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  • : 13/10/2007
Dimanche 10 mai 2009

Hello !

N'étant pas chez moi dimanche, il est temps pour moi de tester la fonction de mise en page programmée de ce site... j'espère que ça va marcher...lol (ouais, je suis pas particulièrement douée avec ces bestioles !). Donc si tout va bien, vous devez être devant le chapitre 12 de Royale destinée... Je n'ai pas eu du tout le temps d'écrire depuis la dernière fois et ça ne va sûrement pas s'améliorer. Sachez quand même que j'ai déjà écrit jusqu'au chapitre 15 (inclus), donc y'a un peu de marge, mais comme j'ai un mois et demi hyper chargé, je ne promets rien. J'espère réussir à finir la première partie dans les temps!

Bref, trêve de blabla, je vous souhaite une bonne lecture !

Bisous.

 

Louis se laissa guider à travers les dédalles de couloirs. Philippe marchait lentement, prenant bien soin d'aller au rythme de son époux et Louis fut surpris de constater qu'ils arrivaient aux cuisines. Lothaire, qui discutait avec sa future femme fut stupéfait de voir arriver son ami et leur prince. Mais voyant leurs mains jointes et la complicité qui émanait d'eux, il ne chercha pas à en comprendre davantage et lui fit juste un petit signe de la main auquel Louis répondit, un grand sourire aux lèvres. Philippe demanda quelques provisions à emporter puis ils sortirent par une porte de derrière. Lothaire se retourna vers Suzanne pour commenter la scène qu'ils venaient de voir. Il aurait énormément de questions à poser à son ami à son retour.

 

Philippe et Louis se retrouvèrent dans le parc, protégés de la légère bise par les hautes haies qui longeaient les allées. Ils riaient encore de leur course poursuite lorsqu'ils arrivèrent sur un petit carré de pelouse sur lequel Philippe étendit une grande étoffe qu'il avait récupéré en cuisine. Ils s'y installèrent, l'un à côté de l'autre et Philippe commença à répartir la nourriture qu'ils avaient eu.

 

-Je suis désolé,  c'est vraiment rustique, mais au moins, nous sommes certains de ne pas être dérangés.

 

-C'est parfait ! le rassura Louis.

 

Le dîner se passa sans incident notable et dans une bonne humeur presque enfantine. Quand ils eurent terminé, aucun d'eux n'avaient envie de rompre l'harmonie qui s'était installée. Ils restèrent donc assis l'un contre l'autre et continuèrent à discuter un peu, à regarder les étoiles, à simplement profiter du moment présent.

Soudain, Louis sursauta et se tint le ventre, une drôle d'expression sur le visage. Philippe se redressa aussitôt et posa une main sur l'épaule de son époux.

 

-Que se passe-t-il ? Ca ne va pas ?

 

Mais au lieu de répondre, Louis saisi brusquement sa main et la posa sur le côté droit de son ventre après avoir soulevé son haut. Philippe ne comprit pas immédiatement ce qu'il se passait et s'apprêtait à demander des explications à Louis quand il sentit une légère secousse sous sa paume. Ce fut si bref qu'il crut avoir rêvé et se concentra donc pendant quelques secondes. Mais peu après, la petite bosse se forma à nouveau au creux de sa main. Philippe laissa échapper un petit rire et regarda son époux dans ce qu'il pensait être ses yeux avec un sourire que Louis ne lui avait encore jamais vu : tendre, ému, heureux.

 

-C'est... c'est vraiment...

 

-Oui... c'est votre enfant... notre enfant...

 

Louis avait hésité à prononcer ses dernières paroles, mais le regard de Philippe était si brillant et lumineux qu'il ne le regrettait pas.

 

-Notre enfant... répéta Philippe doucement.

 

Un immense sourire était plaqué sur les visages des deux hommes et ils passèrent ainsi de longues minutes à rechercher la présence du petit être qui poussait en Louis. Celui-ci, gardait sa main sur celle de son époux et lui faisait changer de place lorsque l'enfant faisait des cabrioles. Lorsque la surface de l'abdomen redevint plane et lisse, ils finirent par enlever leur main et lorsqu'ils relevèrent la tête, ils se retrouvèrent à quelques centimètres l'un de l'autre. Leur rythme cardiaque s'accéléra à l'unisson. Louis n'osait plus bouger un membre tandis qu'une foule de sensation l'envahissait. L'envie, la peur, l'espoir, la joie se battaient pour prendre la place dominante et avant d'avoir pu faire un choix définitif, il sentit les lèvres de son époux se poser délicatement sur les siennes. Louis ferma les yeux et alors tout s'arrêta. Le vent, le chant des oiseux, le bruit d'une fontaine à quelques pas de leur campement de fortune, tout ça disparut de son esprit pour laisser place à ses lèvres douces et chaudes qui s'appropriaient lentement les siennes. Philippe joua ainsi un petit moment à suçoter la lèvre inférieure de son époux, sentant avec un plaisir grandissant son souffle s'accélérer. Lorsque sa langue vint quémander l'entrée, Louis n'opposa aucune résistance et l'accueillie comme si elle était à sa place. Et enfin, ils unirent pleinement leur bouche. Les mains de Philippe passèrent derrière la nuque et le dos de Louis pour le rapprocher davantage contre lui et ce dernier s'agrippa aux vêtements de son époux, se laissant guider à travers cette expérience nouvelle. Lorsqu'à bout de souffle, ils durent se séparer, ils ne se décollèrent pas de plus de quelques centimètres, cherchant toujours davantage de contact, comme si l'éloignement risquait à tout moment de briser la naissance de cette nouvelle complicité.


Sans vraiment comprendre pourquoi, Philippe leva la main dans le but d'enfin faire tomber le voile. Mais alors qu'il approchait du but, il suspendit son geste, se remémorant la réaction de son époux à sa dernière tentative. Il s'était approchait de lui dans le but de le découvrir et s'était fait renvoyer avant d'avoir pu ouvrir la bouche. A cette pensée, le prince sentit son ventre se contracter d'angoisse. Pour rien au monde il n'aurait voulu briser l'instant qu'il était en train de vivre avec son époux. Alors il posa sa main sur la joue de Louis et se contenta de la caresser légèrement et de retrouver ses lèvres. Le reste viendrait plus tard. Pour le moment il souhaitait juste profiter. Lorsque la nuit fut trop fraîche pour prolonger leur soirée, Philippe aida Louis à se relever et ils rentrèrent au château.

 

Arrivé devant la porte de son époux, Philippe n'avait qu'une envie, c'était de l'y suivre et de lui faire l'amour à nouveau. La nuit précédente avait était purement délicieuse et il s'était étonné à prendre autant de plaisir, juste en en donnant à Louis. Il se souvenait de chaque son, chaque gémissement de son époux et aurait donné n'importe quoi pour les entendre encore et encore. Il avait surtout était surprit de la confiance que Louis semblait avoir conservé en lui. Jamais il n'aurait pensé pouvoir le toucher à nouveau et encore moins le pénétrer, et pourtant, après une légère hésitation, il s'était offert à lui sans pudeur, sans faux-semblant. Il avait eu l'impression de détenir sa vie entre ses mains et s'était senti empli d'une grande responsabilité et d'un sentiment d'allégresse qu'il n'avait encore jamais ressenti. Cependant, il gardait enfouie en lui la peur que son époux ne lui ait accordé cette faveur que parce qu'il lui avait demandé. Philippe se demandait si les choses se seraient passées différemment si il avait laissé Louis décider seul de la soirée. Il décida donc de ne pas lui demander cette fois ci, non seulement pour ne pas avoir l'impression de s'imposer, mais surtout, pour laisser à son époux le temps de réfléchir à ses envies. Il voulut s'éloigner, mais ne résista pas à l'envie de goûter une dernière fois ses lèvres.

 

Il se pencha vers Louis et constata avec ravissement que son époux lui rendait fiévreusement son baiser. Cependant il avait sous estimé sa condition d'homme, qui lui fut rappelé rapidement lorsqu'il sentit son excitation grimper à tout vitesse et qu'une chaleur traîtresse se répandit dans son bas-ventre. Presque malgré lui, il se colla contre Louis, poussant celui-ci contre la porte de sa chambre et approfondit le baiser, laissant son corps onduler lentement contre celui de son vis-à-vis. Il sentait avec plaisir le sexe de son époux gonfler à travers les couches de tissus et il se délectait des sons que Louis n'avait même pas conscience de pousser. Malgré l'intense plaisir que Philippe ressentait, il se rappela sa décision de laisser le choix à son époux. Aussi, et au prix d'un immense effort, il rompit le baiser doucement, pour s'éloigner, embrassant tout de même légèrement le nez, le menton, et une dernière fois la bouche de Louis pour ne pas lui donner l'impression de l'abandonner.

 

Mais Louis, qui le sentit s'éloigner n'avait pas l'intention de se laisser planter comme cela. L'excitation qu'il ressentait lui avait fait baisser quelques barrières et il posa une main sur la nuque et l'autre sur la hanche de Philippe et le ramena contre lui dans le but de finir ce qu'ils avaient si bien commencé. Philippe ne fut pas difficile à convaincre et très vite, les caresses reprirent. Le prince considéra que Louis avait fait son choix, au moins pour ce soir. Il n'était plus temps de se poser des questions, il l'avait clairement incité à continuer, ce qu'il s'apprêtait à faire avec enthousiasme.

Philippe passa une main derrière Louis pour abaisser la poignée et entrer dans la chambre. Il n'avait rien contre le fait de s'unir à son époux contre cette porte, mais il aurait été gêné d'être surpris ainsi... et si François avait été là, il aurait sans doute réussi à lui faire avouer qu'il voulait aussi être le seul à pouvoir observer le corps de son époux.

Ils firent quelques pas avec difficulté, toujours collés l'un à l'autre, les lèvres soudées et Philippe referma la porte derrière lui. Un mouvement sur le côté lui fit interrompre son activité favorite et ses yeux tombèrent sur un Lothaire visiblement plus que surpris et également très gêné d'être là. Louis s'éloigna légèrement de son étreinte et Philippe senti un froid très désagréable l'envahir aussitôt.

 

-Lothaire...

 

-Non, ne dis rien... je veux dire, ne dîtes rien, Majesté... je m'en vais immédiatement... je ne pensais pas que vous.. enfin que je... ne vous inquiétez pas pour moi... enfin non, je veux dire continuer...ou pas, comme vous voulez... je...

 

Louis laissa un doux sourire s'inscrire sur le visage à la vue de ma maladresse naturelle de son ami et décida de ne pas le laisser s'enfoncer davantage.

 

-Lothaire !

 

Le valet se tut aussitôt, baissant la tête et attendant la suite.

 

-Oui, Majesté ?

 

Lothaire savait pertinemment que jamais Louis ne lui ferait de mal, mais il n'était pas vraiment certain de la réaction de Philippe. Il n'étais pas homme à battre ses sujets, mais il les avait surpris dans une situation plus qu'embarrassante et il espérait ne pas avoir fichu par terre la soirée de son ami.

 

-Bonne nuit, Lothaire, reprit Louis, lui donnant ainsi congé.

 

-Bonne nuit, altesse.

 

Lothaire se précipita dans sa chambre et referma la porte. Puis il s'adossa dessus, tentant de redonner à sa respiration un semblant de calme. Il se frappa la tête pour sa stupidité. Il les avait pourtant croisé dans les cuisines et tout semblait aller bien, il aurait du se douter qu'il remontraient ensemble, mais il avait attendu Louis comme il le faisait à son habitude, sans penser à mal. Il espérait vraiment de tout cœur ne pas avoir déclenché une catastrophe. La relation entre Louis et Philippe semblait vraiment s'améliorer de jour en jour et il s'en serait voulu éternellement si il avait était un caillou dans les rouages de leur couple. Lothaire se fit la promesse de ne plus jamais débarquer à l'improviste dans la chambre de son ami comme il en avait l'habitude. Il ne voulait plus jamais tomber sur ce genre de scène... et encore, il était plutôt chanceux, ils étaient encore habillés... Le valet rigola tout seul à sa réflexion et se prépara pour aller se coucher.

 

De l'autre côté du mur, Louis se tenait toujours face à la porte où Lothaire avait disparu, un sourire sur le visage. Il ferait en sorte de ne jamais oublié la mine qu'avait eu Lothaire en se rendant compte de la situation. Il se retourna vers son époux et fut heureux de voir que Philippe replaçait d'autorité ses bras autour de lui. Il ne semblait donc pas avoir changé d'avis.

 

-Veuillez l'excuser, il ne savait pas que nous... enfin...

 

A son tour, Louis ne sut quel vocabulaire employer.

 

-Je comprends, ça n'a aucune importance.

 

Louis hocha la tête.

 

-Peut être souhaiteriez-vous que je m'en aille ?

 

Louis écarquilla les yeux. Est-ce que son époux regrettait de s'être laisser aller ainsi avec lui ? Ils avaient pourtant passé une soirée très agréable et il lui avait semblé n'avoir jamais été aussi proche de lui que quelques instants plus tôt. Et la merveilleuse surprise que leur avait fait leur enfant en se manifestant à ce moment précis avait était un pur moment de bonheur partagé à deux, comme la cerise sur le gâteau de cette soirée. Louis observa pendant quelques secondes l'homme qui lui faisait face. Il avait perdu l'assurance qu'il avait au début, il semblait juste attendre sa réponse, qu'elle soit négative ou positive. Louis hésitait à lui répondre franchement. Il était évident qu'il voulait à nouveau faire l'amour avec le prince, comme ils l'avaient fait la veille, mais l'avouer ne serait-il pas se mettre en position de faiblesse face à lui ? Avait-il réellement changé de regard sur lui au point de se dévoiler sans risque d'un contre coup ? Louis décida de ne pas s'avancer trop rapidement.

 

-Voulez-vous partir ?

 

Philippe fronça les yeux. Ce n'était pas une réponse ça ! Il ne voulait pas partir, il voulait arracher tous les vêtements de son époux et lui faire subir les derniers outrages, par terre, sur le lit, conte la porte, peut lui importait, il voulait juste se sentir à nouveau entier. Il voulait l'entendre gémir, le sentir s'accrocher à lui, sentir ses ongles s'enfoncer dans sa chair sous ses assauts répétés. Seulement maintenant que l'excitation était légèrement retombée, il pouvait à nouveau penser clairement. Il avait déjà fait le premier pas, il voulait juste que son époux face le deuxième, il voulait qu'il lui montre que c'était une envie partagée et non un acte contraint et forcé. Et si tel n'était pas le cas, alors il le laisserait tranquille. Philippe se molesta mentalement pour tout ce qu'il avait fait subir à Louis depuis son arrivée. Il était évident qu'il ne pouvait pas lui dire clairement ce dont il avait envie, et ce, peut importe sa décision. Il ne lui avait pas vraiment laissé l'occasion de s'exprimer librement. Alors comment lui faire retrouver la force de parler franchement.

Philippe tenta de trouver sa voix la plus douce pour s'adresser à lui.

 

-Je ferai ce que vous voudrez.

 

Louis failli laisser échapper un gémissement en entendant la voix de Philippe. Elle était si sensuelle, si attirante... et la phrase pouvait vraiment porter à confusion. Il voulait encore l'entendre parler comme ça. Cependant, il se rendait bien compte que leur conversation était purement stérile. L'un d'eux devait faire le premier pas et Philippe ne semblait pas décidé. Louis se rappela ce qu'avait dit François à son propos « très fier Â», « un orgueil légèrement démesuré Â». Il l'avait dit avec beaucoup de tendresse et Louis en avait rit sur le coup, mais c'était tellement vrai, il s'en rendait compte à présent. Philippe n'avait pas le droit d'être faible, n'avait pas le droit de réclamer. Son statut et son rôle le lui interdisait. Mais au lieu de se servir comme il l'aurait fait quelques mois plus tôt, il lui proposait de choisir lui même. Louis prit sa décision. Et tout en espérant de tout cÅ“ur ne pas être rejeté et/ou humilié pour ce choix, il s'approcha de son époux pour se retrouver tout contre lui. Il se haussa légèrement sur la pointe des pieds pour que leurs lèvres se frôlent.

 

-Faites moi l'amour.

 

Ca y'est, il l'avait dit... en fait, il l'avait murmuré, pour être exact. La voix tremblante, le ventre noué mais il l'avait dit. Et lorsque Philippe le serra à nouveau dans ses bras et dévorant ses lèvres, il sut que non seulement il avait bien fait d'oser dire à voix haute ce qu'il voulait, mais aussi, et son ego en était flatté, que son époux n'attendait visiblement que ça.

 

Leur baiser fut rapidement très enflammé, comme si il n'y avait pas eu d'interruption entre le moment ou ils étaient contre la porte et celui ou ils s'allongeait sur le lit de Louis. Le jeune homme se laissait d'ailleurs faire avec un plaisir manifeste, accueillant son époux entre ses jambes et se cambrant légèrement pour frotter leur virilité tendue. Philippe, grisé par ce geste s'apprêtait à délester son mari de ses couches de vêtements superflues quand celui-ci se contracta violemment et le repoussa. Puis il se roula en boule en tenant son ventre, respirant rapidement.

 

Philippe mit une demi seconde à comprendre ce qui n'allait pas et se précipita vers Louis, s'agenouillant à ses côtés.

 

-Que se passe-t-il ? Voulez-vous que j'appelle le druide ?

 

Louis secoua doucement a tête.

 

-Non... non, ça va aller...

 

-Vous en êtes sûr ?

 

Louis observa les traits inquiets de son époux.

 

-Ca va, je vous assure... la douleur diminue déjà...

 

-Que s'est-il passé ? Vous étiez souffrant toute la soirée ?

 

-Non. C'est venu comme cela. Je crois que le bébé n'a pas vraiment apprécier toutes mes péripéties de la journée...

 

Philippe sentit une vague de remord l'envahir. Il l'avait fait courir. Le druide avait préconisé un repose maximum et lui l'avait obligé à courir à travers tout le château.

 

-Je suis vraiment désolé, c'est ma faute.

 

-Non, j'aurai du faire plus attention, c'est tout.

 

-Avez vous pris votre potion ?

 

-Oui, je la prends comme il faut.

 

-N'y en avait-il pas une autre pour les douleurs ?

 

-Si, c'est Lothaire qui les a.

 

Philippe se leva aussitôt et se précipita vers la chambre du valet pour y entrer en trombe. Lothaire qui commençait tout juste à se dévêtir cru que sa gaffe avait engendré des conséquences vraiment néfastes et que le prince venait lui asséner son châtiment.

 

-Où est la potion contre la douleur que le druide avait laissé.

 

La mine inquiète du prince l'interpella. Il ne venait donc pas pour le punir ? Soudain il comprit le sens de ses paroles. La potion, le druide, ça voulait dire que...

 

-Louis !

 

Philippe ne remarqua même pas que le valet de son époux venait de l'appeler par son prénom. Une seule chose comptait, Louis souffrait. Il devait agir et vite.

 

-Oui, Louis. La potion, Lothaire, vite !

 

Le valet se précipita sur une commode qui faisait l'angle, en sorti une fiole et la tendit au prince, puis le suivit dans sa chambre. Philippe revint vers Louis et l'aida à s'asseoir, tout en le maintenant contre lui avec un bras. Avec le deuxième, il porta la fiole à sa bouche pour lui donner les deux gorgées prescrites. Lothaire s'approcha alors pour débarrasser le prince de la fiole et la posa sur le meuble de chevet au cas ou il faudrait renouveler l'opération un peu plus tard. Philippe aida Louis à se rallonger puis s'adressa au valet :

 

-Merci Lothaire, vous pouvez retourner vous coucher.

 

-Je peux rester là si vous le voulez, je peux veiller sur lui cette nuit.

 

-Non allez-y. Je reste là.

 

Philippe voyait bien l'hésitation du valet qui prouvait son profond attachement à son maître et il sentit la jalousie lui brûler les entrailles. Il savait que les deux jeunes hommes s'entendaient bien, mais il ne pouvait s'empêcher d'envier cette relation, même si il commençait de son côté à faire des progrès avec Louis. Il respira profondément. Lothaire était un bon domestique et, selon François, il avait été un soutien inestimable pour son époux depuis son arrivée. Ne serait-ce que pour cela, il méritait le respect. Aussi il s'efforça de le rassurer un minimum.

 

-Si il y a le moindre soucis, je vous appelle, d'accord ?!

 

Lothaire hocha enfin la tête et s'éclipsa dans sa chambre. Philippe enleva les poulaines de Louis et quelques uns de ses vêtements, puis il rabattit les couvertures sur lui.

 

-Je suis désolé, dit Louis mi figue mi raisin, ce n'est sans doute pas comme cela que vous imaginiez la fin de la soirée...

 

Philippe eut un petit sourire.

 

-Cela n'a aucune importance. Avez-vous encore mal ?

 

-Ca va beaucoup mieux. Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette potion, mais c'est un vrai miracle !

 

-Je pense qu'il faut que je fasse appeler le druide.

 

-Non, je vous assure, inutile d'aller le réveiller en pleine nuit. Ca va aller. Je vais déjà mieux.

 

Philippe réfléchit un petit moment.

 

-Je le ferai venir demain pour contrôler si tout va bien.

 

Et voyant que son époux allait répliquer, il reprit :

 

-Ce n'est pas négociable, Louis.

 

Louis referma la bouche. Philippe alla chercher un fauteuil à bascule et l'installa près du lit.

 

-Je vais passer la nuit à vos côtés. Si je devais m'endormir et qu'il y avait le moindre problème, vous me réveillez, c'est compris ?

 

Louis hocha la tête.

 

-Peut être... pourriez vous venir avec moi...

 

Lorsqu'il se rendit compte de son audace, Louis rajouta :

 

-Ainsi, vous pourriez me surveiller de plus près...

 

Philippe fut un instant surpris de la demande. Accepter de partager sa couche sans aucun rapport sexuel pouvait signifier beaucoup de chose. Etait-il, comme il le craignait un peu, réellement en train de tomber amoureux de son époux ? Et Louis, que pensait-il de lui ? Arriverait-il un jour à voir autre chose que l'homme qui l'avait violenté ? Si il devait s'en référer à sa conduite précédente, la réponse était oui, mais il aurait pu aussi bien se laisser emporter par l'excitation du moment, ou pire, avoir peur de lui au point de simuler une envie de rapprochement... Philippe commençait à perdre pied au milieu de toutes ses idées. Aussi, quand Louis ouvrit légèrement la couverture pour l'y inviter, Philippe décida qu'il était beaucoup trop tard pour réfléchir et retira à son tour ses vêtements pour rejoindre son époux. A sa grande surprise, lorsqu'il fut installé, Louis vint contre lui. Il ne se blottissait pas vraiment, mais restait tout près. Et quand Philippe passa ses bras autour de sa taille, il se colla davantage, comme si il n'avait attendu que ça. Le prince, ainsi douillettement installé se sentit bien. Il se rendit compte qu'il pouvais très vite s'habituer à ce confort la.

 

-Louis ?

 

-Oui ?

 

-J'ai une question à vous poser... à propos du bébé...

 

-Louis se redressa légèrement.

 

-Qui y-a-t-il ?

 

-Avez-vous... 

 

Philippe sembla hésiter à poursuivre, puis se jeta à l'eau.

 

-Avez vous déjà penser à un prénom ?

 

Louis resta immobile quelques secondes. Un prénom ? Non, il n'y avait encore jamais pensé. Ou plutôt, il y avait énormément pensé mais il s'était interdit de trop s'y attarder. Penser à un prénom pour son enfant signifiait s'imaginer un futur, une vie partagée à deux et peut être même à trois si le prince continuait dans cette voie. Trouver un prénom signifiait s'engager dans un avenir incertain et y croire. Louis avait bien trop peur qu'il arrive un malheur à son enfant. La potion dont il avait abusé et les remontrances du druide trottaient en permanence dans sa tête. Alors il évitait de se l'imaginer, de penser à la suite. Mais il priait, oui il priait de tout son être pour que son bébé soit sauf. Mais pour le moment il préférait continuer à l'appeler « le bébé». Et il prétendait ainsi ne pas trop s'y attacher, pour le cas ou....

 

-Non, pas encore. Pourquoi ?

 

Philippe s'installa sur son coude, la tête reposant sur sa main tandis que l'autre alla caresser le ventre de son époux, sans vraiment s'en apercevoir.

 

-Eh bien, ici, à Mésancourt, la tradition royale veut que mon premier fils porte mon nom... et euh... je voulais savoir ce que vous en pensiez.

 

Louis était surpris. Le prince était-il prêt à renoncer à une tradition ancestrale pour lui ? Il préféra détourner la question.

 

-Et si c'est une fille ?

 

Philippe sourit doucement.

 

-Alors, je vous laisserai choisir.

 

-Aliénor.

 

Un silence se fit dans la chambre.

 

-Je croyais que vous n'y aviez pas encore réfléchi ?

 

-Je... je croyais aussi...

 

Mais le sourire de Philippe n'avait pas disparu, bien au contraire.

 

-Aliénor... C'est un très beau prénom. Alors... nous sommes d'accord ?

 

Louis se détendit enfin et rendit son sourire à son époux.

 

-Nous sommes d'accord !

 

Philippe se pencha et embrassa doucement Louis, se délectant à nouveau de la douceur de ces lèvres charnues, puis le rallongea.

 

-Dormez maintenant. Vous avez besoin de reprendre des forces.

 

Louis ferma les yeux et se laissa bercer par les bras et l'odeur de son époux tout en profitant des douces caresses qui passaient sur son ventre. Rapidement, il sombra dans un sommeil serein et réparateur.

 


J'espère avoir réussi à rendre compréhensible ce chapitre.. j'en suis pas sûre...lol...

Ces deux abrutis la ont comme qui dirait un léger problème de communication... mdr

Plusieurs chapitres de suite qui se terminent bien... je serai vous j'aurai peur pour le prochain !!! mdr. Meuh non, je blague... ou pas...

 

Par Meryl - Publié dans : Royale destinée
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