suis contente qu'il soit "quelqu'un de bien". Le prochain chapitre, réveil difficile pour Antoine, confrontation avec Vincent, Gaston,Kathy...et prise de décision! Autant vous dire qu'il y a de la leçond e morale dans l'air!!!

J'espère que vous avez passé un bon week-end. Bisous

Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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Dimanche 23 mars 2008
Je vous souhaite un très bon week-en de Paques à tous et toutes!!!! J'espère que vous avez eu assez de chocolat pour vous en faire péter la pense!!!! et pour ceux qui n'aiment pas le chocolat...vous ne savez pas ce que vous perdez!!! lol
J'espère mettre la suite de Coeur figé avant mardi!!!!
Je vous aime (ben ouais y'a des jours comme ça....).
Bisous tout doux!!!
Par Meryl - Publié dans : Petits potins
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Samedi 15 mars 2008

J’ai une vie banale. Deux parents, une grande sœur, un chien, des amis, je suis des études, j’ai des notes, des matières que j’aime et d’autre moins. J’ai des projets, un avenir, un amour…Je n’ai pas de casier judiciaire, pas de cadavre dans mes placards, je ne suis pas un voleur, ni un menteur…enfin pas plus que la moyenne des gens. J’ai des passions, des envies, j’ai des gens qui sont là pour moi et pour qui je suis là. Je ne suis pas quelqu’un d’exceptionnel, mais je suis quelqu’un d’heureux. Comme la plupart de gens, j’ai une petite vie bien rangée, pas de vague…bref, je suis quelqu’un de banal….Enfin presque.

 
Bonjour, je m’appelle Revan, j’ai 25 ans, et je vais mourir.

 

Tout avait pourtant commencé de manière plutôt normale. Je me suis réveillé dans tes bras. J’aime me réveiller dans tes bras, je m’y sens bien. Tu étais déjà réveillé et quand tu m’as vu ouvrir les yeux, tu m’as embrassé doucement, comme pour ne pas brusquer mon réveil. J’étais en forme ce matin, alors c’est moi qui ai approfondi ce baiser. Nous avions le temps, nous étions samedi, et à part un déjeuner avec mes parents, nous n’avions rien de prévu. Rien d’urgent. Tes mains ont alors commencé à se balader sur mon corps. Tu connaissais déjà chaque recoin qui me ferait gémir et pourtant tu as pris un malin plaisir à tout redécouvrir au fur et à mesure. Je sentais ta langue parcourir mon corps, sans pudeur, et mon sexe commençait à réagir à ses petites attentions.

 

J’entends des gens autour de moi. Il y a beaucoup de bruit. Trop de bruit. Je ne me sens pas très bien. Je crois que j’ai la nausée. Où es-tu mon amour ? Je n’ai pas vu la voiture arriver. Tout ce dont je me rappel c’est un grand crissement de pneu sur l’asphalte mouillé, et des phares qui m’aveuglent.

 

Je ne sais pas combien de temps on duré les préliminaires, mais ça n’avait aucune importance. Je me délectais de tes caresses et m’abandonnai totalement à toi. « Tu as l’intention de me laisser faire tout le boulot ?» me susurrais-tu à l’oreille. « Oui, occupe toi de moi ! ». Je revois cette flamme dans tes yeux au moment ou j’ai prononcé cette phrase, et j’ai su que j’avais fait mouche. Je suis plutôt le « dominé » de notre couple. Il m’arrive parfois de te prendre, mais j’aime vraiment la sensation de t’appartenir lorsque tu bouges en moi et j’adore ça. Malgré tout, je suis quand même toujours présent pour répondre à tes caresses. C’est pourquoi tu paraissais si excité, tu avais l’entier contrôle, je me soumettais à toi, totalement. Tu avais alors ouvert le tiroir de ta table de nuit et en avais sortis une paire de menottes. Te sentir m’attacher au barreau du lit m’avais déjà passablement excité, mais lorsque tu m’as bandé les yeux, j’aurai presque pu jouir rien qu’à l’idée de ce que tu allais me faire.

 

Tu es là, auprès de moi. Ta présence me rassure. J’ai peur. Tu sens comme j’ai peur ? J’ai mal aussi. J’ai l’impression que je suis brisé de partout. C’est sûrement un peu le cas. Je commence à réaliser, mon esprit se remet doucement. Je me suis fait renversé. Je suis étendu sur le sol.

 

Ton exploration a reprit, lentement, me torturant en profitant de ma lente agonie. Etant privé de deux de mes sens, je ne pouvais que ressentir les bienfaits de tes passages, et j’ai rapidement perdu le contrôle. Je gémissais déjà furieusement lorsque j’ai senti un doigt pénétrer mon intimité, provoquant un léger sursaut de ma part. Tu t’es assuré que tu ne m’avais pas fait mal et après avoir été rassuré, tu en as ajouté un deuxième. Je n’en pouvais déjà plus, me cambrant, me tortillant contre toi, à rechercher le contact de ton corps contre le mien. Mais ça ne semblait pas être dans tes plans car je n’arrivait à rien. Lorsque je sentis tes doigts se retirer, j’en ai gémis d’anticipation, ma préparant à savourer ton intrusion en moi. Pourtant rien n’est venu. Alors que j’allais protester, je sentis ta langue s’aventurer entre mes jambes, pour aller rejoindre l’endroit qu’avaient quittés tes doigts quelques instants plus tôt. J’en ai eu le souffle coupé. C’était la première fois que tu m’offrais une telle caresse, si intime. Et je sentais ta langue alterner entre s’aventurer en moi, et contourner mon orifice offert. Et tu me rendais toujours plus fou. Je voulais que tu me prennes, je te l’ai bien fait comprendre. Et là tu es remonté le long de mon oreille et tu m’as ordonné de te supplier. Le feu de mes reins a reprit de plus belle à ces mots. Tu me dominais entièrement, j’étais ta chose. Je bandais si fort que j’en avais mal. C’était la première fois que tu jouais à ce jeu là, et je dois avouer que j’étais agréablement surpris. En général, c’était moi qui lançait les idées farfelues pour pimenter notre vie de couple. Tu n’étais pas ennuyeux au lit, au contraire, mais tu étais juste un peu plus classique.

 

Tu me parles. Tu me dis de ne pas m’inquiéter, mais je sens que c’est toi qui panique. Tu penches ton visage au dessus du mien, tu me protèges de la pluie. Tu me dis de rester avec toi, de ne pas partir. Tu me dis de bien t’écouter, de ne pas lâcher le son de ta voix.

 

Trop pressé, trop excité, je ne pouvais qu’obéir. Alors je t’ai supplié.

-Prends moi. S’il te plait…je t’en prie, viens maintenant…

Et dans un grognement sourd tu m’as pénétré entièrement. Et j’ai crié sous la douleur. Je ne m’attendais pas à une telle entrée, mais tu ne t’ai pas arrêté. Tu as continué à me besogner, et la rudesse de tes geste contrastait avec la douceur de tes mots. Et au son de tes « je t’aime » murmuré puis criés, je sentis la douleur reculer sous l’afflux du plaisir, toujours plus grand, toujours plus violent, guidé par tes coups de reins s’acharnant sur ma prostate. Et tu as continué à me parler, gardant ton rôle jusqu’au bout.

-T’aimes ça hein ?

-Oh oui…Encore, plus fort…comme ça ouiiiiiiii !!!!!Oooohhhh je t’aime,…encore !!!!

J’usais ma gorge à hurler ton nom et je sentis bientôt les spasmes annonciateurs de l’orgasme déferler en moi pour finir en apothéose, et je me déversais entre nos deux corps pendant que tu jouissais au plus profond de moi.

 

Les secours arrivent, c’est ce que tu me dis. Je n’écoute pas vraiment la suite. Tu parles sans discontinuer depuis quelques temps déjà. J’ai l’impression que ça fait des heures….ça ne doit pas dépasser les quelques minutes…j’ai perdu le fil du temps.

 

Tu es retombé sur moi, et tu m’as entouré de tes bras. Tu as enlevé les menottes, puis le bandeau, et j’ai pu retrouver la chaleur de tes bras. Tu m’as embrassé passionnément et m’a répété que tu m’aimais. Je sais, mon ange…je sais. Moi aussi.

 

Nous nous sommes rendormis comme ça, enlacés ; en sueur et nos ventre maculés de sperme, mais repus et heureux. J’ai émergé quelques heures plus tard, réveillé par tes baisers. J’étais bien partant pour un deuxième round, mais tu m’as signalé que nous allions être en retard chez mes parents…ce n’était que partie remis, tu m’as porté jusqu’à la douche, comme une mariée. Ca m’as fait rire, je t’ai laissé faire. Une fois sous le jet d’eau chaude, je me suis collé contre toi et je t’ai remercié pour le pur moment d’extase que tu m’avais offert plus tôt.

 

J’ai froid. J’essai de te le dire, tu penches ton oreille vers ma bouche pour comprendre ce que je dis. Je me répète, ça me fait mal. J’abandonne. Mais il semblerait que tu ais compris l’essentiel car tu enlèves ta veste et tu la poses délicatement sur moi.

 

Nous sommes arrivés à l’heure finalement. Mes parents étais heureux de nous voir. Je savais que tu l’étais aussi. Ils sont un peu devenus tes parents quand nous nous sommes mis ensemble. Les tiens t’avais foutu dehors en apprenant ta sexualité, et tu as découvert ici un nouveau foyer. Malheureusement nous ne les voyons pas assez souvent, nous avons des emplois du temps asse chargés. Nous nous sommes installés au salon pour prendre un verre. Ma sœur est arrivée un peu après, avec ses deux enfants. Son mari n’était pas là…je me souviens avoir pensé que ça n’allait pas très fort entre eux. Effectivement, une fois les enfants partis joués, ma sœur s’est installé avec nous et rapidement la conversation a tourné autour d’une prochaine séparation entre elle et lui. Ils ne s’entendent plus, ils se sont précipités, ont fait des enfants trop tôt, aujourd’hui ils se séparent. Je sentais la main de mon amour serrer la mienne. Je lui caressai le poignet avec mon pouce. Nous étions ensemble depuis plus longtemps qu’eux, tout allait bien, il ne fallait pas s’inquiéter, nous avions toute la vie devant nous. Nous n’étions peut-être pas un couple « normal », mais nous étions un couple stable, et nous étions heureux. Et puis qu’est-ce que la normalité ? Il suffisait que je vois la débâcle du mariage de ma sœur pour me conforter dans mes choix de vie, dans mon choix d’homme.

 

J’essai de bouger, mais j’abandonne vite l’idée. Le moindre mouvement me lance…d’ailleurs ce n’est pas qu’une question de mouvement. J’ai l’impression que mon corps entier est transpercé de millions d’aiguilles brûlantes. Tu me parles à nouveau. Tu me dis de ne pas bouger. Ne t’inquiète pas mon ange, je ne peux rien faire. Juste écouter ta voix. Tu as une belle voix tu sais.

 

Le reste du repas a été moins tendu. Nous avons parlé, mangé, bu, rigolé…j’adore ces moments ou l’on est tous ensemble, à se remémorer les souvenirs plus ou moins récents. Nos bêtises de jeunesse, nos quatre-cent coups. Nous avons d’ailleurs pris le dessert et le café devant de vielles vidéos, retraçant notre enfance. J’ai aimé partagé ses moments avec mon homme, il pénétrait un peu plus dans ma vie, il creusait sa place au sein de ma famille. Un moment je me suis isolé avec ma sœur. Elle m’a demandé si tout allait bien entre nous, ce à quoi j’ai répondu à l’affirmative. Elle m’a dit qu’elle était très heureuse pour nous, et qu’elle voyais bien que tu me rendais heureux. Elle m’a dit de ne pas te laisser filer. Encore heureux, tu m’appartiens, je n’ai pas l’intention de te perdre. Je lui ai demandé comment elle vivait sa séparation, et alors, elle m’a parlé à cœur ouvert, comme lorsque nous étions jeunes. Elle savait qu’il la trompait, elle espérait qu’il changerait, avec le temps, avec les enfants, mais rien n’y faisait, alors elle a prit son courage à deux mains, ses enfants sous le bras, et elle loge actuellement chez une amie. Je la serrai fort contre moi, lui disant que j’étais très fière d’elle, et que quoi qu’il arrive, je serai toujours très fière d’elle, ma grande sœur. Si elle avait besoin de quoique ce soit, j’étais là, si elle avait besoin d’un logement, nous nous serions serrés dans notre petit nid d’amour pour l’accueillir elle et ses deux adorables bambins. Lorsque je lui ai dit cela, elle m’a répondu en rigolant qu’elle se doutait bien que ça ne me gênerait pas de me blottir contre toi. Et nous avons ris, puis nous avons retrouvé le salon.

 

Les secours arrivent. Tu répètes ça comme si tu t’y accrochais. Je suppose que c’est ce que tu fais. Tu t’accroches à cet espoir d’entendre les sirènes comme je tente de m’accrocher à ta voix. Mais j’ai du mal. Je me sens un peu partir, ta voix est un peu plus lointaine, j’ai des étoiles devant les yeux.

 

Nous sommes partis en fin d’après midi. Je serai bien resté, mais je sentais que tu ne voulais pas t’attarder. Sur le coup, je n’avais pas bien saisi pourquoi. Mais une fois rentré, tu m’as dit de me préparer et de me faire beau car tu avais prévu une sortie en amoureux. Je me suis exécuté, me demandant ce que tu pouvais avoir en tête. Puis nous sommes sortis. Tu m’as conduit dans un restaurant c’est sympa. Assez classe, mais pas suffisamment pour être mal à l’aise, tu savais bien que je ne me sentais pas à ma place dans ces endroit huppés ou l’hypocrisie et l’argent règnent en maître. Le repas s’est déroulé comme dans un rêve. Tout était délicieux, une douce musique flottait dans l’air, et toi… toi tu étais magnifique. Au moment du dessert, tu m’as pris les mains, et j’ai vu à ton regard que tu t’apprêtais à m’annoncer quelque chose de sérieux. J’ai donc laissé de côté pour quelques temps mon fondant au chocolat et je me suis concentré sur toi. Tu m’as dis que tu m’aimais plus que tout et tu m’as demandé si j’en avais bien conscience. Je t’ai répondu par l’affirmative. Bien sur que je le sais, et la réciproque est vraie. Tu as acquiescé. Je te voyais de plus en plus troublé, j’avais peu de ce que tu allais m’annoncer. Je t’ai demandé de ne pas me faire attendre car tu commençais à m’inquiéter. Tu m’as dit de ne pas m’en faire, qu’il n’y avais rien de « grave ». Tu as repris ton discours. Tu m’as à nouveau déclaré ton amour, tu m’as dit que j’étais tout pour toi, et que tu étais particulièrement dégoûté que le mariage homosexuel soit interdit en France parce que sinon, tu serais en train de me faire ta demande. Mais que en attendant le jour ou nous aurions le droit d’êtres mariés, tu voulais savoir si j’acceptais de me pacser avec toi, en gage de notre engagement commun. Et sans attendre de réponse, tu as sortis un coffret et me l’as tendu.

 

J’ai moins mal. J’ai toujours aussi froid, mais la douleur elle, s’apaise petit à petit. Une phrase me revient brusquement en mémoire…je ne sais pas de qui elle vient, mais elle disait quelque chose comme « tant que tu souffres, c’est que tu es encore en vie »…J’ai moins mal, mais finalement, je ne suis pas sure que ce soit une bonne chose.

 

Je suis resté bête un instant. Tu m’as dit d’ouvrir le coffret, et je l’ai fait pour y découvrir un anneau en or, tout simple, mais avec gravé à l’intérieur nos noms et la date de notre rencontre. Tu m’as demandé si ça me plaisait et j’ai sentis les larmes envahir mes yeux. Une bouffée de bonheur s’était emparée de moi, tandis que mes joues s’inondaient sans que je puisse rien y faire. Tu m’as demandé si ça voulait dire oui, et lorsque j’ai relevé la tête vers toi, j’ai vu ton regard empli de d’incertitude, de crainte, d’espoir. Alors j’ai tenté de te sourire à travers mes larmes et je t’ai dit oui. Oui. Oui, mille fois oui. Je t’ai dit que je t’aimais et que je voulais passer ma vie avec toi, je t’ai remercié, je t’ai embrassé, puis j’ai abandonné sans regret le reste de mon fondant au chocolat pour que nous quittions le restaurant et fêtions comme il se doit notre future union officielle.

 

J’ai toujours froid je ne sens plus mon corps. Il n’y a que ce froid qui me transperce petit à petit. Le sol est mouillé, ça n’arrange rien. Je repense à nous. Je revois tes sourires. Je ne crois pas t’avoir dit que tu avais le plus beau sourire du monde. C’est dommage, j’aurai aimé que tu le saches.

 

Nous avons eu du mal à arriver chez nous, nous arrêtant à tous les coins de rue pour nous embrasser, nous caresser, enflammant nos sens, aiguisant nos envies. Une fois la porte franchie, nous nous sommes jetés l’un sur l’autre, parsemant nos vêtements le long de la route menant à notre lit. Puis tu m’as allongé doucement, tu t’es couché sur moi, et tu m’as embrassé tendrement, comme tu le faisais rarement. Tu caressais mon visage, calmant la passion, atténuant le feu de nos reins, et doucement tu rejoignis mes lèvres à nouveau, laissant nos langues danser un ballet éternel, tandis que nos mains partaient à la rencontre de nos corps. Rapidement, tes doigts vinrent rejoindre mon intimité, pendant que ma main s’enroulait autour de ton sexe, amorçant des mouvements de va-et-vient. Tu amorçais des mouvements de ciseau et j’écartais d’avantage les cuisses, te permettant un meilleur accès à mon entre jambe. J’ai enlevé ma main quand tu as commencé à mimer l’acte sexuel, frottant nos érections l’une contre l’autre. Tu as étouffé mes gémissement avec ta bouche, tu as retiré tes doigts, me faisant geindre de frustration et frémir d’anticipation, puis tu m’as pénétré, lentement, tendrement. Je crois que jamais tu n’avais été aussi tendre, aussi attentionné que cette fois là ? Tu te mouvais en moi lentement, tu semblais chercher un moyen de stopper le temps, afin de profiter au maximum de ce moment, comme si tu avais peur que ce soit la dernière fois. Le plaisir montait lentement mais sûrement, rendant l’attente douloureuse et excitante au possible. Je te priai d’accélérer mais tu n’en fis rien, et tu continuais de bouger lentement m’arrachant des cris de plaisir. Je finis par n’en plus pouvoir et je suis venu à nouveau entre nos corps enfiévrés, t’emportant avec moi dans les limbes du plaisir.


Je perds contact avec la réalité. Je repense à nos vacances dernières. Nous étions descendus dans le sud. Nos premières vacances depuis longtemps. Nous étions allés dans un petit camping sympa avec piscine, et nous avions passé l’été à flâner entre la plage, la piscine, les siestes, les câlins. Nous avions prévu d’y retourner cette année…je crois que nos plans sont tombés à l’eau.

 

Tu étais allongé à côté de moi, nous reprenions notre souffle, ta main caressant la mienne. Tu semblais ne plus vouloir me lâcher, cherchant toujours un contact avec mon corps, et je te le rendais bien. Tu t’es tourné vers moi doucement et je me suis réfugié dans tes bras. Tu m’as demandé de te passer l’anneau. Je t’ai demandé si tu comptais déjà le reprendre et tu as ris en me traitant d’idiot. J’adorais ce rire. Je t’ai donné le boîtier noir et tu as sorti notre alliance. Tu t’es agenouillé devant moi en prenant ma main gauche et solennellement tu m’as demandé de t’épouser. Je renouvelais mon accord pour notre union et l’attirai vers moi pour échanger à nouveau un baiser qui se transforma rapidement en une pente glissante vers une nouvelle union, beaucoup plus physique, celle ci !!!

 

-J’entends ta voix….comme elle est loin. Je voudrais revenir mon ange, je voudrai m’accrocher à toi. Je sens la pluie tomber sur mes joues…non, ce n’est pas la pluie. Ce sont tes larmes. Tu pleures mon cœur ? Ne pleure pas. Je t’aime tant, tu es tellement beau quand tu souris.

 

Le soleil étaitt levé depuis quelques heures déjà. Nous étionss dans la douche, j’étais dos à toi et tu me serrais contre ton torse. Je regardais nos alliances. C’était un nouveau cap à franchir, et je me sentais prêt à le faire avec toi. J’étais impatient d’annoncer ça à mes parents, à ma sœur. Ils seraient heureux pour moi, je le savais. Ils n’avaient eu aucune difficulté à accepter mon amour, il avaient tout de suite vu que c’était quelqu’un de bien. Ca n’avait pas été le cas de certains de mes ex. Mon homme me caressa tendrement le ventre et m’embrassa dans le cou. Je posai ma tête sur son épaule, et la douche se termina dans cette même tendresse.

 

Mes yeux se voilent…je n’entends plus rien…je me sens bien maintenant….mais j’ai sommeil. Je suis très fatigué…je crois que je vais faire un petit somme…Je crois que c’est ta voix qui me dit de ne pas m’endormir…je crois que tu cries parce que je t’entends un peu plus distinctement…ne t’inquiète pas mon amour, je fais juste un petit somme, je reviens après…je veux juste dormir…

 

J’avais rendez-vous avec ma sœur ce dimanche midi. Nous nous sommes retrouvés sur la terrasse d’un café. Je lui ai annoncé la bonne nouvelle, elle était folle de joie pour moi, et me serra longtemps contre elle. Elle me souhaita tout le bonheur du monde, et elle passa le repas à prévoir une fête immense, rassemblant le plus de monde possible pour fêter l’événement. Elle me faisait rire, partant dans ses délires pour réaliser je cite « the party du siècle » parce que c’était pas tous les jours que son petit frère chéri se faisait passer la bague au doigt.

 

Ta voix me tire de ma rêverie…tu m’interdis de dormir, tu me cries de m’accrocher encore…plus que quelques minutes tu me dis…Quelques minutes ? J’ai l’impression d’être là depuis des heures déjà….Très bien, je ne dormirai pas tout de suite alors…je vais attendre un peu, pour toi…

 

En rentrant du repas avec ma sœur, nous avions décidé de faire une sortie en boite tous les deux. Je regardais mon homme se préparer, il était hyper sexy, et je lui recommandai de bien garder sa bague à son doigt car il était hors de question que tous les mecs du coin se jettent sur lui. Il s’amusait de ma jalousie mais fit moins le fière quand il vit ma tenue. Il vérifia lui même que mon propre anneau était bien autour de mon doigt, puis nous sommes partis en direction de la soirée, plaisantant sur les éventuelles rencontres alléchantes que nous pourrions faire. C’était à celui qui rendrait l’autre jaloux le plus vite possible.

 

Je regarde le ciel, il est dégagé maintenant, il ne pleut plus. C’est beau…on en prend pas assez le temps de regarder le ciel….tiens, les étoiles bougent, elles forment un bonhomme….c’est rigolo…je rigole doucement…plus rien n’existe que ce drôle de bonhomme qui fait des cabrioles….il faudra que je pense à envoyer le chèque du loyer….j’aime bien manger chinois, j’adore les nems….je t’aime mon amour.

 

Je m’arrêtais un instant sur la route, j’avais oublié mes papiers à l’appartement. J’embrassais vite mon amour et m’apprêtait à faire marche arrière, mais il me retint le bras, et exigea un vrai baiser car après tout j’allais l’abandonner au moins cinq minutes. Après avoir laissé nos langues jouer ensemble, il me laissa finalement partir, et je me mis à courir pour ne pas le faire attendre.

Je n’ai pas vu la voiture arriver. Tout ce dont je me rappel c’est un grand crissement de pneu sur l’asphalte mouillé, et des phares qui m’aveuglent.

 

J’entends au loin un bruit strident. Les sirènes…voilà les secours….je crois qu’il est trop tard, je sens mes yeux qui se ferment, mes muscles qui se relâchent…. C’est dommage. Tu sais mon amour, pour notre lune de miel, j’aurai bien aimé aller au Maroc…

 
Bonjour, je m’appelle Revan, j’ai 25 ans, et je vais mourir…
Par Meryl - Publié dans : One-shots
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Vendredi 7 mars 2008

Nous sommes vendredi, la semaine est passée étonnement vite. Je range mes pinceaux, je n’ai pas fini ma toile…de toutes façons elle ne ressemble à rien. Les perspectives sont mauvaises, mon paysan est difforme et le ciel à l’origine bleu azur a une couleur orage….orage ?…Marc ! Oh non merde, il ne faut pas que j’y pense. Je ravale mes larmes, hors de question de pleurer en publique, je me suis déjà assez humilié comme ça. Les élèves sont presque tous sortis, le prof m’appelle. Je m’avance vers son bureau.

 
-Oui monsieur ?
 
-Antoine…je…
 

Tiens, il a l’air mal à l’aise ! Qu’est-ce qu’il me veut ?

 
-Est-ce que tout va bien Antoine ?
 

Et voilà LA question qui tue. J’ai des cernes jusqu’au menton, je suis plus pâle qu’un mort et j’ai déjà éclaté quatre fois en sanglots depuis le début de la semaine, sans raison apparente !!! Je pète le feu !!!

 
-Oui, monsieur.
 
Il ne semble pas me croire. Etonnant non ?
 

-…Bien….écoute je voulais te parler parce que la région prépare une exposition pour les jeunes talents, et le directeur artistique étant un ami, il m’a demandé si je voulais une place pour un élève. Quand il m’en a parlé j’ai tout de suite pensé à toi. Le problème vois-tu, c’est que depuis lundi, tu n’es plus vraiment à ce que tu fais. Tu n’es pas concentré, tu es en retard dans des travaux qui sont bien en dessous de tes capacités. Je ne suis pas le seul à me faire la réflexion Antoine, et je me demande si tu es capable de relever ce défi.

 

Je baisse la tête. Bien sur que je n’en suis pas capable. Je n’ai plus envie de rien, à chaque fois que je tente de me concentrer, je vois ses yeux, son visage, son corps. Devant mon mutisme, mon prof reprend son monologue.

 

-Tu comprends bien que c’est une véritable opportunité qui s’offre à toi. Mais tu te doutes aussi que je ne peux pas te confier un tel projet si tu ne t’y mets pas à fond, n’est-ce pas ?

 
Je hoche la tête.
 

-Antoine, tu es le meilleur élève de ma classe et tu as un talent indéniable. Alors je te pose la question : es-tu prêt à relever ce défi ?

 

Il y a une semaine j’aurai sauté de joie à cette idée. Une place, dans une exposition, pour moi !!! C’était un rêve que je croyais inaccessible et on me l’offre sur un plateau. Et pourtant….pourtant je n’y crois pas. Je n’y crois plus. A quoi bon. Si tu n’es plus là.

 
-Je ne sais pas Monsieur.
 

Et merde, je chiale. J’en ai marre. Le prof ne semble pas surpris, il me tend un mouchoir. Je m’essuie tant bien que mal et tente d’endiguer cette envie de hurler que je sens naître en moi. Je ne dis rien. Mon professeur souffle légèrement, il semble un peu perdu maintenant.

 

-J’aimerai que tu y réfléchisses Antoine. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans ta vie en ce moment pour que ça te retourne à ce point, mais je voudrai que tu saisisses ta chance. Tu mérites vraiment cette place.

 

Je souris doucement. Un chouette type ce prof. Mais je n’ajoutais rien.

-Tu me donneras ta réponse lundi d’accord ?
 
Je hochais la tête.
 

-Oh et Antoine ! Je me doute bien que je ne suis pas la personne idéale pour cela, mais si par hasard, tu voulais me dire….quoique ce soit….la porte est ouverte.

 

Je hochais à nouveau la tête, pas vraiment sur de la fiabilité de ma voix.

 
-A lundi alors. Bon week-end.
 
-Au revoir.
 

Je sors. Je renter chez moi….J’ai l’impression que l’appart’ est vide. J’ai jeté toutes les affaires que Marc avait laissé chez moi. Et c’est comme ça que je me suis rendu compte du temps que nous partagions. Il avait sur place une brosse à dent, des fringues, j’ai même trouvé un classeur de cours à lui. Bon pour être tout à fait honnête, je n’ai rien jeté. Mais je les ai mis dans un sac poubelle, soigneusement planqué au fond de mon armoire. Je n’aurai jamais imaginé qu’une personne puisse prendre une telle place dans ma vie. Alors c’est donc ça l’amour ? Un immense bonheur suivi d’un grand vide ? L’impression que rien ne peut nous arriver puis celle de n’être plus rien ? Alors à quoi bon ? A quoi bon aimer ? A quoi bon prendre le risque de tout perdre ?

 

 Je n’ai même pas réalisé ce qu’il s’est réellement passé. Tout ce que je sais c’est que samedi matin, Marc me laissait lui faire l’amour et que dimanche il me jetait.

 

J’ai l’impression qu’il s’est passé des siècles entre ces deux moments. Comment a-t-il pu changer d’avis aussi vite ? A moins que….non, ça ne peut pas être ça….était-ce…un cadeau d’adieu ?

 

Mais alors, il avait déjà prévu de me quitter ? Depuis quand ? Pourquoi ? Je n’y crois pas. Ce n’est pas possible. Pas après tout ce qu’il s’est passé. Et pourtant…

 

Je m’égare. Je sais pourtant qu’il faut que j’arrête de penser à lui, mais rien n’y fait. Il me hante. Je le vois me parler, je le vois rire, je le vois jouir….dieu qu’il était beau !!!

 

Je suis toujours planté dans mon entrée. Ce n’est pas qu’une impression. Cet appartement est bien trop vide pour moi. J’ai besoin de chaleur. J’ai besoin de compagnie. J’ai besoin d’oublier. Ce soir, je sors.

 

Je suis devant la boite. Comme par hasard, c’est celle où j’avais emmené Marc. Je m’en fous, il n’y a pas énormément de boite gay dans le coin, et celle-ci est la mieux. Je n’ai qu’à éviter un certain recoin près de l’entrée…et ça devrait aller.

 

Me voilà au bar, devant mon verre. Une bonne vodka bien tassée…ça me réchauffe, c’est agréable. Je ferme les yeux et bouge doucement sur mon tabouret au rythme de la musique, tout en sirotant mon remontant.

 
-Je peux t’offrir un verre ?
 

J’ouvre les yeux. Un gars est accoudé au comptoir à côté de moi. Il me regarde avec un petit sourire en coin. Je lui montre mon verre.

 
-Je suis servis, merci.
 
-Je serai toi je ne toucherai pas à ce verre.
 
-Oh, et pourquoi ça je te prie ?
 

-Ce n’est pas très prudent de fermer les yeux sur son verre dans un endroit pareil. T’as jamais entendu parler du GHB ?

 
-La drogue du violeur ?
 

-Elle même. Y’a pas mal de type qui se sont approché de toi depuis tout à l’heure, mais t’as pas du les remarquer les yeux fermés. Ils auraient pu mettre n’importe quoi dans ton verre.

 
Je regarde mon verre, puis ce type, puis re mon verre…
 

-Tu m’as l’air bien calé la-dessus. Qui me dit que ce n’est pas toi qui a mit quelque chose dans mon verre ?

 

-Si c’était le cas, je ne te préviendrai pas. J’attendrai que ça fasse effet et j’abuserai de ton corps à des fins pas très catholiques…

 

Il fini sa phrase avec un grand sourire. Il est beau ce con. Il est châtain et a des mèches violettes, ça lui va bien je trouve. Je pousse ma vodka sur le côté, je ne suis pas complètement stupide au point de prendre ce risque.

 
-Bon, alors, tu me l’offres ce verre ?
 

Son sourire s’agrandit encore. Il interpelle le barman. Me revoilà avec un nouveau verre. La couleur du breuvage m’étonne.

 
-Du coca ?
 
Il se marre. Eh ben vas-y fous toi de ma gueule.
 
-Non c’est un « long island ice tea ».
 
-Ah ?!!! C’est à dire ?
 

-Tequila, gin, vodka, rhum blanc, liqueur d’orange, un peu d’citron et pour finir du coca…pour donner la couleur quoi.

 
-Ah..ok.
 
Je goute et m’étouffe presque.
 
-Putain, c’est fort.
 
-Bah oui, c’est pour te remonter le moral.
 
-Qui te dit que ça ne va pas bien.
 
-C’est écrit sur ta tronche.
 

Je laisse un blanc. Oui, c’est sur que dit comme ça, je n’ai rien à rajouter.

-Je m’appelle Vincent.
 
-Antoine.
 

Je sers sa main, et replonge dans mon verre. Si ma vodka me réchauffait, son truc me donne carrément des bouffées de chaleur. Ca me fait du bien. Je pense moins à Marc.

 
-Alors, qu’est-ce qui se passe ? Peine de cœur ?
 
-J’ai pas envie d’en parler.
 
-Ah…donc peine de cœur.
 

Il ne rajoute rien et je lui en suis reconnaissant. Nous discutons de tout, de rien, e les verres s’enchaînent. Après le « long island ice tea », je goutte le « cosmopolitan », le « mojito », et un truc impossible à prononcer qui ressemble à piranha…

 
-Tu viens danser ?
 
-J’ai pas fini mon verre.
 
-Alors avale. Allez, cul sec.
 

J’obéis et je me lève. J’aurai pas du, ni obéir, ni me lever. J’ai la tête qui tourne beaucoup trop vite. Je m’accroche au bras de Vincent.

 

-Euh, je crois bien que je suis bourré. Ton piranha était le verre en trop.

-Pas piranha, caïpirinha.
 
-Ouais, ouais, c’est ce que j’ai dit.
 

-Et puis tu as commencé à partir dés le deuxième verre, ça fait un bon moment que t’es pété. Maintenant, éclate toi. Et oublie le reste.

 

Le reste ? Quel reste ? Il y a autre chose que cette musique de dingue ? Que cette lumière éblouissante ?

 

Vincent se rapproche de moi et se colle. Qu’est-ce qu’il fait ? Ah oui, la danse !!! Je passe mes bras autour de son cou, je ne suis pas sur de tenir debout autrement.

 

Il se déhanche contre moi, il danse bien. Il est très sensuel. Je sens ses mains qui caressent mes hanches, et sa bouche qui butine doucement mon cou, se rapprochant inexorablement de ma bouche. Ses lèvres effleurent les miennes. Je détourne la tête.

 
-Non…Marc….
 

-Chhhhtt, Marc n’est pas là. Je suis là, moi. Ca va aller, tu vas voir. Je vais te faire passer une nuit d’enfer. Je vais t’aider à oublier.

 

Oublier ? Oui, je veux oublier. Oublier Marc, ses yeux, ses baisers, ses promesses, son amour.

 

Vincent reprend mes lèvres, je le laisse faire. Et quand sa langue quémande le passage, je lui cède ; elles se cherchent, se découvrent, s’adoptent, se caressent…

 

Je sens ses mains passer sous ma chemise et son érection contre ma cuisse.

 

-J’ai envie de toi, tu m’excites trop…tu…tu viens chez moi ?

 

Moi aussi j’ai envie de lui. Je me rend compte que mon pantalon est beaucoup trop étroit maintenant. J’ai une dernière hésitation. Il me mordille l’oreille.

 
-D’accord.
 

Nous sortons de la boite, je le suis dans sa voiture. Durant le trajet, nous n’échangeons pas un mot. Je sens les larmes qui coulent le long de mes joues. Je ne tente pas de les stopper. Je sais qu’il les a vu, et il sait que je sais. Ca ne changerait rien d’en parler.

 

Nous arrivons chez lui, il me fait entrer. Une fois la porte refermée, il m’embrasse à nouveau. J’aime ses baisers. Ils sont réconfortant. D’ailleurs tout est réconfortant en lui, je suis bien dans ses bras. Il me tire dans sa chambre, ne lâchant que très peu ma bouche. Je crois qu’il a peur que je m’en aille. Je n’ai pas envie de partir, je le lui fait comprendre en déboutonnant sa veste. Et ça marche, il se détend. Il arrive au bord du lit et s’y assoit, m’entraînant à cheval sur ses cuisses. Il me fait rouler et passe au dessus de moi, sa main déboutonnant mon jean à nouveau étroit.

 

-Ne t’inquiète pas, laisses moi faire, je m’occupe de tout. Toi, tu profites, ok ?

 

Cette phrase. Mon dieu, cette phrase. Elle résonne dans ma tête encore et encore. J’ai dit la même chose à Marc. Exactement la même quand je suis sorti de l’hôpital, quand il m’a prit la première fois. Je sens les larmes qui montent tandis que mon jean glisse sur mes jambes. Marc n’est plus là. Il m’a quitté. Il m’a laissé. Je ne dois plus penser à lui. Mon boxer est lui aussi par terre. Vincent aussi est nu et il vient d’enfiler un préservatif. Je n’ai pas vraiment tout suivi. L’alcool fait bien son effet, je crois bien que j’ai perdu la notion du temps.

 

Vincent ne dit rien, il se contente de m’embrasser en séchant mes larmes. Puis ses baisers repartent en exploration et s’amusent à découvrir chaque parcelle de mon corps. Sa langue glisse sur mes cuisses, je frissonne. Elle passe sur mon sexe, je gémis. Il me prend en bouche, je cris. Je sens un doigt venir en moi rapidement rejoint par un second. Je me cambre, sa bouche recouvrant mon sexe me fait perdre mes repères. Ses doigts m’explorent en profondeur et sa bouche revient chercher la mienne.

 

Il est tendre, très tendre, je sais déjà qu’il va être un amant merveilleux. Je ne veux pas. Je veux qu’il soit brutal, je veux qu’il me fasse mal pour que je puisse lui reprocher de m’avoir forcé. Au lieu de cela, il s’attarde à me préparer pour s’assurer de mon bien être. Je le veux dominateur et intraitable. Au lieu de cela il me demande si je suis sur de vouloir continuer. Je veux qu’il me baise. Au lieu de ça, il est en train de me faire l’amour.

 
-Tourne toi.
 

Je m’exécute. Je me hais. Je le sens me pénétrer doucement, et je n’ai quasiment aucune douleur. J’aime ce qu’il me fait. J’aime ses coups de rein légèrement retenus puis un peu plus secs. J’aime l’entendre me murmurer que je suis beau et que je l’excite. J’aime l’entendre gémir mon prénom et des mots doux. J’aime faire l’amour avec Vincent et je me hais pour ça. Ses mouvement s’accélèrent, je vais bientôt venir moi aussi. Sa main se fraye un chemin jusqu’à mon sexe et entame un va et viens en rythme. Je sens les tremblements envahir mon corps. Ma tête part en arrière et mon corps s’accorde avec celui de Vincent. Je ne retiens plus mes cris, lui non plus. Il jouit en moi et sa main accélère le mouvement pour que je le rejoigne. Je baisse alors mes dernières barrières et laisse un puissant orgasme me foudroyer sur place tandis que je me mords la langue pour ne pas hurler le prénom de mon amour.

 
Vincent se retire, enlève la capote et fait un nœud puis la jette. Il s’allonge à mes côtés et passe un bras autour de moi. Je me colle contre son torse. Et tandis que nos respirations reprennent un rythme normal, une vision s’impose à moi. Je vois des yeux, des yeux trop bleus. Pardonne moi Marc.
Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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Dimanche 17 février 2008
-Je ne veux pas témoigner.

Nous étions réunis autour de la table du salon, Marc, son avocate, ses parents et moi. Il m’avait lâché la main dès que nous étions arrivés à proximité du salon. La présence de son père revenu du boulot spécialement pour l’entretien avait je crois largement joué dans ce dénie de ma personne. Je savais bien que son père n’était pas au courant, mais je ne pus m’empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Et maintenant après quelques explication de son avocate, Mlle Ramia, Marc venait de nous lâcher cette phrase. Elle eut l’effet d’une bombe.

-Pardon ?

C’était le père de Marc qui après quelques secondes de silence s’était repris.

-Je ne veux pas témoigner. Je ne veux pas avoir à raconter ça encore une fois….je….je pourrais pas. J’y ai réfléchi toute la nuit,….et, je…je ne suis pas obligé de le faire n’est-ce pas ?

Marc regardait son avocate avec un faux espoir visible. Comme si il savait à l’avance qu’il aurait une réponse contraire à ses souhaits. Mais elle avait à peine esquissé un geste que le père de Marc l’interrompit.

-Arrête un peu tes enfantillages Marc. Tu crois vraiment que ça nous amuse de devoir encore nous prendre la tête pour tout ça ? Alors pour une fois, agis en homme et affronte tes problèmes, je ne….

Il n’eut pas le temps de finir car Mlle Ramia l’interrompit.
-Monsieur Liské, s’il vous plait…..
Puis elle reprit plus doucement.

-Marc, je sais que tu croyais que tout ça était derrière toi et que ça représente une épreuve supplémentaire. Mais je peux te promettre que si tu ne témoignes pas, tu risques gros.

-Qu’est-ce que vous voulez qu’il me fasse de plus ?

-Le problème n’est pas là Marc. Si tu ne témoignes pas, il y a une possibilité pour que le premier verdict rendu il y a 5 ans soit annulé et que ton oncle soit innocenté…faute de preuve.

Je crois que nous avons blêmi tous les quatre en même temps. La mère de Marc était au bord des larmes, son père s’est levé et a quitté la pièce, et Marc….eh bien Marc est resté livide. Il n’a pas bougé pendant un petit moment. Puis il a secoué doucement la tête, abattu, résigné et quand il ouvrit la bouche un faible murmure nous parvint :

-Pourquoi est-ce qu’il me fait ça ?

Je ne savais même pas si il parlait de son père ou de son oncle…peut être les deux. Mlle Ramia n’est pas resté longtemps après ça. Elle a dit qu’elle laissé trois jours à Marc pour se décider, mais elle a fortement insisté sur le besoin de son témoignage. En gros, si il ne témoignait pas, il passait pour un menteur aux yeux de tous et son oncle était considéré comme la victime d’un ado nymphomane. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais même pas si ma place était ici, au milieu de cette famille brisée. Marc finit par repartir dans sa chambre. J’allais à la cuisine et je ramenai un verre d’eau pour Mme Liské. Elle me remercia et s’excusa avant de partir à son tour. J’hésitai à partir, je crois bien être resté au milieu du salon un moment, les bras ballant. Puis je me décidai à rejoindre Marc. Il était assis sur son lit, j’entrai et fermai la porte derrière moi. Il semblait m’attendre car à peine le verrou tourné, il leva la tête :

-Je ne peux pas témoigner Antoine, j’y arriverai pas…c’est au dessus de mes forces.

Je m’approchai de lui et m’assis au bord du lit. Je tentais de le prendre dans mes bras mais il se recula.

-Ecoute Marc, il faut que tu te calmes. Tu ne peux pas prendre de décision comme ça. Prends le temps d’y réfléchir, et tu prendras ensuite la décision que tu juges être la meilleure pour toi…

-Tu ne te rends pas compte…ils vont être plein, et ils vont entendre…je pourrais pas…c’est trop difficile…et lui…il sera là aussi. Je veux pas le voir, je ne veux pas qu’il me voit….

Marc se leva et alla se placer devant sa fenêtre, la respiration saccadée, les bras serrés sur son torse. Je le rejoignis et passai les miens autour de sa taille. Je le sentis se tendre mais ne m’en formalisai pas. J’enfouis ma tête dans son cou et embrassai sa peau doucement.

-Arrête Antoine.

Son visage était dur, fermé. Je le retournai face à moi et pris son visage entre mes mains.

-Détends toi mon ange, ce n’est que moi.

Je l’embrassai, il se laissa faire mollement, mais au moment ou ma main s’égara dans sa chemise, il me repoussa violemment.

-Je t’ai dit d’arrêter, merde, c’est pas vrai tu penses qu’à ça !!!

Il était furieux, sûrement pas uniquement contre moi, mais j’étais présent et j’allais payer pour les autres. Malheureusement avec la tension accumulée, j’avais moi même les nerfs à fleur de peau, et ça remarque me mis hors de moi.

-Ne dis pas n’importe quoi, je voulais juste te faire un câlin.

-Ah oui, et t’avais besoin de me déshabiller pour un câlin ? Tu fais chier Antoine, tu crois vraiment que j’ai besoin baiser en ce moment ?

-Je ne voulais pas baiser, je voulais juste te prendre dans mes bras, mais apparemment, même ça c’est trop te demander. Et pour quelqu’un qui ne veut pas baiser, t’avais pas vraiment l’air malheureux tout à l’heure contre le mur.

-Je t’avais dit d’arrêter, tu ne m’as pas écouté. A croire que finalement mon avis n’est jamais pris en compte. Ni par toi, ni par lui….

-LA FERME !!! Je t’interdis de me comparer à ce type Marc. Je sais que je n’aurai pas du t’inciter à coucher avec moi ce matin, et je sais que tu n’as pas besoin de ça en ce moment. Mais je suis ton petit ami, j’ai aussi des besoins, tu ne peux pas me reprocher d’avoir envie de toi. Comment peux-tu insinuer que….Jamais je ne te ferai de mal, jamais !!! Je t’aime moi bordel, je croyais que tu l’avais compris et je croyais que c’était réciproque !!! …..Je…je ne sais plus quoi faire Marc. Un jour tu te jettes dans mes bras, l’autre, je ne peux même pas t’approcher. Comment veux-tu que je réagisse ? Je ne te comprends plus…

-….Alors je vais être clair….Tu as raison, j’ai besoin de prendre du recul. Je...je veux que tu t’en ailles.

La colère qui m’habitait retomba d’un coup. Je ne voulais pas croire qu’il me dise une chose pareille. Je voulais m’être trompé. Et si nous avion finis nos phrases précédentes en nous criant dessus, c’est d’une toute petite voix que je ne reconnaissais pas comme étant la mienne que je demandais :

-Quoi ?
-Rentre chez toi Antoine. Je ne veux plus te voir.

Il avait parlé avec une froideur que je n’avais plus connue depuis mes premiers jours au lycée, lorsqu’il était encore caché sous sa casquette. Son doigt tendu désignait la porte, impitoyable, dévastateur. Mes yeux se remplirent de larmes à une vitesse impressionnante et elles dévalèrent aussitôt mes joues. Je secouai la tête.

-Non, je….Marc….qu’est-ce que…Mon ange…s’il te plait…

Maigre supplique d’un condamné face à son bourreau. A cet instant j’ai vraiment compris la signification de l’expression « avoir le cœur brisé ». Une douleur lancinant m’étreignait la poitrine, mais je continuais à secouer la tête, mon cerveau refusant de comprendre ses mots. Et comme pour enfoncer le clou, Marc, lui aussi en pleurs ajouta :

-Non Antoine…nous deux, c’est terminé.

Son doigt pointait toujours la porte, et c’est en reculant que je fini par l’atteindre. Je crois pouvoir dire qu’à ce moment je le suppliais des yeux. En un mot, j’aurai oublié tout ce qu’il venait de me dire. C’était un blague, une mauvaise blague. Ca ne pouvait être que ça. Dans les secondes qui allaient suivre, il allait éclater de rire et me traiter d’idiot de l’avoir cru, et je pourrais à nouveau retrouver la chaleur des ses bras. Mais il n’ouvrit pas la bouche, et je finis par atteindre le couloir. Je détournais les yeux et me dirigeai vers la sortie.

Je ne sais pas comment je suis rentré chez moi. Je crois que j’ai déambulé, et sûrement un long moment parce que arrivé à mon appartement, la nuit commençait à tomber. Je m’affalais sur le divan et avant de pouvoir comprendre quoique ce soit, je m’étais endormi.

Il est 5h, j’ai froid, je suis seul, j’ai mal…je pleure. Je pleure et je ne peux pas m’arrêter. Je pleure longtemps, le jour finit par se lever. Et quand j’entends dans ma chambre le réveil sonner, je me traîne dans la salle de bain. Surtout ne pas réfléchir, agir, mécaniquement, la douche, les fringues, le petit déjeuner…non pas de petit déjeuner, ça passera pas…j’ai la nausée. Cette nuit je viens de revivre nos quelques mois passés ensemble. Et ce matin si je dois faire un bilan….non, stop, surtout ne pas y penser, ne pas pleurer…de toutes façons, je ne sais pas si il me reste des larmes. Continuer de marcher, ne pas s’arrêter, voilà, le lycée est en vue, se concentrer sur les cours, voilà, la cantine, cette fois je mange, mon estomac est vide depuis hier et il se plaint de ce mauvais traitement. J’ai une heure de pause, oh non, je vais avoir l’esprit libre….Marc n’est pas là aujourd’hui, c’est une bonne chose. Je n’aurais pas pu le regarder. Gaston est près de moi, il me parle, je crois que je lui explique vaguement la situation, je pleure à nouveau, j’ai l’impression que c’est tout ce que je sais encore faire. Il me sert dans ses bras, je lui demande de me laisser seul. La sonnerie retentit, les cours reprennent, c’est très bien, surtout ne pas penser….

TADAAAAAA, voilà le chapitre 15, j’ai eu du mal à le ficeler celui là….La séparation ne devait pas se faire si tôt, mais j’ai trouvé que ça commençait à traîner en longueur, donc j’ai décidé d’accélérer le mouvement. Pour toutes réclamations, propositions d’héritages, menaces de mort, s’adresser à …moi !!!

P.S : n’oubliez pas qu’une « auteuze » morte est une « auteuze » qui ne peut plus donner suite à ses fics !!!

Par Meryl - Publié dans : Coeur figé (finie)
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