Présentation

  • : Le blog de Meryl
  • yaoi.stories
  • : Divers
  • : Attention, ce blog est un blog yaoi mettant en scène des relations homosexuelles masculines. Il est donc déconseillé au jeune public, aux homophobes, aux intolérants, et à tous ceux que cela dérange. Pour les autres, bienvenue dans mon monde yaoi, profitez bien, et n'hésitez pas à me donner vos réactions et/ou remarques!!
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 13/10/2007

Une petite parcelle de bonheur

Mercredi 15 avril 2009

Bonjour, bonjour !

Comment allez-vous ? Votre week-end de Paques s'est bien passé? Pas trop d'indigestion?

Voilà enfin la suite d' « Une petite parcelle de bonheur ». J'espère qu'elle vous plaira.

Petit mot d'appel pour vous à la fin du chapitre !

Bonne lecture ! 

 

La reprise des cours a eu lieu depuis près de trois semaines. Nous nous dirigeons à petit pas vers l'automne. Et moi, j'ai l'impression de m'enliser.

Trois semaines que j'ai repris les cours...presque trois mois que je l'ai vu pour la dernière fois. Depuis, rien. Pas un coup de fil, pas une nouvelle. J'ai l'impression qu'on s'amuse à pétrir mon cœur dans tous les sens depuis quatre-vingt huit jours. Oui, je sais. J'ai compté les jours : pathétique ! Je suis pathétique. Combien de fois je me suis lancé cette phrase à moi même lorsque par malheur je croisais mon reflet dans une glace. Mon reflet, devenu bien trop pâle, bien trop maigre. Pathétique ! Moi qui était si fier de ce corps que j'entretenais au mieux, moi qui était fier de ma belle gueule, fier des effets que je pouvais provoquer d'un simple regard. Pathétique ! Maintenant je ne suis plus rien. Quand je me regarde dans une glace, il me faut quelques secondes pour percuter que c'est bien moi. Alors j'ai arrêté de regarder dans les miroirs. Pathétique ! Pathétique ! Pathétique !

Je sers les poings et tente de me focaliser sur l'intervenant qui débit son cours en un rythme lent et monotone. Toujours de la même voix. Il doit être en train de préparer son mariage... Je ne dois pas y penser. Je le sais pourtant ! Allez Rom'. Concentre toi sur tes cours ! Je n'ai jamais autant bosser que depuis quelques temps. J'ai toujours le nez dans les bouquin. Je peux même en lire plusieurs à la suite. J'ingurgite du droit. Du droit pénal, du droit international, du droit civique, du droit, du droit, du droit...j'en ai la gerbe.

Et pourtant je ne suis pas seul. Mes parents sont là, derrière moi et ils sont inquiets. Je le sais bien, je le vois dans leurs yeux. Et ma Morgane. Ma jolie Morgane. Petit ange, petite beauté, petite douceur. Elle seule parvient encore à me décrocher un sourire franc. Ma douce petite haricote, sait-elle seulement que ses yeux seuls peuvent me faire lever le matin, que ses gazouillis m'empêchent toujours d'appliquer la lame du rasoir plus profondément sur ma peau ? Si jeune et elle porte déjà ma vie sur ses frêles épaules. Je n'ai pas le droit de lui infliger ça...mais sans elle, je sombre. Elle qui pousse tranquillement, grappillant chaque centimètre, accomplissant ses premiers moments de vie.

Même Elisa n'arrive plus à me faire bouger. Oh, bien sur, au début, elle a essayé. J'ai pleuré, longtemps. Et un jour elle a débarqué, avec ses gros sabots et a voulu me secouer les puces pour que je reprenne du poil de la bête.

 

 

Flash back:

 

-Bon Rom', maintenant tu te bouges ! Dans trois jours on a un concert à aller voir et j'ai pas l'intention d'y emmener une serpillière, c'est clair ?! Alors remues-toi le fion !

 

Je baisse les yeux du livre que je tenais ouvert à la même page depuis plusieurs minutes, ne pouvant plus lire, la vue embrouillée par mes larmes. Je me lève pour lui faire face. Elle crispe ses poings. Elle n'aime pas me voir faible et son meilleur moyen de me faire réagir a toujours été de me rentrer dans le lard.

 

-Je n'ai pas envie d'y aller, ma belle ! Invite donc ta nouvelle copine, la hippie !

 

-Ce n'est plus elle. J'en ai une autre. Et c'est avec toi que je devais y aller !

 

-J'ai dit non Elisa.

 

Même ma voix je ne la reconnais plus. Elle est terne et vide, sans intonation. Si je m'écoutais, je me foutrais froid dans le dos.

Elisa devient furieuse, je peux décrypter ses mouvements de mâchoire. Je sens que je vais passer un mauvais moment. Je m'en fous !

 

-Bon maintenant tu arrêtes tes conneries, Romain ! Tu vas pas bien, ok ! Tu ne veux pas m'en parler, ok ! Tu ne veux même pas dire ce qu'il s'est passé, ok aussi ! Mais arrêtes de te morfondre comme une putain de fillette de mes deux ! Si tu tenais tant que ça à le garder près de toi ton infirmier, t'avais qu'à lui dire ce que tu ressentais pour lui. Je t'avais prévenu. Mais non monsieur est trop orgueilleux. Monsieur joue le gros dur sans sentiment, qui ne s'attache à personne ! Eh bien, je vais te dire, c'est bien fait pour ta gueule Rom' ! Ton super-male était un type bien qui voulait une relation stable. Tu n'avais qu'à saisir la perche qu'il t'a tendu un nombre incalculable de fois. T'avais qu'à lui dire que tu l'aimais ! Maintenant tu assumes, merde !

 

-Je lui ai dit...

 

Un long silence se fait après mon murmure. Je baisse la tête et cette fois, mes paupières, malgré les cernes ne sont pas suffisamment creusées pour retenir toute la flotte qui s'y accumule. Et ça dégringole. Je lui tourne le dos pour ne pas qu'elle en voit davantage. Et je sens mes jambes trembler sous mon poids. Est-ce que j'ai mangé ce midi ? Non je ne crois pas...et ce matin ? Non plus. Avant ça... je ne sais plus. Pour ne pas m'effondrer comme la loque que je suis devenu, je m'agenouille doucement sur la moquette. Des petits pas feutrés s'approchent de moi et deux bras m'enserrent fortement, une douce main que je connais par cœur passe dans mes cheveux.

 

-Tu lui as dit ?

 

Je hoche la tête et un sanglot m'échappe, suivi d'un deuxième. Et bientôt, c'est toute une fratrie de petits sons étranglés qui sortent de ma gorge sans que je n'y puisse rien. Et c'est entrecoupé de sanglot que j'essaie de lui raconter brièvement ma dernière rencontre avec Evan.

 

-Il...je...je lui ai dit. Je te jure que je lui ai dit...Mais il...et son père....et l'autre pétasse de fiancée de mon cul !!!... Je lui ai dit....et il n'a rien fait !

 

-Quoi ? Romain...Eh, mon beau, calme toi, je ne comprends rien à ce que tu me racontes.

 

Alors je reprends doucement. La visite, le couloir, sa main dans la mienne, la fiancée, sa main si chaude dans la mienne, son père, sa main arrachée à la mienne, la porte qui claque, ma main si seule sans la sienne, les pas qui s'éloignent et moi...moi qui attends comme un con qu'il se rebelle, qu'il lutte, qu'il ouvre cette putain de porte et qu'il m'embrasse jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Mais rien...alors le retour, les larmes, la douleur...sa main qui ne sera plus jamais dans la mienne... Putain comme je l'aime !

 

Je finis mon récit tremblant de rage et de désespoir et Elisa me sert davantage contre elle. Et je m'y accroche. Mes mains se referment sur ses vêtements et je les sers de toutes mes forces restantes. Et je continue à parler, incapable de refermer les vannes.

 

-Tu avais raison...tu avais raison, j'aurai du lui dire plus tôt....j'aurai du....peut être....qu'il serait toujours là....

 

-Oh Rom' ! Je suis désolée, si tu savais...j'aurai préféré avoir tort...j'aurai préféré avoir mille fois tort...

 

Fin du flash back

 

Lorsque j'ai relevé la tête, ce jour la, j'ai vu pour la première fois de ma vie, Elisa complètement désemparée. Elle n'était pas la seule. Mes parents aussi se faisaient un sang d'encre. Alors j'ai arrêté de pleurer. J'ai relevé la tête et j'ai fait comme si je reprenais du poil de la bête. Personne n'est dupe, mais ils respectent mon silence. Ils se contentent de me regarder du coin de l'œil, tentant d'évaluer approximativement combien de kilos j'ai perdu. Ils sont soudés autour de moi et tentent chacun de me redonner le goût de la vie...que j'ai bien peur d'avoir définitivement perdu...

 

C'est stupide et je le sais. Je sais que les chagrins d'amour finissent par se dissiper et n'être plus qu'un mauvais souvenir. Je sais qu'un jour j'arriverai à nouveau à rire, à manger plus de deux bouchées sans avoir immédiatement envie de vomir. Et pourtant...pourtant, quand chaque matin je pose sur mes veines palpitantes, cette lame affûtée j'ai envie de l'y plonger bien plus profondément. Car oui, je me coupe. Pas suffisamment pour que ce soit méchant, mais juste assez pour que la douleur sorte de moi et me libère...un peu. Pathétique !

 

Je m'accroche à ce que je peux. Elisa, mes parents, Morgane. Je m'appuie de tout mon  faible poids sur eux, jusqu'à ce que je sois assez fort pour me remettre debout...ou pour trancher une fois pour toutes ces autoroutes sanguines qui traversent mes poignets.

 

Pour le moment, le cours se déroule devant mes yeux et j'ai beau voir l'intervenant parcourir l'estrade en  bavant son cours, ses paroles n'atteignent pas mes oreilles. Un mouvement au fond à droite de la salle me fait reprendre contact avec la réalité. Le doyen de la fac s'avance vers l'intervenant et lui chuchote à l'oreille. Qu'est-ce qu'il vient faire là ? C'est déjà rare de le voir hors de son bureau, mais alors dans une salle de cours, c'est carrément exceptionnel. Il s'avance maintenant vers le devant de l'estrade et prend le micro.

 

-Je cherche monsieur Cyra Romain.

 

Je sens une chape de plomb tomber sur mes épaules. Je me recroqueville sur ma chaise. Il s'est trompé de nom, il s'est juste trompé de nom.

 

-Monsieur Cyra Romain est-il là ?

 

Je me lève bien contre mon gré. Mes jambes ne sont plus aussi fiables qu'avant, alors je me tiens à la table. Le doyen me remarque enfin.

 

-Vous êtes Romain Cyra ?

 

Non je me suis levé pour dansé la gigue, abruti !

 

Je me contente de hocher la tête.

 

-Veuillez me suivre, s'il vous plait.

 

Je longe ma table sur tout la rangée, dérangeant une bonne dizaine d'étudiants au passage. Je descends l'escalier et sors de l'amphi derrière le doyen, sous le regard de tous. Je les emmerde ! J'ai peur !

Je le suis dans un silence tendu, j'ai comme un bourdonnement dans mes oreilles qui semble augmenter en intensité à chacun de mes pas. Enfin nous arrivons au bâtiment administratif et le doyen m'emmène jusqu'à son bureau. Un homme m'attend.

 

-Papa ?

 

Il a les yeux rouges...il a pleuré ?

 

-Qu'est-ce qui se passe ?  Quoi ? C'est maman ?  Papa, dis moi !!!

 

Il s'approche de moi en secouant la tête et me sert dans ses bras à m'étouffer. Je peux voir derrière son épaule le doyen essuyer une larmichette sous ses lunettes et s'éclipser du bureau. Je panique.

 

-Papa....qu'est-ce qu'il y a ? Dis moi ! DIS MOI !!!

 

-C'est ...je....

 

Mon père éclate en sanglot dans mes bras et je crois que c'est la chose la plus flippante au monde. Il halète et hoquète :

 

-C'est...Morgane...hôpital....

 

J'ai l'impression que mon cœur s'arrête. Morgane...ma p'tite haricote...non, c'est pas possible...pas elle ! Je vous en prie, pas elle !

 

(Pour la scène qui suit, j'ai écouté « Chiquitita » de ABBA... si ça vous dit)

 

Nous nous dirigeons vers le parking extérieur le plus rapidement possible et nous montons en voiture. Mon père n'est pas en état de conduire, mais moi non plus...et puis je n'ai toujours pas mon permis... Le trajet se fait dans un silence de mort. Non, pas de mort ! Surtout pas de mort....juste dans le silence....c'est tout.

 

Enfin j'aperçois l'hôpital. Nous nous précipitons dans le service de pédiatrie et ma mère nous attend dans le couloir, en larmes également. Je me précipite dans ses bras.

 

-Maman, qu'est-ce qui se passe ?

 

Mais elle ne fait que pleurer en secouant la tête et finit par se réfugier dans les bras de mon père. Mais personne ne peut donc me renseigner sur ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'on fait là ? Qu'est-ce qu'elle fait là ? Ne me la prenez pas ! Je vous en prie, ne me la prenez pas ! Pas elle, si douce, si belle. Elle pour qui chaque nouveau progrès représentait toute une lutte comparativement aux autres enfants. Elle pour qui chaque jour qui passe est une nouvelle victoire contre la maladie, une nouvelle victoire pour la vie.

 

Enfin après presque deux heures d'une attente insupportable dans ces couloirs trop blancs et trop aseptisés, un médecin vient nous parler. Je ne comprends pas tout de son charabia médical, mais les mots que je saisis sont les plus importants.

 

-.....brusque aggravation de l'état général....état critique...décès inévitable...reste peu de temps....toutes mes condoléances....

 

Seul une horrible boule dans ma gorge m'empêche de hurler. Puis c'est un tourbillon. Nous devons aller lui dire au revoir. Comment ça lui dire au revoir ? Mais elle est toute petite ! On me fait me désinfecter les mains jusqu'aux avants-bras. Non, arrêtez, ce n'est pas normal. C'est elle qui devrait nous enterrer ! On me fait enfiler une surblouse verte immonde. Je ne comprends pas...arrêtez ! On me fait enfiler des gants en latex. Je vous en prie, arrêtez ! On me plaque un masque sur le visage.

 

Mes parents sont passés avant moi dans la chambre et maintenant c'est mon tour. J'ai droit à quelques minutes. Quelques minutes pour lui dire adieu. Quelques minutes pour lui dire à quel point je l'aime ! Je rentre doucement dans la pièce. La lumière est tamisée. Il y a de drôles de machines partout. Et au milieu de tout ce bordel, ma petite haricote, dans son berceau de plastique transparent. Je m'approche et je ne peux retenir un hoquet de stupeur. Elle est tuyautée de partout. Sa bouche, son nez, son pied, son crane... Tout son petit corps est relié aux machines. Je sens la bile remonter dans ma gorge.

 

Je tends ma main doucement vers sa joue. Elle a les yeux grands ouverts, comme toujours. Au fur et à mesure des mois qui passaient, nous avons commencé à voir quelques signes de son handicap. Ses yeux, ses joues, son évolution. Elle était différente, certes. Mais elle restait la plus belle, la plus éveillée, la plus adorable des petits bébés. Dieu que c'est injuste ! Pourquoi ?! Les larmes coulent sur mes joues en abondance et ma main descend doucement sur son bras pour arriver dans sa main qu'elle agrippe de ses petits doigts. Oui, c'est bien, accroche toi, je t'en prie, continue, bats-toi ! Mais je vois bien sa poitrine se soulever difficilement, j'entends les sifflements à chaque inspiration, la peau se creuser entre les cotes. Je sais qu'elle souffre. Sans le produit qui coule dans ses veines, elle souffrirait sans doute le martyr. Peut être serait-elle même déjà.... Je me penche vers elle mais mon masque m'empêche de faire quoique ce soit. Je l'arrache d'un geste rageur. A quoi bon, puisque de toutes façons je vais la perdre ?! Mes gants prennent le même chemin, et enfin, je peux sentir sa peau sous mes doigts, je peux embrasser sa petite main. Une jeune femme vient me chercher pour me faire sortir. Ils vont lui retirer toutes ces choses qui la retiennent en vie et elle va finir ses jours là où elle les a commencé : dans les bras de mes parents. Je n'ai pas le droit d'y assister. Je serai dehors, dans le couloir, une fois de plus. Je l'embrasse à nouveau, lui murmure à quel point je l'aime. Sa main agrippe toujours mon doigt, comme pour me retenir, comme pour ne pas être seule. Je lui dis de ne pas avoir peur, qu'elle n'est pas seule. On me fait sortir.

 

Je reste fort jusqu'à ce que mes parents disparaissent derrière la porte close. Puis je m'effondre. Et la boule qui était dans ma gorge remonte dans ma cage thoracique pour éclater brutalement, laissant couler un long cri de désespoir. Mes poings frappent sur le sol et les larmes continuent leur course folle. Je sens les bras se presser autour de moi : médecins, infirmiers, ils tentent de me relever, de m'aider. Je me soustrais brusquement à leurs attouchements à chaque fois. Je ne supporte pas qu'on me touche, j'étouffe. Laissez moi souffrir en paix, laissez moi mourir ! Les bras se font moins nombreux, les gens s'éloignent, enfin ils comprennent. Ma voix se brise. Mais soudain, deux bras puissants se referment sur moi. Je me débats à nouveau fermement, mais je suis complètement vidé. Je n'ai plus une goutte d'énergie en moi et si un dernier sursaut de conscience me dit de ne pas me laisser aller, mon odorat se repaît de cette odeur musquée qu'il a apprit à découvrir et à reconnaître. Evan est là. Evan est contre moi, il me sert dans ses bras en me murmurant des paroles que je ne saisis même pas. Aucune importance, pourvu qu'il continue. Enfin je peux me laisser aller. Juste un petit peu. Juste le temps de souffler. Je le laisse me porter dans ses bras et je m'accroche à son cou avec toute l'énergie qu'il me reste : celle du désespoir.

Je dois perdre à moitié conscience car quand je reviens à moi, je suis dans une chambre d'hôpital, allongé sur un lit, toujours dans les bras d'Evan. Sa main caresse mes cheveux et pendant quelques secondes j'ai l'impression que les derniers mois n'ont pas existé.

 

-Evan....

 

Je ne reconnais pas ma voix, enrouée d'avoir trop hurlé. Evan resserre sa prise autour de moi et m'embrasse le front. Je me contente de m'accrocher convulsivement à sa chemise et les larmes ressurgissent.

 

-Chuuut, Romain, ça va aller, je suis là. Je t'aime...

 

Sa phrase résonne en moi comme si il y avait un écho. Une décharge électrique me parcours le corps. Brusquement je le repousse et je le vois tomber du lit pour s'écraser au sol. Je me relève aussitôt et sors du lit. Une vague de colère et de haine m'envahit.

 

-La ferme ! Espèce de salop ! Comment tu peux dire ça ?

 

Je le vois se relever doucement, se frottant le poignet. Il soupire.

 

-Romain, laisse moi t'expliquer...

 

-Va te faire foutre Evan ! Ne m'approche pas, dégage ! Qu'est-ce que tu fous là d'abord ? Tu crois pas que j'ai assez de problèmes comme ça ? Faut que tu viennes en rajouter une couche ? Comment peux tu dire que tu m'...dire ça, après ce que t'as fait ?

 

-Romain...s'il te plait, c'est la vérité, je t'...

 

-NON ! Tais toi, tu m'entends ! FERME TA GUEULE !

 

Evan s'approche de moi et je recule. Il ne faut pas qu'il me touche. Surtout pas, parce que je suis incapable de résister à sa chaleur. Mon cœur bat la chamade...et moi qui pensais pouvoir l'oublier un jour ! Dans l'équation, j'ai oublié qu'une chambre d'hôpital, c'est tout petit et je me retrouve collé contre le mur, coincé entre le lit et l'adaptable. Evan est tout près, maintenant. Je tiens à peine sur mes jambes. Sa main vient se poser doucement sur ma joue et je n'ai même pas la force de l'envoyer bouler. Je me contente de tourner la tête, serrant les dents pour que mes larmes se décident à stopper leur course. Sa main va chercher mon menton et Evan m'oblige à le regarder, puis ses lèvres viennent frôler les miennes. Jamais je n'ai résisté à ses lèvres. Je me mords la langue pour ne pas me jeter sur lui. Il me reste ma meilleure arme en cas de défense : l'attaque.

 

-Je ne suis pas sure que ta fiancée apprécie ton comportement en ce moment ! Ni ton père, d'ailleurs...

 

Gagné, son visage s'éloigne légèrement. Mais la lassitude marque ses traits.

 

-Vas-tu, s'il te plait, me laisser t'expliquer la situation ?

 

-Je ne veux pas de tes explications, tout à été très clair pour moi la dernière fois.

 

Je tente de le repousser pour passer, mais ses mains me plaquent les épaules contre le mur.

 

-Je ne crois pas, non. Toi tu en es resté au moment ou la porte s'est refermée.

 

-Oui, en plein dans la gueule d'ailleurs, je te remercie de me le rappeler si délicatement. Comment va ton père à ce propos ? Il a toujours un bâton dans le cul ?

 

Evan relâche mes épaules et s'éloigne faire quelques pas dans la chambre en soufflant. Je regarde brièvement la porte à quelques pas de moi. Je ne sais pas si c'est le manque de force ou le manque d'envie qui m'empêche de me précipiter à l'extérieur, mais je ne bouge pas. Evan s'assoit sur le bord du lit  et passe sa main sur ses yeux.

 

-Je ne sais pas. Je n'ai pas de nouvelle.

 

-Quel dommage ! Mais comment va-t-il contrôler le mariage avec miss Q.I. d'huître ? Elle baise bien au moins ? Parce qu'avoue que ça serait con de perdre au change ! Mais pourquoi n'a-t-il pas cherché un travelo ? Comme ça tout le monde aurait été content. Le fils PD aurait eu son trou et le père coincé aurait eu sa bru !

 

Je crache les mots comme s'ils me brûlaient la langue. Toute la rancœur que je ressassais depuis ces quelques mois remonte en vague et déferle sur Evan. J'ai besoin de la faire sortir. De lui faire comprendre à quel point il m'a blessé. Et toute ma douleur de perdre ma petit sœur s'ajoute à la peine qu'il m'a fait ressentir.

 

-Il m'a renié, Romain.

 

J'ai la chique coupée. Renié ? Comme dans « j'ai été renié » ? Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Ne pas se faire de faux espoir, ne pas se faire de faux espoir....bon sang, est-ce qu'il m'a choisi ? Ce n'est pas....

 

-Quand tu es venu me voir l'autre jour...j'y croyais plus, tu sais. Et puis, t'es arrivé avec tes gros sabots et t'as encore complètement chamboulé tout ce en quoi je croyais. Et ce que tu m'as dit...tu m'as... ça m'a fait très plaisir que tu me le dise, même si je ne suis pas encore vraiment sure que tu l'aies fait par amour ou uniquement par peur de me perdre...Mais ça n'a pas vraiment d'importance parce que tu étais là et que tu m'as dit que tu m'aimais....tu peux pas imaginer ce que j'ai ressenti à ce moment la...

 

Je m'approche doucement tout en me tenant précautionneusement au lit pour ne pas m'effondrer. Je n'ai aucune confiance en mes jambes en ce moment. Je m'assois à ses côtés.

 

-Quand mon père a refermé la porte, j'ai du faire comprendre à la famille d'Anne-Claire qu'ils n'avaient rien à attendre de moi.

 

Evan laisse échapper un petit rire nerveux, rien ne semble l'arrêter dans ses explications et je suis tout ouie.

 

-Mon père était fou. Il s'est platement excusé auprès d'eux en disant que c'était l'émotion, que je les rappellerai bientôt. Mais je lui ai dit que c'était hors de question. Que j'avais quelqu'un dans ma vie et que s'il devait m'accepter, ça serait avec toi...ou pas du tout... Ca a été pas du tout. Il est parti en claquant la porte. Tu avais raison...il ne voulait pas me laisser sortir de son moule... Quant à ma mère...

 

Evan laisse à nouveau échapper un petit rire entre le hoquet et le sanglot.

 

-... ma mère elle a eu l'air triste de perdre son fils pendant quelques secondes... et puis elle l'a suivi... Elle n'a pas dit un mot. Je pensais que peut être, elle, pourrait comprendre... mais je ne suis même pas sure qu'elle ait eu envie de le faire... Peut être qu'un jour elle acceptera de me revoir. Mais pour ça, il faudrait qu'elle brave mon père, autant dire que c'est pas pour demain.

 

Je regarde Evan, incapable de sortir un mot. Mes amies les larmes font à nouveau leur chemin sur mes joues... elles vont finir par creuser un sillon. Mais pour le moment ça n'a aucune importance. Mon cœur tambourine à une vitesse telle que j'ai peur qu'il me sorte de la poitrine. J'ose alors poser la question qui me ronge depuis des mois.

 

-Pourquoi tu n'es pas venu me voir ?

 

-Ca n'a pas été si simple, tu sais. L'appartement était à mes parents, et même si je leur payais un loyer comme n'importe quel locataire, je n'avais plus envie de vivre chez eux. Et puis il m'a bien fait comprendre que je ne devais pas rester là. Alors j'ai du déménager. Ca m'a prit du temps pour trouver ce que je cherchais et puis, il fallait que je me retourne un peu... C'est pas tous les jours qu'on perd tous ses repères d'un coup...

 

Il finit en plaisantant, mais sa peine transperce dans ses mots. Et j'ai mal pour lui. Je me lève et me poste face à lui. J'avance entre ses jambes et referme mes bras sur sa tête en la posant sur mon torse. Je sens ses bras se croiser derrière mon dos. Je l'aide à se relever et je passe ma main derrière sa nuque pour approcher sa bouche. Cette fois, je ne ferai pas l'erreur de le laisser partir. Nos lèvres sont à quelques millimètres de distance, il me laisse prendre l'initiative du baiser et je lui en suis reconnaissant. Mais avant, je dois lui dire.

 

-Je t'aime, Evan.

 

Un petit rire s'échappe de sa bouche en même temps que les larmes coulent sur ses joues.

 

-Comment as-tu pu croire un instant que je pouvais te laisser tomber ? Je t'aime. Je t'aime tellement, espèce d'idiot !

 

Nous rions tous les deux, c'est les nerfs. Enfin nous pouvons nous libérer de ce manque et de cette attente. Evan reprend la parole, un air inquiet sur le visage.

 

-Regarde toi, t'as une vraie tête de déterré. Mais qu'est-ce que tu as fabriqué ?

 

Je secoue la tête.

 

-C'est pas important !

 

-Qu'est-ce qui peut être plus important que ton état de santé ?

 

-Je ne sais pas... tu pourrais peut-être te décider à m'embrasser, par exemple ?

 

Evan me sourit et nos lèvres qui étaient toujours toutes proches se rassemblent enfin. Et pour la première fois depuis de longues semaines, je me sens revivre. Je m'accroche à son cou, je m'abreuve de ses lèvres, je me délecte de son baiser. A quel moment suis-je devenu dépendant de lui ? Aucune idée, et franchement, c'est bien le dernier de mes soucis. Pour le moment j'ai d'autres chats à fouetter. Et si Evan a réussi à me faire vivre un vrai moment de plénitude, la réalité me frappe brusquement.

 

-Morgane...

 

Evan m'entraîne par la main. Aussi surprenant que cela puisse paraître, notre petit interlude n'a duré que quelques minutes. Mais ce fut  un vrai bol d'oxygène et je me sens plus fort que tout à l'heure.

 

Nous retournons devant la salle dans laquelle mes parents sont toujours. Je les imagine tous les deux, serrés l'un contre l'autre, ma petit haricote dans leurs bras, qui s'éteint doucement, qui part là haut rejoindre les anges. Ma grand mère disait que certaines âmes sont trop pures pour ce monde. Ma petite haricote fait sans doute partie de celles ci... ça n'en est pas moins douloureux. Je plonge ma tête dans le pull d'Evan et c'est seulement à ce moment que je remarque qu'il n'a pas sa tenue de travail.

 

-Tu ne bossais pas aujourd'hui ?

 

-Non.

 

-Alors comment as-tu su ?

 

-Quand elle t'a vu arriver avec ton père, une collègue m'a appelé immédiatement. Mais même sans ça, je fais partie de l'équipe qui suit ta mère depuis le début.

 

-Et ils n'ont pas besoin de toi ?

 

-Toi, tu as besoin de moi.

 

-Mais ils...

 

-Non, ils sont assez nombreux. Et puis, il n'y a plus rien à faire maintenant. Il faut juste attendre. Je préfère rester avec toi.

 

Je hoche la tête doucement. Evan me serre contre lui. Nous sommes dans l'hôpital où il travail entouré de ses collègues et ça ne l'empêche pas de me serrer contre lui en déposant de temps à autres des baisers sur la tête. Malgré la situation, je ne peux m'empêcher de savourer à sa juste valeur cette affirmation du « nous ». Il m'impose aux yeux de tous comme il l'a fait devant son père et je sens une vague de tendresse déferler en moi. Cette fois, il s'est battu. Et il l'a fait pour moi. Pour moi seul !

 

Les minutes passent lentement. L'attente est insupportable. Et enfin, ils sortent. Ils ont l'air fatigués, les yeux cernés, les épaules voûtés... Pour la première fois je trouve que mes parents font vieux. Leurs mains sont collées et leurs bras sont vides, désespérément vides. Alors ça y'est... c'est fini... ma Morgane, ma petite haricote n'est plus. Son cœur a cessé de battre. Je sers les dents pour ne pas fondre en larmes à nouveau. Mes parents semblent assez surpris de constater que je suis collé à Evan. Ma mère, droite et fière, forte dans sa douleur s'approche de nous. Puis sans prévenir, une claque résonne dans le couloir blanc. La marque de sa main placardée sur la joue d'Evan. Puis elle se jette presque dans ses bras et l'étreint fortement. Etreinte qu'il lui rend sans hésiter.

 

-Je suis heureuse de constater que vous avez retrouvé le chemin de la raison, dit-elle en me désignant du menton.

 

-Je ne l'avais jamais perdu... je me suis juste égaré en route... Je suis réellement désolé pour vous. Si je peux faire quelque chose....

 

-Vous pouvez. Je viens de perdre un enfant monsieur Lombot, je vous conseil de bien veiller sur mon deuxième. Ne vous avisez plus de le faire souffrir.

 

Evan hoche la tête. Puis mes parents se tournent vers moi et je les serres tous les deux contre moi en silence. Les semaines qui suivent vont être difficiles à vivre, pour eux comme pour moi. Mais je ne suis plus seul et j'ai bien l'intention d'être là pour les soutenir. Puis mon père va serrer la main d'Evan, peut être un tout petit peu trop fort. Ils leur faudra sans doute un peu de temps pour lui pardonner d'avoir fait de moi une loque humaine pendant trois mois. Mes parents font quelques pas et m'attendent au bout du couloir, pour me donner le temps de dire au revoir à Evan.

 

Je le prends à nouveau dans mes bras et l'embrasse doucement à plusieurs reprises. J'ai vraiment du mal à me défaire de cette étreinte. Trop peur de me rendre compte demain que ça n'était qu'une pause, ou qu'un rêve et que les choses vont reprendre leur cours comme les jours précédents. Je ne suis pas sûr que je m'en remettrai si tel était le cas. Finalement, c'est lui qui me repousse gentiment.

 

-Vas-y, ils t'attendent. Tu n'as qu'à m'appeler en cas de besoin ou dès que tu as envie. Je serai là, ok ?

 

Je hoche la tête, mais hésite encore à m'éloigner. Evan me rapproche alors à nouveau contre lui et m'embrasse d'une manière qui me fait décoller légèrement.

 

-Ca va aller. Je t'aime !

 

Voilà, c'était ça qui manquait. Maintenant je peux partir. Je lui fais un petit sourire et je rejoins mes parents. Mon père passe mon bras autour de mes épaules et tiens toujours la main de ma mère dans la sienne. Nous sortons ainsi de l'hôpital, soudés, unis dans la douleur.

 

 

Quelques jours plus tard, je fais face à un petit cercueil en bois vernis. Image déplaisante et impensable. A l'intérieur, ma toute belle qui sourit aux anges. On pourrait croire qu'elle dort, si elle n'était pas si banche, si froide, si figée. Je me penche et l'embrasse doucement sur le front avant de glisser Hector le castor contre elle. Où qu'elle aille, j'aime à penser qu'il veillera sur elle à ma place. Je m'éloigne ensuite rapidement. Ce n'est pas cette image de ma sœur que je veux garder. Non, moi, je veux me rappeler de son premier sourire, de ses gazouillis, des bulles qu'elle faisait en buvant son biberon, de ses grands et beaux yeux ouverts sur le monde. Ce corps froid n'est pas celui de ma sœur. C'est une poupée de porcelaine, rigide pour l'éternité. Je sors de la pièce, étouffant, laissant à mes parents un peu d'intimité. Nous n'étions que tous les trois à pouvoir voir le cercueil ouvert. L'autopsie n'a rien donné. C'était un coup de malchance. Si mes parents devaient avoir un autre enfant, il n'y aurait quasiment aucune chance qu'une telle chose se reproduise un deuxième fois. Lorsque le médecin leur a dit ça, ma mère a juste rétorqué qu'elle était sans doute bien trop vieille, que Morgane était un don du ciel. Les miracles non plus ne se reproduisent jamais deux fois.

 

Je retrouve Elisa qui me sert fort contre elle et qui m'embrasse doucement. Encore une fois elle a été formidable ces derniers jours. Des amis comme elle, ça ne court pas les rues. Et je crois que si un jour je croisais le type qui m'a volé ma pelle, dans notre bac à sable, en couche culotte, je le bénirai de l'avoir mise sur ma route. Je rejoins ensuite Evan, et je me laisse envelopper de sa chaleur. Le pauvre a du affronter Elisa après avoir affronté ma mère. Son œil est encore un peu gonflé et a pris une belle couleur violacée. Il n'a même pas cherché à se défendre tellement il se sent coupable du dépressif que j'étais de venu. Moi je n'ai pas pu réagir assez vite, mais après, j'ai mis les points sur les « i » avec ma meilleure amie et elle a consenti à donner une chance à Evan de faire ses preuves. En rajoutant qu'il avait des chances d'avoir un aussi joli cul, sans quoi, elle l'aurait envoyé se faire voir. Entre eux deux, je ne me sens pas trop mal. Je sais que je peux m'appuyer sur leurs épaules. Mon avenir est devant moi et j'espère qu'ils seront tous les deux à mes côtés pour encore un long moment. Mes parents m'inquiètent davantage. Ils sont forts, incroyablement forts. Je les admire. Ils font face avec un courage impressionnant. J'ai peur de la suite, quand ils se retrouveront seuls, sans avoir de quoi s'occuper avec les papiers, les funérailles, l'hôpital... Mais je serai là. Je leur souhaite de tout cœur qu'ils retrouvent la paix et un peu de bonheur, ils le méritent tellement.

 

La journée est presque finie. Un véritable enfer à vivre. Ma belle petite haricote est sous terre, maintenant. Les gens sont tous venus avec des fleurs à lui envoyer comme cadeau d'adieu. Je crois qu'ils n'ont pas compris pourquoi nous étions tous les cinq à lui envoyer des gousses de haricot. Ils ont vraiment du nous prendre pour des tarés.

 

Les voisins et les amis ont envahis la maison. J'en ai profité pour m'éclipser quelques temps avec Evan. Je n'ai pas eu le temps d'être seul avec lui depuis l'hôpital, j'en ai besoin et je crois que lui aussi. Mes parents ont compris. Nous sommes dans sa voiture, il roule en silence. Nous arrivons dans un quartier sympathique, bordé de petites villas, sans prétention, mais bien entretenues avec des petits jardins. Evan bifurque pour aller se garer sur une petit allée gravillonnée.

Nous sommes face à un petit pavillon beige, savant mélange de crépis et de bois. Je reste un instant immobile à contempler l'antre de mon amant. Puis Evan me saisit la main et je le suis à l'intérieur. L'ensemble est modeste mais chaleureux, ça lui ressemble bien. Il prend ma veste et la suspend dans le petit meuble de l'entrée, puis nous descendons deux marches pour arriver dans le salon qui se partage en salle à manger avec dans le fond, une cuisine ouverte sur la moitié de sa longueur, presque à l'américaine. Une grande baie vitrée laisse le soleil illuminer la pièce et semble être une invitation à aller se prélasser sur la terrasse. Juste après l'entrée sur la droite, une petite affiche comique nous indique les toilettes et derrière, un couloir que j'emprunte, tirant Evan derrière moi.

 

Quatre portes s'offrent à moi le long du couloir. Je lui demande :

 

-Laquelle est ta chambre ?

 

(Pour la scène qui suit, j'ai écouté « Mother » de Era... là encore, si ça vous dit...)

 

Il me montre la première porte et je l'y entraîne. La aussi, tout est plutôt sobre. Evan semble lire dans mes pensées car il prend la parole.

 

-Je... je t'attendais pour la décoration.

 

Je me tourne vers lui, le regarde rempli de question.

 

-Il y a largement la place pour deux. Je... j'ai investi dans l'espoir de pouvoir partager cette maison avec toi. Je sais que tu n'es pas prêt et je le respecte. Je ne te force à rien du tout. Mais je m'étais dit que si nous deux ça fonctionnait, peut être qu'un jour...

 

Il laisse sa phrase en suspens, pleine de promesse et mes yeux se remplissent d'eau. J'ai été fort devant mes parents, je suis faible devant lui. Ses bras m'entourent et je me tourne pour pouvoir me blottir contre lui.

 

-Merci... Je ne peux pas pour le moment...

 

-Je sais...

 

-Mes parents ont besoin de moi... et je ne pense pas être prêt...

 

-Je sais. Je te l'ai dit, il n'y a rien d'urgent. J'attendrai. Je voulais juste que tu le saches.

 

Je raffermis ma prise autour de lui et je relève la tête pour aller trouver ses lèvres.

 

-Tu pleures ?

 

Je secoue la tête.

 

-Fais moi l'amour.

 

-Mais.. tu pleures...

 

J'attrape ses lèvres et je vais chercher sa langue. Il me rend mon baiser et ses mains me caressent le dos, tentant de m'apaiser. Je pars dans son cou et mes mains déboutonne sa chemise. Il m'arrête.

 

-Romain... attend...

 

-S'il te plait. Je t'en prie... fais le. J'en ai envie... j'en ai besoin, s'il te plait.

 

Je parsème son visage de baiser en le suppliant d'accéder à ma requête. Les larmes sont bien plus abondantes et je suis incapable d'en arrêter la course. Je sens Evan dépassé par les évènements et indécis. Je continue à lui demander, sans relâche, multipliant mes supplications tout en l'embrassant. Je suis en train de craquer nerveusement et je ne sais pas comment lui dire à quel point j'ai besoin de le sentir en moi, maintenant. Mais Evan reste immobile, tout en tenant mes mains pour m'empêcher de le déshabiller. Je sens que je perds le contrôle et mes membres commencent à trembler. Je demande à nouveau, je supplie, j'embrasse, je mords, je sanglote. Et au moment ou j'ai l'impression de perdre pied, enfin, sa bouche répond à la mienne. Ses mains laissent les miennes libres de toucher son corps pour venir m'enlever ma tenue d'enterrement. Le baiser est profond et passionné, les gestes se font désordonnés et maladroits, mais peu importe. Ses mains se posent sur moi et je m'abreuve de son odeur, c'est tout ce qui compte. Mes vêtements tombent un par un à une vitesse hallucinante, rapidement rejoints par les siens. Enfin nous sommes nus et nos deux corps se collent pour ne plus se séparer. Je sens son érection sûrement aussi douloureuse que la mienne taper contre mon ventre au rythme de nos mouvements erratiques. Nous reculons ensemble pour atteindre le lit sur lequel nous tombons, toujours collés. Là, le mouvement change. Evan calme la cadence, nous imposant un rythme plus lent, plus doux. Je le laisse faire, je m'offre entièrement, les bras relevés le long de ma tête, lui laissant libre accès à mon corps. Et ses mains partent à l'exploration, détectant chaque recoin, étudiant chaque courbe. Et sa bouche part à sa suite. A aucun moment il ne rompt le contact entre nos deux corps. Et je plonge dans un état de bien être et de plaisir insoupçonné. Mes mains partent vers sa tête pour l'inciter à descendre davantage et docile, Evan obéit. Lentement, presque religieusement sa langue redécouvre mon sexe dressé, avant de le faire pénétrer dans sa bouche. Je laisse mes gémissements sortir sans aucune honte, sans aucune retenue. Il me fait du bien et j'aime lui faire savoir.

Tout en douceur, ses doigts prennent la cheminement de mon antre et la préparation commence. Après un petit moment ou je navigue entre la plénitude et la jouissance, sa bouche quitte mon sexe et son visage remonte vers le mien. Ses doigts se retirent et j'enlace mes jambes autour de sa taille pour lui laisser libre accès à mon corps. Délicatement, son sexe vient en moi et la douleur me redonne un souffle de vie. Ca m'avait tellement manqué, je lui dis. Il me répond que lui aussi et doucement il amorce un vas et viens  prometteur. Nos fronts l'un contre l'autre, ses yeux ne quittent pas les miens et au fur et à mesure ses mouvements de hanche, le flot de larme diminue en même temps que le plaisir grimpe et finit par se tarir pour laisser place à mes exclamations de plaisir. Enfin, après un long moment de plaisir crescendo, Evan accélère le rythme et nos cris s'emmêlent et se répercutent dans la chambre. Sa main vient caresser mon sexe et je me laisse envahir par une vague de plaisir déferlant dans mes reins et emportant avec elle tous mes soucis pour ne laisser place qu'à l'apogée de l'orgasme et la satisfaction de lui appartenir pleinement.

 

Evan s'allonge sur moi et nos lèvres se retrouvent à nouveau. Je sens la fatigue refaire surface à une vitesse stupéfiante et pour la première fois depuis longtemps, je laisse le sommeil s'emparer de moi avec une facilité déconcertante. Je sers une dernière fois Evan, toujours en moi. Une manière de lui dire de ne pas partir. Et il semble m'écouter car des profondeurs de mon inconscience, je le sens se blottir contre moi et nous couvrir de quelque chose de doux.

 

Evan me tire de mon sommeil avec quelques caresses sur les joues. La journée n'est pas finie, on a besoin de moi ailleurs. Il m'emmène dans la salle de bain, me montrant rapidement au passage les deux autres pièces du couloir : une chambre et une autre transformée en bureau. Nous entrons dans la douche en silence. Je vois bien le regard pesant de mon amant sur mon corps trop maigre et mes bras trop lacérés, mais il ne fait aucun commentaire. Il y viendra plus tard, je le sais. Il fera en sorte de me remplumer et de me redonner l'envie de vivre, mais il a la décence de me laisser vivre ma douleur pour le moment. Une fois propres et secs, je lui demande de me prêter des vêtements. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis incapable de remettre ce costume si sombre, synonyme de l'épreuve que nous traversons. Et puis peut être aussi que sentir son odeur sur moi m'aidera à tenir jusqu'au bout. Nous nous dirigeons vers l'entrée mais Evan me retient par le bras et me colle contre le mur, à côté de la porte. Là il m'embrasse, longtemps. Il m'insuffle une énergie nouvelle et lorsque son visage s'éloigne du mien, j'arrive à lui sourire doucement. Légèrement rassuré, il prend ma main et nous y allons. L'épreuve n'est pas terminée.

 

 

Petite note:
Normalement, l'histoire s'arrête ici. Il reste juste l'épilogue... Mais j'ai peut être trouvé un moyen de prolonger de quelques chapitres. Dits moi ce que vous en pensez. J'arrête là ou je continue encore un peu ? (je dis ça mais maintenant que j'ai les idées dans la tête, ça va être difficile de les déloger... sauf si vraiment vous pensez que cette histoire c'est du n'importe quoi et qu'il est temps d'arrêter les frais! mdr)
Bisous
Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Mercredi 10 décembre 2008
Je suis pathétique. Ce sont les mots qu'Elisa a employés lorsqu'elle m'a trouvé, comateux, en pyjama sur mon canapé devant un navet télévisuel enfournant des cuillerées de glace au brownie. Et encore, elle ne m'a pas vu pleurer la mort du petit chien dans le navet précédent. Je crois bien qu'il faut que j'oublie de lui parler de cet incident. Sauf que quand elle a commencé à me faire la leçon de moral me rappelant qu'il y a une vie à l'extérieur, les larmes sont ressorties toutes seules et la glace au brownie s'est mise à couler le long de mon menton. Ca a au moins eu le mérite de la couper en plein élan. Elle s'est alors assise à côté de moi et m'a serré contre elle dans un silence bienfaiteur, légèrement perturbé par la conversation plus que trépidante des personnages de Plus belle la vie.* Je suis maintenant toujours affalé sur mon canapé, mais ma tête est posée sur les cuisses de ma meilleure amie...mon pot de glace s'est mystérieusement téléporté dans ses mains à elle et j'ai bien peur de ne plus en revoir la couleur. Les mots « à suivre... » apparaissent finalement à l'écran et avant d'avoir eu le temps de comprendre, je me retrouve propulsé sur le tapis, devant le canapé. Elisa est déjà debout près de la télé et impitoyablement, appuie sur le bouton plongeant l'écran dans le noir dans un petit éclair. Je me redresse jetant un coup d'œil au pot de glace qu'elle a posé au passage sur la table basse...vide. Traîtresse !

-Bon maintenant Rom, tu vas bouger ton joli cul de là. Je te rappelle que tes parents rentrent de l'hôpital avec ta frangine dans un peu moins d'une heure. J'ose croire que ce n'est pas l'image que tu veux donner à Morgane pour ces premiers instants chez vous !


P'tite haricote !!! Mais c'est vrai, c'est bien aujourd'hui qu'elle arrive ! Depuis 3 jours que je me suis engueulé avec Evan, je vis un peu dans le cirage. J'en avais même oublié la venue de ma sœur. Elisa me traîne derrière elle et me plante devant le miroir plein pied du couloir de l'entrée.
Je suis en débardeur défraîchit et en bas de jogging dans le même état, j'ai des cernes foncées et le reste du visage pâle à me faire envier par un mort, on dirait que mes cheveux n'ont pas rencontré de peigne depuis un siècle et, est-il vraiment utile de le préciser, je sens le chacal !


-Regarde-toi maintenant, t'as l'air malin ! Alors tu arrêtes de faire ta gonzesse et tu te magnes le fion pour te refaire une beauté et me rendre mon Romain à moi. Et pas la midinette boulimique qui pleure son homme !


Aïeuh ! C'est qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Pathétique, je dois vraiment l'être pour qu'elle me sorte ça.


-Tu y vas peut être un peu fort ?


-Tu veux rire ? Je me retiens de te foutre un coup de pied ou je pense depuis que je t'ai retrouvé sur le canapé, alors si tu veux pas tester la rencontre de mon 42 avec tes fesses, tu as plutôt intérêt à faire ce que je t'ai dit. EXECUTION !!!


Inutile de dire que je ne cherche même pas à négocier. Comment une fille aussi gentille qu'Elisa peut-elle devenir aussi terrifiante ?


Une fois dans la salle de bain, je me déshabille rapidement, jetant mes affaires un peu partout. L'eau chaude me fait un bien fou et je laisse mes muscles se détendrent un par un. Une fois douché, habillé, coiffé, parfumé, je rejoins Elisa en bas. Elle m'accueille avec un grand sourire.


-Ah ben voilà ! Tu ressembles déjà un peu plus à quelque chose. Tu as juste le bon timing, j'ai entendu la voiture arriver.


Elle me sert dans ses bras et m'embrasse doucement.


-Je suis là Rom. Ca va aller.


-Bien sur que ça va aller. Je ne suis pas une femmelette !


Mon sourire ne dupe ni elle ni moi, mais nous faisons avec. Il est plus que temps que je me ressaisisse.
La porte s'ouvre sur mes parents et un gros couffin. Et même si mon organe cardiaque me brûle depuis quelques jours, à ce moment précis, il se gonfle d'un mélange de joie et de fierté. J'embrasse rapidement mes parents et me concentre enfin sur la petite boule de nerf qui se débat sous les couvertures. Je la prends dans mes bras et lance à mes parents :


-Je lui fais visiter la maison, vous n'avez cas...ben faire ce que vous voulez, nous on est occupé.


Et je les plante là, à moitié stupéfaits dans le hall et j'entends vaguement Elisa marmonner qu'il ne m'en faut pas beaucoup pour reprendre du poil de la bête. Je colle précieusement le petit paquet contre moi. Morgane Porte un petit pyjama blanc polaire en forme d'ours. Une tenue que j'avais choisie avec mon père peu de temps après l'annonce de la grossesse. Et elle me regarde avec ses grands yeux clairs bien ouverts, prête à croquer le monde.


-T'en fait pas ma belle, tout va bien se passer. Tu es à la maison maintenant. Et voilà ton antre.


La chambre de Morgane, préparée avec soin pourrait être montrée dans un catalogue. Les murs d'un parme clair sont parsemés de petits personnages rigolos, le lit en bois dans un coin attendant sagement d'être occupé tandis qu'à l'autre bout de la pièce une table à langer assortie au lit et à l'armoire, est remplie de couches, produits nettoyants et bodys en tout genre. La chambre est également remplie de jouets, mobiles et peluches de toutes sortes.


-Mais les premiers temps, tu vas pas dormir là, viens, je vais te montrer.


Mes pas nous conduisent dans la chambre de mes parents où un petit berceau, en bois également, est posté pas très loin du lit conjugal, avec en son centre, trônant fièrement, Hector le castor. A ces cotés, un fauteuil de forme arrondi, pour les biberons nocturnes.


-Tu vas être comme un coq en pâte ma belle.


-Ca c'est sur, mais si tu lui donnes mon p'tit nom, je lui déclare la guerre.


Elisa que je n'avais pas entendu monter se trouve maintenant juste derrière moi et m'enlace tendrement.


-On dirait un vrai p'tit couple comme ça, je trouve.


-Si c'était le cas je plaindrai l'enfant !


-Eh ! Je ferai un papa super cool !


-Ben voyons, à la rigueur pour le côté éducation sexuelle je dis pas, mais pour le reste...faut encore que tu grandisses un peu mon chéri !


-Faudrait savoir. Un jour tu me dis que je grandis et que tu es ébahie devant ma grande maturité et un autre, je suis encore un gamin !


Elisa s'est placée face à moi et me regarde maintenant, un sourcil surélevé, le poing sur la hanche.


-Je n'ai jamais été impressionnée par ta...grande maturité, je disais juste que tu prenais mieux que je ne le pensais la séparation de tes parents. Va pas te faire des films.


-Peut être que nous pourrions récupérer notre fille maintenant ?


Mes parents, un air très amusé sur le visage se tiennent dans l'ouverture de la porte, enlacés.
J'embrasse Morgane sur le front avant de la tendre à mon père.


-Sois pas sage ma p'tite haricote, fais les bien tourner en bourrique, et ton grand frère sera très fier de toi.


J'esquive une claque derrière la tête de la part de mon père et entraîne Elisa dans ma chambre.


-Pour des gens séparés, ils ont plutôt l'air bien, non ?


-Oui, ils ne se sont jamais aussi bien entendu que depuis qu'ils sont soit disant séparés. Et en même temps, ils sont toujours collés ensemble...j'ai arrêté de chercher à comprendre !


-En parlant de séparation, tu veux pas me parler de ton bel infirmier ?


Je me tends.


-Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus ?


-Tu as essayé de l'appeler ?


-Non.


-Ben fais le, ça t'évitera de te morfondre pendant des jours en t'empiffrant devant des niaiseries !


-...


Elisa attrape mon téléphone portable et me le tend.


-Allez !!! Tu l'appelles, tu lui demande pardon, vous vous envoyez en l'air et tout va bien !


-Ce n'est pas à moi de lui demander pardon. C'est à lui de faire des excuses ! Son père m'a humilié et il n'a rien fait pour me défendre. Pire encore, il a prit son parti.


Alors qu'elle le repose, mon téléphone se met à vibrer dans la main d'Elisa, qui arbore maintenant un sourire radieux !


-Quand on parle du loup...


-C'est lui ?!


Ma précipitation se voit sans aucun doute et le visage de ma meilleure amie ne me dit rien qui vaille.


-Quelle importance ?


-Quoi ? Elisa donne-moi ce téléphone !


-Mais non, c'est pas la peine, tu viens de me dire que tu ne voulais pas lui parler.


J'essaie d'attraper le portable, mais Elisa est plus vive et le maintient hors de portée. Et dans ma tête, je compte avec affolement les sonneries qui se suivent. Dans le désespoir, je finis par me jeter sur elle, la faisant trébucher sur mon lit. Elle lâche mon téléphone qui rebondit sur le sol. Je bondis, mais Elisa me rattrape par la cheville ce qui me fait m'étaler sans aucune grâce juste à côté de mon lit. Je me dégage et me jette sur le téléphone qui s'arrête finalement de sonner.


-Oh, c'est pas vrai ! C'est pas vrai, c'est pas vrai !!! Mais pourquoi t'as fait ça ? Putain, mais tu fais chier, tu sais depuis combien de temps j'attends ce coup de fil ?!


Elisa, toujours sur le lit, semble jubiler et je me rends compte au même moment de ce que je viens de dire...et de ce que ça signifie.


-Ravie de te l'entendre dire mon chéri !

 

-Tu vas me le payer !


A nouveau je me jette sur elle, mais cette fois, dans le but de lui faire subir mille et une torture appropriée à la situation. Malheureusement, j'ai oublié dans l'équation qu'elle est nettement plus douée que moi au corps à corps et rapidement, je me retrouve coincé entre le matelas et ma meilleure amie.


-Si tu tenais tant que ça à m'entendre dire ce genre d'aberration, pourquoi ne pas m'avoir laissé répondre tout simplement ?


-J'aime ta mauvaise foi mon chéri, mais même si tu l'avais eu au téléphone, tu n'aurais avoué pour rien au monde que tu n'attendais que ça. Au moins maintenant, je suis fixée.


-Peut être, mais maintenant, je l'ai raté !


-Ne t'en fais pas pour ça, il va rappeler dans trois, deux, un....


Et sous mes yeux ébahis, mon téléphone se remet à vibrer. Elisa se précipite dessus et décroche.


-Dis donc super mâle, tu en as mis du temps ! Quoi ? Oui, évidemment qu'il est là ! Je te le passe, mais fais gaffe à toi, c'est parce que t'as une gueule d'ange que tu peux te permettre de me le rendre dans des états pareils. Alors t'as plutôt intérêt à te faire pardonner fissa.


Je trépigne presque d'impatience à côté d'Elisa en tentant vainement d'avoir ma conversation. Enfin elle se décide à me passer le téléphone.


-Tiens, j'te laisse un petit moment, foire pas tout !


J'attends qu'elle sorte et referme la porte tout en sachant qu'elle aura l'oreille collée sur la serrure. J'approche le combiné à mon oreille en ignorant volontairement que ma main est prise de légers tremblements.


-Allô?...


-Romain...


-...


-Je....Je t'appelle pour euh... oh écoute, je suis désolé que ça se soit fini comme ça. J'aurai vraiment aimé passer une bonne soirée avec toi !


-J'aurai aimé moi aussi.


Mon ton est moins froid que je ne l'aurai voulu...même au téléphone il arrive à me faire fondre !


-Ecoute, j'aimerai qu'on se voie, je ne veux pas parler de ça au téléphone. Tu pourrais passer à l'appartement ?


-Euh....


-S'il te plait, je voudrai vraiment te voir. Tu sais ça fait trois jours que je tourne en rond pour savoir si je dois t'appeler ou pas...


Malgré moi, un petit sourire se forme sur mes lèvres.


-Ok, je passerai tout à l'heure. Tu sais, je voulais pas que ça se passe mal avec tes parents...


-Je sais, écoute, c'est pas bien grave, je pense que si tu présentes tes excuses, ils passeront l'éponge et...


-Pardon ?


-Quoi ?


-Dis-moi que tu m'as pas dit que je devais présenter des excuses ?


-Romain, si tu veux que ça se passe bien avec eux, ça va être le minimum à fournir !


Je sens la colère revenir au grand galop, comme si je venais à nouveau tout juste de sortir du restaurant.


-Mais je rêve. Enfin tu te rends compte de ce que tu me dis ? Evan, ton père nous a insulté, moi et ma famille ! Il a clairement dit que... que tu méritais bien mieux que moi. Même si je n'aurai pas du, je n'ai fait que répondre à ses provocations, je...je...


L'énervement me fait bafouiller et ça m'énerve encore plus.


-Mais merde, ça t'a pas fait ouvrir les yeux tout ça ? Combien de temps encore tu vas espérer la bénédiction de tes parents alors que tu ne l'auras sans doute jamais ?!


-Ne dis pas n'importe quoi. Tu t'es montré aussi très arrogant et entêté. Mon père n'a pas tous les torts. Tu ne sais pas te tenir en société ce repas l'a clairement montré ! Mais c'est pas le problème, je sais qu'ils pourraient très bien t'accepter si tu faisais des efforts.


-Ah oui, tu veux dire une fois que j'aurai eu un lavage de cerveau ? Que je penserai comme eux, que je choisirai une petite femme pour avoir de merveilleux bambins et vivre une petite vie sans anicroche apparente dans mon costume trois pièces ?


-Oh, arrête, tu dis n'importe quoi !


-Effectivement, c'est un grand n'importe quoi, mais sache qu'ils ne m'accepteront que le jour ou je rentrerai dans le modèle qu'ils ont décidé d'appeler normalité. Et le fait d'avoir une histoire avec toi ne rentre pas dans leur moule !

-Mais tu n'essaies même pas de comprendre. Pourquoi tu te braques comme ça ? Tu n'écoutes pas ce que je te dis. Cette conversation ne mène à rien !


-Eh bien, voilà au moins un point sur lequel on est d'accord. Finalement ne m'attends pas. Et surtout ne me rappelle pas !


Je raccroche d'un geste rageur et balance le téléphone à travers la pièce. Celui ci va s'exploser contre le mur et je me laisse tomber par terre, m'adossant contre mon lit.


Sans surprise, Elisa rentre dans la pièce quasiment instantanément. Son visage n'est plus aussi détendu qu'auparavant. Je l'ai rarement vu avec un tel air. Elle s'assoit à mes côtés et me prend dans ses bras.


-Je suis désolée, Rom...


-Et moi donc.


Je laisse aller ma tête contre son épaule et me laisse bercer. Quelques coups sont frappés à ma porte et la tête de mon père passe par l'entrebâillement.


-Est-ce que tout va bien ? J'ai entendu des cris.


Voyant notre position, mon père entre et referme la porte derrière lui. Elisa me lâche et se redresse.


-Je vais vous laisser. Romain je t'appelle ce soir. Elle m'embrasse tendrement et s'en va après avoir fait la bise à mon père.


-Alors mon grand, tu veux peut être partager avec ton vieux père ta première peine de cœur ?


Je réussis un pauvre sourire qui ne dupe personne, ne cherchant même pas à savoir comment il est au courant. Mon comportement de ces derniers jours a sûrement été plus que révélateur. Je sens les larmes monter malgré moi et avant d'avoir eu le temps de réagir, mon père a prit la place qu'Elisa occupée quelques secondes auparavant et je me retrouve dans l'étreinte rassurante de ses bras.


-Je n'aime pas voir mon fils dans cet état la. Tu veux m'en parler ?


-C'est rien....je crois juste que, finalement, on n'était pas sur la même longueur d'onde Evan et moi.


-C'est la rencontre avec ses parents, c'est ça ? Tu es rentré de cette soirée dans un état pitoyable et depuis tu te morfonds.


-Oui, eh bien...disons qu'ils ont une idée bien précise de ce que doit être la vie de leur fils et il est clair que je n'en fait pas partie. D'ailleurs aucun homme n'en fait partie. Ils vivent encore au moyen âge !


-Et Evan, qu'est-ce qu'il en dit, lui ?


-J'en sais rien.


-Tu es sur de ça ?


-Je sais pas, papa....il...j'ai l'impression qu'il est complètement aveugle dès que ça concerne ses parents. Ils le méprisent pour ce qu'il est, et pourtant il est prêt à se mettre en quatre pour leur plaire...je ne le comprends pas. Il n'ose même pas s'affirmer, face à eux, on dirait encore un petit garçon...


-Hmm....Tu sais, ça ne doit pas être facile pour lui non plus. Imagine quelle aurait été ta réaction si nous t'avions rejeté lorsqu'on a su que tu étais gay ?


Je médite un petit moment sur cette question. La réaction de mes parents a été vraiment un soulagement pour moi. Ne plus avoir à leur mentir, pouvoir leur parler de mes soucis, ne pas être jugé...


-Je ne sais pas. J'aurai sans doute été très mal. Mais je n'aurai pas renoncé à ma vie pour autant....


-Il ne semble pas y avoir renoncé non plus, vu qu'il était prêt à sortir avec toi.


-Oui, c'est vrai. J'aurai juste voulu...j'aurai aimé qu'il me défende face à eux. Qu'il me montre...qu'il leur montre que son choix c'était moi, et peu importe leur avis, qu'il faudrait qu'ils fassent avec.


Mon père réprime un petit rire.


-Tu m'as l'air bien mordu !


Le rouge me monte aux joues.


-Je... je crois, oui.


-Ecoute Romain. Je ne suis pas à ta place, je ne peux pas choisir pour toi. Mais ça serait dommage de rater une belle histoire à cause de gens qui vivent encore au siècle dernier, tu ne crois pas ? Si ils ne voient pas que tu es un garçon bien, alors, crois moi, ils n'en valent pas la peine. Mais Evan, lui, a su le voir. Peut être qu'il faut que tu lui montres que tu vaux le coup de se battre ?


Je hoche la tête doucement. Et alors que je médite ses phrases, mon père m'embrasse sur la tête et me laisse seul. Je me prends la tête tout le reste de la journée, à me demander si oui ou non, je dois à mon tour faire un pas vers lui. Lorsqu'Elisa m'appelle après le dîner, ma décision n'est toujours pas prise. Heureusement, nous parlons un peu de tout et de rien. Elle me parle d'un film qu'elle a vu la veille ou plutôt d'une scène du film qu'elle a vu hier et qui d'après elle était très érotique quand elle se coupe soudainement.


-Oh fait ! Tu m'avais pas promis quelque chose, toi ?


-Quoi ?

 

-Mais si rappelle toi, quand Evan est venu te chercher la dernière fois !


-Quand on est allé voir P'tite Haricote à l'hôpital ?


-Oui.


-Eh bien, quoi ?


-Fais un petit effort, ça va revenir.


-Non je ne vois pas !


-Je te donne un indice, il y avait une histoire de caleçon en fugue dans l'histoire !


J'éclate de rire à ce souvenir.


-Oui, effectivement, je m'en souviens maintenant.


-Bien ! Alors en rentrant, tu étais bien pressé, mais tu m'avais promis que j'aurai droit à toute l'histoire. Et avec les détails, s'il te plait !


-Oh ! Non, j'ai pas pu dire ça.


-Oh que si ! Tu me l'as promis, alors j'attends. Je veux savoir comment tu as enfin réussi à coucher avec monsieur l'intouchable mais très sexy infirmier.


-Bon je te le dis, mais tu peux courir pour les détails !


-Pfff, t'es pas drôle mon chéri !


-Bon tu veux l'entendre ou pas ?


-Je t'écoute !


-Bon en gros, la veille, on a appris que morgane était malade et on était tout les trois mal en point. Et à cause de ça, on s'est prit la tête avec mon père et au final, je m'en suis pris une. J'étais vraiment mal...à tel point que très hônnetement, la soirée reste assez floue. Je sais que je suis allé en boite me bourrer la gueule, et que je me suis fait grave allumer par un type, mais malgré moi j'ai pas réussi à coucher avec lui.


-Nooonnn !!! C'est pas vrai ?!


-Si et je te le donne dans le mile, je pensais trop à Evan !


-Oooooh c'est siiii....


-Si mignon, oui, je sais !!! Bref, je suis finalement allé chez lui pour l'engueuler.


-L'engueuler ? Mais pourquoi ?


-Parce qu'à cause de lui, j'arrivais pas à m'envoyer en l'air ! J'étais très frustré !


Le fou rire d'Elisa est communicatif et je ne peux reprendre mon récit que quelques temps après.


-Bref, je suis allé chez lui et je lui ai reproché d'occuper trop mes pensées.


-Et là, ça a été le grand feu d'artifice ?


-Non, pas du tout. J'étais trop bourré ! Et sans doute que lui était encore trop endormi, il m'a emmené dans sa chambre et on a dormi.


-C'est tout ?


-Oui c'est tout.


-Ben alors ? Et la fugue de caleçon ?


-La fugue du caleçon, c'est le lendemain matin.


-Aaaahhh, raconte !


-Tu sauras rien de plus que ça ma belle !


-Dommage ! C'était comment ?


-C'était très bien...non c'était mieux que ça encore....c'était...


-Parfait ?


Je sens bien l'ironie dans sa question, pourtant l'adjectif convient !


-Oui, c'était parfait !


Je ne la vois pas et pourtant je l'imagine très bien bouche bée !


-Eh ben...y'a pas à dire mon chéri, t'es accro !


-Oui, je pense aussi !


-....


-Te laisser sans voix deux fois de suite, c'est à noter dans mes records !!!


-Oui, je...laisse moi le temps de m'en remettre. Tu te rends compte de ce que tu viens de me dire ?


-Oui. Je suis accro à lui. Je suis accro à Evan...et résultat, on s'est engueulé. Et je ne sais toujours pas si je dois le rappeler.


-Va le voir !


-Quoi ? T'as fumé ou quoi ?


-Mais non ! Tu viens de m'avouer que tu étais accro de ce mec, alors crois moi qua nd je te dis qu'il ne faut certainement pas le laisser filer. Mais au téléphone, c'est jamais pareil et puis avec un peu de chance, si tout s'arrange vous pourrez directement passer à l'étape suivante de la réconciliation !!!


Je rigole à cette réflexion, elle ne perd jamais le nord !


-J'aimerai bien...mais je ne sais pas trop...


-Oh écoute, Rom, tu m'fais chier depuis des jours...qu'est-ce que je dis, moi ! Tu m'fais chier depuis des mois avec ton histoire d'amour ! Alors maintenant que t'as enfin compris que t'es amoureux, tu va me faire le plaisir de bouger ton joli p'tit cul et de t'accrocher à lui, sinon je te jure que je te brûle la plante de pied avec de l'huile bouillante, c'est clair ?


-Euh...oui, d'accord !


-Et dis toi bien que même si il a quelques défauts, ils sont sans aucun doute bien moins durs à vivre que les tiens. Et même si ses parents n'ont pas été du tout corretce, tu t'es montré très immature aussi. Donc tu vas aller le voir, lui dire que tu t'en fous de ses parents et tu vas lui sauter dessus pour finir en beauté, ok ?


-Dis comme ça, ça paraît jouable.


-Parfait. Maintenant, va dormir, t'auras besoin de forces, demain.


-Euh...ça ne me rassure pas beaucoup, ça, ma belle !


-C'est pas le but ! Tu sais bien que la partie n'est pas gagnée d'avance. Mais je sais que tu peux y arriver. Quoiqu'il arrive n'oublie pas qu'il t'aime et que tu l'aimes.


-Je ne...


-Ne nie pas, c'est pas la peine. Même sans te voir, j'entends à ta voix comment tu parles de lui, tu es transparent mon cher. Alors imagine un peu quand je suis en face de toi, la tête que tu fais quand tu parles de vous deux ne laisse aucun doute ! Si tu ne veux pas l'avouer devant moi, c'est pas grave, l'important c'est que tu le saches et qu'il le sache.


-T'as raison, après tout, ça ne coûte rien d'essayer. Et puis... il a déjà fait le premier pas...


-Tout à fait ! Je suis très fière de toi Rom, chéri ! Bonne nuit mon lapin en sucre !


-Bonne nuit ma belle. Je t'appelle demain, après être allé le voir, pour te raconter.


-Mais j'y compte bien. Bye


Lorsque j'entends la tonalité, je raccroche à mon tour. Je me préparer pour aller me coucher et vais embrasser ma p'ite haricote qui, elle, dort profondément. Je me couche enfin, une boule au ventre, me passant dans la tête tous les scénarios possibles lors de mon futur tête à tête avec Evan.

 



Une douce musique me sort de ma torpeur, c'est quand même plus agréable qu'un bip bip strident. Malgré tout, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi de la nuit. Entre mes questions existentielles et Morgane qui a voulu tester si nous étions vraiment disponibles à toute heure pour elle, la nuit a été plutôt folklo. Je me lève paresseusement et traîne à aller dans la douche. Je ne suis pas vraiment pressé de me retrouver face à Evan. Mes parents dorment encore, leur nuit n'a pas été plus longue que la mienne, je profite de la salle de bain un bon moment et décide d'aller m'occuper de ma frangine qui semble sortir à son tour de son sommeil. C'est p'tites bêtes la sont vraiment increvables ! Heureusement, j'ai révisé la préparation des biberons depuis un moment et la préparation n'est pas longue. P'tite haricote bien calée contre moi, je m'installe sur le sofa et lui fourre la tétine dans la bouche. Elle se jette dessus comme si elle n'avait pas mangé depuis trois jours. Tandis qu'elle tête, laissant échapper par moment de légers bruits de succion qu me font sourirent, je l'observe. C'est vraiment un beau bébé, ces traits sont fins, elle a un petit duvet de cheveux tout blonds sur la crane et surtout, deux yeux clairs grands ouverts sur le monde, comme si elle souhaitait ne rien rater de la vie. Comment une petit fille belle comme ça peut elle être malade ? On ne voit absolument rien, elle semble si parfaite. Je n'arrive pas à réaliser le risque qu'elle court à longueur de temps. Je me souviens de ce qu'avait dit Evan dans la voiture. Au mieux, elle vivra quelques années...mais qu'en est-il du pire ? Et quelles seront les véritables séquelles ? Je n'ose imaginer que nous pouvons la perdre n'importe quand. Je maudis le destin de nous infliger cette épreuve. Nous offrir un être à aimer, protéger et chérir pour ensuite nous le reprendre de la manière la plus cruelle qui soit. Malheureusement, le diagnostic est sans appel, et l'idée même de me résigner à perdre un jour ce p'tit bout de chose qui gesticule dans mes bras me révolte. Je renifle un coup, il faut que j'arrête d'y penser pour le moment. Je profite de nos instants à deux avant que mes parents ne se lèvent et ne prennent la relève. C'est fou comme ce matin, je trouve beaucoup de choses à faire. Ma chambre à ranger un peu, donner un coup de main à ma mère pendant qu'elle s'occupe de Morgane, préparer à manger avec mon père...


-Tu vas repousser longtemps ton départ ?


Je laisse tomber ma fourchette tandis que ma mère attend ma réponse sous l'œil complice de mon père.


-Tu lui as dis ? Traître !


-Elle avait déjà deviné une bonne partie toute seule, tu sais.


J'enfouis ma tête dans mes mains alors que mes parents se foutent ouvertement de ma gueule.


-Parents indignes, vous devriez me soutenir, pas m'enfoncer !


-Oh ! Mais c'est ce qu'on fait. Plus les heures passent, plus tu deviens blancs, nous te poussons pour que tu ne nous fasses pas une syncope...ou au moins si tu la faisais chez lui, il saurait quoi faire !


-Ah ah ! Très drôle ! Non sérieux, je suis mort de rire !


-Allez, dégage d'ici, fils ! Prends le taureau par les cornes !


-C'est pas les cornes dont j'ai envie.


-Je ne veux pas savoir les détails, Rom ! Allez file, on s'occupe de débarrasser.


-Mmoui, oui, ça va, j'y vais.


Je monte me laver les dents et enfiler une veste légère. Le temps étant plus que clément. Lorsque je redescends, je passe la tête par la cuisine.


-Vous êtes surs que vous n'avez pas besoin d'aide ?


-FILE !!!


-Ok, salut !


Et je me précipite dehors avant qu'ils n'aient la mauvaise idée de m'envoyer quelque chose à la figure histoire de me motiver. Mine de rien, ils en sont largement capable. Croyez moi, je les connais depuis plus de 18 ans, rien ne les arrête !


Une fois dans la rue, je ralentis la cadence. Ma boule d'angoisse revient prendre sa place avec un plaisir manifeste au fur et à mesure que mes pas me dirigent vers l'arrêt de bus. Avec un peu de chance, ils seront en grève, ou alors y'aura un accident sur la route, ou bien je raterai tous mes bus....Pas de bol, mon bus arrive juste après moi et la circulation n'a jamais été aussi fluide. Je suis maudis, le destin s'acharne contre moi avec un rire sadique.

Et voilà, j'y suis. Planté devant la porte depuis quelques minutes. Je n'ose pas entrer, mais je ne veux pas faire demi-tour. J'espère juste que ça se passera mieux que la dernière fois. Lorsqu'une vieille dame se présente pour sortir, je lui tiens la porte, elle me remercie avec un grand sourire et je me décide enfin à entrer dans l'immeuble. Une fois devant sa porte j'hésite encore un peu. Il y a du bruit à l'intérieur, sûrement la télé. Je finis par sonner et rentre mes mains dans mes poches pour camoufler les légers tremblements qui les parcourent. Après quelques secondes, la porte s'ouvre sur Evan, légèrement agacé. Ses traits se décrispent et s'arrondissent sous la surprise.


-Romain ?


Les bruits à l'intérieur s'arrêtent brusquement. Je comprends alors que ce n'était pas la télé, mais bien des personnes.


-Je...désolé, je te dérange.


-Non, pas du tout....je...mes parents sont là...avec des amis à eux.


-Ah ? je ne savais pas que tu faisais ce genre de...réception.


-Ca n'a rien d'une réception, je...


Il soupire et sort sur le palier, referment la porte derrière lui.


-Je ne les ai pas invité, ils sont venus d'eux même.


-Avec des amis à eux ?


-Oui...c'est compliqué. Ils veulent...Romain, en te mets pas en colère, ok, ils sont venus pour me présenter quelqu'un.


Je reste ébahi un moment avant de sentir la moutarde me monter au nez.


-Une jeune fille de bonne famille je suppose. Ils ne perdent pas de temps !


-Non, Romain, écoute...


Il n'a pas le temps de finir sa phrase que la porte s'ouvre sur une jeune fille, très jolie, très bien vêtue, quoiqu'un peu court, mais après tout, il semblerait qu'elle soit là pour séduire.


-Eh bien Evan, viens donc, tout le monde t'attend ! Oh ! Un ami à toi ? Tu me présentes ?


Evan, rouge écrevisse, ne semble plus savoir où se mettre.


-Euh, oui...bien sur...Anne-Claire, je te présente Romain, Romain c'est Anne claire, elle est...


-Je suis sa fiancée !


Rajoute le coupe la pimbêche dans un gloussement assez peu humain. J'ai l'impression qu'on m'a donné le coup de grâce. Jamais de ma vie je ne me suis senti autant humilié.


-Fiancée ? Toi non plus tu ne perds pas de temps on dirait ! Mais qu'est-ce que tu fous avec elle ?


Avant qu'il ne puisse répondre, elle le coupe à nouveau.


-Vous avez des manières bien cavalières jeune homme. Ce n'est pas ainsi qu'on s'adresse à une jeune fille de mon rang!


-Premièrement, je ne te parle pas, deuxièmement, quand je te regarde je vois plus un croisement entre la dinde et la hyène qu'avec un membre de l'espèce humaine et troisièmement, ton rang, tu peux te le foutre au cul parce que j'en ai absolument rien à foutre. Donc, t'es gentille mais restes-en au concept du « sois belle et boucle la ».

Vexée et furieuse, elle rentre à nouveau dans l'appartement, faisant claquer la porte.


-Tu y as peut être été un peu fort, non ?


-Evan...s'il te plait dis moi que tout ça, c'est une blague. Dis moi où est la caméra, on se marre un bon coup et on oublie....dis moi que t'as pas fait ça !


-Je n'ai rien fait Romain. Ils se sont pointé et m'annoncent de but en blanc que j'ai une fiancée qui a le QI d'une huître. Je suis coincé avec eux, mais je te jure que ce n'est pas moi qui ai organisé tout ça.

Je respire un bon coup à la fois de soulagement et aussi pour tenter de ma calmer car malgré tout, je reste très en colère. Je ne sais plus trop contre qui...contre Evan, contre ses parents, contre l'autre dinde...je crois un peu tous en même temps.


-Tu vas l'envoyer balader, hein ?


Evan ne répond pas et baisse la tête, il semble triste...pire que ça, il semble résigné.


-Evan...je t'en prie...


-Arrête Romain. Tu crois que c'est facile pour moi? Mes parents m'ont mis le couteau sous la gorge. Ils estiment qu'ils m'ont laissé suffisamment de liberté comme ça et qu'il est temps de rentrer dans le droit chemin. Si je n'épouse pas cette fille ou que je ne leur en présente pas une autre d'ici peu, je serai renié ! Tu te rends comptes un peu de ce que ça signifie ?


Je lui attrape la main, tentant de ne pas perdre le contact.


-Tu n'as pas besoin d'eux, Evan. Tu as un boulot, un appart', tu es libre de faire ce que tu veux...


-Ce sont mes parents, Romain. Je les aime, je ne veux pas les perdre.


-Moi aussi tu m'as dit que tu m'aimais !


Un grand silence suit cette déclaration.


-Tu...tu m'avais entendu ?


Je hoche la tête. Je sens les larmes monter. Je suis arrivé trop tard, je vais perdre la partie.


-Je dormais pas complètement...je...je me suis demandé si c'était mon imagination, mais c'était bien toi.


Evan s'approche un peu et pose la main sur ma joue.


-Tu n'avais pas l'air particulièrement pour t'engager dans quelque chose de sérieux Romain et j'ai respecté ça. Mais aujourd'hui je dois choisir entre toi et eux. Et je voudrai que tu me répondes très sérieusement. Est-ce qu'on en vaut le coup ? Est-ce que notre histoire vaut la peine que je renie toute ma vie, que je renie mes parents ? Est-ce que tu es certain que tu ne te lasseras pas de moi dans quelques temps en me laissant alors tout seul...avec uniquement mon boulot et mon appart' ?


Mes larmes coulent toutes seules, et les siennes aussi. C'est la première fois que je le vois pleurer. Lui m'a déjà vu plusieurs fois et pourtant c'est moi qui jouais au gros dur... 


Je ne sais pas quoi répondre. Je ne suis plus sur de rien. Il a raison. Je ne peux pas lui demander de tout renier pour moi. Il vaut mieux, tellement mieux que moi, pourquoi je le priverai d'un avenir prometteur ? Est-ce que j'aurai les épaules assez larges pour assumer un tel sacrifice de sa part ? Est-ce que je pourrai lui offrir ce qu'il attend, ce qu'il mérite ?


Je secoue la tête doucement. Je me hausse sur la pointe des pieds et l'embrasse doucement, profitant peut être une dernière fois de ses lèvres si douces. Je fais durer un peu le baiser, voulant m'imprégner de lui avant de reprendre la parole.


-A ce stade tu es le seul à pouvoir choisir. Moi, la seule chose dont je sois certain, c'est....c'est mes....sentiments pour toi...


Je n'ose même pas soutenir son regarde en disant ces mots. Mais pourtant il faut que je lui dise. Il faut qu'il sache, pour avoir toutes les cartes en main. Alors je continue et me force à relever la tête. Il semble étonné mais ses yeux brillent.


-Putain Evan, je suis fou de toi ! Je suis tellement raide dingue de toi que ça me fout les boules. Je sais même pas dans quoi je m'engage. Jamais ça m'a fait ça avant. Mais pour une fois dans ma vie, si je suis bien sur d'une chose...c'est que nous deux, ça vaut le coup.


Sa main tremble dans la mienne et ses larmes ne se tarissent pas, bien au contraire. Il semble chercher à reprendre contenance avant de dire quoique ce soit. Mais la porte de l'appartement s'ouvre à nouveau, bien plus violemment cette fois. Le père d'Evan se tient face à moi, furieux. Il attrape son fils par le bras et le tire en arrière, je sens la main d'Evan s'arracher de la mienne.


-Non papa, je...


-Toi tu te tais, on réglera ça plus tard, quand TES invités seront partis. Quant à vous, dit il en s'adressant à moi, fichez le camps d'ici. Et ne revenez plus. Plus jamais. Sinon je vous jure que vous aurez des ennuis dans vous n'imaginez même pas les conséquences !


La porte se referme brutalement et manque de peu mon visage. J'entends Evan se disputer avec son père mais très rapidement, il est réduit au silence et les pas s'éloignent de la porte vers l'endroit où se trouvent ses parents...et sa fiancée.


J'ai l'impression que non seulement mon cœur est brisé en mille morceau mais que quelqu'un s'évertue à en piétiner les restes. Il ne s'est pas battu. Pas pour moi. Malgré tout ce que je viens de lui avouer, il a baissé les bras face à son père. A nouveau. Je suis arrivé trop tard, j'ai trop hésité et je l'ai perdu. Je manque de m'effondrer sur place, sur son paillasson gris devant la porte, mais un dernier sursaut d'orgueil me maintien debout et, je l'espère, tiendra jusqu'à chez moi. Je m'éloigne doucement, ne souhaitant pas regarder en arrière. Et je suis toujours en larmes. A nouveau.



*Petite dédicace à une certaine personne qui est fan de cette série et qui assume !!! lol

Voilà la suite d'Une petite parcelle de bonheur, j'espère qu'elle vous plait, elle est plus longue que d'habitude...mdr, je dis ça à chaque fois...j'écris des chapitres de plus en plus grands !!!
Oh fait, je vous ai pas dit ? Cette histoire touche à sa fin !!! Eh oui, sauf si idée lumineuse de ma part, nous devrons bientôt dire au revoir à Rom, Elisa, Evan, p'tite haricote et les autres...

Je vais probablement changer de site pour mes histoires. Mais comme je n'y connais rien, en informatique, je vais d'abord attendre de voir comment je peu faire pour tout déplacer (y compris les coms). Sinon je resterai là...bien malgré moi !

 

Sinon les plans de UPPDB et de Dependance sont finis. Je sais donc exactement ce qui va se passer pour chacune de ces histoires jusqu'au mot fin...lol...si ça interesse quelqu'un de savoir.....NON je déconne, vous verrez au fur et à mesure, noméo!!! lol

Bisous à toutes !!!

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Samedi 5 juillet 2008

Je pue ! Je viens de sortir de la douche et je pue...c'est pourtant pas humainement possible de transpirer autant à cause du stress ! Mes mains sont toutes moites et je ne tiens pas en place.

 

-Pose-toi un peu Romain, tu me donnes le tournis. Ne stress pas comme ça.

 

-Je ne stress pas du tout ! Qu'est-ce que tu crois ? Tes parents me font pas peur....Et puis tu peux parler, ça fait trois fois que tu rates ton nœud de cravate, t'as deux chaussures différentes et tu cherche depuis un bon quart d'heure tes clés qui sont dans ta main ! Et puis pourquoi je dois m'habiller comme ça. J'ai l'air d'un vrai pingouin. Je ne porte jamais de smoking, encore moins de cravate. J'aime que mes cheveux soient libres de partir dans tous les sens et là ils sont plaqués par une tonne de gel ! Je ne suis pas moi...je vais jamais y arriver ! Est-ce que je t'ai demandé de te déguiser pour voir mes parents, hein !

 

Je finis ma phrase en tombant mollement sur son canapé. Evan s'accroupit devant moi et pose ses mains sur mes cuisses.

 

-Ecoute, je sais que c'est pas évident pour toi. Mais nous avons rencontré tes parents par hasard, sinon, je peux t'assurer que j'aurai porté une autre tenue que celle que j'avais aujourd'hui. Le souci vois-tu...c'est que mes parents ne sont pas comme les tiens. Ils sont plutôt vieux-jeu. Je ne te demande pas d'être quelqu'un d'autre, simplement la première impression est importante pour eux, et je ne veux pas que ce dîner se passe mal, ok ?

 

-Mais regarde-moi, je suis tout coincé la dedans, c'est à peine si je peux respirer et je me sens pas à l'aise.

 

-Tu enlèveras ta veste là bas. Et tu es très beau, c'est juste que tu n'as pas l'habitude ! S'il te plait Romain, c'est important pour moi.

 

Ah! Et voilà qu'il me prend avec les sentiments...oh! Et ce regard suppliant et son petit sourire encourageant.... roh, c'est bon, j'abandonne !!! Je pousse un gros soupire.

 

-Bon, allons-y.


Evan m'aide à me relever et m'embrasse tendrement.

 

-Mais dis-moi, comment tes parents peuvent être vieux-jeu avec un fils homo ?

 

Je vois Evan stopper tout mouvement.

 

-Eh bien...je crois qu'ils espèrent encore que ce ne sera qu'une passade...ils me présentent régulièrement des jeunes filles bien sous tout rapport dans l'espoir qu'une d'elle me fasse revenir dans le droit chemin. Et puis je suis leur seul fils, ça ferait mauvais genre de me renier.

 

Je dois avoir changé de couleur car il se reprend assez vite.

 

-Ne t'en fais pas, je noircis sûrement un peu le tableau. C'est juste que je sais bien que je les déçois, ce n'est pas toujours agréable.

-Oooh noonnn, je suis sur qu'ils me détestent déjà !!!

 

-Mais non, ne t'inquiète pas. Evite seulement de ramener ta super réputation de tombeur et de vie de débauche sur le tapis, et ça devrait aller !!!

 

Il me dit ça sur le ton de l'humour, mais je crains quand même énormément cette rencontre. Plus encore maintenant...Jamais l'expression « y aller à reculons » n'a été aussi appropriée à la situation que maintenant. Dans la voiture, je tente de respirer et de retrouver mon clame légendaire ! En toute innocence je glisse dans le lecteur un CD de Benabar et lance la chanson « Le dîner ». Il me regarde bizarrement et je tente de garder un visage exempt de tout reproche. Nous finissons par éclater de rire et la pression retombe. Nous finissons le trajet gaiement la main d'Evan sur ma cuisse, ne s'éloignant que pour passer les vitesses. La bonne nouvelle c'est que la rencontre a lieu dans un restaurant, c'est donc un terrain neutre, je n'aurai pas l'impression d'empiéter leur territoire. La mauvaise c'est que ce n'est pas UN restaurant, c'est LE restaurant, celui ou tout le gratin de la ville et des célébrités de passage se donnent rendez-vous. Jamais je ne suis entré dans ce genre d'endroit et ça ne me manquait pas du tout, je vous assure. Evan m'embrasse une dernière fois avant de rentrer dans le hall, pourquoi ai-je l'impression de recevoir le dernier baiser du condamné ? Nous entrons dans la cage au lion...

 

Le type de l'entrée nous regarde de haut avant de voir que nos noms sont effectivement notés sur la liste. Alors il devient tout mielleux et c'est limite s'il ne se prosterne pas devant nous. J'ai horreur de ce genre de comportement. Un regard suppliant d'Evan m'empêche d'envoyer bouler monsieur j'ai un parapluie dans le cul et d'aller au Mc do du coin manger des trucs bien gras avec les doigts ! Au lieu de ça, je tente un sourire crispé...raté ! Je suis donc Evan qui lui-même suit l'autre face de cul et nous arrivons dans un petit coin isolé du restaurant, en alcôve. Les fauteuils sont assortis aux tables et les couleurs sont les même un peu partout, du rouge et du doré à profusion. Pourtant il n'y a rien d'agressif dans les couleurs, c'est un bel ensemble harmonieux, ça serait parfait si tout n'était pas qu'un étalage de richesse à outrance. J'ai juste le temps de penser qu'une seule de ces tables pourrait sans aucun doute payer quelques mois de loyer de mon chez moi avant de me retrouver face à un couple très distingué, dont on pourrait croire qu'ils sont assis sur quelque chose de très piquant tellement leur bouche est pincée. Je m'apprête à donner un coup de coude discret à Evan pour me foutre allègrement d'eux quand je le vois se pencher vers la dame.

 

-Bonjour maman.

 

Eh merde !! Il sert la main de son père et je vois trois paires d'yeux se tourner vers moi.

 

-Papa, maman, je vous présente Romain. Romain, voici mes parents.

 

Je glisse un coup d'œil discret aux alentours. Avec un peu de chance, je vais trouver une porte de sortie de secours et pouvoir m'y glisser en toute discrétion. Manque de bol, non seulement je n'en vois aucune, mais les trois paires d'yeux semblent attendre une réaction...Je constate avec une sorte de fascination malsaine que je n'arrive pas à décoller mes jambes du sol, mon cerveau sait ce que je dois faire, mais impossible d'exécuter le moindre geste pendant quelques secondes. Enfin, après un effort qui me parait surhumain, mon pied droit se lève, miracle !! Le deuxième suit sans trop de difficulté, la machine est lancée. Je sers la main de son père et sa mère me tend la sienne. Je manque de lui serrer également quand je vois Evan retenir son souffle. Je me souviens alors de certains films qu'Elisa m'obligeait à regarder avec elle dans ces soirs de déprime et je réajuste ma poignée en baise-main improvisé. Je me trouve ridicule ! Je le suis ! Mais vu l'air d'Evan, c'était le truc à faire. Un point pour moi !!! Nous nous installons et le serveur vient nous proposer les menus. J'ai à peine le temps d'ouvrir la carte que le père d'Evan commande quatre menus du chef. Ah bon ? On a pas le droit de choisir ? Bon ben tant pis, je repose mon menu, j'espère au moins que ça va être bon...je jette un coup d'œil à Evan, il semble stressé et me fait un petit sourire crispé. J'ai beau savoir que ce repas est important pour lui, moi, je le sens très mal. Et je n'aime pas du tout la manière dont ses parents me regardent. On dirait qu'ils décryptent chacun de mon mouvement, jaugeant, évaluant...c'est particulièrement désagréable et gênant. Je tente de respirer pour ne pas m'emporter. Je ne cesse de me répéter que je peu bien faire un effort. Que c'est pour Evan, que c'est juste un dîner.....Je savais que j'aurai du aller au Mc do !

 

Le serveur s'entretient avec le père d'Evan et j'en profite pour observer la table. Les couleurs sont les mêmes que pour la salle, les verres sont en cristal et les couverts...sont beaucoup trop nombreux !!! Je regarde paniqué mes couteaux et fourchettes qui s'accumulent les uns à côté des autres...je remercie Elisa mentalement pour m'avoir passé cinq fois le film Titanic qui m'a permit d'apprendre qu'on commence par les couverts les plus éloignés, pour se rapprocher ensuite de l'assiette ! Avec ma brillante culture, je repère un couteau à fromage et je crois que celui-ci c'est pour le poisson...bon, ça m'en fait deux...et les autres ? Ah, tiens, cette drôle de pique, je crois que c'est pour manger des escargots...pitié qu'ils ne me fassent pas manger d'escargot !!!

 

Ma méditation est enfermée au placard par le père d'Evan qui prend la parole.

 

-Alors jeune homme, peut-on savoir ce que vous faites dans la vie ?

 

Je lève la tête brusquement...j'ai l'impression de débuter un interrogatoire.

 

-Je suis en fac de droit !

 

-Ah! Etrange !

 

-Pourquoi étrange ?

 

Je le vois froncer le nez...mauvais signe tout ça, mauvais signe !!!

 

-Eh bien, avouez que vous n'avez pas vraiment...la carrure que l'on pourrait attendre d'un juge...

 

-Papa !

 

Ca y'est, le bras de fer est lancé. Evan a beau faire tout ce qu'il peut pour nous arrêter, nous sommes partis dans une joute verbale que je n'ai pas l'intention de perdre.

 

-Je veux être avocat, pas juge. Je ne savais pas que les hommes de lois devaient avoir des critères physiques reconnaissables !

 

-N'êtes vous pas un peu jeune pour un travail impliquant autant de responsabilités ?

 

-Papa !

 

-A ce qu'il paraît la valeur n'attend point le nombre d'années !

 

Et toc, il ne s'y attendait pas à celle la. J'en ai peut être l'air, j'en joue parfois, mais je ne suis pas stupide pour autant !

 

-Romain, s'il te plait !


Je me tais un moment et tente de reprendre une respiration normale. Le père d'Evan semble faire de même, il relance pourtant la conversation.

 

-Serait-ce trop vous demander que de savoir ce que font vos parents ?

 

-Mon père est directeur associé dans une firme d'import-export qui commence à prendre de l'ampleur. Ma mère est en congé maternité.


-Maternité ? A leur âge ?...

 

-Oui et alors ?

 

J'ai haussé le ton. Qu'il ne s'avise pas de m'attaquer sur ce terrain là ! Le silence se fait peu à peu dans le restaurant. Un serveur qui s'approchait de la table avec son carnet de commande bifurque brutalement comme s'il devait s'occuper d'autres personnes.

 

-Alors rien ! Papa, je t'avais dit que c'était comme ça que j'avais rencontré Romain. Et ses parents sont des gens très bien.

 

Je vois le père d'Evan se pincer les lèvres pour ne pas rétorquer. Je ne peux pas m'empêcher de le fusiller du regard. Il peut s'amuser à m'insulter si ça lui chante, mais qu'il ne s'avise pas de toucher à ma famille !!! Pour la première fois de la soirée la mère d'Evan prend la parole :

 

-Calmez-vous s'il vous plait. On est là pour passer une agréable soirée, n'est-ce pas ? Alors, Romain, êtes vous déjà venu au Cristal ?

 

-C'est évident que non, Edna, voyons. C'est parfaitement visible que ce jeune homme n'est pas du même monde ! Il suffit de voir sa tenue et cette...chose sur sa langue !

 

-Cette chose s'appelle un piercing. Votre fils l'aime beaucoup !

 

Ca marche, il est déstabilisé. La mère d'Evan est écrevisse et je crois qu'Evan n'en est pas loin non plus.

 

Les serveurs autour de nous sont de plus en plus agités au fur et à mesure que la conversation devient dispute. Ils tentent de continuer leur travail l'air de rien, mais tout le monde a les yeux tournés vers notre table. Table qu'ils évitent d'ailleurs au maximum quitte à faire de grands détours pour ne pas avoir à passer près de nous.

 

Je sais que c'est le plus intelligent qui cède...je n'ai jamais prétendu être intelligent. Je ne me laisse pas faire. Je n'ai plus le père d'Evan en face de moi, j'ai un ennemi, un concurrent verbal de taille. Il a l'expérience, j'ai la jeunesse. Il a la sûreté, j'ai l'arrogance !


Evan a plongé la tête dans ses mains et sa mère regarde les alentours espérant vainement que nos éclats de voix ne s'entendent pas des tables voisines. Les choses s'enveniment.


-Mon fils mérite quelqu'un de son rang, pas un jeune délinquant de votre espèce !

 

-Vous connaissez beaucoup de délinquants qui finissent en droit ? C'est pas parce que ma tête ne vous revient pas que vous pouvez vous permettre de dire n'importe quoi. Vous êtes qui pour me juger ?

 

-Ca suffit tous les deux, arrêtez !

 

Evan est rouge de colère. Il n'y a plus un bruit dans le restaurant, tout le monde a les yeux tournés vers nous ! La mère d'Evan est aussi rouge que son fils, mais de honte, elle. Le père d'Evan prend une grande respiration et baisse la voix pour me demander d'une manière très mielleuse :

 

-Avec tous les dépravés qui courent les rues, puis-je au moins savoir ce qui vous a poussé à choisir mon fils ?

 

Je vois bien le regard d'Evan qui me supplie de ne pas répondre à la provocation, mais ça n'a plus aucune importance. Je suis hors de moi ! Je ne lui montrerai pas, ça lui ferait tout plaisir. Alors à mon tour, sur le ton de la confidence et avec un grand sourire, je lui dis :

 

-Il baise comme un dieu !

 

Jeu, set et match. Le père d'Evan s'étouffe tandis que sa mère tente de se planquer sous la table. Je vois un homme s'approcher de la table. Il est moche et gros, à son tour il me regarde de haut. Mais pour qui se prennent tous ces types ? Il prend un air pincé.

 

-Messieurs dame, je vous prie de cesser immédiatement ce tapage ou je me verrai dans l'obligation de vous demander de sortir.

 

-Paniquez pas, j'avais pas l'intention de rester de toutes façons ! Désolé Evan, mais je savais bien que c'était une mauvaise idée.

 

Je me lève et rapidement je suis dehors. Je desserre cette foutue cravate qui me donne l'impression d'étouffer et enlève ma veste et les premiers boutons de ma chemise. J'ai gagné. Pas étonnant, la tchatche, ça a toujours été mon truc. Alors pourquoi j'ai un goût amer dans la bouche ?

 

Je me mets à marcher doucement, j'ai une longue route pour rentrer chez moi.

 

-ROMAIN !

 

Je me retourne en sachant très bien que c'est Evan, mais ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est son regard déçu, blessé, blessant.

 

-Je te ramène.

 

Ce n'est pas une question, pas une proposition, juste un fait. Peut être que pour une fois dans ma vie, j'aurai pu faire l'effort de fermer ma gueule !

 

Le voyage se fait dans un silence pesant. Evan est fâché, et je suis trop fier pour faire le premier pas. Nous arrivons devant chez moi, ça m'ennui mais je sors sans un mot. Je me dirige vers le portail quand je suis saisi par le bras et plaqué contre le mur. Je ne l'ai même pas entendu sortir de la voiture.
Evan a le visage dur et fermé, la mâchoire crispée.


-Tu aurais pu...

 

Il s'arrête et se tient l'arrête du nez entre deux doigts.

 

-Je t'avais demandé de faire un petit effort. C'était trop te demander apparemment !

 

La colère qui m'avait peu à peu quitté le long de la route revient au triple galop !

 

-Tu te fous de moi ? C'est lui qui a commencé !

 

-Oh Romain mais tu t'écoutes parler ? Je disais ça quand j'avais cinq ans !

 

-C'est la vérité. J'avais à peine posé mon cul sur la chaise qui me cherchait déjà. T'as pas vu comme il me regardait ?

 

-C'est sur qu'en t'entendant parler comme ça, il allait forcement t'adorer !!!

 

-Arrête de vouloir tout me mettre sur le dos pour la seule raison que tu n'as pas les couilles de t'opposer à tes parents ! Je n'avais même pas ouvert encore la bouche quand ton père a commencé à m'attaquer. Et il a insulté mes parents !!!

 

-Ne sois pas ridicule, ça n'avait rien de méchant, c'était une sorte de test ! Je suis son fils, c'est normal qu'il veuille savoir avec qui je sors !

 

-Son fils ! Il te méprise pour ce que tu es. Tu l'as entendu parlé des PDs ? Il m'a traité de dépravé et de délinquant parce que je couche avec des mecs !!! Réveil toi, Evan, ton père ne se comportera convenablement à un dîner que lorsque tu lui ramèneras une jolie jeune fille propre sur elle et de bonne famille. Je ne suis ni l'un ni l'autre !

 

-C'est faux ! Si tu avais fait ne serait-ce qu'un petit effort, ce dîner aurait pu très bien se passer !

 

Sans vraiment comprendre pourquoi, je sens mes larmes s'accumuler aux coins de mes yeux. J'ai l'impression que quand il s'agit de ses parents, Evan perd tout sens des réalités et du contrôle. Il veut tellement leur plaire que je ne suis même pas sur qu'il soit conscient que je n'ai fait que me défendre.

 

Je secoue la tête doucement et lui dis en lui caressant la joue :

 

-La vérité Evan, c'est que même avec tous les efforts du monde, ton père m'aurait détesté. Un jour ou l'autre tu devras faire un choix entre la vie qu'il veut te voir mener et celle que tu as choisie. Si tu n'es pas prêt à comprendre ça, alors je crois qu'on perd notre temps ensemble.


Je repousse ses bras qui me tenaient au mur et je rentre chez moi. Cette fois il en me retient pas et je crois bien que c'est ça le plus douloureux !


 

 

 


Bonjour les gens, ou bonsoir...bonne nuit..
Eh ben je vous jure que ce chapitre n'a pas été de la tarte, j'ai eu trop de mal à le faire. J'ai même pensé abandonner pour y revenir plus tard !!! Mais il est bien là, enfin me direz vous !!!
Oui je sais, j'ai du retard, j'ai eu quelques trucs à faire...J'espère que ce chapitre va vous plaire. Et rappelez-vous qu'on ne tape pas l'auteur !!!
Un grand merci à
Perri pour ses conseils et ses coups de pied au cul qui font mal mais qui boostent !!!
Bisous

 

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008
Quand je me réveille à nouveau, je suis seul dans le lit, recouvert d'un drap. Le temps d'émerger, je me rappelle où je suis. Soudain je bondis hors du lit et me dirige vers la porte de la chambre....Merde, je suis à poil. Je cherche mes vêtements du regard...je ne trouve que mon jean et mon haut...mais où est passé mon boxer ??? Tant pis pour le boxer, j'enfile mon pantalon et le tee-shirt. Je me précipite dans le salon sous les yeux plutôt ébahis d'Evan qui buvait jusque là tranquillement son café.

-Bonjour.

 

-Ouais, salut !!!

 

Je ne m'arrête pas et me précipite sur mon sac, pour trouver mon portable. Quatorze appels en absence...je vais me faire tuer. J'appelle chez moi. Evan me regarde complètement abasourdi et légèrement goguenard.

 

-Allo ?

 

-Mounette, c'est moi !!!

 

Le cri qu'elle pousse m'oblige à éloigner le combiné de mon oreille !!! Je savais que j'allais en prendre plein la tronche !!! Faut dire, partir de chez moi après m'être disputé avec mon père et ne pas donner de nouvelle de la nuit...fallait s'y attendre !!! Elle s'époumone me maudissant sur plusieurs générations, me dit que même Elisa ne savait pas où j'étais, que je ne suis qu'un fils indigne et qu'il fallait que j'attende un peu ce que mon père allait dire quand il l'apprendrait !!! Après quelques minutes de vilipendage intensif envers ma pauvre personne, j'arrive enfin à la calmer et à raccrocher.

 

Je me tourne vers Evan, qui tient un bout de brioche dans la main, l'autre bout flottant dans son café sans doute depuis un petit moment, trop occupé à me regarder pour s'en rendre compte !!!

 

-Eh ben, ça aurait pu être pire...je m'en sors pas trop mal je trouve !!!

 

La, je crois bien que je viens de lui donner le coup de grâce. Sa bouche est légèrement ouverte et finalement il éclate de rire.

 

-Tu es vraiment grave Romain !... J'ai le droit à un bonjour digne de ce nom, maintenant ?

 

Je rougis me rendant compte que je l'ai légèrement oublié dans ma précipitation. Je dépose mon portable et me dirige vers lui. Je m'installe sur ses genoux et commence à l'embrasser.

 

-YERK !!! T'as le goût du café...

 

-Et tu n'aimes pas ?

 

-Non, c'est un truc de vieux.

 

-Gamin, va !!!

 

Je décide de passe outre le café et replonge vers sa bouche. Finalement le café, quand c'est sur ses lèvres, ça passe....Ne dites surtout pas à Elisa que j'ai pensé ça.

 

Finalement Evan recule un peu sa tête.

 

-Il faut que j'aille bosser. Tu fermeras derrière toi ?

 

-Et tes clés, j'en fais quoi ?

 

-Eh bien tu n'auras cas passer à l'hôpital me les déposer. Tu vas venir voir ta sœur, non ?

 

A ces mots, la réalité me rattrape brutalement. Je revis ma journée d'hier à une vitesse impressionnante. Ma petite haricote est malade....et la seule chose que j'ai pensé à faire c'est m'envoyer en l'air. Heureusement que je n'ai pas pu...enfin pas avec quelqu'un d'autre que lui.
Evan semble remarquer mon trouble car ses bras se resserrent autour de moi.

 

-Eh ! Ca va aller !

 

-Je suis un monstre...j'ai ma famille qui part en morceau et moi, je suis là, avec toi...et j'arrive à être heureux....je ne suis pas normal.

 

-C'est humain de chercher à être heureux quand tout va mal. Même si ça n'est qu'une petite parcelle de bonheur !

 

Je rigole doucement.

 

-Tu as bien appris tes cours, on dirait.

 

Il m'embrasse doucement et nous restons quelques minutes front contre front, dans un silence réconfortant.

 

-Ce n'est pas le moment de te laisser aller Romain. C'est maintenant qu'ils vont avoir besoin de toi. Tu vas devoir veiller sur eux.

 

-Et je suppose que tu te proposes d'être là pour veiller sur moi ?


 

Je n'ai pas pu empêcher le cynisme dans ma voix.

 

 

-Oui. Si tu veux bien de moi.

 

Je caresse sa joue tendrement. Alors ça y'est, tout se joue maintenant ? Soit je m'éloigne et je le perds, soit je l'accepte à temps plein...pas de vacances ni de jours de congés... Une stabilité que je n'ai jamais recherché et qui s'impose à moi presque naturellement. Je sens la peur m'envahir doucement, s'infiltrant dans chacune de mes veines. Suis-je vraiment prêt à tenter de me stabiliser ? Moi qui étais tellement sûr que la fidélité n'était pas pour moi... Au moment ou je m'apprête à le repousser et à sauvegarder ma liberté, je croise ses yeux et j'y plonge un instant. Je revois ces derniers mois passés. Les rares moments partagés et pourtant si forts. Je repense à Elisa et ses gentilles moqueries pleines de vérité. Je pense à cette nuit et à ce matin. Et je pense à ce qu'il vient de me dire. Il me laisse le choix tout en paraissant résigné à recevoir une réponse négative de ma part. et paradoxalement c'est le fait qu'il me propose clairement de le laisser tomber qui me fait prendre une décision.

 

-D'accord.

 

Ses yeux s'arrondissent de stupeur.

 

-C'est vrai ?

 

-Oui. J'aimerai bien essayer...

 

Je le vois me sourire tout en déglutissant. Sa main se pose sur ma nuque et me rapproche de lui jusqu'à ce que nos lèvres se trouvent. Le baiser se prolonge et je sens ses mains glisser doucement sous mon tee-shirt.

 

-Tu vas être en retard.

 

-Oui, tu as raison.

 

Je l'embrasse chastement avant de me lever, lui permettant de finir son petit déjeuner qui doit être froid d'ailleurs. Son bout de brioche de tout à l'heure fait toujours trempette dans son café...je pense qu'on peut le considérer comme mort noyé....

 

-Je finis tôt, tu voudras que je t'emmène voir ta sœur ?

 

-Euh, oui, pourquoi pas. Je vais y aller, moi. Je crois que j'ai suffisamment inquiété mes parents pour aujourd'hui.

 

-Très bien. Je passe te prendre en sortant alors ?

 

-Oui. A tout à l'heure.

 

Je l'embrasse à nouveau et j'ai du mal à me détacher de lui. Je finis cependant par partir et me retrouve en bas de son immeuble. Je m'adosse un instant au mur et souffle un grand coup. Je suis officiellement en couple. Je sens un sourire niais fleurir sur mon visage. Oh, mon dieu...je suis officiellement en couple !!! Je décroche mon portable.

 

-Salut chéri !!!

 

-Elisa, faut que j'te parle !!!

 

-Ben qu'est-ce qui se passe ?

 

-J'ai dit oui...j'ai accepté de sortir avec lui...

 

-Ben c'est génial ça choupinet !!!

 

-Non mais tu comprends pas...j'ai accepté officiellement...

 

-Depuis le temps que tu lui tournes autour tu devais bien le voir venir, non ? T'es où là ?

 

-Je viens de sortir de chez lui.

 

-Bon, ben où est le problème ?

 

-Elisa, j'ai même plus de sous vêtement !!!

 


Après m'avoir écouté, réconforté, encouragé, Elisa a fini par m'envoyer bouler et je décide d'enfin rentrer chez moi. Je m'attendais à une deuxième crise pour mon absence au lieu de cela, mes parents m'invitent à m'asseoir. La dernière fois qu'ils ont agi comme ça, ils m'ont annoncé la grossesse de ma mère...seulement les mines étaient nettement plus réjouies qu'aujourd'hui. Je m'installe le plus confortablement possible compte tenu de l'état légèrement douloureux de mon arrière train. Il ne m'a pas raté ce con, j'vais plus pouvoir m'asseoir pendant un moment !
Mais le temps n'est pas à la plaisanterie. Les visages graves de mes parents me sortent de mes pensées.

 

-Bon allez-y, dites moi...de toutes façons qu'est-ce qui pourrait être pire que ce qu'on vit déjà, hein ?

 

Ma mère baisse les yeux et je sais qu'elle ne va pas tarder à pleurer. Mon père prend la parole.

 

-Romain...ta mère et moi, avons décidé...de nous séparer pendant quelques temps...

 

Un lourd silence s'abat sur le salon, seulement entrecoupé par les sanglots de ma mère.

 

-Pourquoi ?

 

-Parce que nous...pour le moment nous n'arrivons qu'à nous faire du mal.


-Mais, et Morgane ? Et moi ?

 

-Romain tu es grand maintenant. Tu peux comprendre que nous avons besoin de prendre un peu de recul ! Quant à Morgane, elle sera bientôt ici. Et nous serons présents tous les deux pour elle. Simplement nous ne vivrons plus sous le même toit...

 

Je me contente de hocher la tête. A quoi bon hurler ? A quoi bon argumenter ? leur décision est prise et semble irrévocable...après tout, qui suis-je pour leur dire que ce n'est pas une bonne idée. S'ils en ont besoin, je suppose que je ne peu rien faire contre...

 

-Qui reste ici ?

 

-Ta mère. Je vais prendre un petit studio pas très loin d'ici.

 

-Ok....Je vais dans ma chambre.

 


Nous allongés sur mon lit, Elisa me tient la main. Elle m'a rejoint dans l'après midi.

 

-Alors ils vont se séparer ?

 

-Ouais.

 

-Vraiment ?

 

-Faut croire.

 

-...Comment tu vas ?

 

-Ca va, je crois. Je suppose que c'est la meilleure solution. C'était plus vivable.

 

Elisa se redresse sur un coude. Et me caresse les cheveux.

 

-Mon petit Rom' devient un homme !

 

-Dis pas de connerie ma belle, c'est pas le moment.

 

-Je suis sérieuse chéri. Y'a quelques temps t'aurais beuglé comme un âne en maudissant toute personne à moins de cinquante mètre. Et regarde toi aujourd'hui. Tu analyse, tu réfléchis...tu n'as pas haussé la voix une seule fois. Tu grandis...

 

Je pousse un profond soupir.

 

-Ouais, ben grandir, c'est pas drôle...

 

Elisa éclate de rire et je me laisse aller à sa bonne humeur. Après tout, ce n'est pas la fin du monde. Ce n'est pas le premier couple qui se sépare lors d'un coup dur...

 

-Bon et sinon, tes exams ? Ca donne quoi ?

 

-Je crois que ça s'est plutôt bien passé...et je suis bien content d'être enfin en vacances !!!

 

-Tu m'étonnes !


-Et toi ?

 

-Ca devrait aller aussi...on verra bien aux résultats !

 

-Ouais t'as raison, il est temps de profiter de notre liberté !!!

 

Quelques heures passent. Mes parents sont à l'hôpital. C'est là qu'ils passent la plus grande partie de leur temps. Finalement ils vont être tout le temps ensemble, sauf la nuit...

 

Aux environs de seize heures, la sonnerie de mon portable retentit dans la chambre.

 

-Mouais ?!!

 

-Romain, c'est Evan !

 

-Salut toi !!!

 

-Salut ! Es-tu prêt ?

 

Je jette un coup d'œil dans la glace, je suis torse nu, j'ai qu'un chaussette, les cheveux en pétard et la trace d'oreiller sur la joue. Et surtout, je n'ai toujours pas de boxer depuis ce matin !

 

-Euh...Oui, oui.

 

-Ok, j'arrive dans dix minutes.

 

Je raccroche et me tourne vers Elisa qui a un grand sourire au lèvre.

 

-Ne commence pas !

 

-Mais j'ai rien dit !

 

-Non mais tu l'as pensé très fort.

 

-Oh, allez, je peux bien me moquer un peu de toi, c'est pas tous les jours que je vois ça quand même !!!

 

-Bon, Elisa, si je te dis que je l'aime à la folie, tu me foutras la paix ?

 

Elle me regarde les yeux pétillants à moitié en sautillant.

 

-Oui, oui, promis !!!

 

-Et ben....tu rêves ma grande, j'te dirai jamais un truc pareil !!!


-Oooohhhh, Rom', chéri, s'il te plait....ça serait trop mignoonnn !!!

 

-Justement, dire un truc comme ça devant toi, ça serait signer pour un contrat de babillements et d'exclamations intempestifs pour les dix prochaines années. Alors crois bien que je me risquerai pas à le faire !!!

 

-T'es mauvaise langue, je suis pas comme ça !

 

-Non t'as raison, ça aurait juste été « sssiiiiii miggnoonnnnnnn » !!!

 

Elle se met à bouder. Je m'approche d'elle et l'embrasse doucement sur les lèvres.

 

-Allez, ma belle, fait pas la tronche. Tu sais bien que t'es la femme de ma vie !!!

 

-Tu dis ça, mais maintenant que t'as ta frangine...

 

-C'est vrai que t'as de la concurrence...mais c'est pas plus mal, ça t'obligera à te surpasser...Faut bien que tu me mérites un peu !!!

 

J'esquive un coussin et me jette sur elle, la renversant sur le lit. Nous bataillons un moment et comme toujours, je finis par me retrouver sous elle !


-Alors, qui est-ce qui porte la culotte ?

 

-Ni l'un ni l'autre ma belle, je te signale que tu as un string rouge et que moi je ne porte rien. Mais si ça te fait plaisir, c'est toi l'homme de la maison !!!

 

-Tu portes rien. ?? Mais t'es un gros dégueulasse !!!

 

J'éclate de rire devant sa moue dégoûtée.

 

-C'est pas de ma faute, mon boxer est partit en expédition chez Evan et j'ai perdu sa trace vers trois heures du matin...mais t'en fais pas pour lui, il est débrouillard, il s'en sortira !!!

 

Elisa me regarde avec un air de dire....ben je sais pas trop ce qu'il veut dire, mais il ne me plait pas du tout.

 

-T'aurais pas oublié de me raconter un truc mon lapin en sucre ?

 

-Hein ?

 

-Si tu as perdu ton boxer...ça veut dire qu'il y a eu enlevage du dit boxer....et qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ???

 

Je pique un fard monumental. Je me suis fait piégé comme un débutant !

 

-OOUUUHHHAAAAA, alors ça y'est, vous avez conclu ???

 

-Bon je veux pas te mettre dehors, mais je dois me préparer, il va pas tarder.

 

-Oh non, mon grand, tu vas pas t'en sortir comme ça. Je veux tout savoir. L'heure, le lieu, la position, le dominant, le temps que ça a duré, si c'était bien...

 

La sonnette l'interrompt. Je ne peux m'empêcher de sourire.

 

-Oh, quel dommage, je ne peux pas te raconter !!!

 

-Rom' je te préviens, si tu ne me raconte pas tout, je lui demande à lui !

 

Je me retourne brutalement vers elle.

 

-T'oserais pas !

 

-Tu veux parier.

 

Je suis coincé. Je sais qu'elle en est parfaitement capable ! Elle a un sourire de vainqueur scotché aux lèvres. Elle m'énerve, mais elle m'énerve !

 

-Bon écoute, je te promets de tout te raconter d'accord, mais là, j'ai pas le temps. Tu sauras tout.

 

-Même les détails ?...

 

Je soupir.

 

-Même les détails...

 

-Promis ?

 

-Promis. Maintenant, si tu veux bien je vais aller accueillir mon pet...enfin Evan !

 

-T'allais dire petit ami !!!

 

Je me dirige vers la porte en me bouchant les oreilles.

 

-Je ne t'écoute même pas, tu sais pas ce que tu dis !!!

 

J'ouvre la porte et retrouve Evan tandis qu'Elisa est toujours en train de gueuler je ne sais quoi là-haut. Quant à Evan-j'ai-un-corps-de-rêve, il a les traits tirés.

 

-Journée difficile ?

 

-Plutôt oui ! Mais t'es pas prêt ?

 

-Euh..si !!

 

-T'es à moitié à poil.

 

-Tu deviens grossier quand t'es fatigué !

 

-Tu parles comme ça tout le temps, je m'adapte.

 

Je lui tire la langue.

 

-Et puis si mes renseignements sont exacts, ça n'est pas toujours un soucis de le voir nu !!!

 

Je ferme les yeux de désespoir.


-Oh, nan !!! Bon, je suppose que la rencontre était inévitable...Evan, je te présente Elisa la femme qui fait de ma vie un enfer. Elisa, je te présente Evan, l'homme qui a fait de ma nuit un...

 

La main d'Evan se plaque sur ma bouche, m'empêchant de finir ma phrase.

 

-Je suis sûr qu'elle a comprit l'idée, Romain.

 

Elisa se jette à moitié au cou d'Evan et l'embrasse.

 

Il semble complètement abasourdi le pauvre.

 

-Ne t'inquiète pas, elle est un peu bizarre mais tu t'y feras...j'aurai du te prévenir, le choc aurait été moins rude...

 

Elise me met une claque derrière la tête.

 

-Va plutôt t'habiller, je m'occuper de super-mâle (*)!

 

Evan se laisse emporter dans le salon e me lance :

 

-Tu en as pour longtemps ?

 

-A peine cinq minutes ! Elisa, t'es gentille, tu ne me le traumatises pas !

 

Je grimpe dans ma chambre, me préparer.

 

Une demi heure plus tard, je redescend.

 

Elisa est juchée sur les genoux d'Evan qui semble être collé contre le canapé...à moitié tétanisé.

 

-Tu peux la virer si elle te gène, sinon elle va s'installer !


 

Evan se lève d'un bond et Elisa se retrouve les quatre fers en l'air sur le tapis du salon !
J'éclate de rire tandis qu'Evan s'excuse platement en l'aidant à se relever. Plus de peur que de mal. Elisa fini par rire avec moi et Evan aussi.

 

Une fois dans la voiture Evan me dit :

 

-Elle est....bizarre ta copine...

 

J'éclate de rire ! Il continue.

 

-Vous vous êtes bien trouvés tout les deux.

 

La, c'est tout de suite beaucoup moins drôle...


Nous arrivons à l'hôpital et je sens la nervosité monter en moi. Ce n'est pas la première fois que je vois ma p'tite haricote depuis sa naissance, mais c'est la première fois depuis l'annonce de sa maladie....sa maladie...j'ai encore du mal à m'y faire. Comment un petit bout comme elle peut être atteinte d'une telle ignominie ?
Je sens la main d'Evan sur mon poignet.

 

-Ca va aller ?

 

-Oui...oui, c'est juste que...Tu crois que je vais la voir différemment ? Je veux dire...on ne dirait vraiment pas qu'elle est malade, elle est tellement belle, je....je comprends pas...

 

-Je sais que c'est pas évident, Romain. Je ne sais pas quoi te dire...tu verras bien, je suis sure que tu la trouveras toujours aussi belle. Et si ça se trouve la maladie ne se développera que très peu. Il y a des cas ou...

 

-Evan, s'il te plait. Je ne suis pas un de tes patients que tu dois consoler. Dis moi la vérité. Qu'est-ce que c'est que cette maladie exactement ?

 

Evan pousse un petit soupir résigné et sa main monte caresser ma joue.

 

-La monosomie, c'est quand il manque un chromosome. Au lieu d'avoir 46 chromosomes, la personne n'en a que 45. La plupart du temps, les monosomies sont létales et ta mère aurait du faire une fausse couche plus ou moins rapidement ou bien avoir un bébé mort né, c'est ce qu'il arrive le plus fréquemment. Mais il arrive que les fœtus se développent et arrivent à terme. (**)


-Et après ?

 

-Après quoi ?

 

-Après...Qu'est-ce qu'elle va devenir ?


-En théorie...elle devrait avoir des retards de croissance et sans doute aussi des retards au niveau psychomoteur, et mental....(**)


-Mais est-ce qu'elle va....vivre ? Je veux dire, y'a plus de risque maintenant qu'elle est née, hein ?

 

Evan baisse les yeux et une sourde douleur prend place dans ma poitrine.

 

-Ecoute Romain, je ne crois pas que ce soit à moi de te dire ça, le médecin de ta sœur est bien plus apte à répondre à tes questions, je ne suis qu'infirmier, et...

 

Je pose une main sur sa bouche pour l'empêcher de continuer.

 

-Dis moi ce que tu sais....j'ai besoin de savoir !

 

-...

 

-S'il te plait...

 

-Je...crains que son espérance de vie ne soit pas très élevée. Mais tout ça, c'est très théorique, je te l'ai dit, je ne suis pas médecin...et chaque cas est différent. C'est une maladie rare et peu d'études sont faites dessus. On ne peut pas prédire à l'avance ce qui va se passer. Si ça se trouve, elle peut très bien évoluer... simplement elle sera un peu en retard par rapport aux autres ! (**)


-Combien de temps ?

 

-Je ne sais pas Romain. Quelques années...peut être plus...Peut être a-t-elle une longue vie qui l'attend. Je ne peux pas te dire, je n'en sais rien.

 

Je hoche doucement la tête et quelques larmes font leur apparition aux coins de mes yeux. Evan passe sa main derrière ma tête et m'attire contre son épaule. Nous restons un petit moment l'un contre l'autre. Puis je me décide à reprendre mes esprits. J'essuie mes larmes et pose un léger baiser sur les lèvres d'Evan.

 

-Merci.

 

Il me fait un petit sourire triste. Puis nous quittons l'habitacle de la voiture et nous nous dirigeons main dans la main vers l'entrée du service. Arrivé devant la porte, Evan me lâche la main. Je le regarde étonné.

 

-Je suis désolé, mais c'est mon lieu de travail.

 

-Et ils ne savent pas que t'es homo ?

 

-Si, ils le savent, mais ce n'est pas pour ça que je veux m'afficher. Surtout que tu es le fils d'une patient et que ta sœur est toujours dans les locaux...je ne crois pas que ça serait très bien vu.

 

-Oh, ok.


Il m'emmène vers la nurserie et je la vois.


-Tu vois elle est magnifique ta sœur !

 

J'acquiesce.

 

-Evidemment...c'est de famille !

 

Evan me sourit et ma caresse doucement le dos de la main. Je vois bien qu'il se retient de ne pas se rapprocher trop de moi, de ne pas avoir de gestes équivoques. Et cette manifestation de frustration m'apporte une grande satisfaction. Savoir que je lui manque alors que je suis à deux pas de lui me donne l'impression d'avoir un grand pouvoir, d'être VIP parmi les simples mortels. C'est grisant ! J'arrive à trouver une puéricultrice et elle m'aide à m'installer dans une petite salle pour que je puisse prendre ma frangine dans les bras. Evan s'installe à côté de moi et une fois la puéricultrice partie, il passe son bras autour de mes épaules. Je me surprends à nous trouver touchants comme ça...on croirait presque un tableau de famille ! Cette idée me fait sourire tandis que Morgane somnole dans mes bras. Au bout d'un moment Evan se lève et prend une photo de ma p'tite haricote et moi avec son portable. Puis il revient prendre sa place à mes côtés.
Soudain, la porte s'ouvre et la puéricultrice fait entrer mes parents. Evan se lève d'un bond et s'éloigne de quelques pas.

 

Un gros silence se fait dans la pièce. Finalement ma mère prend a parole et s'adresse à Evan.

 

-Alors c'est vous ?

 

-Pardon ?

 

-Monsieur Lombot, c'est bien cela ? Vous étiez dans l'équipe qui nous a suivi pendant la grossesse, c'est bien cela ?

 

-Oui madame, c'est moi.

 

-Et c'est vous qui me volez mon fils ?


Je vois Evan pâlir dangereusement. Dans ma grande bonté, je décide de voler à son secours.

 

-Mounette, arrête, tu vois bien qu'il y croit !!!

 

Quelques secondes plus tard, ma mère n'arrive plus à se retenir et éclate de rire, bientôt suivi par mon père, puis moi. Seul Evan reste immobile au milieu de la pièce, semblant se demander ce qu'il se passe. Ca me fait du bien de voir mes parents rire librement et ensemble. J'ai l'impression que rien n'a changé ! Je me lève et tend p'tite haricote à ma mère, puis me dirige vers Evan.

 

-T'inquiète pas, ils sont barges...je crois que je suis la personne la plus sensée de cette famille, c'est pour te dire le niveau !!!

 

Finalement Evan se laisse emporter dans la joie ambiante et après une poignée de main de la part de mon père et une bise de la part de ma mère, il semble se détendre un peu.


-Tu sais, Evan, c'est un grand honneur pour nous de te rencontrer. C'est la première fois que Romain se décide à nous présenter son petit ami !

 

Evan me regarde et je rougis légèrement.

 

-Papa, arrête, c'est bon la...

 

-Et si en plus il rougit...ajoute ma mère.

 

-Vous êtes en train de me foutre la honte, la. C'est pas cool de votre part. Et puis comment vous avez su que j'avais quelqu'un ?

 

-Ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire des grimace Romain. Ta mère et moi avons bien vu que tu étais plus souvent absent, et sans Elisa...ce qui est extrêmement rare. Il y avait donc deux solutions. Soit tu t'étais engagé dans un camp terroriste pour suivre une idéologie qui n'est pas la tienne, soit tu avais une meilleure compagnie que celle de tes vieux parents et de ta meilleure amie !

 

La fin d'après midi se déroule lentement mais très agréablement. P'tite haricote fait le tour des bras et Elisa nous rejoins même pendant un petit moment. Evan était bien plus gêné d'avoir fait partit des explorateurs de foufoune de ma mère qu'elle ne l'était elle même ! Je suis surpris et heureux de l'accueil que mes parents ont réservé à Evan. Je ne pensais pas avoir à faire les présentations si tôt, mais je ne regrette rien. Après tout, si j'ai décidé de m'engager sur un terme plus ou moins long, il faut bien marquer le coup ! Cet après-midi a eu l'effet d'un grand bol d'oxygène pour chacun d'entre nous. Et même si mes parents vont quand même se séparer, nos rapports n'ont jamais été aussi détendus et agréables depuis de longs mois.
Je me suis surpris plus d'une fois à apprécier les petits gestes d'Evan à mon égard...il va falloir que je fasse gaffe à ne pas tomber dans une pathétique mièvrerie !! D'ailleurs j'ai l'impression que depuis que j'ai confirmé à Evan que j'étais décidé à tenter quelque chose de...disons de sérieux, avec lui, ces petits gestes se font de plus en plus nombreux et son comportement se relâche un peu, il semble moins tendu, plus joyeux.
Et malgré toutes ses prétendues précautions sur son lieu de travail, lorsque nous sommes repartis, Evan avait passé son bras sur mes épaules ! Peut être parce que nous venions de passer un très bon moment et que rien n'aurait pu gâcher ça, ou peut être pour me donner du courage pour affronter la pire soirée de ma vie : le dîner avec ses parents !


 

 

 

(*) Petite référence au film de Disney « Hercule »...lol, j'adore cette expression

(**) les données concernant la monosomie ne sont pas complètement exactes. Je me suis inspirée de la vérité, mais j'ai un peu remanié à ma sauce. Donc ne vous étonnez pas si vous trouvez des données différentes dans des sites/revues/émissions spécialisées. Et c'est valable pour tout l'histoire (grossesse, dépistage de la maladie, naissance, évolution, etc...)


Bonjour, bonjour !!!
Je tiens à m'excuser pour mon retard, ça fait un petit moment que je n'ai pas posté. J'avais pas mal de boulot et j'ai aussi eu quelques soucis de blocage à certains passages du chapitre. A l'origine je devais faire le repas avec les parents d'Evan dans ce chapitre, mais les choses se sont passées différemment, donc ça sera pour le prochain.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
J'ai commencé (je dis bien commencé, hein) le chapitre 22 de cœur figé...Eh, oui, ENFIN...je crois que je me suis faite à l'idée de me séparer de mes persos ! Et puis à force d'attendre, ça risque de perdre son sens...donc voilà, je ne sais pas quand ça se finira, mais c'est commencé...
Bisous à vous !!!!

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Samedi 17 mai 2008
-Elisa, tu arrêtes de te marrer tout de suite...je trouve pas ça drôle du tout !!!

Ma meilleure amie est pliée en deux sur mon lit et les larmes coulent abondamment le long de ses joues tellement elle rigole...c'est le genre de rire communicatif, même quand tu ne sais pas pourquoi la personne rigole. Sauf que moi, je SAIS pourquoi elle rigole et que en l'occurrence, elle se fout de MA gueule, et je n'apprécie pas DU TOUT !!!
Elle tente vainement de se contrôler et entre deux éclats de rire me dit :

 

-S'cuse moi chéri....mais...c'est trop drôle !!! J'y crois pas...TOI !!!! Toi, tu as accepté ça !!! Si on m'avait dit ça y'a deux jours, j'y aurai jamais cru. Et tu prétends que t'es pas accro ??? Laisse moi rire !!!

 

Et elle repart dans son fou rire solitaire...Mais elle m'énerve !!!

 

-Ca va, c'est qu'un dîner, c'est pas non plus le mariage !!!

 

-Mais enfin Rom', il te présente ses parents !!! Pas ses potes, pas sa frangine, SES PARENTS !!! Est-ce que tu réalises un peu ??? Et tu as accepté !!!


-Je sais...j'ai pas réfléchi !!! Morgane venait de naître, je savais pas ou j'en étais...il était là...c'est sortit tout seul !!!

 

Elisa me regarde les yeux pétillants.

 

-Justement chéri, c'est là que ça coince...il y a encore quelques temps, c'est toi qui serait sortit, pas ces paroles ! Avant même qu'il finisse sa phrase tu aurais été à l'autre bout de la ville !!! Je suis si heureuse pour vous deux !!!

 

-Elisa, tu me gonfles !!!

 

Quelques heures plus tard Elisa-la-traîtresse est rentrée chez elle, et j'attend le retour de mes parents avec petite haricote. Les derniers résultats d'examen doivent arriver aujourd'hui et donc, mes parents rentrent tout à l'heure. Enfin, nous sommes à quatre. Je sens une immense fierté m'envahir quand je pense à ce petit bout de chose qui n'est avec nous que depuis quelques jours !!! J'essai de ne pas penser à demain soir et à ce putain de rendez-vous qui me tord les tripes dans tous les sens. Non d'ailleurs...je m'en fous complètement, c'est qu'un dîner...c'est pas comme si j'avais envie de faire bonne impression...si vous répétez quoi que ce soit, je nierai tout en bloc !!!

 

J'entends les pneus sur le gravier. Je sors de la maison et attends sur le perron. Je vois tout de suite qu'il y a un problème. Non seulement petite haricote n'est pas avec eux, mes ma mère est en larmes et mon père est encore plus crispé que d'habitude. Je leur demande ce qui se passe. Ma mère passe devant moi sans rien dire, tentant d'étouffer un sanglot. Mon père m'attrape par l'épaule et m'emmène dans le salon. Il me fait asseoir sur le canapé, verse deux verres de whisky pur et m'en tend un. Je le prends, tremblant légèrement.

 

-Mais merde, qu'est-ce qui se passe ?

 

-Surveille ton langage !


Il prend une grande respiration et continue, des tremolos dans la voix.

 

-Ce que nous craignions est arrivé...elle est malade Romain.

 

J'ai l'impression qu'on vient de me mettre un plomb dans l'estomac.

 

-Elle est atteinte de monosomie...c'est...c'est une maladie génétique...ils la gardent encore un peu...encore quelques jours...

 

Il finit sa phrase en sanglotant, la tête cachée dans ses mains.

 

-Bordel de merde.

 

Je ne sais pas quoi dire d'autre. Qu'est-ce que vous voulez que je dise de toutes façons. Ca ne devait pas arriver. Pas à nous, pas comme ça !!! Ce n'est pas possible, elle est si belle. Elle ne peut pas être malade, ça se serait vu...petite haricote est belle comme un cœur....

 

-Je t'ai dit de surveiller ton langage !!!

 

Son ton est cassant. Je sais qu'il est malheureux, mais ça me fait du mal quand même. En plus de ça, je suis complètement retourné par la nouvelle. Je n'arrive pas à dire autre chose que :

 

-Mais bordel de merde !!!

 

Je ne l'ai pas vu venir, pourtant j'ai bien senti la gifle. Mon père est devant moi, me dominant de toute sa hauteur, me fusillant du regard. Et alors que je pose ma main sur ma joue endolorie et que je sens les larmes monter, il semble se rendre compte de son geste. Sa bouche s'entrouvre mais aucun son ne sort...ses yeux sont sûrement aussi écarquillés que les miens. Je me lève et quitte le salon. En passant la porte, je me retourne et voit mon père à genoux par terre, en larmes. Il a reprit sa tête dans ses mains et semble faire de petits mouvements d'avant en arrière en gémissant mon prénom.

 

Je suis bien trop en colère...ou choqué...ou malheureux...ou un peu de tout ça, pour penser à son bien être maintenant. Je sors de chez moi et me met à courir le plus vite possible. Je ne cherche pas à savoir où je vais, j'ai juste besoin d'évacuer. J'ai envie de hurler, j'ai envie de pleurer, j'ai envie de baiser, j'ai trop mal ! Je continue à courir, je reconnais cette route, je connais le chemin. Mes pas s'arrêtent devant une porte. Le videur me connaît et me laisse entrer. La musique m'engloutit dans un tourbillon de sensations éphémères. Je prends quelques verres et rapidement des types m'accostent. Moi qui ne me trouve pas particulièrement attirant, je n'ai que l'embarras du choix.

 

Une heure plus tard, peut-être deux...en tout cas la nuit est tombée depuis longtemps. Je me retrouve devant un immeuble. Une personne sort et je profite de la porte ouverte pour y pénétrer. Je grimpe les escaliers et à nouveau, je me trouve devant un porte. La sienne. Je ne réfléchis même pas, je sonne. Evan m'ouvre, uniquement vêtu d'un bas de pyjama qui dévoile légèrement ses hanches. Il est vraiment hyper sexy, mais la colère m'aveugle trop pour que j'en prenne réellement conscience.


-Romain ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

 

Je le pousse et rentre dans l'appartement avant de me retourner face à lui pendant qu'il ferme la porte.

 

-Ma sœur est malade !

 

-Oui, je sais, je l'ai appris tout à l'heure...je suis vraiment déso...

 

-Je me suis engueulé avec mon père. Je suis sortit...j'avais besoin de m'aérer...je voulais m'envoyer en l'air...j'étais bien partit pour d'ailleurs !!!

 

Je vois ses traits se crisper violemment à l'entente de mes paroles.

 

-Et ça t'amuses de venir me balancer ça à une heure du matin ?

 

Je me rend à peine compte que je tremble et je pointe un doigt vers lui. La colère s'entend nettement dans ma voix et je parle sans doute un peu trop fort.

 

-Tu n'avais pas le droit de faire ça !

 

J'ai l'impression que je ne me contrôle plus et pourtant, c'est lui qui semble prêt à exploser.

 

-Tu te fous de moi ? tu viens m'annoncer que tu viens de t'envoyer en l'air avec un type et c'est moi qui n'ai pas le droit de te faire quelque chose ?

 

Il fulmine. Mais je ne me laisse pas démonter.

 

-Mais tu comprends rien !!! J'ai pas pu...je voulais juste...j'avais besoin de....et j'ai pas pu. ET TOUT CA C'EST TA FAUTE !!!!!

 

Je sens mes jambes lâcher sous mon poids et je me retrouve à genoux dans son salon. Mon poing frappe mollement sur le sol.

 

-C'est de ta faute...


Je vois ses pieds se rapprocher. Il s'agenouille à côté de moi et me relève le menton à l'aide de ses doigts.

 

-As-tu, oui ou non, couché avec quelqu'un ce soir ?

 

Je hoche la tête négativement.

 

-Pourquoi tu dis que c'est de ma faute.

 

-Je...tu m'as plu...beaucoup...dès le début. Je voulais sortir avec toi...quelques temps...juste quelques temps ! Je voulais pas tomber amoureux...c'est de ta faute...je voulais pas, je veux pas...t'avais pas l'droit...

 

Je sens ses lèvres se poser vivement sur les miennes et je le laisse passer le barrage de mes dents afin que nos langues se retrouvent. Soudain, sa main agrippent mes cheveux et me tire la tête en arrière coupant net le baiser. Je croise ses yeux qui pétillent d'une passion que je n'avais jamais vu.

 

-Je ne partage pas Romain. Est-ce que c'est clair ?

 

Je suis trop choqué pour répondre et je sens sa poigne se raffermir.

 

-Est-ce que c'est clair ?

 

Je murmure un « oui » étranglé. Et il reprend mes lèvres voracement. De ses bras, il enlève mon blouson et les positionne ensuite sur mes reins tandis que je m'agrippe à sa nuque avec force. Il m'aide à me relever et me soulève pour que j'enroule mes jambes autour de lui. Il m'emmène à travers l'appartement, manquant de tomber et de se prendre des meubles plusieurs fois. Et après un dangereux périple, il me pose sur le lit. Evan s'allonge à mes côtés, m'enlève mon jean et referment à nouveau ses bras autour de moi, l'un caressant mes cheveux, l'autre étant posé sur ma cuisse tout en me donnant de petits baisers sur les lèvres.

 

-Dors maintenant.

 

Je tente de protester mais je sens mes muscles et ma tête crier grâce après une telle journée. Je me laisse bercer par les bras et les baisers de...mon amant ? Et finis par m'endormir, lové contre lui.

 

Je me sens lentement sortir d'un cocon chaud et rassurant. Quelque chose me frôle la nuque et je frissonne. Je tente de l'ignorer et de me rendormir quand je sens à nouveau le même frôlement, un peu plus poussé. J'ouvre mes yeux doucement et les referme tout de suite après à cause des rayons matinaux qui m'éblouissent. Une main caresse doucement ma hanche tandis que les baisers remontent en direction de ma bouche !!! Je me laisse doucement aller à ce doux traitement et respire l'odeur d'Evan....soudain la soirée d'hier me revient en tête et je me redresse tout d'un coup explosant son nez au passage.

 

-Oh merde !!!

 

Evan se redresse doucement en se tenant le nez.

 

-Purée..Qu'est-ce qu'il y a ?

 

-Oh naaaaannnn !!!

 

-Quoi ?

 

-Je me suis tapé la plus grosse honte de ma vie !!! Je suis désolé, c'était pas du tout prévu que...enfin, je.... J'y crois pas...la honte, la honte, la honte !!!...

 

Evan me regarde amusé tout en massant son nez endolori.

 

-Tu n'as pas à avoir honte, c'est...

 

Je me lève d'un bond et commence à arpenter la pièce.

 

-Non, mais tu te rends pas compte, toi, j'ai une réputation à tenir moi, monsieur...et, bon sang, j'ai tout foutu par terre !!! C'est trop la hoooonnnte...Elisa va se foutre de moi à vie, c'est sur !!! Déjà qu'elle me lâche avec ce foutu dîner, et maintenant ça !!! Je suis sensé être un tombeur et je n'est même pas réussi à coucher avec ce type alors que je devais être à environ 2 grammes d'alcool dans le sang !!! Tout ça à cause de ces foutus sentiments...sentiments qui n'existent pas d'ailleurs !!! Je ne sais pas ce que tu as compris hier, mais ça n'a rien à voir avec toi, hein, c'est juste que....J'étais bourré !!! Voilà, c'est ça, j'étais bourré et je ne savais pas ce que je disais.

 

Evan se lève à son tour, un sourire plus que moqueur accroché au visage et m'enlace, me stoppant ainsi dans mon creusage de trou au milieu de sa chambre. Il penche sa tête et effleure mes lèvres des siennes.

 

-Je suis très heureux que tu n'es rien pu faire avec ce type. Et comme il est évident que tu n'es pas du tout amoureux de moi, que tu n'es pas venu te réfugier dans mes bras, et que tu n'es pas à cet instant très excité alors que je t'ai à peine touché, tu n'as rien à craindre, tu es un vrai tombeur !!! Mais si je te vois avec des mecs qui te tournent autour, je te promets que je les démonte un par un, est-ce que c'est clair ?

 

C'est moi, ou il fait tout à coup très chaud dans la pièce ? Evan a un regard de prédateur et une voix de mafieux, et...putain, il a raison ! Je bande comme un malade alors qu'il a tout juste posé ses mains sur moi.
Tant pis pour lui, je me jette sur ses lèvres. Et commence à nous diriger vers le lit. Entre deux baisers, il me lance :

 

-Je prends ça pour un oui.

 

Il vient de m'annoncer qu'il veut une totale exclusivité et ça ne me dérange même pas. Je n'ai qu'une envie maintenant, c'est de sentir Evan en moi et de pouvoir me réveiller tous les matins avec cette même chaleur qui m'entourait il y a quelques minutes ! Je suis pathétique et dégoulinant de mièvrerie...ça ne me perturbe pas plus que ça...Eh merde, je suis amoureux !!!

 

Evan est assis sur le lit et je m'installe à califourchon sur ses cuisses pendant qu'il enlève mon tee-shirt. Je me retrouve en caleçon et lui en bas de pyjama. Nous ne pouvons ni l'un ni l'autre nier notre excitation, et heureusement, ça ne semble pas être au programme !!! Je lâche ses lèvres un moment. Il gémit, frustré et m'interroge :

 

-Quoi ?

 

Je tente de reprendre un souffle normal avant d'enchaîner :

 

-Je te jure que si ton biper sonne avant que nous ayons finit ce que nous avons si bien commencé, je t'émascule !! Est-ce que c'est clair ?

 

Il sourit en entendant cette phrase qu'il m'a sortit lui même quelques secondes plus tôt ! Il attire ma tête vers lui et plonge dans mon cou et ne semble pas avoir l'intention de laisser la moindre parcelle de peau neutre. Je halète difficilement :

 

-Je...prends ça...pour un ouiiiiiiii !!!

 

Ca c'est de la triche ! Si il commence à s'attaquer à cette partie de mon cou, je ne réponds plus de rien...d'ailleurs je ne réponds plus de rien. La preuve, je suis à présent nu et allongé sur le dos, mes jambes sur ses épaules, sa tête entre mes cuisses et je pousse des gémissements indigne de mon statut de tombeur ! Je suis à deux doigts de le supplier de m'achever ou de me prendre, au choix...avec une nette préférence pour la deuxième option ! Mais je résiste...encore un peu...il n'est pas dit que je vais m'abaisser à le supplier !!!

 

-Ooooh....Evan....s'il te plaaaiiitttt !!!!

 

Eh merde!!! Mais ce sadique ne m'écoute pas, et sa bouche qui jusque la parcourait ma verge sans vergogne descend lentement torturer mes bourses et...

 

-Oh, oui, là !!! Continue !!

 

Je réalise que jamais encore on m'avait offert une caresse aussi intime et j'apprécie le fait qu'il soit le premier à me la faire découvrir, avant de me laisser envahir par les fourmillements annonciateurs du désir qui se propagent dans mon corps. Mes mains agrippent les draps et j'ai définitivement renoncé à essayé d'être silencieux. Je sens la langue d'Evan parcourir lentement ma cavité et je me sens perdre peu à peu les pédales. Si il continue comme ça, je ne me donne pas longtemps pour exploser. Heureusement il finit par arrêter et remonte progressivement s'acharnant à sucer ou mordiller chaque parcelle de peau qu'il rencontre sur son passage ! Lorsque enfin sa bouche rejoins la mienne je l'embrasse avidement et mes mains s'aventurent sur son torse dans le but de lui enlever son dernier rempart mais il m'en empêche. Je grogne mais il ne lâche pas prise.

 

-Quoi ?

 

-Tu es bien pressé, je trouve.

 

-Je...je te veux...en moi...maintenant !!!

 

-Chhhtt, calme toi, on a tout notre temps...

 

Et sur ces mots, il me cale les bras au dessus de ma tête et il repart en direction de mon cou. Je sens la chaleur m'envahir entièrement et mon sexe est tellement gonflé qu'il en devient douloureux.

 

-Evan...s'il te plaiiitt...je peux plus...

 

Il me fait taire en me présentant ses doigts que je m'applique à sucer en imaginant son sexe à leur place, tout en le regardant droit dans les yeux. Mon petit manège semble fonctionner car il pousse un petit gémissement qui me fait frissonner. Rapidement ses doigts partent en direction de mon antre. Il a beau prétendre le contraire, je vois bien qu'il est au moins aussi excité et pressé que moi. Ses doigts me pénètrent les uns rejoignant les autres et il ne me faut pas longtemps pour être prêt à l'accueillir en moi. Lorsque je le sens retirer ses doigts et baisser son pantalon, je gémis d'anticipation, lui arrachant un sourire. Sa seconde main tient toujours mes poignets au dessus de moi et il m'embrasse doucement.

 

-Tu es prêt ?

 

-Oui, viens !!!

 

Sa main lâche mes poignets pour se tenir mieux sur son coude et la deuxième va cherche un préservatif. Une fois installé, il se réinstalle et de sa main libre guide doucement son sexe. Je sens mes chaires s'écarter au passage imposant de son membre et la douleur irradier mon corps. Je savais qu'il était bien monté, je l'avais déjà senti à travers nos étreintes, mais je n'avais jamais imaginé à quel point. Je réalise alors seulement que je ne l'ai jamais vu nu. Ca lui ressemble, une fausse innocence, mais une vraie pudeur. Je me surprends à vouloir le découvrir entièrement. Malgré la grande douceur dont il fait preuve, je me sens écartelé de l'intérieur. Je n'avais pas ressenti ça depuis mes premières fois et j'avais oublié à quel point la pénétration peut être douloureuse. Mon souffle se coupe et je sens Evan s'immobiliser. Son regard inquiet est posé sur moi.

 

-Tu veux que j'arrête ?


Je prends une grande inspiration et tente de me détendre un maximum. J'ai rêvé de ce moment depuis des mois, je ne veux pas reculer maintenant. Je sais que le plaisir va venir, il faut juste passer le cap.

 

-Non....ça va aller...juste...va doucement, ok ?

 

Evan hoche la tête et m'embrasse tendrement. Il n'a pas reprit de mouvement de hanche, mais sa main vient caresser mon sexe pour lui rendre la vigueur qu'il avait perdu face à la douleur. Petit à petit, sa présence en moi se fait moins douloureuse, mes muscles se détendent et je sens même les prémices du plaisir revenir grâce à sa main sur mon sexe. Evan se retire de moi tout doucement et j'ai peur qu'il décide d'arrêter malgré tout. Mais il ne sort pas complètement et réamorce une pénétration aussi lente que la première tout en continuant à me masturber. Sa bouche picore mes lèvres, me détournant ainsi l'attention de sa pénétration. Mais la douleur est déjà bien moins vive et je sens mon sexe retrouver une forme olympique !
Je souris à Evan.

 

-Ca va mieux ?

 

-Oui...continue !

 

Il entreprend alors d'amples mouvements lents, allant chercher à chaque fois un peu plus profond, finissant par dénicher mon point sensible et tentant de le retrouver à chaque passage. Nos bouches sont toujours soudées, lais cette fois-ci, nos langues sont de la parties. Le baiser est plus enfiévré, la passion est bien présente. Les coups de rein d'Evan se font moins amples, plus rapides, plus violents. Et je sens la douleur refluer pour laisser place aux vagues de plaisir qui font leur entrée en grand pompe ! Et à nouveau, je ne peux m'empêcher de gémir puis de crier, mais j'ai le plaisir de ne pas être le seul. Evan ne crie pas, mais son souffle rapide et ses gémissements rauques me prouvent son état d'excitation. Ses mouvements sont maintenant presque frénétiques et sa tête est enfouie dans mon cou. Je lâche les draps pour m'accrocher à lui. Et alors que nous ne faisons réellement plus qu'un, je me laisse emporter par les sensations électrisantes qui m'amènent indubitablement vers la jouissance extrême. Je sens un voile sombre couvrir mes yeux et ma tête partir en arrière. Mon corps se tend en quelques spasmes ultimes et je me libère entre nous en criant le nom de mon amant. Quelques coups de reins supplémentaires le font me rejoindre au nirvana. Mais je ne m'en aperçoit pas vraiment, trop occupé à me remettre de mes propres émotions.


Après quelques minutes de somnolence, Evan se retire et s'écarte. Je sens le froid m'envahir brusquement. Heureusement, il me rejoint vite et m'entoure de ses bras. Je me surprends à me pelotonner contre lui. Si j'en avais la force, ce comportement de pucelle me ferait bien rire. A la place, je me laisse bercer par sa main dans mes cheveux et ses mots doux. Avant de sombrer, je l'entends me murmurer :

 

-Je t'aime idiot.

 

Mais, peut être que je me suis trompé.


 



Bonjour les geeennnnssss!!!!! Euh...y'a encore quelqu'un??? lol Bon ben vous pouvez pas dire que je ne vous avais pas prévenu, hein!!! M'enfin bon, mon mois de "galère" est maintenant fini.  Je vais donc pouvoir me remettre à écrire un peu plus régulièrement. Pas autant que pendant les vacances, mais quand même, ça ne sera pas le vide intersidéral !!! J'espère que ce petit chapitre vous plaira!!! Je vous bizouille!!!

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Jeudi 1 mai 2008
Je suis roulé en boule dans mon lit. Je pense à la journée qui vient de s'écouler. Le gynéco suspecte une maladie génétique. Il a proposé à mes parents une amniocentèse pour écarter tout danger, mais ils ont refuser. Il y a un risque de fausse couche assez important et ma mère n'est plus toute jeune. Elle sait qu'elle n'aura sûrement pas d'autre chance d'avoir un enfant. Alors quand le médecin a parlé d'avortement médicalisé, mon père a failli lui coller son poing dans la figure. Le seul point positif de cette histoire, c'est que nous avons eu droit à une nouvelle écho et j'ai enfin eu droit de rentrer dans la pièce. A ce moment mon père m'a serré la main, comme pour se faire pardonner ses paroles blessantes. Nous avons revu p'tit haricot qui gigotait encore partout. Une vraie gymnaste. Oui, parce que maintenant nous savons. C'est une fille, une petite princesse ! Nous savons et rien que ce fait à conforter mes parents dans leur décision. Il y a environ 25% de chance ou plutôt de malchance qu'elle est effectivement une maladie génétique. Les 75% restant sont des petits problèmes de croissance bénins qui peuvent même se résoudrent d'eux même avec le temps. Malgré tout ma mère sera suivie plus régulièrement. Il ne reste plus que deux mois et demi de grossesse. Nous aurons alors la réponse. Je ne sais pas à qui je m'adresse, mais je continue à prier. Et s'il le faut, je le ferai tous les jours d'ici là. Petite haricote est prévue pour Juin. Je serai en plein dans mes partielles.

Ce soir je sors. Elisa m'accompagne. Elle voit bien que ça ne va pas, et tente de me remonter le moral à sa manière, en me racontant des grosses conneries devant un bon verre. Une semaine supplémentaire a passée. Demain, il y a un nouveau rendez-vous. J'ai besoin de décompresser. La boite est bondée, la chasse est ouverte. Rapidement, je repère un mec, plutôt bien foutu. Il vient danser contre moi et je ne le repousse pas. Nous finissons par nous retrouver dans la back-room (on voit la fan de Queer As Folk) et tout autour de nous des mecs s'envoient en l'air ou se font des gâteries. Le type...je ne connais même pas son nom, happe mes lèvres avec avidités. Ses mains commencent à me déshabiller, il ne s'embarrasse pas des préliminaires et je me retrouve rapidement face contre le mur, après avoir vérifié, quand même, qu'il mettait bien une capote. Il vient en moi assez brusquement, mais ça me fait du bien. La douleur me permet de m'évader un instant. Et puis pour être honnête, je ne suis pas contre un peu de bestialité de temps en temps, je trouve que ça pimente la relation sexuelle. Je comprends que le type en question n'a pas l'intention de s'occuper de mon plaisir à moi alors je commence à me masturber. J'ai du mal à prendre mon pied alors je ferme les yeux. Sans même m'en rendre compte, les traits d'Evan se forment dans mon esprit. J'imagine que c'est lui qui me pilonne, et j'imagine ses mains sur mon corps, son souffle dans mon cou. Ma main accélère le mouvement sur mon sexe, je commence à partir. Nous bougeons en cadence maintenant, lui en moi, moi dans mes fantasmes. Et bientôt nos semences se répandent. L'interlude est de courte durée. Mes pieds retombent lourdement au sol et ce n'est pas très agréable. J'ai un arrière goût amer dans la bouche. J'ai l'impression d'avoir trompé Evan. C'est idiot, on ne sort même pas ensemble !

 

Le lendemain, le réveil est plutôt difficile. J'ai une gueule de bois d'enfer et je suis courbaturé. Le petit déjeuner se fait dans le silence le plus complet. Enfin nous arrivons à l'hôpital. Nous n'attendons plus, nous sommes prioritaires. A nouveau je me retrouve dans le bureau pendant que mes parents sont dans le cabinet. Et à nouveau je laisse mes épaules s'affaisser profitant qu'ils ne peuvent pas me voir. Je ne pleure pas, pas cette fois. Mais Evan est quand même à côté de moi, ses bras autour de mes épaules. Il me parle. De douces paroles pour me rassurer, il tente de positiver la situation, je crois. Je dis je crois parce que depuis quelques temps je ne l'écoute plus. Je regarde ses lèvres remuer et je n'ai qu'une envie c'est de les goûter. Alors je me penche et mes lèvres effleurent les siennes, puis les collent. Au début, il n'a pas de réaction, mais très vite, je le sens réagir positivement. Nos lèvres se mélangent, enfin, et ce n'est qu'au moment ou je tente d'envoyer ma langue rejoindre sa consœur qu'il me repousse doucement.

 

-Romain, tu...ce n'est pas raisonnable, tu es en état de choc, tu dois...

 

Je ne le laisse pas finir, il est hors de question qu'il me coupe, je me sens trop bien en cet instant.

 

-Oh, par pitié, tais-toi !

 

Et je reprends ses lèvres, plus farouchement cette fois. Je ne laisserai pas me repousser. Ma langue par trouver la sienne et entame un doux ballet. Je grimpe sur les genoux d'Evan et passe mes mains derrière sa nuque, tandis que les siennes, hésitantes, finissent par se poser sur mes reins. Plus ou moins consciemment, je mime quelques mouvements de vas et viens et je sens avec plaisir son début d'érection contre ma cuisse. Alors que je déboutonne sa blouse, des bruits se font entendre de l'autre côté de la porte. Aussitôt, Evan se lève, me faisant glisser de ses genoux et m'écarte de lui. Le gynécologue passe la tête par la porte et me demande de le rejoindre. Il n'a rien capté. Avant de passer la porte, je me tourne vers Evan :

 

-Tu me dois toujours un rencard.

 

Sans attendre de réponse, je rentre dans le cabinet. L'échographie se passe plutôt bien, hormis cette épée de Damoclès au-dessus de nos tête. Petite haricote est toujours là, plus belle que jamais. Elle commence à se sentir un peu à l'étroit, mais elle est pleine de vie. Ma mère par contre va être mise sous décontractant. Elle est trop stressée, c'est mauvais pour le bébé. Malheureusement avec la grossesse elle n'a pas le droit à grand chose.

 

En sortant, Evan est toujours là. Il salue mes parents et finit par me serrer la main.

 

-Au revoir monsieur Cyra.

 

Et il glisse dans ma main un petit papier. Je baisse la tête car vu la situation, mon grand sourire pourrait prêter à confusion sur ce que je ressens face à la détresse de ma famille. Mais mon cœur s'est emballé, je n'avais encore jamais ressentit ça. Nos mains restent peut-être un tout petit peu trop longtemps serrés. Mais nous finissons par nous séparer. Dans la voiture, j'ouvre le papier. Un numéro de téléphone et un petit mot :

 

« va pour un rendez-vous. Je finis à 19h »

 

Je sens l'euphorie me gagner. L'ambiance reste morose, mais au fond de moi, je trouve une raison de continuer à me lever.

 


Une fois à la maison, je récupère mon sac et y retrouve Hector le castor. Un sourire désabusé apparaît sur mes lèvres et je me surprends à dire :

 

-A quoi bon !

 

Et Hector se retrouve dans ma corbeille de bureau. Avant d'en être aussi vite ressortit et rangé dans un placard.

 

A 18h30, je tourne déjà en rond à vérifier toutes les cinq minutes si mon réveil ne s'est pas arrêté. A 19h, je me bouffe les ongles pour ne pas appeler tout de suite. A 19h30, je me dis que j'ai déjà suffisamment attendu et je me jette sur mon portable.

 

Une sonnerie.

 

Deux sonnerie.

 

-Allo ?

 

Je raccroche !

 

-....MAIS QUEL CON !!!!

 

Je ne sais pas ce qui m'a prit. J'ai complètement paniqué. Mais c'est pas vrai, on dirait une vrai pucelle !!! Mais qu'est-ce qui me prend, bon sang. Ce n'est pas le premier mec que j'invite à sortir. Alors pourquoi, je sens mon ventre se tordre à l'idée de recomposer le numéro ?

 

J'appui sur bis et m'accroche pour ne pas refaire un truc aussi stupide.

 

-Allo ?

 

-Evan.

 

-Romain ?

 

-Ouais.

 

-C'est toi qui a appelé à l'instant ?

 

-Ouais, euh...j'ai fait une fausse manip', ça a coupé, désolé.

 

Et une excuse à deux balles, une !

 

-Oh, d'accord, y'a pas de problème.

 

-Alors, tu es prêt à m'emmener passer une super soirée ?

 

-Eh bien, je suppose que oui.

 

-Comment ça, je suppose ? Ca devrait être un honneur pour toi de m'emmener en ville.

 

Je l'entends rire au bout du fil, ça me détend un peu.

 

-Ca l'est, ça l'est. Bon à quelle heure je peu passer te prendre ?

 

Je dois me mordre la langue pour ne pas faire un mauvais jeu de mot...Finalement je lui donne l'heure et mon adresse. Une fois raccroché, je me tourne vers mon armoire, il faut que je trouve de quoi m'habiller ! J'en ai pour un moment...

 

-Non mais tu comprends pas Elisa, c'est la cata, j'ai rien à me mettre !!!

 

-T'excites pas mon biquet, ouvre ta penderie et dis moi ce que t'as.

 

Ca fait une bonne demi heure que j'ai vidé tous mes tiroirs et mes vêtement sont éparpillés partout dans la chambre. Et ça fait un bon quart d'heure que j'ai appelé Elisa, complètement désespéré, par ces foutues fringues qui ne sont jamais assez bien.
Je commence à lui détailler mes fringues.

 

-T'aurais pas ta chemise bleue ? Tu sais ma préférée, celle un peu délavée, t'es super sexy la-dedans !

 

-Euh, attends je regarde....OUAIS, je l'ai. Et en plus elle est repassée !

 

-Bon super, tu la chifonnes un tout petit peu, ça te donne un look décontract', et tu mets ton baggy.

 

-Lequel ?

 

-Tu sais, celui avec plein de poches...et qui te moules ton joli p'tit cul !!

 

-Ah celui la ? Ok, c'est bon je les ai. T'es sur que ça va aller ?

 

-Mais oui, arrête de flipper ! Je vais finir par croire qu'il t'a vraiment tapé dans l'œil celui la.

 

-Dis pas n'importe quoi. J'ai envie de me le faire c'est tout. Comme les autres.

 

-Les autres, tu ne les as jamais attendu si longtemps...et puis tu ne m'as jamais demandé d'aide pour tes fringues.

 

-Tu dis n'importe quoi. Si ça fait longtemps, c'est parce que les occasions pour se voir étaient peu nombreuses. Et pour les fringues, c'est parce que j'en ai marre de mettre toujours les mêmes, c'est tout. Bon allez, j'te laisse. J'finis de me préparer.

 

-Tu fuis la conversation mon chéri !!! Mais tu sais bien que je finirai par te faire avouer la vérité.

 

-Il n'y a pas de vérité Elisa. Je le veux, je l'aurai, je le jetterai. Ca a toujours été comme ça, et ça le sera encore pour un moment !

 

Elisa pousse un soupir au bout du fil.

 

-...si tu l'dis mon chéri, si tu l'dis.

 

-Ouais, allez salut !

 

- Fais attention à ton p'tit cœur, il est fragile !

 

Elle raccroche. Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? Ce n'est qu'un simple attirance, après tout. Bon, je reconnais qu'elle est forte. Mais ça ne va pas plus loin. On va passer du bon temps, et on finira par se séparer quelques jours/semaines après. J'ai toujours été très heureux comme ça...

 

Je secoue ma tête, il vaut mieux arrêter de penser à ça. J'ai juste envie de passer une bonne soirée. Malheureusement, je ne pourrai pas rentrer trop tard, ayant cours demain...dommage, j'aurai bien finit ma nuit dans le lit d'un bel infirmier.

 


A l'heure convenue, je descends au salon. Mon père n'est pas là. Ma mère est allongée sur le canapé, endormie devant un documentaire animalier, une main sur son ventre. Je sais que ça ne va pas fort entre eux. Cette histoire les bouleverse, j'espère qu'ils arriveront à s'en remettre...j'espère que petite haricote nous fait juste une belle frayeur. Je prend un plaid et recouvre ma mère avec avant de couper la télé. Je pars attendre Evan sur le peron.
Le voilà qui arrive. Je grimpe dans la voiture et me tourne vers lui.

 

-Alors, tu m'emmènes où ?

 

-T'as mangé ?

 

-Non.

 

-Bon alors je t'emmène dans une petite brasserie en périphérie de la vie. Tu vas voir, c'est sympa comme tout. Mais avant, faut qu'on passe chez moi, j'ai oublié mes papiers dans mon sac de boulot.

 

-Ahhh, intéressant, je peux venir t'aider à chercher si tu veux...comme ça, tu m'feras visiter !!!

 

-Non, toi, tu restes dans la voiture !

 

Je lui fais ma moue n°7 et il éclate de rire. J'ai beau supplié, négocier, tempêter, je suis toujours dans la voiture pendant qu'il est en train de chercher ses foutus papiers. Dire qu'il aurait pu me faire visiter sa chambre, ou sa salle de bain, ou son canapé...sa table...
Le revoilà. Je décide de bouder un peu. Il ne mérite pas mieux. Quand il s'en rend compte, il éclate à nouveau de rire...je trouve que son rire est beau. J'arrête de bouder.

 

Nous avons passé une soirée très agréable. L'endroit qu'il m'a fait découvrir était sympa comme tout et la bouffe très bonne. Il avait l'air d'être un habitué, tout le monde le connaissait...et je lui ai filé mon numéro de portable...juste histoire qu'on soit à égalité. On n'a pas pu rallonger la soirée à cause de mes cours et nous sommes à présent devant chez moi, toujours dans la voiture. Le temps s'est nettement rafraîchit, mais honnêtement, je m'en fous, je suis bien plus occupé à caresser ses lèvres des miennes. Sa main est derrière ma nuque et la mienne est sur sa cuisse. Sans arrière pensée, elle est juste posée et étrangement, je ne cherche pas plus. Je profite simplement de l'instant, de ses gestes, de son odeur, de cette harmonie que nos corps semblent trouver lorsqu'ils sont en contact. Le baiser s'achève mais nos fronts restent collés. La main d'Evan caresse ma joue et je peux lire dans ses yeux la flamme du désir. Il s'éloigne un peu, les cheveux légèrement en bataille, le souffle court, les joues rougies...heureusement que je suis assis car il est à tomber par terre.

 

-Je...je pense que tu ferais mieux de rentrer...

 

-....Oui...

 

Et à nouveau nos lèvres se trouvent.
Enfin après de longues minutes, j'arrive à m'arracher de ses bras. Je rentre chez moi, et rapidement je m'écroule sans prendre le temps de me déshabiller. Je m'endors, encore bercé par son odeur.

 

Les jours passent, les semaines aussi. Je vois Evan régulièrement et je suis ravi de l'évolution de notre...relation. Elisa est très fière d'elle, elle n'arrête pas de me chanter à tue tête que je suis casé, et j'ai beau démentir, elle ne m'écoute même pas, et c'est encore pire depuis qu'elle sait qu'on a toujours pas couché ensemble. Moi le baiseur de ces hommes, le tombeur du quartier gay, je suis en abstinence depuis plus de deux mois. Alors elle m'a catalogué dans la case « amoureux transi ». Ce qui est totalement faux. J'apprécie Evan... beaucoup... énormément mais je pourrais facilement m'en détacher.... j'en ai pas envie, c'est tout. Et puis ça serait dommage d'avoir fait tout ça pour les quitter sans avoir eu une petite partie de jambe en l'air. Voilà la théorie que je viens d'expliquer à ma future ex meilleure amie.

 

-Tu es d'une mauvaise foi mon chéri, c'est hallucinant !

 

-Pas du tout ! Je suis bien avec lui, on va pas se marier pour autant !

 

-Mais vous n'avez pas encore couché ensemble ! Depuis quand tu t'embarrasses des cul-bénit ?

 

-Oh crois moi, il n'a rien d'un cul-bénit. Le peu qu'il m'a montré me laisse envisager le meilleur quand il se décidera à passer à la vitesse supérieur. Simplement, je crois qu'il a été trop secoué par son truc avec son ex, alors il préfère prendre son temps. Mais crois moi, quand le moment sera venu, je vais grimper au plafond ! Il a déjà des mains et une bouche dont il sait parfaitement se servir !!! Et il est...particulièrement bien fournit par la nature.

 

-Ooohhh, vas-y raconte tout.

 

-Tu n'es pas sensée être attirée par les meufs, toi ?

 

-Je trouve que deux mecs ensembles sont particulièrement excitants, alors raconte.

 

-Y'a pas grand chose à dire en fait. L'autre jour, on était chez lui et il se préparait à aller bosser. Il devait me déposer à la fac avant. Et il est allé prendre une douche....alors évidemment, je l'ai rejoins.

 

-Il ne t'a pas jeté.

 

-Il a essayé...

 

-Et ???...

 

-Et je me suis mis à genoux, et ce n'était pas pour le supplier ! Il a vite abandonné l'idée de me faire sortir.

 

-ET ?????...........

 

-Et je suis arrivé en retard à la fac et lui s'est fait passé un savon à son boulot !!!

 

Elisa éclate de rire et je me joins à elle.

 

-Je sais que l'idée même de pouvoir être un jour amoureux t'effrai, mais ce gars te plait, c'est évident.

 

-Bien sur qu'il me plait...

 

-Pas dans ce sens la, chéri. Tu t'accroches à lui. Doucement, mais sûrement.

 

Je hausse les épaules. Elle s'approche dans mon dos et me murmure :

 

-En tout cas, toi, tu lui plais ! Et il ne s'en cache pas.

 

Je ne réponds rien, mais je n'arrive pas à retenir mes lèvres de se retrousser vers le haut. J'ai un sourire béat scotché sur le visage et j'ai l'air d'un con...et je me sens bien ! Il faudrait peut-être réenvisager l'idée d'une relation « sérieuse » avec Evan....Naaannn, c'est pas pour moi. Je me contente de ce que j'ai, au jour le jour.

 

-Et tes parents ? Comment ils vont ?

 

Mon sourire disparaît immédiatement.

 

-C'est de pire en pire. Ma mère reste stoïque la journée et pleure la quasi totalité de la nuit. Mon père est de moins en moins présent, il se réfugie dans son boulot pour ne pas vois la vérité en face...L'autre jour il m'a engueulé, prétextant que je sortais trop et que c'était bien la preuve que je ne me souciais pas du tout de ma famille. Il devient aigri. Il ne parle plus que pour gueuler. Et entre eux...c'est pareil. Ils ne dorment même plus ensemble. En général mon père dort à son bureau ou sur le canapé. Ils en souffrent tout les deux, mais je crois qu'ils ont trop peur de ce qui pourrait arriver.

 

-Je suis désolé mon chéri, c'est pas la joie chez toi. Ils sont au courant pour Evan ?

 

-Non. Ils se doutent bien que j'ai quelqu'un, c'est pour ça la réflexion de mon père. Ils me reproche de réussir à être heureux malgré tout. Eux n'y arrivent pas. Mais si ils devaient apprendre que je sors avec un gars qui fait partie de l'équipe médicale...je ne suis pas sur qu'ils le prendraient bien.

 

Elle me regarde avec un grand sourire espiègle.

 

-Quoi encore ?

 

-Tu as dit que tu étais heureux avec lui.

 

-Oh Elisa, fous moi la paix avec ça. C'est une histoire comme un autre, qui finira comme une autre. T'es trop vieille pour croire au contes de fées, alors pitié, oublie tes projets de vie en couple pour moi, ok ?

 

A son tour, elle hausse les épaules.

 

-Si tu voulais bien grandir un peu et arrêter ton angoisse existentielle de l'engagement, tu pourrais l'être vraiment, heureux.

 

La discussion s'arrête sur ces paroles. Puis nous parlons d'autres choses. Mes partielles entre autre. Ca y'est, j'ai le nez dedans. Ca ne se passe pas trop mal malgré tout. J'aime vraiment beaucoup ce que je fais, ce que j'apprends. Le droit, c'est mon truc. J'ai une soif de justice inébranlable depuis que j'ai 5 ans. J'ai toujours évité les affrontements directs et réglé mes conflits en parlant. J'ai une tchatche à toute épreuve...sauf peut-être avec Elisa...mais je progresse, je progresse !

 

J'ai quitté Elisa en début d'après midi. Je profite de mon week-end, en plus Evan ne travaille pas non plus aujourd'hui. Je suis largement prêt pour la suite de mes examens, je ne m'inquiète donc pas. En fait, il n'habite pas très loin de chez moi, ce qui m'arrange grandement. Je n'ai pas besoin qu'on me transporte de droite à gauche. Le permis ? Vous savez combien ça coûte le permis ??? Ben, moi, j'ai pas les moyens. Et puis les transports en communs sont très pratiques. Bref, je me retrouve devant son appart' et je sonne. Il ouvre, il est au téléphone et me fais signe d'entrer. Il commence à repartir quand je le tire en arrière et pose fermement ma bouche sur la sienne. Je le fais rapidement et en silence pour ne pas le déranger, mais il n'allait tout de même pas me dire bonjour comme ça ! Je m'installe sur le canapé avec un verre de jus de fruit. Il me regarde avec un sourcil rehaussé d'un air de dire « fais comme chez toi » et je lève mon verre dans sa direction en murmurant :

 

-Santé !

 

Accompagné d'un petit clin d'œil qui lui fait lever les yeux au ciel Il s'éloigne un peu pour continuer sa conversation. Quand il revient, il s'installe à côté de moi sur le canapé, mais semble un peu gêné. Je grimpe sur ses genoux, face à lui et m'empare de ses lèvres.

 

-Qu'est-ce qui se passe ?

 

-Hum, rien, rien....

 

C'est à mon tour de hausser le sourcil.

 

-Me prends pas pour un imbécile. Dis moi.

 

-C'était mes parents.

 

Je plonge dans son cou promener mes lèvres pour l'encourager à continuer son récit.

 

-Ils...ils vont passer vendredi prochain....et...hhmmmm...ils m'invitent au resto...

 

Je continue ma progression et ma bouche se retrouve juste derrière son oreille, un point que je sais très sensible.

 

-Oui, et ??? pourquoi cet air constipé ?

 

-Ils voudraient bien...ooohhh Romain arrête...

 

Je le sens durcir sous moi et j'engage quelques mouvements de vas et viens explicite avec mes hanches. Ma langue décide de s'attarder derrière son oreille et ma main part en exploration sous son T-shirt.

 

-Ils aimeraient...hmmm et moi...aah aussi...que tu sois là...

 

J'ai l'impression qu'on vient de me vider une bassine d'eau froide sur la tête...Je me redresse brusquement et arrête tout ce que je faisais.

 

-Quoi ? Tu veux me présenter tes parents ?

 

Evan semble remarquer mon malaise.

 

-Ecoute, c'est rien. C'est qu'un dîner !

 

Il veut me présenter ses parents. Bordel de merde !!! Qu'est-ce que je fais maintenant ? Heureusement Evan me coupe dans ma réflexion.

 

-C'est pas grave. Je savais bien que c'était pas ton truc. Ca m'aurait fait plaisir c'est tout. Oublie.

 

Oublier ? Comment je peux oublier ça ? Et puis il a fini sa phrase avec un petit sourire triste digne de ma moue n°7 de chien battu !!! Je me sens mal. J'ai l'impression qu'on me tord l'estomac avec du barbelé. Et c'est douloureux.

 

Il veut me présenter ses parents. Ca veut dire qu'il est sérieux. Très sérieux, quand ils pensent à nous. Et moi ? Qu'est-ce qu'il représente pour moi ? Je n'ai jamais attendu aussi longtemps pour coucher avec un mec. Je n'étais jamais allé chez un mec plus longtemps que pour m'envoyer en l'air, prendre éventuellement une douche, me rhabiller et partir. Je ne m'étais jamais assoupi dans les bras d'un mec comme il m'arrive parfois de le faire avec Evan. Je ne me sens jamais moi même avec d'autres hommes que lui.
Je ne suis pas amoureux, c'est impossible, je ne veux pas l'être, et pourtant...

 

-Romain, laisse tomber ! Je savais que tu ne voudrais pas, c'est pas grave. On passe à autre chose. Et continue ce que tu faisais, c'était très agréable.

 

Je lui souris doucement. Et je décide de faire ce qu'il me dit. Profiter de l'instant présent, ça, c'est mon truc ! Mais je garde dans un petit recoin de ma tête cette conversation. Il faut sérieusement que je me pose des questions sur moi même !

 

Mes lèvres retrouvent les siennes et nos langues se rejoignent enfin. L'excitation remonte rapidement et très vite, nos mains se baladent sur nos corps. Comme toujours, je sens mes reins s'embraser sous ses caresses, et je sens à sa respiration et à ses gestes fébriles qu'il n'est pas en reste. Je le sens agripper mes poignets et les lever au dessus de ma tête, lui permettant ainsi d'enlever mon haut. J'ai déjà fait sauter tous les boutons de sa chemise et m'attaque maintenant à son pantalon. Je n'ai pas le temps d'aller plus loin puisqu'il m'allonge sur le canapé, prenant place entre mes jambes. Jamais encore nous n'avions atteint ce degré de chaleur et de désir. Je sens qu'il est prêt et je m'apprête à passer une des meilleures nuits de ma vie. Les mouvement qu'il fait font se frotter nos sexes à travers nos vêtements restants, sa bouche part à la conquête de mon torse tandis que sa main a passé les barrières de mon pantalon et mon boxer. Elle est maintenant en train de jouer avec mes bourses et je sens sa langue descendre de plus ne plus bas. Je laisse échapper un gémissement et ma main se pose sur sa tête, caressant ses cheveux. Sans appuyer, sans forcer, juste pour qu'il sente à quel point j'aime ce qu'il me fait. Ca y'est, je suis nu, mon pantalon et le boxer ont volé et c'est avec un petit sourire pervers qu'Evan a reprit son exploration. Lui est toujours à habillé, seule sa chemise est ouverte par mes soins. J'ai toujours préféré être passif, mais tout en gardant une certaine égalité dans le rapport. La, je me sens totalement soumis, à sa merci, et ça ne fait que m'exciter encore plus. C'est étrange, j'ai l'impression d'une certaine manière, de lui appartenir... et ça ne me dérange pas. Cette constatation m'aurait plutôt effrayé si sa langue ne m'avait pas fait me concentrer uniquement sur le délicieux traitement qu'il m'infligeait ! Je la sentais courir sur mon sexe, s'attardant sur chaque parcelle. Mes gémissements se font de plus en plus rauques et forts. Et je ne peux m'empêcher de crier lorsqu'il me prend totalement en bouche. Ses mouvements se font rapides dès le début. Je sens son doigt pénétrer doucement mon entrée. J'aime la douceur de ses gestes, comme si c'était ma première fois et qu'il ne voulait pas ma blesser. Je suis loin d'être vierge et il le sait, mais j'apprécie le fait qu'il prenne soin de moi. Je lui fais relever la tête avant d'exploser dans sa bouche.

 

-Pas comme ça...viens...s'il te plait.

 

Sa bouche se repose sur la mienne dans un baiser fougueux tandis qu'un deuxième puis un troisième doigt font leur entrée en moi. Entre deux gémissements, j'arrive à lui articuler :

 

-C'est bon, viens....

 

Il retire ses doigts et commence à ouvrir son pantalon quand mon téléphone se met à sonner. Evan se redresse, stoppant tout mouvement. Je ne peux m'empêcher de pousser un cri de frustration.

 

-NAN, t'arrête pas !!!

 

-Tu...tu devrais répondre....c'est...c'est peut être urgent.

 

Il a dit ça en tentant de reprendre son souffle.

 

-Je m'en fous, s'il te plait, continue !!!

 

Il m'embrasse à nouveau et avant que j'ai eu le temps de m'en apercevoir il a attrapé mon portable et a décroché, me le collant à l'oreille.

 

Je me mords la lèvre pour ne pas gémir mon « allo » !

 

-Romain, qu'est-ce que tu fais, ça fait une plombe que ça sonne ?

 

-PAPA ?....Euh...oui...je...j'étais...occupé...

 

-T'es essoufflé. Qu'est-ce qu'il y a ?

 

-Rien, j'ai...j'ai couru... pour attraper le téléphone, c'est pour ça...

 

Evan étouffe son rire dans mon ventre et je dois m'accrocher au canapé pour ne pas lâcher un gémissement digne d'un film porno ! Heureusement mon père semble préoccupé et ne se rend compte de rien.

 

-Nous sommes à la maternité. Ta mère va accoucher. Viens tout de suite, nous t'attendons.

 

-Je...QUOI ??? Mais...euh...

 

Je n'ai pas le temps de trouver une phrase cohérente, mon père a déjà raccroché. Evan me fait de petites caresses apaisantes sur le torse pour tenter de me calmer.

 

-Je crois qu'on va devoir remettre ça à plus tard !

 

Je ferme les yeux de frustration.

 

-On peut prendre le temps de...

 

-Non, tes parents t'attendent. T'inquiète pas, on a tout le temps.

 

-Tu peux pas me laisser comme ça. dis-je en désignant mon anatomie dressée et prête à l'assaut.

 

Il m'embrasse le sommet du sexe et me lance un regarde aguicheur.

 

-Je peux peut-être faire quelque chose. Il s'apprête à continuer la fellation qu'il avait abandonné quelques minutes plus tôt mais son biper se met à sonner.

 

-PUTAIN, mais c'est pas vrai !!!

 

Je peste contre le destin qui s'acharne.

 

-J'aurai du m'en douter, si ta mère est à la clinique, ils allaient forcement m'appeler à un moment ou un autre. Je fais partie de l'équipe qui suit ta mère et elle est classée dans une catégorie à risque. Il y aura tout le monde sur le pont.

 

Je gémis de douleur en tentant de repasser mon boxer sur mon érection. Evan se rapproche de moi et me serre dans ses bras, en m'offrant un baiser enivrant.

 

-Je suis vraiment désolé.

 

-Mouais...c'est pas grave...mais ce n'est pas en m'embrassant comme ça que je vais réussir à me calmer.

 

Finalement je me passe de l'eau froide sur le visage et la nuque. Mon corps commence lentement à se faire à l'idée que personne ne va s'occuper de lui pour le moment. Je promets à p'tite haricote de lui faire payer ça quand elle sera plus grande. Nous sommes enfin habillés. Et nous nous dirigeons vers la voiture. Pendant tout le trajet, la main d'Evan n'a pas quitté la mienne. Et l'idée fugace qui me traverse l'esprit est que n'importe quelle personne qui nous croiserait nous prendrait pour un vrai couple. Je continue à marche en direction de la voiture le sourire au lèvre, qui est, j'en suis sur, uniquement du au fait que je vais être grand frère.


 

La nuit passe lentement. Il est déjà trois heures du matin et rien en vue. P'tite haricote fait son chemin, mais doucement...Mon père en est à son treizième café et je ne pense pas que ce soit très bon pour ses nerfs. Il tourne en rond depuis le début. Moi je suis allongé en travers des chaises m'assoupissant de temps à autre. Heureusement que j'aurai le lendemain pour récupérer...sinon j'aurai eu une belle tête pour ma dernière ligne droite d'examens.

Finalement p'tite haricote pointe le bout de son nez à 6h24 et avec toute la modestie qui me caractérise, je peux dire que c'est le plus beau bébé du monde !!! Ma mère est ramenée vers sa chambre et nous la suivons. Je crois Evan en tenue et il me fait un clin d'œil en passant. Je souris. La vie est belle ! Une fois les soins donnés et ma mère installée, mon père prend ma petite sœur dans ses bras. Je les trouve beaux tous les trois. Mes parents semblent s'être retrouvés. Ils irradient de bonheur. Toute question est pour le moment balayée pour faire place au bonheur de tenir ce petit bout de chose dans ses bras. Finalement mon père s'approche de moi et un fois mes mains lavées, il me tend petite haricote.

 

-Je te présente Morgane Lily Cyra.


Je l'accueille délicatement. Elle est vraiment toute petite, elle semble si fragile.


-Bonjour toi ! Tu es magnifique tu sais ! Avant toute chose, il va falloir que je t'apprenne deux trois trucs...mais t'inquiète pas, je serai là...je te protégerai si il faut !


Je relève la tête et vois que tout le monde me regarde. Mes parents, émus, l'équipe soignante, toujours présente, Evan...Evan qui me regarde comme jamais encore on ne m'avait regardé. Il me sourit tendrement et presque malgré moi, je lui réponds. Je sens le rouge me monter aux joues. Je tends Morgane vers mon père et lui souffle :

 

-On reprendra cette conversation plus tard.

 

Cette phrase provoque un rire général. L'équipe soignante après avoir vérifié une dernière fois que ma mère ne manquait de rien nous laisse entre nous. Je m'éclipse à mon tour, voulant laisser un peu de tranquillité à mes parents. Je repère Evan dans un couloir. J'attends qu'il soit seul et l'entraîne dans une sorte de débarras.

 

-Tu sais que la réserve est interdite au public ?

 

-Ils n'avaient cas fermer à clé...et puis ce qui est interdit est excitant.

 

Je l'embrasse et pendant de longues minutes, je profite de l'avoir tout contre moi. L'excitation renaît, mais n'est pas volontaire. Il s'éloigne un peu de moi.


-Je vais rentrer chez moi, je suis naze. Tu devrais en faire de même. Il me semble que tu n'as pas fini tes examens !

 

-Oui, je sais, je vais y aller.

 

Il m'embrasse une dernière fois et s'apprête à partir. Je repense à toutes les émotions qui m'ont traversé aujourd'hui. Le bonheur d'être entouré et d'avoir ma famille auprès de moi. Il ne manquait plus qu'Elisa pour que le tableau soit parfait...Elisa, et peut-être quelqu'un d'autre...

 

-Evan ?

 

Il se retourne.

 

-Si...si ta proposition tiens toujours...je crois que je n'ai rien de prévu vendredi.

 

Il semble perdu un instant puis ses yeux s'ouvrent de stupeur.

 

-Tu es sérieux ?

 

J'acquiesce, n'ayant absolument aucune confiance en ma voix en cet instant. Je suis rongé par le doute, mais au vue du sourire qu'il me fait, je crois que peut être ça vaut le coup. Il revient et m'embrasse amoureusement...oui, c'est le mot.

 

-Merci.

 

Et il finit par partir pour de bon. Cette fois, c'est dit...vendredi, je rencontre ses parents.

 


 

 

 


Oh purée, j'en ai bavé avec celui la...le début du chapitre est à chier (je pèse mes mots) et je m'en excuse, la fin est un peu mieux, j'espère que ça vous plaira. C'est le plus long chapitre que j'ai écrit depuis la création de ce blog...lol
J'ai vraiment très peu de temps pour moi en ce moment et je suis très fatiguée. Mais bon, voilà la suite. Désolée pour les fautes. Je sais qu'il y en a dans chaque chapitre et quand j'en vois, je les corrige, mais c'est vrai que je suis pas vraiment douée en conjugaison (en plus du reste...lol) donc parfois je ne sais pas vraiment comment accorder tout ça...bref, j'espère que ça n'empêche pas une bonne lecture. Une bonne fête du travail à tous ! Je vous embrasse. Merci à celles qui me laissent des coms, ça me touche beaucoup et m'encourage à continuer !
Bisous

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Samedi 26 avril 2008
-Et alors à ce moment la, il a levé la main, je suis sur qu'il savait qu'on le voyait, et il a voulu se la raconter un peu...

-Chéri, tu m'l'as déjà raconté cinq cent fois, lâche moi un peu avec ton haricot !!!

 

-Non, mais tu comprends pas, ça va être génial. Je vais lui apprendre plein de trucs de mec....et euh un peu des trucs de PD aussi, mais ça j'y peux rien, et puis ça sera à lui de voir !

 

-Et qui te dit que c'est un mec d'abord, hein ? Si ça se trouve c'est une gonzesse...

 

-Non, c'est un mec, je le sais. Et il sera forcement le plus beau vu que ça sera mon brother !!!

 

-Ta modestie de perdra. Maintenant tu serais gentil de te manier de choisir entre tes peluches parce que, d'une, on fait un peu tache avec nos look dans un magasin de mioches, de deux, ça fait trois heures que tu hésites entre Hector le castor et Olaf la girafe, et que ça commence sérieusement à me les briser !!!

 

-Ah ça, c'est biologiquement impossible ma belle, t'as rien à briser.

 

-Rien à foutre, tu prends ta girafe et on se casse.

 

-Ouais t'as raison, la girafe est bien....mais je kiff bien Hector le castor et...OH !!!! Regarde, y'a aussi mimi la souris !!!

 


Une bonne demi heure plus tard, j'offre une glace à Elisa pour me faire pardonner l'attente, vérifiant toutes les trente secondes que Hector le castor ne tente pas de se faire la malle de mon sac. Demain, je vais à la seconde échographie avec ma mère, pour le second trimestre. Mon père s'était proposé mais je l'ai éjecté. Il regardera le CD-rom offert par l'hôpital, comme la dernière fois. Il est hors de question que je rate un moment comme ça, déjà qu'il n'y en a pas beaucoup.

 

-Tu veux que je te montre une photo de p'tit haricot ?

 

-Je les ai déjà vu des centaines de fois, chéri, ça va, je le connais par cœur ton haricot !

 

-Non, mais attend, regarde celle ci, tu trouves pas qu'il me ressemble déjà

 

-Je ne veux pas le savoir.

 

-Mais, si, regarde, je....

 

-ROMAIN !!!!

 

Elisa me le répète depuis près de trois mois, je suis pire qu'une gonzesse. Je ne pense plus qu'à ce petit bout qui pousse doucement dans le ventre de ma mère. J'ai failli m'abonner à un magazine pour meuf, mais Elisa m'a arraché le bon d'envoi des mains avant que j'ai eu le temps de faire quoique ce soit. Bon, sur ce coup la, elle n'a pas eu tort. Mais est-ce que c'est ma faute si je suis tombé amoureux d'un haricot ? Peut-être est-ce l'idée que je n'aurai jamais le droit d'être père qui fait que je veux vivre à fond cette grossesse et cette naissance. N'allez pas vous faire d'idées. Je sais bien quelle est ma place. Je ne suis et ne serai jamais un père pour cet enfant, je serai son frère. Mais je serai le meilleur des frères, ça c'est sur !!! Et Elisa aura beau dire tout ce qu'elle veut, je sais que c'est un petit mec. D'ailleurs je suis sur que l'ensemble vert que j'ai vu au centre commercial l'autre jour lui irait très bien...il faudra que je demande à Elisa de venir avec moi !

 


Nous y voilà, le jour J. Finalement nous irons tous les trois. Mon père n'a pas voulu céder sa place...le mauvais joueur ! Peut importe. Il est prévu que je reste dans la petite salle de la dernière fois et que je les rejoigne dans le cabinet d'auscultation pour l'écho. De toutes façons, c'est bien la seule chose qui m'intéresse. Je me fiche un peu de savoir combien de poids a prit ma mère et si elle a des problèmes de dos...bon je m'en fiche pas complètement. Premièrement parce que c'est ma mère...ben, oui !!! Deuxièmement parce que ça la met d'une humeur exécrable et qu'elle gueule sur tout ce qui bouge...et l'instant d'après elle s'écroule en larme...Les hormones, il paraît ! Bref, le fait est que je ne serai présent que pour l'échographie, et que ça me convient parfaitement comme ça.

 

Nous arrivons à l'hôpital et je frémis d'horreur à l'idée de passer encore des heures sur leurs chaises plastiques toutes pourries. Et l'on n'y coupe pas. Encore plus d'une heure d'attente...je cuis dans cette salle d'attente bondée, surchauffée, pleine de femmes gavées d'hormones, prêtent à mordre à la moindre anicroche. Je décide de sortir un peu prendre l'air. Je percute une personne en sortant de la salle d'attente.


-Aieuh !!!

 

-Je suis désolé, je...M. Cyra ?

 

-Oh, salut Evan !

 

Hop, sourire colgate ultra large !! Je le vois lever les yeux au ciel. Mais pourquoi ça marche pas sur lui ? Avec tout le monde, ça passe nickel et évidemment, le mec que je veux me taper est complètement hermétique à mon sourire de tombeur !

 

-Ca va être à vous. J'allai prévenir votre mère.

 

-M'MAAANNN, viens, c'est à toi !!!

 

Ahhh, bingo, ma mère est rouge de honte d'avoir un gosse comme moi...et mon père me fait les gros yeux ! Moi je suis juste mort de rire. Et je crois bien avoir vu Evan esquisser un sourire...Quand je vous dis que tout n'est pas perdu !

 

Nous nous dirigeons vers la même pièce que l'autre jour et mes parents suivent le gynéco dans le petit cabinet. Evan reste avec moi dans le bureau.

 

-C'est sympa de me tenir compagnie.

 

-Je dois veiller à ce que vous ne tentiez pas de voler quelque chose.

 

Et vlan, douche froide pour moi. Sur le coup je suis carrément vexé là !

 

-Ehhhh, je suis pas un camé, ok ?

 

-Je n'ai pas dit ça. Si une personne autre que le personnel de l'hôpital est présente dans cette pièce, je me dois d'y être aussi.

 

Pfff, cette conversation est stérile. Je sens que je vais vite m'ennuyer. Pourtant, on pourrait trouver des occupations très intéressantes tout les deux dans cette pièce !!!

 

-Oh fait, tu sais pour ma question de l'autre fois, j'ai trouvé tout seul ma réponse.

 

-Quelle question ?

 

-Pourquoi tu faisais ce métier !

 

Il lève les yeux au ciel.

 

-Ah oui, et votre brillante suggestion d'être...quoi, déjà ? Mannequin ? Acteur ? vous ne pensez pas qu'à votre âge, il faudrait songer à avoir un peu plus les pieds sur terre ?

 

-J'ai parfaitement les pieds sur terre, merci bien. Et puis t'as raison, les mannequins sont pas sensés tirés la tronche sans arrêt. Tu sais que tu es bien plus sexy quand tu souris ?

 

-Ecoutez...

 

-J'aimerai vraiment que tu me tutoies !

 

Evan pousse un soupire désespéré.

 

-Si je vous tutoies, vous me ficherez la paix ?

 

-Ah, non, certainement pas.

 

Je m'attendais à une petite crise de nerf en bon et du forme, au lieu de ça, je vois un petit sourire flotter sur ses lèvres.

 

-Je n'aurai pas le dernier mot n'est-ce pas ?

 

Je lui souris à mon tour.

 

-Non.


-Alors, très bien, je vais te tutoyer tant que nous serons seuls. Mais dis toi bien que dès qu'il y aura du monde, je reprendrai le vouvoiement, c'est clair ?!

 

Je crois que si je pouvais rayonner, j'illuminerai la pièce.

 

-Très clair. Et j'avais raison. Tu es très sexy quand tu souris.

 

-Je te signale que tu es bien plus agréable à regarder quand tu souris normalement, plutôt qu'avec tes sourires de drague à deux francs six sous !!!

 

J'éclate de rire et devant son air intrigué, je tente de m'expliquer :

 

-Deux francs, six sous....Ah, ah, mais c'est quoi cette expression de grand mère ?

 

Evan lève encore les yeux au ciel, mais souris quand même. Je crois que nous avons brisé la glace.

 

-Alors, tu n'avais pas dit que tu avais trouvé le pourquoi j'avais choisi ce métier ?

 

-Oui. En fait, être infirmier, y'avait pas de soucis. La question que je me posais était pourquoi la pédiatrie ? Et quand j'ai regardé l'échographie de ma mère...je sais pas, ça m'a fait tout bizarre. Comme si, tout devenait concret. C'est vrai, on a pas idée qu'une vie puisse naître comme ça à l‘intérieur d'un corps et en avoir la preuve sous les yeux...C'était comme si, tout prenait un sens.

 

-Oui, c'est magique. Chaque grossesse puis naissance à laquelle mon équipe participe, je la reçois comme un cadeau précieux. C'est un travail merveilleux. Et malgré les mauvais côtés, je ne le changerai pour rien au monde.

 

Je lui souris tendrement, et me reprend bien vite en m'en rendant compte. Mais je crois qu'il m'a vu. Nous partageons un silence complice pendant quelques secondes.

 

-C'est quoi les mauvais côtés ?

 

-Oh, et bien il y en a de toutes sortes. Il y a les horaires qui changent régulièrement et qui chamboulent un peu toute notre horloge interne et n'aident pas à la construction d'une vie sociale épanouie. C'est un métier qui peut être éprouvant, nous partageons beaucoup de bonheur avec les patients et leur famille, mais également toutes les peines. Perdre un enfant doit être, je pense l'expérience la plus douloureuse dans la vie d'un être humain, tout comme le voir souffrir. Et puis avec notre société actuelle, le monde de la santé devient une course au profit. Les patients sont devenus des clients, nous ne prenons plus le temps du contact humain...j'ai l'impression que tout part en cacahuète.

 

Je souris à nouveau face à cette expression qui date encore de nos ancêtre, mais je ne le coupe pas. Il semble vraiment à fond dans son récit et je vois à quel point son boulot lui tient à cœur.

 

-Et malgré tout ça...c'est vraiment un métier magnifique. Je crois que chaque jour j'apprends un peu plus sur moi, et sur les autres...j'espère ne jamais me lasser de cette richesse.


-Mais dis moi, ça ne perd pas de sa magie à force ? Je veux dire, moi quand j'ai vu p'tit haricot, j'ai été plutôt sur le cul, j'avoue ! Mais, à force d'en voir toute la journée, ça ne perd pas son charme à la fin ?

 

-Non, chaque personne et chaque histoire est différente, il y a une telle diversité que je ne tomberai jamais sur deux histoires pareilles. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de haricot ?

 

Oh, le con. J'ai quand même pas dit ça devant lui ?!!! Oh, non, c'est carrément la honte...moi et ma grand gu....Je sens mes joues virer au rouge vif tandis que je baragouine :

 

-Euh, c'est le nom que j'ai donné au bébé. Non seulement mes parents ne se sont pas décidés pour les prénoms, mais on ne sait même pas si c'est un gars ou une fille, alors en attendant...voilà quoi...

 

Il rigole doucement.

 

-Ouais, vas-y, fous toi de moi !

 

-Non, je ne me moque pas, je trouve ça...mignon...

 

Je relève la tête brusquement. Effectivement, je ne vois aucune trace de moquerie sur son visage, il a même plutôt l'air attendri et...intéressé ? C'est bon pour mes affaires ça !

 

-Ne dis pas que je suis mignon, ça va ternir mon image. Et uis j'y peux rien si je suis tombé raide dingue d'un haricot. Il avait cas pas me faire signe, c'est de sa faute !

 

Evan rit franchement maintenant. Et j'aime en être responsable. Il semble beaucoup plus détendu que la dernière fois.

 

-Tu es beaucoup moins coincé que ce que tu as bien voulu me montrer la dernière fois en fait !

 

-Moui, eh bien, disons que j'avais quelques soucis personnels.

 

-Lesquels ?

 

-Ca ne te regarde pas, mais je suppose que la non plus tu ne vas pas lâcher l'affaire ?

 

-Exactement, alors ?

 

Evan pousse un soupir digne des plus grands tragédiens, mais continue quand même sur sa lancée.

 

-Mon...fiancé venait de me quitter...pour une femme !

 

-Oh, ça fait mal !

 

-Oui. Et puis tu n'es plus non plus le même petit con arrogant que j'ai rencontré il y a trois mois. J'ai vu ton vrai visage au moment de l'échographie, c'était nettement mieux, crois moi...

 

Je rougis encore...décidément, c'est chronique depuis tout à l'heure. Je préfère dévier le sujet sur un autre ou je suis plus à l'aise : la chasse !

 

-Je te dirai bien que je suis désolé pour ton mec, mais pour être honnête ça arrange bien mes affaires. Puisque tu es libre comme l'air, tu vas pouvoir avoir l'immense honneur de sortir avec moi.

 

Il éclate de rire...il deviendrait presque vexant.

 

-Je n'ai jamais dit que j'étais intéressé.

 

-Tu n'as pas besoin, je le sais. N'oublie pas que je t'ai vu me mater le cul. Et tu as dit tout à l'heure que j'étais mignon, et...

 

-Ecoute...Romain, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Ca ne mènerait nul part...

 

-Oh, allez, ça te coûte rien d'essayer, c'est juste une soirée, pas une demande en mariage. On passe un bon moment et puis on avise. S'il te plaaiiiittt !!!

 

Je suis passé en mode chien battu N°3, et cette fois, je sens que ça marche. Il vaut mieux en tout cas, c'est bien la première fois que je m'abaisse à supplier un mec pour qu'il sorte avec moi...Faut croire qu'il m'a vraiment tapé dans l'œil mon infirmier ! Je me demande pourquoi je m'accroche comme ça, c'est pourtant pas mon genre...je ne préfère pas y penser, ou plutôt je me dis que c'est parce que j'ai pour habitude que personne ne me résiste. Je peux lire son combat intérieur sur son visage. Il hésite, il va céder, il cède...il parle :

 

-Eh bien, je....

 

-Monsieur, Cyra, vous pouvez venir je vous prie.

 

Je voudrai hurler de frustration contre ce gynéco de mes deux et vu le sourire amusé d'Evan, je dois bien tirer une tronche de dix mètres de long. Le gynéco se retire à nouveau dans le cabinet et nous nous dirigeons tout les deux à sa suite. Juste avant de franchir la porte, je le retiens Evan par le bras.

 

-C'est oui, ou c'est non ?

 

Il me regarde un instant, semblant me jauger, mais toujours avec cette petite pointe d'amusement dans ses yeux qui pétillent.

 

-Pourquoi pas !

 

Je ne saute pas au plafond, mais j'en ai très envie. A la place, je ne peux déscotcher ce sourire niais de mon visage. Oh et puis zut, je vais voir petit haricot et je viens de décrocher un rencard, cette journée est magnifique !

 

Mes parents semblent radieux, eux aussi. Je m'installe à leur côté. Je sens Evan se placer pas loin derrière. J'aime cette subtile proximité.

 

Le gynéco répète le même rituel du gel pendant qu'Evan s'occupe du monitoring avant de revenir se placer derrière moi. Je sens l'excitation monter au fur et à mesure que le moment de la « rencontre » se rapproche. Et enfin le moment tant attendu arrive. L'écran s'illumine et petit haricot est là, bien plus grand que la dernière fois que je l'ai vu, il a tellement grandi qu'on ne le voit pas tout entier. Il semble péter la forme. Il s'agite dans tous les sens et fait de grands gestes amples. Avant même de savoir quelle tête il a, je sais déjà qu'il sera le plus beau bébé du monde.

 

Le temps s'éternise et je me noie dans cette image mobile. La dernière fois c'était beaucoup plus court et je suis content d'avoir le temps cette fois. Je ne vois pas le visage du gynécologue s'assombrir au fur et à mesure de son examen. Je ne vois pas mes parents pâlir à vue d'œil. Je sors de ma contemplation quand j'entends mon père demander :

 

-Quelque chose ne va pas docteur ?

 

Comment ça, quelque chose ne va pas ? Qu'est-ce que tu racontes papa, tout va bien, regarde, il bouge dans tous les sens. Il pète le feu p'tit haricot. Pourquoi ma mère pleure ? Mais bon sang, qu'est-ce qui se passe ?
Le gynécologue finit par se tourner vers mes parents.

 

-Ecoutez, je ne veux pas vous alarmer, ce n'est peut-être rien. Il me semble juste que la croissance de votre enfant est inférieur à celle qu'elle devrait être à ce stade de la grossesse. Cela peut n'être rien du tout, mais je préfèrerai vous revoir rapidement.
Je sens le sol se dérober sous moi. P'tit haricot est malade ? P'tit haricot ne va pas bien. Mais merde, qu'est-ce qu'on peut faire ?
Je ne ressens mes tremblements qu'au moment ou Evan pose sa main sur mon épaule pour les faire cesser. Sa chaleur me fait du bien, mais je suis toujours aussi perdu. Mes parents ne sont pas en meilleur état. Le gynécologue tente en vain de nous rassurer. Mais le mal est fait. Le prochain rendez-vous est la semaine prochaine.

 

Nous sortons du cabinet plus retournés les uns que les autres. Je n'ai même pas pris le temps de dire au revoir à Evan. Pour être honnête, je n'ai pas vraiment pensé à lui.

 

La semaine passe dans une ambiance plus que morbide. Ma mère pleure, mon père s'isole, et moi, je fuis. Je me réfugie chez Elisa dans les meilleurs des cas, dans les bras d'inconnus le reste du temps. Je sors tous les soirs et ne finis jamais seul, rentrant seulement au petit matin, abandonnant mes amants d'un soir avant leur réveille. Je m'envois en l'air pour évacuer toute cette détresse que je ne sais pas où placer.
Dans les rares moments que l'on passe ensemble, on tente de se rassurer mutuellement. C'est sûrement une erreur. Ca ne peut pas nous arriver, ce genre de choses n'arrivent qu'aux autres, n'est-ce pas ? Ou bien, nous parlons de tout autre chose, cherchant un semblant de retour à la normale auquel personne ne croit. Mais nous jouons bien le jeu.

 

Enfin le rendez-vous arrive, avec son lot de question, d'interrogation. Je ne crois pas en dieu, et pourtant je prie. Je prie de tout mon cœur, de toute mon âme d'épargner ma famille, de nous laisser une chance avec p'tit haricot. Je veux que dans quelques années, nous puissions rire de ce moment de panique.
Le gynécologue nous accueil directement. Pas d'attente cette fois ci. Evan est là, il me regarde l'air inquiet. Ca se voit tant que ça que je ne dors plus depuis près d'une semaine ?
Le gynéco fait entrer mes parents dans le cabinet et me demande de rester ici.

 

-Quoi ? Mais pourquoi ? Non, je ne veux...

 

-Romain cesse de faire l'enfant et fais ce qu'on te dit pour une fois dans ta vie.

 

La vois de mon père a claqué comme un fouet. Je reste debout, muet de stupeur face à cet emportement. Jamais encore il ne m'avait adressé la parole sur ce ton. Ma mère semble voir ma détresse car elle pose sa main sur le bras de mon père est reprend plus doucement.

 

-Nous t'expliquerons, mon chéri. Ne t'inquiète pas d'accord.

 

Et ils disparaissent tous les trois, derrière cette porte close. Au son du loquet, il y a comme un déclic qui se fait en moi et je sens un torrent de larmes dévaler mes joues. Je ne peux pas les arrêter...je ne cherche même pas à le faire d'ailleurs. Une semaine que je me retiens, une semaine que je reste fort, je m'écroule tout simplement, dans les deux sens du terme. Je me retrouve à genoux sur le carrelage du bureau d'un cabinet hospitalier gynécologique. C'est pitoyable.
Soudain, je sens des bras m'entourer et une douce chaleur m'envahir. Je relève la tête. Evan est également à genou, à côté de moi et me berce doucement. Je n'arrive même pas à avoir honte de ma faiblesse tant la peur est partout dans mes veines. Je pose ma tête dans son cou et me laisse aller doucement. J'ai toujours peur, mais mes larmes se tarissent progressivement. J'ai toujours peur, mais je ne suis plus seul. J'ai toujours peur, mais je suis bien dans ses bras.


 


 

Tadaaaa, voilà la suite. Après une semaine de dingue...pfff, j'vous jure les stages, c'est pas terrible. Bref, j'espère que ça vous plait. Comme je l'ai dit avant, ayant repris les cours (enfin la c'est un stage), je peux écrire bien moins souvent. mais je le ferai dès que possible. j'ai déjà trois nouvelles fictions en tête, mais bon, elles attendront un peu. J'ai posé les bases, mais je vais attendre un peu avant de commencer, j'ai déjà assez à faire pour le moment.

Bisous à toutes!!!

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 21 avril 2008
-Tu peux me rappeler pourquoi je suis là ?

Ma mère soupire d'agacement.

 

-Parce que ton père est en déplacement, que ça me fait plaisir que tu m'accompagnes, et que ça te fait plaisir à toi aussi de passer un peu de temps avec ta mère.

 

-On aurait très bien pu aller faire les magasins pour ça. Je vois pas ce qu'il y a d'excitant à passer trois heures dans une salle d'attente remplie de femmes énormes pour regarder un haricot se tortiller sur un écran.

 

La plupart des femmes énormes sus-nommées me fusillent du regard à l'entente de mes paroles. Eh bien quoi ? Non je ne trouve pas qu'un femme enceinte ce soit beau. Elles sont la plupart du temps joufflues, criblées de vergetures, se déplacent comme un canard et ont leur vocabulaire qui diminue au fur et à mesure que leur ventre grossit pour ne parler plus que de couches, biberons, layettes, allaitement et autres joies de la vie. Merci bien, très peu pour moi.

 

Nous sommes donc dans la salle d'attente pour la première échographie de ma mère...ça va faire trois mois que j'ai appris la « merveilleuse » nouvelle, et j'avoue que j'ai encore du mal à m'en remettre. En plus on ne voit rien, ma mère n'a quasiment pas pris un gramme. Je sais que ça va venir, mais je me dit que si elle ressemblait un peu plus aux baleines qui nous entourent, je prendrai peut être plus conscience que c'est bien vrai !!! Et mon père qui n'est pas là...pff, c'est bien beau de faire un gosse à leur âge, mais faut voir à assumer derrière. Moi je m'emmerde prodigieusement...j'ai essayé les magazines...et j'ai très vite abandonné : 9mois, bébémag, future maman...quand je vous dit qu'une femme enceinte à le cerveau qui s'atrophie !!!


Et puis ces chaises sont super inconfortables. Bon c'est peut-être du au fait que j'ai passé une soirée mouvementée. Ce n'est pas de faute, j'étais avec Elisa dans une super boite qui vient d'ouvrir et y'avait tout un tas de beau mec. J'en ai vu deux en particulier, et j'ai eu beaucoup de mal à me décider pour l'un des deux. Au final, nous nous sommes retrouvés à trois, et même si c'était particulièrement excitant et que j'ai passé une très, très bonne soirée/nuit/matinée, mon pauvre postérieur a un peu de mal à s'en remettre. Ils auraient pu penser aux coussins sur les chaises...il y a des femmes enceintes, ici, quand même !!!

 

-Tu peux me dire pourquoi ils nous donnent un rendez vous à 14h si c'est pour nous faire passer à 15h30 ?

 

-Ils ont eu une urgence, arrête un peu de râler !

 

-Je suis un ado, je ne sais faire que ça !!

 

-Tu n'es plus un ado, tu es un adulte, maintenant, et il faut te comporter comme tel.

 

-Quoi ? Et qui a décidé ça ? Il est hors de question que je sois déjà un adulte. Je comptes bien rester un gamin encore quelques temps.


Et je m'adresse alors au ventre de ma mère.

 

-Et toi la dedans, ne crois pas que tu vas tout chambouler comme ça. Tu seras peut-être un bébé, mais moi, je serai quand même un gamin...et crois moi, au concours de chieur, je te battrai à plate couture. J'étais là prem's !

 

Ma mère éclate de rire et quelques femmes de la salle d'attente rigole également. Je suis trop doué, tout le monde m'aime. Si j'étais hétéro, je suis sure que je pourrai en faire plier quelques unes. Tiens, elle par exemple, mignonnette, jeune, elle n'arrête pas de me lancer des coups d'œil. Désolée ma grande, tu n'as pas les attributs qu'il faut...et en plus j'ai vu ton alliance. Je pense que ton mari devrait faire un test de paternité à la naissance de votre rejeton.

 

-Mme Cyra s'il vous plait.

 

-Ah ben quand même, on a faillit attendre.

 

Le type balbutie des excuses incompréhensible et je le fusille du regard sous l'œil exaspéré de ma mère. Le gars nous fait entrer dans une pièce et s'en va à toute vitesse. Je jubile, je suis vraiment le meilleur !

 

-Arrête Romain, tu me fais honte. Ce pauvre homme n'y est pour rien dans le retard du gynécologue. Je t'ai dit qu'ils avaient eu une urgence.

 

-Roh, ça va, désolé mounette.

 

Elle craque toujours quand j'utilise son surnom.


-Oui, bon, mais ne recommence pas, tu sais bien que ça me met mal à l'aise quand tu joues au petit con. Tu n'es pas du tout comme ça en réalité.

 

-Mais maman, c'est ça qui est marrant !

 

Elle lève les yeux au ciel mais ne répond rien. Un type finit par rentrer dans la pièce. Et là, je suis bouche bée...que fait un mannequin dans un cabinet hospitalier de gynéco ? Ce type est vraiment super beau...non c'est plus que beau, c'est....je n'ai pas de mot !!!! Son corps est parfait, rien que pour ça, il me plait, mais quand on y rajoute son visage, des traits sculptés, des yeux perçants, des cheveux châtains courts...un sourire à damner les saints. Je veux ce type dans mon lit. Malheureusement, il ne me regarde même pas. Toute son attention est centrée sur a mère et son haricot.

 

-Nous allons ouvrir un dossier à votre nom qui vous suivra tout le long de la grossesse. Je vais vous poser quelques questions. Peut-être souhaiteriez vous être seule.

 

Non mais je rêve ou il veux me foutre dehors ? Hors de question, ça fait deux heures que je râpe mes pauvres fesses, déjà bien endolories sur vos chaises pourries, alors, maintenant que j'y suis, j'y reste.

 

La porte se referme devant moi. C'est un scandale. On m'a foutu dehors....et qu'est-ce qu'elle fait de notre moment passé ensemble hein ? Tu parles, je savais que ça sentait l'arnaque. Et tout ça pour un haricot qui va me bouffer la vie pendant les 18 prochaines années ! Je suis très énervé. Au out d'un moment, la porte finit par se rouvrir. Mais eu lieu de ma mère, c'est mon bel infirmier qui est là. Il me fait entrer.

 

-Votre mère est avec le gynécologue pour finir l'interrogatoire. Elle voudrait que vous soyez auprès d'elle pour l'échographie.

 

-Oh, ok ! Comment tu t'appelles ?

 

-Monsieur Lombot. Mais je ne crois pas que...

 

-Non, c'est ton prénom que je veux...et accessoirement une sortie, mais je pense que tu peux commencer par ton prénom.

 

-Ecoutez, je...

 

-Ah, ça va arrête avec le vouvoiement !

 

-Désolé, je ne tutoie pas mes patients.

 

-Ca tombe bien, je ne suis pas ton patient. Alors ?

 

Il reste un instant indécis. Je lui lance alors mon sourire colgate numéro 3 ! Celui pour lequel ils craquent tous. Mais ça ne semble pas fonctionner avec lui. Il lève les yeux au ciel et secoue la tête.

 

-Ecoutez...

 

Aïe, non, ça prend une mauvaise tournure, vite, tentative d'approche numéro 2 :

 

-Moi c'est Romain.

 

Et je lui tends la main. Je sais qu'il est foutu et il semble s'en rendre compte aussi. Il n'a pas vraiment l'air d'avoir envie de répondre, mais si il ne le fait pas, ce serait vraiment très malpoli. Et même si je ne suis pas patient, je suis fils de patiente!
Il finit par se décider et attrape ma main.

 

-Evan.

 

-Super, ça te dirait une petite virée un de ces quatre ?

 

-Quoi ?

 

-Toi, moi, un bar ou un ciné au choix !

 

-Qu'est-ce qui vous fait croire que je serai intéressé par vous ?

 

-Tu m'as maté le cul quand je suis rentré. Ne nie pas, je t'ai vu, dans le miroir, juste là. Donc je sais que les mecs ne te laissent pas indifférent. Et arrête de me vouvoyer. Dis moi, pourquoi tu fais ce métier ? Avec un corps comme le tien, tu pourrais te faire plein de thunes en posant...ou...je sais pas moi, acteur...

 

Il semble un instant perdu mais se reprend très vite. Son visage s'est figé et son ton est cassant.

 

-Ecoutez, ma vie privée ne vous regarde pas. Et de toutes manières j'ai pour règle de ne pas sortir avec des petits cons prétentieux. Maintenant, vous attendez ici, je vous dirai quand vous pourrez rentrer.


Il sort dans une arrière salle. Il a sortit ses griffes. Se sentirait-il menacé ? Bon d'accord, je n'ai pas été très subtil sur le coup. Mais pourquoi faut-il que les types les plus intéressants ne pensent pas uniquement avec leur entrejambe ? Cette réflexion est stupide, c'est bien ça qui fait qu'ils sont intéressants. Mais je ne baisse pas les bras. Je le veux, je l'aurai !

 

Je regarde un peu autour de moi. Des affiches de préventions sont collées sur le mur, une étagère remplie de bouquins, et des photos de bébés...partout des photos de bébés, bon sang, nous sommes envahis !!!

 

Enfin Evan revient.


-Vous pouvez venir.

 

Je le remercie d'un signe de tête et passe la porte en n'omettant pas d'accidentellement caresser sa cuisse avec ma paume de main. C'est fou ce que je suis maladroit. Il me fusille du regard mais, trop tard, j'ai vu les petites rougeurs sur ses joues. Je lui ressort mon sourire colgate N°3 et cette fois-ci, il baisse les yeux dans son dossier.

 

Je détourne finalement les yeux pour trouver ma mère, allongée sur une sorte de table de consultation, le haut du corps légèrement surélevé. Un homme est à ses côtés, il lui étale une sorte de gel sur le ventre. Elle me fait signe d'approcher. Je m'assoies sur le petit tabouret à coté de la table, et elle me prend la main. Je trouve ça ridicule, je commence à en avoir ras la casquette, je veux rentrer chez moi, appeler Elisa...ou alors, m'isoler dans un placard avec mon bel infirmier.

 

En parlant de lui, il installe une sorte de sangle autour du ventre de ma mère, sans pouvoir éviter une petite main au fesses de ma part, en toute innocence ! Puis il allume un appareil relier à la sangle. Au même moment, le gynécologue passe un bidule à l'endroit où il avait posé le gel un peu plus tôt.


Et là, tout s'est arrêté. L'écran s'est allumé et sur le fond sonore de ses battements cardiaques, je vois petit haricot, bien au chaud dans sa bulle, qui fait des cabrioles dans tous les sens ! Je sens à peine la main de ma mère qui sert un peu plus fort la mienne. Elle aussi est émue, mais rien ne peut me faire décoller les yeux de cet écran. Tout d'un coup, petit haricot lève sa main, comme pour nous saluer. J'entends au loin le gynécologue plaisanter avec ma mère. Je reste sans voix. Je crois bien qu'une larme est en train de couler sur ma joue...peut-importe, je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. Et j'entends ses boums boums, réguliers, rapides, signe incontestable de la vie qui évolue dans le ventre de ma mère.

 

L'écran redevient noir. La lumière se rallume. Non, attendez, je veux le revoir encore. Pourquoi c'est si court ? Ma mère me regarde, elle est aussi en larmes.

 

-Alors ? me demande-t-elle


-C'est magnifique. dis-je dans un souffle.

 

Je n'en reviens pas. Comment une si petite chose peut autant me bouleverser. Un mouchoir m'est tendu. C'est Evan. Il me regarde bizarrement. Comme si...comme si il me découvrait sous un nouveau jour. Ca peut se comprendre. Je n'ai plus rien à voir avec le type qui lui a fait du rentre dedans dans la salle tout à l'heure. Mais je ne parviens pas à revêtir mon masque. Je suis trop ému, je suis ailleurs.


Je comprends maintenant. Je comprends pourquoi Evan a choisi ce métier, je comprend pourquoi les gens ne savent parler que de bébés, je comprend qu'un femme enceinte, peut importe son âge, son poids, ses vergetures, sera toujours merveilleuse. Parce qu'il n'y a rien de plus beau que de voir la vie.

 

J'avoue que je suis sonné. Je sais que ma mère parle encore un peu avec le gynécologue, puis nous sortons de la salle. Nous récupérons une enveloppe et ma mère règle. Elle sert la main du gynéco, puis d'Evan. J'en fais de même. Au moment de serrer sa main, je croise son regard. Je lui souris. Pas d'un sourire colgate, non. Juste un petit sourire, pour lui dire merci de m'avoir offert cet instant. Et curieusement, il me le rend. Son visage a perdu toute trace de dureté, et je crois que nos mains sont restés l'une dans l'autre un peu plus longtemps qu'une poignée de main normale.
Peut-être que j'ai une chance, finalement.


 

 

 


Voilà la suite !!! Est-il encore utile de préciser que je n'ai pas du tout suivi le plan de départ ?? C'est pas grave, l'important est que je retombe sur mes pattes !!! ...ça c'est pas encore gagné !!! lol. Je voulais vous dire qu'aujourd'hui était mon dernier jour de vacances, je reprend demain et donc forcément, les mises à jours seront moins nombreuses...Je ferai bien sur tout mon possible, mais le rythme sera nettement moins soutenu que ces 15 derniers jours...Je suis au désespoir....pourquoi les vacances passent-elles toujours aussi rapidement ?
Bref, c'est pas la question. Je vous embrasse, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre !!!
A bientôt !

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 16 avril 2008
Attention, cette fiction risque de contenir des propos plus crus que Cœur figé. Ca ne va sûrement pas être comme ça tout le long de cette fiction, et hônnetement, moi ça ne me choquerai pas particulièrement. Mais je préfère prévenir, qu'on ne vienne pas se plaindre après. Certaines séances de sexe pourront être aussi un peu plus « bestiales » et les mots balancés iront avec. Je pense que ça sera surtout valable pour le/les premier(s) chapitre(s). Après ça devrait se calmer un peu.


Les grandes vacances se terminent enfin. Enfin ? Oui, car trois mois de vacances, on les attend avec impatience, mais au final, on s'ennui rapidement. Je m'appelle Romain, j'ai 18 ans. J'ai eu mon bac il y a trois mois et je m'apprête à rentrer en fac de droit. Je n'étais pas un élève brillant, mais je me suis battu pour pouvoir atteindre mes rêves. La guerre est loin d'être gagnée, mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. Quand je veux quelque chose, je m'accroche. Mon sac est prêt. Mon téléphone sonne. C'est Elisa, ma meilleure amie, ma confidente, la sœur que je n'ai jamais eu.

 

-Salut chéri, t'es libre la, maintenant, tout de suite ?

 

-Toujours pour toi, ma belle !

 

-Ok, j't'attends à notre café dans 5 minutes. Biz.

 

Et elle raccroche. Elle est comme ça Elisa. Franche, directe, complètement marteau !!! Je l'adore. On peut dire qu'on se connaît depuis toujours. Tout avait commencé à propos d'un saligot en culotte courte qui m'avait piqué mon sot et ma pelle. Super Elisa avec sa robe rouge et ses couettes est arrivé, et le saligot en question n'a plus jamais osé croisé ma route. Depuis, c'est une grande histoire d'amour...en toute amitié ! Oui, en toutes amitié, pourquoi ? Elle est lesbienne, je suis homo...ça réduit nettement les chances de se retrouver dans le même lit à part quand on est trop saoul pour tenter d'aller cuver ailleurs. La lesbienne et le gay...vieux cliché ? Peut-être, honnêtement, on s'en fout. Si il fallait qu'on attende l'accord des gens pour vivre, ça ferait un bail qu'on se serait tiré une balle dans la tête.


Je dégringole les marches de chez moi, claque une bise sur les joues de ma mère.

 

-J'ai rendez-vous avec Elisa au café. Je serai là ce soir.

 

-Sois à l'heure pour le dîner.


-Pas de soucis. A tout' mounette !

 

Le premier qui se moque, Elisa lui foutra son poing dans le nez. Oui parce qu'en plus nous avons joué les clichés à fond. Elisa est une très belle fille, mais elle sait jouer de ses poings et les gens qui en font le constat ont souvent du mal à s'en remettre. Moi, je suis plutôt chochotte. Je préfère parler...et je suis plutôt doué pour ça. Ca m'a sortit de pas mal de situation, mais parfois, il fallait juste cogner...alors Elisa était là. Quand je vous dis que nous sommes de vrais clichés.
Bref, tout ça pour dire que, oui, je donne un surnom ridicule à ma mère et, oui, je vous emmerde.


J'arrive au café.

 

-Salut ma belle.

 

-Hello darling.

 

Ma Elisa est là, une salopette avec une bretelle qui tombe et en dessous un haut orange pétard. Des chaussettes pas de la même couleur et des basket tout autant dépareillées. Je ne vous parle pas de ses cheveux un dégradé de couleurs sombres. Un piercing à l'arcade, le mien est à la langue. Elle est magnifique.


-Alors, qu'est-ce que tu voulais ?

 

-Rien de spécial. Juste te voir.

 

-Juste ? C'est déjà pas mal, je trouve !

 

-Arrête t'as les chevilles qui gonflent. Alors, t'es prêt pour ta rentrée ?

 

-Ouais, un peu le trac, mais ça va.

 

-Toi le trac ? depuis quand t'as le trac ?

 

-Bah tu sais bien. A chaque rentrée c'est pareil !

 

-Ah oui, c'est vrai ! Je me souviens à la rentrée au lycée, c'était limite si tu faisais pas dans ton froc.

 

-Roh, ouais ça va, c'est bon, t'es pas obligé d'en rajouter, non plus.

 

-Je rajoute rien du tout, t'arrêtais pas d'aller aux chiottes. T'as presque raté l'appel !

 

Elle part dans un grand éclat de rire qui fait se retourner la moitié des clients du café. Et je finis par la rejoindre. Au bout d'un moment, nous nous calmons un peu.

 

-J'avais oublié que derrière ta grande gueule se cache un p'tit bonhomme pas trop sur d'où il met les pieds !!!

 

-Te v'la poète maintenant, ben ch'uis pas dans la mouise, moi !

 

-T'inquiète, chéri. Si quelqu'un essai de te piquer ton sot, je lui péterai la gueule bien comme il faut.

 

Jolie manière de me dire qu'elle sera toujours là pour moi. Nous ne sommes pas doués en sentiments, ni l'un ni l'autre. Mais d'une certaine manière, on se comprend. Je sais que je peu compter sur elle. L'inverse est tout aussi vrai. On a tout partagé. Le divorce de ses parents, le suicide de son père, nos première expériences, nos premiers râteaux. Nos premiers amours, nos premières désillusions. Une vie à deux. D'ailleurs notre première fois, nous l'avons faite ensemble. Histoire de pouvoir dire qu'une fois dans la vie nous l'avions fait avec quelqu'un de l'autre sexe. Honnêtement, c'était pas trop mal, mais je crois que c'était surtout dû au fait que nous étions ensemble et que ça s'est fait dans une ambiance de délire constant. Nous faisions l'amour en nous marrant.


Nous finissons l'après-midi au flipper. Je suis en train de pulvériser le score quand Elisa m'interpelle :

 

-T'as vu le type là-bas, dans le coin ?

 

Je lève vite fait la tête, puis replonge dans ma partie.

 

-Ouais et ben ?

 

-Il te mate le cul depuis tout à l'heure ?

 

-Que veux-tu ma belle, j'ai un cul à faire tomber les saints !

 

-Frimeur. N'empêche, je crois bien qu'il serait pas contre une petite partie de jambe en l'air...il te dévore carrément des yeux.

 

Je détache mon regard de ma partie pour regarder le mec. Il est plus âgé...sûrement la trentaine, ou pas loin. Encore un qui cherche à rester jeune en couchant avec des jeunes. Mais je dois admettre qu'il est plutôt bien fait. Une sonnerie me sort de mes pensées. J'ai perdu !
Je peste contre la machine pendant que j'échange ma place avec Elisa. Au moins, maintenant, je peux lorgner sur le type sans problème. Il ne me lâche pas du regard. Je sais bien comment ça va finir. Je lui fait un petit sourire en coin, celui qui les fait tous craquer.

 

Il se lève et se dirige vers les toilettes. Quand je me lève pour le rejoindre, Elisa me retient par le bras.

 

-T'as pas le temps, Rom', tu dois bientôt rentrer chez toi.

 

-T'inquiète je ferai vite.

 

Elle lève les yeux puis me sourit.

 

-Amuse toi bien, et oublie pas la capote !

 

-T'inquiète !

 

Je rentre dans les toilettes. Je sens cette douce chaleur s'insinuer dans mes veines. J'aime les endroits insolites. Le type est là, adossé au lavabo, il a l'air chaud ! Heureusement que la musique du bar est assez forte, parce que je sens que ça va donner. Je m'approche de lui, il me choppe par le col et m'embrasse violemment. Il me pousse dans une cabine(*) et referme la porte derrière lui. Il enlève rapidement mon tee-shirt et sa bouche dérive vers mon cou tandis que sa main à largement franchi la barrière de mon pantalon. Il commence à me caresser, il me regarde à nouveau dans les yeux.

 

-Comment tu t'appelles ?

 

-On s'en fout...ahh...on est pas là pour ça !

Il sourit et reprend son exploration. Je suis bien excité maintenant. Et je vois bien que lui aussi. Sa bouche commence à descendre vers mon nombril. Je lui attrape le menton et le fait remonter vers moi.


-J'ai pas le temps ch'uis pressé. Tiens !

 

Lui dis-je en lui tendant une capote. Il paraît un instant surpris, mais son regard lubrique reprend vite le dessus. Il baisse son futal et enfile la capote. Il m'embrasse à nouveau tout en me soulevant par les fesses. J'enroule mes jambes autour de sa taille et je sens ses doigts qui commencent à me préparer.

 

-Putain, je...aaahh j't'ai dit que...j'étais pressé !


-Tant pis pour toi !

 

-Il retire ses doigts et s'enfonce brutalement en moi.

 

-AAAAHHhhhh, putain, oui !!!


Je chope ses cheveux dans ma main, pendant qu'il me pilonne et l'embrasse à nouveau. Il me mord la lèvre. Je sens le goût du sang se mélanger à nos langues. Je gémis de plus en plus fort. Je sais que ça ne va pas durer longtemps, c'est trop intense.

 

-Tu n'es qu'un petite chienne en fait !!!

 

-Et toi un vieux pervers ! Huummm !! Ferme la maintenant, et continue !!

 

Ses coups de reins s'accélèrent. Sa main revient chercher mon sexe, signe qu'il ne va plus tarder à jouir...Pas assez endurant, dommage, ça aurait pu être un bon coup.


Effectivement un peu plus tard, je le sens se répandre en moi dans un cri, et je me laisse aller à mon tour, histoire de pas finir complètement frustré. Mes pieds retrouvent le sol. Avec un peu de PQ, nous nous essuyons, puis nous nous rhabillons. Le type me parle à nouveau.

 

-C'était bon, on peut se revoir ?

 

-Ouais, c'était pas trop mal. Mais non, désolé. Ca va s'arrêter là.

 

Et je sors. Je me lave rapidement les mains et en sortant je l'entend râler.

 

-P'tit con, va...

 

Je rejoins Elisa qui a finit depuis un moment son flipper et qui m'attend dehors.

 

-Alors c'était bien ?

 

-Bof, trop court.

 

-De toutes façons, t'es déjà en retard alors, c'est plutôt une bonne nouvelle.

 

Nous reprenons notre chemin et nous nous séparons à un carrefour. Vous l'aurez compris, je prends la vie comme elle vient. Les mecs viennent et repartent. Je ne m'attache pas, je suis jeune, je profite. C'est pas dans vingt ans que je pourrai m'envoyer en l'air avec qui je veux. Alors je prends comme ça vient. Le seul hic, c'est que la plupart des mecs ne comprennent pas. Pourtant je suis claire dès le début. Jamais je n'ai cherché une relation sérieuse...mais je ne sais pas pourquoi, certains pensent que coucher ça veut dire rester ensemble. C'est faux. Je revendique mon droit de coucher avec qui je veux, quand je veux. La capote est ma meilleure amie, après Elisa bien sur. Je crois qu'avec mes seuls achats, le fabricant de capotes pourrait faire fortune !!!

 

J'arrive chez moi.


-Tu es en retard Romain.

 

-Désolé papa, j'étais avec Elisa, j'ai pas vu le temps passer.


-Comme d'habitude. Allez, installe toi.

 

La table est déjà mise...étrange ! D'habitude, c'est moi qui doit la mettre, même quand j'arrive en retard...surtout quand j'arrive en retard, d'ailleurs !!! Il y a un malaise quelque part, je le sens. Ma mère gigote d'une fesse sur l'autre, mon père tortille ses couverts....
La dernière fois qu'ils m'ont fait le cou je me suis retrouvé à passer l'été chez mes cousins à m'ennuyer comme un rat mort pendant près de deux moi dans leur bled paumé, parce que mes parents avaient gagné un voyage pour deux. Ca sent mauvais tout ça.

 

Je m'installe et demande :

 

-Bon, qu'est-ce qui se passe cette fois ?

 

-Eh bien, ta mère et moi, avons quelque chose à te dire.

 

-Oui, ça je l'avais bien remarqué, vois-tu. C'est bien pour ça que je vous demande : qu'est-ce qui se passe ?

 

-Nous avons une excellente nouvelle à t'apprendre mon chéri.

Me dit ma mère.

 

-Une excellente nouvelle pour moi, ou pour vous ?

 

-Romain, que dirais-tu d'avoir un petit frère ou une petite sœur ?

 

-.....Pardon ?

 

-Je suis enceinte mon chéri.

 

Voilà le genre de cas où les félicitations sont de rigueur. Mais je dois avouer que là, je suis trop secouer pour y penser et les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont :

 

-Bordel de merde !!!!


 

 

*Décidément...ça doit être un fantasme de mon inconscient les cabines de toilettes...lol, c'est la deuxième fois que je fais ça dans ces lieux...lol...mes pauvres persos!!!



Voilà le prologue de ma nouvelle histoire. Pour une fois j'ai fais un joli plan avec le nombre de chapitre et tout...et bien sur, rien qu'avec le prologue, je suis déjà sortie du plan. Donc, je pense que comme d'habitude, ça devrait joliment partir en cacahuète et revenir à pied !!!
J'espère quand même que ça vous à plu. La trame principale n'est pas encore mise en place, mais vous avez une idée de la personnalité du personnage principal (qui a dit débauché ?) !
A très vite !!!

Par Meryl
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander

Créer un Blog

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sexy sur erog.fr - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés

: les blogs pour adultes d'