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  • : 13/10/2007

Coeur figé (finie)

Mardi 29 juillet 2008
Je tourne en rond depuis un long moment maintenant. Je crois que si je continue à me ronger les ongles, je vais entamer la main. Gaston tente en vain de me calmer mais est presque aussi nerveux que moi. Quant à Kathy...son stress se manifeste par de fortes nausées et elle passe son temps à faire l'aller-retour entre le couloir et les toilettes du tribunal. Un peu plus loin, les parents de Marc sont assis sur un banc, serrés l'un contre l'autre, le bras de son père autour des épaules de sa mère.

Il nous a tous foutu dehors. Le verdict du procès est rendu aujourd'hui et Marc nous a demandé de ne pas assister à l'audience. Plus le temps passe, plus la tension monte. Pourquoi ça dure si longtemps ? Je n'ose pas demander si c'est normal ou pas, si c'est un bon ou un mauvais signe. Alors j'attends et je continue à me ronger les sangs.


Au bout d'un très, très long moment, nous entendons un brouhaha envahir le hall du palais de justice et des gens commencent à sortir de la salle N° 14. Le flot finit par se tarir et le silence revient. Enfin la porte s'ouvre sur Marc. Il semble épuisé. Quand il relève la tête et nous voit, un grand sourire s'affiche sur son visage. Le message est passé, il a gagné ! Il se met à courir vers nous et se jette dans mes bras où je l'accueil bien volontiers ! Si ce geste me surprend, ce n'est rien comparé au baiser qu'il me donne. Fougueux, passionné, je vois le nouveau Marc s'imposer depuis quelques semaines et il a, à présent, atteint toute sa splendeur ! Je le sers fort, je ne veux plus la lâcher. Il m'a tellement manqué que j'ai toujours l'impression de risquer de le perdre à tout moment !

 

Marc coupe notre baiser au moment ou il croise le regard de son père, il s'immobilise et pâlit considérablement. Le temps semble comme suspendu. Finalement le père de Marc esquisse un petit sourire en coin et hausse les épaules.

 

-Nous t'attendons à la voiture !

 

Et il prend sa femme par les épaules pour sortir du palais de justice !
Un étrange silence s'abat sur notre petit groupe. Marc semble abasourdi.

 

-Il n'a rien dit...il m'en veut pas ?

 

Il part dans un rire nerveux.

 

-Je me suis pris la tête pendant tout ce temps à vouloir lui annoncer et il agit comme si il le savait déjà...

 

-C'est peut être un peu le cas. Ta mère l'avait bien deviné, pourquoi pas lui ?

 

-Oui...peut-être...

 

Marc semble vraiment assommé de la réaction de son père. Il s'en faisait toute une montagne et finalement tout semble aller tout seul...

 

Je détourne son attention en occupant à nouveau ses lèvres. Quand soudain je le sens se tendre. En suivant son regard, je vois un homme passer à travers des vitres en plexiglas, sa ressemblance avec le père de Marc est frappante et je comprends qu'enfin je fais face à son violeur. Le plexiglas nous empêche d'entendre quoique ce soit, mais les expressions de surprise et de colère se voient parfaitement sur son visage. Je resserre mes bras autour de la taille de marc et il fait de même, sans lâcher son oncle du regard. Et c'est un homme gesticulant dans tous les sens et rageur qui disparaît derrière une double porte, par la force de deux policiers.

 

-Jeu, set et match pour toi mon ange !

 

Marc relève les yeux et me sourit.

 

-Oui. Cette fois, c'est fini !!!

 

Une page se tourne et marque m'embrasse à nouveau.

 

-Ca faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé comme ça !

 

Effectivement, ça faisait longtemps. Ces dernières semaines sont passées à une vitesse hallucinante. Les retrouvailles avec Marc m'ont fait beaucoup de bien, et nous nous sommes très vite remis ensemble. Cependant, nous n'avons pas encore dépassé le stade des baisers et de légères caresses. Nous avons besoin d'un peu de temps tous les deux, pour des raisons différentes, et ça nous convient parfaitement pour le moment. Et même si la tentation est parfois très forte, nous prenons le temps de nous redécouvrir. Notre relation me fait un peu penser à nos débuts ensemble, mais il est clair que les bases sont plus saines.

 

Le bac est passé également. Je ne me fais pas trop de soucis, mais Marc a déjà demandé le redoublement. Il a raté trop de cours et vécu trop de choses pour pouvoir passer ses épreuves dans de bonnes conditions.

 

Marc me tire par la main et me sort de mes pensées. Nous arrivons vers la sortie. Kathy est toujours malade et Gaston décide de la raccompagner chez elle !

 

-Je dois y aller, mes parents m'attendent. Je passe te voir tout à l'heure ?

 

-Oui, ok, je vais bosser un peu pour l'expo en attendant !


Marc m'embrasse une dernière fois puis dévale les marches d'entrée du tribunal pour rejoindre ses parents. Je les observe un instant, Marc se rapproche d'eux, ralentissant un peu l'allure au fur et à mesure que la distance s'amenuise. Finalement il s'arrête face à eux. Je les vois discuter un peu mais je suis trop loin pour entendre ce qu'ils disent. Cependant, leur regard se dirige régulièrement vers moi. Finalement, le père de Marc le prend par les épaules et lui ouvre la porte de la voiture. Puis il se dirige vers la porte du conducteur. Juste avant de monter, son regard croise le mien et après une seconde, il m'adresse un bref signe de tête auquel je réponds volontiers. Finalement ils partent et je rentre chez moi.

 

Arrivé à l'appartement, je zigzague entre les différentes toiles, les planches, les chevalets.

Outre le bac et le procès, l'approche de l'exposition représente un véritable challenge pour moi et j'ai retrouvé la motivation et la créativité qui me faisaient défaut ces derniers mois. Je crois qu'un certain blondinet n'est pas étranger à cette histoire. Quand je l'ai retrouvé, j'ai retrouvé en même temps le sourire, la joie, l'envie d'un avenir...avec lui. Bref, j'ai retrouvé des forces. Le seul bémol est le fossé qui me sépare de ma mère depuis cette fameuse déclaration. Elle m'en veut, je la comprends, mais ça fait mal. Nous avons toujours été complices et encore aujourd'hui, je sais que j'ai besoin d'elle pour avancer sereinement. Alors j'attends, le moindre signe qui pourrait m'indiquer qu'elle m'a pardonné, ayant des nouvelles par Henri que je vois de temps en temps, avec ou sans la petit Agathe !
J'ai eu une nouvelle prise de sang, les résultats sont négatifs, je suis définitivement tiré d'affaire, il ne me manque plus qu'elle pour pouvoir enfin tourner la page sur cette histoire.


Je repère une toile qui me pose quelques problèmes, le jeu des couleurs est osé, mais la moindre erreur pourrait en faire une vulgaire croûte, bonne à jeter. Je me change afin de pouvoir me salir sans problème et ma palette à la main, je commence à mélanger les différents tons, cherchant à obtenir la couleur parfaite.

 

Je n'aperçois le mouvement que lorsque la porte est déjà ouverte. Marc me regarde tendrement, adossé au chambranle de celle-ci. Depuis combien de temps je suis dans ma peinture ? Un bref coup d'œil à l'extérieur me prouve qu'il fait déjà nuit, ça fait plus de trois heures, mon dos me fait comprendre qu'il aurait apprécié une petite pause plus tôt. Marc referme la porte, range ses clés, enlève son blouson et s'approche de moi avec une drôle de lueur dans le regard. Une lueur qui me donne l'impression qu'il fait très chaud tout à coup et que tout vêtement est superflu.
Une fois à ma hauteur, il se baisse et pose sa main sur ma nuque, m'entraînant dans un baiser endiablé. Une vive chaleur se répand en moi comme une traînée de poudre prendrait feu et lorsque je veux le saisir à mon tour, il m'attrape les bras et s'éloigne d'un pas.

 

-Tu vas me salir...

 

Effectivement, mes mains sont pleines de peinture.

 

-Je vais aller les laver.

 

Mais au lieu de me lâcher, il raffermit sa prise et m'entraîne vers le coin salon et me pousse dans le canapé.

 

-Pas la peine. Tu peux te contenter de regarder !

 

Et je ne sais pas si j'adore ou si j'appréhende l'expression perverse que je vois sur son visage. Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus longtemps que Marc a reprit mes bras et les maintient au-dessus du canapé, tandis qu'il s'assoit à cheval sur moi, reprenant notre baiser et entamant un mouvement sensuel du bassin. Sa bouche remonte doucement le long de ma mâchoire et finis tout contre mon oreille.

 

-J'ai vraiment envie de toi...

 

Ces quelques mots murmurés provoquent un gémissement incontrôlé de ma part. A nouveau je tente d'atteindre son corps, mais il se relève avec un sourire aguicheur.

 

-Nan, nan, tu regardes, mais tu ne touches pas !

 

Il s'éloigne de quelques pas et se dirige vers une étagère. Il choisit un boîtier et insère le CD dans ma chaîne hi-fi. Il est toujours de dos et commence à se balancer sur le rythme de la musique. J'ai du mal à croire à ce que je vois, il ne va quand même pas....
Eh bien, si ! Il finit par se tourner vers moi et déboutonne lentement sa chemise tout en dansant, ne quittant pas mes yeux des siens. Ca y'est la chemise est par terre, j'ai beau le trouver on ne peut plus sexy, je vois une légère rougeur s'installer sur ses joues, signe d'une certaine gène et je ne peux m'empêcher de le trouver adorable. Je suis bien conscient de l'effort que sa représente pour lui de se dévoiler ainsi, mais cette preuve de confiance me fait beaucoup de bien.
Il remonte sa main vers son visage et se met à suçoter un de ses doigts puis trace une ligne avec celui-ci jusqu'à son pantalon. La tension de mon bas ventre s'accentue et je commence à me sentir très étroit. La peinture commence à couler lentement le long de mes bras à force de les tenir en l'air, mais je ne m'en préoccupe pas, trop absorbé par le spectacle sous mes yeux. Marc est dos à moi et fais lentement glisser son pantalon le long de ses jambes, me dévoilant progressivement ses fesses et ses cuisses. Le pantalon a maintenant rejoint la chemise et les mains de Marc jouent avec l'élastique de son boxer, hésitant à en montrer plus. Je bouillonne déjà et ne me retiens plus de dire :

 

-Vas-y, enlève-le !

 

Tout en se dandinant, Marc me fait une petite moue irrésistible.

 

-Hummm, je ne sais pas...il fait un peu frais...

 

-S'il te plait enlève le, je vais te réchauffer !


Il rigole doucement et finit par descendre son boxer et l'envoyer promener. Il se retrouve face à moi, il a arrêté de danser et tente de sa cacher un peu avec ses mains, les joues écarlates.

 

-Il est un peu tard pour te cacher, tu ne crois pas ?

 

Il hausse les épaules.

 

-Oui, je sais...j'y peux rien !

 

-Viens-la !

 

Il s'approche assez précipitamment et se réinstalle à cheval sur mes jambes. Ses bras entourent mon cou et sa bouche retrouve la mienne. Nos langues se rejoignent enfin et nos souffles s'accélèrent. Sans pouvoir résister plus longtemps, mes mains partent caresser sa peau partout où elles peuvent l'atteindre, laissant des traces de peinture un peu partout sur son corps. Tandis que nos corps miment l'acte sexuel, Marc m'enlève mon tee-shirt et s'attaque à mon pantalon. Je soulève légèrement mes hanches afin de lui faciliter la tache et finalement je me retrouve aussi nu que lui.
Tout doucement il se laisse glisser pour finir à genoux devant moi, sans oublier de passer ses lèvres le long du chemin tracé. Je sens sa langue passer lentement sur mon sexe puis jouer avec mes bourses et sans que je m'y attende, il prend mon sexe en bouche. A nouveau mes lèvres laissent passer un gémissement de bien être et je pose mes mains sur sa tête, lui faisant ainsi profiter d'une coloration gratuite.
Ses mouvements s'accélèrent et sa langue s'amuse avec mon gland. Je sens que je ne vais pas pouvoir tenir longtemps s'il continue comme ça. Ca fait trop longtemps, je suis trop excité.

 

-Marc...stop...je vais venir...

 

Il se redresse alors et reprend sa position initiale et avec un petit sourire, il saisit mon sexe et se positionne au-dessus. Au moment ou je commence à le pénétrer, ses yeux se ferment et son visage se crispe, mais il ne s'arrête qu'une fois totalement assis. Sa respiration est très vive et ses mains sont fermement accrochées à mes épaules. Il ne peut retenir un petit gémissement de douleur. Il amorce un mouvement, mais je le retiens par les hanches.

 

-Attend un peu et respire bien. Détends-toi, ça va aller.

 

Je plonge la tête dans son cou et de ma main je caresse sa verge afin de l'aider à accepter mon intrusion en lui. Au bout d'un petit moment il remue doucement tout contre moi, toujours sans lâcher mes lèvres. Je sens mon désir regrimper en flèche et finis par bouger en symbiose avec ses hanches. Nos bouches se séparent afin de laisser nos corps exprimer leur plaisir mais nos fronts restent collés l'un à l'autre. Je ne peux m'empêcher de malaxer ses fesses rondes et fermes et les gémissements que j'en tire tendent à prouver que Marc apprécie. Lorsque je sens que l'orgasme n'est pas loin, je me tourne légèrement et m'allonge sur le canapé afin de laisser à Marc l'espace nécessaire à ses vas et viens. Nos bruits remplissent la pièce et je m'en délecte. Enfin après de longues minutes de gémissements prononcés, Marc s'arc-boute dans un cri et se libère par spasmes dans ma main et sur mon ventre. Grâce aux contractions de son corps, je sens à mon tour la jouissance arriver, partant de mon bas ventre et se rependant à vitesse grand V dans tout mon corps tandis que mon sexe se gonfle une dernière fois afin de venir au plus profond de mon amant déverser sa semence.


Marc s'allonge sur mon torse, semblant à bout de forces et c'est avec douceur que je me retire. Le sentant s'endormir, je le secoue légèrement.

 

-Attend, viens prendre une douche, on a de la peinture partout...et pas que de la peinture.

 

Il se redresse et je remarque le rouge de ses joues qui me fait rire.

 

-Arrête de te moquer de moi !

 

-J'y peux rien tu m'fais craquer quand tu rougis !

 

-Ce n'est pas drôle.

 

-Au contraire. Après le spectacle que tu viens de me donner, te voir rougir juste pour ça est plutôt comique.

 

-Je...je voulais juste te faire plaisir. Dit-il en baissant la tête.

 

-Et tu as réussi. Tu as été...formidable, vraiment...Et tu m'as beaucoup, beaucoup excité.


-C'est vrai ?

 

-Hmm hmm !!!

 

-J'ai cru...j'ai eu peur d'être ridicule.


-Tu as été parfait Marc. Et ton petit show m'a beaucoup plu. Autant pour ce que j'avais sous les yeux que pour ce que ça représentait. C'était vraiment un beau cadeau. Merci. Je t'aime, tu sais.

 

Marc relève la tête brusquement. La dernière fois que je lui ai dit ça, j'étais en larme sur la porte de sa chambre, sous le couperet de la séparation qu'il m'infligeait. Il me fait un doux sourire et se penche pour m'embrasser.

 

-Je t'aime aussi.

 

-Allez, maintenant, à la douche !

 

Marc me fait une bouille digne d'un enfant de 6 ans et se laisse tomber sur moi.

 

-Non, je suis naze, j'ai pas envie de marcher.

 

-Tu veux pas que j'te porte quand même.

 

Avant même d'avoir eu le temps de regretter mes paroles, Marc est déjà accroché à mon cou et me lance un :


-C'est une très bonne idée.

 

Après une vaine tentative de me décrocher de ma sangsue personnelle, j'abdique et passe mes mains sous ses cuisses en me levant tandis qu'il enroule ses jambes autour de ma taille. Et c'est en riant que nous nous dirigeons vers la salle de bain. Ce n'est qu'une fois dans la cabine de douche qu'il daigne poser les pieds par terre !!! Nous passons un bon moment à frotter nos corps couverts de peinture sèche...étonnamment, même si il est quasiment entièrement coloré, Marc est principalement barbouillé au niveau du bas ventre, et du bas dos...et avec tous ces frottements, je me retrouve presque aussi brodé que lui !!! Enfin, une fois sortis de la douche et séchés, nous nous installons dans ma chambre et à nouveau je retrouve le bonheur de m'endormir avec Marc lové dans mes bras.

 

Lorsque je me réveille, la respiration de Marc m'informe u'il dort encore. Après avoir profité quelques instants supplémentaires de sa chaleur, je sors doucement du lit pour ne pas le réveiller. J'enfile un bas de pantalon et alors que j'observe mon amant endormi, j'ai comme une sorte d'illumination. Je me dirige vers le salon et saisis une œuvre inachevée, puis je retourne au chevet de Marc. Et c'est en le regardant dormir, qu'enfin j'arrive à terminer son portrait commencé plusieurs mois auparavant...j'ai l'impression que c'était il y a des siècles. Je suis fier de moi, il est particulièrement réussi. Ses yeux qui m'avaient tant posé problème ressortent maintenant telle deux fenêtres sur son âme, ils semblent pétiller de joie et de malice. Je sais d'ors et déjà que c'est une pièce que je vais soumettre au directeur artistique de l'exposition. Je finis par retourner dans le salon pour ranger un peu avant de voir l'heure. Il est près de trois heures du matin, je retourne me coucher. Marc remue un peu et je crains de le réveiller, mais il murmure seulement :

 

-Antoine.

 

Je le sers dans mes bras.

 

-Je suis là mon ange, dors !

 

Ce ne sont pas les rayons du soleil qui me tirent de mon sommeil, mais une main baladeuse qui parcourt mon corps lentement. Avant même d'ouvrir un œil, deux lèvres redécouvrent mon visage.

 

-C'est un réveil très agréable !

 

-Hmm, je sais, j'ai testé aussi !

 

J'arrive enfin à ouvrir les yeux et cette fois, les lèvres de Marc s'attardent sur les miennes. Mais alors que je m'apprête à aller plus loin, Marc recule et semble contrarié.

 

-Ca ne va pas ?

 

Il semble hésiter, puis prend une forte inspiration.

 

-Je suis désolé de te demander ça, je sais que ça ne me regarde pas, mais...j'ai besoin de savoir...

 

-Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?

 

-Quand on était séparé, tu as eu quelqu'un d'autre ?

 

Je sens mon sang déserter mon visage et un lourd silence s'installe.

 

-Oui.

 

Marc baisse les yeux, mais je les ai bien vus s'embuer. Je sais que je dois tout lui dire, et j'ai eu beau retarder au maximum le moment, je ne peux plus reculer. Marc a droit à la vérité, même si la peur de le perdre à nouveau me terrorise.


-Je vais tout t'expliquer d'accord ?!

 

Il acquiesce doucement et je le sers dans mes bras avant de me lancer dans le douloureux récit de notre rupture et de la descente aux enfers par laquelle je suis passé. Je n'omets rien, je parle de ma douleur, de mes conneries, de Vincent, de l'autre, de la drogue, du test, de l'attente, de la peur, des résultats, de mes regrets, de ma mère...

 

-Alors c'est pour ça que je n'ai toujours pas revu ta mère...

 

-Oui. Je suis vraiment désolé Marc. J'ai été stupide et inconscient. Mais même si j'ai fait des conneries, je te jure que je n'ai jamais aimé que toi. Et même si Vincent m'a été d'un grand secours, il n'est qu'un ami, tu me manquais, j'étais tellement mal...je savais plus où j'en étais...Je suis désolé. J'espère que tu ne m'en voudras pas trop.

 

Marc me fusilla du regard et s'exclama :

 

-Bien sur que je t'en veux. Tu as mis ta santé en jeu sans réfléchir aux conséquences. Tu as fait n'importe quoi, est-ce que tu te rends compte de ce qui aurait pu t'arriver ? Tu aurais pu tomber sur des gros malades, tu aurais pu choper n'importe quoi, tu t'es drogué ! Oui pour ça je t'en veux et tu as bien de la chance de pas avoir eu de problème parce que je te jure que j'aurais fait de ta vie un véritable enfer !

 

A chacune de ses phrases, je baissais un peu plus la tête, sentant les larmes monter au fur et à mesure.
Finalement, après une courte pause, Marc reprit beaucoup plus calmement.

 

-Je suis en colère parce que ce que tu m'as raconté m'a fait peur pour toi. S'il t'était arrivé quelque chose, je ne m'en serais jamais remis. Quant au reste...je n'ai pas à t'en vouloir pour avoir... couché avec d'autres hommes. Nous n'étions plus ensemble et même si ça me tue de le dire, tu étais libre de faire ce que tu voulais d'autant plus que la décision venait de moi. Mais que je ne t'y reprenne plus jamais ! Tu es à moi, maintenant, je ne te laisserai plus partir.

 

-Merci Marc. Merci mon ange.

 

Et avec un doux sourire, Marc m'embrassa, mettant ainsi un terme à la discussion.

 

Quinze jours plus tard, c'est la grosse panique. L'exposition est pour aujourd'hui et je perds complètement le contrôle de moi-même. Je tourne en rond comme un lion en cage. Je suis dans une sorte de petite loge pour les artistes...j'ai le trac. Des grands spécialistes de l'art seront présents ce soir et j'ai peur de me ridiculiser. Je commence à avoir le tournis à force de tourner quand on toque à la porte. La tête de mon professeur d'art apparaît.

 

-Bonsoir Antoine !

 

-Bonsoir monsieur.

 

-Comment tu te sens ? Pas trop le trac ?

 

-Vous voulez rire, il creuse le sol depuis tout à l'heure.

 

Je lance un regard noir à Marc qui me fait un grand sourire. Mon professeur le regarde un instant surpris, puis ses yeux reviennent sur moi et il me sourit. Comprenant l'allusion, je hoche la tête. Marc, s'apercevant de cet échange, fronce les sourcils. Je décide d'ignorer ses interrogations. Il finira bien par comprendre.

 

-C'est vrai que je suis plutôt nerveux...si ça se trouve, ça ne va pas plaire du tout, j'aurais jamais du accepter de faire ce truc...je vais me prendre la veste du siècle !!!


-Ne t'inquiète pas, tes œuvres sont superbes. Ca va bien se passer, détend toi. Bon je dois y aller, les organisateurs m'attendent, je voulais juste te souhaiter bonne chance !

 

-Merci monsieur, à plus tard.

 

Il repart et à nouveau je fais les cent pas.

 

-A non, tu ne vas pas recommencer. Tu me donnes le tournis.

 

Marc me bloque la route et me pousse contre le mur m'offrant un baiser passionné qui me coupe tout raisonnement logique. Ses mains sortent ma chemise du pantalon et commencent à l'ouvrir et avant que j'ai pu l'en empêcher, sa bouche prend une direction très au sud de mon visage.

 

Ce n'est qu'en me rhabillant que je me rends réellement compte de ce qui vient de se passer et de ce qui aurait pu se produire si quelqu'un était rentré.

 

-Tu es malade ! Imagine que quelqu'un nous ait vu !!!

 

-Ca n'a pas été le cas, tout va bien ! Et au moins, tu es détendu, maintenant !

 

-Oui, c'est vrai.

 

Effectivement, j'avais comme qui dirait, évacué la pression. Et lorsqu'une jeune femme vint me chercher pour l'ouverture des portes, je pus la suivre sereinement. Tous les participants sont rassemblés au milieu de la salle pour assister au dernier débriefing de l'organisateur. J'ai bien l'impression que ce type est plus stressé que moi, et Marc se moque allègrement de lui...en toute discrétion bien sur !!! Chacun a eu le droit de venir avec une personne de son choix et je vois que la plupart des participants ont à peu près mon age et qu'ils ont également choisi leur compagnon pour justement...les accompagner !
Enfin les portes s'ouvrent et les « invités » pénètrent dans la galerie. Il y a un monde fou, je ne pensais pas que les jeunes talents pouvaient être aussi intéressants !!!

 

Je fais un tour de galerie avec Marc à mon bras. Et arrivé à mon espace, Marc peine à retenir un petit cri de surprise lorsqu'il tombe face à face avec lui-même. En effet, son portrait est là, accroché au mur au milieu des autres toiles. Il est en quelques sorte ma pièce maîtresse !

 

-Quand...quand est-ce que tu as fais ça ?

 

-Oh! ...Je l'ai commencé en début d'année...et je l'ai fini l'autre nuit, après le verdict du procès.

 

-Eh bien, mon cher, si vous voulez faire carrière, il faudra faire un peu plus vite que ça !!!

 

Il dit ça d'un ton docte et nous finissons par en rire. Je vois arriver Kathy et Gaston accompagnés de Vincent et Yoann. Je les salue et observe Marc qui se trouve face à Vincent.

 

-C'est toi Vincent ?

 

-Oui, pourqu....

 

Il n'a pas le temps de finir sa phrase que Marc lui lance son poing dans le ventre. Vincent, le souffle coupé se retrouve genoux à terre. Marc l'aide alors à se redresser.

 

-Voilà, maintenant, on peut partir sur de bonnes bases. Enchanté, je suis Marc.

 

Et il lui sert la main. Nous le regardons tous, étonnés, mais finalement Vincent après avoir repris sa respiration, rigole.

 

-Faites pas cette tête les mecs, moi à sa place j'aurai fait bien pire si il avait couché avec mon mec ! Par contre, mon vieux, tu as un sacré crocher...je ferais en sorte de pas l'oublier...

 

La soirée continue tranquillement. De nombreuses personnes passent, certaines s'arrêtent et discute avec moi de différentes toiles, au fur et à mesure que les compliments arrivent, je me détends et au bout d'un moment Marc me murmure à l'oreille :

 

-Regarde qui voilà !

 

Je tourne la tête et aperçois Henri, Agathe et...ma mère...

 

Je reste un instant interdit le temps que mon cerveau analyse calmement la situation. Lorsque enfin j'ai réussi à calculer que ma mère est bine là, présente, à l'exposition des jeunes talents dont je fais partie, qu'elle ne semble pas en colère et qu'elle est...magnifique ce soir... je me rends compte que mes amis m'ont lâchement abandonné et qu'ils discutent un peu plus loin avec Henri et Agathe... Je me retrouve donc seul face à celle qui peu en quelques phrases tout faire basculer du bon ou du mauvais côté*. Elle s'approche et me sourit tendrement.

 

-Tu es venue !

 

-Je n'allais pas rater la première exposition de mon fils !

 

-Bah! ce n'est pas vraiment la mienne, j'en fait partie c'est tout...

 

Un silence gêné s'installa.

 

-Je suis vraiment désolé, maman. Je sais que je t'ai déçu...je te demande pardon. Et crois moi, ça ne se reproduira plus jamais.

 

-Je sais mon chéri, je sais. Tu m'as vraiment flanqué la frousse de ma vie, Antoine. Tu es et tu resteras mon petit garçon, peu importe les années qui passent, et j'ai eu tellement peur de te perdre, rétrospectivement ! Henri m'a raconté ce qu'il sait sur cette histoire et comment tu as affronté ça tout seul. Et aujourd'hui, tu es là, te préparant à ton avenir...je veux que tu saches que je suis très fière de toi.

 

Elle ouvre les bras et je me laisse aller doucement à l'étreinte ! C'est fou comme elle m'a manqué !


-Nous sommes ridicules à moitié en larme au milieu de la galerie tu ne trouves pas ?

 

-Oui, tu as raison, nous ne sommes pas là pour ça ! Et d'ailleurs je crois qu'un charmant jeune homme aimerait bien retrouver sa place à tes côtés.

 

Je tourne la tête vers Marc qui, tout en continuant sa conversation jette de petits coups d'œil inquiets dans notre direction. Finalement nous faisons signe à tout le monde de venir. Marc me prend par la taille et m'embrasse sur la tempe après avoir salué ma mère et les discussions reprennent.

 

Un homme assez âgé qui était déjà passé tout à l'heure et avec qui j'avais discuté de mes peintures s'approche avec mon prof d'art. Celui-ci m'entraîne un peu à l'écart.

 

-Antoine, je te présente le professeur Kerovski, directeur de l'institut national des arts et du graphisme. Il souhaiterait s'entretenir avec toi.

 

-Bonsoir, monsieur.

 

-Bonsoir monsieur Salier. Nous nous sommes rencontrés tout à l'heure.

 

-Oui, je m'en souviens.

 

-Eh bien, après avoir vu vos œuvres et avoir discuté avec votre professeur, j'aimerai beaucoup que vous veniez à l'institut, pour tenter les tests d'entrée.


Je reste sous le choc. Il veut que je vienne passer le concours d'entrée. Moi ? J'ouvre la bouche deux ou trois fois avant d'arriver à émettre un son...

 

-Moi ?

 

-Oui, vous. Biens sur, il vous manque une certaine maîtrise, ainsi que de la maturité, mais tout cela s'apprend. Et si vous tentez votre chance à notre concours, vous aurez mon appui auprès du jury.

 

Le reste de la conversation est dans le brouillard. Je me souviens avoir serré sa main beaucoup trop longtemps, l'avoir remercié beaucoup trop de fois et avoir pris sa carte qu'il me tendit. Lorsque je retourne vers ma famille et mes amis, il me faut bien quelques minutes avant d'arriver à expliquer clairement :

 

-C'était le professeur Kerovski, LE professeur, directeur de l'institut des arts le plus coté d'Europe...et il veut que je tente le concours pour entrer dans leur école !

 

Des cris de joie répondent à mon annonce ! Et je passe de bras en bras, recevant des baisers de tout le monde, bien que Marc ne m'ait pas laissé très longtemps dans les bras de Vincent...

 

-Félicitations mon chéri, nous aussi avons quelque chose à vous dire. Henri et moi, avons décidé de nous marier. Et bien sur, vous êtes tous invités.

 

A nouveau des cris de joie remplissent la pièce, je crois que nous commençons à faire tache dans cette galerie plutôt huppée !!! Kathy donne un coup de coude à Gaston et celui-ci se racle la gorge.

 

-Puisqu'on en est au nouvelles, vous savez que depuis quelques temps Kathy est malade et j'avoue que j'étais très inquiet pour elle. Alors nous avons consulté et je n'ai pas à me faire de soucis pour elle, par contre dans quelques mois, je devrais me soucier d'une personne supplémentaire. Nous allons être parents !

 

Cette fois, c'est carrément l'explosion et nous finissons par être priés de sortir car nous gênons les invités ! Heureusement, le professeur Kerovski est déjà partit depuis quelques minutes. Mais pour le moment tout ça n'a plus d'importance, je suis entouré de ma famille, de mes amis, de mon homme et pour nous, ce soir, la fête va continuer jusqu'au bout de la nuit !!! Je regarde ce petit groupe qui fait mon monde et un doux sourire vient se poser sur mon visage.

 

-Ca va mon cœur ?

 

Marc semble un peu inquiet.


-Oui, très bien. Je réfléchissais.

 

-Et ?

 

-Je crois bien que je suis heureux !

 

-Je le suis aussi.

 

Et sous les encouragements bruyants de nos amis, nos lèvres se joignent à nouveau.

 

 

FIN

* Le premier qui me sort une réplique de Dark Vador se retrouvera maudit sur 17 générations!!!

 


Je vous présente toutes mes excuses pour ce chapitre si tardif. Tout ne s'est pas déroulé comme je l'avais prévu. Et quand j'ai commencé à écrire, je me suis refusé d'écrire autre chose avant d'avoir fini cette fiction et comme ce chapitre m'a posé beaucoup de soucis, ça a sans arrêt été reporté....pour me faire pardonner, il fait le double des autres...et en plus c'est une happy end !!! Si ch'uis pas trop gentille, hein !!!!
Certains d'entre vous le savent, je dois passer au rattrapage, ce qui signifie révisions, révisions, révisions et j'aurai d'autant moins de temps que je suis actuellement en stage. J'espère quand même pouvoir écrire...l'avenir nous le dira.
En attendant j'espère que ce chapitre vous plait et que la fin vous convient...j'ai pensé à plein de choses pour ouvrir l'histoire sur autre chose (retour du père d'Antoine, l'éloignement du aux études...et d'autres...) mais je trouve ce chapitre tellement mauvais que je crois que c'est mieux si j'arrête la. Il faut savoir mettre un terme aux choses avant de les dégrader...

Ca reste quand même mon premier bébé et je suis très heuresue de l'avoir partagé avec vous...et assez émue aussi d'avoir écrit le mot "fin".....une p'tite larmichette!!!! Merci à tous pour vos visites, vos messages, votre soutien, vos encouragement....

Je vous embrasse !
A bientôt j'espère...

Par Meryl
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Dimanche 20 avril 2008
-Maman, il faut que je te parle.

Elle perd son sourire lorsqu'elle me voit si sérieux. Elle me fait entrer et ne me demande même pas pourquoi je ne suis pas en cours. De toutes façons, ce soir c'est le week-end et j'y retourne dès lundi. Je n'aurai manqué que trois jours.

 

-Assieds toi.

 

Je m'exécute. J'ai les paumes de main toute moite, un nœud à l'estomac et je suis sur que je suis pâle comme un linge.

 

-Tu veux boire quelque chose.

 

-Non merci.

 

-Qu'est-ce qu'il se passe poussin ?

 

Je ne sais pas trop par où commencer. J'ai eu beau préparer tout un tas de phrases, je ne me souviens plus de rien. J'inspire un grand coup et me lance :

 

-Henri ne te trompe pas.

 

Oh purée....ce n'était pas du tout l'entrée en matière que j'attendais...Je fais vraiment n'importe quoi quand je suis stressé. Ma mère semble tomber des nues, et être très gênée.

 

-Enfin Antoine, comment....

 

-Attends, s'il te plait. Laisse moi parler d'accord. J'ai des choses à te dire. Des choses qui ne vont pas te plaire et qui vont te blesser, mais crois moi, j'ai déjà été bien puni. Et comme c'est déjà très difficile à avouer, je voudrais que tu ne m'interrompes pas. Laisse moi parler et après...après tu feras ce que tu voudras...

 

Le malaise s'installe. Je sais qu'elle a peur de ce que je vais lui dire, ça se voit sur son visage. Mais elle ne dit rien, elle acquiesce juste.

 

-Je te disais qu'Henri ne te trompait pas. Je suis au courant que tu le soupçonne parce qu'il m'en a parlé. Et si je sais qu'il ne te trompe pas, c'est parce que toutes les fois où il n'était pas avec toi, il était avec moi.

 

Là, je vois bien qu'elle est complètement perdue. Mais comme promis elle attend la suite.

 

-Maman, tu m'as dit l'autre jour au téléphone que je n'étais pas venu te voir depuis un moment. Pour être honnête ça fait un mois. Et si je ne suis pas venu, c'est parce que j'étais malade.

 

Elle blêmit encore plus.

 

-Non, ne t'inquiète pas, je n'avais pas de maladie, j'étais malade à cause d'un traitement.

 

Je m'embrouille de plus en plus. Ma mère n'y comprend plus rien et semble avoir bien du mal à ne pas me poser de question. Je décide de reprendre à zéro.

 

-Maman, quand je suis venu il y a un mois, je n'étais pas bien parce que Marc m'avait quitté.

 

Elle hoche la tête.

 

-Le truc c'est que j'étais mal. Vraiment très mal et....j'ai fait n'importe quoi. La semaine qui a suivi mon passage ici, je suis allé en boite et j'ai....j'ai couché avec un type que je ne connaissais pas. J'avais bu...beaucoup et....et j'ai même pris de la drogue....enfin je....C'est un ami qui m'a ramené à la maison et le lendemain, en plus d'une gueule de bois faramineuse, je me suis rendu compte que je ne m'étais pas protégé.

 

Je n'ose même plus relever la tête. Je ne veux pas croiser ses yeux. Mais le silence est toujours là et me permet de continuer.

 

-Avec mes amis, je suis allé à l'hôpital immédiatement et j'ai été pris en charge par un médecin. J'ai été mis sous traitement de prévention contre le sida. C'est un traitement qui dure un mois et les effets secondaires sont assez dérangeants. C'est pour ça que je disais que j'étais malade. Ca n'a pas été facile tous les jours et c'est aussi pour ça que je ne suis plus venu. Je voulais te le dire, je te jure, mais quand je suis arrivé, tu n'étais pas là....et il y avait Henri, alors, je lui ai dit et il m'a dit qu'il allait m'aider...et je ne voulais pas que tu te fasses de soucis pour moi, alors je lui ai demandé de ne rien te dire. Il n'était pas d'accord, il disait que tu devais être mise au courant, que tu ne méritais pas que je te cache un truc pareil. Mais je lui ai fait promettre. C'est pour ça qu'il disparaissais quelques temps de la maison. Il était avec moi maman, il m'a soutenu pendant tout ce temps. Jamais il ne t'aurait trompé, je vois bien qu'il t'aime. Il était à mes côtés et il m'a beaucoup aidé....

 

Le silence, toujours le silence. Je ne dois pas relever les yeux...j'en suis incapable. Je sens les larmes couler sur mes joues.

 

-Je suis désolé maman. Si tu savais à quel point. Je m'en veux. Mais tu ne dois pas en vouloir à Henri, il n'a fait que m'aider, et tenir sa promesse. Je sais que j'ai été idiot, j'ai fait n'importe quoi...j'ai pas d'excuse, je suis juste désolé...

 

Je lève enfin les yeux vers ma mère. Ses traits son crispés, mais son visage semble froid, dur comme la pierre.

 

-Tu as les résultats ?

 

-Euh...oui, je...c'est négatif, je vais bien....enfin je dois avoir une autre prise de sang dans trois mois, mais je....

 

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je vois ma mère se lever et elle me colle une gifle monumentale. J'ai sentit mon cou craqué sous la violence du choc. Je la regarde, une main sur la joue, ne sachant comment réagir. C'est la première fois de ma vie qu'elle me met une gifle. Gamin, j'ai eu des fessées bien sur, mais une gifle, jamais...
Elle semble irradier de colère et tente de maîtriser sa voix.

 

-Sors d'ici !

 

-Quoi ?

 

-Tu n'imagines pas à quel point tu me déçois. Je veux que tu t'en ailles. Si je te parle maintenant je vais dire des choses blessantes. Alors tu sors immédiatement de chez moi, tu rentres dans ton appartement et je t'appellerai quand je serai calmée. Maintenant, SORS !!!

 

Je ne cherche pas à comprendre, je me retrouve dehors, toujours une main sur la joue, baignant dans mes larmes. Je m'écroule contre le mur et me laisse aller à de longs sanglots. Ca faisait un moment que je ne m'étais pas laissé aller à pleurer vraiment. Pourtant des larmes, j'en ai eu ces derniers temps, mais la, je me laisse aller, je verse tout ce que j'ai sur le cœur, et étrangement je me sens me vide d'un poids. J'avais oublié à quel point pleurer peut faire du bien. Je sens deux bras me serrer. Je lève la tête. Agathe, ma jolie Agathe. Elle me fait un gros câlin et un gros bisou qui me redonnent le sourire. Un peu plus loin, Henri nous regarde. Il me sourit tendrement. Comme un père le ferait à son fils.

 

-Allez, viens. Je te ramène.

 

Le trajet se fait en silence. Arrivé devant chez moi. Je reste quelques secondes dans la voiture. Comme si en sortir, me ferait affronter le monde extérieur. Henri me coupe dans mes pensées.

 

-Merci Antoine. Je me doute que ça n'a pas été facile pour toi, mais je te remercie.

 

-Bah, je l'aurai mise au courant un jour ou l'autre...c'est mieux que ça se soit fait maintenant, au moins, je ne lui ai pas caché trop longtemps. Et puis, je te devais bien ça. C'est à moi de te remercier, pour tout ce que tu as fait. C'est énorme pour moi. Je ne l'oublierai pas.

 

Je l'enlace. C'est court, c'est timide, c'est fragile, c'est peut être même un peu gênant, mais nous sommes enlacés, et je me surprend à penser que j'aurai bien aimé qu'Henri soit mon père. Je fait un baiser de la main à Agathe qui me le rend avec un grand sourire. Cette fille est une perle.

 

Je rentre dans l'immeuble. Je sais que ma mère m'en veut. C'est logique, je m'y attendais, mais ça fait quand même très mal. Je ramasse mon courrier en passant. Rien de bien intéressant. J'entre dans mon appart' et pose les lettres et la publicité sur le petit meuble. Je me retourne et sursaute, manquant de faire une crise cardiaque.

 

-Marc ?!!

 

Il est là, devant moi, plus beau que jamais. Il semble un peu nerveux. Je suis, pardonnez-moi l'expression, complètement sur le cul. Je n'aurai jamais cru le revoir si vite, et surtout, de sa propre initiative...Et puis comment ça, si vite, lui aussi ça fait un mois que je ne l'ai pas revu. Il m'a manqué....Dieu qu'il est beau...je l'ai déjà dit ? Peut-importe, je me plais à le répéter.
J'avais déjà dit que lorsque j'étais stressé ou surpris, je n'arrivais jamais à sortir quelque chose d'intelligent. Je crois que j'ai battu le record car je lui dit :

 

-Tu as coupé tes cheveux ?

 

-Euh...oui...

 

Nous restons là, face à face, à quelques pas l'un de l'autre. Il me tend son trousseau, mon cadeau de noël. Il n'avait jamais eu l'occasion de s'en servir encore. C'est surprenant que ce soit fait dans ces circonstances.

 

-J'espère que ça ne te dérange pas que j'ai utilisé tes clés. Enfin je comprendrai que ça t'énerve, après tout, je suis chez toi...mais je me suis dit....enfin, si tu veux je peux te les rendre...c'est juste que...

 

Il s'enfonce un peu plus dans des excuses et je sors enfin de ma torpeur.

 

-Non. Ca ne me dérange pas. Et je voudrais que tu gardes ces clés.

 

Je laisse passer un petit silence pendant lequel Marc range ses clés dans sa poche. Et je ne peux pas
m'empêcher de lui dire :

 

-Ca me fait plaisir de te voir.


Il me fait un sourire radieux. Il a l'air bien. Soudain je percute.

 

-Le procès. Comment ça s'est passé ?

 

-Eh bien...plutôt bien je crois. Mademoiselle Ramia m'a dit que nous avions de bonne chance de le remporter.


Il se tait un moment puis reprend.


-Je l'ai vu tu sais.

 

-Ton oncle ?

 

-Oui. Il était là, en face de moi. Et...je l'ai regardé...droit dans les yeux. Et...il a finit par détourné le regard. Il a baissé les yeux...face à moi....tu te rends compte ?

 

Marc ressemble à un enfant qui raconte une journée découverte. Il semble émerveillé du pouvoir qu'il a en lui. Cette force qui l'habitait a enfin fait surface.

 

-Alors tu l'as enfin affronté...

 

-Oui. J'ai...je lui ai prouvé qu'il ne pourrait jamais me détruire....Merci pour ça aussi...

 

Je rougis face à son allusion à mon petit mot, remis par Gaston le matin même.

 

-Comment sais tu que c'est moi ?

 

-Ca ne pouvait être que toi. Et puis n'oublie pas qu'après ton agression, je t'ai fait réviser pendant plus d'une semaine. Je pourrais reconnaître ton écriture entre mille.

 

Mes joues doivent avoir une jolie teinte vermeille, à présent.

 

-Je voulais juste que tu saches que j'étais là, c'est tout.

 

-Je le savais. Même sans tes mots. Mais je voulais quand même te remercier, c'est pour ça que je suis là.

 

-Oh, d'accord. C'est seulement pour ça ?

 

Je m'approche un peu. Il est tout prêt maintenant, mais il ne recule pas. Je tends ma main vers sa joue mais je me rends compte de mon geste et le suspends. Ma main reste en l'air quelques secondes et finalement Marc la saisi et la pose lui même sur sa joue.

 

-Non, pas seulement.

 

Je sens sa peau sous mes doigts, si douce. Et je me souviens...

 

-Je suis désolé de t'avoir frappé l'autre jour. Je ne voulais pas, c'est partit tout seul...j'avais mal...

 

-Je sais, c'est pas grave. C'était mérité. Je sais que je t'ai blessé Antoine. Ce n'est pas ce que je voulais, mais je l'ai fait. J'ai essayé de prendre la meilleure décision pour moi et je n'ai pas fait attention aux conséquences. Mais je voudrai que tu comprennes, j'avais besoin de me retrouver. Il fallait que je le fasse seul. Aujourd'hui, je sais que je suis capable de lui faire face, et je peux me tourner vers l'avenir sans avoir à jeter des coups d'œil en arrière. Je voudrai....enfin je comprendrai que tu ne veuilles pas, mais...j'aimerai, que tout les deux....enfin, si ça te dit, on pourrait peut-être....réessayer quelque chose....

 

Au fur et à mesure de ses paroles mes battements cardiaques ont accélérés tandis que Marc se rapprochait. Il est tout contre moi maintenant. Ses lèvres ne sont plus très loin des miennes et je sais qu'il n'attend que moi.

 

-Tu es sur de toi ?

 

-Plus que jamais. Mais et toi ?

 

-Je...Marc si tu devais me laisser à nouveau, je ne m'en remettrai pas...

 

-Je sais. Je suis vraiment désolé Antoine. Mais je n'ai plus l'intention de te laisser. C'est toi que je veux.

 

J'attends ce moment depuis tellement longtemps...et pourtant mon cœur balance. J'ai peur, c'est indéniable. J'ai trop souffert ces derniers temps pour pouvoir me relancer à corps perdu dans notre histoire. Et pourtant j'en meurs d'envie. J'avais l'intention de revoir marc et de le séduire, jamais je n'aurai imaginé que ce soit lui qui fasse le premier pas. Cette épreuve l'a transformé. Il paraît plus sur de lui, confiant. Ca me met du baume au cœur, et ça m'inquiète. Si il se rendait compte qu'il n'avait plus besoin de moi ? Si il finissait par aller voir ailleurs, maintenant qu'il n'a plus peur ?

 

-Marc, je suis désolé....mais, on ne peut pas repartir de là ou on s'était arrêté...pas après tout ce qu'il s'est passé. Ca voudrait dire repartir sur des mauvaises bases, et ça finirait forcement par casser....je suis désolé...

 

Je vois ses beaux yeux se remplir de larmes. Il commence à s'éloigner de moi.

 

-Bien je vais rentrer alors. Désolé de t'avoir dérangé.

 

Il se dirige vers la porte.

 

-Marc, attends, j'ai pas fini ma phrase.

 

Il s'arrête et se retourne doucement, les yeux remplis d'un mélange de tristesse et d'espoir...

 

-Je te disais qu'on ne pouvait pas repartir sur de mauvais bases. Mais si tu voulais bien sortir avec moi...un de ces soirs...peut-être qu'on pourrait tenter d'en construire de nouvelles...

 

Il me regarde, pas certain d'avoir comprit. Je lui sourit et alors il pousse un soupir de soulagement en me rendant un sourire éclatant. Il revient et me sert dans ses bras. Je passe mes bras autour de sa taille et plonge mon nez dans son cou. Je me rends compte à quel point ça m'avait manqué. Son odeur, ses gestes, sa voix....ça ne va pas être facile de ne pas lui sauter dessus dès notre premier rendez-vous, mais j'y arriverai. C'est la condition d'un possible futur entre nous. Repartir sur des bases saines, et faire évoluer notre relation normalement.


Je sens ses larmes sur mon épaule. Je remonte son menton du bout des doigts.

 

-Tu es libre ce soir ?

 

Il acquiesce toujours avec son sourire scotché sur le visage.

 

-Ca te dirait un resto ? Ou un ciné ? Ou un bowling...ou n'importe quoi en fait...ça te dirait de passer la soirée avec moi ?

 

-Oui....oui, ça me ferait très plaisir. Tu passes me prendre tout à l'heure ?

 

-Ok, pas de soucis. 20h ?

 

-Ok. Je dois rentrer maintenant. On m'attend.

 

-D'accord, rentre bien.

 

-Merci.

 

Il s'éloigne et enfile sa veste. Je le rejoins à la porte. Il franchit le seuil puis s'arrête brusquement. Il fait demi tour et avant que je comprenne je sens ses lèvres rencontrer les miennes. C'est un baiser chaste, tendre, un peu hésitant, mais ardemment désiré. Je voudrais approfondir le baiser, le coller contre le mur de mon appartement et lui faire l'amour jusqu'à plus soif, mais déjà il s'éloigne de moi.

 

-Désolé, j'en avais envie.

 

Il rougit. Ca me fait sourire.

 

-Je trouve que ce sont d'excellentes bases, pas toi ?

 

Il rit. J'aime son rire. Cette fois c'est moi qui l'embrasse. Et le baiser est beaucoup moins chaste. Nos lèvres s'ouvrent, laissant nos langues se retrouver avec avidité. Nos souffles s'accélèrent, nos mains glisses doucement sur nos corps. Lorsqu'à bout de souffle, nous nous détachons, je vois briller cette lueur de désir brut dans ses yeux. Je ne l'y avais encore jamais vu et elle me fait un effet incroyable. On se regarde un petit moment s'admirant mutuellement, comme si nous n'étions pas bien sur d'être à nouveau ensemble.

 

-Je crois que je ferai mieux de rentrer maintenant. Sinon, je risque de ne pas pouvoir repartir...

 

-Oui, c'est mieux. Je passe tout à l'heure.


-Oui.

 

-Merci Marc.

 

-Pourquoi ?

 

-Pour être venu. Pour avoir fait le premier pas.

 

Il me sourit. Et pose à nouveau ses lèvres sur les miennes, juste assez pour que je puisse à nouveau les goûter, mais pas trop pour que nous ne dérapions pas.
Il s'en va, et me fait un signe en bas de l'escalier. Je souris. Il part, mais je sais qu'il reviendra. Et cette fois, je ne le lâcherai pas.


 

 

 

Voilà un nouveau chapitre de cœur figé. Et l'histoire est normalement presque finie. Selon mes plans, il reste encore deux chapitres. Mais vous me connaissez maintenant et vous savez que mes plans sont rarement suivis (qui a dit jamais ?). Donc voilà à priori l'histoire s'arrête dans deux chapitres...mais qui sait peut-être aurais-je une idée lumineuse d'ici la pour la continuer...ou peut-être pas...
J'avoue que j'ai du mal à me mettre en tête de laisser mes bébés (on ne se moque pas !!!)...ben oui, ce sont mes miens que j'ai crée et tout et tout...ça me fait bizarre de me dire que bientôt je ne les ferai plus vivre !!! Ch'uis trop sentimentale comme fille !!! lol
Bon j'arrête avec mes bêtises, j'espère que ce chapitre vous convient.

Par Meryl
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Lundi 14 avril 2008
Jour-J. Nous y sommes. J'ai une tête à faire peur, mais au moins, cette fois, ce n'est pas du à une gueule de bois. Je n'ai bien sur pas pu fermer un œil de la nuit. J'ai eu de fortes nausées. Impossible de dire si c'est à cause du traitement ou du stress...sûrement un subtil mélange des deux. Quoiqu'il en soit, j'ai des cernes qui tombent jusqu'aux menton. Henri doit passer me chercher dans 5 minutes et je tourne en rond déjà depuis plus d'une heure. Ca sonne. Je me précipite dans les escaliers. Ils sont tous là. Henri, Gaston, Vincent, Kathy...et je suis à deux doigts de pleurer. Ils sont là pour moi.

Nous arrivons finalement à l'hôpital. Je me présente au laboratoire et la secrétaire me tend une enveloppe. Je ressors, mon enveloppe à la main. Ils me regardent.

 

-Alors ? me demande Vincent.

 

-Je sais pas, j'ai pas encore ouvert.

 

-Ben qu'est-ce que tu attends ? la c'est Gaston....

 

Mais ils ne comprennent pas, je suis mort de trouille, moi. Une bonne partie de ma vie peut se jouer avec ce qu'il y a dans cette enveloppe. Je la tend à Vincent.

 

-Tiens, lis-la, toi. Moi j'ose pas.

 

Il me l'arrache des mains et l'ouvre. Tous les yeux sont fixés sur lui.

 

-Alors, alors....Monsieur Salier Antoine, bla bla bla, né le bla bla....AH ! voilà. Alors hépatites...négatif , syphilis...négatif, VIH....oh...

 

-Quoi ? Pourquoi « oh » ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis positif ?


-Je suis désolé mec mais....

 

Je sens le sang quitter mon visage. Je lui arrache la feuille des mains et tombe sur la ligne. VIH....négatif. Je met un petit moment à comprendre.

 

-Ben...je croyais que...

 

Vincent reprend la parole.

 

-Tu es négatif espèce d'idiot. Je voulais juste être sur que tu ne recommencerais pas ce genre de connerie. Avec une frayeur pareille, je pense pouvoir dire que tu es vacciné.

 

-QUOI ? Espèce de....je suis....j'y crois pas, je....

 

Je ne sais plus trop ou j'en suis. Je sais que je frappe Vincent et que la seconde d'après je le sers dans mes bras. La feuille tourne de mains en mains. Les sourires retrouvent leur place sur les visages. Je pleure, je ris, j'embrasse....Je ne me suis jamais senti aussi léger. La boule est partie. Je ne suis pas malade. Je suis bien vivant et en bonne santé. Je ne vais pas mourir. Je peux arrêter le traitement. Tout va bien.

 

Après nos embrassades, je retourne à l'intérieur. J'ai rendez-vous avec le médecin pour parler de tout ça et pour une nouvelle prise de sang. Mais plus rien n'a d'importance. Je me ballade avec un grand sourire plaqué sur mon visage...une première à l'hôpital je crois...

 

Nous finissons par nous séparer. Mes amis doivent retourner respectivement en cours et au boulot. Henri me raccompagne chez moi.

 

-Antoine, maintenant que tu sais que tout va bien, je crois qu'il faudrait que tu parles à ta mère.

 

-Oui, je sais bien. Je comptes lui dire...mais je pensais attendre encore un peu. La, c'est vraiment tout frais.


-Je comprends, le problème vois-tu, c'est que ces derniers temps, j'ai essayé de passer du temps avec toi. Je sais que tu avais besoin de soutient et j'ai essayé de faire mon possible...

 

-Oui, je sais Henri. Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi. Tu as vraiment été formidable.

 

-C'est gentil, mais si tu veux me remercier, je pense qu'il y a un moyen.

 

-Lequel ?

 

-J'aimerai vraiment que tu parles à ta mère.

 

Son ton m'inquiète.

 

-Pourquoi ? Elle se doute de quelque chose ?

 

Henri rougit...j'y crois pas, il rougit !

 

-Eh bien, non, sur toi elle ne se doute de rien...le soucis, c'est moi.

 

-Comment ça ?

 

-Antoine, je suis passé presque tous les jours chez toi depuis un mois et ces deux derniers jours j'ai pris un congé pour être à tes côtés. Je l'ai fait parce que tu m'avais demandé de ne rien dire à ta mère. C'était ton choix et je l'ai respecté, même si je ne l'approuvais pas. Je sais que si elle l'avait su, elle aurait fait la même chose que moi, c'est à dire essayer de te montrer toutes son affection. Et ça m' a aussi permit de découvrir qui tu étais et je ne regrette pas du tout. Mais avec tout ça, mon emploi du temps s'est retrouvé avec un bon tas de trou inexpliqué et ta mère....elle croit que je la trompe...

 

-Quoi ?

 

-Ta mère croit que je vais voir ailleurs. Voilà pourquoi, j'aimerai que tu lui expliques. Je ne peux rien lui dire sans trahir la promesse que je t'ai faite. Mais aujourd'hui je te demande de l'aide. Je ne veux pas risquer de la perdre, tu comprends ?

 

J'acquiesce. Je n'avais pas imaginé que je puisse mettre Henri dans une telle situation. Je réalise que ces derniers temps, je n'ai pas pensé à grand chose d'autre qu'à moi...et à Marc aussi...mais la, je ne contrôle pas. Après tout ce qu'il a fait pour moi, je ne peux pas lui refuser ça...et même si il ne l'avait pas fait d'ailleurs. Ma mère est heureuse avec lui, et c'est tout ce qui compte.

 

-Très bien, je lui parlerai. Je viendrai chez vous demain soir. Avant je ne peux pas, j'ai des trucs à faire.

 

Oui, avant j'ai des trucs à faire. Demain, c'est le procès de Marc.

 

Henri me dépose. Je suis épuisé. Je crois que je vais me faire un casse-croute et ensuite une petite sieste. Je ne tarde pas à m'endormir. Après tout, j'ai un mois de sommeil à rattraper.

 

Je me réveille sous les coups de sonnette intempestifs de Gaston. Une fois monté, il s'installe et nous discutons du procès. Il vient de chez Marc et apparemment, il a le trac. Rien d'étonnant, mais je m'en veux de ne pas pouvoir l'aider. Puis nous abordons un sujet qui commence à prendre pas mal de place dans ma vie : l'exposition des jeunes talents. Je ressors mes dessins et mon matériel. Maintenant que j'ai à nouveau la tête libre, je sens l'inspiration revenir au grand galop. Je déborde de projets et il va falloir que je trie. Je présente les quelques esquisses que j'ai déjà commencé. Il remarque aussi le portrait de marc. Il le trouve beau. Je me retiens de lui dire que c'est forcément beau puisque c'est Marc, mais je me retiens de justesse. Finalement Gaston reste pour la soirée. Nous dînons tous les deux en reparlant de notre frayeur à tous durant ce mois d'attente. Je lui reparle des effets secondaires, des rendez-vous médicaux deux fois par semaine pour vérifier l'évolution, cette angoisse sourde, tapie dans mon ventre qui ne faisait qu'enfler. Lui me dit sa peur de perdre encore un ami, de me voir souffrir, il me parle des larmes que Kathy versait presque chaque soir, de l'indifférence qu'il devait jouer devant Marc puisque celui-ci b'était pas au courant. Je lui demande pardon pour tout. Ce n'est pas grand chose, mais c'est le minimum.

 

-Tu comptes le dire à Marc un jour ?

 

-Oui. Un jour. Je ne sais pas quand, mais je sais qu'il faut que je lui en parle. Je veux pouvoir repartir sur de bonnes bases avec lui.

 

-Oh ! Alors tu comptes bien te remettre avec ? Kathy avait raison !

 

Je ne répond rien, mais mon sourire parle pour moi. Une fois Gaston partit, je me remet à mes crayons. Il faut que je pense à sortir pour trouver des modèles et qui sait...une inspiration subite !

 

Je range mon matériel dans sa boite. C'est celle que Marc m'a offert pour noël. Il n'est pas question que je l'abandonne. Je l'aime. Je repense au petit mot que j'ai remit à Gaston avant qu'il parte, qui disait :
« Prouve lui qu'il ne pourra jamais te détruire ! »

 

J'espère que ça l'aidera un peu. Je prends mon portable et décide de lui envoyer un message. J'écris, j'efface, je réécris, puis ré efface. Au final, j'arrive à un truc pas trop mal :
« Bon courage pour demain, je pense fort à toi. Je t'attendrai le temps qu'il faudra. Je t'aime » mais j'hésite. Je ne sais pas si je dois l'envoyer ou non. Il faut que je lui laisse du temps. Et puis, ce n'est pas le moment pour le chambouler encore plus. J'efface et j'éteins mon portable. Je vais me coucher, malgré ma sieste, je suis encore crevé.


 

Et voilà. Le chapitre est encore plus court, mais j'ai de bonnes raisons. La première est que je voulais pas vous faire attendre trop longtemps pour les résultats du test...après tout, j'ai eu des menaces de mort...lol
La deuxième est que si j'avais fait plus long, vous ne l'auriez sûrement pas eu avant demain.
La troisième est que je me suis dit que peut être si les chapitres étaient moins longs, ça serait moins lourd...et j'ai l'impression aussi que les paroles allègent également le récit...Qu'en pensez-vous ?
J'espère que ça vous a plu...vous avez-vu j'ai pas été sadique !!!
P.S ; je suis toute émue d'arriver au chapitre 20 de ma fic...si on m'avait dit ça y'a quelques mois....j'y aurai pas cru.
Bisous à vous !!!

Par Meryl
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Mercredi 9 avril 2008
Ca fait un petit moment que je tourne en rond au coin de la rue. Je n'ose pas faire les cent derniers mètres qui me séparent de ma mère. Qu'est-ce que je vais pouvoir lui dire ? Comment annoncer à sa mère qu'on a joué avec la mort ? Finalement je n'ai pas téléphoné et j'ai pris le bus pour venir pour être sur que ça prendrait beaucoup de temps et malgré cela, je ne sais toujours pas par quel bout commencer. Ma mère n'a jamais eu de soucis pour accepter mon homosexualité, ni le fait que pendant un moment j'enchaînais les conquêtes. Elle me disait toujours qu'elle avait confiance en moi et qu'elle savait que je me protégeais comme il fallait. Nous en avions parlé tout les deux et pour les questions plus personnelles elle m'avait proposé de m'emmener dans un planning familial ou bien de voir mon médecin traitant. De ce fait, je savais depuis longtemps quels étaient les différents moyens de protection et je savais d'autant plus que l'alcool n'aidait pas à prendre des décisions rationnelles, alors la drogue....J'en étais la de mes réflexions quand une main se posa sur mon épaule.

-Antoine ? Ben qu'est-ce que tu fais là ?


Henri ! Et merde, je suis mal barré. Et surtout, je ne peux plus faire marcher arrière.


-Je...je voulais voir ma mère.


-Elle n'est pas là pour le moment, elle est chez une amie. Mais tu peux l'attendre avec nous si tu veux.


Je regarde Agathe qui tient le main de son père. Elle me fait un grand sourire et je tente de lui répondre mais je crois que j'ai plutôt fait une grimace. Nous nous dirigeons vers la maison et elle me tend sa deuxième main. Inconsciemment je la sers fort, je ne veux pas la lâcher, elle me paraît être comme un lien avec la vie. Si elle laisse sa main dans la mienne jusqu'à la maison, alors je n'aurai rien. Je tente de m'en convaincre. Je vois la clôture qui se rapproche pas après pas, et sa main et toujours là. Chaude, rassurante. Etonnant que je retrouve une relative sécurité grâce à une gamine de six ans.


Nous arrivons finalement devant l'entrée et sa main est toujours dans la mienne. Je vais vivre. Je veux vivre. Sans maladie, sans angoisse, sans peur que chaque jour sois le dernier.


-Ca ne va pas ? Tu es tout pâle.


-Quoi ? Oh, je....non ça va aller, je suis juste un peu fatigué.


-Ah, ok. Agathe, chérie, tu veux bien aller jouer dans ta chambre ?


Elle s'exécute sans broncher.


-Tu veux boire quelque chose ?


-Euh...vous avez du coca ?


-Oui, je crois. Sers toi.


Je vais dans la cuisine et je sens qu'il me suis. Je sors deux verres et lui en propose un.


-Quelque chose ne va pas Antoine ?


-Pourquoi tu dis ça ?


-Tu n'as pas l'air bien. C'est encore à cause de ton petit ami ?


Oula, cela s'annonce un peu tendu. Même si j'aime beaucoup Henri, je ne m'attendais pas à avoir ce genre de discussion avec lui.


-Ecoute, ne le prend pas mal, mais je préfère attendre que ma mère rentre.


Il semble aussi gêné que moi.


-Oh ! Oui, bien sur je comprends. C'estt juste que...Tu sais Antoine, ta mère est très inquiète pour toi. La semaine dernière quand elle est venue te chercher, tu étais dans un tel état....elle n'en a pas dormi pendant des jours. Alors je sais que je ne suis pas ton père, d'ailleurs, je ne suis pas grand chose pour toi. Mais j'aime ta mère. Enormément. Et ça me fait mal de la voir comme ça. Le soucis c'est qu'elle pense que si elle me parle de tes problèmes, tu le vivrais comme une trahison. Mais elle ne peut pas tout garder pour elle. Je ne te reproche rien, je sais que c'est ta mère et que tu dois pouvoir compter sur elle à tout moment. Mais j'aimerai...j'aimerai que nous apprenions à nous connaître un peu mieux tout les deux. Et peut-être qu'un jour tu pourras me parler un peu à moi aussi.


Un lourd silence se fait dans la pièce. Je sais qu'Henri attend une réponse, il est anxieux, ça se lit sur son visage. Mais moi la seule chose que je retiens pour le moment c'est que ma mère va mal depuis qu'elle m'a ramassé à la petite cuillère. Si elle s'inquiète pour moi depuis ma « rupture », j'ai encore du mal à me faire à ce mot, qu'est-ce que ça sera si elle apprend ce qu'il s'est passé ce week-end ? Oh, bien sur, je ne comptais pas lui donner les détails...mais ça suffirait à la bouleverser complètement. Je ne peux pas lui faire ça. Pas maintenant qu'elle a retrouvé le sourire avec Henri. Ma décision est prise, elle ne saura rien. Au moins jusqu'au résultats. Parce que si je suis malade, je sais que je ne pourrai pas lui cacher. Mais tant qu'il n'y a aucune certitude, elle restera dans l'ignorance. Le problème c'est que j'ai besoin d'en parler. Et pas seulement à mes amis. Henri est devant moi, il semble encore moi sà l'aise qu'avant, attendant toujours ma réponse. C'est le moment de me prouver si tu es dignes d'entrer dans ma famille mon grand !


-Henri, tu saurais garder un secret ?



Me revoilà chez moi. Ma mère est rentrée quelques temps après notre petite discussion et a retrouvé un Henri plus pâle qu'un mort. Elle s'est inquiété mais il a juste prétendu qu'il ne se sentait pas très bien. Nous avons finalement mangé ensemble est passé une bonne soirée. J'ai juste du m'isoler aux toilettes pour prendre mes cachets. Je crois bien que j'ai traumatisé Henri avec mon histoire. Et il m'a dit que je ne pouvais pas cacher ça à ma mère et que sans doute lui non plus. Mais il a eu beau, s'énerver, négocier, supplier, je suis resté inflexible. Il ne devrait rien dire, à personne. Il a fini par promettre. Je savais que c'était un chic type. J'espère qu'il ne va pas trop stresser non plus...il avait vraiment l'air mal.
Le temps n'est plus aux questions. Demain j'ai cours et je dois donner ma réponse à mon prof d'art et dans quelques mois j'ai le bac. Il est temps de reprendre ma vie en main.


Malheureusement la volonté ne suffit pas toujours. J'ai été malade pendant une bonne partie de la nuit à cause de mon traitement et j'ai une sacrée tronche ce matin. Je me lève quand même, avec une belle migraine. Arrivé au lycée, mes amis sont déjà là. Et ils s'inquiètent. Il ne faut pas exagérer j'ai pas non plus une tête de cadavre...Ah tiens, si !!! Eh bien tant pis, je vais devoir faire avec. J'en ai pour un mois après tout. Mes amis semblent étonnés de voir mon évolution en si peu de temps. Hier j'étais selon leurs mots « une vraie larve avachie et déprimée » tandis qu'aujourd'hui je serai « un type qu'à la tronche d'un mort mais qui respire la vie »....je crois qu'il vaut mieux pour ma santé mentale que je ne cherche pas à les comprendre. Le journée se passe relativement bien, mon prof est ravi que j'accepte le projet. Quand je lui ai annoncé, on aurait dit un enfant devant son cadeau de noël, c'est très drôle à voir. Il m'a demandé de lui apporter mes dessins le lendemain pour que nous discutions de mon travail. Ca fait un moment que je n'ai pas pris mon crayon pour le plaisir et je me rend compte que ça m'a manqué.


Les jours passent, le train-train reprend. Dans mon malheur j'ai de la chance : mon traitement ne me rend pa
s trop malade. J'ai pas mal de nausées et aussi des courbatures, mais ça m'arrive principalement les soirs et pendant la nuit. Donc je manque de sommeil mais au moins je peux suivre ma scolarité à peu près normalement. Les migraines sont régulières aussi, mais pas insupportables. Je prends sur moi, je ne me plains pas. Ce qui m'arrive, je l'ai mérité. Mes amis sont autour de moi. Gaston et Kathy sont très présents et je sais que quand ils ne me soutiennent pas, ils sont avec Marc et le soutiennent lui. C'est une bonne chose, mais j'ai l'impression qu'ils n'ont plus trop de temps pour eux. Vincent passe régulièrement à l'appart' pour voir comment je vais et me soutenir dans les moments difficiles. Il reste souvent dormir, en tout bien tout honneur. Nous ne couchons plus ensemble. Il est devenu un ami très proche et je n'ai pas envie de perdre ce que nous construisons dans une partie de jambe en l'air. D'ailleurs il me semble qu'il a quelqu'un en vue. Un certain Yoann. Je ne l'ai jamais vu, mais Vincent m'en parle...un peu trop pour que ce soit innocent...Dès que ce mois sera fini et que cette histoire sera derrière moi, je mènerai l'enquête. Oui parce que dans ma tête je ne suis pas malade, je ne le serai pas. C'est inimaginable. Je ne peux pas être condamné à même pas 20 ans. Pour moi, ces 4 semaines sont un temps mort, une pause qui me permet de réfléchir sur mes actes et de mûrir. Il est hors de question que j'ai le SIDA. Je refuse, tout simplement. Alors je n'y pense pas, en tout cas j'essai. Je me concentre sur mes cours, le concours des jeunes talents, mes amis, ma mère. Elle va mieux, Henri a tenu sa promesse. Mieux que ça, il passe régulièrement à l'appart' et prend soin de moi tout comme l'aurait fait ma mère. Il téléphone presque tous les jours pour être sur que je n'ai besoin de rien...une vraie mère poule. Et nous discutons. Pas forcement de mon « problème » mais de lui, de moi, de ma mère, d'Agathe, de politique, de la flambée du pétrole, des massacres au Darfour...bref, nous apprenons à nous connaître. Et ce n'est pas pour me déplaire. Il fait partit de ceux qui me font oublier mon état pour quelques temps.
Je crois que j'ai plus appris sur moi même et sur les gens qui m'entourent ces 15 derniers jours que sur toute ma vie. Mais j'ai peur du prix que je vais devoir payer. La sentence se rapproche et même si j'essai de ne pas y penser, je sens cette boule dans mon ventre qui grossit un peu plus chaque jour.


Mon prof a étudié mes dessins avec moi, il en a retenu certains pour que je m'en inspire. Il est tombé sur le dessin de Marc que j'avais fait en début d'année. Celui que je n'arrivais pas à finir. Il m'a dit qu'il était particulièrement réussi et que si j'arrivai à le finir, il pourrait figurer à l'expo. Je ne suis pas sur de le vouloir, mais je verrai bien. J'ai cinq places et j'ai un libre choix pour les genres et les thèmes. Cette expo m'emballe complètement et sans mes séances de vomissement quasi quotidiennes, je pourrais y passer mes nuits.


Une chose m'inquiète encore. Marc n'a toujours pas décidé si oui ou non il allait témoigner. Gaston me tient au courant de temps en temps. Il lâche une phrase dans une conversation anodine afin de me tenir informé et tout de suite après il enchaîne sur un autre sujet. Nous n'en parlons pas, il me donne juste quelques infos histoire d'étancher ma curiosité et mon inquiétude sur l'ex futur homme de ma vie.
J'ai décidé de prendre les choses en mains aussi avec Marc en toute discrétion. J'ai seulement mis Gaston au courant pour qu'il m'aide, résultat, ils sont tous au courant...Je sais que je ne peux pas le voir. C'est trop tôt, et pour lui et pour moi, et ça risquerait de tourner aussi mal que la dernière fois. Non pas que me retrouver à embrasser Marc à pleine bouche au milieu de son hall d'entrée soit particulièrement désagréable, mais je crois qu'en matière de drague, je peux faire beaucoup mieux...et choisir un meilleur moment. Alors je vais y aller en douceur. Il a besoin d'aide, il a besoin de soutien. Il en a déjà, mais un peu plus ne peut pas lui faire de mal. Je lui ai écrit un petit mot sur un papier cartonné. « Sois fort » avec son prénom marqué sur le recto. C'est simple, concis, direct. Je n'ai pas signé, je ne crois pas que ça en vaille la peine. Tout ce que je souhaite c'est qu'il sache qu'il est soutenu. Gaston a pris la carte et l'a glissé dans sa boite aux lettres en allant le voir. Et j'ai recommencé l'opération tous les jours. Allant du « Ne te laisse pas aller » au « Garde confiance »...j'ai failli avoir une panne d'inspiration quand un jour Gaston a annoncé en plein milieu du dîner et de la conversation passionnante que nous avions sur les OGM :


-Marc va témoigner.


Et aussitôt après il a ajouté :


-Passe moi le sel s'il te plait.


Voilà, c'est tout. J'ai réussi. Je ne sais pas si c'est grâce à moi, mais j'aime à penser que j'y ai contribué. Maintenant je sais que Marc se prépare avec son avocate. Il s'apprête sûrement à vivre l'un des pires moments de sa vie, mais il semble qu'il tienne le coup. Il faut dire qu'il était temps qu'il se décide, l'audience a lieu dans trois jours. La veille, j'irai chercher mes résultats d'analyse. Je suis cassé. Ce traitement est une vraie torture et je n'ai même pas eu tous les symptômes ni à une trop forte intensité. Des gens doivent vivrent toute leur vie avec ces trucs....je ne suis pas sur que je pourrais le supporter. Mais je ne suis plus sur de rien. J'ai vraiment très peur maintenant. La boule est toujours présente, bien plus grosse qu'avant et elle ne part jamais. J'ai beau me concentrer sur autre chose, discuter, dessiner, lire, dormir...elle est là et je la sens. Même mon inspiration artistique est redescendue un peu ces derniers jours. D'ailleurs aujourd'hui je ne suis pas allé en cours je n'irai plus jusqu'à la date fatidique...ce n'est pas forcement une bonne idée vu que je n'aurai plus rien pour m'occuper, mais le stress me fait un mal de ventre atroce, sans compter les courbatures musculaires et le manque de sommeil dû aux nausées...Henri passe ces deux journées avec moi. Il attend le départ de ma mère au boulot et lui a prit un congé. J'apprécie le geste, vraiment. Il est aux petits soins pour moi. Et ce soir quand il est partit, j'ai ressenti un grand vide autour de moi. A part la boule...toujours là, imposante, menaçante, qui me rappelle que les minutes sont comptées...


Demain je vais chercher les résultats. J'ai peur. Je ne trouve pas le sommeil. De toutes manières les nausées sont toujours là. Il faut que j'arrive à me calmer, ça serait trop stupide que je me fasse un ulcère. Je ris bêtement tout seul à cette remarque. Je crois que le stress me fait un peu délirer. Une chose est sure, je ne veux pas mourir. Je l'ai déjà dit ? Qu'importe, je le répète. Certaine chose ne devrait pas être comptées : « j'aime la vie », « j'ai bien dormit cette nuit », « j'ai faim », « je t'aime ». Tant de petites choses anodines qui font que la vie est belle et pourtant qui nous paraissent dérisoires quand elles sont présentes.
Demain je saurai mon destin, je serai fixé.
Demain...

 

Un petit chapitre, mais je voulais l'arrêter là. J'espère qu'il vous plaira quand même. J'ai du mal à être satisfaite, je trouve les trois derniers chapitres plutôt lents...voire même ennuyeux...et malgré tout, il fallait je crois en passer par la...Qu'en pensez-vous? Je vais essayer de faire accélérer les choses.

Par Meryl
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Vendredi 4 avril 2008
Je ne me sens pas bien du tout. Je tente d'ouvrir un œil, mais une forte lumière m'agresse les yeux. Je le referme aussitôt et cherche à me cacher sous mes couvertures. Ca pourrait être agréable cet état cotonneux si je n'avais pas cette nausée... Je me précipite hors du lit et me dirige vers les toilettes. Mauvais calcul, je n'ai pas fait trois pas que je m'effondre. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive. Je sens deux bras me soutenir sous les aisselles et m'aider à marcher jusqu'aux toilettes ou je peux enfin me vider l'estomac. Estomac bien vide d'ailleurs. Je vomis essentiellement de la bile, et c'est très douloureux. Je tire encore au cœur alors que plus rien ne sors. Ca fait un mal de chien, je ne boirai plus jamais. Une fois les spasmes passés, je pose mon front contre la cuvette des toilettes et je prends enfin le temps de réfléchir. Je ne savais pas que j'avais ramener quelqu'un hier...d'ailleurs je ne sais même pas ce que j'ai fait hier....Je tente de me rappeler mais un violent mal de crane m'en empêche. Je sens un gant sur ma figure et je lève les yeux. Vincent me regarde anxieusement.

-Ca va aller ?

Je hoche doucement la tête, je ne me sens pas capable d'articuler. Il m'aide à me relever et m'amène devant le lavabo. Je ne me regarde pas dans la glace, j'ai bien trop peur de ce que je pourrais y voir. Vincent me demande si je veux prendre une douche. A nouveau je hoche la tête. J'ai l'impression de me laisser totalement porter par Vincent, ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression. Il s'occupe de tout et je le laisse faire. L'eau tiède me fait du bien. Pas trop froide pour ne pas me geler, mais pas trop chaude non plus pour ne pas que je replonge dans un état mi-comateux. Une fois habillé, je me retrouve dans mon petit salon. Vincent me présente un verre d'eau et un cachet et du pain. Je grimace à la vue du cachet.

-Ce n'est que de l'aspirine. Je suppose que tu as un marteau piqueur qui fais la java dans ta tête, et je crois que tu as assez tenté les drogues pour le moment. Et le pain...disons que si tu ne manges rien tu vas avoir à nouveau envie de vomir.... Je ne savais pas quoi te préparer, mais c'est la seule chose que j'arrive à avaler après une cuite donc, je me suis dit...bref, si t'as faim n'hésite pas. Je te ferai du riz ce midi....enfin tout à l'heure, vu l'heure.

J'avale mon cachet difficilement et grignote un morceau de pain. Vincent s'installe sur le fauteuil en face de moi. Je sens que c'est l'heure de l'interrogatoire et je sens que ça ne va pas être une partie de plaisir. En effet, Vincent ouvre la bouche et...est interrompu par la sonnette.
Ouf, sauvé par le gong. Il semble agacé, moi, je suis plutôt content, enfin jusqu'à ce que j'apprenne la présence de Gaston et Kathy devant ma porte. Là, je dois avouer que je panique. Ca ne se voit pas uniquement pour deux raisons. La première est que je ne peux pas faire le moindre mouvement sans avoir l'impression que l'on perce un trou dans mon crane. La deuxième étant que vu mon état je suis déjà aussi pâle qu'un mort...Je sens que je vais passer un très sale quart d'heure.

Une fois arrivés, Kathy me fait la bise ainsi qu'à Vincent. Gaston lui, semble méfiant vis-à-vis de mon ami ?amant ?sauveur ?un peu des trois ? Ils se toisent et finissent par s'installer chacun à une extrémité du canapé. Finalement Gaston demande à Vincent qui il est et ce qu'il fait ici. Celui ci lui répond qu'il est un ami et qu'il m'a trouvé dans un sale état la veille au soir et qu'il m'a ramené...J'aime sa manière d'éviter les passages sensibles de notre rencontre et de ma soirée. Gaston finit par me demander d'expliquer ce qu'il s'est passé, Vincent n'ayant pu raconter que la partie où il a été présent.
Je me sens mal, je revis la soirée au fur-et-à-mesure que je la raconte. Je ne mens pas...certes, je ne raconte pas les détails, mais je leur raconte tout ce qu'il s'est passé. Je me sens las et sale. J'avais en partie occulté grâce à l'alcool, la drogue et la nuit, mais maintenant, je me prends tout en pleine face et j'ai honte de moi. Quand j'arrive à ma prise de drogue, je baisse les yeux tant les regards de mes amis me gênent. Et enfin, sommet de ma déchéance, l'acte bestial qui a suivi dans les toilettes avec un porc que j'aurai aimé ne jamais avoir croisé.
J'ai fini mon récit, je me tais attendant mon jugement. Mais une seule question est posée, une question qui va tout chambouler. Une question qui me foudroie sur place.

-Tu t'es protégé au moins ?

Je sens mon sang se glacer dans mes veines. Je relève doucement la tête cherchant une réponse dans les yeux de Vincent. Une réponse que je connais déjà.

-Non, il ne s'est pas protégé.

-Et comment tu sais ça toi ?! Réplique Gaston. Il semble en colère.

-Je l'ai aidé à se laver en rentrant, et je peux t'affirmer qu'il n'a pas utilisé de capote.

-Antoine, dis moi que c'est pas vrai. T'aurais pas fait ça n'est-ce pas ?

La c'est Kathy. Je ne peux que secouer doucement la tête.

-Je suis désolé Kathy, je....

La brûlure sur ma joue me fait comprendre qu'elle m'a giflé. Je sens à peine la douleur. De toutes manières, c'est mérité. Commentai-je pu tomber si bas ? Comment un truc pareil a pu m'arriver à moi.
Tout d'un coup je commence à paniquer. Je commence à voir les implications que mon geste pourraient avoir sur moi, ma vie, mon future... Je tremble, j'essaye de me lever, mais mes jambes ne me porte plus.

-Oh, mon dieu, qu'est-ce que j'ai fais...Je voulais pas, je...j'ai pas fait exprès...

-Ce n'est pas le moment de pleurnicher sur ton sort. Tu enfiles tes chaussures, ton blouson et tu viens avec nous immédiatement.

Nous regardons tous les trois Kathy, ce petit bout de femme semble être la seule à avoir une réaction saine pour le moment. Nous ne cherchons pas à comprendre, en 2 minutes, nous sommes tous les quatre dehors, direction les urgences.

Arrivé sur place, c'est Vincent qui prend les choses en main. Kathy a une baisse de pression et s'effondre en larmes dans les bras de Gaston. Je me sens mal pour eux. Je ne voulais pas leur infliger tout ça. Mais quel con j'ai été ! Je n'ai pas le temps de m'apitoyer d'avantage, Vincent reviens me chercher et m'emmène dans une salle, me fais asseoir sur une chaise en face d'un bureau et me dit d'attendre, que quelqu'un va s'occuper de moi. Il ressort. Je suis seul, je recommence à trembler...je ne veux pas penser à ce qui m'arrive. Heureusement je n'ai pas à attendre trop longtemps. Plus jamais je ne croirai les gens qui se plaignent d'attendre pendant des heures aux urgences.

L'infirmière se présente, elle est jeune et très gentille. Elle me parle sur un ton qui me fait penser à ma mère quand elle me consolait petit. Elle me demande de lui raconter ce qu'il s'est passé. Alors à nouveau, je dois replonger dans ce cauchemar, à nouveau revivre toutes ces sensations qui m'ont traversé la tête et le corps...je voudrai tant oublie cette nuit.
Elle me pose ensuite des questions sur mes antécédents, sur mes relations sexuelles. Je lui affirme que ce n'était pas un viol. J'étais un peu dans les vapes, mais cette situation je l'ai cherché, je suis entièrement responsable de ce qui arrive. Je lui dit aussi que c'est la première fois que je couche avec quelqu'un sans me protéger...à part avec Marc....Là encore je dois expliquer une partie de mon histoire. J'abrège, ça sera je pense moins douloureux. Marc était vierge et moi je m'étais toujours protégé et je faisais le test tous les 6 mois, et oui, nous étions fidèles, la question ne s'est donc pas posée. Bien sur, je ne lui parle pas du passé de Marc, à l'époque tous les examens avaient été faits après son viol. Il n'avait rien attrapé. Ce n'est peut-être pas mon cas aujourd'hui.

Après ce qu'il me semble être des heures d'interrogatoire, elle finit par m'installer dans un fauteuil pour me faire une prise de sang. Entre temps, un médecin est arrivé. Et pendant que l'infirmière prend mon sang, il m'explique la procédure qui va suivre. Je vais être traité avec une association de trois anti-rétroviraux pendant un mois. Après ce délai il y aura une autre prise de sang et une dernière encore trois mois après. Il me dit qu'ayant eu mon rapport sexuel hier soir, je suis venu à temps et que j'ai une grande chance de ne pas être contaminé. Mais il me précise que le traitement est lourd et qu'il y aura de nombreux effets secondaires qui me gâcheront la vie.
Je rétorque que si ça peut me sauver la vie, je veux bien être malade pendant un mois. Il semble prendre ma réponse pour un signe encourageant. Je crois en effet que c'est ma première phrase de plus de 4 mots depuis que je suis là. Je commence à sortir de ma léthargie mais je ne suis pas sur que ce soit une bonne chose. J'ai pleinement conscience des risques que j'ai pris maintenant. J'ai risqué ma vie pour une histoire de baise. Je ne veux pas mourir, je ne veux pas attraper le SIDA. Le médecin tente de me rassurer comme il peut. J'aurai les premiers résultats dans un mois, pas avant. En attendant il me conseille d'en parler avec mes proches pour ne pas avoir à garder ça pour moi. Il me tend aussi un paquet de préservatifs en me disant de ne plus jamais les oublier.

-Croyez moi docteur, dans l'état ou je me trouve, je ne pense pas avoir à m'en servir avant un bon moment.

-C'est sans doute la meilleure solution pour le moment, mais je préfère que vous la gardiez quand même. Il vaut mieux en avoir et ne pas s'en servir plutôt qu'en avoir besoin et ne pas en avoir.

Je ressors avec mon paquet de pharmacie dans les mains. Mon traitement pour la semaine et mon paquet de capotes. Je retrouve mes amis dans la salle d'attente. Il semble que je sois resté longtemps là-bas. Kathy a les yeux rouges et bouffis et je crois que Gaston a laissé échapper quelques larmes aussi. Je leur fait un rapide topo de la situation.

-Je suis tellement désolé, je ne voulais pas vous faire subir un truc pareil...j'ai vraiment été trop con...

-c'est sur que sur ce coup là t'as pas été malin, me répond Gaston. Mais ce n'est pas vraiment le moment pour te jeter des pierres. On est avec toi mon pote, t'inquiètes pas, on va pas te lâcher.

Je leur souris. J'ai des amis géniaux. Nous rentrons chez moi. Vincent nous fait à manger, du riz seul pour moi, je ne pense pas pouvoir avaler quelque chose d'autre. Je regarde mes pilules, elles sont de trois couleurs différentes. Je les avale n'imaginant même pas le quart du calvaire qui m'attend.

Vincent finit par partir, il me dit qu'il repassera dans la semaine. Il a également prit mon numéro. Kathy me fait une bise sur la joue et nous dit que nous avons sûrement un tas de trucs à nous dire et qu'elle va, elle aussi, nous laisser. Après son départ, nous restons quelques instants silencieux.

-Tu veux en parler ?

-Je crois qu'on a fait le tour de la question. J'ai été un véritable abruti, et le mois que je vais passer va être un véritable calvaire pour mes nerfs, en espérant que ça ne soit pas le début d'une longue agonie. Ca m'apprendra !

-Dis pas ça Antoine. Personne ne mérite de vivre un truc pareil. Tu n'allais pas bien et même si ce n'est pas une excuse, tout le monde à droit à l'erreur. Tout ce que j'espère c'est que celle ci ne sera pas fatale.

J'acquiesce doucement. Il reprend la parole.

-Ecoute, je ne sais pas si c'est vraiment le moment, mais hier je t'avais promis que je passerai pour te parler de Marc. Je comprendrai que tu ne veuilles pas en parler maintenant...

-Non, non, j'ai...j'ai besoin de savoir.

-Qu'est-ce que tu veux savoir ?

-Pourquoi il m'a quitté ? Il ne m'aimait pas ? ou plus ? Depuis quand il pensait le faire ? Et pourquoi il a couché avec moi si c'était pour me lâcher après ? Est-ce qu'il m'a vraiment aimé un jour de toutes façons hein ? Qui me dit que c'était pas du bluff depuis le début ?

-Antoine calme toi, tu n'y crois même pas toi même à ce que tu viens de dire.

Je cherche à retrouver mon calme que j'avais légèrement perdu lors de ma précédente tirade. Je prend une grande inspiration et demande :

-Je t'écoute. Raconte moi tout ce que tu sais s'il te plait.

-Je ne suis pas sur d'être le mieux placé. Lui seul pourrait répondre à toutes tes questions, mais je vais tenter d'y répondre au mieux, ok ?

Je hoche la tête.

-Bon alors pour commencer, Marc ne s'est jamais moqué de toi. Il a toujours été sincère dans ce qu'il t'a dit, toujours. Et d'ailleurs il t'aime toujours, passionnément même. Il n'arrête pas de me parler de toi, c'est limite si il ne s'attache pas lui même à son lit pour ne pas venir te supplier à genoux de lui pardonner.

Je souris doucement en imaginant la scène. Mais je suis encore plus perdu qu'avant.

-Mais alors, pourquoi ?

-J'y viens. Tu es sans doute le mieux placé pour savoir que ce qu'il a vécu l'a profondément marqué...ça serait le cas pour n'importe qui d'ailleurs. Mais malgré son traumatisme, marc a réussi à te faire confiance et à établir quelque chose avec toi. Et selon ce que j'en ai vu, vous aviez l'air de former un couple plutôt solide. Encore un peu jeune, mais néanmoins solide. Tu lui as permis de revivre et je ne suis certainement pas le seul à t'avoir dit qu'il n'avait pas été aussi rayonnant depuis des années. Et ça aurait très bien pu continuer dans cette voie mais malheureusement, les récents évènements l'ont faire retomber dans un enfer qu'il croyait avoir quitté. Pour lui, c'est comme une régression. Comme si il avais fait un bond de cinq ans dans le passé. Non seulement il risque de retrouver son agresseur dehors, mais en plus il faut qu'il raconte son calvaire devant des dizaines de personnes sous peine de quoi il va passer pour un menteur aux yeux de la loi.

-Mais je sais bien tout ça, mais quel rapport avec moi ? J'aurai pu l'aider !

-Je n'en suis pas certain mais je crois qu'il avait besoin de recul. Depuis que vous êtes ensemble, vous semblez être plutôt fusionnels et je crois que cette coupure peut vous faire une peu de bien à tout les deux. En plus, c'est une épreuve qu'il doit affronter seul. Il sait qu'il s'est beaucoup reposé sur toi depuis le début et il veut prouver à tous mais surtout il veut se prouver à lui même qu'il est capable d'affronter ça seul. Je sais que sa réaction peut te paraître démesurée, et elle l'est sans doute, mais ne penses-tu pas qu'elle soit à la hauteur de la situation dans laquelle il est ?

-...

-Je sais que ça a été un choque pour toi. Mais pour lui aussi. Crois moi, il n'y avait rien de prémédité. Marc a du faire face à son histoire d'une manière assez brutale et il a réagit avec toi de la même manière. Mais il t'aime. Crois moi, il t'aime de tout son cœur, et il s'en veut chaque jour de la manière dont il s'est comporté. Mais il sait aussi qu'il ne pourra rien construire de sérieux avec toi si il n'enterre pas cette histoire avant.

-...

-Je me doute bien que je ne réponds pas à tes attentes, mais c'est tout ce que je peux te dire pour le moment.

-Non, c'est bon. Je crois que j'ai compris. C'est toujours douloureux, mais j'ai compris. Il va témoigner ?

-Je ne sais pas. Sa décision n'est pas encore prise. Il hésite beaucoup. Il sait qu'il le doit mais sa peur et sa honte le submerge. Il faut qu'il surmonte ça pour pouvoir faire face.

-Je vois.

Soudain le visage de Gaston pris un air plus grave encore que celui qu'il avait jusqu'à présent.

-Maintenant, dis moi Antoine. Ce type la, Vincent, qui s'est pour toi exactement ?

-C'est un ami.

-Un ami ? ...il a dit qu'il t'avait aidé à te laver....vous avez couché ensemble ?

-Oh...Gaston, je....

-Répond moi Antoine. A quoi tu joues exactement ? Tu prétends être fou de chagrin parce que Marc t'a quitté et tu te retrouves à coucher avec n'importe qui. J'ai de quoi me poser des questions moi aussi. Qui me dit que ce n'est pas toi qui te moque de Marc au final ?

-Ne dis pas ça, je te l'interdis. Tu sais bien que c'est faux. Oui, j'ai couché avec Vincent et oui j'ai couché avec un autre type. J'étais au plus mal. Ca n'excuse rien mais c'est comme ça. Et si l'autre pourriture a été une grosse erreur, j'ai eu beaucoup de chance de tomber sur Vincent. Il m'a aidé comme il a pu alors qu'il me connaissait à peine. Nous avons couché ensemble deux fois même si tu veux le savoir. Mais hier il m'a juste aidé à rentrer chez moi entier, à me laver et à me coucher. Et si ça peut te rassurer sache que je ne pense pas que ça se reproduira. Je crois que nous sommes devenus amis, je ne couche pas avec des amis. Et j'aime Marc comme un fou. Vincent à été là au bon moment au bon endroit et je lui en serai toujours reconnaissant pour ça.

-Bien, c'est tout ce que je voulais entendre. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

-Je crois qu'il va falloir que je me reprenne sérieusement en main. Je vais d'abord parler à ma mère. Je pense qu'elle a le droit d'être au courant....ça ne va pas être une partie de plaisir, mais vu les dires du médecin, avec le mois que je vais passer, je vais pas vraiment pouvoir le cacher longtemps.

-Tu sais, Kathy pense qu'il te faut un but. Un objectif sur lequel tu puisses te concentrer et évacuer le trop plein en toi.

-Oui...c'est une bonne idée...j'ai bien quelque chose en tête, mais je ne suis pas sure d'avoir les capacités requises...

-C'est quoi ?

-Mon prof d'art m'a parlé d'une exposition de jeunes talents et il voudrait que j'y occupe une place. Il y aura des grands pontes qui seront présents. Ca pourrait être la chance de ma vie, professionnellement parlant.

-Ouah, mais c'est génial. Qu'est-ce que tu attends pour accepter ?

-Ben, en fait, je doit t'avouer que je n'avais pas trop la motivation nécessaire. Mais aujourd'hui, je me sens mieux. Je crois que je vais tenter ma chance. Et je ne vais pas laisser cette saloperie de maladie me gâcher mes chances d'évoluer artistiquement.

-Ah, je retrouve mon Antoine !!! Heureux de te revoir l'artiste !

-Oui, j'irai lui donner ma réponse demain. Je vais faire de mon mieux, tu vas voir, je vais tout déchirer. Je serai le meilleur.

-Tu es bien modestes je trouve.

-Disons que...je viens de trouver un but....

-Oh, tu m'en vois ravi. Et quel est-il ?

-Si je décroche un prix ou un contrat ou quoique ce soit d'intéressant à cette exposition, je vais reconquérir Marc, et cette fois, je ne le laisserai pas partir.

-Eh bien, tu m'as l'air motivé !

-Plus que jamais.

-Je suis content. Je vais te laisser maintenant. N'oublie pas que si tu as besoin de quoique ce soit, je suis là et Kathy aussi.....et ton Vincent truc la aussi je suppose...

Je rigole.

-Oui, c'est ce qu'il m'a dit en tout cas.

-Mouais...quoiqu'il en soit, ne nous refait jamais une peur pareille mon vieux, c'est clair ?

-Comme de l'eau de roche.

Gaston est parti. Je décroche le téléphone. Et à nouveau, je ne me sens pas très bien. Comment annoncer à sa mère qu'on a été une traînée et qu'on a peut être attrapé la maladie du siècle...maladie mortelle qui plus est ? Ma journée est loin d'être finie...je vais encore décevoir les gens qui m'entourent...

Je me fais une promesse. Plus jamais je ne décevrai les gens que j'aime. Jamais.


Pas très intéréssant comme chapitre...et surement un peu ennuyeuse la partie à l'hopital, mais je tenais à approfondir un peu le sujet...Une manière de mettre ma pierre à l'édifice. N'oubliez pas cette petite phrase que j'aime beaucoup: "Dieu est amour, avec du latex autour"!!!

Par Meryl
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Lundi 24 mars 2008
Je me réveille doucement sous ses caresses. Pendant une demi seconde, j'y ai cru...oui, j'ai cru que j'étais dans mon lit, que marc était à mes côtés et que ces délicieuses attentions venaient de lui. Puis j'ai senti son odeur, et ce n'était pas celle de Marc ; puis j'ai ouvert les yeux et je n'étais pas dans ma chambre ; puis je l'ai regardé et c'était Vincent. Ainsi vont les choses. Il hésite puis m'embrasse la tempe. Je lui souris, ça semble le soulager.

-Salut.

-Salut.

-Bien dormi ?

-Oui.

Sa main caresse mon dos, il se rapproche. Elle semble s'attarder au niveau de mon épaule tandis que sa bouche redessine ma mâchoire.

-C'est quoi ça ?

La marque des dents de Marc n'a pas encore disparu. Il ne reste plus qu'une fine trace blanche qui disparaîtra dans quelques jours. Dernier vestige de Marc sur mon corps.

-Ce n'est rien.

-On dirait une marque de dents, c'est bizarre... t'as été mordu ? Je...

-Je t'ai dis que ce n'était rien. Arrête tes questions et occupe toi de moi.

Il semble un instant surpris, mais n'insiste pas, et sa bouche finit par retrouver la mienne. Rapidement mon corps réagit à ses mains et sans lâcher ma bouche, il prend une autre capote dans son tiroir. Et alors que je me demande si je pourrai encore un jour me regarder dans une glace, je laisse cet homme me faire sien à nouveau.


J'enfile ma veste, Vincent m'attend devant la porte. Je m'approche de lui et l'embrasse doucement. Il semble surpris.

-Merci.

C'est tout ce que j'arrive à dire, mais il semble comprendre et me souris. Je me sens étonnement mieux.

-Allons-y.

Et il pose sa main sur ma nuque pour m'amener jusqu'à sa voiture. Cette fois le trajet est plus détendu, nous discutons de tout et de rien. Nous savons tous les deux que nous n'entamons pas une histoire, que c'était juste une nuit, moi pour oublier, lui parce que je lui plaisais, et c'est très bien ainsi. Il me dit cependant qu'il traîne régulièrement dans cette boite et que si un de ces quatre l'envie me prenait de renouveler l'expérience, il serait partant. J'acquiesce et lui dit que je m'en souviendrai. Nous arrivons chez moi, il m'embrasse, je descend et le regarde s'éloigner. Cette soirée m'a fait du bien, mais une fois seul, j'ai cette douleur qui revient au triple gallot. Je monte les marches et rentre chez moi. J'ai faim et je me dis que c'est plutôt une bonne nouvelle. Le petit déjeuner chez Vincent a plutôt était frugal, alors je me dirige vers la cuisine et me fait un casse-croûte digne de ce nom. Je l'embarque et me dirige vers le canapé dans le but avoué de m'y affaler et de ne plus en bouger quand le téléphone sonne. Je le prend au passage et m'assois sur le sofa en décrochant.

-Allo ?

-Hey Tonio, c'est Kathy !!!

-Oh, Kathy, salut.

-Comment tu vas ?

-A merveille...

-Oh Antoine, je suis vraiment désolée tu sais.

-Oui, moi aussi , écoute, je peux pas rester j'ai pas mal de trucs à faire la, j'te rappelle plus tard ok ?

-Euh, mais...

-Super, j'tembrasse. A plus.

Je raccroche. Si avec ça elle ne me fait pas la gueule pendant dix ans...mais ce n'est pas grave, je n'ai pas envie de parler pour le moment. J'ai envie de rester seul. J'essai de repenser à la semaine passée. Marc n'allait pas bien c'était évident. Comment aurait-il pu aller bien avec ce qui lui tombait sur la tête...Mais moi, je n'avais rien fait de mal, enfin je crois....J'ai beau cherché, non, je ne vois pas. Ai-je dit ou fait quelque chose qui aurait pu pousser Marc à me quitter ? Je n'en ai pas l'impression...au contraire, j'avais le sentiment que ça allait de mieux en mieux pour lui mais aussi entre nous. Sinon pourquoi avoir finalement baissé ses barrières ? Le constat de la semaine dernière me saute à nouveau au visage. Marc a-t-il accepté de coucher avec moi pour m'offrir sa virginité en cadeau d'adieu ? Ca me paraît assez incroyable et pourtant, je ne vois pas quelle autre solution envisager. Je tourne en rond. Je sens bien que je m'énerve, je sens monter cette fureur en moi. C'est puissant, dévastateur, et ça monte, monte....il faut que je comprenne. Je sors de chez moi précipitamment. Mes pas me portent à une vitesse impressionnante devant ce joli pavillon. Je pénètre dans le jardin et me retrouve devant la porte. Toute ma colère tombe d'un coup. J'ai peur maintenant. Je crève de trouille devant son perron. Qu'est-ce qui peut m'arriver de pire après tout ?
Je sonne. La porte s'ouvre, je suis bouche bée.

Marc est devant moi. J'étais pas préparé à ça. Je pensais que sa mère allait ouvrir, je pensais que j'aurai un peu de temps encore avant l'affrontement, au lieu de ça il est là, devant moi. Il semble au moins aussi perdu que moi, il est cerné et je me demande si il n'a pas perdu du poids...Combien peut-on perdre en une semaine ?
-....Antoine...

Je ne sais pas quoi lui dire. J'aurai du préparer un truc, je sais pas, quelque chose...mais non bien sur il a fallut que je parte sur un coup de tête. Et j'ai l'air malin moi maintenant. Non seulement je ne sais pas quoi lui dire mais en plus je sens mes larmes remonter à vitesse grand V.

-Je t'aime.

Ah, et bien, voilà qui est remarquablement trouvé ! Il est maintenant complètement sous le choc. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre, j'attrape son cou et pose mes lèvres sur les siennes. Je ne sais pas ce qui me prend, j'ai pas réfléchi, il était là devant moi, j'ai pas pu résister. Je le colle contre le mur du hall et ma langue va chercher la sienne. Marc tente de me repousser avant de céder et de me rendre mon baiser. Je tremble, mes mains passent dans se cheveux, dans son cou, je pleure et je crois que lui aussi, pourtant ses mains me repoussent.

-Antoine...arrête...s'il te plait...

Marc est allongé par terre, je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé. Il me regarde, les yeux écarquillés, la main sur la joue...Mon dieu, je l'ai giflé...j'ai levé la main sur lui. Comment ai-je pu faire ça ? Les larmes coulent sur ses joues encore plus abondantes...j'avance d'un pas, il recule effrayé. Je voudrai le prendre dans mes bras, lui demander pardon, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi dire. Je m'agenouille, Marc arrête de reculer, il me regarde de ses beaux yeux.

-Pourquoi ?

-...

-Pourquoi tu m'as fais ça ? Je t'aimais Marc...putain je t'aime espèce d'enfoiré !!! Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pourquoi tu me rejettes comme ça ? Il faut que tu m'expliques ! Il faut que tu m'expliques putain, parce que je vais devenir dingue !!!

-Antoine...je...

-ANTOINE !

-Gaston ?

-Antoine, tu ne devrais pas être ici.

-Gaston, je....

Je vois mon ami aider Marc à se relever, moi je suis toujours à genoux au milieu de l'entrée, la scène pourrait être drôle si elle n'était pas si pathétique ! Gaston me dit de rester là et il emmène Marc dans le salon. Il revient quelques minutes plus tard, seul. Il m'aide à mon tour à me mettre debout. Il me dit que je ne dois pas rester là, qu'il faut que je parte. Que Marc ne veut pas me voir pour le moment.

-Il faut que je lui parle Gaston, j'ai besoin de savoir...
-Je sais Antoine. Je sais que tu l'aimes et je sais que tu souffres. Mais regarde toi, tu n'es pas en état de faire quoique ce soit. Tu l'as frappé Antoine. Tu te rends compte un peu ?

-Je...je voulais pas, je suis désolé...

-Je sais. Ecoute moi Antoine, tu vas rentrer chez toi d'accord ?

-Non, je...

-Ecoute moi je t'ai dis. Tu vas rentrer chez toi et tu vas prendre une bonne douche. Je ne peux pas tout t'expliquer maintenant, mais je serai chez toi demain matin à la première heure d'accord ?

-Marc ?

-Je t'expliquerai tout demain Antoine. Rentre chez toi maintenant. Et fais très attention, tu n'es pas dans ton été normal. Tu veux que j'appelle Kathy pour lui demander de passer te prendre ?

-Quoi ? Kathy ? Non, non, c'est bon, ça va aller. Je vais rentrer.

-Tu rentres directement hein ? Pas de détour ! Promets le moi Antoine.

-Oui promis, je rentre directement. Tu promets que tu me diras tout demain ?

-Oui, promis je viens demain et je te dirai tout ce que je sais. Maintenant, va. Et fais attention à toi.

Je repars. Très honnêtement, je ne saurai pas expliquer ce qui vient de se passer. Quand j'arrive à mon appartement, les larmes coulent toujours. Si je ne trouvais aucune raison valable au fait que Marc m'ait quitté, j'en ai maintenant une belle, je l'ai frappé. Je n'ai même pas senti ma main partir. Quand il m'a repoussé j'ai...j'ai pété un plomb, ça m'a fait tellement mal...je n'arrive même pas à décrire ce que j'ai ressentit. Et pourtant...et pourtant il a répondu à mon baiser. Ses mains parcouraient aussi mon corps et nos larmes se rejoignaient. Je crois même qu'il était prêt à s'expliquer quand Gaston est intervenu. Je suis encore plus perdu qu'avant. Demain Gaston va venir, demain, j'aurai des informations...Je ne tiendrai jamais jusque là. Je suis le conseil de Gaston et je vais prendre une douche. L'eau qui coule me fait du bien, mais je ressens à nouveau cette boule de colère mêlée d'angoisse renaître au creux de mon ventre.

Je tourne maintenant comme un lion en cage. Je ne me sens pas bien, j'ai mal au ventre. Je sens la rage et la frustration qui se battent pour savoir qui sortira le premier, et je dois me retenir de ne pas pousser un gris libérateur. J'ai besoin de voir Vincent. Je sors.
Je retourne à la boite, et commande un verre que j'avale presque cul sec. J'en demande un deuxième qui trouve rapidement le même chemin que le premier. Je ne vois pas Vincent, ç m'énerve. En plus un type me tourne autour depuis tout à l'heure et me fait du rentre comme c'est pas permis. Il me colle, je m'éloigne. Je commande un autre verre. Je repense à ce que m'a dit Vincent à propos du GHB...au moins, je ne risque pas grand chose, vu la vitesse à laquelle je vide mes verres, bien chanceux serait celui qui pourrait mettre quelque chose dedans ! Le type est revenu, je lui dis de dégager, il ne semble pas parler ma langue...pourtant c'est bien lui qui me propose, je le cite « un coup de queue d'enfer ». Il me colle, et l'alcool ne m'aide pas à l'empêcher de franchir les barrières. Merde Vincent, dépêche toi, j'ai besoin de m'envoyer en l'air. Et de parler aussi....après. Le type auprès de moi a ses mains sur mon corps, je ne sais pas quand il a commencé à me peloter. Je tente vainement de le détacher avant d'abandonner. Après tout, un coup est un coup et là, j'ai besoin de me défouler. Il m'entraîne dans les toilettes et me dis de me détendre. Il prend un flacon l'approche de son nez en se bouchant une narine et renifle un grand coup. Il me le tend en me disant que ça me fera du bien. Je prend le flacon et imite son geste.

L'effet est quasiment immédiat, je me sens décoller. Le décor tourne et je me retrouve plaqué contre le mur d'une cabine pendant que l'autre tache me déshabille. Je sens sa bouche chercher la mienne. Je me laisse faire. Je n'aime pas son baiser, j'ai l'impression qu'il cherche à m'étouffer avec sa langue. Je tourne la tête. Ca n'a pas l'air de le gêner plus que ça vu que son exploration sur mon corps continue. Je ne me sens pas bien, j'ai la tête qui tourne. Je vois des petits points noirs devant mes yeux. Le type me met à genoux et me présente son membre devant la bouche. L'odeur me saute au nez. Il pue l'urine, c'est dégoûtant. Je n'ai as le temps d'approfondir mes pensées que sa main agrippe mes cheveux et son sexe se retrouve dans ma bouche il s'enfonce en moi bien trop loin, je crois que je vais vomir. Heureusement il ne s'attarde pas et se retire de ma bouche. Je retiens de justesse mon déjeuner du midi pour ne pas qu'il ressorte. Ce porc me relève et me colle ventre contre le mur. Je sais ce qui va suivre. J'ai peur, mais je ne bouge pas, j'en suis incapable, je sens tous mes muscles s'ankyloser. Il ne perd pas son temps en préparation et me pénètre violemment. Je cri sous la douleur mais il ne s'arrête pas pour autant. Il peut faire de moi ce qu'il veut je suis complètement partit...d'ailleurs les points noirs sont de plus en plus nombreux, et la cabine des toilettes semble rétrécir à vue d'œil. Je crois que je fais un bad trip. Le mec s'enfonce encore en moi, il me fait mal ce con. Et en même temps, n'étais-ce pas ce que je cherchais ? N'étais-ce pas ce que je reprochais à Vincent hier ? C'est vrai que mon mal de ventre est partit. J'ai mal partout ailleurs, mais ma fureur semble s'être calmée. La douleur que je ressens est comme salvatrice. Cette pourriture est en train de laver mon mal être en souillant mon âme. Je crois même que je pourrais prendre du plaisir à ce qu'il fait. Parce qu'en ayant mal, j'ai la preuve que je suis en vie. Mon cœur bat, il souffre mais il est bien là, palpitant, vivant.
Heureusement le type éjacule rapidement, se rhabille et s'en va. Je suis à genoux au dessus de la cuvette et je me rhabille doucement. Je me trouve répugnant. Je suis sale. Je me suis fait mettre dans des chiottes par un gros porc et j'y ai presque prit du plaisir.

Je vomis, enfin. Je me vide de tout : plus de colère, plus de sexe, plus rien. Je ne suis plus rien, je suis vide. Je suis à deux doigts de m'évanouir. Je ne sais pas ce que ce type m'a fait sniffer, mais ça arrache. Je crois qu'il faut que je dorme. Je me sens partir quand je sens des mains me secouer. Une voix qui m'appelle. Des cheveux châtains, des mèches violettes. Vincent.

-Tu es en retard.

Je lui dis. Il me sourit, mais je vois bien qu'il est inquiet. C'est marrant de se dire qu'hier on ne se connaissait pas et qu'aujourd'hui il me ramasse dans les toilettes comme un pauvre poivrot.

-Allez viens, je te ramène chez toi.

Oh, ça c'est gentil. Je crois que je n'aurai pas pu le faire seul. La route est périlleuse, mais Vincent me soutient. En chemin je pleure, et je lui raconte tout...enfin je crois. Parce que je ne comprends même pas ce que je dis. Lui semble saisir mes paroles car il y répond. Il me rassure, me dit qu'il va s'occuper de moi. Et c'est ce qu'il fait. Arrivé chez moi, il m'emmène prendre une douche, il la prend avec moi parce que je ne tiens pas debout et pourtant il me touche à peine. Il n'y a rien de sexuel dans ces gestes. Il sens le sperme entre mes cuisses, il fait une grimace mais aucun commentaire. Cependant je vois à son regard que je n'y échapperai pas. Tant pis, c'est mérité, mais je suis content qu'il ne le fasse pas maintenant. Ensuite il m'aide à me sécher, à enfiler des fringues et m'allonge dans mon lit. Il veut partir mais je le retiens. Je ne veux pas qu'il parte. Je me sens partir, comme aspiré par les ténèbres. Je sais que c'est du à la drogue que j'ai pris, mais ça reste très flippant. Il s'allonge à mes côtés, me serre dans ses bras, tentant de me réconforter, et je m'endort en écoutant ses paroles auxquelles je ne comprends rien, mais qui sonnent telle une berceuse, douce, apaisante, aimante. Je suis bien.


 


 

Voili, voila, voilou!!! Un chapitre comme promis!!! Bon, encore une fois, c'est complètement partit en cacahuète...ce n'était absolument pas prévu qu'ils se revoient avant un moment ces deux là (Marc et Antoine)...mais bon, c'est venu tout seul. Pour le mec des toilettes pour tout vous dire, à l'origine, c'est Vincent quid evait jouer ce rôle...et oui, mais pendant leur rencontre au bar, je l'ai bien aimé, alors j'ai décidé d'évoluer differemment entre eux... Et finalement je suis contente qu'il soit "quelqu'un de bien". Le prochain chapitre, réveil difficile pour Antoine, confrontation avec Vincent, Gaston,Kathy...et prise de décision! Autant vous dire qu'il y a de la leçond e morale dans l'air!!!

J'espère que vous avez passé un bon week-end. Bisous

Par Meryl
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Vendredi 7 mars 2008

Nous sommes vendredi, la semaine est passée étonnement vite. Je range mes pinceaux, je n’ai pas fini ma toile…de toutes façons elle ne ressemble à rien. Les perspectives sont mauvaises, mon paysan est difforme et le ciel à l’origine bleu azur a une couleur orage….orage ?…Marc ! Oh non merde, il ne faut pas que j’y pense. Je ravale mes larmes, hors de question de pleurer en publique, je me suis déjà assez humilié comme ça. Les élèves sont presque tous sortis, le prof m’appelle. Je m’avance vers son bureau.

 
-Oui monsieur ?
 
-Antoine…je…
 

Tiens, il a l’air mal à l’aise ! Qu’est-ce qu’il me veut ?

 
-Est-ce que tout va bien Antoine ?
 

Et voilà LA question qui tue. J’ai des cernes jusqu’au menton, je suis plus pâle qu’un mort et j’ai déjà éclaté quatre fois en sanglots depuis le début de la semaine, sans raison apparente !!! Je pète le feu !!!

 
-Oui, monsieur.
 
Il ne semble pas me croire. Etonnant non ?
 

-…Bien….écoute je voulais te parler parce que la région prépare une exposition pour les jeunes talents, et le directeur artistique étant un ami, il m’a demandé si je voulais une place pour un élève. Quand il m’en a parlé j’ai tout de suite pensé à toi. Le problème vois-tu, c’est que depuis lundi, tu n’es plus vraiment à ce que tu fais. Tu n’es pas concentré, tu es en retard dans des travaux qui sont bien en dessous de tes capacités. Je ne suis pas le seul à me faire la réflexion Antoine, et je me demande si tu es capable de relever ce défi.

 

Je baisse la tête. Bien sur que je n’en suis pas capable. Je n’ai plus envie de rien, à chaque fois que je tente de me concentrer, je vois ses yeux, son visage, son corps. Devant mon mutisme, mon prof reprend son monologue.

 

-Tu comprends bien que c’est une véritable opportunité qui s’offre à toi. Mais tu te doutes aussi que je ne peux pas te confier un tel projet si tu ne t’y mets pas à fond, n’est-ce pas ?

 
Je hoche la tête.
 

-Antoine, tu es le meilleur élève de ma classe et tu as un talent indéniable. Alors je te pose la question : es-tu prêt à relever ce défi ?

 

Il y a une semaine j’aurai sauté de joie à cette idée. Une place, dans une exposition, pour moi !!! C’était un rêve que je croyais inaccessible et on me l’offre sur un plateau. Et pourtant….pourtant je n’y crois pas. Je n’y crois plus. A quoi bon. Si tu n’es plus là.

 
-Je ne sais pas Monsieur.
 

Et merde, je chiale. J’en ai marre. Le prof ne semble pas surpris, il me tend un mouchoir. Je m’essuie tant bien que mal et tente d’endiguer cette envie de hurler que je sens naître en moi. Je ne dis rien. Mon professeur souffle légèrement, il semble un peu perdu maintenant.

 

-J’aimerai que tu y réfléchisses Antoine. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans ta vie en ce moment pour que ça te retourne à ce point, mais je voudrai que tu saisisses ta chance. Tu mérites vraiment cette place.

 

Je souris doucement. Un chouette type ce prof. Mais je n’ajoutais rien.

-Tu me donneras ta réponse lundi d’accord ?
 
Je hochais la tête.
 

-Oh et Antoine ! Je me doute bien que je ne suis pas la personne idéale pour cela, mais si par hasard, tu voulais me dire….quoique ce soit….la porte est ouverte.

 

Je hochais à nouveau la tête, pas vraiment sur de la fiabilité de ma voix.

 
-A lundi alors. Bon week-end.
 
-Au revoir.
 

Je sors. Je renter chez moi….J’ai l’impression que l’appart’ est vide. J’ai jeté toutes les affaires que Marc avait laissé chez moi. Et c’est comme ça que je me suis rendu compte du temps que nous partagions. Il avait sur place une brosse à dent, des fringues, j’ai même trouvé un classeur de cours à lui. Bon pour être tout à fait honnête, je n’ai rien jeté. Mais je les ai mis dans un sac poubelle, soigneusement planqué au fond de mon armoire. Je n’aurai jamais imaginé qu’une personne puisse prendre une telle place dans ma vie. Alors c’est donc ça l’amour ? Un immense bonheur suivi d’un grand vide ? L’impression que rien ne peut nous arriver puis celle de n’être plus rien ? Alors à quoi bon ? A quoi bon aimer ? A quoi bon prendre le risque de tout perdre ?

 

 Je n’ai même pas réalisé ce qu’il s’est réellement passé. Tout ce que je sais c’est que samedi matin, Marc me laissait lui faire l’amour et que dimanche il me jetait.

 

J’ai l’impression qu’il s’est passé des siècles entre ces deux moments. Comment a-t-il pu changer d’avis aussi vite ? A moins que….non, ça ne peut pas être ça….était-ce…un cadeau d’adieu ?

 

Mais alors, il avait déjà prévu de me quitter ? Depuis quand ? Pourquoi ? Je n’y crois pas. Ce n’est pas possible. Pas après tout ce qu’il s’est passé. Et pourtant…

 

Je m’égare. Je sais pourtant qu’il faut que j’arrête de penser à lui, mais rien n’y fait. Il me hante. Je le vois me parler, je le vois rire, je le vois jouir….dieu qu’il était beau !!!

 

Je suis toujours planté dans mon entrée. Ce n’est pas qu’une impression. Cet appartement est bien trop vide pour moi. J’ai besoin de chaleur. J’ai besoin de compagnie. J’ai besoin d’oublier. Ce soir, je sors.

 

Je suis devant la boite. Comme par hasard, c’est celle où j’avais emmené Marc. Je m’en fous, il n’y a pas énormément de boite gay dans le coin, et celle-ci est la mieux. Je n’ai qu’à éviter un certain recoin près de l’entrée…et ça devrait aller.

 

Me voilà au bar, devant mon verre. Une bonne vodka bien tassée…ça me réchauffe, c’est agréable. Je ferme les yeux et bouge doucement sur mon tabouret au rythme de la musique, tout en sirotant mon remontant.

 
-Je peux t’offrir un verre ?
 

J’ouvre les yeux. Un gars est accoudé au comptoir à côté de moi. Il me regarde avec un petit sourire en coin. Je lui montre mon verre.

 
-Je suis servis, merci.
 
-Je serai toi je ne toucherai pas à ce verre.
 
-Oh, et pourquoi ça je te prie ?
 

-Ce n’est pas très prudent de fermer les yeux sur son verre dans un endroit pareil. T’as jamais entendu parler du GHB ?

 
-La drogue du violeur ?
 

-Elle même. Y’a pas mal de type qui se sont approché de toi depuis tout à l’heure, mais t’as pas du les remarquer les yeux fermés. Ils auraient pu mettre n’importe quoi dans ton verre.

 
Je regarde mon verre, puis ce type, puis re mon verre…
 

-Tu m’as l’air bien calé la-dessus. Qui me dit que ce n’est pas toi qui a mit quelque chose dans mon verre ?

 

-Si c’était le cas, je ne te préviendrai pas. J’attendrai que ça fasse effet et j’abuserai de ton corps à des fins pas très catholiques…

 

Il fini sa phrase avec un grand sourire. Il est beau ce con. Il est châtain et a des mèches violettes, ça lui va bien je trouve. Je pousse ma vodka sur le côté, je ne suis pas complètement stupide au point de prendre ce risque.

 
-Bon, alors, tu me l’offres ce verre ?
 

Son sourire s’agrandit encore. Il interpelle le barman. Me revoilà avec un nouveau verre. La couleur du breuvage m’étonne.

 
-Du coca ?
 
Il se marre. Eh ben vas-y fous toi de ma gueule.
 
-Non c’est un « long island ice tea ».
 
-Ah ?!!! C’est à dire ?
 

-Tequila, gin, vodka, rhum blanc, liqueur d’orange, un peu d’citron et pour finir du coca…pour donner la couleur quoi.

 
-Ah..ok.
 
Je goute et m’étouffe presque.
 
-Putain, c’est fort.
 
-Bah oui, c’est pour te remonter le moral.
 
-Qui te dit que ça ne va pas bien.
 
-C’est écrit sur ta tronche.
 

Je laisse un blanc. Oui, c’est sur que dit comme ça, je n’ai rien à rajouter.

-Je m’appelle Vincent.
 
-Antoine.
 

Je sers sa main, et replonge dans mon verre. Si ma vodka me réchauffait, son truc me donne carrément des bouffées de chaleur. Ca me fait du bien. Je pense moins à Marc.

 
-Alors, qu’est-ce qui se passe ? Peine de cœur ?
 
-J’ai pas envie d’en parler.
 
-Ah…donc peine de cœur.
 

Il ne rajoute rien et je lui en suis reconnaissant. Nous discutons de tout, de rien, e les verres s’enchaînent. Après le « long island ice tea », je goutte le « cosmopolitan », le « mojito », et un truc impossible à prononcer qui ressemble à piranha…

 
-Tu viens danser ?
 
-J’ai pas fini mon verre.
 
-Alors avale. Allez, cul sec.
 

J’obéis et je me lève. J’aurai pas du, ni obéir, ni me lever. J’ai la tête qui tourne beaucoup trop vite. Je m’accroche au bras de Vincent.

 

-Euh, je crois bien que je suis bourré. Ton piranha était le verre en trop.

-Pas piranha, caïpirinha.
 
-Ouais, ouais, c’est ce que j’ai dit.
 

-Et puis tu as commencé à partir dés le deuxième verre, ça fait un bon moment que t’es pété. Maintenant, éclate toi. Et oublie le reste.

 

Le reste ? Quel reste ? Il y a autre chose que cette musique de dingue ? Que cette lumière éblouissante ?

 

Vincent se rapproche de moi et se colle. Qu’est-ce qu’il fait ? Ah oui, la danse !!! Je passe mes bras autour de son cou, je ne suis pas sur de tenir debout autrement.

 

Il se déhanche contre moi, il danse bien. Il est très sensuel. Je sens ses mains qui caressent mes hanches, et sa bouche qui butine doucement mon cou, se rapprochant inexorablement de ma bouche. Ses lèvres effleurent les miennes. Je détourne la tête.

 
-Non…Marc….
 

-Chhhhtt, Marc n’est pas là. Je suis là, moi. Ca va aller, tu vas voir. Je vais te faire passer une nuit d’enfer. Je vais t’aider à oublier.

 

Oublier ? Oui, je veux oublier. Oublier Marc, ses yeux, ses baisers, ses promesses, son amour.

 

Vincent reprend mes lèvres, je le laisse faire. Et quand sa langue quémande le passage, je lui cède ; elles se cherchent, se découvrent, s’adoptent, se caressent…

 

Je sens ses mains passer sous ma chemise et son érection contre ma cuisse.

 

-J’ai envie de toi, tu m’excites trop…tu…tu viens chez moi ?

 

Moi aussi j’ai envie de lui. Je me rend compte que mon pantalon est beaucoup trop étroit maintenant. J’ai une dernière hésitation. Il me mordille l’oreille.

 
-D’accord.
 

Nous sortons de la boite, je le suis dans sa voiture. Durant le trajet, nous n’échangeons pas un mot. Je sens les larmes qui coulent le long de mes joues. Je ne tente pas de les stopper. Je sais qu’il les a vu, et il sait que je sais. Ca ne changerait rien d’en parler.

 

Nous arrivons chez lui, il me fait entrer. Une fois la porte refermée, il m’embrasse à nouveau. J’aime ses baisers. Ils sont réconfortant. D’ailleurs tout est réconfortant en lui, je suis bien dans ses bras. Il me tire dans sa chambre, ne lâchant que très peu ma bouche. Je crois qu’il a peur que je m’en aille. Je n’ai pas envie de partir, je le lui fait comprendre en déboutonnant sa veste. Et ça marche, il se détend. Il arrive au bord du lit et s’y assoit, m’entraînant à cheval sur ses cuisses. Il me fait rouler et passe au dessus de moi, sa main déboutonnant mon jean à nouveau étroit.

 

-Ne t’inquiète pas, laisses moi faire, je m’occupe de tout. Toi, tu profites, ok ?

 

Cette phrase. Mon dieu, cette phrase. Elle résonne dans ma tête encore et encore. J’ai dit la même chose à Marc. Exactement la même quand je suis sorti de l’hôpital, quand il m’a prit la première fois. Je sens les larmes qui montent tandis que mon jean glisse sur mes jambes. Marc n’est plus là. Il m’a quitté. Il m’a laissé. Je ne dois plus penser à lui. Mon boxer est lui aussi par terre. Vincent aussi est nu et il vient d’enfiler un préservatif. Je n’ai pas vraiment tout suivi. L’alcool fait bien son effet, je crois bien que j’ai perdu la notion du temps.

 

Vincent ne dit rien, il se contente de m’embrasser en séchant mes larmes. Puis ses baisers repartent en exploration et s’amusent à découvrir chaque parcelle de mon corps. Sa langue glisse sur mes cuisses, je frissonne. Elle passe sur mon sexe, je gémis. Il me prend en bouche, je cris. Je sens un doigt venir en moi rapidement rejoint par un second. Je me cambre, sa bouche recouvrant mon sexe me fait perdre mes repères. Ses doigts m’explorent en profondeur et sa bouche revient chercher la mienne.

 

Il est tendre, très tendre, je sais déjà qu’il va être un amant merveilleux. Je ne veux pas. Je veux qu’il soit brutal, je veux qu’il me fasse mal pour que je puisse lui reprocher de m’avoir forcé. Au lieu de cela, il s’attarde à me préparer pour s’assurer de mon bien être. Je le veux dominateur et intraitable. Au lieu de cela il me demande si je suis sur de vouloir continuer. Je veux qu’il me baise. Au lieu de ça, il est en train de me faire l’amour.

 
-Tourne toi.
 

Je m’exécute. Je me hais. Je le sens me pénétrer doucement, et je n’ai quasiment aucune douleur. J’aime ce qu’il me fait. J’aime ses coups de rein légèrement retenus puis un peu plus secs. J’aime l’entendre me murmurer que je suis beau et que je l’excite. J’aime l’entendre gémir mon prénom et des mots doux. J’aime faire l’amour avec Vincent et je me hais pour ça. Ses mouvement s’accélèrent, je vais bientôt venir moi aussi. Sa main se fraye un chemin jusqu’à mon sexe et entame un va et viens en rythme. Je sens les tremblements envahir mon corps. Ma tête part en arrière et mon corps s’accorde avec celui de Vincent. Je ne retiens plus mes cris, lui non plus. Il jouit en moi et sa main accélère le mouvement pour que je le rejoigne. Je baisse alors mes dernières barrières et laisse un puissant orgasme me foudroyer sur place tandis que je me mords la langue pour ne pas hurler le prénom de mon amour.

 
Vincent se retire, enlève la capote et fait un nœud puis la jette. Il s’allonge à mes côtés et passe un bras autour de moi. Je me colle contre son torse. Et tandis que nos respirations reprennent un rythme normal, une vision s’impose à moi. Je vois des yeux, des yeux trop bleus. Pardonne moi Marc.
Par Meryl
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Dimanche 17 février 2008
-Je ne veux pas témoigner.

Nous étions réunis autour de la table du salon, Marc, son avocate, ses parents et moi. Il m’avait lâché la main dès que nous étions arrivés à proximité du salon. La présence de son père revenu du boulot spécialement pour l’entretien avait je crois largement joué dans ce dénie de ma personne. Je savais bien que son père n’était pas au courant, mais je ne pus m’empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Et maintenant après quelques explication de son avocate, Mlle Ramia, Marc venait de nous lâcher cette phrase. Elle eut l’effet d’une bombe.

-Pardon ?

C’était le père de Marc qui après quelques secondes de silence s’était repris.

-Je ne veux pas témoigner. Je ne veux pas avoir à raconter ça encore une fois….je….je pourrais pas. J’y ai réfléchi toute la nuit,….et, je…je ne suis pas obligé de le faire n’est-ce pas ?

Marc regardait son avocate avec un faux espoir visible. Comme si il savait à l’avance qu’il aurait une réponse contraire à ses souhaits. Mais elle avait à peine esquissé un geste que le père de Marc l’interrompit.

-Arrête un peu tes enfantillages Marc. Tu crois vraiment que ça nous amuse de devoir encore nous prendre la tête pour tout ça ? Alors pour une fois, agis en homme et affronte tes problèmes, je ne….

Il n’eut pas le temps de finir car Mlle Ramia l’interrompit.
-Monsieur Liské, s’il vous plait…..
Puis elle reprit plus doucement.

-Marc, je sais que tu croyais que tout ça était derrière toi et que ça représente une épreuve supplémentaire. Mais je peux te promettre que si tu ne témoignes pas, tu risques gros.

-Qu’est-ce que vous voulez qu’il me fasse de plus ?

-Le problème n’est pas là Marc. Si tu ne témoignes pas, il y a une possibilité pour que le premier verdict rendu il y a 5 ans soit annulé et que ton oncle soit innocenté…faute de preuve.

Je crois que nous avons blêmi tous les quatre en même temps. La mère de Marc était au bord des larmes, son père s’est levé et a quitté la pièce, et Marc….eh bien Marc est resté livide. Il n’a pas bougé pendant un petit moment. Puis il a secoué doucement la tête, abattu, résigné et quand il ouvrit la bouche un faible murmure nous parvint :

-Pourquoi est-ce qu’il me fait ça ?

Je ne savais même pas si il parlait de son père ou de son oncle…peut être les deux. Mlle Ramia n’est pas resté longtemps après ça. Elle a dit qu’elle laissé trois jours à Marc pour se décider, mais elle a fortement insisté sur le besoin de son témoignage. En gros, si il ne témoignait pas, il passait pour un menteur aux yeux de tous et son oncle était considéré comme la victime d’un ado nymphomane. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais même pas si ma place était ici, au milieu de cette famille brisée. Marc finit par repartir dans sa chambre. J’allais à la cuisine et je ramenai un verre d’eau pour Mme Liské. Elle me remercia et s’excusa avant de partir à son tour. J’hésitai à partir, je crois bien être resté au milieu du salon un moment, les bras ballant. Puis je me décidai à rejoindre Marc. Il était assis sur son lit, j’entrai et fermai la porte derrière moi. Il semblait m’attendre car à peine le verrou tourné, il leva la tête :

-Je ne peux pas témoigner Antoine, j’y arriverai pas…c’est au dessus de mes forces.

Je m’approchai de lui et m’assis au bord du lit. Je tentais de le prendre dans mes bras mais il se recula.

-Ecoute Marc, il faut que tu te calmes. Tu ne peux pas prendre de décision comme ça. Prends le temps d’y réfléchir, et tu prendras ensuite la décision que tu juges être la meilleure pour toi…

-Tu ne te rends pas compte…ils vont être plein, et ils vont entendre…je pourrais pas…c’est trop difficile…et lui…il sera là aussi. Je veux pas le voir, je ne veux pas qu’il me voit….

Marc se leva et alla se placer devant sa fenêtre, la respiration saccadée, les bras serrés sur son torse. Je le rejoignis et passai les miens autour de sa taille. Je le sentis se tendre mais ne m’en formalisai pas. J’enfouis ma tête dans son cou et embrassai sa peau doucement.

-Arrête Antoine.

Son visage était dur, fermé. Je le retournai face à moi et pris son visage entre mes mains.

-Détends toi mon ange, ce n’est que moi.

Je l’embrassai, il se laissa faire mollement, mais au moment ou ma main s’égara dans sa chemise, il me repoussa violemment.

-Je t’ai dit d’arrêter, merde, c’est pas vrai tu penses qu’à ça !!!

Il était furieux, sûrement pas uniquement contre moi, mais j’étais présent et j’allais payer pour les autres. Malheureusement avec la tension accumulée, j’avais moi même les nerfs à fleur de peau, et ça remarque me mis hors de moi.

-Ne dis pas n’importe quoi, je voulais juste te faire un câlin.

-Ah oui, et t’avais besoin de me déshabiller pour un câlin ? Tu fais chier Antoine, tu crois vraiment que j’ai besoin baiser en ce moment ?

-Je ne voulais pas baiser, je voulais juste te prendre dans mes bras, mais apparemment, même ça c’est trop te demander. Et pour quelqu’un qui ne veut pas baiser, t’avais pas vraiment l’air malheureux tout à l’heure contre le mur.

-Je t’avais dit d’arrêter, tu ne m’as pas écouté. A croire que finalement mon avis n’est jamais pris en compte. Ni par toi, ni par lui….

-LA FERME !!! Je t’interdis de me comparer à ce type Marc. Je sais que je n’aurai pas du t’inciter à coucher avec moi ce matin, et je sais que tu n’as pas besoin de ça en ce moment. Mais je suis ton petit ami, j’ai aussi des besoins, tu ne peux pas me reprocher d’avoir envie de toi. Comment peux-tu insinuer que….Jamais je ne te ferai de mal, jamais !!! Je t’aime moi bordel, je croyais que tu l’avais compris et je croyais que c’était réciproque !!! …..Je…je ne sais plus quoi faire Marc. Un jour tu te jettes dans mes bras, l’autre, je ne peux même pas t’approcher. Comment veux-tu que je réagisse ? Je ne te comprends plus…

-….Alors je vais être clair….Tu as raison, j’ai besoin de prendre du recul. Je...je veux que tu t’en ailles.

La colère qui m’habitait retomba d’un coup. Je ne voulais pas croire qu’il me dise une chose pareille. Je voulais m’être trompé. Et si nous avion finis nos phrases précédentes en nous criant dessus, c’est d’une toute petite voix que je ne reconnaissais pas comme étant la mienne que je demandais :

-Quoi ?
-Rentre chez toi Antoine. Je ne veux plus te voir.

Il avait parlé avec une froideur que je n’avais plus connue depuis mes premiers jours au lycée, lorsqu’il était encore caché sous sa casquette. Son doigt tendu désignait la porte, impitoyable, dévastateur. Mes yeux se remplirent de larmes à une vitesse impressionnante et elles dévalèrent aussitôt mes joues. Je secouai la tête.

-Non, je….Marc….qu’est-ce que…Mon ange…s’il te plait…

Maigre supplique d’un condamné face à son bourreau. A cet instant j’ai vraiment compris la signification de l’expression « avoir le cœur brisé ». Une douleur lancinant m’étreignait la poitrine, mais je continuais à secouer la tête, mon cerveau refusant de comprendre ses mots. Et comme pour enfoncer le clou, Marc, lui aussi en pleurs ajouta :

-Non Antoine…nous deux, c’est terminé.

Son doigt pointait toujours la porte, et c’est en reculant que je fini par l’atteindre. Je crois pouvoir dire qu’à ce moment je le suppliais des yeux. En un mot, j’aurai oublié tout ce qu’il venait de me dire. C’était un blague, une mauvaise blague. Ca ne pouvait être que ça. Dans les secondes qui allaient suivre, il allait éclater de rire et me traiter d’idiot de l’avoir cru, et je pourrais à nouveau retrouver la chaleur des ses bras. Mais il n’ouvrit pas la bouche, et je finis par atteindre le couloir. Je détournais les yeux et me dirigeai vers la sortie.

Je ne sais pas comment je suis rentré chez moi. Je crois que j’ai déambulé, et sûrement un long moment parce que arrivé à mon appartement, la nuit commençait à tomber. Je m’affalais sur le divan et avant de pouvoir comprendre quoique ce soit, je m’étais endormi.

Il est 5h, j’ai froid, je suis seul, j’ai mal…je pleure. Je pleure et je ne peux pas m’arrêter. Je pleure longtemps, le jour finit par se lever. Et quand j’entends dans ma chambre le réveil sonner, je me traîne dans la salle de bain. Surtout ne pas réfléchir, agir, mécaniquement, la douche, les fringues, le petit déjeuner…non pas de petit déjeuner, ça passera pas…j’ai la nausée. Cette nuit je viens de revivre nos quelques mois passés ensemble. Et ce matin si je dois faire un bilan….non, stop, surtout ne pas y penser, ne pas pleurer…de toutes façons, je ne sais pas si il me reste des larmes. Continuer de marcher, ne pas s’arrêter, voilà, le lycée est en vue, se concentrer sur les cours, voilà, la cantine, cette fois je mange, mon estomac est vide depuis hier et il se plaint de ce mauvais traitement. J’ai une heure de pause, oh non, je vais avoir l’esprit libre….Marc n’est pas là aujourd’hui, c’est une bonne chose. Je n’aurais pas pu le regarder. Gaston est près de moi, il me parle, je crois que je lui explique vaguement la situation, je pleure à nouveau, j’ai l’impression que c’est tout ce que je sais encore faire. Il me sert dans ses bras, je lui demande de me laisser seul. La sonnerie retentit, les cours reprennent, c’est très bien, surtout ne pas penser….

TADAAAAAA, voilà le chapitre 15, j’ai eu du mal à le ficeler celui là….La séparation ne devait pas se faire si tôt, mais j’ai trouvé que ça commençait à traîner en longueur, donc j’ai décidé d’accélérer le mouvement. Pour toutes réclamations, propositions d’héritages, menaces de mort, s’adresser à …moi !!!

P.S : n’oubliez pas qu’une « auteuze » morte est une « auteuze » qui ne peut plus donner suite à ses fics !!!

Par Meryl
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Samedi 2 février 2008

Je crois bien avoir pleuré tout le trajet et arrivé chez ma mère, je suis monté directement me coucher. Je pensais que la fatigue m’emporterait immédiatement mais il semblerait qu’il soit un peu trop facile de sombrer dans l’inconscience et je tournai donc pendant plus d’une heure dans mon lit, cherchant en vain si ce n’est le sommeil, au moins des réponses à mes questions. J’entendis des pas monter l’escalier et ma mère entra dans ma chambre avec un petit plateau. Elle vint le déposer sur ma table de nuit et recula pour fermer la porte. Plongé dans la pénombre de ma chambre d’enfant, tout juste éclairée par un rayon de lune, elle vint s’asseoir sur le rebord de mon lit. Je m’assis et elle me tendit le plateau. J’y découvris un verre de lait et quelques biscuits et une foule de souvenirs revint en ma mémoire. Toutes ces nuits remplies de cauchemars, elle était là, toutes ces nuits de fièvres, elle était là, toutes ces nuits de doutes, elle était là. Et toujours ce petit plateau avec un verre de lait chaud et ces quelques biscuits, confort pouvant paraitre dérisoire et pourtant si cher à mon cœur. Et elle restait à mes cotés, me berçant, me rassurant, jusqu’à ce qu’à nouveau je m’endorme, serein et confiant. Alors en la revoyant ici devant moi avec son petit plateau et son sourire triste, je craquai à nouveau et déversai ma peine en de longs sanglots recueillis par son épaule, mes larmes envahissant son chemisier, mes mains se serrant convulsivement dans son dos. Et tandis qu’elle me berçait tendrement en caressant mes cheveux, je pus enfin parler de tout ce qui me rongeait de l’intérieur. Je lui avouai toute sur l’histoire de Marc, sur ce que je ressentais, mes peurs, mes doutes, mon amour pour lui, ses rejets, sa mère….bref je vidais mon sac et c’est fou le sentiment de soulagement qui s’est emparé de moi à ce moment là. Bien sur que ma mère n’avait pas les réponses à toutes ces questions, mais le fait qu’elle soit là à mes côtés, à m’écouter, dans cette chambre où elle m’avait aidé tant de fois, me fit comprendre que quoique je fasse, quoique je vive, je ne serai jamais seul. Que cette femme à la fois si forte et si fragile serait toujours derrière moi pour me relever en cas de chute. Un sentiment de sécurité que je n’avais plus ressentit depuis longtemps s’empara de moi et apaisa mon cœur. Et pour la première fois, je me surpris à penser que j’avais peut-être quitté le doux foyer de ma maman un peu trop tôt…

Après m’avoir écouté et rassuré du mieux qu’elle le pouvait, ma mère me recoucha et entreprit de me caresser les cheveux jusqu’à ce que je m’endorme, comme avant. Comme il est doux de n’être qu’un enfant.

Le lendemain matin, j’ai eu droit à une belle grasse matinée. Réveillé en douceur par l’odeur du pain chaud, de quoi illuminer une journée. Je descendis après m’être préparé et retrouvai ma mère et Henri à la cuisine. Ils eurent la décence de ne pas mentionner les raisons de mon arrivée et le petit déjeuner fut fort agréable. Ce n’est qu’en me lavant les dents que je pris conscience de la journée qui m’attendait. J’avais promis à la mère de Marc de revenir….mais en avais-je seulement la force ? Comment pourrais-je aider Marc si je n’étais pas capable de m’aider moi même ? Je me retrouvai finalement devant leur portail et claquai un dernier baiser sur la joue de ma mère. Elle me serra fort dans ses bras et partit en me souhaitant bonne chance. J’agrippai mon pauvre courage à deux mains et sonnai.

-Oh, bonjour Antoine !
-Bonjour madame.
-Entre, je t’en prie.

J’entrai, la mère de Marc referma la porte derrière moi. Elle me proposa un verre que j’acceptai et nous discutâmes un petit moment dans le salon. J’appréciai le fait qu’elle ne centre pas la conversation sur Marc. Au contraire, elle me posai beaucoup de questions sur moi, ma vie, comment je voyais mon avenir…une conversation très agréable qui nous détendis tout les deux. Nous finîmes même par plaisanter. J’étais satisfait de voir ma relation avec la mère de Marc prendre cette tournure. Au bout d’un moment je décidai de mettre les pieds dans le plat.

-Marc est là ?

-Oui, il n’a pas quitté sa chambre depuis hier quand tu es partit.

-Il n’a pas mangé ?

-Non, mais au moins il nous parle quand nous y allons. Il a dit avoir besoin de réfléchir. Tu veux monter ?

-Oui, j’aimerai bien.
-Bien. A tout à l’heure alors.
-Oui, à plus tard.
Je me dirigeai vers la chambre de Marc et frappai.
-Quoi ?
-Marc, c’est moi.

J’entendis le loquet de la porte se lever et la porte s’ouvrit. J’entrai et fermai derrière moi. Marc avait ouvert ses volets et aéré sa chambre et il était habillé sentant bon le gel douche. Il semblait avoir repris du poil de la bête. Je le serrai dans mes bras.

-Ca va mon ange ?
-Je crois…

Je posai mes lèvres sur les siennes, le laissant approfondir ou non le baiser. Quand je sentis sa langue quémander l’entrée, j’ouvris la bouche et le laissai rejoindre la mienne. Et alors que le baiser se faisait plus intense, je sentais le désir embraser mes reins. Je me collai un peu plus contre lui, le bloquant contre le mur. Ma bouche passa dans son cou et mes mains revinrent passer sous son tee-shirt pour atteindre son torse, puis finalement le débarrasser de ce morceau de tissus encombrant qui me faisait obstacle. Alors que ma langue virevoltait joyeusement en direction de son nombril, Marc posa une de ses mains sur ma tête pour m’inciter à descendre un peu plus. J’adorais le voir comme ça, désireux, impatient…

-Qu’est-ce qu’il y a mon ange ?
-Antoine, s’il te plait….
-Dis moi….qu’est-ce que tu veux ?

Ma langue continuer son jeu tandis que ma main passait doucement sur la bosse de son pantalon, et Marc, la respiration saccadée, les joues rouges semblait perdre légèrement la tête. Cette vue en contre plongée était on ne peut plus érotique, et je sentis mon sexe vibrait douloureusement dans mes vêtements, réclamant grâce. Mais j’étais loin d’en avoir fini.

-S’il te plait, s’il te plait…..je, Oh…. ta bouche….hmmm

Marc ne semblait plus capable de prononcer une phrase digne de ce nom et je décidai que sa demande serait suffisante pour cette fois. Je baissai son pantalon et son slip, libérant une érection plus qu’alléchante, pour l’engloutir sans autre forme de procès. A genoux devant lui, continuant mes mouvements buccaux, je levai mon bras au niveau de son visage afin de lui tendre mes doigts qu’il s’empressa de lécher. Une fois bien humides, je les dirigeai entre ses cuisses et tandis que ma langue s’attaquait à ses bourses, mon premier doigt entra en lui. Il laissa échapper un gémissement qu’il bloqua de sa main. Ce n’était pas le moment de nous faire entendre. Je rajoutais rapidement un deuxième doigt, tandis que je voyais ses jambes sur le point fléchir.

-Antoine….viens…maintenant….s’il te plait….

Il me fallut une bonne dose de sang froid pour ne pas jouir rien qu’en m’entendant prononcer ces quelques mots. Après un dernier coup de langue je me relevai et le retournai face au mur tout en libérant mon sexe jusque là toujours prisonnier.

-Non…pas comme ça…..
-Si…

Et alors qu’il s’apprêtait à protester, je plaquai ma main sur sa bouche et le pénétrait un peu vivement. Son cri fut bien sur étouffé, mais je sentis ses larmes couler rapidement et sa main me griffer la cuisse tandis que l’autre l’aidait à se tenir au mur.

-Pardon mon ange….je lui murmurait à l’oreille en m’immobilisant. Si tu savais comme tu m’excites….Détends toi, détends toi mon amour et je te jure que tu vas crier de plaisir !

Ce n’était pas dans mes habitudes de sortir ce genre de choses pendant l’acte, mais j’avais l’impression qu’avec Marc, beaucoup de mes habitudes partaient en fumées….Et le voir si beau et désirable, totalement offert, presque soumis était terriblement excitant…..Bandant. marc était bandant et il était à moi. Il m’appartenait, corps et âme et j’adorais ça.

Il finit par se détendre, aidé par une de mes mains qui avait reprit des mouvements de va et viens sur son sexe, tandis que l’autre était toujours sur sa bouche. J’entamai de petits mouvements de bassin vérifiant qu’il suivait la cadence. Sa tête finit par se poser sur mon épaule et ma main libéra sa bouche pour essuyer ses larmes tandis que ma bouche retrouvait la sienne. Je sentais l’orgasme s’approcher et accélérai mes coups de reins, m’enfonçant plus loin et plus vite, pilonnant cette zone sensible au plus profond de lui. Ma main reprit sa place sur sa bouche, l’empêchant de crier tandis que je bloquai la mienne en embrassant son cou. Enfin après de longues minutes gémissements coordonnés, Marc se libéra dans ma main se contractant autour de mon sexe, et c’est dans un râle sourd que je me laissai à mon tour aller, en lui.

Tout de suite nous sommes tombés à genoux, nos jambes refusant de nous soutenir d’avantage. Et nous finîmes par nous enlacer, allongés à même le sol, toi entièrement nu, moi juste mon sexe de libre, transpirants mais apaisés, nos respirations reprenant peu à peu un rythme normal.

-Je…je t’avais dit que je ne voulais pas le faire comme ça…..
-Je sais, je suis désolé, tu m’as tellement excité,…

-J’avais tort….c’était….ouahou !!!
J’éclatai de rire.
-Content que ça t’ai plu.

-Je suis bien avec toi. Je voudrai que ces moments ne s’arrêtent jamais mais….

Ses yeux s’embuèrent à nouveau et je sus qu’il repensait aux épreuves qui l’attendaient.

-Ne pleure pas mon ange. Profitons de ce moment tout les deux, on verra ça plus tard, ok ? Profite juste de ce moment avec moi, s’il te plait.

Marc acquiesça et enfoui sa tête dans mon cou. 
-J’ai froid.
-Viens, rhabille toi.

Marc pris quelques mouchoirs et s’essuya le ventre puis se rhabilla, tandis que j’essuyai à mon tour toute trace de notre échange passionné. Je l’embrassai tendrement, rassuré de revoir la petite lueur dans ses yeux qui avait disparu la veille. L’avocate arriva en fin de matinée et après un dernier baiser, nous la retrouvâmes dans le salon. Elle était plutôt jolie femme, mais son visage était grave, et j’eus le pressentiment que la descente aux enfers ne faisait que commencer.

*Voilà, un petit chapitre. Je sais que c’est plus court que d’habitude, mais bon, c’est tout pour le moment. Le lemon n’était pas du tout prévu à ce moment de l’histoire mais je me suis faite dépecée vivant et frire dans l’huile bouillante pour vous avoir privé de la première fois de Marc….lol…donc je tenais à me rattraper un peu. Comme promis, il est dédié à Yue….parce qu’il n’est pas dit que Meryl aime gruger ses lecteurs…mdr

Le début entre Antoine et sa mère devait faire deux lignes….et si je m’étais écoutée, j’en aurai fait bien plus encore. On va dire que c’est une petite dédicace à toutes les mamans du monde….  « Une mère, ça ne peut pas tout faire, mais ça fait de son mieux » (Lynda Lemay) *

Par Meryl
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Jeudi 3 janvier 2008

La faim me tira de mon sommeil. Un coup d’œil à mon réveil m’indiqua que nous avions entamé l’après midi et nous n’avions pas mangé depuis la veille. Je restai cependant allongé ne voulant pas réveiller Marc dont la tête était sur mon torse et le bras autour de mon ventre. Malgré la belle image qu’il me donnait de voir, mon estomac me rappela rapidement à l’ordre. Je tentais de me dégager mais Marc serra son bras plus fortement autour de ma taille.

-Je vais préparer à manger mon ange, je suis tout près.

Je n’étais même pas sur qu’il m’entende, mais en tout cas, il me laissa partir. En arrivant dans la cuisine, je me rendis compte que je n’avais pas fait les courses depuis un moment, et que par conséquent mes placards étaient vide…Je pestais un moment contre moi même et me dirigeai finalement vers la douche. Lorsque l’eau chaude glissa sur moi, je sentis une brûlure à l’épaule et découvrit la marque de dents que Marc m’avait laissé en souvenirs de nos ébats du début de journée. Je fermai les yeux et me laissai aller au plaisir que la douche me procurait. Aux bout de quelques minutes, je sentis un léger courant d’air chatouiller mes reins. Je souris mais restai immobile. Quand Marc m’entoura de ses bras, je me tournai vers lui et l’embrassai doucement. Il n’avait pas vraiment l’air bien réveillé et il pausa sa tête sur mon épaule.

-Pourquoi es-tu debout mon ange ? Tu as l’air crevé.

Marc grogna quelque chose et je pus distinguer quelques mots comme « ta faute », « partis », « tout seul »….

Je relevai sa tête pour l’embrasser à nouveau.

-Je voulais préparer un truc à manger, j’avais faim. Mais comme y’a plus rien, je vais devoir t’inviter à manger dehors !

-Mouais, ton ventre te perdras. Mais si tu m’invites, peut-être que je te pardonnerai de m’avoir lâchement abandonné sous ta couette.

La fin de la douche se fit presque calmement. Oui, parce que si je veux prendre une douche calmement, il ne vaut mieux pas que j’ai à disposition mon homme nu. Une fois dehors, Marc me prit la main et ne la lâcha qu’une fois arrivé à destination. J’étais heureux de voir qu’il était de plus en plus à l’aise avec moi à l’extérieur. Il ne semblait plus craindre les éventuels regards désobligeants et il était bien plus démonstratif, même lorsque nous n’étions pas seuls. Le seul léger problème à mes yeux pour le moment était que les parents de Marc me voyaient toujours comme un ami et n’imaginait sûrement qu’après ce qu’il avait vécu, Marc puisse aimer les hommes. Je voyais bien qu’il n’était pas vraiment satisfait de cette situation et en même temps il semblait terrorisé à l’idée de leur annoncer. Je n’avais pas revu ses parents depuis la fois où j’avais dormi chez eux et Marc n’avait pas l’air pressé de m’y inviter à nouveau. Je décidai de le laisser aller à son rythme plutôt que de me prendre la tête, et de profiter de ce que nous vivions tout les deux. J’étais heureux de voir Marc revivre et plutôt fier d’en être l’une des raisons. Jamais je n’aurai imaginé les revoir si vite et surtout pour ces raisons. Mais jamais je n’aurai non plus imaginé que Marc pourrait sombrer encore plus bas que là où il était quand je l’avais rencontré.

Nous avions presque fini notre repas quand Marc reçu un appel de sa mère. Si au début il semblait plutôt bien, je vis rapidement son visage blanchir…Il finit par raccrocher.

-Qu’est-ce qui se passe ?
-Je dois rentrer chez moi.
-Pourquoi ?

-Je ne sais pas trop. Ma mère m’a demandé de revenir tout de suite. C’est à propos de mon oncle…

-Ah…

Sur le coup je n’ai pas su quoi dire d’autre. Je ne suis vraiment pas doué pour parler quand je suis sous le choc. Je ne savais pas si je devais lui proposer de l’accompagner ou si il préférait y aller seul…je me demandais ce qu’il pouvait bien encore lui tomber dessus. Marc avait déjà enfilé son blouson et s’apprêtait à partir.

-Tu veux bien venir avec moi ?

Je croisai ses yeux embués de larmes. Il semblait s’attendre au pire…et moi aussi. Il prit ma main et se mit à marcher. Je ne sais pas s’il se rendait vraiment compte de ce qu’il faisait mais il prit le chemin le plus long pour arriver chez ses parents. Je préférai ne rien dire et le laissai me guider à travers les rues de la ville. Arrivé devant le portail, il stoppa. Je l’enlaçai maladroitement et embrassai sa tempe.

-Ca va aller mon ange. Sois fort.
-Tu restes avec moi hein ?
-Oui, je reste. Je suis là.

La porte d’entrée s’ouvrit sur la mère de Marc et je lâchai mon emprise tout en gardant une main sur son dos pour lui assurer ma présence. Sa mère sembla légèrement surprise de me voir mais elle ne fit pas de commentaire. Son père par contre semblait assez dérangé.

-Marc, si nous t’avons demandé de venir, c’est pour parler d’un sujet….particulier…pourquoi avoir amené un ami ?

A ce moment très précis j’aurais aimé être minuscule et me glisser dans un trou, ou partir en courant. Mais Marc avait besoin de moi…je me contentais donc de baisser la tête et de me sentir plus que mal à l’aise dans ce salon où je n’étais manifestement pas le bienvenu.

-Il est au courant papa…
-Quoi ?…
-Je lui ai tout dit.

Si Marc semblait au moins aussi mal à l’aise que moi, son père lui semblait au bord de l’apoplexie…Il semblait vouloir ajouter quelque chose mais la mère de Marc sentant le clash arriver prit la parole la première.

-De toutes manières maintenant, c’est fait. Si Marc tient à ce que son…ami…soit présent, c’est à lui de choisir.

Est-ce que c’était moi ou la mère de Marc s’était légèrement appesantit sur le mot « ami » ? Je devais être tendu vu que personne n’avait semblait relever la différence…Je décidai de laisser cette remarque dans un coin de ma tête quitte à y revenir plus tard. Marc reprit la parole s’adressant à sa mère.

-Pourquoi tu m’as appelé ? Qu’est-ce qui se passe ?

-D’abord asseyez-vous tout les deux. Bien. Marc ton avocate nous a appelé tout à l’heure. Il a décidé de faire appel.

-Quoi ?

-Il conteste la première décision rendue par la cour. Et il prétend….enfin l’avocate t’expliquera tout ça….

-Mais pourquoi ??? Pourquoi maintenant ? A quoi ça lui avance ? Il a déjà purgé sa peine…

-Je ne sais pas Marc, je ne sais pas…
-Oh nooonn…
-Ce n’est pas tout….
-….

-Marc….tu as plus de quinze ans maintenant. Tu…tu vas devoir témoigner devant la cour…

-Quoi ??…

-Tu vas devoir…racon…expliquer ce qu’il s’est passé…cette nuit là…

Je voyais Marc se décomposer au fur et à mesure que sa mère parlait, tandis qu’elle retenait difficilement ses sanglots. Son père partit s’enfermer dans son bureau.

-Je….je ne peux pas….je ne pourrais jamais….non…je ne veux pas….

Ce n’était plus qu’un murmure, une litanie qui revenait sans cesse dans sa bouche…Ne sachant trop comment réagir, je posai ma main sur son genoux, mais il la rejeta violemment et partit à son tour. Je plongeai ma tête dans mes mains.

Il y a quelques heures à peine nous faisions l’amour, je le revoyais fermer les yeux, se mordiller la lèvre, gémir, je me souvins le plaisir d’être enfin en lui, de le sentir se cambrer en accord avec mes mouvements. Tout avait été lent, tendre, comme au ralentit, mais jamais je n’avais ressenti autant de plaisir qu’à cet instant, lorsque nous ne faisions plus qu’un, lorsqu’il murmurait mon nom la voix rauque et tremblante de plaisir. Contrairement aux autres fois, j’avais été serein. Je savais que cette fois ci serait la bonne. Pourquoi ? Je ne sais pas moi même. Peut être parce que cette fois-ci, c’était lui qui m’avait demandé, peut-être parce que enfin il s’était libéré du poids de son fardeau, peut être parce qu’il était enfin sur de nos sentiments respectifs…Plus de faux semblants, plus de secrets, seulement l’amour, l’amour du cœur, l’amour physique, et la passion mêlée au plaisir faisant le reste. Ensuite nous avions recommencé encore deux fois, un peu plus rapides, un peu plus physiques, les gémissements remplacés par les cris, les caresses par les griffures, et quand enfin il avait joui pour la troisième fois, je sentis ses dents se planter dans mon épaule, la douleur décuplant le plaisir de l’instant. Inconsciemment je caressai par dessus mon tee-shirt, l’endroit de la morsure, encore à vif. La douleur me permit de m’assurer que cette matinée je ne l’avais pas rêvée, et que Marc m’avait bien donné son corps, contrairement à maintenant où il ne permettait plus que je le touche.

La main sur mon épaule me fit sortir de mes tourments. La mère de Marc me regardait fixement et je remarquai qu’elle avait les mêmes yeux que lui. Bleus, profonds, expressifs..

Elle essuya les quelques larmes que je n’avais pas eu conscience de laisser couler.

-Ne craque pas maintenant. Marc va avoir dans les moi qui viennent plus que jamais besoin du soutient de son compagnon.

-Je…qui…quoi ?

Oui, là encore j’ai fait preuve avec brio de mes talents d’orateurs. Pour ma défense, il faut dire que ça fait un choc.

-Je ne suis pas stupide Antoine. Je le vois revivre auprès de toi. Il s’épanoui à nouveau et seul l’amour a ces vertus. Mais j’avoue que j’ai eu quand même quelques doutes à cause de…enfin de ce qu’il a subi plus jeune. J’en ai eu la confirmation quand j’ai appelé chez Gaston il y a quelques semaines, Marc m’avait dit qu’il devait dormir chez lui…mais il a du mal s’organiser car Gaston dormait chez sa petite amie. Je veux juste savoir si tu l’aimes.

-Pardon ?

-Oui, je sais, c’est plutôt direct comme question, mais vois-tu, si grâce à toi Marc est sortit de l’enfer dans lequel il s’était enfermé, il pourrait très bien y retomber aussi vite. Si tu te joues de lui, je te demanderai de le laisser immédiatement. Il a déjà bien assez souffert comme ça, et il semblerait que ça ne sois pas terminé, il n’a vraiment pas besoin d’un chagrin d’amour par dessus.

Sa vois était très calme, mais ses yeux perçants lançaient des éclairs.

-Es-tu amoureux de mon fils ?

J’aurai voulu lui dire que je l’aimais plus que tout, que jamais je ne lui ferai de mal, que je voulais le protéger de tout et surtout de ce malade qui faisait de sa vie un enfer. Que je voulais passer ma vie avec lui, que ses larmes me rongeaient et que ses rires me faisait aimer la vie. Je répondis un murmure, la voix enrouée :

-Oui.

Eloquent ! Cependant, elle sembla satisfaite. Elle n’avait pas lâché mon regard une seconde et j’en déduis qu’elle y avait vu la vérité. Elle se détendit et esquissa même un petit sourire.

-Est-ce vrai qu’il t’a tout raconté ?
-Oui…ce matin…il…je crois que je n’ai pas été à la hauteur.
-Comment ça ?

-Je n’ai pas su quoi lui dire. Je voulais le rassurer, lui montrer que j’étais là….mais je n’ai rien trouvé à dire qui puisse l’aider.

-Antoine, je crois qu’il n’y a rien à dire dans ces conditions. Ta présence et ton soutient, même si il est muet sera bien plus utile à Marc que tous les discours que tu pourrais trouver.

-Oui, sans doute….

-Fais moi confiance, je l’ai vu renaître grâce à toi. Pour ça je ne pourrai jamais assez te remercier. Et ce matin au téléphone, il m’avait l’air si heureux….je m’en veux tellement de le faire replonger dans ce cauchemar…mais si tu es à ses côtés, il s’en sortira. Je le sais.

-J’espère.
-Va le rejoindre.
Je me levai et me dirigeai vers sa chambre.
-Antoine…
Je me retournai.

-Je sais que ce que je te demande est difficile et que tu ne devrais pas porter une telle responsabilité sur tes épaules, mais….je ne sais plus quoi faire…

Elle avait fini sa phrase dans un sanglot. Je pris conscience de l’impact qu’un seul événement pouvait avoir sur la vie de toute une famille. Cette famille là semblait avoir éclatée cinq ans auparavant, et avait beaucoup de mal à s’en remettre.

-Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas l’intention de le laisser tomber. Je ferai de mon mieux…

Elle me sourit tendrement. Plus je le regardai plus je trouvai qu’elle ressemblait à Marc. Je me dirigeai à nouveau vers la chambre de mon homme. Je respirai un grand coup avant de frapper à la porte. Evidemment je n’eus aucune réponse. J’hésitai à entrer quand même. Après tout il m’avait repoussé quelques minutes plus tôt. Je poussai la porte, la chambre était plongée dans le noir. J’entrai et la refermai derrière moi. J’attendis quelques instants que mes yeux s’habituent à l’obscurité.

-Marc ?

Je finis par l’apercevoir dans un coin, assis, la tête sur les bras eux même posés sur les genoux repliés. Je revins quelques mois plus tôt quand je l’avais vu dans le parc, en larmes.

-Mon ange ?
J’approchai doucement, m’accroupissant devant lui.
-Marc, répond moi s’il te plait… 

J’approchai ma main de sa tête et après une dernière hésitation, je la passai dans ses cheveux. Marc sursauta légèrement et releva la tête.

-Antoine ?
-Je suis là mon ange.

Je posai les genoux au sol et le serrai dans mes bras, rassuré qu’il ne s’éloigne pas à nouveau. Il s’agrippa à mon tee-shirt et pleura sur mon épaule. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés comme ça, assis dans le noir, lui pleurant, moi tentant de le rassurer. Quand il cessa de trembler, je l’aidais à se déshabiller et à se coucher. Je le berçai lui murmurant des mots tendres au creux de l’oreille et quand enfin sa respiration devint régulière je me décrochai difficilement de son étreinte et rejoignit le salon. J’allai prévenir la mère de Marc de mon départ tout en précisant que je repasserai le lendemain et je sortis. Tout en marchant doucement pour rejoindre le centre ville, je sortis mon téléphone.

-Allo ?!!
-Maman…

-Oh mon poussin….mais qu’est-ce qui se passe ? Tu pleures ?

-Maman….
-Antoine réponds….qu’est-ce qu’il y a ? Antoine….
-….maman….est-ce que je peux dormir à la maison ce soir ?
Par Meryl
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