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  • : 13/10/2007

One-shots

Vendredi 17 octobre 2008
Il y a des jours ou on ferait mieux de ne pas se lever. C'était ce que se disait Arnaud cet après midi la. Toute cette journée n'avait été qu'un succession de crasse pour le jeune homme. Pourtant les vacances d'été avaient été bonnes. Il était allé avec sa famille dans le sud de la France deux semaines puis il avait rejoint ses cousins dans le midi pour du camping entre potes. Il avait bien bronzé et son teint caramel faisait ressortir ses yeux clairs et ses cheveux châtains. La bas ils avaient rencontré d'autres jeunes, dont un garçon très sexy avec qui il avait fait bien plus que du simple copinage ! Une histoire d'été, une histoire sympa, qui s'était arrêté le jour du départ, sans prise de tête. L'avantage étant qu'il n'y avait que les bons côtés d'une relation !


La rentrée était donc arrivée et Arnaud n'en était pas mécontent. Il aimait beaucoup travailler, il adorait apprendre. De ce fait il n'avait pas vraiment d'amis, mais ceux qu'il avait lui suffisaient, même si ceux-ci ne faisaient pas parti de son établissement. Ils étaient les seuls à avoir cherché un peu plus loin que l'image d'intello qu'il renvoyait au lycée. Et le problème était là. Pour Arnaud, les études représentaient sa seule porte de sortie possible pour un avenir meilleur, non pas qu'il soit malheureux, il avait des parents aimants et attentifs, mais qui se serraient la ceinture toute l'année pour offrir à leur fils deux semaines de vacances par an. De ce fait, il s'étaient donné un objectif à atteindre et il se donnait les moyens d'y arriver, travaillant sérieusement en cours. Et même si en dehors de l'établissement il était un adolescent exactement comme tout le monde avec ses fous rires, ses folies et sa bonne humeur, l'attitude assidue et volontaire qu'il avait en cours avait fait de lui une sorte de paria, marginal et pas du tout « cool » !
En plus de ça il travaillait pour un petit journal local en tant que photographe amateur, il avait donc peu de temps libre. Arnaud avait donc deux vies, celle de l'étudiant bosseur et indifférent aux moqueries de ses camarades, et celle du jeune homme, très séduisant et bon vivant qu'il devenait en dehors de ses obligations.



En ce jour de rentrée, donc, Arnaud s'était levé de mauvaise humeur, il n'avait pas beaucoup dormi et s'était cogné le petit doigt de pied dans le coin de son lit. Il se traîna jusqu'à la douche avec la seule envie de retourner sous la couette ! Envie fortement confortée quand l'eau glacée jaillit du pommeau de douche...Un cri assez peu virile se fit entendre dans la maison familiale, suivi d'une flopée de jurons tous plus imagés les uns que les autres. Lorsqu'enfin il sortit de la salle de bain, il se rendit compte qu'il était largement en retard et que si il ne voulait pas rater la rentrée, il devrait se passer de petit déjeuner ! Il attrapa donc de la monnaie qu'il fourra dans sa poche et se dépêcha de sortir. Il espérait trouver un moment dans sa matinée pour s'acheter une bricole !



Il arriva finalement à l'heure au lycée et se dit que finalement les dieux n'étaient plus fâchés contre lui et qu'il pourrait finir sa journée tranquillement, oubliant les événements désagréables du matin. Son optimisme fut tranché net quand il arriva devant les panneaux d'affichages ! Il avait beau lire et relire la feuille de sa classe, reconnaissant sans faute la plupart de ses camarades de l'année précédente, cependant, il ne trouvait pas son nom. L'administration devait l'avoir oublié, ça ne pouvait être que ça...à moins que...un nœud commençant à se former dans son ventre, Arnaud se dirigea vers les feuilles des autres classes !!! Son visage se décomposa lorsqu'enfin il trouva son nom dans une classe ou il ne connaissait personne !!!



Il n'y avait pas à dire, il aurait été tellement mieux sous sa couette ! Comme pour confirmer ses pensées, il entendit arriver un groupe de jeune reconnaissable aux décibels de leur conversation. Un petit nombre d'individus s'approchaient de là ou Arnaud se trouvait et par soucis de ne pas empirer d'avantage sa journée, celui-ci s'éloigna. Il observa de loin les nouveaux arrivants qui feraient désormais partit de son univers quotidien. Le groupe était dirigé par Lorenzo Vargas...déjà rien que son prénom semblait ridicule aux yeux d'Arnaud ! Un vrai prénom de petit bourgeois engoncé dans son monde et ses principes. Si Arnaud devait être totalement objectif, il pourrait admettre que étant d'origine hispanique, ce prénom lui collait comme un gant et que ce Lorenzo avait tout ce qu'il y a de plus attirant chez un homme ! Mais l'attitude hautaine et tapageuse qu'il dégageait lui permettait de nier totalement ces faits et de se contenter de trouver ce garçon totalement immature et inintéressant. Arnaud failli changé d'avis lorsque son regard descendit sur ses reins et ses fesses joliment sculptées, mais il se reprit bien vite, se rappelant qu'il était au lycée pour une bonne raison, et les aventures n'en faisaient pas parti.



Lorenzo faisait partit de ce qu'on appelle « les populaires » ! Ce genre de personnes qui, où qu'ils aillent font tourner les têtes sur leur passage, qui le savent et qui en jouent, qui ont une cour d'admirateur près à s'entre tuer pour avoir ne serait-ce qu'un minimum d'attention et surtout, qui change de partenaires très régulièrement, brisant les cœur sans remord ! Sur cette idée, Arnaud décida de ne plus se préoccuper d'eux et alla au niveau de sa salle de cours.



Lorsque le professeur principal arriva, Arnaud s'installa en milieu de classe, assez prêt pour ne rien rater des cours, mais pas trop pour ne pas se mêler aux lèche bottes qui avaient le don de l'exaspérer au plus haut point ! La matinée fut assez brève et après la présentation habituelle, le discours assommant du proviseur et la distribution des emplois du temps, Arnaud put rentrer chez lui. Les cours n'ayant pas vraiment commencé et jugeant que sa journée avait été assez catastrophique comme ça, Arnaud décida de se recoucher et de finir sa nuit trop tôt coupée à son goût!



Si la rentrée n'avait pas été glorieuse, le pire restait pourtant à venir. Les véritables problèmes commencèrent quelques semaines après le début des classes. Arnaud avait été convoqué par la CPE de l'établissement et il se demandait bien ce qu'elle pouvait avoir à lui reprocher. Il fut surpris lorsqu'il se rendit compte qu'il n'était pas seul. Un autre élève était présent. Il le connaissait uniquement de vu et ne savais même pas son prénom.



-Ah ! Bonjour Arnaud !


-Bonjour Mademoiselle Sonira.


-Tu connais Bertrand ?


-Euh, de vue...


Le dénommé Bertrand lui adressa un signe de tête auquel il répondit, attendant patiemment la raison de sa convocation. La CPE reprit la parole.


-Bertrand fait partit d'une association de bénévoles venant en aide aux enfants défavorisés. Et avec son équipe, ils ont monté un projet de vente pour une récolte de fonds. Le rôle de Bertrand au sein du lycée est de créer un calendrier qu'il pourra ensuite revendre.


Arnaud hocha la tête lentement, mais voyant que les explications s'éternisaient, il décidé de rentrer dans le vif du sujet.


-Excusez moi, mademoiselle Sonira, c'est très bien tout ça, mais qu'est-ce que j'ai à voir la dedans.


-Oh ! Eh bien, je suppose que Bertrand va t'expliquer ça mieux que moi !


Le jeune homme se tourna alors vers moi et enchaîna.


-Pour les photos du calendrier, nous allons faire appel à des élèves volontaires qui poseront en tout bien tout honneur. Le soucis est que nous avons consulté les prix que les photographes professionnels nous demandaient et pour la plupart d'entre eux, ils coûtent plus cher que ce que pourrait nous rapporter cette collecte. Et c'est là que tu entres en scène.


-J'ai bien peur de comprendre...


-Nous savons que tu travailles pour le journal et nous voudrions que tu sois le photographe officiel de notre calendrier.


-Quoi ?


Arnaud regarda tour à tour sa CPE et Bertrand espérant que l'un des deux se décide à lui avouer où se trouvait la caméra cachée, mais rien ne vint. Il secoua la tête d'un air désolé.


-Ecoutez, je trouve que ce que vous faites dans ton association est une très bonne chose, mais je n'ai pas le temps pour ça. Je dois bosser et...


-Tu es un élève brillant Arnaud, tu pourras facilement lier les deux, j'en suis certaine.


-Je suis brillant parce que je travaille, mademoiselle Sonira. Je n'ai déjà pas beaucoup de temps libre.


-Si tu as besoin, nous pouvons t'exonérer d'une option facultative pendant le temps que durera ce travail. Cela te donnera du temps nécessaire, sans empiéter sur ton temps libre.


-Je ne sais pas quoi dire....je ne pense pas que ça soit une bonne idée. Reprit Arnaud d'une vois un peu moins ferme.


-Si tu ne peux pas faire ça, tout le projet tombe à l'eau. Je sais que ça représente du travail, mais j'ai vu quelques uns de tes articles, tes photos sont excellentes...nous aimerions vraiment que tu acceptes.


Les yeux de Bertrand était suppliants et ceux de la CPE encourageants.


Se sentant céder, Arnaud soupira.


-Laissez moi un peu de temps pour y réfléchir, d'accord ?!


-Pas de problème, revenez tous les deux dans mon bureau demain à la même heure et tu nous diras ta réponse. Vous pouvez retourner en cours maintenant.


Arnaud se dirigea vers sa classe, la tête remplie de questions quand une main l'arrêta. Bertrand l'avait rattrapé et lui tendait quelques papiers.


-Tiens voilà quelques prospectus de notre association, pour que tu vois un peu ce que nous faisons. J'espère que ça pourra t'aider à te décider pour un « oui ».


Et ça l'avait décidé. Il avait lu les prospectus et effectivement le travail fournit par l'association était admirable. Mais ce qui l'avait marqué était les visages des enfants sur les prospectus, des visages bien trop sérieux, des yeux ternes mais remplis d'espoir...ces yeux la avaient envahis les rêves d'Arnaud et lorsqu'il se rendit dans le bureau de la CPE le lendemain, ils le tourmentaient encore.


-J'accepte. Avait-il annoncé d'un ton las.


Bertrand lui avait alors adressé un magnifique sourire accompagné d'un soupire de soulagement et la CPE avait saisi son téléphone.


-Je m'occupe de ton changement d'emploi du temps. Je te recontacterai pour mettre tout ça à jour Arnaud, tu peux y aller. Bertrand, reste un peu s'il te plait, il faut que nous mettions quelques points au clair !


A nouveau quinze jours passèrent sans nouvelle et Arnaud en oublia presque son engagement. La réalité refit cependant surface assez rapidement lorsqu'il fut à nouveau convoqué chez la CPE ! Après les formalités d'usage, la CPE laissa la parole à Bertrand qui semblait tout excité par son projet qui prenait forme sous ses yeux.


-Alors voilà comment ça va se passer. Tous les élèves souhaitant participer au casting pourront se présenter et inscrire leurs renseignements sur un bulletin. Il leur faudra préciser leur nom, prénom, âge et leur classe pour que nous puissions les contacter. Les volontaires doivent être majeurs ou avoir une autorisation parentale. Ensuite lorsque nous aurons tous les volontaires, nous ferons une sorte de vote général du lycée afin de réduire les candidats, puis un deuxième vote, celui la effectué par les membres de l'association et toi. Ensuite tu pourras passer aux photos et choisir toi même ceux que tu veux garder ou non.


-J'aurai le choix des modèles ?


-Plus ou moins, tu auras le choix parmi ceux qui restent. Et tu nous montreras tes choix avant d'officialiser.


-Ok.


L'aventure commença alors.


Lorsque l'annonce fut officialisée, les réactions furent plutôt mitigées au sein des élèves. Mais une fois que les plus téméraires se lancèrent, une vague d'inscription déferla dans nos urnes. Et quand Arnaud se rendit compte de la masse de travail que ça allait apporter il fut tenté de renoncer, mais l'enthousiasme de Bertrand et la confiance qu'avait sa CPE en lui l'empêchaient à chaque fois d'exprimer son envie de tout lâcher. Une fois tous les bulletins reçus, il fallut faire le tri entre les vrais inscriptions et les blagues potaches, puis Bertrand lui proposa plusieurs idées de fond pour les calendriers. Arnaud ne fut pas surpris de trouver parmi les participants, Lorenzo et sa bande ainsi que quelques autres « populaires » du lycée, en dehors de ça, il ne connaissait pas vraiment grand monde.


Finalement le jour du grand vote arriva et d'une centaine de personnes inscrites, seuls trente élèves furent désignés pour passer à l'étape suivante. Les noms des « heureux élus » furent affichés sur un panneau à l'entrée du lycée.


Peu après, alors qu'il travaillait seul dans le local qu'on leur avait attribué pour la réalisation de leur projet, Arnaud fut brusquement interrompu par une porte ouverte violemment. Il vit arriver Lorenzo, les traits crispés par la colère.


-Je veux voir un responsable, immédiatement !


-Je suis seul pour le moment.


-Alors tu vas peut être me dire ce que veut dire tout ce bordel ?!


-Ecoute, j'ai passé une journée difficile et j'ai encore pas mal à faire ici donc si tu pouvais d'une, arrêter de crier, de deux, t'expliquer clairement, ça nous ferait gagner du temps à tous les deux !


-Je parle de votre concours à deux balles ! Je peux savoir pourquoi je me retrouve dans la liste des abrutis qui veulent se foutre sur votre calendrier pourri !


Arnaud resta un instant dubitatif face à une telle mauvaise foi.


-Ce calendrier est loin d'être pourri, il va apporter un peu de bonheur à ceux qui sont dans le besoin et si tu arrivais à voir un peu plus loin que ton nez de petit bourgeois pourri gâté, tu t'en rendrais compte. En plus seuls les personnes qui se sont inscrites ont participé au vote et si tu te retrouves sur cette liste, c'est que tu as bien voulu y être !


Les éclats de voix résonnait fortement dans le local vide, accentuant un mal de tête qu'Arnaud sentait poindre depuis le début de la journée. Après quelques secondes de silence brisé par l'écho des cris, Lorenzo reprit plus calmement.


-Je ne me suis jamais inscrit à votre concours.


-Quoi ? Mais il fallait rendre le bulletin avec une photo pour pouvoir être inscrit ! Et des données personnelles.


-Ecoute euh....


-Arnaud.


-Oui, Arnaud. Je ne suis pas le seul à avoir des photos de moi, ok ! Et quant aux données personnelles c'est pas bien difficile d'en trouver.


-Je vais aller regarder dans ton fichier d'inscription.


Arnaud pris le carton rassemblant les différents fichiers et en sortit celui de Lorenzo.


-Alors...tu es bien Lorenzo Vargas, né le 15 février, tu es en terminale 3 ?


-Oui.


-Ton inscription a été prise en compte il y a un peu plus de trois semaines. Et voilà la photo qui a été donnée.


Arnaud tendit la photographie de Lorenzo sur lequel il était assis, adossé à un muret, un genou replié et un bras appuyé dessus, le poing sous le menton, le regard dans le vague.


-Je ne me suis pas inscrit.


-Tu ne sais pas qui a pu le faire ? Tiens voilà ta fiche. Tu reconnais l'écriture ?


-....Non...je ne vois pas....Alors comment je fais ?


-Comment tu fais quoi ?


-Comment je fais pour me désinscrire ? J'ai jamais voulu faire ça moi, je veux me retirer.


-Ah désolé, mais c'est impossible.


-Quoi ? Comment ça impossible ? Tu te moques de moi ?


-Non pas du tout, c'est stipulé dans le règlement. Une fois inscrit, tu dois aller jusqu'au bout. Et pour ça, il faut soit que tu perdes, soit que tu finisses par faire les photos.


Arnaud ne savait pas trop pourquoi il disait cela. Il n'y avait jamais eu aucun règlement et tout le monde pouvait aisément se retirer si l'envie lui prenait. Il n'y avait rien d'officiel dans ce « concours » et chacun était libre de ses choix. Mais alors que Lorenzo lui avait fait part de son envie de se retirer de la liste, il avait soudainement eu envie, sans trop savoir pourquoi, de pouvoir le photographier. Et si possible, assez peu vêtu...et il avait rétorqué du tac au tac que c'était impossible...même lui aurait pu y croire tellement il avait l'air sincère. Arnaud pria pour que Lorenzo ne demande pas à avoir des preuves de ce qu'il venait de dire, mais au moment ou celui ci ouvrit la bouche, la porte s'ouvrit sur Bertrand, accompagné d'une ribambelle de gamins ! Avec un petit sourire d'excuse, il s'expliqua.


-Depuis que je leur ai parlé du projet, ils me tannent pour rencontrer le grand photographe qui va les aider....alors aujourd'hui, j'ai cédé...


En voyant les frimousses émerveillées, Arnaud fondit d'un coup et si il avait eu encore le moindre doute quant à son envie de participer au projet, ils les oublia sur le champs.


-Et toi t'es qui ?


Demanda une petite fille haute comme trois pomme, avec un cheveu sur la langue. Arnaud vit là, une occasion en or !!


-C'est un monsieur qui s'est proposé pour participer aux photos du calendrier !


Et devant le regard impressionné et adorateur de ces chères têtes blondes, Lorenzo envoya à Arnaud un regard qui tue, il était piégé !


Le reste de l'après midi se passa étonnement bien et Lorenzo resta jusqu'au bout, à la grande surprise d'Arnaud et pour la plus grande joie de la plupart des fillettes conquises par son style hispanique, son humour et sa douceur. Arnaud ne l'avait jamais vu ainsi. Il traînait toujours avec sa bande, se forgeant un air bravache et séducteur, or, en cette fin d'après midi, dans ce local, le masque était tombé et la véritable nature du garçon reprenait le dessus. Malgré lui, Arnaud ne pouvait en détacher son regard et quand Lorenzo leva les yeux vers lui et le surprit dans sa contemplation, il ne put que baisser la tête et faire semblant de se replonger dans son travail, tentant de cacher la rougeur de ses joues. Il se força à garder la tête baissée presque tout le temps malgré la chaleur du regard intrigué de Lorenzo qu'il sentait se poser sur lui régulièrement.


Lorsqu'enfin Bertrand referma la porte derrière lui et les enfants, un grand silence se fit dans le local. Ce fut Lorenzo qui le brisa en riant.


-Eh bien...j'ai une bonne dizaine de demandes en mariage...va falloir que je me décide...


Arnaud sourit doucement, gardant la tête baissée, certain que si il croisait le regarde de son vis-à-vis, les rougeurs repartiraient de plus belle ! Malheureusement pour lui, les pieds de Lorenzo se rapprochaient.


-Bon alors, je suppose que pour mon histoire d'inscription je ne peux rien faire ?


-Oui, oui, voilà, c'est ça....on peut rien y faire.


Les pieds se rapprochaient encore et Arnaud priait pour qu'ils ne s'avancent pas plus.


-Parce que c'est écrit dans le règlement, n'est-ce pas ?


-Oui...oui, c'est le règlement...


Les pieds se trouvaient maintenant juste en face des siens et Arnaud sentit deux doigts lui soulever le menton.


-Et si je vais jusqu'au bout, tu vas devoir me photographier, c'est ça ?


-Eh bien...oui, si tu fais parti des finalistes !


Leurs yeux étaient encrés les uns dans les autres et Arnaud osait à peine respirer, envoûté par l'odeur du parfum épicé de Lorenzo.


-Bon, alors dans ce cas, je vais devoir remporter ce concours, après tout, c'est pour la bonne cause !


-Oui, la bonne cause...


-Tu es sur que ça va ? Tu n'es pas très éloquent...


-Oui, oui, ça va.


Arnaud sentait ses joues s'embraser, Lorenzo était bien trop proche de lui et il s'agrippait au bord du bureau derrière lui pour ne pas faire quelque chose de stupide, comme...lui sauter dessus.
Ses prières furent entendu car Lorenzo s'éloigna finalement et se dirigea vers la porte.


-Bon je vais y aller, moi, j'avais pas prévu de passer autant de temps ici.


-D'accord...salut !


Lorenzo franchit la porte et Arnaud s'apprêtait à souffler un bon coup quand il reparut soudainement.


-Oh fait ! J'ai un peu discuté avec ton pote....euh, Bertrand, tout à l'heure...il m'a dit qu'il n'y avait aucun règlement spécifique pour votre concours. Que c'était du bénévolat et que les candidats étaient libres de leur participation...Etonnant n'est-ce pas ?


Lorenzo avait un grand sourire au lèvres, légèrement moqueur...et Arnaud resta la bouche ouverte sans trouver quoique ce soit à répondre...Lorenzo reprit, toujours très amusé de la situation.


-Alors j'te dis à bientôt !

 

Et il referma la porte derrière lui.


Arnaud resta un petit moment immobile à tenter de faire le tri dans les évènements de la journée. Il venait de se faire ridiculiser devant un type qu'il croyait jusqu'à présent ne pas pouvoir sentir. Pourtant indéniablement, il était attirant et ça, même avec toute la mauvaise foi du monde, Arnaud ne pouvait pas le nier. Et le comportement qu'avait eu Lorenzo cet après midi l'avait vraiment étonné. Il n'était donc pas uniquement un petit bourgeois prétentieux et superficiel ? Bon sang il venait d'avoir la honte de sa vie devant le mec le plus canon du lycée...mais quel con !


La semaine qui suivit, Arnaud participa à la réunion désignant les finalistes. Malgré lui, il commençait à prendre à cœur son travail et passait bien plus de temps que prévu dans son local. L'avancée du projet se faisait sans encombre, et le fond utilisé pour les calendriers était presque terminé. Alors qu'il apportait les dernières touches, Lorenzo fit son entrée dans le local. Arnaud ne l'avait pas revu en tête à tête depuis l'après midi ou étaient venus le enfants et ne put s'empêcher de rougir en repensant à leur dernière entrevue. Mais Lorenzo ne semblait pas moqueur.


-Salut !


-Salut !


-Qu'est-ce que tu fais ?


-Je prépare les fonds qui serviront de support aux calendriers et aux photos.


-Ah...je...je peux t'aider ?


-Quoi ?


-Ben oui....


-Pourquoi tu voudrais m'aider ?


-Pourquoi pas ? Et puis vu que je vais être affiché sur vos trucs, je préfère être sur que ce soit fait avec goût ! Je ne veux pas que ça porte atteinte à me beauté légendaire !!


La phrase ayant été dite avec humour, Arnaud se détendit un peu.


-Je te trouve bien sur de toi !


-Je suis un indécrottable réaliste !


Arnaud laissa échappé un petit rire.


-Tu peux m'aider si tu veux.


Ce qu'il n'avait pas prévu c'est que la seule chaise de libre était juste à côté de la sienne et quand Lorenzo s'installa, Arnaud eut soudain l'impression que la chaleur montait dans la pièce.


-Alors qu'est-ce que je peux faire ?


-Euh...tu vois les planches posées là bas ?


-Oui.


-Elles ont été peintes hier et aujourd'hui, tu peux aller prendre celles qui sont sèches et coller le cadre par dessus. Arnaud sortit le prototype de son sac.


-Au final, on obtiendra ça, avec le calendrier ici et les photos comme ça !


-Ah ouais, c'est super...enfin j'veux dire, c'est pas mal !!!


Arnaud tentât tant bien que mal d'étouffer son rire, mais n'y parvint pas et finalement ils se laissèrent aller tout les deux à une crise de rire monumentale !
Ce fut comme ça que Lorenzo vint de temps en temps donner un petit coup de main à la préparation du projet, puis, de plus en plus souvent !! Les deux jeunes se rapprochaient, alternant la franche amitié et le flirt plus ou moins poussé, n'osant pas faire un pas de plus, ni l'un ni l'autre. Lorenzo s'investissait également d'avantage dans le projet, proposant même l'idée de faire un calendrier uniquement avec des gars, un uniquement avec des filles, et un mixte, augmentant ainsi la population visée et leur futur chiffre d'affaires. Après une légère hésitation de Mlle Sonira, puis l'intervention de Bertrand en leur faveur, Arnaud et Lorenzo eurent l'autorisation de modifier le projet de départ.


Il fallut alors redoubler de travail pour créer d'avantages de calendriers ainsi que différents fonds et différentes décorations en fonction de chaque cas. Et les garçons se retrouvaient presque tous les jours après les cours pour finaliser le projet dans les plus brefs délais. Ils eurent encore deux fois la visite des enfants ce qui leur permettait d'avoir une pause rafraîchissant et amusante pendant un petit moment. Et à nouveau Lorenzo eut plusieurs propositions de mariage et Arnaud en reçut également.


Finalement la réunion avec les différents membres de l'organisation eut lieu en présence de Mlle Sonira et de Arnaud, et celui-ci pu présenter les différentes personnes sélectionnées pour les calendriers. Trois filles se partageraient le calendrier féminin, trois garçons se partageraient le masculin et ils feraient un mélange pour le mixte. Sans surprise, Lorenzo fit partit de ceux la. Pour rien au monde Arnaud ne se serait privé de moments passés avec lui, surtout en le faisant poser.


Le jour des essais arriva rapidement et les six élèves se retrouvèrent dans une pièce équipée. L'excitation se faisait ressentir parmi les organisateurs et les participants. Différents vêtements avaient été apportés, et les différents shoots purent commencer.


Arnaud était assez gêné au début, il n'avait pas l'habitude de photographier des modèles, en général, il prenait des paysages ou des mouvements de foule, mais pour la première fois, il se retrouvait avec ses propres modèles qui pausaient pour lui de la manière dont il leur disait. Il ne se sentait pas à la hauteur... Voyant sa nervosité grandir, Bertrand fit sortir tout le monde et Arnaud se retrouva seul avec les trois jeunes filles. Aussitôt, il se sentit plus à l'aise et il put reprendre les photos de groupe alternant les vêtements de différentes époques et une en maillot de bain. Puis il les fit sortir afin qu'elles se changent et puissent passer une à une. Vint ensuite, le tour des garçons. Le roulement fut le même, ils firent d'abord les photos de groupe en changeant de tenus, puis ils passèrent un par un. Lorenzo passa le dernier et Arnaud aurait pu jurer qu'il l'avait fait exprès. Il s'avança vers le photographe occupé à recharger une pellicule.


-Alors, ça se passe bien ? Tu as ce que tu voulais ?


-Oui, pour le moment c'est nickel...le souci c'est que j'ai pris du retard et la luminosité baisse vite. Il va falloir qu'on se dépêche pour que je puisse faire les photos de vous six.


Arnaud semblait assez angoissé.


-Si tu veux tu peux faire les photos des groupes maintenant, on fera les miennes plus tard, ou même demain !


Arnaud le regarda plein d'espoir.


-C'est vrai ? Tu veux bien ?


-Oui, bien sur, de toutes façons, je viens ici presque tous les jours, alors autant que ce soit utile !


Arnaud soupira de soulagement.


-Super, je sais pas comment te remercier, tu me sauves la vie !


-T'inquiètes pas pour ça, je trouverai !


Répondit Lorenzo en lui lançant un sourire charmeur. Puis il alla chercher les autres qui attendaient dans une salle adjacente.


Les photos du groupe se déroulèrent dans la bonne humeur, les vêtements évoluant un peu de la même manière que pour les autres photos. Lorsqu'enfin Arnaud leur donna l'autorisation de partir, ils soufflèrent de soulagement. Ils étaient tous épuisés de leur journée. Seul Lorenzo resta au local. Une fois changé, il aida Arnaud à ranger le matériel. La nuit était tombée lorsqu'ils sortirent du lycée. Un silence gêné s'installa entre eux. Finalement, Arnaud commença à s'éloigner.


-Bon, ben salut, alors.


Il se retourna mais il sentit Lorenzo le saisir par le bras.


-Attend.


Arnaud fit volte face mais Lorenzo s'était nettement rapproché, se retrouvant presque collé à lui. La situation était on ne peut plus érotique.


-Quoi ?


-Je t'ai dit que je trouverai quelque chose pour que tu me remercies de te sauver la mise !

 

Arnaud fronça les sourcils. Est-ce qu'il allait se servir de lui ?


-Et je peux faire quelque chose pour toi ?


Lorenzo acquiesça et Arnaud le vit pur le première fois rougir. Finalement il répondit doucement.


-Je crois que oui.


Toujours maintenu par le bras, Arnaud vit Lorenzo s'approcher de plus en plus et son cœur se gonfla à l'idée de ce qui l'attendait. Lorsqu'enfin leur lèvres se rencontrèrent, Arnaud crut que ses jambes n'allaient pas le soutenir. Mais la deuxième main de Lorenzo était venue saisir son autre bras, puis était descendue jusqu'à sa main, entrecroisant leurs doigts. Ainsi accroché, il avait quelque chose auquel se rattacher. Lorsque Lorenzo quémanda timidement le passage avec sa langue, Arnaud ne put que l'offrir bien volontiers , rapprochant encore leur corps et passant une main derrière sa nuque.


Arnaud sentit Lorenzo sur le point d'approfondir encore leur étreinte quand il réalisa ce qu'il faisait. Il mit fin alors au baiser et n'osa pas regarder Lorenzo dans les yeux.


-Je suis désolé, je...je dois y aller...


Mais Lorenzo ne semblait pas prêt à le laisser partir.


-Attend, excuse moi...

 

-Non, c'est rien, c'est juste...je dois rentrer, et réfléchir et... je dois juste... y aller.. d'accord ?


Cette fois, Arnaud avait relevé les yeux et ils s'accrochaient à celui de son vis à vis qui avait l'ai vraiment désolé.


-On se voit demain ?


Arnaud sourit doucement, sentant ses battements cardiaques revenir à la normale.


-Oui, bien sur.


Lorenzo parut soulagé et consentit enfin à lâcher sa main. Arnaud fit quelques pas en arrière, ne décrochant pas son regard et n'arrivant pas à chasser le sourire qu'il avait sur le visage, puis se retourna, persuadé que rentrer dans une poteau ne ferait pas la meilleure sortie.


Arrivé chez lui, Arnaud s'enferma dans sa chambre, prétextant avoir mangé un morceau au lycée. Il s'allongea sur son lit et repensa aux derniers évènements en fixant le plafond. Lorenzo l'avait embrassé. Arnaud passa doucement ses doigts sur ses lèvres. Lorenzo l'avait embrassé et ils se revoyaient le lendemain. Un grand sourire se dessina sur son visage et un grand frisson lui parcoura le corps. Ca ne servait plus à rien maintenant de nier à quel point il était attiré par l'hispanique. Et le fait que la réciproque puisse être vrai le transportait de joie. Il était pressé d'être au lendemain.


A son réveil, il n'était plus du tout d'accord. La nuit lui avait parue trop courte et leur rendez vous trop proche. Il avait peur de le revoir, peur de s'être trompé sur ses intentions, peur de tout foirer, peur de ce que tout ce qu'il ressentait pouvait impliquer... Car maintenant il en était sur, ce n'était pas une simple attirance. Au début il appréciait Lorenzo pour son physique, mais il n'appréciait pas l'homme qu'il était. Mais ayant partagé tous ces moments ensemble lui avait permis de découvrir qui se cachait derrière le leader des populaires et petit à petit des sentiments bien plus forts étaient apparus. Et le baiser ! Ce baiser, la veille qui l'avait transporté sans qu'il s'y attende ! Rien que d'y repenser, Arnaud sentait un sourire idiot se former sur son visage. Mais l'angoisse de leur retrouvailles lui tordait l'estomac et il ne put rien avaler.


Arrivé au lycée, il ne trouva pas Lorenzo et alla s'installer à sa table en classe. L'hispanique arriva en retard et lui lança un petit clin d'œil discret avant d'aller s'asseoir avec sa bande habituelle ! Arnaud souffla de soulagement. Il n'avait pas halluciné sur la soirée de la veille, Lorenzo ne l'ignorait pas. Malheureusement, Lorenzo fut accaparé toute la journée par ses amis et Arnaud par ses occupations et ils n'eurent pas l'occasion de se revoir.


En fin de journée, Arnaud se dirigea vers le bureau de Mlle Sonira. La surveillante étant déjà partie, il entra directement dans le bureau et s'arrêta net, laissant tomber le matériel qu'il avait dans les mains. En le voyant, la CPE pâlit considérablement et réajusta rapidement ses vêtements tandis que Bertrand, les cheveux encore emmêlés attira Arnaud à l'extérieur du bureau. Arnaud restait hébété et Bertrand semblait très ennuyé, se tordant les mains et semblant chercher ses mots.


-Ce...c'est pas ce que tu crois...


-Je ne crois rien...j'ai vu !


-Arnaud, écoute...


-Non ! Je ne veux pas savoir. Tu fais ce que tu veux, ça ne me regarde pas ! Je vais juste avoir besoin de m'en remettre...


-Tu ne le diras a personne ?


-Non....non, bien sur que non. Mais tu sais ce que vous risquez ?


-Oui. Oui, je le sais, c'est pour ça qu'on se cache...je suis vraiment désolé Arnaud, je voulais pas te mêler à tout ça, tu n'aurais pas du assister à cette scène...


-C'est pas grave...je...je voulais apporter les supports du calendrier...je les ai terminé avec Lorenzo...


-Oh, oui ! Lorenzo, hein !


-Quoi Lorenzo ?


-Non rien. C'est pas important.


-Dis moi !


-Eh bien j'ai l'impression que vous vous entendez bien tous les deux.


-Oui, nous sommes amis...je crois.


-Amis ? Je dirai un peu plus que ça...


-Qu'est-ce qui te fait dire ça ?


Arnaud avait subitement rougi.


-Oh allez, arrête, quand je suis venu la première fois avec les enfants, il te dévorait des yeux !


-C'est vrai ?


-Bien sur. Et tu n'étais pas en reste si je ne m'abuse.


Bertrand se moqua gentiment de la réaction d'Arnaud et finalement, celui ci lui raconta toute l'histoire.


-Mais moi au moins, il n'y a rien d'illégal.


Bertrand cessa aussitôt de rire.


-On s'aime, tu sais. Je sais que ça peut paraître fou, et moi même j'ai eu du mal à me faire à la situation, mais c'est la vérité. Je ferai n'importe quoi pour elle. Après tout qu'est-ce que ça peut faire qu'elle soit CPE et moi élève ? Au final nous n'avons que très peu de différence d'âge, dans une autre situation, il n'y aurait eu aucun problème ! Dans quelques mois j'ai fini l'école, et rien ne pourra nous empêcher d'être ensemble...mais d'ici la, nous devons juste être très prudents.


-Tu peux compter sur moi, je ne dirai rien.


-Je te remercie. Tu es vraiment un ami.


-Tiens voilà les supports, tu les remettra à Mlle Sonira, parce que je crois que je vais mettre un peu de temps à pouvoir recroiser son regard !


Bertrand récupéra le projet en riant.


-Bon j'y vais, je dois encore prendre quelques photos. C'est bientôt l'aboutissement du projet !


-Oui, j'ai hâte de voir le résultat final !


-A bientôt ! Et, en parlant de prudence...évitez de refaire ça dans le lycée...ça aurait pu être n'importe qui plutôt que moi qui passait par là...


Bertrand rougit et bafouilla que cette fois ci leur avait bien servi de leçon et qu'il ne commettrai pas deux fois la même erreur. Arnaud put enfin se diriger vers son local et en chemin il se surprit à penser qu'il avait pour la première fois un ami au sein de son établissement scolaire et peut être même un petit ami, si il en jugeait par les évènements récents. Cette année était décidément bien différente des précédentes ! Et ce n'était pas pour lui déplaire.


Lorsqu'Arnaud arriva près du local, il vit un petit groupe devant la porte. Il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître Lorenzo et sa bande. Il hésita un instant, mais il n'avait pas vraiment le choix, il fallait qu'il finisse son travail et il n'y avait qu'une seule entrée. Il s'avança donc en cherchant vainement quelque chose d'intelligent à dire, mais plus ses pas le rapprochaient du groupe, plus ses mots s'enfuyaient de sa tête. Heureusement pour lui, en l'apercevant, les amis de Lorenzo lui dirent au revoir et s'éloignèrent, saluant simplement Arnaud au passage.
Lorenzo s'était adossé au mur, les mains dans les poches, un petit sourire mutin scotché sur le visage.


-Tu es en retard !


Arnaud fit un petit sourire contrit tout en introduisant la clé dans la serrure.


-Désolé, je suis passé déposer les maquettes chez Mme Sonira.


Au souvenir de son passage dans le bureau de sa CPE, Arnaud ne put s'empêcher de rougir fortement, ce qui n'échappa pas aux yeux de Lorenzo.


-Qu'est-ce que tu as pu faire pour que ça te perturbe à ce point. Demanda-t-il toujours moqueur.


-Oh, rien...je....vraiment, rien d'important.


-Si tu le dis...oh fait, bonjour !


-Oui, salut...


-Non je voulais plutôt dire...bonjour.


En prononçant se mots, Lorenzo l'attira vers lui par le col et posa ses lèvres sur celles d'Arnaud. Le baiser fut cependant vite interrompu par les grands cris d'encouragements des amis de Lorenzo à quelques mètres d'eux. Arnaud encore sous le choc ne pu que rougir et lâcher son trousseau de clé qui dégringola de sa serrure. Lorenzo tourna la tête vers sa bande et lança avec un grand sourire :


-Vous êtes encore là vous ? Vous étiez pas sensé vous tirer bande de nazes ?!


Ils s'éloignèrent finalement en rigolant et Lorenzo n'avait pas retiré sa main de son cou et Arnaud était toujours aussi rouge. L'hispanique se baissa et ramassa les clés puis ouvrit la porte.


-Ben alors, tu viens ?


Arnaud entra à sa suite, tel un automate, mais quand Lorenzo le poussa doucement contre le mur, il reprit ses esprits et c'est avec fougue qu'il répondit au baiser qui suivit. Arnaud avait du mal à croire à ce qui lui arrivait. Mais lorsque sa langue entra en contact avec celle de Lorenzo, il décida de repousser ses interrogations à plus tard et ses mains partirent à la découverte du corps de son camarade de classe. Les vestes étaient tombées et les tee-shirt semblaient pressés de les rejoindre. Les deux hommes continuaient à s'embrasser tandis que leur corps se frottaient l'un à l'autre mimant plus ou moins consciemment l'acte sexuel qu'ils désiraient. Arnaud y mit fin difficilement mais ne s'éloigna pas de Lorenzo, toujours dans ses bras, leurs lèvres à quelques centimètres les une des autres. L'hispanique fronça les sourcils.


-Ca ne va pas ?


-Si...c'est juste que...je dois faire les photos...


Lorenzo se détendit et sourit en se détachant d'Arnaud.


-Je vais me changer alors !


-Oui, ok...je prépare le matériel.


Arnaud commença donc à monter son appareil photo tel un automate, pas vraiment sur de ce qu'il venait de partager. Lorsque Lorenzo revint dans la salle, Arnaud ne put détacher son regard de son corps. Pour les premières photos, il avait choisi le smoking et ça lui allait à ravir. Il était vraiment très classe, mais ces cheveux légèrement ébouriffés lui faisaient conserver un air rebelle très sexy.


-Ca te plait ?


Arnaud sursauta et prenant conscience qu'il déshabillait son partenaire du regard, piqua un fard. Cependant ça ne l'empêcha pas de répondre.


-Oui, beaucoup.


Lorenzo laissa échapper un petit rire et partit s'installer au milieu du décor.


Les différents costumes défilèrent en même temps que les minutes. Plusieurs fois, Arnaud du s'accrocher à son appareil photo pour ne pas sauter sur le corps délicieusement attirant de Lorenzo. Celui ci fut heureusement très professionnel en dehors de quelques sous entendus lancés entre chaque shoot. Enfin arriva le passage en maillot de bain et Arnaud faillit perdre sa mâchoire en voyant le corps de Lorenzo si peu vêtu. Après quelques photos supplémentaires, Lorenzo commença à faire des poses plus ou moins explicites ou alors complètement déjantées, et Arnaud continuait à mitrailler son modèle.


-Nous savons tous les deux que ces photos ne seront pas publiables, alors tu continues à les prendre pour pouvoir me mater ou pour me faire chanter.


Arnaud déposa finalement son appareil dans sa sacoche.


-Peut-être les deux, qui sait...


Il fit quelques pas en direction du décor et Lorenzo en sortit, le rejoignant.


-Je peux aller me rhabiller ?


-Pourquoi ? Tu es très bien comme ça.


Lorenzo rougit et Arnaud eut un petit sourire pervers.


-Vas-y, je range.


Lorenzo s'éloigna de quelques pas vers les vestiaires puis fit volte face et vint quémander un baiser. Baiser qui lui fut rendu avec grand plaisir.


-Va t'habiller avant que je t'enlève le dernier morceau de tissus qu'il te reste.


Lorenzo s'éloigna dans un bruyant éclat de rire. Arnaud rangea son matériel avec soin, puis mit un peu d'ordre dans la pièce. Lorenzo finit par ressortir du vestiaire et ils se retrouvèrent à l'extérieur du local. L'hispanique voulut à nouveau l'embrasser mais Arnaud tourna la tête. Face à un froncement de sourcil interrogatif, il tenta de mettre des mots sur ce qu'il ressentait.


-Est-ce que...est-ce qu'on est ensemble ?


Lorenzo parut surprit, mais ne laissa échapper aucune expression sur son visage.


-Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu en dis ? C'est ce que tu veux ?


-Euh...je sais pas...je crois que...j'aimerai bien...


Le visage de Lorenzo se détendit enfin dans un sourire tendre.


-Alors on est d'accord.


Cependant à nouveau Arnaud évita ses lèvres.


-Qu'est-ce qu'il y a ?


-Tes amis, ils ne vont rien dire ? Je ne suis pas vraiment...apprécié ici...


-Pourquoi tu dis ça ?


-Je passe mon temps à étudier, les autres me prennent pour un extra terrestre, je le sais bien, je ne suis pas stupide.


-Tu crois ça ? Tu restes le plus souvent isolé de tous et ça te donne un côté mystérieux qui attire beaucoup de monde, crois moi....et tu es loin d'être désagréable à regarder. Quant à mes amis, je ne sais pas si tu as remarqué mais ils étaient là tout à l'heure, et ils n'ont pas franchement eu l'air dérangés de nous voir ensemble.


Arnaud baissa la tête.


-Je ne sais pas. Je m'étais dit que je n'aurai pas de petit ami pendant les études.


-Quoi, tu n'es jamais sorti avec quelqu'un ?


-Si, bien sur. Pendant les vacances ou parfois certains week-end. Ca n'allait jamais plus loin.


-Je peux savoir pourquoi ?


-Je me suis fixé des objectifs et je veux les atteindre.


-C'est bien d'avoir de l'ambition, mais tu m'as l'air d'être plutôt à l'aise en cours. Rien ne t'oblige à vivre la vie d'un moine pour réussir. Un travail régulier et sérieux suffit.


Un léger blanc suivi cette déclaration. Affin d'être bien sur de ne pas laisser s'échapper le jeune homme, Lorenzo rajouta en frôlant ses lèvres :


-Ca serait dommage de ne pas tenter quelque chose tous les deux, tu ne crois pas ?


-Mhhh oui, peut être.


Arnaud avait murmuré sa phrase avant de se laisser aller à de plus agréables pensées, comme la douceur des lèvres de Lorenzo, ou la chaleur de sa langue rencontrant la sienne.


-Si tu veux je peux même te promettre de ne pas te déranger pendant que tu bosseras. En échange, tu m'accorderas un peu de temps pour ne pas que j'ai l'impression d'être moi même un moine. Qu'en penses-tu ?


-C'est un marché plutôt honnête. J'ai le droit à un délai de réflexion ?


-Oui, tu as le temps de ça.


Et à nouveau il s'embrassèrent longuement. Quand Lorenzo libéra la bouche d'Arnaud, il ne put que murmurer un faible « j'accepte ».


-Tu veux pas qu'on aille ailleurs ? c'est pas que d'être collé contre toi m'ennui, mais on pourrait peut être trouver un lieu un peu plus agréable que le lycée, non ?


-On peut aller chez moi si tu veux, mes parents ne sont pas là ce soir et....


En se rendant compte de son sous entendu Arnaud piqua un fard monumental.


-Enfin je veux dire, c'est pas pour ce que tu crois c'est juste comme ça...enfin pour être tranquille...enfin non...si mais...pas pour faire...


Lorenzo laissa Arnaud bafouiller un instant puis le coupa en rigolant.


-Ne t'inquiète pas, j'ai compris l'idée. Tu me feras visiter !


-Oui...si tu veux...


Ils s'éloignèrent main dans la main.


-Oh fait, qu'est-ce que tu m'as caché tout à l'heure....à propos de Mme Sonira ?


-Je te le dirait peut être un jour, mais pour le moment, c'est un dossier classé top secret.


-Et tu ne parleras pas.


-Absolument !


-Même sous la torture ?


-Hmmm, je ne sais pas....faut voir ce dont tu es capable !


-J'ai une très grande imagination, je sens que je vais bien m'amuser !


Arnaud serra fortement la main de son maintenant officiel petit ami en se persuadant qu'il ne rêvait pas. Sa vie risquait de beaucoup changer à présent. Il allait devoir rencontrer et fréquenter les populaires, il pouffa rien qu'à l'idée de la tête que ferai ses camarades de classe. Il lui faudrait réorganiser son emploi du temps également. Il voulait profiter un maximum de sa relation. Mais comme l'avait dit Lorenzo, il ne devrait pas trop avoir de soucis à maintenir le cap de ses études.


Il repensa à sa journée de rentrée, là où tout avait commencé, et aux évènements jusqu'à ce jour. Cette journée n'était assurément pas une de celle qu'il aurait voulu passer caché sous sa couette. En quelques mois, il avait gagné un ami et un petit ami. Il ferait en sorte de conserver les deux le plus longtemps possible. Il repensa aux calendriers et à tous leurs efforts fournis qui serraient bientôt récompensés. Il rigola doucement.


-Qu'est-ce qui te fait rire ?


-Oh rien...je me disais juste que si on en est là aujourd'hui, c'est grâce à Bertrand et à son idée farfelue de calendrier pour venir en aide aux enfants. Je n'arrive pas à croire qu'il m'ait embarqué dans cette histoire aussi facilement.


-C'était plutôt sympa...et plus tard on pourra dire que si on s'est rencontré....c'était pour la bonne cause !!!

Par Meryl
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Samedi 15 mars 2008

J’ai une vie banale. Deux parents, une grande sœur, un chien, des amis, je suis des études, j’ai des notes, des matières que j’aime et d’autre moins. J’ai des projets, un avenir, un amour…Je n’ai pas de casier judiciaire, pas de cadavre dans mes placards, je ne suis pas un voleur, ni un menteur…enfin pas plus que la moyenne des gens. J’ai des passions, des envies, j’ai des gens qui sont là pour moi et pour qui je suis là. Je ne suis pas quelqu’un d’exceptionnel, mais je suis quelqu’un d’heureux. Comme la plupart de gens, j’ai une petite vie bien rangée, pas de vague…bref, je suis quelqu’un de banal….Enfin presque.

 
Bonjour, je m’appelle Revan, j’ai 25 ans, et je vais mourir.

 

Tout avait pourtant commencé de manière plutôt normale. Je me suis réveillé dans tes bras. J’aime me réveiller dans tes bras, je m’y sens bien. Tu étais déjà réveillé et quand tu m’as vu ouvrir les yeux, tu m’as embrassé doucement, comme pour ne pas brusquer mon réveil. J’étais en forme ce matin, alors c’est moi qui ai approfondi ce baiser. Nous avions le temps, nous étions samedi, et à part un déjeuner avec mes parents, nous n’avions rien de prévu. Rien d’urgent. Tes mains ont alors commencé à se balader sur mon corps. Tu connaissais déjà chaque recoin qui me ferait gémir et pourtant tu as pris un malin plaisir à tout redécouvrir au fur et à mesure. Je sentais ta langue parcourir mon corps, sans pudeur, et mon sexe commençait à réagir à ses petites attentions.

 

J’entends des gens autour de moi. Il y a beaucoup de bruit. Trop de bruit. Je ne me sens pas très bien. Je crois que j’ai la nausée. Où es-tu mon amour ? Je n’ai pas vu la voiture arriver. Tout ce dont je me rappel c’est un grand crissement de pneu sur l’asphalte mouillé, et des phares qui m’aveuglent.

 

Je ne sais pas combien de temps on duré les préliminaires, mais ça n’avait aucune importance. Je me délectais de tes caresses et m’abandonnai totalement à toi. « Tu as l’intention de me laisser faire tout le boulot ?» me susurrais-tu à l’oreille. « Oui, occupe toi de moi ! ». Je revois cette flamme dans tes yeux au moment ou j’ai prononcé cette phrase, et j’ai su que j’avais fait mouche. Je suis plutôt le « dominé » de notre couple. Il m’arrive parfois de te prendre, mais j’aime vraiment la sensation de t’appartenir lorsque tu bouges en moi et j’adore ça. Malgré tout, je suis quand même toujours présent pour répondre à tes caresses. C’est pourquoi tu paraissais si excité, tu avais l’entier contrôle, je me soumettais à toi, totalement. Tu avais alors ouvert le tiroir de ta table de nuit et en avais sortis une paire de menottes. Te sentir m’attacher au barreau du lit m’avais déjà passablement excité, mais lorsque tu m’as bandé les yeux, j’aurai presque pu jouir rien qu’à l’idée de ce que tu allais me faire.

 

Tu es là, auprès de moi. Ta présence me rassure. J’ai peur. Tu sens comme j’ai peur ? J’ai mal aussi. J’ai l’impression que je suis brisé de partout. C’est sûrement un peu le cas. Je commence à réaliser, mon esprit se remet doucement. Je me suis fait renversé. Je suis étendu sur le sol.

 

Ton exploration a reprit, lentement, me torturant en profitant de ma lente agonie. Etant privé de deux de mes sens, je ne pouvais que ressentir les bienfaits de tes passages, et j’ai rapidement perdu le contrôle. Je gémissais déjà furieusement lorsque j’ai senti un doigt pénétrer mon intimité, provoquant un léger sursaut de ma part. Tu t’es assuré que tu ne m’avais pas fait mal et après avoir été rassuré, tu en as ajouté un deuxième. Je n’en pouvais déjà plus, me cambrant, me tortillant contre toi, à rechercher le contact de ton corps contre le mien. Mais ça ne semblait pas être dans tes plans car je n’arrivait à rien. Lorsque je sentis tes doigts se retirer, j’en ai gémis d’anticipation, ma préparant à savourer ton intrusion en moi. Pourtant rien n’est venu. Alors que j’allais protester, je sentis ta langue s’aventurer entre mes jambes, pour aller rejoindre l’endroit qu’avaient quittés tes doigts quelques instants plus tôt. J’en ai eu le souffle coupé. C’était la première fois que tu m’offrais une telle caresse, si intime. Et je sentais ta langue alterner entre s’aventurer en moi, et contourner mon orifice offert. Et tu me rendais toujours plus fou. Je voulais que tu me prennes, je te l’ai bien fait comprendre. Et là tu es remonté le long de mon oreille et tu m’as ordonné de te supplier. Le feu de mes reins a reprit de plus belle à ces mots. Tu me dominais entièrement, j’étais ta chose. Je bandais si fort que j’en avais mal. C’était la première fois que tu jouais à ce jeu là, et je dois avouer que j’étais agréablement surpris. En général, c’était moi qui lançait les idées farfelues pour pimenter notre vie de couple. Tu n’étais pas ennuyeux au lit, au contraire, mais tu étais juste un peu plus classique.

 

Tu me parles. Tu me dis de ne pas m’inquiéter, mais je sens que c’est toi qui panique. Tu penches ton visage au dessus du mien, tu me protèges de la pluie. Tu me dis de rester avec toi, de ne pas partir. Tu me dis de bien t’écouter, de ne pas lâcher le son de ta voix.

 

Trop pressé, trop excité, je ne pouvais qu’obéir. Alors je t’ai supplié.

-Prends moi. S’il te plait…je t’en prie, viens maintenant…

Et dans un grognement sourd tu m’as pénétré entièrement. Et j’ai crié sous la douleur. Je ne m’attendais pas à une telle entrée, mais tu ne t’ai pas arrêté. Tu as continué à me besogner, et la rudesse de tes geste contrastait avec la douceur de tes mots. Et au son de tes « je t’aime » murmuré puis criés, je sentis la douleur reculer sous l’afflux du plaisir, toujours plus grand, toujours plus violent, guidé par tes coups de reins s’acharnant sur ma prostate. Et tu as continué à me parler, gardant ton rôle jusqu’au bout.

-T’aimes ça hein ?

-Oh oui…Encore, plus fort…comme ça ouiiiiiiii !!!!!Oooohhhh je t’aime,…encore !!!!

J’usais ma gorge à hurler ton nom et je sentis bientôt les spasmes annonciateurs de l’orgasme déferler en moi pour finir en apothéose, et je me déversais entre nos deux corps pendant que tu jouissais au plus profond de moi.

 

Les secours arrivent, c’est ce que tu me dis. Je n’écoute pas vraiment la suite. Tu parles sans discontinuer depuis quelques temps déjà. J’ai l’impression que ça fait des heures….ça ne doit pas dépasser les quelques minutes…j’ai perdu le fil du temps.

 

Tu es retombé sur moi, et tu m’as entouré de tes bras. Tu as enlevé les menottes, puis le bandeau, et j’ai pu retrouver la chaleur de tes bras. Tu m’as embrassé passionnément et m’a répété que tu m’aimais. Je sais, mon ange…je sais. Moi aussi.

 

Nous nous sommes rendormis comme ça, enlacés ; en sueur et nos ventre maculés de sperme, mais repus et heureux. J’ai émergé quelques heures plus tard, réveillé par tes baisers. J’étais bien partant pour un deuxième round, mais tu m’as signalé que nous allions être en retard chez mes parents…ce n’était que partie remis, tu m’as porté jusqu’à la douche, comme une mariée. Ca m’as fait rire, je t’ai laissé faire. Une fois sous le jet d’eau chaude, je me suis collé contre toi et je t’ai remercié pour le pur moment d’extase que tu m’avais offert plus tôt.

 

J’ai froid. J’essai de te le dire, tu penches ton oreille vers ma bouche pour comprendre ce que je dis. Je me répète, ça me fait mal. J’abandonne. Mais il semblerait que tu ais compris l’essentiel car tu enlèves ta veste et tu la poses délicatement sur moi.

 

Nous sommes arrivés à l’heure finalement. Mes parents étais heureux de nous voir. Je savais que tu l’étais aussi. Ils sont un peu devenus tes parents quand nous nous sommes mis ensemble. Les tiens t’avais foutu dehors en apprenant ta sexualité, et tu as découvert ici un nouveau foyer. Malheureusement nous ne les voyons pas assez souvent, nous avons des emplois du temps asse chargés. Nous nous sommes installés au salon pour prendre un verre. Ma sœur est arrivée un peu après, avec ses deux enfants. Son mari n’était pas là…je me souviens avoir pensé que ça n’allait pas très fort entre eux. Effectivement, une fois les enfants partis joués, ma sœur s’est installé avec nous et rapidement la conversation a tourné autour d’une prochaine séparation entre elle et lui. Ils ne s’entendent plus, ils se sont précipités, ont fait des enfants trop tôt, aujourd’hui ils se séparent. Je sentais la main de mon amour serrer la mienne. Je lui caressai le poignet avec mon pouce. Nous étions ensemble depuis plus longtemps qu’eux, tout allait bien, il ne fallait pas s’inquiéter, nous avions toute la vie devant nous. Nous n’étions peut-être pas un couple « normal », mais nous étions un couple stable, et nous étions heureux. Et puis qu’est-ce que la normalité ? Il suffisait que je vois la débâcle du mariage de ma sœur pour me conforter dans mes choix de vie, dans mon choix d’homme.

 

J’essai de bouger, mais j’abandonne vite l’idée. Le moindre mouvement me lance…d’ailleurs ce n’est pas qu’une question de mouvement. J’ai l’impression que mon corps entier est transpercé de millions d’aiguilles brûlantes. Tu me parles à nouveau. Tu me dis de ne pas bouger. Ne t’inquiète pas mon ange, je ne peux rien faire. Juste écouter ta voix. Tu as une belle voix tu sais.

 

Le reste du repas a été moins tendu. Nous avons parlé, mangé, bu, rigolé…j’adore ces moments ou l’on est tous ensemble, à se remémorer les souvenirs plus ou moins récents. Nos bêtises de jeunesse, nos quatre-cent coups. Nous avons d’ailleurs pris le dessert et le café devant de vielles vidéos, retraçant notre enfance. J’ai aimé partagé ses moments avec mon homme, il pénétrait un peu plus dans ma vie, il creusait sa place au sein de ma famille. Un moment je me suis isolé avec ma sœur. Elle m’a demandé si tout allait bien entre nous, ce à quoi j’ai répondu à l’affirmative. Elle m’a dit qu’elle était très heureuse pour nous, et qu’elle voyais bien que tu me rendais heureux. Elle m’a dit de ne pas te laisser filer. Encore heureux, tu m’appartiens, je n’ai pas l’intention de te perdre. Je lui ai demandé comment elle vivait sa séparation, et alors, elle m’a parlé à cœur ouvert, comme lorsque nous étions jeunes. Elle savait qu’il la trompait, elle espérait qu’il changerait, avec le temps, avec les enfants, mais rien n’y faisait, alors elle a prit son courage à deux mains, ses enfants sous le bras, et elle loge actuellement chez une amie. Je la serrai fort contre moi, lui disant que j’étais très fière d’elle, et que quoi qu’il arrive, je serai toujours très fière d’elle, ma grande sœur. Si elle avait besoin de quoique ce soit, j’étais là, si elle avait besoin d’un logement, nous nous serions serrés dans notre petit nid d’amour pour l’accueillir elle et ses deux adorables bambins. Lorsque je lui ai dit cela, elle m’a répondu en rigolant qu’elle se doutait bien que ça ne me gênerait pas de me blottir contre toi. Et nous avons ris, puis nous avons retrouvé le salon.

 

Les secours arrivent. Tu répètes ça comme si tu t’y accrochais. Je suppose que c’est ce que tu fais. Tu t’accroches à cet espoir d’entendre les sirènes comme je tente de m’accrocher à ta voix. Mais j’ai du mal. Je me sens un peu partir, ta voix est un peu plus lointaine, j’ai des étoiles devant les yeux.

 

Nous sommes partis en fin d’après midi. Je serai bien resté, mais je sentais que tu ne voulais pas t’attarder. Sur le coup, je n’avais pas bien saisi pourquoi. Mais une fois rentré, tu m’as dit de me préparer et de me faire beau car tu avais prévu une sortie en amoureux. Je me suis exécuté, me demandant ce que tu pouvais avoir en tête. Puis nous sommes sortis. Tu m’as conduit dans un restaurant c’est sympa. Assez classe, mais pas suffisamment pour être mal à l’aise, tu savais bien que je ne me sentais pas à ma place dans ces endroit huppés ou l’hypocrisie et l’argent règnent en maître. Le repas s’est déroulé comme dans un rêve. Tout était délicieux, une douce musique flottait dans l’air, et toi… toi tu étais magnifique. Au moment du dessert, tu m’as pris les mains, et j’ai vu à ton regard que tu t’apprêtais à m’annoncer quelque chose de sérieux. J’ai donc laissé de côté pour quelques temps mon fondant au chocolat et je me suis concentré sur toi. Tu m’as dis que tu m’aimais plus que tout et tu m’as demandé si j’en avais bien conscience. Je t’ai répondu par l’affirmative. Bien sur que je le sais, et la réciproque est vraie. Tu as acquiescé. Je te voyais de plus en plus troublé, j’avais peu de ce que tu allais m’annoncer. Je t’ai demandé de ne pas me faire attendre car tu commençais à m’inquiéter. Tu m’as dit de ne pas m’en faire, qu’il n’y avais rien de « grave ». Tu as repris ton discours. Tu m’as à nouveau déclaré ton amour, tu m’as dit que j’étais tout pour toi, et que tu étais particulièrement dégoûté que le mariage homosexuel soit interdit en France parce que sinon, tu serais en train de me faire ta demande. Mais que en attendant le jour ou nous aurions le droit d’êtres mariés, tu voulais savoir si j’acceptais de me pacser avec toi, en gage de notre engagement commun. Et sans attendre de réponse, tu as sortis un coffret et me l’as tendu.

 

J’ai moins mal. J’ai toujours aussi froid, mais la douleur elle, s’apaise petit à petit. Une phrase me revient brusquement en mémoire…je ne sais pas de qui elle vient, mais elle disait quelque chose comme « tant que tu souffres, c’est que tu es encore en vie »…J’ai moins mal, mais finalement, je ne suis pas sure que ce soit une bonne chose.

 

Je suis resté bête un instant. Tu m’as dit d’ouvrir le coffret, et je l’ai fait pour y découvrir un anneau en or, tout simple, mais avec gravé à l’intérieur nos noms et la date de notre rencontre. Tu m’as demandé si ça me plaisait et j’ai sentis les larmes envahir mes yeux. Une bouffée de bonheur s’était emparée de moi, tandis que mes joues s’inondaient sans que je puisse rien y faire. Tu m’as demandé si ça voulait dire oui, et lorsque j’ai relevé la tête vers toi, j’ai vu ton regard empli de d’incertitude, de crainte, d’espoir. Alors j’ai tenté de te sourire à travers mes larmes et je t’ai dit oui. Oui. Oui, mille fois oui. Je t’ai dit que je t’aimais et que je voulais passer ma vie avec toi, je t’ai remercié, je t’ai embrassé, puis j’ai abandonné sans regret le reste de mon fondant au chocolat pour que nous quittions le restaurant et fêtions comme il se doit notre future union officielle.

 

J’ai toujours froid je ne sens plus mon corps. Il n’y a que ce froid qui me transperce petit à petit. Le sol est mouillé, ça n’arrange rien. Je repense à nous. Je revois tes sourires. Je ne crois pas t’avoir dit que tu avais le plus beau sourire du monde. C’est dommage, j’aurai aimé que tu le saches.

 

Nous avons eu du mal à arriver chez nous, nous arrêtant à tous les coins de rue pour nous embrasser, nous caresser, enflammant nos sens, aiguisant nos envies. Une fois la porte franchie, nous nous sommes jetés l’un sur l’autre, parsemant nos vêtements le long de la route menant à notre lit. Puis tu m’as allongé doucement, tu t’es couché sur moi, et tu m’as embrassé tendrement, comme tu le faisais rarement. Tu caressais mon visage, calmant la passion, atténuant le feu de nos reins, et doucement tu rejoignis mes lèvres à nouveau, laissant nos langues danser un ballet éternel, tandis que nos mains partaient à la rencontre de nos corps. Rapidement, tes doigts vinrent rejoindre mon intimité, pendant que ma main s’enroulait autour de ton sexe, amorçant des mouvements de va-et-vient. Tu amorçais des mouvements de ciseau et j’écartais d’avantage les cuisses, te permettant un meilleur accès à mon entre jambe. J’ai enlevé ma main quand tu as commencé à mimer l’acte sexuel, frottant nos érections l’une contre l’autre. Tu as étouffé mes gémissement avec ta bouche, tu as retiré tes doigts, me faisant geindre de frustration et frémir d’anticipation, puis tu m’as pénétré, lentement, tendrement. Je crois que jamais tu n’avais été aussi tendre, aussi attentionné que cette fois là ? Tu te mouvais en moi lentement, tu semblais chercher un moyen de stopper le temps, afin de profiter au maximum de ce moment, comme si tu avais peur que ce soit la dernière fois. Le plaisir montait lentement mais sûrement, rendant l’attente douloureuse et excitante au possible. Je te priai d’accélérer mais tu n’en fis rien, et tu continuais de bouger lentement m’arrachant des cris de plaisir. Je finis par n’en plus pouvoir et je suis venu à nouveau entre nos corps enfiévrés, t’emportant avec moi dans les limbes du plaisir.


Je perds contact avec la réalité. Je repense à nos vacances dernières. Nous étions descendus dans le sud. Nos premières vacances depuis longtemps. Nous étions allés dans un petit camping sympa avec piscine, et nous avions passé l’été à flâner entre la plage, la piscine, les siestes, les câlins. Nous avions prévu d’y retourner cette année…je crois que nos plans sont tombés à l’eau.

 

Tu étais allongé à côté de moi, nous reprenions notre souffle, ta main caressant la mienne. Tu semblais ne plus vouloir me lâcher, cherchant toujours un contact avec mon corps, et je te le rendais bien. Tu t’es tourné vers moi doucement et je me suis réfugié dans tes bras. Tu m’as demandé de te passer l’anneau. Je t’ai demandé si tu comptais déjà le reprendre et tu as ris en me traitant d’idiot. J’adorais ce rire. Je t’ai donné le boîtier noir et tu as sorti notre alliance. Tu t’es agenouillé devant moi en prenant ma main gauche et solennellement tu m’as demandé de t’épouser. Je renouvelais mon accord pour notre union et l’attirai vers moi pour échanger à nouveau un baiser qui se transforma rapidement en une pente glissante vers une nouvelle union, beaucoup plus physique, celle ci !!!

 

-J’entends ta voix….comme elle est loin. Je voudrais revenir mon ange, je voudrai m’accrocher à toi. Je sens la pluie tomber sur mes joues…non, ce n’est pas la pluie. Ce sont tes larmes. Tu pleures mon cœur ? Ne pleure pas. Je t’aime tant, tu es tellement beau quand tu souris.

 

Le soleil étaitt levé depuis quelques heures déjà. Nous étionss dans la douche, j’étais dos à toi et tu me serrais contre ton torse. Je regardais nos alliances. C’était un nouveau cap à franchir, et je me sentais prêt à le faire avec toi. J’étais impatient d’annoncer ça à mes parents, à ma sœur. Ils seraient heureux pour moi, je le savais. Ils n’avaient eu aucune difficulté à accepter mon amour, il avaient tout de suite vu que c’était quelqu’un de bien. Ca n’avait pas été le cas de certains de mes ex. Mon homme me caressa tendrement le ventre et m’embrassa dans le cou. Je posai ma tête sur son épaule, et la douche se termina dans cette même tendresse.

 

Mes yeux se voilent…je n’entends plus rien…je me sens bien maintenant….mais j’ai sommeil. Je suis très fatigué…je crois que je vais faire un petit somme…Je crois que c’est ta voix qui me dit de ne pas m’endormir…je crois que tu cries parce que je t’entends un peu plus distinctement…ne t’inquiète pas mon amour, je fais juste un petit somme, je reviens après…je veux juste dormir…

 

J’avais rendez-vous avec ma sœur ce dimanche midi. Nous nous sommes retrouvés sur la terrasse d’un café. Je lui ai annoncé la bonne nouvelle, elle était folle de joie pour moi, et me serra longtemps contre elle. Elle me souhaita tout le bonheur du monde, et elle passa le repas à prévoir une fête immense, rassemblant le plus de monde possible pour fêter l’événement. Elle me faisait rire, partant dans ses délires pour réaliser je cite « the party du siècle » parce que c’était pas tous les jours que son petit frère chéri se faisait passer la bague au doigt.

 

Ta voix me tire de ma rêverie…tu m’interdis de dormir, tu me cries de m’accrocher encore…plus que quelques minutes tu me dis…Quelques minutes ? J’ai l’impression d’être là depuis des heures déjà….Très bien, je ne dormirai pas tout de suite alors…je vais attendre un peu, pour toi…

 

En rentrant du repas avec ma sœur, nous avions décidé de faire une sortie en boite tous les deux. Je regardais mon homme se préparer, il était hyper sexy, et je lui recommandai de bien garder sa bague à son doigt car il était hors de question que tous les mecs du coin se jettent sur lui. Il s’amusait de ma jalousie mais fit moins le fière quand il vit ma tenue. Il vérifia lui même que mon propre anneau était bien autour de mon doigt, puis nous sommes partis en direction de la soirée, plaisantant sur les éventuelles rencontres alléchantes que nous pourrions faire. C’était à celui qui rendrait l’autre jaloux le plus vite possible.

 

Je regarde le ciel, il est dégagé maintenant, il ne pleut plus. C’est beau…on en prend pas assez le temps de regarder le ciel….tiens, les étoiles bougent, elles forment un bonhomme….c’est rigolo…je rigole doucement…plus rien n’existe que ce drôle de bonhomme qui fait des cabrioles….il faudra que je pense à envoyer le chèque du loyer….j’aime bien manger chinois, j’adore les nems….je t’aime mon amour.

 

Je m’arrêtais un instant sur la route, j’avais oublié mes papiers à l’appartement. J’embrassais vite mon amour et m’apprêtait à faire marche arrière, mais il me retint le bras, et exigea un vrai baiser car après tout j’allais l’abandonner au moins cinq minutes. Après avoir laissé nos langues jouer ensemble, il me laissa finalement partir, et je me mis à courir pour ne pas le faire attendre.

Je n’ai pas vu la voiture arriver. Tout ce dont je me rappel c’est un grand crissement de pneu sur l’asphalte mouillé, et des phares qui m’aveuglent.

 

J’entends au loin un bruit strident. Les sirènes…voilà les secours….je crois qu’il est trop tard, je sens mes yeux qui se ferment, mes muscles qui se relâchent…. C’est dommage. Tu sais mon amour, pour notre lune de miel, j’aurai bien aimé aller au Maroc…

 
Bonjour, je m’appelle Revan, j’ai 25 ans, et je vais mourir…
Par Meryl
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Samedi 8 décembre 2007

Te souviens-tu mon amour de notre première rencontre ? Nous étions jeunes, nous étions beaux, nous étions cons. Nous nous sommes haïs immédiatement, un vrai coup de foudre à l’envers. Tes airs supérieurs, ta froideur, tout en toi me faisait vomir. Nos premiers mots ont été des insultes, nos premiers geste des coups, notre premier lieu commun la salle de retenue.

Te souviens-tu mon amour des deux années qui ont suivi ? Nous ne pouvions pas nous croiser sans nous frapper. Pas une fois nous avons eu une conversation civilisée. Notre haine avait atteint un point de non retour, nous avions presque divisé l’école en deux camps. Les questions ne se posaient plus, les coups fusaient, nous avion fait de cette école un champ de bataille ou nul ne pouvait plus trouver le repos.

Te souviens-tu mon amour de cette fois là, où je t’ai retrouvé dans le parc ? C’était 2 ans après notre première rencontre, 2 ans après nos premières insultes, 2 ans après notre premier affrontement. Tu étais assis contre un arbre, tes bras entourant tes genoux repliés, la tête baissée. Je m’étais approché pour pouvoir me moquer, mais plus mes pas me portaient vers toi, plus je sentais mon cœur se serrer. Sais-tu que je t’ai détesté pour ça ? Je ne voulais rien ressentir d’autre pour toi que de la haine et du mépris. Nos « échanges » si particuliers étaient devenus ma drogue. Je ne pouvais pas passer une bonne journée sans avoir vu ton visage, mais si pour cela, je devais te frapper, même si pour cela je devais souffrir. Tu était le lien qui me maintenait en vie, la raison pour laquelle je me levais le matin. Je me suis approché de toi, et alors que ma raison me disait de profiter de cette première faiblesse pour t’humilier, mon cœur me criait de te serrer contre moi. Pour la première fois en 2 ans, j’ai choisi d’écouter mon cœur. Quand tu as relevé les yeux, tu as été surpris…ou peut être pas. Tu as faiblement tenté de te lever, mais je te tenais fermement, je ne t’aurai pas laissé t’échapper. Tu as passé plusieurs heures dans mes bras, nous n’avons échangé aucune parole, puis tu t’es relevé et tu es partit. Sans un mot, sans un bruit.

Te souviens-tu mon amour de cette fois où tu as frappé à ma porte ? Nous nous sommes regardés, je t’ai laissé entrer. Te souviens-tu de ce que tu m’as avoué cette nuit là ? Te souviens-tu des caresses échangées, de nos baisers hésitants, brûlants, passionnés ? Cette nuit là, nous avons baissé les armes, et pour la première fois, nous avons parlé. Sans insulte, sans coup, sans peur. Nous avons tombé les masques et appris l’un de l’autre ce que nous refusions de voir. Le côté doux, le côté beau, le côté tendre. Alors la guerre a cessé. Personne ne comprenait, mais ça nous était égal, nous nous ignorions à l’école, et nous nous retrouvions le soir, chez l’un ou l’autre. Nous parlions de tout de rien, nous apprenions à nous connaître. Plus rien d’autre ne comptait dans ces moments là que nos nouveaux échanges, nos murmure, nos rires.

Te souviens-tu mon amour de ce jour où tu m’as attendu à la sortie ? J’étais surpris, mais sans doute moins que toutes les personnes présentes autour de nous. Nos deux anciens camps prêts à remettre le couvert en cas d’éventuelle agression venant de toi ou moi. Ce jour là, tu m’as pris la main, et nous somme rentrés ensemble, sous les yeux ébahis de nos amis. Ce jour là, je t’ai demandé pourquoi. Tu m’as répondu que tu m’aimais, que tu ne voulais pas te cacher, que tu voulais pouvoir me serrer contre cœur dès que l’envie t’en prenait. Tu m’as avoué tes craintes, face à la réaction de nos amis, de nos familles, mais tu as ajouté que pour moi, tu étais prêt à affronter tout ça. Ce jour là, j’ai fait la seule chose sensée, je t’ai embrassé.

Te souviens-tu mon amour de notre première fois ? Nos mains tremblaient, nos yeux brillaient. Nous étions vierge tout les deux. Ce n’était pas les occasions qui nous avaient manqué, mais nous savions que nous avions bien fait d’attendre. Nous étions maladroits, mais nous étions heureux, amoureux. Nous avons passé plusieurs heures à nous caresser, sans chercher plus loin. Et puis à un moment tout s’est accélérer. Nos corps se cherchaient, nos gémissements s’amplifiaient. Et puis, enfin, tu es venu en moi. J’ai crié. Je ne savais pas si c’était de douleur ou de plaisir…sans doute un savant mélange des deux. Tu m’as rassuré, tu m’as caressé, et nous avons repris en cœur nos mouvements langoureux. Cette nuit là, nous avons fait l’amour. Rien n’était prémédité, c’était venu comme ça, et c’était bon. J’aurai voulu que cette nuit ne finisse jamais. C’était sans savoir que tu ferais de chaque jour une merveille à vivre.

Te souviens-tu mon amour de la fin de nos études ? Tu m’as annoncé que tu partais un an à l’étranger. Sais-tu que ce jour là, tu m’as brisé ? Tu me disais que rien ne changerait, qu’on se retrouverait, que tu m’aimais, mais moi, j’étais terrorisé. Je ne voyais que ton absence pendant ces longs mois, ces autres hommes qui t’entoureraient. Et puis tu es parti. Tu me téléphonais, tu m’écrivais, je te répondais. J’étais mal, tu me manquais, je priais le ciel pour que tu me reviennes. Et puis je me suis rendu compte que tu avais raison. Qu’une année dans une vie, ce n’était pas si long et que ça passait même plutôt vite. Alors je t’ai encouragé dans ce que tu faisais. Je voulais que tu réussisses, que tu t’épanouisses. Et je te sentais revivre, à l’autre bout du monde, comprenant que ton abattement venait du mien, et gardant la certitude que tu me reviendrais.

Te souviens-tu mon amour de nos retrouvailles ? Nous n’avons eu du mal à attendre d’être chez moi. Cette fois là, tu m’as fait l’amour sauvagement. Nous sentions ton absence, notre manque, notre impatience. Si jusque là nos rapports avaient tous étaient marqués de tendresse, celui-ci fut brutal, violent, purement jouissif. Nous avons refait l’amour plusieurs fois cette journée, plus calmement, retrouvant nos sensations tout juste endormies, redécouvrant nos corps trop longtemps séparés. Cette fois là, nous savions que rien ne pourrait plus nous séparer.

Te souviens-tu mon amour de ce soir où je t’ai invité au restaurant ? Tu m’as traité de fou toute la soirée parce que tu trouvais que c’était bien trop luxueux pour nos moyens. Arrivé au dessert, je t’ai finalement avoué que pour une occasion exceptionnelle, il fallait un endroit exceptionnel. Je crois que tu n’as pas compris le sens de cette phrase, jusqu’à ce que tu manges ton dessert et que tu y trouves l’anneau que j’avais fait déposé. Tu m’as regardé, je t’ai souri, je t’ai demandé de m’épouser. Tu as pleuré, tu as accepté, nous nous sommes mariés. Nous étions entourés de nos proches, amis et famille, je crois que ça restera le plus beau jour de ma vie.

Te souviens-tu mon amour de cette fois là où tu es rentré chez nous le visage ravagé ? Tu n’étais pas bien depuis quelques mois. Tu es allé consulter un médecin, puis un autre. Ce jour là, tu revenais de ton rendez-vous chez un spécialiste. Tu tenais cette feuille dans ta main. Quand je t’ai vu, je t’ai demandé ce qui se passait, tu m’as pris dans tes bras et tu m’as dis à quel point tu m’aimais. Cette déclaration m’a noué les tripes. Je t’ai demandé pourquoi tu me disais ça comme si tu allais mourir. Et quand tu as répondu que c’était le cas, je me suis effondré. Tu m’as dit que avais un cancer, que ton cerveau était atteint, que tu avais peur de mourir, que tu m’aimais, qu’il fallait que je sois fort. J’ai refusé, j’ai crié, j’ai pleuré, mais les faits étaient là. Tu n’en avais plus que pour quelques mois, alors nous avons décidé d’en profiter un peu. Nous avons voyagé, nous avons profité, nous nous sommes aimés. Puis nous sommes rentrés, et je crois que là, le vrai calvaire a commencé.

Te souviens-tu mon amour de tes séances de tortures ? De tous ces examens, de ces prise de sang, de ces médicaments qui te vidaient des tes forces, de ces spécialistes qui s’enchaînaient les uns après les autres pour tenter de comprendre, de trouver une solution. Te souviens-tu de ce jour où nous avons appris que peut être une opération envisageable, qu’elle était risquée, qu’il y avait peur de chance de survie ? Ce jour où ce foutu espoir à commencé à renaître dans mon cœur. Tu m’as demandé de ne pas trop y croire, tu m’as supplié de ne pas m’accrocher à cet espoir. Mais que voulais-tu que j’y fasse. Cette nouvelle m’avait sortit des ténèbres et même si je savais que la chute risquait de n’être que plus douloureuse, je m’y suis cramponné, avec toute l’énergie de mon désespoir. Je ne te montrais rien, mais tu avais compris, alors tu as soupiré. Tu m’as dit que tu m’aimais et que quoiqu’il arrive, il fallait que je sois fort. Et puis ils t’ont emmené.

Te souviens-tu mon amour ? Te souviens-tu de tous ces souvenirs qui font notre vie ? Moi je m’en souviens. Et alors que je me passe en boucle le film de notre histoire, l’horloge devant moi semble faire exprès de ralentir le temps. Cela fait plusieurs heures que tu es au bloc mon amour. Plusieurs heures que je tourne en rond, que je me ronge les sangs, que je me fais sermonner par les infirmières me disant de rentrer chez moi. Si tu étais à mes côtés, tu rirais de moi. Tu me dirai que ce ne sont que quelques heures comparées au derniers mois qui ont été épuisants, aux nuits sans sommeil, aux mauvaises nouvelles, aux faux espoirs. Tu dirais que je suis trop impatient, et qu’il faut savoir attendre pour profiter pleinement. Mais si tu étais près de moi, je ne serai pas dans ce couloir d’hôpital à attendre que la mort veuille ou non de toi, je ne serai pas entouré de mes parents et des tiens, ainsi que de nos amis, tout ce petit monde qui se relaie autour de moi pour me soutenir, qui m’apporte du café, des sandwich pour que je n’ai pas à quitter mon poste. Ils sont très présents depuis ces quelques mois. Nous avons su faire le tri entre les vrais amis et les autres. Et si tes parents n’avaient pas beaucoup approuvé notre relation, si tu étais en froid avec eux, ils sont pourtant là aujourd’hui. Ils sont là depuis que tu leur as dit. Et ils ont bien compris que ton bonheur valait plus que tout pour eux. Je crois que je pourrais même être assez proche de ton père, on commençait à s’entendre plutôt bien. Mais malgré tout l’amour qui m’entoure, tu sais bien que si tu pars, je n’y survivrai pas. Je ne te l’ai pas dit, mais je sais que tu as compris. Tu m’as demandé tant de fois d’être fort en me suppliant des yeux. Ces yeux qui me demandaient de vivre, de vivre pour toi, de vivre pour nous. Mais tu as compris dans mes non-réponses que j’en étais incapable. Alors tu m’as pris dans tes bras et m’a serré contre ton cœur. En revivant ces moments qui ont jalonné notre vie, je sais avec certitude que je ne peux pas vivre sans toi, tu es mon souffle, tu es ma lumière, tu es mon tout. Alors aujourd’hui je te le demande, s’il te plait, mon amour, ne meurs pas
Par Meryl
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