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  • : 13/10/2007
Dimanche 3 mai 2009

Saluuut !!!

Et voici le chapitre 11 !

Quelques petites notes pour vous :


-pour ceux et celles que ça intéresse, j'ai posté hier un article pour vous présenter les tenues des personnages de cette fic, c'est donc l'article précédant.


-vous réclamez à corps et à cris la levée du voile (ouah le jeu de mot !! lol). Sachez qu'à l'origine le voile devait être en place jusqu'au dernier chapitre de la première partie. Mais j'ai fait évoluer l'histoire un peu plus rapidement que prévu et ça ne collait plus. Donc, le voile sera effectivement retiré un peu avant la fin de la première partie, mais il va vous falloir patienter un peu.


-Je viens de finir d'écrire le chapitre 15 et il me reste 2 chapitre à écrire pour boucler la 1ère partie. J'ai un mois et demi de galère et de boulot qui s'annonce, donc je pourrai très peu écrire. J'espère quand même pouvoir tenir le rythme d'un chapitre par semaine jusqu'à la fin de la 1ère partie. Cependant, après, je ferai une pause dans cette histoire, pour me donner le temps de prendre un peu d'avance sur la 2ème partie. Je vous tiendrai au courant de toutes façons !


-J'adore toujours autant vos commentaire et certaines d'entre vous me font mourir de rire et ça fait du bien ! Notamment avec les surnoms que vous donnez à Louis... entre autre, j'ai eu droit à : Loulou, roudouchoux, tit Louis, lapinou chéri,... et j'en oublie sûrement. Franchement, j'adore ! Surtout, continuez, ça me fait passer des supers moments ! Bon, j'ai eu aussi souvent droit à des menaces de mort, de tortures, de mauvais sorts... mais vous revenez à chaque fois, pour mon plus grand plaisir ! Un grand merci à vous, donc, de me suivre à travers mes histoires et mes délires !


-J'ai une nouvelle fic en préparation. Elle ne sera pas commencée tout de suite vu les semaines qui m'attendent, mais sachez que mon esprit est en ébullition et que les bases sont déjà posées. La encore, je vous tiens au courant.


Bon j'arête de vous embêter et je vous souhaite une bonne lecture !

Bisous à toutes et à tous !


 

 

Lorsque Louis se réveilla le lendemain, la place à ses côtés était vide, mais encore chaude. Une fleur de lys était posée sur l'oreiller. Ce petit geste fit naître un doux sourire sur les lèvres de Louis au souvenir de l'anecdote que Philippe lui avait raconté sur son aïeul. Il paressa un peu au lit, jouant doucement avec cette feuille puis la rangea précieusement dans un tiroir de son meuble de chevet avant d'aller réveiller Lothaire en fanfare !!!

 

A nouveau, il sauta sur le lit de son ami, le réveillant en sursaut !

 

-Louis, il va vraiment te falloir perdre cette habitude !

 

-C'est de ta faute, mon ami. C'est toi qui est sensé me réveiller le matin, pas l'inverse !

 

-Le soleil est à peine levé ! Tu n'as donc aucune pitié pour ton pauvre serviteur ?

 

Les deux jeunes hommes partirent dans un grand éclat de rire.

 

-Allez, tu as eu toute une nuit pour dormir, maintenant il faut te lever !

 

-Toute une nuit ? Tu crois ? Il se trouve que j'ai eu énormément de mal à m'endormir. Mes voisins de chambrée étaient plutôt remuants...et bruyants !

 

Louis piqua un fard monumental et Lothaire en profita pour se moquer de lui gentiment. Puis il reprit :

 

-Plus sérieusement, je suis très heureux que vos relations s'arrangent.

 

Le jeune homme eut un petit sourire doux.

 

-Mais, oh fait, tu as abandonné ton époux ?

 

-Non. Il est parti.

 

-Oh...Désolé...

 

-Non, ce n'est pas grave...j'ai bien compris qu'il lui faudrait du temps. Et puis, il n'est pas réellement parti comme un voleur, il m'a laissé un petit souvenir.

 

Devant l'air intéressé de son valet, Louis lui raconta la découverte de la fleur de lys ainsi que l'histoire que Philippe lui avait raconté.

 

-Voilà qui en dit long. C'est un acte prometteur... mais, je dois avouer qu'il est un peu long à a détente.

 

Louis eut un petit rire.

 

-Oui, c'est vrai. Peut-on vraiment l'en blâmer ? Il se doit d'être méfiant si il veut préserver sa place. Depuis hier, j'ai compris que j'allais devoir l'apprivoiser... j'ai tout le temps, maintenant qu'il m'a laissé une chance de lui montrer qui j'étais.

-Je l'espère de tout cœur. Tu mérites le bonheur, Louis. Ne laisse jamais personne te convaincre du contraire.

 

-Merci. Et merci pour tout le reste aussi. Je ne sais pas vraiment comment les choses vont évoluer, mais j'ai l'impression, pour la première fois depuis que je suis ici, que je vais peut être finir par trouver ma place. Et une chose est sure, je n'y serai pas arrivé sans toi. Je ne sais pas ce que je pourrai faire pour te remercier...

 

-Moi je sais ! Viens à mon mariage !

 

Le visage de Louis s'éclaira d'un grand sourire.

 

-Alors ça y'est ? Vous avez fixé la date ?

 

-Oui, cela aura lieu le mois prochain. Le jour du solstice d'été. Tu seras là, n'est-ce pas ?

 

-Bien sur ! Enfin, je veux dire...il va falloir que j'en parle au prince...enfin à mon ép....à Philippe...

 

Lothaire eut une petit rire amusé face à la confusion de son ami. Puis il lui dit qu'il attendrait sa réponse avec impatience. Ensuite ils se levèrent tous les deux et se préparèrent pour aller manger, une belle journée les attendait.

Ils se dirigèrent ensuite vers la bibliothèque où ils aimaient beaucoup se retrouver. Ils y croisèrent François.

 

-Tiens, bonjour Louis. Lothaire.

 

-Bonjour François, répondit Louis tandis que Lothaire se courbait légèrement.

 

-Comment allez-vous ?

 

-Très bien, je vous remercie. Et vous ?

 

-Ma foi, on ne peut mieux, les affaires se portent bien !

 

-C'est une bonne chose. Je suis heureux de vous voir, je n'ai pas encore eu l'occasion de vous remercier.

 

-Me remercier ?

 

-Oui. Je sais que vous êtes intervenu en ma faveur auprès de mon époux. Je sais aussi que sans vous, il n'aurait même pas essayé de changer d'avis me concernant. Donc je vous dois une fière chandelle. Sachez que si je peux vous aider, d'une quelconque manière, n'hésitez pas à me le demander.

 

-Je n'y manquerais pas. répondit le baron avec un sourire. Bonne journée messieurs.

 

-A vous aussi.

 

Après avoir passé la matinée dans la bibliothèque, Louis et Lothaire décidèrent de se restaurer avant de sortir dans les jardins. La journée était belle et même si parcourir les rayons de la bibliothèque était fort intéressant, ils n'avaient pas l'intention d'y passer la journée. Mais après quelques avoir marché un peu, Louis du se reposer. La chaleur était forte et il sentit de légère tension au niveau de son ventre. Ils s'installèrent sur le bord d'une des nombreuses fontaine du parc et après avoir vérifié que personne ne les observait, ils se déchaussèrent et trempèrent leur pied dans l'eau, Louis caressant doucement son ventre arrondi et parlant tous deux du mariage prochain de Lothaire. Ils étaient plongés dans leur discussion lorsqu'une voix les interpella.

 

-Bonjour.

 

Les deux concernés sursautèrent en concert. Philippe était là, un petit sourire aux lèvres. Il s'adressa à Lothaire.

 

-Pourrais-tu nous laisser un instant, je te prie. J'aimerai m'entretenir avec mon époux.

 

Lothaire acquiesça vivement et sortit de la fontaine, ramassant ses chausses au passage. Louis baissa la tête, honteux. Il était pied nu, dans une fontaine, ce n'était sans doute pas l'attitude attendue de la part d'un futur roi.

 

-Je suis désolé, je pensais que personne ne me verrai ainsi. dit-il en désignant sa tenue.

 

-Cela n'a aucune importance. Vous êtes ici chez vous, vous pouvez bien y faire ce que vous voulez... tant que cela ne porte pas préjudice à la couronne bien sur.

 

Louis acquiesça avec un petit sourire.

 

-Vous souhaitiez me voir ?

 

-Oui. Puis-je me joindre à vous ? dit Philippe en désignant la fontaine de la tête.

 

-Bien sur !

 

Le prince se déchaussa et, à la grande surprise de Louis, enjamba le bord de la fontaine pour se retrouver au côtés de son époux. Louis se dit qu'il avait encore de nombreuses facettes à découvrir chez son époux. Un petit silence s'installa, pendant que le prince cherchait ses mots.

 

-Hum...est-ce que...vous allez bien ?

 

-Très bien, merci.

 

-En fait, je voulais...j'aurais aimé...

 

Louis retint un sourire. Il n'avait encore jamais vu son époux aussi indécis. Il aurait presque pu dire qu'il était intimidé. Poussé par un instinct qu'il ne se connaissait pas, Louis posa sa main sur celle de son époux en signe de réconfort. Aussitôt le regard de Philippe se posa sur cette douce alliance et lorsque Louis, se rendant compte de son geste, voulu retirer sa main, elle était déjà prisonnière de celle de son époux.

 

-J'aimerais que vous vous joigniez à moi pour le dîner.

 

Louis, qui jusque la était uniquement concentré sur la douce chaleur qui avait envahie sa main au contact de Philippe releva subitement la tête.

 

-Vous voulez dire...dans la grande salle ?

 

-Oui. Je comprendrai que vous ne vouliez pas, bien sur...c'était juste une simple proposition ...ce n'est pas grave... oubliez cela !

 

-Non, ce n'est pas ça. C'est juste que...

 

Louis hésita à continuer. Avait-il parcouru assez de chemin vers son époux pour se permettre de telles exigences ? Il n'en était pas certain. Seulement, si il ne parlait pas, il risquait de perdre l'occasion de dîner avec lui et ça, il ne le voulait pas. Le regard de Philippe n'avait rien de menaçant, il attendait juste patiemment, peut être un peu nerveusement de savoir ce qui gênait Louis dans cette proposition. Aussi, le jeune homme se lança.

 

-Il risque d'y avoir du monde n'est-ce pas ?

 

-Eh bien, oui. Enfin comme d'habitude, quelques dizaines de personnes seront... oh...je comprends... vous n'êtes sans doute pas encore assez à l'aise pour affronter cela ?

 

Louis hocha la tête, dépité. Il venait de repousser son époux alors que celui-ci faisait visiblement des efforts pour se rapprocher de lui. Un autre silence suivit, puis Philippe reprit la parole.

 

-Alors peut être accepteriez vous que je partage le votre ?

 

-Le mien ? Vous voulez dire...dans le petit salon ?

 

-Oui.

 

-Mais nous serions...enfin, je veux dire, je dîne toujours seul d'habitude, ça voudrait dire qu'il n'y aurait que vous et moi...

 

-Exact, que vous et moi. Cela vous dérange-t-il ?

 

-Non, bien sur que non ! Mais... et vous ?

 

-Une petite pause de toutes ces hypocrisies de la cour me fera le plus grand bien, je vous l'assure. Et puis... j'ai envie de dîner avec vous.

 

-Oh... alors avec plaisir.

 

Louis offrit à son époux un beau sourire qu'il ne lui avait encore jamais vu. Philippe le grava dans sa mémoire et se promit de réussir à en obtenir d'autres. Le chemin n'était pas simple, mais il se savait sur la bonne voie.

 

-Parlez moi de vous.

 

-Pardon ?

 

-Je dois reconnaître que j'en connais fort peu sur vous. J'aimerai... combler mes lacunes...

 

Ils continuèrent ainsi à parler pendant un petit moment. Ils abordèrent un peu leur enfance et leur histoire respective, sans pour autant approfondir le sujet. Ils n'étaient pas encore prêt pour cela, ils leur fallait apprendre à se connaître petit à petit. Mais ils abordèrent différents sujets, plus neutres et plus universels. Ils furent surpris de s'accorder sur la plupart d'entre eux, et ils argumentèrent intelligemment sur ceux où ils avaient un avis divergeant. Le temps passa rapidement et chacun de leur côté, les princes ne virent pas le temps passer, profitant simplement de ce moment partagé.

 

C'est François qui vint les interrompre en fin d'après midi.

 

-Philipe ! Je te cherchais partout !

 

-Ah oui ? Pourquoi cela ?

 

-Tu viens de rater le conseil des ministres... ton père n'est pas vraiment ravi...

 

-Mince, j'avais complètement oublié.

 

-Oh, je suis vraiment navré, c'est ma faute ! intervint Louis.

 

-Vous n'y êtes pour rien, reprit Philippe. Bien, je crois que je vais devoir vous raccompagner à vos appartements.

 

François le regarda comme si il venait de lui pousser une troisième tête.

 

-As-tu seulement écouté ce que je viens de dire ?

 

-Bien sur. Tu as dit que j'avais raté le conseil. Et vu que je l'ai manqué, ce n'est plus la peine de me presser, n'est-ce pas ?

 

François resta la bouche ouverte quelques secondes, provoquant un éclat de rire de la part de Louis. C'était bien la première fois qu'il pouvait voir le baron à court de mots. Philippe savoura le rire de son époux qui était clair et cristallin. Puis il lui tendit le bras.

 

-Allons-y, voulez vous ?

 

Louis attrapa ses poulaines et se saisi du bras de son époux.

 

-A plus tard mon ami ! lança Philippe à François en s'éloignant.

 

Le jeune baron secoua la tête d'un désespoir feint. Et s'éloigna après un signe demain au couple. Philippe raccompagna Louis jusqu'aux portes de sa chambre.

 

-Bien, je vous dis à ce soir, alors ?

 

-Oui, à ce soir !

 

Le prince commença à s'éloigner puis se ravisa.

 

-Louis !

 

-Oui ?

 

-Vous sentez vous obligé ?

 

-Pardon ?

 

-Je veux dire. Vous avez parfaitement le droit de refuser ce dîner si vous n'en avez pas envie, je ne veux pas que vous vous forciez. Alors si vous préférez être seul, dites le moi...

 

Louis sourit doucement. Philippe faisait vraiment de gros efforts pour essayer de remonter dans son estime.

 

-Je serai ravi de partager ce repas avec vous, votre alt... Philippe.

 

A l'entente de son prénom, le prince se détendit. Puis il hocha la tête et s'éloigna le sourire aux lèvres.

 

Louis pénétra dans ses appartements et fut assailli par un Lothaire débordant de curiosité. Il dut lui raconter son après midi en long et en large avant d'avoir comblé la curiosité de son ami. Ensuite le valet se précipita vers les armoires pour trouver un vêtement adapté à l'occasion. Il en revint dépité.

 

-Eh bien... ce n'est pas avec ce genre de vêtements que tu arriveras à quelque chose !

 

-Ce sont les seuls que j'ai le droit de porter, Lothaire.

 

-Tu crois ? Les choses sont pourtant différentes de ce qu'elles étaient au début !

 

-Je porte toujours le voile, je te signale...

 

-C'est vrai...mais les choses sont quand même différentes !

 

-Certes... écoute, je ne veux pas prendre de risque inutile, je vais prendre ce que j'ai à disposition.

 

-Mais c'est laid !

 

-C'est vrai que ce n'est pas terrible. Mais au moins c'est confortable. Si un jour Philippe veut me voir porter autre chose, il me le fera savoir.

 

-Tu as raison, tant pis pour lui ! Tiens tu devrais mettre ça, c'est la chose la moins laide de ce que j'ai pu trouver.

 

-Merci, mais tu sais, je ne suis pas sur que ça serve à grand chose. Ce n'est pas une phase de séduction, il m'a juste invité à dîner avec lui.

 

-Peut être, mais non seulement c'est la première fois que ça arrive, mais en plus il a accepté de s'isoler avec toi lorsque tu as refusé son offre. Si ce n'est pas une tentative de séduction, je veux bien rentrer au monastère.

 

-Tu serais renvoyé en quelques jours mon ami ! répondit Louis en riant.

 

-C'est vrai, et puis je ne pourrais pas voir Suzanne...ça serait fort dommage pour elle !

 

Les deux garçons éclatèrent de rire et un domestique vint les prévenir que le repas était prêt.

 

Louis et Lothaire se rendirent au petit salon, le premier écoutant religieusement les derniers conseils du deuxième qui s'était pour l'occasion transformé en vraie mère poule. Ils arrivèrent les premiers et Lothaire, après moult recommandations fut mis à la porte par un Louis partagé entre l'amusement et l'exaspération. Le valet partit vers les cuisines pour prendre son repas et retrouver sa future épouse.

Suzanne était femme de chambre au château depuis quelques années déjà, tout comme sa mère et la mère de sa mère. Le travail n'était pas aisé, mais il lui convenait. Elle était bien traitée et avaient de nombreux amis. Et bien sur, elle y avait fait la connaissance de Lothaire qu'elle aimait de tout son cœur. Du haut de ses quatorze ans, elle avait un caractère bien trempé et avait su séduire le valet jusque là plutôt frivole. Il était certain de ne jamais s'ennuyer avec elle et apprenait chaque jour à la découvrir davantage. Ils en étaient certains tous les deux, ils feraient un mariage heureux.

 

Louis s'installa sur la chaise qu'il avait l'habitude d'occuper, ne sachant trop quelle attitude adopter. Il aurait bien aimé que Lothaire reste là jusqu'à l'arrivée du prince, mais il ne voulait pas passer sa vie à dépendre de son valet. Et puis il aurait fini par le rendre chèvre. Il s'intima de respirer profondément et de calmer ses doigts qui tapotaient la table. Le temps s'écoula lentement, augmentant progressivement l'angoisse de Louis. Il espérait de tout cœur que le prince ne se soit pas moqué de lui en lui proposant ce dîner. Il sentit son cœur se serrer à cette idée. Il n'avait jamais détesté le prince. Même malgré son comportement du début, même malgré ses nombreux amants et maîtresses. Il avait été décontenancé, malheureux, mais avait toujours attendu patiemment que le prince le regarde pour ce qu'il était et non pour ce qu'il voulait voir. Et depuis quelques temps, il avait vu son époux se transformer pour devenir peu à peu la personne dont on lui avait tant vanté les mérites. Et bien malgré lui, il avait senti de tendres sentiments se développer pour lui, attendant ses visites, appréciant ses efforts, contemplant son visage, bien à l'abris derrière son voile. Il ne pouvait pas s'être moqué de lui. Cela aurait été cruel et mesquin. Et pourtant les minutes s'égrenaient et personne ne poussait la porte.

 

Quand, après une longue attente, un domestique osa enfin s'approcher de Louis pour lui demander si ils devaient commencer à servir le repas ou non, Louis secoua doucement la tête. Il aurait pu jurer que le pauvre jeune homme avait tiré à la courte paille et avait perdu pour se présenter ainsi devant lui, penaud et indécis. Mais il ne lui en voulait pas. Il se sentait juste désespérément vide.

 

Alors qu'il n'y croyait plus et qu'il s'apprêtait à repartir dans ses appartements, la porte du petit salon s'ouvrit à la volée sur Philippe qui semblait avoir couru, les cheveux à moitié emmêlés et les vêtements en désordre. Il s'approcha de Louis qui s'était relevé à l'arrivée de son époux, et lui saisi les mains.

 

-Je suis heureux que vous soyez encore ici. Je pensais que vous seriez reparti.... Je suis vraiment navré pour ce retard, j'ai été retenu...

 

Louis hocha la tête doucement, le cœur prêt à éclaté de joie.

 

-J'ai cru que... vous vous étiez moqué... balbutia-t-il la gorge serrée.

 

Ces paroles semblèrent frapper Philippe qui observa son époux d'un air soucieux. Il effectua une petite pression sur les mains de Louis.

 

-Ma... ma mère n'a pas vraiment apprécié que je ne veuille pas participer au festin de la grande salle et elle a voulu savoir la raison précise... et quand elle l'a su... elle a tenté par tous les moyens de me faire passer la soirée en compagnie d'Adélaïde...

 

Philippe s'interrompit, se rendant compte de l'impact que pouvait avoir ses paroles sur son époux. Il s'agissait tout de même d'une femme qui avait été sa maîtresse au vu et au su de son époux et surtout, elle portait son enfant. Et effectivement, Louis baissa la tête et ses mains furent pris de légers tremblements. Philippe passa alors une main sous le voile pour caresser sa joue.

 

-Louis, je n'aurai raté ce repas pour rien au monde.

 

A ces mots, Louis releva la tête et put lire la sincérité dans les yeux de son époux. Il lui offrit alors un sourire rassuré et reconnaissant. Philippe allait reprendre la parole quand des bruits se firent entendre du couloir. Des bruits de pas approchaient, des bruits de talon pour être exacte. Philippe écarquilla les yeux.

 

-Bon sang, mais ce n'est pas vrai, elle m'a retrouvé... j'étais persuadé de l'avoir semé...

 

Louis eut un petit rire amusé. Etait-ce vraiment son époux qui parlait ? Philippe attrapa la poignet du jeune homme et l'entraîna à sa suite !

 

-Venez, suivez moi, il en faut pas qu'elle nous voit, sinon nous n'avons pas fini !

 

Ils se mirent à courir le plus silencieusement possible et sortirent de la salle par une autre porte. Puis il descendirent un escalier et se cachèrent dessous. Les bruits de pas qui avaient accélérés, percutèrent les marches une à une. Philippe tenait fermement son époux contre lui, toujours à l'abris sous l'escalier et jetait quelques coups d'œils pour suivre l'évolution d'Adélaïde, plutôt lente à cause de la taille de son ventre qui provoquait une démarche légèrement en canard. Lorsqu'elle passa une porte, Philippe tira à nouveau Louis par le poignet et ils s'éloignèrent rapidement en sens inverse. Louis qui avait l'impression de retomber en enfance se mit à éclater de rire au vu du comique de la situation. Il était en train de faire un cache-cache géant avec son époux, poursuivi par la prétendante de celui-ci à travers le château de Mésancourt. Son fou rire fut communicatif et Philippe le rejoignit rapidement. Ils durent s'arrêter de courir tant le souffle leur manquait. Mais avec le bruit qu'ils faisaient, les pas revinrent vers eux et ils durent à nouveau prendre la fuite, traversant les salles, longeant les corridors, dévalant les escaliers, main dans la main. La fuite prenait des airs de course folle, ponctuée par les cris de joies et les fous rires des deux époux et des appels et des plaintes d'Adélaïde, qui tentait désespérément mais en vain d'attirer la pitié du prince de par son état.  Lorsqu'elle n'en put plus, Adélaïde abandonna et disparut de leur vue. Philippe tenait toujours la main de son époux dans la sienne et le regardait rire tout en se joignant à lui. Ce son le ravissait et il fut heureux d'en être à l'origine. Cependant, Louis du se calmer car son ventre le tira. Il passa sa main dessus en geste apaisant et eut une petite grimace de douleur. Il devait se ménager. Philippe s'en aperçut et sembla être pris de remord.

 

-Je suis navré, je n'aurai pas du vous imposer cela, vous devez vous reposer.

 

-Oh, non, ça ira, je vous assure. Je m'en serai voulu de rater un moment pareil.

 

Ils échangèrent un sourire complice puis Philippe, tira à nouveau Louis à ses côtés.

 

-Venez, allons manger.

 

Ils firent quelques pas et se dirigèrent vers un autre escalier. Louis était un peu perdu, mais il lui semblait qu'ils n'allaient pas dans la bonne direction.

 

-Excusez moi, mais... le repas devait être servi dans le petit salon...

 

-Je pense que c'est là qu'elle ira nous attendre en premier lieu... mais j'ai une idée. Laissez moi faire, c'est une surprise.

 

 


Si vous saviez comme j'ai été tentée de couper le chapitre au moment ou Louis pense que Philippe ne viendra pas et l'a planté là !!! Je vous jure que j'étais à deux doigts de le faire... et puis je me suis dit que vous aviez assez souffert pour cette fiction... et que vous aviez suffisamment détesté Philippe comme ça.... le pauvre... lol... et puis, ils n'ont pas fini de souffrir, donc, vous méritez bien un petit repos et une fin de chapitre plutôt heureuse. Vous avez de la chance, c'est mon jour de bonté !

Je vous embrasse!

Par Meryl - Publié dans : Royale destinée
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