Salut, salut !
Et voici le chapitre 15 !
Un petit peu plus long que d'habitude, en espérant qu'il vous plaise ! J'ai bon espoir que le chapitre 16 soit terminé pour dimanche et je pense que ça sera le dernier de la première partie (je pense fusionner les deux derniers chapitres sinon le 17ème serait trop court), ce qui devrait, à priori, en faire un très long chapitre...
Bonne lecture à tous et toutes !
Bisous
P.S: nous somme le lundi 1er juin, il est 3h25 du matin et j'ai la joie de vous annoncer que je viens de terminer le prochain chapitre de Royale destinée, qui sera
également la fin de la première partie. Il sera donc publié dimanche comme convenu!
Philippe avait passé une matinée plus qu'agréable en compagnie de son époux. Ils étaient sortis du lit assez tard et avaient partagés un frugal petit déjeuner en prévision du déjeuner qui n'allait pas tarder. Il finit par prendre congé de Louis, peu avant midi pour aller retrouver François. Il devait lui parler de toutes urgences. Les deux amis se retrouvèrent auprès des box.
-Eh bien, qu'as-tu ? Cela s'est mal passé avec Louis ?
-Quoi ?.. Non, je... écoute, si nous faisions un tour, tu veux bien ?
-Bien sur.
Philippe et François préparèrent chacun leur monture et laissèrent les chevaux prendre le chemin qui leur plaisait.
-Bien, quand tu es partis hier, j'ai voulu te rejoindre, mais Louis m'a demandé de le laisser y aller. Et à priori, il n'est pas ressorti de ta chambre... Alors, que s'est-il passé pour que tu tires cette tête ? demanda François au bout de quelques minutes.
Philippe sembla méditer un instant, comme pour choisir ses mots avant de prendre la parole.
-Rien... enfin rien de mal. Tout s'est très bien passé. J'ai même enfin réussi à lui présenter mes excuses...
-Ouah !! Même moi je n'y ai jamais eu droit !
-Toi je ne t'ai pas violé ! répondit Philippe sèchement, presque méchamment.
François, surpris par le ton employé, attrapa les rennes de Philippe et arrêta la marche des deux chevaux. Son ami avait vraiment l'air mal.
-Que se passe-t-il Philippe ? Il n'a pas voulu te pardonner ? Ca peut se comprendre, tu sais, il lui faut un peu de temps pour...
-Non, ce n'est pas ça, le coupa le prince. Enfin, je veux dire, je lui ai dit que de toutes façons je ne méritai pas son pardon... mais il m'a dit que c'était du passé et qu'il voulait apprendre à me connaître mieux...
-Eh bien c'est une bonne nouvelle ! Qu'est-ce qui te chagrine la dedans ?
-J'ai voulu lui enlever son voile, tu sais !
-Enfin !
-Il a refusé.
-Quoi ?
Philippe hocha la tête doucement, semblant toujours tourmenté par l'événement.
-Je n'ai pas compris... dès le premier jour il m'a demandé de l'enlever et moi... évidemment j'ai refusé. Quel imbécile je fais ! Tu parles d'un futur roi ! Et là, je voulais vraiment qu'il l'enlève, je voulais le voir... ça fait longtemps que j'en ai envie, mais je n'osais pas...
-Pourquoi tu n'osais pas ?
-J'avais peur qu'il me rejette... et c'est ce qu'il a fait... Et c'est bien fait pour moi, c'est tout ce que je mérite de toutes façons !
François sembla un instant déconcerté face à l'attitude de son ami. Philippe avait toujours était assez exigeant envers lui même et il ne se pardonnait que difficilement ses échecs. Pourtant, jamais encore François ne l'avait vu aussi en colère contre lui même. Il avait les poings serrés et fulminait. Sa monture qui ressentait son énervement, commença à s'agiter, aussi, ils reprirent la route, toujours côte à côte. Et François posa une main sur le bras de son ami. Philippe reprit son récit.
-Tu l'aurais vu... il semblait apeuré... je n'ai pas compris, il n'avait pas eu cette réaction depuis... depuis que je l'ai...
-Oui, je sais depuis quand. Et comment as-tu réagi ?
-J'ai voulu m'approcher de lui pour le calmer, mais il semblait paniquer de plus en plus. Alors je lui ai dit que si il ne le voulait pas, je lui laisserai son voile. Et ce n'est que lorsqu'il m'a fait promettre de ne pas y toucher qu'il s'est enfin calmé.
-Et après ?
-Après... tout est redevenu comme avant. Il était bien, détendu, on a discuté et on a fait l'amour...
-Oui et plusieurs fois, si j'en crois l'heure à laquelle vous êtes sortis de la chambre.
Philippe eut un petit sourire triste à la tentative d'humour de son ami.
-Oui, c'est vrai... mais je ne comprends pas.
-Il y a en tout cas une bonne nouvelle.
-Laquelle ?
-Il a eu suffisamment confiance en ta parole pour te laisser l'approcher sans avoir peur que tu retouches au voile !
-Oui, c'est vrai.
-Et il n'a pas peur de toi puisqu'il te laisse le toucher et l'embrasser sans soucis.
-Oui.
François resta un petit moment à tourner la situation dans sa tête avant de reprendre la parole.
-Tu sais, je pense que ce n'est pas contre toi qu'il a fait ça. Et comme tu lui as demandé cela sous le coup, sa réaction n'était pas préméditée. Mets toi à sa place. Depuis qu'il est ici, tu lui as imposé ce voile.
Philippe grimaça, mais ne fit pas de commentaire, laissant son ami finir sa théorie.
-Donc, personne n'a pu voir son visage. Il vit dans ce château depuis un certain temps sans que personne ne sache à quoi il ressemble. C'est une sorte de... barrière de protection entre lui et le monde qui l'entoure. Une barrière qu'inconsciemment tu lui as toi même fourni. Il t'a vu évolué récemment. Ton comportement vis-à-vis de lui a beaucoup changé, ce qui doit être assez perturbant pour lui. Alors si en plus, tu veux lui ôter sa protection... ça doit faire beaucoup d'un seul coup, tu ne trouves pas ?
-Oui, mais il n'en a plus besoin de cette protection, comme tu dis. Je ne lui ferai pas de mal.
-Toi, tu ne lui en feras plus et ne t'en fais pas, il le sait. Mais n'oublie pas que tu n'as pas été le seul à mal te comporter avec lui dans ce château. Et puis tu as évolué positivement pour lui étant caché... il doit avoir peur de... je ne sais pas... que tu changes en le voyant... que tu sois déçu...
-C'est exactement ce qu'il m'a dit...
-Eh bien voilà. Je crois que sa peur principale, c'est qu'il ne te plaise pas et que votre relation régresse à un stade précédent.
-C'est ridicule ! Il me plaira, je le sais. Tout en lui me plait déjà. Il me manque juste... je veux juste voir son visage...
-Tu lui as dit ?
Philippe secoua la tête négativement.
-Laisse lui le temps de s'habituer à cette idée. Et n'oublie pas, que ce voile est devenu son rempart. L'enlever reviendrait à s'exposer.
-Oui, tu as sans doute raison.
-Comme toujours, reprit François en retrouvant son sourire, mais ne t'en fais pas, Louis est loin d'être un couard. Il ne tardera pas à se dévoiler, si tu continues à prendre soin de lui et à le rassurer. J'y pense, tu pourrais peut être...
-Quoi ?
-L'as-tu invité au bal ?
-Non, pas encore. J'avais l'intention de le faire, mais l'occasion ne s'est pas présentée.
-Tu devrais te dépêcher, il a lieu à la fin de la semaine et nous partons quelques jours dans le sud dès demain.
-Oui, je vais lui demander tout à l'heure.
-Ne penses-tu pas que ce serait l'occasion idéale ? Après tout, c'est un bal costumé...
Philippe hocha la tête, songeur.
Les deux amis finirent par changer de conversation, puis il firent la course jusqu'au retour à l'écurie que Philippe remporta de justesse, preuve qu'il avait l'esprit bien loin de là. Puis ils s'occupèrent de leur monture en parlant de la future mission qui les ferait partir le lendemain et rentrer juste avant le bal.
Louis retrouva son époux le soir même au dîner. Lothaire s'était absenté pour aller dîner dans la famille de Suzanne, et François, en apprenant cela, s'était subitement souvenu qu'il avait un rendez-vous important avec son père. Le repas se passa tranquillement, mais Philippe semblait légèrement tendu et Louis le sentit. Ils réussirent malgré cela à converser tranquillement et en fin de soirée, ils remontèrent à leur étage. Arrivé devant la porte de Louis, ils marquèrent un temps d'arrêt. Puis Philippe prit la parole en lui tendant la main.
-Vous venez avec moi ?
Louis hocha la tête et posa sa main dans celle de son époux et se laissa conduire dans ses appartements. Mais le malaise de Philippe persistait et Louis, n'y tenant plus, décida de mettre les pieds dans le plat.
-Philippe, souhaitez-vous... me dire quelque chose ?
Le prince qui avait commencé à faire les cent pas dans sa chambre s'arrêta subitement, aux paroles de son époux. Il le regarda quelques instants en se mordillant la lèvre, comme indécis, puis il sembla se décider et se dirigea à grand pas vers une armoire et en sortit deux objets. Il la referma et se dirigea à côté de Louis, déposant sur un buffet devant lui ce qu'il était allé récupérer. Louis regarda quelques instants le loup et le médaillon puis ses yeux se reportèrent sur Philippe, attendant l'explication.
-Je pars demain vers l'est.
-Oui, je le sais, vous m'en avez déjà parlé...
-Je sais. Je ne serai absent que cinq jours. Mais le soir de mon retour, il y a un bal organisé au château.
-Oui, Lothaire m'en a parlé.
-Je ne pourrai pas vous retrouver avant, j'aurai tous mes rapports à faire et après, j'aurai tout juste le temps de me préparer pour la soirée... Je voudrai que vous veniez à ce bal avec moi. Je voudrai que vous soyez à mon bras.
-Oui, d'accord.
-Non, Louis... je vous veux entièrement, sans barrière... sans voile.
Louis frémit mais avant qu'il ne puisse émettre la moindre objection, Philippe leva la main pour l'en empêcher et reprit la parole.
-Ne répondez pas maintenant. Je veux que vous preniez le temps d'y réfléchir pendant mon absence. J'ai demandé à ce qu'on vous rende tous vos vêtements ainsi que ceux que nous avions prévu pour vous. Quelqu'un vous les apportera demain.
Philippe laissa flotter quelques instant de silence avant de reprendre.
-C'est un bal costumé, c'est pour cela que je vous ai pris ce loup. La tradition veut que chacun retire son masque au douzième coup de minuit. J'espère vous retrouver à ce bal, Louis. Vraiment ! Avec juste ce loup sur le visage... Réfléchissez-y, d'accord ?
Louis hocha la tête, doucement puis ses yeux se posèrent sur le médaillon. Philippe le saisit et le fit pivoter pour détacher les deux morceaux qui s'emboîtaient, créant ainsi deux médaillons identiques*.
-Ce médaillon est dans ma famille depuis des générations. Il se transmet à chaque mariage, c'est la tradition. J'aimerai que vous le portiez.
Louis hocha la tête et Philippe lui accrocha autour du cou avant de mettre le sien. Louis passa doucement sa main sur son médaillon qui pendait maintenant contre sa poitrine. Sans trop savoir pourquoi, il lui réchauffait le cœur et le rassurait légèrement. Philippe acheva de le mettre à l'aise en l'embrassant tendrement, puis il lui prit la main et l'entraîna vers leur lit. Ils avaient tous les deux envie de profiter de leur nuit avant d'être à nouveau séparés par les obligations du prince. Le lendemain, Louis se réveilla seul, une fleur de lys posée sur l'oreiller qu'avait occupé son époux.
Louis passa les cinq jours qui suivirent à tourner et retourner la situation dans tous les sens. Il décida d'aller au bal... puis de ne plus y aller... puis d'y aller... peut être... Il avait l'impression d'être revenu aux jours précédant son mariage, il espérait juste que la suite serait différente. Il savait ce que Philippe attendait de lui, il savait aussi qu'à partir du moment ou il enlèverait son voile, il pourrait assumer pleinement son rôle au château mais aussi aux yeux de tout le royaume. Philippe lui avait déjà redonné sa place aux yeux du monde, c'était à lui de s'imposer à présent. Le seul soucis était qu'il se sentait terrorisé. Lothaire, malgré sa présence et son soutient n'avais pas réussi à le rassurer et le valet, qui avait failli faire une attaque en apprenant que Louis avait refusé d'enlever son voile une première fois, avait bien du mal à comprendre son maître. Louis lui même s'embrouillait dans ses explications. Sa seule certitude étant qu'il était juste terrifié.
Pour l'heure, Louis se trouvait devant les grandes portes et tentait de respirer profondément. Un malaise ne serait sans doute pas un très bon effet pour une première apparition publique démasqué... ou presque. La présence du loup en satin noir qui lui couvrait le contour des yeux, l'arrête du nez et les tempes** le rassurait légèrement, mais sa chevelure et le reste de son visage était à nu et il avait l'impression d'être totalement désarmé et lâché au milieu des fauves. Lothaire n'avait, bien sur, pas pu l'accompagner jusqu'à la salle de bal. Mais il l'avait aidé à se préparer, lui faisant essayer différentes tenues et lui répétant régulièrement qu'il était très beau et qu'il était heureux de pouvoir le voir sans voile en toute légalité cette fois ci. Finalement, la tenue était blanche et bleue et avait la même coupe que celle qu'il avait au mariage, épousant son corps et mettant les rondeurs de son ventre en valeur. Effet renforcé par une large ceinture noire qui lui entourait la taille, nouée sur le côté et dont les pans tombaient jusqu'à la mi-cuisse. Ses cheveux châtains clairs lui chatouillaient la nuque et envoyaient des reflets dorés sous les lumières du château. Le médaillon posé contre sa poitrine lui apportait une légère sérénité, mais ne suffisait pas à empêcher ses membres de trembler. Il décida finalement que de venir à ce bal était une très mauvaise idée et d'ailleurs il ne savait pas comment Lothaire avait réussi à le convaincre d'y aller. Mais au moment ou il avait décidé de faire demi tour, un domestique lui ouvrit la porte en grand et il ne put qu'avancer. Il fit quelques pas dans la salle et remercia toutes les divinités qu'il connaissait en constatant que personne ne faisait attention à lui. Il n'était pas très en avance et de nombreux groupes de personnes étaient déjà occupés à discuter, parfois un verre à la main, tandis que d'autres dansaient sur le rythme de l'orchestre présent dans un coin de salle. Tout le monde portait un masque.
Louis inspira profondément et fit encore quelques pas. Il était perdu et ne reconnaissait personne. Quand deux mains se posèrent sur ses hanches et qu'une odeur bien connue s'infiltra dans ses narines, il ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement et se laissa enlacer par son époux avec un plaisir non dissimulé. Philippe passa sa bouche contre son oreille.
-Je savais que vous étiez magnifique.
Louis laissa échapper un petit rire.
-Vous ne m'avez même pas encore vu totalement.
-Je n'en ai pas besoin, je le sais.
Sur ces mots, Philippe attrapa les épaules de Louis et le fit bifurquer doucement pour l'avoir face à lui. Et pour la première fois, leurs yeux se croisèrent. Philippe contempla les iris d'un bleu profond de son époux et eut un grand sourire.
-Qu'est-ce que je disais ! Magnifique !
Philippe posa doucement ses lèvres sur celles de Louis.
-Vous... m'avez manqué.
-Vous aussi.
Ils s'embrassèrent à nouveau et rapidement, les voix se turent. Lorsqu'ils se séparèrent, toute la salle les fixait.
-Je suis désolé Louis, mais vous allez être le point de mire de cette soirée.
Louis soupira.
-Puisqu'il le faut... mais restez près de moi.
-Bien sur. M'accorderiez-vous cette danse ?
Louis hocha la tête avec un sourire. Tant qu'il était avec son époux, tout irait bien. Philippe lui tendit son bras et Louis posa le sien par dessus, recouvrant sa main avec la sienne. Ils se dirigèrent vers le centre de la piste et Philippe positionna leurs mains pour entamer leur danse sous les yeux rageurs d'Adélaïde et de la reine Anne.
Finalement après un petit moment, les conversations reprirent et d'autres couples vinrent se joindre à eux et Louis se détendit légèrement. La soirée continua et Philippe restait tout à côté de Louis, lui évitant les pièges de la cour et le protégeant des questions indiscrètes, malgré le harcèlement presque incessant d'Adélaïde qui, loin de lâcher prise s'acharnait à réclamer une danse qui selon elle lui était due. Finalement après avoir repoussé maintes et maintes fois la prétendante, Philippe ne put qu'accepter sous peine de déclencher un scandale public. Il se tourna vers François.
-Puis-je te confier mon époux, mon ami ?
-Bien sur, vas-y.
-Prends soins de lui !
-Tu peux compter sur moi. Vous m'accorderez bien un petite danse, Louis ?
-Oui, bien sur... mais n'étiez vous pas occupé avec cette jeune femme ?
-Je l'étais, je ne le suis plus. Croyez moi, elle n'a aucune importance. Que ne ferais-je pas pour un ami ? reprit François avec un ton tragique, laissant planté là une jeune fille abasourdie par la manière dont le jeune homme s'était désintéressé d'elle alors que la seconde d'avant, il la flattait pour sa beauté.
Louis se laissa emporter par la bonne humeur de François et par le son des musiciens.
-Je ne peux que vous complimenter, Louis. Vous êtes vraiment resplendissant !
Le jeune homme rougit sous le compliment, ce qui fit rire le baron.
-Merci beaucoup.
-C'est sincère. C'est dans ces instant que je trouve fort dommage d'être attiré par le sexe opposé...
Louis ne put s'empêcher de rire et encore davantage lorsque François rajouta :
-Si cette phrase pouvait ne pas être répétée à Philippe, cela m'arrangerait... Il serait capable de me faire tuer pour cela !
-Je vous le promets, je ne dirai rien. Après tout, vous avez gardé de nombreux secrets pour moi.
-C'est vrai... mais si Philippe apprenait cela, ma mort serait non seulement très lente mais également très douloureuse... finalement j'y gagne autant que vous ! Mais dîtes moi, Louis, maintenant que la cour est à vos pieds, vous n'avez plus rien à craindre !
-Je ne sais pas... Dame Adélaïde m'inquiète...un peu...
-Hmm... méfiez vous d'elle. Adélaïde est une vipère et une garce et je crois qu'elle est capable des pires bassesses ! Mais j'espère que cette fois, elle aura compris que la place qu'elle convoite est la votre.
-Oui... j'espère que Philippe en est aussi sûr que vous.
-Vous êtes encore inquiet à son sujet ?
Louis jeta un coup d'œil à Philippe qui tout en faisant danser Adélaïde, la maintenait à distance. Il haussa les épaules.
-Il vous a offert le médaillon du partage! Dit François en désignant du menton le médaillon qui battait contre la poitrine de Louis.
-C'est la tradition.
François éclata de rire et fit virevolter Louis avant de l'attirer à nouveau contre lui.
-Ca ne m'étonne pas qu'il vous ai dit cela. Les médaillons sont effectivement une tradition... un très vieille tradition que la famille royale n'applique plus depuis des générations. Le dernier en date à avoir offert ce médaillon à son épouse était un des aïeux de Philippe... le même qui offrait chaque jour une rose à sa dulcinée... Ce présent est synonyme d'un engagement fort et profond et... si ce n'est encore d'amour, au moins d'une grande tendresse. Soyez-en convaincu. Oh ! Et il est évident que cette conversation n'a jamais eu lieu !
Louis laissa un petit sourire s'afficher sur son visage et hocha la tête.
-Comment vous croire ?
-Avez-vous déjà vu le roi ou la reine porter ce bijou ?
Louis ne répondit rien, vaincu par le dernier argument de François.
-Dans quelques minutes il sera minuit. Etes-vous prêt à vous révéler ?
A ce moment, Louis sentit ses entrailles se geler.
-Quoi ? Déjà minuit ? Non, je... je ne peux pas...pas devant tout le monde, je...
Louis commençait à paniquer et à manquer d'air, cherchant des yeux une issue en s'agitant. François tentait de le calmer et de le tenir, mais il finit par lâcher prise. Louis se détourna et se retrouva dans les bras de Philippe. Ce dernier le regarda quelques secondes et Louis comprit qu'il avait entendu la fin de la conversation qu'il avait eu avec François. Sans un mot, Philippe lui saisit la main et l'amena à l'extérieur, sur un balcon caché du regard des autres.
Là, Louis put respirer longuement et profondément pour retrouver une respiration normale, la main de Philippe frottant doucement son dos en signe de réconfort. Lorsqu'il se sentit mieux il se tourna vers son époux et il restèrent un long moment face à face, en silence, Philippe ayant posé ses mains sur les épaules de Louis et faisant de légères caresses le long de ses bras. Au loin, les cloches se mirent à sonner et les deux amants purent entendre les invités décompter en cœur les douze coups de minuit qui se soldèrent par de grands cris de joies. Philippe ôta doucement son loup et le posa sur la balustrade du balcon. Puis voyant que Louis, la respiration saccadée, ne bougeait pas, il posa délicatement les mains sur son visage, remontant doucement vers le loup.
-Puis-je ? demanda-t-il d'une voix rauque, cassée par l'émotion.
Louis posa ses mains sur celles de son époux et ensemble, ils firent glisser la pièce de soie rigide, révélant ainsi le visage du jeune homme. Philippe resta muet un instant et Louis baissa la tête, mais du la redresser quand deux doigts de son époux relevèrent son menton. Philippe passa une main autour de son époux dans le but de rapprocher leur corps puis il lui offrit un sourire et pencha la tête, découvrant de son souffle le visage de son époux avant de retrouver ses lèvres avec douceur puis avec avidité. Louis passa les bras autour du cou de Philippe et laissa la passage à la langue de son époux, répondant avec ardeur à ses attentions. Ils s'embrassèrent ainsi longuement et de plus en plus fougueusement, sans remarquer le regard haineux posé sur eux, qui avait assisté à toute la scène.
Philippe accula Louis contre la rambarde du balcon et les baiser s'intensifièrent. Les mains osèrent des caresses et les corps se frottèrent l'un contre l'autre, faisant se cambrer Louis au dessus du vide, la sensation de danger renforçant l'excitation grandissante. Lorsque la décence ne leur permit pas d'aller plus loin, ils se séparèrent à bout de souffle. Ils restèrent encore quelques temps sur le balcon, profitant de leur solitude, avant d'être interrompus par François.
-Je suis désolé de vous déranger, mais...ouah ! Louis, vous êtes...vraiment... magnifique !
-Bien sur qu'il l'est, il est mon époux ! dit Philippe en passant un bras autour des hanches de Louis tandis que celui-ci rougissait fortement.
François hocha la tête, sans quitter Louis des yeux, un grand sourire plaqué sur son visage.
-Comment vous sentez-vous ?
-Beaucoup mieux, merci. Même s'il me reste encore une arène à affronter.
Mais Philippe agrippa sa main et François se plaça de l'autre côté. Ainsi escorté, il pénétra à nouveau dans la salle de bal ou tous les yeux étaient braqués sur lui. Il garda la tête haute et droite, le pouce de son époux caressant sa main et ralentissant très légèrement les battements de son cœur. Son estomac semblait faire des triples sauts dans son ventre, mais il ne baissa pas les yeux. Il marcha à côté de son époux et François se mit de côté, avec les gens de la cour qui formaient une haie d'honneur jusqu'au trône où les attendaient le roi, la reine et Adélaïde. Louis avait l'impression que ses pieds étaient en plomb et il se demandait comment il arrivait à avancer. Un léger regard vers Philippe et un petit sourire rassurant de sa part et il sut ce qui le faisait tenir : il n'était plus seul.
Arrivé aux pieds du trône, Philippe lâcha sa main. La coutume voulait que les présentations se fassent seul. Il se retrouva devant le roi de Mésancourt, Philippe 1er et face au sourire chaleureux du patriarche, il s'inclina. Le roi lui rendit et presque immédiatement la foule agglutinée dans la salle en fit de même. Un royaume entier se prosternait face à leur futur roi sous les yeux aimants de Philippe qui s'inclina à son tour. Le roi avait parlé et les deux femmes qui avaient représenté l'enfer pour Louis ne purent qu'abdiquer. Et à leur tour, elles courbèrent le buste, en soumission face au jeune homme. Louis avait remporté la bataille, il venait de ravir le cœur de la cour de Mésancourt en plus d'avoir ravi celui de leur prince dauphin.
Louis parcouru du regard l'assemblée et il put voir François qui, tout en restant courbé, lui fit un clin d'œil. Il lui sourit et son tour d'horizon continua. Enfin il trouva le visage qu'il cherchait. Les domestiques étaient à moitié caché derrière les piliers du fond de la salle. Personne n'avait voulu manquer l'événement et ils étaient tous là, tous ceux qui l'avaient servi depuis son arrivée au château, ceux qui l'avaient aidé à échapper aux assauts de la reine, ceux qui par leur présence muette, lui avait fait sentir qu'il n'avait pas que des ennemis à Mésancourt. Et au milieu d'eux, serrant Suzanne dans ses bras, Lothaire le regardait avec un grand sourire et, Louis en était presque sur, des larmes dans les yeux. Louis posa sa main droit sur son cœur et murmura un « merci » inaudible. Lothaire posa à son tour sa main sur son cœur et hocha la tête.
Puis Louis refit face au roi qui n'avait rien manqué de l'échange alors que les gens se relevaient progressivement. A la grande surprise de Louis le roi s'approcha de lui et le serra dans ses bras.
-Je suis très heureux de faire enfin votre connaissance, Louis de Mésancourt. J'ai entendu énormément de bien de vous, et pas seulement de la part de mon fils.
Louis jeta un petit coup d'œil à Philippe toujours à quelques pas de lui. Le roi enchaîna :
-Je n'ai pas encore eu le temps de vous féliciter pour votre grossesse que déjà, on m'annonce que ce sont deux bonnes nouvelles plutôt qu'une. Croyez bien que j'en suis ravi.
-Merci beaucoup, votre altesse.
Le roi accrocha du regard le médaillon qui reposait toujours sur la poitrine de Louis avant de faire un petit sourire de connivence à son fils. Philippe s'approcha alors d'eux et passa ses bras autour de la taille de son époux, posant ses mains sur son ventre. Il était rare que de telles démonstrations publiques se voient au sein de la famille royal et encore plus de la part de Philippe et les yeux du roi pétillèrent de bonheur. Il avait fait le bon choix. Un nœud se relâcha dans le cœur du monarque. Il avait réellement eu peur au début du mariage de son fils. Peur d'avoir commis la plus grosse erreur de sa vie, d'avoir détruis deux vies et mis en danger le royaume de Mésancourt. Il avait même envisagé, dans les pires moments, que son épouse avait raison et qu'il aurait du accepter le mariage de son fils avec Adélaïde, malgré sa répugnance. Mais aujourd'hui, il contemplait avec un bonheur évident les deux jeunes hommes enlacés et il était fier d'avoir su rendre son fils heureux tout en assurant un avenir prometteur à son royaume. Philippe 1er sut que dès lors, il pourrait mourir sereinement, son rôle avait été remplis et le temps qui lui restait n'était que du bonus.
Philippe après avoir discuté encore un peu avec son père, attira Louis pour danser, sans se priver pour l'embrasser régulièrement. Et cette fois ci, rien ni personne ne parvint à le décoller de époux. Ils semblaient tous les deux plongés dans un monde qui n'appartenait qu'à eux et rapidement, ils s'éclipsèrent de la fête sous le regard complice de François et mauvais d'Adélaïde. Ce soir la, ils firent l'amour passionnément et plusieurs fois, sous la lumière des bougies, nouant un lien puissant qui s'encra de leur cœur et dans leur chaire, mêlant la tendresse, le respect et aussi, chacun s'en rendait compte, le début d'un amour partagé.
*Une sorte de Yin et de Yang !
**Un peu ce genre la, mais en noir:
P.S: Vous le voyez arriver ? Je parle du nuage... vous savez, le nuage noir, très, très noir, qui annonce des mauvaises nouvelles et beaucoup, beaucoup de souffrance !!! Vous le sentez n'est-ce pas qui se rapproche ? Et vous ne pouvez rien faire contre ça ! Pire, vous allez continuer à lire en espérant que ce mot ne soit qu'une petite blague de ma part pour vous foutre les chocottes !!!
Mdr, je parle comme une psychopathe !!! Ah, je vous jure, c'est kiffant d'être l'auteur et de savoir précisément ce qu'il va se passer et surtout... quand ça va se passer !!!
A la prochaine !!!
*fait une brillante pirouette pour éviter les frigos en acier trempé et s'esquive avec toute la grâce qui la caractérise (donc en se vautrant par terre ou en se cognant le petit doigt de pied contre un meuble !!!)*| Novembre 2009 | ||||||||||
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