Il nous a tous foutu dehors. Le verdict du procès est rendu aujourd'hui et Marc nous a demandé de ne pas assister à l'audience. Plus le temps passe, plus la tension monte. Pourquoi ça dure si longtemps ? Je n'ose pas demander si c'est normal ou pas, si c'est un bon ou un mauvais signe. Alors j'attends et je continue à me ronger les sangs.
Au bout d'un très, très long moment, nous entendons un brouhaha envahir le hall du palais de justice et des gens commencent à sortir de la salle N° 14. Le flot finit par se tarir et le silence revient. Enfin la porte s'ouvre sur Marc. Il semble épuisé. Quand il relève la tête et nous voit, un grand sourire s'affiche sur son visage. Le message est passé, il a gagné ! Il se met à courir vers nous et se jette dans mes bras où je l'accueil bien volontiers ! Si ce geste me surprend, ce n'est rien comparé au baiser qu'il me donne. Fougueux, passionné, je vois le nouveau Marc s'imposer depuis quelques semaines et il a, à présent, atteint toute sa splendeur ! Je le sers fort, je ne veux plus la lâcher. Il m'a tellement manqué que j'ai toujours l'impression de risquer de le perdre à tout moment !
Marc coupe notre baiser au moment ou il croise le regard de son père, il s'immobilise et pâlit considérablement. Le temps semble comme suspendu. Finalement le père de Marc esquisse un petit sourire en coin et hausse les épaules.
-Nous t'attendons à la voiture !
Et il prend sa femme par les épaules pour sortir du palais de justice !
Un étrange silence s'abat sur notre petit groupe. Marc semble abasourdi.
-Il n'a rien dit...il m'en veut pas ?
Il part dans un rire nerveux.
-Je me suis pris la tête pendant tout ce temps à vouloir lui annoncer et il agit comme si il le savait déjà...
-C'est peut être un peu le cas. Ta mère l'avait bien deviné, pourquoi pas lui ?
-Oui...peut-être...
Marc semble vraiment assommé de la réaction de son père. Il s'en faisait toute une montagne et finalement tout semble aller tout seul...
Je détourne son attention en occupant à nouveau ses lèvres. Quand soudain je le sens se tendre. En suivant son regard, je vois un homme passer à travers des vitres en plexiglas, sa ressemblance avec le père de Marc est frappante et je comprends qu'enfin je fais face à son violeur. Le plexiglas nous empêche d'entendre quoique ce soit, mais les expressions de surprise et de colère se voient parfaitement sur son visage. Je resserre mes bras autour de la taille de marc et il fait de même, sans lâcher son oncle du regard. Et c'est un homme gesticulant dans tous les sens et rageur qui disparaît derrière une double porte, par la force de deux policiers.
-Jeu, set et match pour toi mon ange !
Marc relève les yeux et me sourit.
-Oui. Cette fois, c'est fini !!!
Une page se tourne et marque m'embrasse à nouveau.
-Ca faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé comme ça !
Effectivement, ça faisait longtemps. Ces dernières semaines sont passées à une vitesse hallucinante. Les retrouvailles avec Marc m'ont fait beaucoup de bien, et nous nous sommes très vite remis ensemble. Cependant, nous n'avons pas encore dépassé le stade des baisers et de légères caresses. Nous avons besoin d'un peu de temps tous les deux, pour des raisons différentes, et ça nous convient parfaitement pour le moment. Et même si la tentation est parfois très forte, nous prenons le temps de nous redécouvrir. Notre relation me fait un peu penser à nos débuts ensemble, mais il est clair que les bases sont plus saines.
Le bac est passé également. Je ne me fais pas trop de soucis, mais Marc a déjà demandé le redoublement. Il a raté trop de cours et vécu trop de choses pour pouvoir passer ses épreuves dans de bonnes conditions.
Marc me tire par la main et me sort de mes pensées. Nous arrivons vers la sortie. Kathy est toujours malade et Gaston décide de la raccompagner chez elle !
-Je dois y aller, mes parents m'attendent. Je passe te voir tout à l'heure ?
-Oui, ok, je vais bosser un peu pour l'expo en attendant !
Marc m'embrasse une dernière fois puis dévale les marches d'entrée du tribunal pour rejoindre ses parents. Je les observe un instant, Marc se rapproche d'eux, ralentissant un peu l'allure au fur et à mesure que la distance s'amenuise. Finalement il s'arrête face à eux. Je les vois discuter un peu mais je suis trop loin pour entendre ce qu'ils disent. Cependant, leur regard se dirige régulièrement vers moi. Finalement, le père de Marc le prend par les épaules et lui ouvre la porte de la voiture. Puis il se dirige vers la porte du conducteur. Juste avant de monter, son regard croise le mien et après une seconde, il m'adresse un bref signe de tête auquel je réponds volontiers. Finalement ils partent et je rentre chez moi.
Arrivé à l'appartement, je zigzague entre les différentes toiles, les planches, les chevalets.
Outre le bac et le procès, l'approche de l'exposition représente un véritable challenge pour moi et j'ai retrouvé la motivation et la créativité qui me faisaient défaut ces derniers mois. Je
crois qu'un certain blondinet n'est pas étranger à cette histoire. Quand je l'ai retrouvé, j'ai retrouvé en même temps le sourire, la joie, l'envie d'un avenir...avec lui. Bref, j'ai retrouvé des
forces. Le seul bémol est le fossé qui me sépare de ma mère depuis cette fameuse déclaration. Elle m'en veut, je la comprends, mais ça fait mal. Nous avons toujours été complices et encore
aujourd'hui, je sais que j'ai besoin d'elle pour avancer sereinement. Alors j'attends, le moindre signe qui pourrait m'indiquer qu'elle m'a pardonné, ayant des nouvelles par Henri que je vois de
temps en temps, avec ou sans la petit Agathe !
J'ai eu une nouvelle prise de sang, les résultats sont négatifs, je suis définitivement tiré d'affaire, il ne me manque plus qu'elle pour pouvoir enfin tourner la page sur cette histoire.
Je repère une toile qui me pose quelques problèmes, le jeu des couleurs est osé, mais la moindre erreur pourrait en faire une vulgaire croûte, bonne à jeter. Je me change afin de pouvoir me salir sans problème et ma palette à la main, je commence à mélanger les différents tons, cherchant à obtenir la couleur parfaite.
Je n'aperçois le mouvement que lorsque la porte est déjà ouverte. Marc me regarde tendrement, adossé au chambranle de celle-ci. Depuis combien de temps je suis dans ma peinture ? Un bref coup
d'œil à l'extérieur me prouve qu'il fait déjà nuit, ça fait plus de trois heures, mon dos me fait comprendre qu'il aurait apprécié une petite pause plus tôt. Marc referme la porte, range ses
clés, enlève son blouson et s'approche de moi avec une drôle de lueur dans le regard. Une lueur qui me donne l'impression qu'il fait très chaud tout à coup et que tout vêtement est superflu.
Une fois à ma hauteur, il se baisse et pose sa main sur ma nuque, m'entraînant dans un baiser endiablé. Une vive chaleur se répand en moi comme une traînée de poudre prendrait feu et lorsque je
veux le saisir à mon tour, il m'attrape les bras et s'éloigne d'un pas.
-Tu vas me salir...
Effectivement, mes mains sont pleines de peinture.
-Je vais aller les laver.
Mais au lieu de me lâcher, il raffermit sa prise et m'entraîne vers le coin salon et me pousse dans le canapé.
-Pas la peine. Tu peux te contenter de regarder !
Et je ne sais pas si j'adore ou si j'appréhende l'expression perverse que je vois sur son visage. Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus longtemps que Marc a reprit mes bras et les maintient au-dessus du canapé, tandis qu'il s'assoit à cheval sur moi, reprenant notre baiser et entamant un mouvement sensuel du bassin. Sa bouche remonte doucement le long de ma mâchoire et finis tout contre mon oreille.
-J'ai vraiment envie de toi...
Ces quelques mots murmurés provoquent un gémissement incontrôlé de ma part. A nouveau je tente d'atteindre son corps, mais il se relève avec un sourire aguicheur.
-Nan, nan, tu regardes, mais tu ne touches pas !
Il s'éloigne de quelques pas et se dirige vers une étagère. Il choisit un boîtier et insère le CD dans ma chaîne hi-fi. Il est toujours de dos et commence à se balancer sur le rythme de la
musique. J'ai du mal à croire à ce que je vois, il ne va quand même pas....
Eh bien, si ! Il finit par se tourner vers moi et déboutonne lentement sa chemise tout en dansant, ne quittant pas mes yeux des siens. Ca y'est la chemise est par terre, j'ai beau le trouver on
ne peut plus sexy, je vois une légère rougeur s'installer sur ses joues, signe d'une certaine gène et je ne peux m'empêcher de le trouver adorable. Je suis bien conscient de l'effort que sa
représente pour lui de se dévoiler ainsi, mais cette preuve de confiance me fait beaucoup de bien.
Il remonte sa main vers son visage et se met à suçoter un de ses doigts puis trace une ligne avec celui-ci jusqu'à son pantalon. La tension de mon bas ventre s'accentue et je commence à me sentir
très étroit. La peinture commence à couler lentement le long de mes bras à force de les tenir en l'air, mais je ne m'en préoccupe pas, trop absorbé par le spectacle sous mes yeux. Marc est dos à
moi et fais lentement glisser son pantalon le long de ses jambes, me dévoilant progressivement ses fesses et ses cuisses. Le pantalon a maintenant rejoint la chemise et les mains de Marc jouent
avec l'élastique de son boxer, hésitant à en montrer plus. Je bouillonne déjà et ne me retiens plus de dire :
-Vas-y, enlève-le !
Tout en se dandinant, Marc me fait une petite moue irrésistible.
-Hummm, je ne sais pas...il fait un peu frais...
-S'il te plait enlève le, je vais te réchauffer !
Il rigole doucement et finit par descendre son boxer et l'envoyer promener. Il se retrouve face à moi, il a arrêté de danser et tente de sa cacher un peu avec ses mains, les joues écarlates.
-Il est un peu tard pour te cacher, tu ne crois pas ?
Il hausse les épaules.
-Oui, je sais...j'y peux rien !
-Viens-la !
Il s'approche assez précipitamment et se réinstalle à cheval sur mes jambes. Ses bras entourent mon cou et sa bouche retrouve la mienne. Nos langues se rejoignent enfin et nos souffles
s'accélèrent. Sans pouvoir résister plus longtemps, mes mains partent caresser sa peau partout où elles peuvent l'atteindre, laissant des traces de peinture un peu partout sur son corps. Tandis
que nos corps miment l'acte sexuel, Marc m'enlève mon tee-shirt et s'attaque à mon pantalon. Je soulève légèrement mes hanches afin de lui faciliter la tache et finalement je me retrouve aussi nu
que lui.
Tout doucement il se laisse glisser pour finir à genoux devant moi, sans oublier de passer ses lèvres le long du chemin tracé. Je sens sa langue passer lentement sur mon sexe puis jouer avec mes
bourses et sans que je m'y attende, il prend mon sexe en bouche. A nouveau mes lèvres laissent passer un gémissement de bien être et je pose mes mains sur sa tête, lui faisant ainsi profiter
d'une coloration gratuite.
Ses mouvements s'accélèrent et sa langue s'amuse avec mon gland. Je sens que je ne vais pas pouvoir tenir longtemps s'il continue comme ça. Ca fait trop longtemps, je suis trop excité.
-Marc...stop...je vais venir...
Il se redresse alors et reprend sa position initiale et avec un petit sourire, il saisit mon sexe et se positionne au-dessus. Au moment ou je commence à le pénétrer, ses yeux se ferment et son visage se crispe, mais il ne s'arrête qu'une fois totalement assis. Sa respiration est très vive et ses mains sont fermement accrochées à mes épaules. Il ne peut retenir un petit gémissement de douleur. Il amorce un mouvement, mais je le retiens par les hanches.
-Attend un peu et respire bien. Détends-toi, ça va aller.
Je plonge la tête dans son cou et de ma main je caresse sa verge afin de l'aider à accepter mon intrusion en lui. Au bout d'un petit moment il remue doucement tout contre moi, toujours sans lâcher mes lèvres. Je sens mon désir regrimper en flèche et finis par bouger en symbiose avec ses hanches. Nos bouches se séparent afin de laisser nos corps exprimer leur plaisir mais nos fronts restent collés l'un à l'autre. Je ne peux m'empêcher de malaxer ses fesses rondes et fermes et les gémissements que j'en tire tendent à prouver que Marc apprécie. Lorsque je sens que l'orgasme n'est pas loin, je me tourne légèrement et m'allonge sur le canapé afin de laisser à Marc l'espace nécessaire à ses vas et viens. Nos bruits remplissent la pièce et je m'en délecte. Enfin après de longues minutes de gémissements prononcés, Marc s'arc-boute dans un cri et se libère par spasmes dans ma main et sur mon ventre. Grâce aux contractions de son corps, je sens à mon tour la jouissance arriver, partant de mon bas ventre et se rependant à vitesse grand V dans tout mon corps tandis que mon sexe se gonfle une dernière fois afin de venir au plus profond de mon amant déverser sa semence.
Marc s'allonge sur mon torse, semblant à bout de forces et c'est avec douceur que je me retire. Le sentant s'endormir, je le secoue légèrement.
-Attend, viens prendre une douche, on a de la peinture partout...et pas que de la peinture.
Il se redresse et je remarque le rouge de ses joues qui me fait rire.
-Arrête de te moquer de moi !
-J'y peux rien tu m'fais craquer quand tu rougis !
-Ce n'est pas drôle.
-Au contraire. Après le spectacle que tu viens de me donner, te voir rougir juste pour ça est plutôt comique.
-Je...je voulais juste te faire plaisir. Dit-il en baissant la tête.
-Et tu as réussi. Tu as été...formidable, vraiment...Et tu m'as beaucoup, beaucoup excité.
-C'est vrai ?
-Hmm hmm !!!
-J'ai cru...j'ai eu peur d'être ridicule.
-Tu as été parfait Marc. Et ton petit show m'a beaucoup plu. Autant pour ce que j'avais sous les yeux que pour ce que ça représentait. C'était vraiment un beau cadeau. Merci. Je t'aime, tu sais.
Marc relève la tête brusquement. La dernière fois que je lui ai dit ça, j'étais en larme sur la porte de sa chambre, sous le couperet de la séparation qu'il m'infligeait. Il me fait un doux sourire et se penche pour m'embrasser.
-Je t'aime aussi.
-Allez, maintenant, à la douche !
Marc me fait une bouille digne d'un enfant de 6 ans et se laisse tomber sur moi.
-Non, je suis naze, j'ai pas envie de marcher.
-Tu veux pas que j'te porte quand même.
Avant même d'avoir eu le temps de regretter mes paroles, Marc est déjà accroché à mon cou et me lance un :
-C'est une très bonne idée.
Après une vaine tentative de me décrocher de ma sangsue personnelle, j'abdique et passe mes mains sous ses cuisses en me levant tandis qu'il enroule ses jambes autour de ma taille. Et c'est en riant que nous nous dirigeons vers la salle de bain. Ce n'est qu'une fois dans la cabine de douche qu'il daigne poser les pieds par terre !!! Nous passons un bon moment à frotter nos corps couverts de peinture sèche...étonnamment, même si il est quasiment entièrement coloré, Marc est principalement barbouillé au niveau du bas ventre, et du bas dos...et avec tous ces frottements, je me retrouve presque aussi brodé que lui !!! Enfin, une fois sortis de la douche et séchés, nous nous installons dans ma chambre et à nouveau je retrouve le bonheur de m'endormir avec Marc lové dans mes bras.
Lorsque je me réveille, la respiration de Marc m'informe u'il dort encore. Après avoir profité quelques instants supplémentaires de sa chaleur, je sors doucement du lit pour ne pas le réveiller. J'enfile un bas de pantalon et alors que j'observe mon amant endormi, j'ai comme une sorte d'illumination. Je me dirige vers le salon et saisis une œuvre inachevée, puis je retourne au chevet de Marc. Et c'est en le regardant dormir, qu'enfin j'arrive à terminer son portrait commencé plusieurs mois auparavant...j'ai l'impression que c'était il y a des siècles. Je suis fier de moi, il est particulièrement réussi. Ses yeux qui m'avaient tant posé problème ressortent maintenant telle deux fenêtres sur son âme, ils semblent pétiller de joie et de malice. Je sais d'ors et déjà que c'est une pièce que je vais soumettre au directeur artistique de l'exposition. Je finis par retourner dans le salon pour ranger un peu avant de voir l'heure. Il est près de trois heures du matin, je retourne me coucher. Marc remue un peu et je crains de le réveiller, mais il murmure seulement :
-Antoine.
Je le sers dans mes bras.
-Je suis là mon ange, dors !
Ce ne sont pas les rayons du soleil qui me tirent de mon sommeil, mais une main baladeuse qui parcourt mon corps lentement. Avant même d'ouvrir un œil, deux lèvres redécouvrent mon visage.
-C'est un réveil très agréable !
-Hmm, je sais, j'ai testé aussi !
J'arrive enfin à ouvrir les yeux et cette fois, les lèvres de Marc s'attardent sur les miennes. Mais alors que je m'apprête à aller plus loin, Marc recule et semble contrarié.
-Ca ne va pas ?
Il semble hésiter, puis prend une forte inspiration.
-Je suis désolé de te demander ça, je sais que ça ne me regarde pas, mais...j'ai besoin de savoir...
-Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
-Quand on était séparé, tu as eu quelqu'un d'autre ?
Je sens mon sang déserter mon visage et un lourd silence s'installe.
-Oui.
Marc baisse les yeux, mais je les ai bien vus s'embuer. Je sais que je dois tout lui dire, et j'ai eu beau retarder au maximum le moment, je ne peux plus reculer. Marc a droit à la vérité, même si la peur de le perdre à nouveau me terrorise.
-Je vais tout t'expliquer d'accord ?!
Il acquiesce doucement et je le sers dans mes bras avant de me lancer dans le douloureux récit de notre rupture et de la descente aux enfers par laquelle je suis passé. Je n'omets rien, je parle de ma douleur, de mes conneries, de Vincent, de l'autre, de la drogue, du test, de l'attente, de la peur, des résultats, de mes regrets, de ma mère...
-Alors c'est pour ça que je n'ai toujours pas revu ta mère...
-Oui. Je suis vraiment désolé Marc. J'ai été stupide et inconscient. Mais même si j'ai fait des conneries, je te jure que je n'ai jamais aimé que toi. Et même si Vincent m'a été d'un grand secours, il n'est qu'un ami, tu me manquais, j'étais tellement mal...je savais plus où j'en étais...Je suis désolé. J'espère que tu ne m'en voudras pas trop.
Marc me fusilla du regard et s'exclama :
-Bien sur que je t'en veux. Tu as mis ta santé en jeu sans réfléchir aux conséquences. Tu as fait n'importe quoi, est-ce que tu te rends compte de ce qui aurait pu t'arriver ? Tu aurais pu tomber sur des gros malades, tu aurais pu choper n'importe quoi, tu t'es drogué ! Oui pour ça je t'en veux et tu as bien de la chance de pas avoir eu de problème parce que je te jure que j'aurais fait de ta vie un véritable enfer !
A chacune de ses phrases, je baissais un peu plus la tête, sentant les larmes monter au fur et à mesure.
Finalement, après une courte pause, Marc reprit beaucoup plus calmement.
-Je suis en colère parce que ce que tu m'as raconté m'a fait peur pour toi. S'il t'était arrivé quelque chose, je ne m'en serais jamais remis. Quant au reste...je n'ai pas à t'en vouloir pour avoir... couché avec d'autres hommes. Nous n'étions plus ensemble et même si ça me tue de le dire, tu étais libre de faire ce que tu voulais d'autant plus que la décision venait de moi. Mais que je ne t'y reprenne plus jamais ! Tu es à moi, maintenant, je ne te laisserai plus partir.
-Merci Marc. Merci mon ange.
Et avec un doux sourire, Marc m'embrassa, mettant ainsi un terme à la discussion.
Quinze jours plus tard, c'est la grosse panique. L'exposition est pour aujourd'hui et je perds complètement le contrôle de moi-même. Je tourne en rond comme un lion en cage. Je suis dans une sorte de petite loge pour les artistes...j'ai le trac. Des grands spécialistes de l'art seront présents ce soir et j'ai peur de me ridiculiser. Je commence à avoir le tournis à force de tourner quand on toque à la porte. La tête de mon professeur d'art apparaît.
-Bonsoir Antoine !
-Bonsoir monsieur.
-Comment tu te sens ? Pas trop le trac ?
-Vous voulez rire, il creuse le sol depuis tout à l'heure.
Je lance un regard noir à Marc qui me fait un grand sourire. Mon professeur le regarde un instant surpris, puis ses yeux reviennent sur moi et il me sourit. Comprenant l'allusion, je hoche la tête. Marc, s'apercevant de cet échange, fronce les sourcils. Je décide d'ignorer ses interrogations. Il finira bien par comprendre.
-C'est vrai que je suis plutôt nerveux...si ça se trouve, ça ne va pas plaire du tout, j'aurais jamais du accepter de faire ce truc...je vais me prendre la veste du siècle !!!
-Ne t'inquiète pas, tes œuvres sont superbes. Ca va bien se passer, détend toi. Bon je dois y aller, les organisateurs m'attendent, je voulais juste te souhaiter bonne chance !
-Merci monsieur, à plus tard.
Il repart et à nouveau je fais les cent pas.
-A non, tu ne vas pas recommencer. Tu me donnes le tournis.
Marc me bloque la route et me pousse contre le mur m'offrant un baiser passionné qui me coupe tout raisonnement logique. Ses mains sortent ma chemise du pantalon et commencent à l'ouvrir et avant que j'ai pu l'en empêcher, sa bouche prend une direction très au sud de mon visage.
Ce n'est qu'en me rhabillant que je me rends réellement compte de ce qui vient de se passer et de ce qui aurait pu se produire si quelqu'un était rentré.
-Tu es malade ! Imagine que quelqu'un nous ait vu !!!
-Ca n'a pas été le cas, tout va bien ! Et au moins, tu es détendu, maintenant !
-Oui, c'est vrai.
Effectivement, j'avais comme qui dirait, évacué la pression. Et lorsqu'une jeune femme vint me chercher pour l'ouverture des portes, je pus la suivre sereinement. Tous les participants sont
rassemblés au milieu de la salle pour assister au dernier débriefing de l'organisateur. J'ai bien l'impression que ce type est plus stressé que moi, et Marc se moque allègrement de lui...en toute
discrétion bien sur !!! Chacun a eu le droit de venir avec une personne de son choix et je vois que la plupart des participants ont à peu près mon age et qu'ils ont également choisi leur
compagnon pour justement...les accompagner !
Enfin les portes s'ouvrent et les « invités » pénètrent dans la galerie. Il y a un monde fou, je ne pensais pas que les jeunes talents pouvaient être aussi intéressants !!!
Je fais un tour de galerie avec Marc à mon bras. Et arrivé à mon espace, Marc peine à retenir un petit cri de surprise lorsqu'il tombe face à face avec lui-même. En effet, son portrait est là, accroché au mur au milieu des autres toiles. Il est en quelques sorte ma pièce maîtresse !
-Quand...quand est-ce que tu as fais ça ?
-Oh! ...Je l'ai commencé en début d'année...et je l'ai fini l'autre nuit, après le verdict du procès.
-Eh bien, mon cher, si vous voulez faire carrière, il faudra faire un peu plus vite que ça !!!
Il dit ça d'un ton docte et nous finissons par en rire. Je vois arriver Kathy et Gaston accompagnés de Vincent et Yoann. Je les salue et observe Marc qui se trouve face à Vincent.
-C'est toi Vincent ?
-Oui, pourqu....
Il n'a pas le temps de finir sa phrase que Marc lui lance son poing dans le ventre. Vincent, le souffle coupé se retrouve genoux à terre. Marc l'aide alors à se redresser.
-Voilà, maintenant, on peut partir sur de bonnes bases. Enchanté, je suis Marc.
Et il lui sert la main. Nous le regardons tous, étonnés, mais finalement Vincent après avoir repris sa respiration, rigole.
-Faites pas cette tête les mecs, moi à sa place j'aurai fait bien pire si il avait couché avec mon mec ! Par contre, mon vieux, tu as un sacré crocher...je ferais en sorte de pas l'oublier...
La soirée continue tranquillement. De nombreuses personnes passent, certaines s'arrêtent et discute avec moi de différentes toiles, au fur et à mesure que les compliments arrivent, je me détends et au bout d'un moment Marc me murmure à l'oreille :
-Regarde qui voilà !
Je tourne la tête et aperçois Henri, Agathe et...ma mère...
Je reste un instant interdit le temps que mon cerveau analyse calmement la situation. Lorsque enfin j'ai réussi à calculer que ma mère est bine là, présente, à l'exposition des jeunes talents dont je fais partie, qu'elle ne semble pas en colère et qu'elle est...magnifique ce soir... je me rends compte que mes amis m'ont lâchement abandonné et qu'ils discutent un peu plus loin avec Henri et Agathe... Je me retrouve donc seul face à celle qui peu en quelques phrases tout faire basculer du bon ou du mauvais côté*. Elle s'approche et me sourit tendrement.
-Tu es venue !
-Je n'allais pas rater la première exposition de mon fils !
-Bah! ce n'est pas vraiment la mienne, j'en fait partie c'est tout...
Un silence gêné s'installa.
-Je suis vraiment désolé, maman. Je sais que je t'ai déçu...je te demande pardon. Et crois moi, ça ne se reproduira plus jamais.
-Je sais mon chéri, je sais. Tu m'as vraiment flanqué la frousse de ma vie, Antoine. Tu es et tu resteras mon petit garçon, peu importe les années qui passent, et j'ai eu tellement peur de te perdre, rétrospectivement ! Henri m'a raconté ce qu'il sait sur cette histoire et comment tu as affronté ça tout seul. Et aujourd'hui, tu es là, te préparant à ton avenir...je veux que tu saches que je suis très fière de toi.
Elle ouvre les bras et je me laisse aller doucement à l'étreinte ! C'est fou comme elle m'a manqué !
-Nous sommes ridicules à moitié en larme au milieu de la galerie tu ne trouves pas ?
-Oui, tu as raison, nous ne sommes pas là pour ça ! Et d'ailleurs je crois qu'un charmant jeune homme aimerait bien retrouver sa place à tes côtés.
Je tourne la tête vers Marc qui, tout en continuant sa conversation jette de petits coups d'œil inquiets dans notre direction. Finalement nous faisons signe à tout le monde de venir. Marc me prend par la taille et m'embrasse sur la tempe après avoir salué ma mère et les discussions reprennent.
Un homme assez âgé qui était déjà passé tout à l'heure et avec qui j'avais discuté de mes peintures s'approche avec mon prof d'art. Celui-ci m'entraîne un peu à l'écart.
-Antoine, je te présente le professeur Kerovski, directeur de l'institut national des arts et du graphisme. Il souhaiterait s'entretenir avec toi.
-Bonsoir, monsieur.
-Bonsoir monsieur Salier. Nous nous sommes rencontrés tout à l'heure.
-Oui, je m'en souviens.
-Eh bien, après avoir vu vos œuvres et avoir discuté avec votre professeur, j'aimerai beaucoup que vous veniez à l'institut, pour tenter les tests d'entrée.
Je reste sous le choc. Il veut que je vienne passer le concours d'entrée. Moi ? J'ouvre la bouche deux ou trois fois avant d'arriver à émettre un son...
-Moi ?
-Oui, vous. Biens sur, il vous manque une certaine maîtrise, ainsi que de la maturité, mais tout cela s'apprend. Et si vous tentez votre chance à notre concours, vous aurez mon appui auprès du jury.
Le reste de la conversation est dans le brouillard. Je me souviens avoir serré sa main beaucoup trop longtemps, l'avoir remercié beaucoup trop de fois et avoir pris sa carte qu'il me tendit. Lorsque je retourne vers ma famille et mes amis, il me faut bien quelques minutes avant d'arriver à expliquer clairement :
-C'était le professeur Kerovski, LE professeur, directeur de l'institut des arts le plus coté d'Europe...et il veut que je tente le concours pour entrer dans leur école !
Des cris de joie répondent à mon annonce ! Et je passe de bras en bras, recevant des baisers de tout le monde, bien que Marc ne m'ait pas laissé très longtemps dans les bras de Vincent...
-Félicitations mon chéri, nous aussi avons quelque chose à vous dire. Henri et moi, avons décidé de nous marier. Et bien sur, vous êtes tous invités.
A nouveau des cris de joie remplissent la pièce, je crois que nous commençons à faire tache dans cette galerie plutôt huppée !!! Kathy donne un coup de coude à Gaston et celui-ci se racle la gorge.
-Puisqu'on en est au nouvelles, vous savez que depuis quelques temps Kathy est malade et j'avoue que j'étais très inquiet pour elle. Alors nous avons consulté et je n'ai pas à me faire de soucis pour elle, par contre dans quelques mois, je devrais me soucier d'une personne supplémentaire. Nous allons être parents !
Cette fois, c'est carrément l'explosion et nous finissons par être priés de sortir car nous gênons les invités ! Heureusement, le professeur Kerovski est déjà partit depuis quelques minutes. Mais pour le moment tout ça n'a plus d'importance, je suis entouré de ma famille, de mes amis, de mon homme et pour nous, ce soir, la fête va continuer jusqu'au bout de la nuit !!! Je regarde ce petit groupe qui fait mon monde et un doux sourire vient se poser sur mon visage.
-Ca va mon cœur ?
Marc semble un peu inquiet.
-Oui, très bien. Je réfléchissais.
-Et ?
-Je crois bien que je suis heureux !
-Je le suis aussi.
Et sous les encouragements bruyants de nos amis, nos lèvres se joignent à nouveau.
Je vous présente toutes mes excuses pour ce chapitre si tardif. Tout ne s'est pas déroulé comme je l'avais prévu. Et quand j'ai commencé à écrire, je me suis refusé
d'écrire autre chose avant d'avoir fini cette fiction et comme ce chapitre m'a posé beaucoup de soucis, ça a sans arrêt été reporté....pour me faire pardonner, il fait le double des autres...et
en plus c'est une happy end !!! Si ch'uis pas trop gentille, hein !!!!
Certains d'entre vous le savent, je dois passer au rattrapage, ce qui signifie révisions, révisions, révisions et j'aurai d'autant moins de temps que je suis actuellement en stage. J'espère quand
même pouvoir écrire...l'avenir nous le dira.
En attendant j'espère que ce chapitre vous plait et que la fin vous convient...j'ai pensé à plein de choses pour ouvrir l'histoire sur autre chose (retour du père d'Antoine, l'éloignement du aux
études...et d'autres...) mais je trouve ce chapitre tellement mauvais que je crois que c'est mieux si j'arrête la. Il faut savoir mettre un terme aux choses avant de les dégrader...
Ca reste quand même mon premier bébé et je suis très heuresue de l'avoir partagé avec vous...et assez émue aussi d'avoir écrit le mot "fin".....une p'tite
larmichette!!!! Merci à tous pour vos visites, vos messages, votre soutien, vos encouragement....
Je vous embrasse !
A bientôt j'espère...

