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  • : 13/10/2007

Dépendance

Mercredi 18 mars 2009
Booooonnnjouuuuurrrrrr!!!
Comme promis, voici la suite de dépendance, j'espère que ce chapitre va vous plaire!!!
par contre j'ai des examens qui approchent, donc pendant les 15 prochains jours, je n'aurai pas beaucoup de temps pour écrire. Ce que je vous propose (impose serait plus approprié...lol) c'est de continuer à publier ma nouvelle histoire 1 fois par semaine (le dimanche, vu que le dernier chapitre a été publié dimanche dernier) car les 10 premiers chapitres sont écrits. Et si jamais j'avais le temps d'écrire les autres histoires entre temps, je les posterais au fur et à mesure....mais bon, je n''y crois pas trop....
Ne vous inquietez pas, je n'arrête aucune des fictions, c'est juste que le temps va me manquer pendant une quinzaine de jours...

Je me suis enfin décidée pour un titre pour la nouvelle histoire...je n'en suis pas particulièrement satisfaite, mais elle n'allait pas rester indéfiniment sans nom...donc ça sera "Royale destinée".....et même si je trouve mieux, je n'en changerai pas. Parce que ça se fait pas...lol (vous aimeriez, vous, du jour au lendemain que vos parents changent votre prénom? Comment ça c'est qu'une histoire? Mais euh....)

N'oubliez pas que vous avez le droit de bombarder l'auteur de coms, parce qu'elle adore ça!!! Si vous pouviez éviter les tomates, ça tache!  Vous pouvez aussi lui envoyer plein d'argent et des mots d'amour pour lui dire à quel point elle est géniale!!!......après avoir lu ça, vous pouvez aussi appeler un service psychiatrique, si vous vous inquiétez de mon état mental!!!

Bisousà toutes et bonne lecture!

Merci encore pour tous vos messages!!!

 

 


« Sur le pas de la porte, un jeune homme attend, dos tourné, contemplant le jardin. Des cheveux châtains tombent sur sa nuque. Ma respiration s'accélère et lorsqu'il se retourne, le regard lumineux, elle se bloque dans ma poitrine. Et alors qu'il s'approche de moi, un sourire rayonnant collé sur le visage, je n'ose croire que je ne suis pas en train de rêver. Et tandis que sa main se pose sur ma joue avec tendresse, je ne peux que lâcher dans un murmure étranglé par les larmes :

 

-Riley... »

 

Sans attendre plus longtemps je me jette dans ses bras. Je n'arrive pas à y croire. Depuis le temps que je l'attends ! Il est bien là, devant moi, il a l'air en pleine forme. Avant que j'ai le temps de parler, il attrape mes lèvres avec avidité et nos langues se retrouvent enfin, avec passion. A bout de souffle, nous finissons par nous séparer, et j'en profite pour éloigner ma tête très légèrement, juste pour le plaisir de contempler ses yeux vidés de toute substance.


-Tu...tu es clean ?


-Clean comme jamais.


Et à nouveau ses lèvres retrouvent les miennes. Mes mains se perdent dans ses cheveux tandis que les siennes passent et repassent dans mon dos, pour finir par aller s'accrocher à mes fesses, tout en me serrant davantage contre lui. Je sens l'excitation m'envahir par vague et le baiser se fait plus sauvage. Un toussotement me fait reprendre contact avec la réalité. Je tourne la tête légèrement, sans sortir de l'étreinte de Riley.


Alix, qui m'avait suivi, nous regarde d'un air peiné. Et j'aurai aimé ne pas déceler cette douleur dans ses yeux en nous voyant enlacés. Je pense que Riley voit la même chose que moi car son étreinte se ressert et je sens sa bouche déposer un baiser dans mes cheveux. Je m'éloigne légèrement de lui et fais les présentations.


-Alix, je te présente Riley. Riley, voici Alix, il est mon éducateur référent, ici.


Riley et Alix se serrent la main assez sèchement et se toisent du regard. Puis les yeux d'Alix se détournent et se posent sur moi.


-Je serai dans mon bureau si tu as besoin de moi. A plus tard.


-D'accord, à plus tard.


Alix s'éloigne et disparaît au bout du couloir. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi mon cœur se serre. Je ne voulais pas lui faire du mal, surtout pas...pas à lui.

Mais Riley me reprend dans ses bras et pose de petits baisers dans mon cou.


-Tu me montres ta chambre ?


Je l'entraîne derrière moi à travers les couloirs. Je sens une légère pointe de gène...je n'ai pourtant pas à culpabiliser, j'ai le droit d'emmener du monde dans ma chambre. Alix me l'avait assuré. Alors pourquoi, je me sens coupable ?

Je croise le criquet junior et il me regarde surpris. Ses yeux font des allers-retours entre Riley et moi. Je réitère la scène des présentations. Le Criquet junior semble méditer à toute vitesse, mais ne fait aucun commentaire et finit par s'en aller en nous faisant un signe de tête. Je sens Riley me pousser légèrement et nous reprenons la route. Arrivés dans ma chambre, je ferme la porte derrière moi et je n'ai pas le temps de me poser davantage de question. Riley dévore à nouveau ma bouche et comme à chaque fois, j'oublie tout. Rapidement, mon pull et mon tee-shirt ne sont plus qu'un lointain souvenir. Riley ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits. Ses mains, sa bouche sont partout sur mon corps. Je me retrouve allongé sur le lit, sur le ventre. Je retrouve les vieilles habitudes. Ces gestes je les connais par cœur. Il me déshabille, m'excite au plus haut point, me prépare sommairement et me fait l'amour passionnément, sauvagement. A travers chacun de ses gestes, je sens son amour, sa peur de m'avoir perdu, sa joie de me retrouver. Et rapidement mes cris rejoignent les siens. Son sexe fouille en moi, ses mains se cramponnent à mes hanches. Il se réapproprie mon corps, encore une fois. Et dieu sait à quel point ça m'avait manqué. Mon cœur se réchauffe. Il est venu. Il est venu pour moi, et il est clean. Nos promesses étaient-elles réellement réalisables ? Sommes nous vraiment en train de sortir de l'horreur qu'est devenue notre vie ? Après quelques minutes, il vient en moi puis se retire.


Maintenant, c'est mon tour, comme toujours. Ses caresses reprennent, douces, sensuelles, téméraires. Je suis une poupée de chiffon entre ses mains tant je m'abandonne. Et le plaisir monte, encore et toujours, puissant, dévastateur. Mais Riley l'a senti et déjà, il ralentit la cadence. Il fait toujours en sorte que chacun de ces moments partagés soit intense et gravé. Mais comment pourrais-je l'oublier ? Lui qui m'appartient, lui à qui j'appartiens. Mon sauveur, mon amant, mon amour. Les mots d'amour reviennent à mes lèvres aussi vite que mon corps a retrouvé ses sensations perdues. Et je les lui lance avec un plaisir non dissimulé. La chaleur a plus que doublé depuis le début et nos deux corps nus et transpirants se rencontrent dans une parfaite symbiose. Plus rien d'autre n'existe. Quelle importance, le reste du monde, puisqu'il est là, avec moi ? A son tour, il me murmure des mots, des mots doux, des mots salaces, des promesses. Je sens mon corps échapper à mon contrôle et dans quelques derniers sursauts, je rends les armes à ses pieds.


Lorsqu'à son tour il vient en moi, il se couche sur mon torse et m'enlace. Mes mains partent s'aventurer dans ses cheveux en une caresse apaisante. Nous restons un long moment ainsi, l'un contre l'autre, nous caressant lentement, reprenant notre respiration, nous embrassant aussi. Et une envie monte en moi. Une envie que je n'ai pas ressenti depuis un moment. Une envie de drogue. Là, maintenant, tout de suite, je donnerai n'importe quoi pour un bon shoot ! Notre rituel est-il donc immuable ? Nos gestes sont-ils tellement les mêmes depuis si longtemps que mon corps puisse prévoir à l'avance quelles sera la prochaine étape ? Je m'accroche à Riley en le serrant contre moi. A cet instant précis, j'ai peur de ce dont je suis capable. Heureusement, Riley se lève et me tire par la main sous la douche. Ne me lâche pas. Surtout ne me lâche pas, ou je replonge aussi sec ! Riley savonne mon corps et j'en fais de même. Je me sens apaisé... pour l'instant. A nouveau habillés, cela ne nous empêche pas de rester l'un contre l'autre. Nous passons l'après midi ensemble, à nous embrasser, nous caresser, à faire l'amour, encore et encore, comme si nos corps n'étaient jamais rassasiés l'un de l'autre. Nous parlons assez peu. Cela n'a pas d'importance. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Car ce soir, nous le savons, il devra repartir et j'angoisse d'avance à l'idée de le perdre à nouveau. Et pour combien de temps, cette fois ?


C'est alors qu'entre deux baisers, je l'entends me murmurer :


-Rentre avec moi.


Je reste un instant immobile, incertain d'avoir bien compris. Il se redresse sur son coude et me regarde droit dans le yeux.


-Tyler, rentre avec moi. Rentrons chez nous.


Oh non, ne me demande pas ça.


-Riley...je ne peux pas. Tu le sais.


-Pourquoi pas. Regarde nous, ça y'est, tout va bien, nous avons réussi ? Pourquoi nous faire patienter encore ? J'ai tellement envie de toi. De t'avoir contre moi.


Tout en parlant, Riley frotte légèrement son bassin contre le mien.


-Je crois que...hmmm....arrête Riley. Je... je ne suis pas prêt...


-Tu ne veux plus de moi ?


-Quoi ? Non, enfin, pourquoi tu dis ça ?


-Alors pourquoi, Tyler ? Qu'est-ce qui te retient ?


Ses mouvements continuent, amples, lents. Et sa bouche et partie à l'assaut de mon cou.


-Je viens de hmm...te le dire. Je ne suis pas prêt...


-Pourquoi ?


Je le repousse doucement avant de ne plus pouvoir aligner deux pensées cohérentes.


-Je...je suis... trop faible... Riley, comprends moi, je t'en prie. Si je sors maintenant, je replongerai, tu le sais.


-Mais je serai là, moi. Je t'en empêcherai.


-Non Riley, toi non plus tu n'es pas assez fort.


-Quoi ? Mais je...


-Non, écoute. Nous venons d'être sevrés tous les deux. Et nous ne sommes pas suffisamment forts pour résister si on se retrouvait ensemble, comme avant. Combien de temps il faudrait pour reprendre nos vieilles habitudes ?


Riley se tait. Il sait que j'ai raison, même si c'est douloureux. Nous allons encore attendre avant de pouvoir nous retrouver.


-Tu ne comprend pas. J'ai besoin de toi. J'ai besoin de t'avoir à mes côtés. Parce que je t'aime...mais aussi pour....


Il semble hésiter un peu, cherchant ses mots.


-...je ne t'ai pas trompé, tu sais...je...pendant tout ce temps, à part mes clients, je n'ai eu personne dans mon lit... Mais tu me connais Tyler. J'ai besoin de baiser. J'en ai besoin souvent et surtout après le boulot.


-Tu veux que je revienne pour que tu puisses baiser ?


-Non ! Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis. Je t'aime Tyler et tu le sais. Et avec toi, je fais l'amour...et j'adore ça. Mais je vais avoir besoin de...décompresser après le travail...tu vois, je...


-Tu veux aller voir quelqu'un d'autre.


Riley ferme les yeux et soupire.


-Ca ne serait que pour ça, Tyler. Uniquement pour ça. Il n'y aura rien de plus que...que de la baise. Je t'aime. Je t'aime, mon amour, mais je n'ai plus de came et...et j'ai besoin de compenser... j'ai besoin de sexe...et...


Je le serre dans mes bras. Une larme s'échappant de mes yeux.


-C'est bon, je suis d'accord...


Il reste un instant stupéfait.


-C'est vrai ?


-Oui.


-Tu ne m'en veux pas trop ?


-...


-Tyler, je t'en prie.


-Je...j'accepte parce que je sais que tu en as besoin et que je sais ce que tu ressens. Et même si je n'apprécie pas l'idée... je n'ai pas le droit de t'infliger ça. Mais j'ai une condition.


-Laquelle.


-...J'ai... moi aussi j'ai des besoins...


Pas la peine d'aller plus loin, Riley a comprit. Sa mâchoire se crispe violemment et son regard est furieux.


-C'est ton référent, c'est ça ?


-Non. C'est un autre pensionnaire, c'est un ami.


-Je...Tyler, tu sais comme l'idée de te partager m'est insupportable !


-Je sais. Mais je ne te laisse pas le choix, Riley. Si j'accepte que tu le fasses, tu dois savoir que je le ferai aussi. J'ai eu tellement envie de toi ces dernières semaines, sans pouvoir te sentir en moi, c'est invivable...


Riley ferme les yeux, douloureusement et pose sa tête dans le creux de mon épaule. Difficilement, il hoche la tête.


-Bien...mais promets moi...promets moi de ne pas tomber amoureux !


Je lui redresse la tête et le regarde droit dans les yeux. Ils sont embués.


-Jamais ! Il n'y a que toi, Riley. Pour toujours !


Je l'embrasse passionnément, comme pour sceller ma promesse.


-Je vais bientôt devoir partir...


Je l'embrasse à nouveau, lui coupant la parole et à mon tour je me glisse contre lui pour frotter nos intimités.


-Pas tout de suite...


 Sa main s'agrippe à ma fesse et je sens ses ongles riper contre ma peau tandis que son bassin ondule maintenant en cadence avec le mien. Nos lèvres ne se séparent que pour échapper quelques paroles, avant de se retrouver plus voracement encore.


-Tyler...dis le...dis que t'as envie de moi.


Je commence à perdre le contrôle, déjà. Je laisse échapper entre deux gémissements :


-J'ai envie de toi...


Ses mouvements sont plus rapides et je sens ses doigts partirent vers mon intimité pendant que ses dents font leur marque sur mon épaule.


-Dis que tu veux que j'te baise...


Bon sang, rien que ça voix, rauque de désir, fait naître en moi des frissons.


-Ouiiii, vas-y...baise moi !


Ces mots que je ne prononce pas souvent semblent l'exciter au plus haut point. Il se redresse et attrape mes hanches pour me pénétrer profondément. Je lâche un cri, mélange de douleur et de plaisir mais ses vas et viens me font déjà tourner la tête.


-Dis moi que tu m'aimes !


-Je t'aime...oh putain Riley, je t'aime...mon amour !


Ses mouvements de reins se font plus lents, une véritable torture.


-Dis moi... ce que tu veux, maintenant.


-Ooohh...Riley, oui....encore....plus fort....


Mais Riley garde un rythme lent et me susurre :


-Supplie moi...


Je tente de résister, mais mon corps est parcourue de léger spasmes, tellement il réclame à retrouver cette ardeur qui le tiraille. Entièrement soumis, je gémis :


-Hmmm...amour...s'il te plaiiiit....


Et il s'exécute. Les mouvements repartent de plus belle dans un crescendo d'émotions. Ses mains griffent mes cuisses et son sexe me brûle de l'intérieur. Je suis chaud comme la braise. La vue de Riley en contre plongée, prenant un plaisir immense ne fait que redoubler mon excitation. Encore une fois, je m'en vais toucher les étoiles !



Après une autre douche, la dernière de la journée, nous nous rhabillons. Il est temps pour Riley de partir. Nous sommes maintenant sur le parvis. Je m'accroche à ses lèvres, tentant désespéramment de le retenir près de moi, le plus longtemps possible. Nous n'avons eu qu'un après midi. C'est trop court. Je veux plus, beaucoup plus. Je ne suis pas sevré de lui, je le veux près de moi...ne pars pas... Nos regards sont attirés par le parking, une silhouette s'y engage.


-Eh...mais je le connais...,s'exclame Riley...C'est...c'est un client !


-Tu veux rire ?


-Non, pas du tout, c'est un client assez régulier...il a...des demandes un peu spéciales et il me prend vraiment pour une grosse merde, mais il paye plutôt bien, alors...Tu le connais ?


-Un peu...pas vraiment...je crois que c'est un sale type...


-Oui, je crois aussi, fais attention à toi. 


Et il m'embrasse doucement, pendant qu'au loin s'éloigne le docteur Kirst. Une réflexion étrange me passe par la tête. Pourquoi je n'ai pas parlé à Riley du psy ? D'habitude, je lui dis absolument tout...alors pourquoi j'ai fait comme si je le connaissais à peine ? Peut être l'angoisse de la séparation me fait agir bizarrement. Mon cœur se serre à cette idée.


-Je ne veux pas que tu partes.


-Je voudrai que tu viennes avec moi.


-Oooh Riley...je t'en prie...si tu savais comme j'en ai envie...mais je...


Riley me fait un petit sourire triste.


-Je sais...tiens moi au courant, ok...dès que tu es prêt, je viens te chercher, je t'emmène loin d'ici...tu me le jures ?


-Je te le jure.


-En attendant, je vais essayer de trouver un boulot...et...je repasserai dès que je le pourrai, d'accord ?


-D'accord. Je t'aime.


-Je t'aime.


Riley m'embrasse une dernière fois passionnément, puis s'éloigne doucement. Il se retourne une dernière fois aux grilles du centre. Il me fait un petit signe de la main et disparaît dans la nuit. J'ai l'impression de le perdre. Je ne suis pas bien du tout.


J'ai envie d'un gros shoot !
Par Meryl
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Mercredi 4 mars 2009

Bonjour à tous, bonjours à toutes !


Voici le nouveau chapitre de Dépendance. En espérant qu'il vous plaise !


Ensuite, merci à celles qui ont cherché, mais j'a retrouvé la fiction que je cherchais et malheureusement pour moi, elle en est toujours au même stade (frustration quand tu nous tiens !!!). Si certaines d'entre vous veulent la lire, le titre c'est Au placard et c'est écrit par Babydracky. Voici le lien : http://www.fanfiction.net/s/1781984/1/Au_placard


Enfin, je ne sais plus si je vous en ai déjà parlé, mais une nouvelle histoire est en cours d'écriture. Le chapitre 1 est prêt, le deuxième est en cours. Il me manque le titre (comme d'hab, quoi !) C'est une histoire qui, si tout se déroule comme prévu, se déroulera en trois partie et sera composée de 16 chapitres. Si j'arrive à bien écrire ce que j'ai dans la tête, j'espère pouvoir vous offrir un truc pas mal... Je ne sais pas quand je vais commencer à poster...


Merci à tous et toutes pour vos commentaires, j'adore les lire. Je suis heureuse que mes histoires vous plaisent et vos p'tits mots me touchent souvent beaucoup ! Donc merci à vous d'être toujours là.

Bisous, Meryl.

 

 



Les jours passent et se ressemblent au centre. Nous ne sommes toujours pas passés à l'action. J'ai l'impression que la peur nous cloue sur place, l'un comme l'autre. Nous n'en parlons pas, et même si nous le faisions, je crois que jamais Jordan ne reconnaîtrait appréhender autant que moi. Finalement nous avons décidé que étant le plus petit, je resterai dans le bureau, caché à attendre que les « patients » arrivent. Jordan attendra dehors, prêt à intervenir à la moindre alerte, quitte à foutre le plan par terre. Il me l'a promis, il ne quittera pas son poste. Alors nous attendons, guettant le bon moment pour agir, tout en repoussant chaque occasion pour n'importe quel prétexte, aussi bidon les uns que les autres : un cours à finir, un rendez-vous avec Alix, un mauvais pressentiment...


L'hiver est bien là, à présent. Les flocons tombent abondamment depuis plusieurs jours, recouvrant la ville d'une fine couche blanche, qui sera bientôt transformée en mélange boueux sous les pas des passants et les roues des voitures. Le jardin du centre est particulièrement attrayant, et l'idée que les fêtes se rapprochent pourrait presque me faire plaisir, si je ne détestais pas autant cette période.



-Tyler, tu es avec moi ?



Je sursaute légèrement, m'arrachant à la contemplation de l'extérieur, par la fenêtre du bureau d'Alix.



-Oui, désolé. Tu disais quoi ?



Un petit sourire amusé s'étira sur les lèvres de mon référent.



-Je te demandais quel était ton bilan pour le moment, mais si tu préfères, on peut parler de la neige qui tombe...



-Non...non, ça va aller...



-Alors ?



-Alors quoi ?



Alix semble hésiter entre l'amusement et le désespoir.



-Ton bilan depuis ton arrivée au centre ?



-Euh....



J'ai déjà fait deux crises plutôt violentes, j'ai subi les avances, les menaces et une fellation forcée de mon psy, je me pose des questions sur mon avenir, des questions sur mon petit copain, petit copain que j'ai par trois fois failli tromper avec un type aussi paumé que moi, j'ai passé une épreuve d'acceptation par ce même type et sa bande, je suis sur le point de mettre à exécution un plan dans le but de virer le type qui fait de ma vie ici un enfer et je me suis surpris à penser à mon référent dans des rêves pas vraiment catholiques....



-Ca va.



-C'est tout ?



-Ben...qu'est-ce que tu veux savoir ?



Alix soupire exagérément.



-Bon, ok. Laisse tomber, c'est pas grave...Est-ce que tu voudrais me parler de quelque chose en particulier ?



-J'aimerai que tu me parles de Stéphane.



La brusque contraction de sa mâchoire me prouve ce que je savais déjà : mauvaise idée. Cependant, la douleur remplace rapidement la colère dans ses yeux et lorsqu'il prend la parole, elle est dénuée d'agressivité.



-Je n'ai rien à dire là dessus.



-Moi je crois que ça te ferai du bien.



-Ecoute, Tyler, tu sais déjà tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet. Alors s'il te plait, ne remue pas le couteau dans la plaie. Nous sommes ici pour parler de toi.



Je hoche la tête doucement.



-Désolé.



-Ca n'a pas d'importance.



Je me retiens de dire qu'au vu de sa réaction, ça doit en avoir beaucoup pour lui. Je décide de changer de sujet. Et aussi stupide que cela puisse paraître mes yeux retombent sur le manteau blanc qui recouvre le jardin.



-Tu sais, je n'aime pas l'hiver.



-Pourquoi ?



Je laisse échapper, malgré moi, un petit rire cynique.



-C'est une longue histoire.



Un léger silence ponctue ma phrase.



-Tu veux m'en parler ?



Je secoue la tête négativement.



-Tu veux changer de référent ?



Je fixe mes yeux dans les siens. Une sourde angoisse me prenant brusquement aux tripes.



-Pourquoi je ferai ça ? Tu ne veux plus de moi ?



Je rougis lorsque je comprends le double sens que ma question peut avoir, mais mes yeux restent ancrés dans les siens. Sa réponse est trop importante à mes yeux.



-Ne te méprends pas. Je...j'aime beaucoup travailler avec toi, mais compte tenu de ce que je t'ai dit l'autre jour, je comprendrai que tu ne veuilles pas....enfin je vois bien que tu ne veux pas me parler, mais c'est nécessaire à ton processus de guérison. Donc si tu ne veux plus de moi comme référent, tu peux parfaitement demander à en changer.



Je reste pensif un instant, Alix semble maintenant aussi gêné que moi. Mais nos yeux ne se quittent pas pour autant. Je me redresse sur ma chaise pour poser mes coudes sur le bureau, adoptant la même position que lui et rapprochant donc ma tête de la sienne.



-Je ne veux pas parler de mon passé, ni de la raison de ma présence ici. Je ne....je ne suis pas prêt pour ça, ok ?! Mais quand ça sera le cas, tu seras....le seul...que j'aurai envie de venir voir.



Alix hoche la tête et s'apprête à répondre quelque chose lorsque des coups sont tapés à la porte. Alix lève les yeux au ciel, et semble énervé d'être coupé.



-Quoi ?



La porte s'entrouvre et la tête de Jordan apparaît, il nous observe un instant et je me rends compte que nous sommes toujours accoudés l'un en face de l'autre, nos têtes à une dizaine de centimètres l'un de l'autre. Je me redresse alors sur ma chaise, tentant d'ordonner à mes joues de ne pas se colorer, sans grand succès. Jordan me regarde et me lance un petit sourire ironique.



-Tu veux quelque chose Jordan ?



Mon ami se concentre à nouveau sur Alix.



-Il faut que Tyler vienne avec moi.



-Qui le demande ?



-C'est moi.



-Nous sommes en entretien.



-C'est urgent....et personnel, rajoute Jordan en voyant qu'Alix cherche des explications.



-C'est bon, Alix, j'y vais. Je reviendrai plus tard.



Je me lève et sort avec Jordan en faisant un petit signe de la main à Alix qui me répond par un mouvement de tête. Il ne semble pas vraiment ravi. Les paroles de Jordan résonne alors dans ma tête « si tu veux mon avis, je ne suis pas le seul...je pense que notre éducateur te trouve, lui aussi, très à son goût » Ce pourrait-il que ce soit vrai ? Ce pourrait-il que mes récents fantasmes prennent forme ? Je me fustige mentalement pour penser à de tels propos alors que dans mon esprit, le visage de Riley s'impose brutalement. Un coup de coude de Jordan dans mes côtes me sort de mes pensées.



-Eh bien, ça a l'air de bien avancer avec Alix !



-Quoi ? De quoi tu parles ?



-Te fous pas de moi ! J'ai rarement vu une telle tension sexuelle entre deux personnes !



-Tu dis n'importe quoi, y'avait rien de tel.



-Arrête, on aurait dit que vous vous faisiez l'amour avec les yeux. Si j'étais arrive quelques minutes plus tard, je suis sur que je vous aurai retrouvé sur le bureau, très occupés....la prochaine fois, j'attendrai un peu !



Une brusque chaleur envahie mes reins à cette idée. Vite, changer de sujet !



-Tu délires, je te dis ! Bon qu'est-ce que tu voulais ?



Son visage jusque là moqueur, devient brusquement sérieux.



-Il a été appelé à l'extérieur, c'est le moment d'y aller Tyler.



Un frisson de terreur glisse le long de ma colonne vertébrale.



-Maintenant ? T'es sur ?



-Oui, c'est le moment ou jamais, on aura pas souvent d'autres occasions comme ça.



-Ecoute je sais pas si c'est une bonne idée, il faudrait qu'on y repense encore un peu....c'est précipité...



-Tyler, j'ai rendez-vous avec lui dans deux jours....



Sa phrase et tout ce qu'elle implique me fait mal au cœur. Mon rendez-vous à moi est dans un peu moins d'une semaine et j'angoisse déjà. Il ne m'en avait pas parlé de son rendez-vous. Et je sens bien qu'il vient d'abattre sa dernière carte pour me convaincre.



-S'il te plait, je ne veux plus jamais que les mains de ce type se posent sur moi. J'en dors plus, il me fait gerber. Me fais pas faux bond maintenant ! J'ai besoin de toi. Ne le laisse plus me toucher...



Sa voix, devenue suppliante et ses yeux ne me laissent pas vraiment le choix. De toutes façons, on a assez repoussé le problème comme ça. Je prends une grande inspiration et acquiesce.



-Ok, on y va. T'as l'appareil ?



Il me tend le jetable que je coince sous mon sweat-shirt et nous nous dirigeons vers son bureau en silence, guettant le moindre mouvement à chaque coin de couloir.



Enfin nous arrivons et Jordan arrive sans grande peine à ouvrir la porte et la referme derrière nous. J'ai l'impression de pénétrer dans l'antre du diable. Nous restons un moment immobiles, indécis. Puis Jordan me montre une armoire.



-Là, regarde.



Lorsque nous ouvrons l'armoire, Jordan s'empare des documents qui  pourraient me gêner et va les cacher dans un placard un peu plus loin. En espérant que le psy n'ait pas besoin d'eux au cours de la journée.



-Installe toi là, et fais attention à prendre une position pas trop fatigante, tu vas sûrement y rester un long moment.



Je reste un instant tétanisé.



-Jordan, je peux pas...



-Quoi.



-J'ai la trouille, je...ça va pas marcher....je peux pas...



-Tyler, calme toi.



-Non, je peux pas, si il me chope, je suis foutu...je...



Des pas se font entendre et un trousseau cliquette à quelques pas de nous. Nos regards se croisent et je pense que mes yeux reflètent la même chose que ce que je vois dans ceux de Jordan : une terreur sans nom. Complètement paniqué, je chuchote :



-Jordan, il arrive, qu'est-ce qu'on fait ?



Pendant une demi seconde je vois une foule d'émotion passer sur son visage puis, il me fait face avec une détermination que je ne lui connaissais pas encore. Puis il me pousse dans l'armoire.



-Rentre là-dedans, reste caché et mitraille. On va l'avoir se salop.



Je n'ai pas le temps de comprendre ni de protester, la porte est déjà refermée sur moi. Je me sens trahi, je voudrais hurler et sortir de là, mais déjà la porte du bureau s'ouvre et le psy entre. Je me recroqueville sur moi même en tentant de refréner les tremblements qui m'agitent. Le docteur Kirst se fige un instant en voyant Jordan, une fesse posée sur son bureau. Mais rapidement il se reprend et c'est avec une voix dégoulinante de mépris qu'il s'adresse à Jordan.



-Monsieur, Brignoux, puis-je savoir ce que vous faites ici ?



Jordan se redresse et lui fait face.



-Je voulais vous voir, monsieur.



Un rictus dédaigneux s'inscrit sur le visage du psychologue.



-Il me semble qu'on se voit bientôt....dans deux jours si je ne m'abuse, rajoute-t-il après avoir jeté un coup d'œil dans son agenda. Je n'ai pas que vous à voir.



-Je sais bien monsieur, mais...il fallait absolument que je vous vois et....



J'observe Jordan déglutir.



-...et je n'en pouvais plus d'attendre.



En disant cela, il adopte une pose aguicheuse et fait descendre son regard de haut en bas, semblant déshabiller son vis-à-vis du regard.

Le psychologue semble un instant troublé, puis regarde autour de lui, sûrement pour chercher où est le piège. Je me tasse encore plus dans mon armoire, observant toute la scène par l'interstice entre les deux portes.



-C'est une blague ? Je vous préviens, ça ne me fais pas rire. Sortez de mon bureau immédiatement !



Jordan s'approche alors de lui, tout en continuant à adopter une attitude des plus suggestives, lui tournant autour, laissant juste un doigt le caresser furtivement.



-Je ne plaisante absolument pas, monsieur. Croyez bien que j'ai essayé de lutter...mais j'ai eu beau tenter l'impossible, il faut que je me rende à l'évidence...vous et moi...nous partageons une alchimie...vous ne pouvez pas ne pas l'avoir remarqué au cours de nos....séances régulières...



Jordan continue à tourner autour du psy et je vois celui-ci commencer à perdre contenance. Sa respiration s'accélère, ses doigts se crispent et son regard...le même qu'il m'avait lancé en me voyant à ses genoux, un regard de prédateur, un regard pervers et excité. Et c'est seulement en voyant Jordan continuer son petit jeu que je me rend compte de ce qu'il va faire. Ca ne devait pas se passer comme ça. Ce n'est pas Jordan que je devais photographier avec lui, nous devions nous débarrasser pour toujours de ce type, pas repasser sous lui à nouveau. Pourtant il n'arrête pas, se rapprochant un peu plus de sa cible au fur et à mesure, jusqu'à se retrouver tout contre lui, leur nez se touchant presque.



-Dites moi que je ne vous fais pas d'effet.



Sa main qui jouait alors avec le col de la chemise descend se poser sur son entre jambe.



-Dites moi que vous n'avez plus envie de moi.



Dans une dernière tentative de reprendre le contrôle, le psychologue serre les poings et lance d'une voix tremblante d'anticipation.



-Si vous essayez de m'avoir je vous jure que...



Ses paroles sont coupées par les lèvres de Jordan. Ces lèvres si douces que j'ai pris tant de plaisir à découvrir. Et alors je me rend compte que Jordan endosse le rôle de martyr. Il est prêt à se sacrifier pour pouvoir nous sauver tous. Je me mords la main pour ne pas laisser mes larmes couler, pour ne pas vomir pour mon ami. Je n'en ai pas le droit, ce n'est pas moi qui subis.



Le docteur Kirst éjecte soudain Jordan sur son bureau.



-Ne me touche pas, espèce de vermine. Je savais bien que vous n'étiez tous qu'une bande de petites chiennes en chaleur ! Tu vas voir ce que je vais te mettre ! Puisque t'as l'air d'adorer ça, tu vas y avoir droit !



Sur ce, il le retourne, face sur le bureau et commence à baisser son pantalon. Jordan relève doucement la tête et je croise son regard angoissé. Un bref signe de tête, comme un signal, je dégaine mon appareil. Je prends une première photo et je suis horrifié de constater le bruit qu'il fait lorsque j'appui sur le déclencheur. Mais très vite, le cri que Jordan pousse sous l'intrusion brutale me couvre. « Je le revois dans deux jours » Le rythme est tout de suite violent et rapide. « S'il te plait, ne le laisse plus me toucher » Les poings de Jordan se serrent sous les assauts répétés de son agresseur et j'assiste impuissant à un viol, provoqué certes, mais non consentant quand même.  « Je ne veux plus jamais que les mains de ce type se posent sur moi ». Les larmes coulent sur les joues de mon ami, puis il baisse la tête pour la cacher dans son bras replié tandis que je continue mon travail écœurant, profitant des gémissements de l'un et des plaintes de l'autre pour prendre des photos sans me faire repérer. « J'ai besoin de toi ». Lorsqu'il a fini son affaire, le psy se retire de Jordan qui manque de s'écrouler et se raccroche au bord du bureau, puis il lui murmure quelque chose à l'oreille que je ne peux entendre. Avant de reprendre plus fort :



-Maintenant dégage !



Jordan se rhabille assez doucement pour éviter les gestes brusques mais tout de même le plus rapidement possible, puis il sort, le visage ravagé par les larmes. Je sers les dents pour ne pas laisser éclater ma peine et ma haine, un goût amer de bile se répandant dans ma bouche et ma gorge. L'air plus que satisfait du psychologue me donne des envies de meurtre. Mais je reste caché dans mon armoire, trop peureux, trop honteux, à attendre la prochaine victime de ce pervers, qui ne tarde pas à arriver. L'après midi se passe au rythme des consultations, au rythme des photographies. Tous ne sont pas obligés de se soumettre au psychologue, non, « seulement ceux qui ont un secret » m'avait dit Le Criquet junior. Il n'avait sûrement pas tord. Lorsqu'enfin il quitte son bureau, je reste encore un long moment assis, replié sur moi même, ayant bien trop peur qu'il revienne pour un oubli et de le croiser. Et c'est une bonne heure plus tard que j'arrive à m'extraire de l'armoire, m'étant dit que je passerai bien la nuit ici, mais me rappelant que si c'était le cas, j'assisterai au même spectacle demain matin. Hors de question. Plus jamais je ne resterai immobile face à une personne qui souffre. Je sais déjà que je ne pourrai plus me regarder dans un miroir avant un long moment. Et j'ai beau me dire que c'était pour la bonne cause, que si j'avais bougé le moindre petit doigt, nous n'aurions pas eu de preuves, je sais au fond de moi que ce n'est qu'une excuse bidon pour justifier ma lâcheté flagrante. Mais je me haïrai plus tard. Pour le moment je dois aller retrouver Jordan. Plus que jamais, il doit avoir besoin de moi.



Je sors du bureau le plus discrètement possible, puis j'étire mes membres endoloris d'être restés dans la même position si longtemps. Je me rends immédiatement devant la chambre de Jordan et frappe légèrement. N'entendant pas de réponse, je réitère, un peu plus franchement. Toujours rien. Je rentre alors dans la pièce avec précautions et prends bien soin de refermer derrière moi. Jordan est allongé sur son lit, sur le côté, face à moi. Il n'y a plus la moindre trace de larmes sur son visage, ni quoique ce soit qui puisse faire penser à ce qu'il a subi, hormis cet abattement qui ne lui est pas familier et ses vêtements qui ont été changés. Sans un mot je m'approche de lui, déposant l'appareil photo sur sa table de nuit. Et je m'allonge contre lui, le serrant dans mes bras. Ma main caresse sa nuque, et sa main monte doucement caresser ma joue. Alors doucement je me penche vers lui et pose mes lèvres sur les siennes, doucement, sans approfondir, juste une caresse. Puis après quelques échanges très chaste, il insère de lui même sa langue dans ma bouche, lui faisant rencontrer sa consœur. Je ne sais pas exactement ce qui m'a poussé à l'embrasser, mais je sais que c'était ce qu'il fallait et déjà je sens son corps reprendre vie ; il reprend les commandes ce qui est bon signe et ses mains habiles se promènent sur mon corps tandis que sa langue fouille toujours ma bouche et que je me laisse faire avec délice. Un baiser pour dire « merci », un baiser pour dire « pardon », un baiser pour dire « je suis là pour toi ».



Lorsque la chaleur se fait trop importante et que les gémissements que nous poussons nous laissent clairement deviner ce qui se passera si nous continuons, je romps doucement le baiser, sans sortir de l'étreinte. Je pose mon front contre le sien et je plonge avec plaisir mes yeux dans les siens qui ont retrouvé leur éclat. Je murmure doucement, comme pour ne pas briser cet instant :



-Je ne peux pas...



-Je sais.



-Je suis désolé...



-Je sais.



-Est-ce que ça va aller ?



-Ca va. Mais je ne veux plus jamais en parler.



-D'accord. Si jamais tu voulais...



-Non Tyler. Plus jamais !



-D'accord.



-Tu sais quoi ? Je vais passer les fêtes de noël avec ma famille. Ils ont bien voulu que je vienne chez eux.



-C'est vrai ? C'est...c'est bien...



Jordan rigole doucement.



-Tu mens mal mon beau.



-Désolé, c'est juste...que je digère toujours pas le fait qu'ils t'aient foutu dehors



-Je te l'ai déjà dit, Tyler, c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Même si le chemin est long.



-Si tu le dis. En tout cas, je suis heureux pour toi. Vraiment.



-Merci.



-...Tu vas me manquer...



-Toi aussi... Mais je vais revenir.



-Oui je sais.



-Tu restes dormir ?



-Oui.



Il m'embrasse à nouveau et pose sa tête tout près de la mienne.




Quelques jours plus tard, nous sortons du magasin de photo. J'avais peur que quelqu'un tombe dessus et qu'on puisse avoir des problèmes, mais de nos jours tout est fait par des machines, tout s'est passé comme sur des roulettes. Encore une fois, l'appel de la rue a été assez fort, encore une fois je n'ai pas lâché la main de Jordan. Nous n'avons pas reparlé de ce qui s'est passé dans le bureau du docteur Kirst cet après midi la, mais Jordan l'a laissé le soin de vérifier si les photos étaient bien les nôtres et leur qualité. Mais lorsque nous nous retrouvons devant le bureau, il a retrouvé tout son aplomb et semble prêt à passer à l'attaque.

Nous entrons sans frapper, faisant sursauter les deux personnes présentes.



La résidente présente semble nous bénir alors que le psychologue fulmine.



-Tu peux sortir, dis-je à la jeune fille, qui trop contente d'échapper à son calvaire, ne pose aucune question et s'enfuie sans demander son reste.



Jordan Ferme la porte derrière elle et tourne la clé d'un cran. Ainsi nous serons plus tranquille.



-Messieurs Rivion et Brignoux...puis-je savoir pour quelles raisons vous interrompez ma séance ? Encore une petite sauterie ?



L'air sadique est amusé qu'il affiche est assez déstabilisant, mais surtout, il montre bien qu'il est ici chez lui et qu'il a toutes les cartes en main.

Jordan sert les poings et je décide de prendre les choses en main avant que ça ne dégénère.

Je lui lance un paquet sur son bureau. Et même si il ne le prend pas imméidatement, je vois bien que j'ai titillé sa curiosité.



-Qu'est-ce que c'est ?



-Ouvrez, vous verrez.



Semblant peser le pour et le contre, il se décide finalement à saisir l'enveloppe de papier kraft et à en regarder le contenu. Au fur et à mesure que les photos défilent, son visage pâlit, ses gestes sont précipités et nerveux. Un tic apparaît même au niveau de sa paupière droite. Je dois avouer que je savoure notre petit effet et j'ai l'impression que Jordan en profite tout autant que moi. Une fois avoir visionné les photos, le psy, qui n'a de psy que le titre les pose sur son bureau et semble réfléchir très rapidement.



-Personne ne vous croira.



-Et pourquoi ça ?



-Ces photos peuvent avoir été truquées !



-Avec autant de personnes différentes ? Ca relèverait du génie.



-Des photos ne valent rien et votre parole n'a aucune valeur vous entendez, vous n'êtes rien du tout, vous n'êtes...



-....que de la vermine, la lie de la société, bla bla bla...il faudrait penser à revoir votre discours, ça fait un peu réchauffer, là.



Le docteur Kirst est de plus en plus nerveux et agité. Son visage s'humidifie et ses yeux s'agitent. Jordan a toujours les poings serrés et les lèvres crispées, je décide de continuer dans ma lancée.



-Chacune de ces personnes sont prêtes à témoigner si besoin, nous les premiers. Et vous vous doutez bien que si quelques uns commencent à parler, tout le monde se mettra à table, sans aucune difficulté...Oh ! Et inutile de vous dire que nous avons les doubles et les négatifs de ces photos et qu'il serait donc totalement inutile de les détruire, n'est-ce pas ?!



Jeu, set et match. Il a perdu et il le sait. Et la haine déformant ses traits il nous lance :



-Qu'est-ce que vous voulez ?



Les mêmes paroles que j'ai prononcé il y a environ deux mois. Peut être que finalement, je vais réussir à voir le bout du tunnel.



-Pour le moment, tout ce qu'on vous demande c'est d'arrêter votre chantage illico. On n'a pas encore décidé de ce qu'on allait faire de vous. Donc, vous accueillez les résidents vous attendez un peu, que l'heure de la consultation soit passée pour justifier votre présence et ils ressortent comme si de rien n'était ! Ni vu ni connu je t'embrouille !



-Très bien...



-Ne vous faites pas d'illusion, si il se passe quoique ce soit d'anormal dans ce bureau, nous le saurons, c'est clair ?



-J'ai dit très bien ! Maintenant sortez d'ici !



Nous sortons du bureau. Nous n'avons même  pas eu une vraie victoire, mais au moins nous serons tranquille pour un moment. Nous retournons dans la chambre de Jordan.



-C'est pas gagné, hein ?



-Non, je ne pense pas non plus.



-A quoi tu penses ?



-Ca fait combien de temps que t'es là Tyler ? Deux mois, c'est ça ?



-Oui à peu près, pourquoi ?



-Mois ça fait un peu plus de quatre mois. Et pour être honnête, je crois que je vais bientôt partir. Et toi aussi tu finiras par t'en aller...



-Oui...



-Et après ? Une fois qu'on sera parti, comment on pourra être sur qu'il ne recommencera pas ? On ne va pas transmettre ces photos à des générations de camé qui se relaieront pour l'empêcher d'agir, c'est ridicule !



-On peut l'obliger à partir ! Il n'aurait pas le choix !



-Pour aller recommencer ailleurs ?



-Alors...tu crois qu'il faut...donner ces photos à quelqu'un de plus....approprié ?



-Je ne sais pas Tyler, je ne sais pas. Je...je ne suis pas une balance et en même temps...je ne peux pas laisser ce type recommencer ce genre de.....je peux pas, c'est tout !



Je soupire devant le dilemme.



-Ecoute, avec ça, on va avoir la paix pour un petit moment. C'est bientôt noël et demain tu pars chez toi pour quatre jours. Va faire ta valise et oublie tout ça. On en reparlera à ton retour, ok ?



-Oui...tu as sans doute raison. Ce type ne va pas gâcher mes fêtes. Je vais faire ma valise. Tu dors avec moi cette nuit ?



-Oui.



La plupart de mes nuits sont maintenant partagées avec Jordan. Les baisers sont fréquents eux aussi et les caresses....accompagnent parfois le tout. Pour l'instant rien de bien sérieux, nous ne considérons pas que nous sortons ensemble. Nous sommes juste... présents l'un pour l'autre...et nous ne sommes pas vraiment doués pour nous exprimer autrement que physiquement. Cependant la culpabilité me ronge chaque jour un peu plus. Deux mois que je n'ai aucune nouvelle de Riley, deux mois que je me soulage seul, deux moi que je sens des sentiments contradictoires s'agiter en moi. Je suis complètement largué.



-Jordan....tu dors ?



-Hgrmfff...je dormais...qu'est-ce qu'il y a ?



-Je pensais à ce que tu m'avais raconté l'autre jour. Tu sais, tes orgies, tout ça...



-Hmmmm.....



-Tu m'as bien dit que tu ne t'étais pas protégé ?



-Oui, et alors ?



-Alors tu t'es déjà fait dépister ?



Jordan se redresse légèrement, posant sa tête sur sa main, le coude sur son oreiller.



-Tu fais chier Tyler ! Tu me réveilles au milieu de la nuit pour me demander un truc pareil ?



-Ca me turlupinait.



-Non j'ai pas fait de test. Je peux dormir maintenant ?



-Hmm...



Jordan repose la tête sur l'oreiller et ferme à nouveau ses yeux.



-Pourquoi t'as pas fait de test ?



-Putain Tyler, merde ! J'ai un voyage qui m'attend demain.



-Allez, s'il te plait !



-Oh, mais c'est pas vrai. Qu'est-ce que ça peut te faire, t'as finalement décidé de coucher avec moi ?



-Admettons que ce soit le cas.



-...



-...



-...



-Quoi ?



-Tu es sérieux ?



-J'ai dit admettons...après tout, au point ou on en est, ça pourrait bien arriver un jour. Alors, pourquoi pas de test ?



-Je ne veux pas savoir.



-Pourquoi ?



-Parce que la vie est assez flippante comme ça sans avoir en plus au dessus de la tête une épée de Damoclès. Mais rassure toi, maintenant, je sors toujours couvert. Ca te va ?



-Non. Moi je trouverai ça plus angoissant de ne pas savoir...



-Eh bien pas moi. Alors maintenant, sauf si tu as décidé que j'avais le droit à chaque morceau de ton corps, et dans ce cas, crois moi que je serai vite réveillé, j'aimerai bien dormir !



-Tu sais bien que je ne peux pas.



-Oui, je sais, Riley. Tu es vraiment très frustrant, tu sais ça ?



-Désolé.



-Allez, dors.



Comme si il était le seul à être frustré. J'ai eu du sexe plus d'une dizaine de fois par jour pendant presque six ans et j'ai tout arrêté d'un coup...je, ne savais pas que l'ont pouvait aussi être accro au sexe. Et pourtant, seul mon amour pour Riley me permet de ne pas céder aux nombreuses tentations et je me demande si il sera fort suffisamment longtemps. Ou es-tu en ce moment Riley ? Est-ce que toi aussi tu t'endors dans d'autres bras ? Est-ce que tu penses à moi ?




Noël est là. Jour maudit pour moi. Et comme chaque année depuis près de sept ans, au réveil, je ne peux m'empêcher de repasser en boucle la journée qui a fait basculer ma vie en enfer.



Deux corps allongés sur un lit, nus, qui se découvrent et s'apprivoisent pour la première fois. Des gémissements, des mots doux, des gestes malhabiles, une envie grandissante, des sexes qui se gorgent de sang et se dressent fièrement. Des pas précipités, une porte qui s'ouvre violemment, un homme qui entre, rougeaud, furieux, haineux. Une voix qui crie.


 

-JEREMY !!!


 

Le jeune homme se redresse précipitamment, tentant de se cacher avec le drap. Mais l'homme lui empoigne le bras et le tire violemment du lit avant de hurler à l'autre jeune homme de ficher le camp immédiatement et de ne plus jamais revenir.

Entraîné par une poigne ferme, le jeune garçon qui avait réussi à garder son drap en main tentait vainement de se cacher le corps tandis qu'il était traîné à travers la maison. Lorsqu'enfin il fut lâché il était dans le salon, une jeune femme au ventre rebondi, assise dans un fauteuil au pied du sapin illuminé, leva les yeux sur eux.


 

-Bon sang, Charles, qu'est-ce qui se....Jeremy ? Mais enfin qu'est-ce que tu fais à moitié nu ?


 

-Maman, je...


 

-Tu veux savoir ce qu'il se passe Hélène ? Tu veux vraiment ?


 

L'homme hurlait et gesticulait dans tous les sens. Son doigt se pointant sans cesse sur le jeune homme.


 

-Ton fils était en train de s'envoyer en l'air ! Avec un garçon !!! Sous notre toit !!!


 

Le jeune homme baissa la tête honteux. Il ne voulait pas que sa mère l'apprenne comme ça. Il aurait voulu lui dire de lui même, la préparer, lui faire rencontrer l'homme dont il serait amoureux un jour...

La femme quant à elle, se recroquevilla légèrement sous les accusation de son époux, baissant la tête, rentrant les épaules.


 

-Je te l'avais dit qu'il était pas normal ce môme ! Une abomination, voilà ce qu'il est. Quand on voit comment a fini son père, c'est pas étonnant. Je t'ai dit que tu étais beaucoup trop coulante avec lui. Maintenant, c'est terminé ! Je m'occupe de lui ! Et crois moi, ajouta-t-il en s'adressant au jeune homme, tu vas vite retourner dans le droit chemin !


 

Sur ces mots, il attrapa à nouveau le bras du garçon et l'entraîna derrière lui.


 

-Non...MAMAN !!!


 

Mais la femme, ne prononça pas un mot et regarda son fils se faire traîner à l'étage, laissant couler les larmes qu'elle retenait jusque la. Et lorsque les premiers cris, dus aux coups de ceinture se firent entendre dans la maison, elle préféra sortir, n'en supportant pas d'avantage.


 

-Eh bien alors Tyler, tu rêves ?



Tyler sursauta légèrement, manquant de renverser son bol.



-Salut Alix.



-Joyeux noël !!!



-Oui...toi aussi !



-Alors, tu as prévu quelque chose de spécial pour aujourd'hui ?



-Non, rien. Et toi, pas trop dur de travailler le jour de noël ?



-Non, c'est une période que j'aime passer ici. Les liens sont plus forts en général, les esprits moins tendus. C'est comme une sorte d'accalmie. J'aime à penser que je suis plus utile ici. Et puis, personne ne m'attend.



Je hoche la tête et lui offre un sourire.



-Je suis content que tu sois là.



Cette phrase nous surprend tout les deux et pourtant je suis on ne peut plus sincère.


 

-Je peux m'asseoir avec toi ?



Je hoche la tête et le petit déjeuner se passe dans la bonne humeur, mélangeant les patients du centre et les éducateurs, nous offrant pour un court moment, un sentiment de normalité et de joie presque enfantine. Finalement, peut-être noël a-t-il vraiment un petit côté magique ! Nous marchons côte à côte, Alix et moi, dans les couloirs du centre, parlant de tout et de rien.



-Tu sais, tes profs m'ont parlé de tes progrès. Ils sont plus que satisfaits et ils voudraient vous proposer à toi et à quelques uns de l'établissement de poursuivre votre formation en organisant des stages dans des entreprises. Ca t'intéresserait ?



-Tu veux rire ? Bien sur ! C'est des stages de quoi ?



-Eh bien, il y en a de toutes sortes, j'ai la liste dans mon bureau tu n'auras qu'à passer !



-C'est super ! Et ça va mener à quoi ensuite ?



-En fonction des stages et des périodes d'essais, vous pourrez obtenir un diplôme et éventuellement un futur patron, si ça se passe bien.



-Oh c'est vraiment....super, je....je sais pas quoi dire. Merci Alix.



-Y'a pas de quoi ! C'est les patrons qu'il faut remercier d'avoir accepté de participer au programme.



-Oui, je...oh j'en reviens pas...un diplôme...tu crois que je pourrais en obtenir un ?



La perplexité s'inscrit sur le visage d'Alix.



-Pourquoi tu ne pourrais pas ?



-Euh..je sais pas, je....j'aurai jamais cru pouvoir....enfin, y'a pas si longtemps ça me semblait tellement impossible...



-Tyler, tout le monde ici sait que tu en es capable. Tu es volontaire, battant et intelligent. Tes professeurs sont stupéfaits de la vitesse à laquelle tu as rattrapé ton retard, les éducateurs te trouvent d'une compagnie agréable et tes camarades sont unanimes à ton propos. Il n'y a aucune raison que ça ne marche pas. J'ai confiance en toi. Et tu sais que si tu as besoin de quoique ce soit, tu peux venir me voir, ok ?



-Oui...merci.



Et dans l'euphorie du moment, je le serre dans mes bras.



-Merci, merci....



Avant de m'éloigner aussitôt.



-Désolé...je voulais pas....désolé...



Sa main se pose sur mon épaule et un doux sourire me montre qu'il ne semble pas fâché.




-Tyler ! Tyler !



Le criquet junior fait irruption dans le couloir et pile un instant en nous voyant si proche.



-Oui ?



-Euh...y'a quelqu'un qui demande à te voir, dehors.



-Qui ça ?



-Je sais pas.



Je me dirige vers la sortie, talonné par Alix, me demandant qui pourrait demander à me voir, craignant de voir ressurgir des fantômes du passé.



Sur le pas de la porte, un jeune homme attend, dos tourné, contemplant le jardin. Des cheveux châtains tombent sur sa nuque. Ma respiration s'accélère et lorsqu'il se retourne, le regard lumineux, elle se bloque dans ma poitrine. Et alors qu'il s'approche de moi, un sourire rayonnant collé sur le visage, je n'ose croire que je ne suis pas en train de rêver. Et tandis que sa main se pose sur ma joue avec tendresse, je ne peux que lâcher dans un murmure étranglé par les larmes :



-Riley...



J'avoue, le chapitre ne devait pas se finir là, il y avait encore pas mal de choses à dire...mais ça commençait à faire long...lol et puis le sadisme à reprit le dessus. Ne vous inquiétez pas, tout ce qui était prévu sera repris dans le prochain chapitre. Ne frappez pas l'auteur, ne jouez pas avec des poupées vaudoues à l'image de l'auteur, n'envoyez pas de lettres de menaces avec des balles de 9mm à l'auteur (hmm hmm...mdr), aimez l'auteur!!! mdr bon j'arrête!
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques/reflexions/avis/déclarations d'amour!!!
Bisous à toutes!
Par Meryl
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Samedi 7 février 2009
Bonsoir à toutes !! Désolée pour ce grand retard...les excuses sont les mêmes qu'à chaque fois. Je croule sous le boulot et j'ai la fâcheuse tendance à me laisser un peu dépasser par les évènements...J'aurai voulu écrire pendant les vacances de noël, mais j'ai bien remarqué que...je n'en avais pas eu...lol...j'ai pas arrêté de courir de droite à gauche et quand je ne le faisais pas, il fallait que je bosse...bref, vous vous en foutez. Voilà donc le nouveau chapitre de dépendance...en espérant qu'il vous plaise.
J'ai un petit mot à la fin, un appel à l'aide...lol



Je baigne dans une douce torpeur et je n'ai absolument aucune envie d'en sortir, mais quelque chose me tire hors du sommeil. Lorsque mon esprit se reconnectent avec la réalité je constate que c'est une main qui me secoue, mais légèrement, en douceur. Je n'ai pas envie d'ouvrir les yeux et le fait savoir en me roulant un peu plus en boule. Malheureusement mon message ne semble pas avoir fonctionné car non seulement la main ne lâche rien, mais une voix s'y ajoute.


-Tyler ! Allez, debout...


Comprenant que feindre l'indifférence ne servirait à rien sinon à prolonger un peu plus mon supplice, je me résous à ouvrir les yeux dans un grognement peu avantageux. Deux perles d'un bleu pâle me regardent amusées. Alix !


-Hmmm...quoi ?


Mon regard noir ne semble pas affecter sa bonne humeur.


-Bonjour à toi aussi ! Je voulais juste te prévenir que l'heure du petit déjeuner est bientôt terminée. Je ne voulais pas que tu le rates.


-Pourquoi, il est quelle heure ?


-Il est un peu plus de neuf heure.


Je me redresse brusquement sur mon lit, laissant retomber les couvertures.


-Quoi ?


-C'est pas grave tu as encore une bonne demi heure devant toi. Mais je ne voulais pas que tu rates le petit déjeuner, d'autant que si tu veux, tu pourras commencer les cours aujourd'hui.


-C'est vrai ?


-Oui. Tu n'auras cas me rejoindre après avoir mangé, on verra tout ça. Je te laisse, je vais chercher les autres retardataires. A tout à l'heure.


-Oui, merci !


Je me dépêche de me préparer et me dirige vers le réfectoire. Jordan m'attend au coin d'un couloir. Les évènements de la soirée me reviennent alors brusquement en mémoire et le rouge me monte aux joues. Jordan, lui, n'a pas l'air décontenancé plus que ça.


-Salut !


-Salut.


-Bien dormi ?


-Oui, c'est la première fois que je me lève à cette heure ci depuis...eh bien, depuis un long moment je dois dire. Ca fait du bien.


-Tant mieux. Tu viens, j'ai la dalle.


-Tu m'as attendu ?


-Ouais.


-Fallait pas.


-J'avais pas envie de manger tout seul. Les gars avaient déjà fini quand je me suis levé. J'ai eu un peu de mal ce matin à cause d'un léger abus de boisson hier.


Je souris à sa remarque. C'est vrai que nous étions bien éméchés. Nous arrivons à la cafétéria, presque entièrement vide. Après avoir rempli nos plateaux, nous nous installons face à face et commençons à manger. Je sais qu'il faut que je lui parle rapidement, mais je repousse toujours à plus tard la conversation. Finalement, une fois nos ventres à peu près pleins et les plateaux reposés, nous nous retrouvons à nouveau dans le couloir. Je me jette à l'eau.


-Jordan.


-Moui ?


-Euh...je voulais te dire...à propos d'hier soir...


-Oui ?


-Ecoute, je voulais pas ce qui est arrivé. Je me suis laissé emporté par...je sais pas trop, j'avais trop bu...je sais que c'est pas une excuse, mais bref, tout ça pour dire que mon cœur est prit, j'aime Riley et je veux pas lui faire ça...ça peut paraître con, mais j'aimerai vraiment qu'on soit amis, juste amis...


Jordan semble amusé par mon excuse branlante et mon incapacité chronique à rester clair quand je suis gêné. Cependant, il a la décence de ne pas me regarder m'enfoncer plus longtemps.


-Je sais bien que ton cœur est prit, mais ce n'est pas ce que je cherchais...


Et sur ce, m'attire contre lui et m'offre un baiser exigent et...exquis. J'ai du mal à croire qu'en moins d'une seconde je viens d'envoyer valser mes bonnes résolutions et quand sa langue arrive à caresser la mienne, je n'ai plus qu'une idée en tête, faire durer ce moment le plus longtemps possible. Une de ses mains passe derrière ma nuque nous rapprochant encore un peu plus et je sens une chaleur traîtresse me traverser de part en part. Je sens ma main échapper à mon contrôle et passer doucement sous son tee-shirt sans oser toutefois aller plus loin. Jordan me pousse doucement contre le mur et insère une de ses jambes entre les miennes tandis que son baiser m'emmène toujours plus haut. Un raclement de gorge nous interrompt. Jordan s'éloigne tranquillement.


-Mais je saurai me contenterais de ton amitié... en attendant mieux ! me glisse-t-il avant de s'éloigner dans le couloir.


Ma tête se tourne vers Alix qui me fixe le regard noir.


-Suis moi.


La sécheresse de son ton me refroidit d'un coup. Je le suis dans son bureau, redoutant les raisons pour lesquelles il veux me voir en privé. Il m'invite à m'asseoir et en fait de même de l'autre côté de son bureau rempli de paperasse. Son regard est froid et sa voix se fait cassante.


-Je croyais que tu avais un petit ami ?


Je reste abasourdi un instant, ne comprenant pas vraiment le pourquoi de cette question.


-Euh...oui...


-Alors qu'est-ce que tu faisais avec Jordan ?


Je ne comprend toujours pas pourquoi il s'inquiète de ça. Ses yeux me fusillent et les miens restent arrondis de stupeur. Qu'est-ce qu'il attend de moi exactement ?


-C'est aussi écrit dans le règlement intérieur qu'il ne faut pas tromper son petit ami ?


Bon sang ! J'ai trompé Riley ! Je savais que ce que je faisait avec Jordan n'était pas raisonnable, mais emporté par l'ivresse du moment, je n'y ai pas vraiment fait attention. Mais le fait de prononcer cette phrase me renvoie à la figure mon geste. Je me sens pâlir et mes mains commencent à trembler.


-Oh, mon dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?


Les yeux d'Alix s'adoucissent aussitôt. Je plonge ma tête dans mes mains et la secoue de droite à gauche, n'en revenant toujours pas de ce qu'il s'est passé quelques minutes plus tôt.


-Ecoute, c'est pas si grave....


-Bien sur que si. C'est toi qui a raison, j'aurai jamais du....merde, Riley !


Alors que je relève la tête, cherchant quoi faire pour me sortir de cette ambiance stressante et à la limite de la crise, Alix se pince l'arrête du nez avec ses deux doigts et inspire profondément.


-C'est rien de grave. Excuse moi Tyler, ça ne me regarde pas du tout, c'est juste que...


Il secoue doucement la tête.


-C'est juste que je suis vraiment fatigué et te voir avec Jordan....


Je le vois se figer. Je suis sur que ce qu'il s'apprêtait à me dire était important.


-Aucune importance ! Tout ça pour dire que tu n'as rien fait de mal. Et je m'excuse de t'avoir agressé...je suis juste...fatigué en ce moment.


Je m'attarde alors sur le visage de cet homme qui m'a accueillit et épaulé depuis que je suis arrivé. J'avoue qu'au début, il m'énervait pas mal, mais je vois bien qu'il fait son boulot du mieux qu'il peut et ça ne doit pas être facile tous les jours, surtout si tous les énergumènes qu'il rencontre sont dans mon genre. C'est vrai qu'il a l'air fatigué, son visage d'ordinaire si doux est creusé par les cernes et ses sourcils sont froncés, signe d'intense réflexion. Ce n'est pas la première fois que je me surprends à le trouver très beau, très attirant. Il me surprend en pleine observation de sa personne et ses sourcils se soulèvent en interrogation. Je baisse la tête et rougis. Soudain une question me turlupine.


-Pourquoi tu fais ce métier ?


Il semble surprit de ma question et après un long silence, je n'espère plus vraiment de réponse. Mais il finit par prendre la parole.


-Quand j'étais un peu plus jeune que toi, je faisais des études de médecine. J'étais la fierté de mes parents, je réussissais tout ce que j'entreprenais, j'avais un bel avenir, tout tracé. La fortune de ma famille m'ouvrait toutes portes que je voulais, j'avais la belle vie. Et un jour j'ai rencontré un jeune homme...qui m'a tout de suite plu. On a commencé à se fréquenter de temps en temps, puis de plus en plus...


Alix semble plongé dans un souvenir douloureux, le visage fermé, les mains crispées. Je n'ose l'interrompre de peur de ne pas savoir la suite. Curieusement, son histoire m'intéresse réellement.


-On a fini par sortir ensemble...tout allait bien jusqu'à ce que je me rende compte qu'il se droguait. En fait, je m'en doutais depuis un petit moment déjà, mais j'espérais que je me trompais, je fermais les yeux sur tous les signes qui étaient pourtant sous mon nez. Pour un futur médecin, c'était risible. Quand je lui ai dit que je savais, il m'a laissé le choix de partir...mais pour moi c'était trop tard, j'étais complètement accro...à lui. Je l'ai aidé du mieux que j'ai pu, ratant les cours quand il était malade, vidant mes comptes en banque pour lui éviter de faire le trottoir....mes parents ont fini par tout découvrir et m'ont posé un ultimatum. Je me suis retrouvé à la rue...mais ça m'était égal, parce que j'étais avec lui. J'ai trouvé un petit boulot, je louais une chambre de bonne avec un matelas par terre pour nous deux et je restais persuadé qu'un jour on s'en sortirai. J'ai jamais touché à la drogue. J'avais sous les yeux tout ce que je ne voulais pas devenir. Mais pour rien au monde je ne l'aurai abandonné, lui. J'ai appris qu'un centre de désintoxication devait s'ouvrir à la capitale, je lui avais réservé une place, avec son accord. Il est mort trois jours avant l'ouverture...une overdose...typique...je l'ai retrouvé dans des toilettes publiques, la seringue encore plantée dans le bras...


Alix, les yeux dans le vague, brillants de larme, prend une grande respiration, avant de reprendre son récit.


-Je suis devenu éducateur et depuis je bosse dans des centres de désintox, j'essaie d'éviter que d'autres personnes soient retrouvées dans des toilettes publiques. Quand celui la à ouvert ses portes il y a quelques temps, j'ai vu l'occasion de m'éloigner de ma vie d'avant en changeant de ville, de reprendre un nouveau départ...


Un léger silence flotte. Quand je comprends qu'il ne reprendra plus la parole, j'ose poser ma question.


-Comment s'appelait-il ?


Alix sursaute brusquement, il semble avoir totalement occulté ma présence, trop plongé dans son passé trouble. Lorsqu'il s'en rend compte, il se relève vivement de son siège et s'éloigne vers la porte.


-Désolé, je sais pas ce qui m'a prit. Tu peux aller dans la salle de cours, un professeur ne va pas tarder. Il vous expliquera tout.


Il s'essuie rapidement les quelques larmes qui avaient coulé sur ses joues et m'entraîne à sa suite en me tenant par l'épaule pour me faire sortir du bureau. Quand je comprends son intention, je pile net et lui attrape le poignet pour qu'il se tourne vers moi. Ses yeux, encore embués se font interrogateurs. Je reprends doucement en le regardant droit dans les yeux et en tentant d'ignorer les battements frénétiques de mon cœur au contact de sa peau.


-Comment s'appelait-il ?


Alix me fixe un long moment, semblant chercher une réponse au fond de moi.


-Stéphane...et tu lui ressembles tellement...finit-il dans un murmure, sa main caressant ma joue.


Poussé par un élan de tendresse, je m'approche doucement et pose mon front dans le creux de son épaule et je sens ses bras se refermer derrière mon dos. Je ne peux m'empêcher de respirer son odeur. Je me sens tellement bien dans ses bras. Depuis combien de temps n'ai-je pas pu serrer quelqu'un dans mes bras sans aucune arrière pensée sexuelle ? J'abandonne mes questions qui, de toutes manières, n'ont aucune réponse et je me laisse aller progressivement à l'étreinte chaleureuse et revigorante qui m'est offerte.

Les mains d'Alix se posent sur mes épaules et doucement, m'éloignent. Ses yeux sont fuyants et ses pommettes rougies. Il ne dit rien, je comprends le message et sort de son bureau, un drôle de pincement au cœur. En repartant, je me fait rentrer dedans par Emilie. Elle semble très énervée !


-Eh, Emilie, ça ne va pas ?


Elle s'arrête net et ses yeux semblent légèrement incontrôlables avant de se stabiliser sur moi.


-Tyler !....Si, ça va. Alix est là ?


Ses paroles sont volubiles et accompagnées de gestes saccadés. Je me demande ce qu'elle a prit pour être dans cet état. Sans doute une joint amélioré comme il en circule régulièrement ici. Je décide de ne pas m'en mêler.


-Oui, il est là, mais je ne sais pas si il pourra te recevoir. Pourquoi ?


-Je vais partir.


-Quoi ? Déjà ? Mais tu es arrivée en même temps que moi !


-Oui, mais ça va, je vais beaucoup mieux. Et puis je ne supporte plus cet endroit. J'avais bien dis à mes parents que j'étais pas une droguée. Je contrôlais parfaitement la situation. Mais bon maintenant qu'ils ont eu ce qu'ils voulaient, je rentre. Après tout, rien ne nous oblige à rester, Alix me l'a bien dit à l'entrée. C'est une intervention volontaire ! Volontaire, tu parles. Mes parents m'ont foutu là sans me demander mon avis !


Je l'observe un moment. Il est clair qu'elle tente de se persuader de la véracité de ses propos. Elle est encore bien trop instable émotionnellement et même physiquement pour surmonter quoique ce soit. Mais si elle n'est pas suffisamment honnête avec elle même pour se rendre compte de son problème, ça ne l'aidera en rien de la retenir ici contre son gré.


-Bonne chance alors.


S'attendant sûrement à ce que je le contraries, ses yeux s'agrandissent de stupeur. Et un immense sourire naît sur son visage.


-Merci. Bonne continuation à toi.


-Merci.


Je m'éloigne en direction de la salle de cours en sachant pertinemment que d'ici très peu de temps elle reviendra au centre....dans le meilleur des cas.


J'arrive dans la salle. Nous sommes peu nombreux. J'ai le plaisir de retrouver Jordan, au moins je ne serai pas seul, même si son regard me rappel un peu trop rapidement les évènements du couloir. Je m'installe quand même à côté de lui, mais heureusement l'arrivée de l'enseignant l'empêche de dire quoique ce soit. Malheureusement pour moi, son regard me fait clairement comprendre que ce n'est que partie remise.


-Bonjour à tous, je m'appelle Jack, je serai votre enseignant en collaboration avec mon collègue qui n'a pas pu se libérer aujourd'hui. Mais ce matin, vous allez juste me remplir un petit questionnaire pour que je sache à quel niveau d'études vous avez arrêté ainsi qu'un petit QCM, très rapide pour évaluer vos niveaux. En fonction de vos résultats, vous serez répartis en groupe.


Et c'est ainsi que débute mon premier cours. Curieusement je me sens à l'aise dans cette classe. Les jours passent et tous les matins je vais en cours accompagné de Jordan. Curieusement, celui-ci n'a pas refait de tentative d'approche. Quelques regards intenses lancés, quelques caresses légères et furtives sur ma cuisse, mais rien de poussé, comme si il souhaitait m'attiser sans chercher plus loin. L'effet est plutôt réussi et je sers souvent les poings pour ne pas lui sauter dessus. Heureusement, j'arrive à me concentrer suffisamment sur les cours pour ne pas y penser. C'est d'ailleurs avec un immense plaisir que je redécouvre les joies d'apprendre. Je croyais avoir tout perdu mais les connaissances reviennent avec une facilité déconcertante. J'en suis le premier surpris. Alix évite de se retrouver seul avec moi mais il m'a quand même félicité plusieurs fois de mon avancées scolaire. Il semblerait que Jack soit très heureux de mon travail et de mon investissement. Je me retrouve dans une sorte de routine rassurante et Alix a même légèrement réduit ma dose de buprénorphine, hier. Je me sens bien et en sécurité. 



Quinze jours, déjà que je suis au centre et demain a lieu mon deuxième rendez-vous avec le psychiatre. Le stress me prend au tripes, mais j'essai de rester serein. Il ne se passera peut être rien...


-Asseyez vous monsieur Rivion. Je suppose que vous avez réfléchi à ma...proposition. J'attends votre réponse.


J'avais tort. Ca va mal se passer. Très mal. Tout son visage l'exprime clairement. Il transpire une joie malsaine et insipide. Il a gagné d'avance. Il est évident que je n'ai pas envie que tout le monde au centre sache que je fais le trottoir. Je sers les dents et les poings, mais il attend une réponse et commence déjà à s'impatienter. Je n'ai pas envie de le mettre en colère en plus du reste. Je n'ai plus qu'à accepter tout ce qu'il voudra en espérant que ça ne soit pas trop dur, ni trop long.


-Qu'est-ce que vous voulez ?


Il exulte. Ses yeux brillent de haine et d'excitation. Grisé par ce pouvoir qu'il détient sur moi, sa respiration s'accélère.


-Venez ici.


Je me lève et m'approche de lui en contournant le bureau. Il est assis sur son fauteuil en cuir et écart légèrement une jambe en dézippant sa fermeture éclaire révélant un début d'érection. Le message est limpide. Doucement, presque au ralentit, je m'agenouille entre ses jambes, essayant de garder une attitude soumise et d'intérioriser cette rébellion qui gronde en moi. Je ne veux pas le provoquer d'avantage, je ne sais pas vraiment jusqu'où ce type est capable d'aller. Après tout, j'ai déjà fait ça des centaines et des centaines de fois....oui, mais c'est justement pour ne plus jamais avoir à le faire que je suis venu ici. Semblant trouver ma réflexion trop longue, il m'attrape par les cheveux et attire violemment ma tête, me forçant de ce fait à avaler presque entièrement son sexe à présent complètement dressé. N'y étant pas préparé, je n'ai pas pris le temps de focaliser mon esprit sur autre chose et les mouvements de ma tête obtenus par sa main font s'enfoncer sa verge jusqu'au fond de ma gorge à chaque fois et ce n'est qu'un coup de maître en terme de self contrôle que je ne rend pas mon déjeuner. Heureusement, les habitudes reviennent vite et j'arrive à contrôler mes pensées pour qu'elles dévient en attendant qu'il ait fini. Comme d'habitude, l'image de Riley se forme dans mon esprit et j'essaie au maximum d'oublier que cette fois ci, il ne sera pas là pour me faire oublier ce traitement. Et curieusement, d'autres visages apparaissent. Je vois Jordan, je vois Alix, je vois le Criquet junior. Je peux trouver du soutien auprès d'eux, je le sais. Encore faut-il que je survive à mes séances avec ce type, sensé nous aider sur le chemin de la guérison. Le rythme accélère d'avantage et ses gémissements me laissent supposer qu'il ne va pas tarder à venir. Je crains de ne pas supporter son sperme dans ma bouche, mais mon corps, bien entraîné me permet d'avaler le tout sans broncher. Une fois repu, il me repousse violemment et je me retrouve à quatre pattes sur la moquette de son cabinet, face à lui. Je me redresse rapidement pour ne pas lui donner d'autres idées et m'essuie la bouche rageusement. Je n'ose pas croiser ses yeux. J'attends qu'il décide de la suite avec une appréhension croissante. Lorsqu'il a suffisamment joué avec mes nerfs il me donne congé et me dit à dans quinze jours, sans oublier de me rappeler quel serait le prix de mes éventuelles révélations.



Une fois dans le couloir, je me dirige comme un automate vers ma chambre. Je n'y arrive malheureusement pas et je m'écroule à seulement quelques mètres de mon objectif. Les larmes dévalent mes joues et un sentiment de dégoût intense me prend le corps. Enfin je peux vomir tout ce foutre et le repas qui l'a précédé. Peut importe la nourriture, tant que plus rien de lui n'est en moi. Je croyais que j'en avais fini avec ça. Le trottoir, les passes, j'avais cru pouvoir tourné la page et je me rends compte que j'ai trouvé bien pire. Je ne le supporterai pas. Je sais que je n'en suis pas capable. La honte et la haine gonflent en moins comme ça a été rarement le cas. Je ne ressens rien d'autre que du dégoût, de l'humiliation. A nouveau mon estomac se contracte et rejette violemment le peux qu'il contient, c'est à dire de la bile. La douleur est bien présente, comme une pénitence. Mais je sens monter en moi une autre douleur, bien plus forte, bien plus pénible. Une douleur que je n'ai pas ressenti depuis quinze jours. Celle du manque, qui refait surface dans les moments de faiblesse. Ma dose de buprénorphine a été diminuée hier, mon corps ne va pas pouvoir supporter tout ça. Les spasmes commencent, contractant chacun de mes muscles douloureusement, je me sens partir en arrière mais je suis retenu par deux bras qui m'allongent délicatement au sol, la tête contre un torse. Je relève difficilement mes yeux. Jordan est là, il semble inquiet et en colère et je crois l'entendre appeler à l'aide. Puis la douleur me submerge totalement et je ne peux plus retenir mes cris de souffrance alors que tout mon corps est tendu à l'extrême. Je sens mes yeux se retourner dans leurs orbites et enfin je sombre dans l'inconscience salvatrice, mais provisoire.


Lorsque je me réveille, je n'ai vraiment pas envie d'ouvrir les yeux. J'ai froid, j'ai mal à la tête et aux muscles et j'ai encore envie de vomir. Une main caresse mon front, doucement. Je reconnais le parfum d'Alix et ferme plus fortement les paupières. Je ne veux pas croiser son regard après ça. Cependant il a du s'apercevoir que je ne dormais plus car sa main se retire de mon front et qu'il se met à me parler tout bas.


-Tu es dans ta chambre, il n'y a que toi et moi. Il faut que tu restes un peu allonger pour t'en remettre. Ta crise a été très forte. Je...ce n'est pas habituel de faire une crise d'une telle amplitude tant de temps après la dernière, alors Tyler, je suis désolé mais il faut que je te pose une question. Est-ce que tu as repris quelque chose depuis que tu es au centre ?


Je me redresse brusquement de mon lit, scandalisé par une telle accusation. Malheureusement, ma tête n'apprécie pas le traitement et je la plonge dans mes mains pour tenter de calmer la douleur fulgurante qui vient de se raviver. Alix est assit sur le bord du matelas et pose une main sur mon épaule. Je me dégage brusquement.


-Comment tu peux dire ça ?


-C'est déjà arrivé, Tyler.


-Tu sais que c'est faux. Je ne ferai pas ça....je pensais que tu le savais !


Et curieusement la constatation du fait qu'il n'ait aucune confiance en moi me fait mal. C'est pourtant logique. Je suis un camé. Ma parole n'a aucune valeur.


-Je le savais...ou du moins, je l'espérais vraiment.


Je relève doucement la tête vers lui et croise ses yeux pour la première fois depuis le début de cet entretien. Il m'adresse un petit sourire d'excuse.


-C'est juste la procédure, tu sais.


Je hoche la tête, honteux de mon emportement. Il ne fait que son boulot.


-Dis moi ce qu'il s'est passé.


-Rien...je suis juste un peu fatigué...et je n'ai pas beaucoup mangé ce midi. Je crois que ça me prend beaucoup d'énergie, tout ça.


Je tente un sourire rassurant, mais l'air circonspect qu'il me lance me prouve qu'il n'est pas dupe.


-Très bien...,reprend-il doucement, je dois te laisser pour le moment, j'ai des choses à faire. Et puis Jordan trépigne d'impatience derrière ta porte pour pouvoir te voir. Je crois que tu lui as bien fait peur. Mais nous reparlerons de tout ça, ok ?


Je hoche la tête et attend qu'il sen aille. A peine a-t-il franchi la porte que Jordan rentre en trombe dans la chambre. Quand il me voir réveillé, il semble soulagé, mais son regard est toujours fermé et froid. Il ferme la porte derrière lui et j'ai la forte impression que je ne vais pas aimer la conversation qui va suivre. Il s'approche du lit et prend la place qu'occupait Alix il y a quelques instants, un air sévère plaqué sur le visage. Cependant c'est d'une voix douce et basse qu'il entame la discussion.


-Qu'est-ce qu'il t'a fait ?


J'arrondis les yeux sous la surprise. Comment peut-il savoir ? Ce n'est pas possible.


-De quoi tu parles ?


C'est la colère cette fois qui déforme ses traits. Cependant sa voix, si elle a perdu sa douceur, reste basse, sans doute pour ne pas être entendu.


-Ne joue pas au con avec moi Tyler. On sait tous ce qu'il se passe dans le cabinet de ce connard. Alors dis moi ce qu'il t'a fait faire.


Je reste coi.


-Comment ça « on le sait tous » ? Tu veux dire que toi aussi, tu....


-Oui, moi aussi je me suis fait piéger par ce salopard, mais quand j'ai voulu changer les choses, personne n'a voulu bouger le petit doigt. Ils ont tous bien trop peur de ce qui pourrait en découler. Alors maintenant dis moi...


-Il a voulu...


C'est plus fort que moi. Malgré mon envie et mon besoin de me confier, je me répugne à l'idée de prononcer ces mots. Heureusement pour moi, Jordan n'a jamais eu la langue dans sa poche.


-Quoi ? Il t'a forcé à coucher avec lui ?


Je secoue la tête négativement.


-A le sucer ?


J'acquiesce. Jordan pousse alors un long soupire en serrant les poings.


-Putain, quel salop, si je pouvais, je lui défoncerai sa petite gueule d'aristo de mes deux.


Sa colère le fait trembler et moi je ne peux que baisser la tête, honteux d'avoir cédé et ayant l'impossibilité de l'empêcher de recommencer à notre prochain rendez-vous. J'en tremble d'avance. Je ne pourrais pas le supporter encore une fois ? Je sens encore son odeur sur moi et j'entends ses gémissements alors qu'il venait dans ma bouche. La tête me tourne à nouveau et je pense que si je ne vomis pas, c'est que je n'ai plus rien dans le ventre. Semblant remarquer mon état, Jordan se calme légèrement.


-Est-ce que ça va aller ?


A nouveau je hoche la tête, pas vraiment certain de la voix que je pourrai voir.


-Il faut l'arrêter.


Je relève brusquement la tête.


-Quoi ?


Jordan me regarde droit dans les yeux, sa détermination marquant ses traits.


-Il faut arrêter ce type !


-Ne dis pas n'importe quoi. Qu'est-ce que tu veux faire ?


-J'en ai aucune idée, mais on peut pas continuer comme ça. Ce type se tape mon cul depuis des semaines et des semaines sans que je puisse y faire quoique ce soit. Il est hors de question qu'il me touche encore une fois. Est-ce que t'es avec moi ?


Je le regarde bouche bée. Je ne sais pas quoi répondre, je me sens tellement impuissant face à ce type. Et pourtant je n'ai eu qu'à le sucer. Il semblerait qu'il soit passé au stade supérieur avec Jordan depuis un moment. Et je sais que si ça continue, il finira aussi par le faire avec moi. Je ne peux empêcher un frisson d'horreur me traverser à cette idée.


-T'es avec moi, oui ou non ?


-Jordan, arrête. Qu'est-ce que tu veux que deux mecs paumés comme nous puissent faire. Ca serait sa parole contre la notre...et la notre ne vaut rien. Personne ne voudra parler...et on n'a aucune preuve....


-Des preuves ! Bien sur, c'est ça qu'il nous faut ! Personne n'aura besoin de parler si on a des preuves.


-Et tu en as toi, des preuves ?


Jordan se lève et commence à arpenter la pièce de long en large, plongé dans ses pensées.


-Non j'en ai pas. Mais on pourrait en trouver....on pourrait aller les chercher...


-Comment ça les chercher ? Tu m'inquiètes la.


-Des photos !!! Mais oui, voilà, il nous faut des photos où on le prend la main dans le sac !


Jordan revient s'asseoir à mes côtés et me prend les mains.


-J'ai un plan Tyler. Mais je ne pourrais pas y arriver tout seul. J'ai besoin de toi. Pour la dernière fois, es-tu oui ou non avec moi ?


Je ne réponds rien, trop chamboulé par les derniers évènements. Tout l'éclat qu'avait le visage de Jordan s'amenuise peu à peu pour finalement disparaître complètement.


-Ok, j'ai compris.


Il se lève et s'en va. Au moment ou il atteint la porte je lui dis :


-Explique moi ton plan !


Aussitôt il fait volte-face et un sourire se forme sur ses lèvres. Il revient s'asseoir précipitamment au bord du lit.


-C'est simple. Vu qu'il n'agit que dans son bureau, il faut que l'un d'entre nous soit caché quelque part dedans et prenne des photos de ce qu'il y fait.


-Mais on n'a pas d'appareil.


-Il suffit d'aller en acheter un. On a le droit de sortir, Tyler. Nous irons demain en ville, un petit truc jetable, ça doit pas coûter hyper cher.


-Mais ce n'est pas de bonne qualité.


-On ne va pas faire de l'art, on a juste besoin de comprendre de quoi il s'agit. Un jetable sera largement suffisant. Alors ?


Je prends le temps d'enregistrer ces informations. Je suis mort de trouille à l'idée que ce plan plus que succin ne tombe à l'eau, mais je ne peux empêcher l'espoir d'étreindre mon cœur. C'est peut être la dernière chance pour moi de pouvoir me débarrasser de ce type. Je ne peux pas la laisser passer.


-Ok, je marche.


Je sers la main de Jordan en signe d'accord.


-Pour le moment repose toi, t'es pas en état. Demain on va en ville et on s'équipe pour notre opération, ok ?


-Ok.


On dirait un enfant qui prépare un plan d'attaque contre des pirates imaginaires, tout excité à l'idée de découvrir leur trésor. 


A mon grand étonnement, Jordan m'embrasse doucement sur la tempe et appui sur mon torse pour me forcer à me recoucher.


-Je viens te chercher tout à l'heure pour le repas. Dors.


Peu de temps après, je sombre dans un sommeil réparateur.



Je suis fébrile, devant la porte d'entrée du centre. La fin de journée d'hier est passée à une vitesse hallucinante et aujourd'hui nous sortons acheter l'appareil photo. Seulement l'idée même de me retrouver en centre ville me fout la chaire de poule. La seule fois ou je suis sorti du centre, c'était pour aller à la sortie de l'école voir Tristan. Mais depuis, je suis resté bien consciencieusement dans mes murs, évitant ainsi toute tentation extérieure. Et si je croisais mon dealer ? Ou un client ? Si je croisais Riley ? Aurais-je la force de ne pas me jeter dans ses bras pour ne plus les quitter ? Ici, je suis à l'abri, mais le monde extérieur est un jungle féroce dans la quelle je ne suis pas sure de pouvoir me sortir indemne. Jordan arrive derrière moi et sa main se pose sur mon épaule. D'un sourire il tente de me rassurer.


-Ca va aller, me souffle-t-il au creux de l'oreille. C'est juste un petit aller retour, tu n'as pas à t'inquiéter.


-Je...j'ai peur de ne pas y arriver. Ca serait si facile de retourner d'où je viens...je suis sur que si je fermais les yeux, mes pas m'y conduiraient instinctivement. Je ne veux pas...


-Ne t'en fais pas, je suis là, d'accord ? Je reste avec toi et je ne te lâche pas d'une semelle.


Je hoche la tête et nous partons avec un peu d'argent en poche.


Et effectivement, Jordan ne me lâche pas un instant. Et lorsque nous arrivons en centre ville, à quelques minutes de marche d'un des endroits les plus fréquentés par les junkies en manque et que je sens mon corps entier se tendre, comme attiré par un appel invisible, ma main trouve refuge dans la sienne et ne s'en décolle pas. C'est ainsi, main dans la main que nous entrons dans le magasin, que nous dénichons un petit appareil jetable, et c'est toujours liés que nous rentrons au centre. Je n'ai croisé personne de ma connaissance et les seuls regards de dégoûts que j'ai croisé ont été ceux qui fixaient nos mains collées l'une à l'autre. A mon grand étonnement, personne ne m'a regardé comme un drogué, comme un clochard ou un minable. Et même si certains esprits rétrogrades nous ont collés l'étiquette « homosexuels » sur le front, personne n'a pu me coller celle de « junkie » et j'en suis très satisfait.


Lorsque j'en parle à Jordan, le soir même, dans sa chambre, en partageant une bouteille de whisky, il rit.


-Tu n'as plus une tête de camé depuis quelques temps déjà, et tu as aussi commencé à reprendre du poids...je me demande bien comment d'ailleurs, vu le peu que tu bouffes...Mais quoiqu'il en soit, tu es de plus en plus sexy mon petit Tyler. Et pour être tout à fait honnête, je ferai bien de toi mon quatre heure.


Je baisse la tête, rougissant sous le compliment. Ce qui n'empêche pas Jordan de continuer.


-D'ailleurs, si tu veux tout savoir, je ne suis pas le seul...


-Ne dis pas n'importe quoi, qu'est-ce que tu racontes ?!


-Hmm eh bien, je crois bien que notre cher éducateur te trouve, lui aussi, très à son goût.


-Quoi, Alix ?


-Hmm hmmm !


-Tsss, tu ne sais plus ce que tu dis tu as trop bu !


-Je suis encore suffisamment sobre pour comprendre ce que veulent dire ses regards appuyés sur toi. Je suis loin d'être un spécialiste en relations amoureuses, mais pour ce qui est du cul, j'en connais un rayon, et il est clair qu'il te mate aisément à longueur de journée.


-Je vais aller me coucher, tu es bourré.


Et je me lève de son lit après lui avoir posé un baiser, involontairement tombé sur le coin des lèvres. Arrivé à la porte et sans surprise, Jordan m'a rattrapé et s'applique à me faire goûter un vrai baiser que je lui rends. Malgré tout ce que me dicte mon cœur, j'aime vraiment ses baisers. Ils ont un goût sucré et dans ce cas précis, légèrement alcoolisés. Et surtout, ils me transportent et m'apaisent. Lorsque mes pieds retouchent le sol, nos fronts sont collés l'un à l'autre et mes bras sont enroulés autour de sa nuque tandis que les siens sont autours de ma taille, une main caressant mon dos. Doucement je me décolle et ouvre la porte pour retourner dans ma chambre.


-Bonne nuit Jordan.


-Bonne nuit mon beau, bonne nuit.


Une fois dans mon lit, j'ai du mal à trouver le sommeil, malgré la fatigue. Toutes sortes de questions se posent à moi. Sur Jordan, Alix, Riley, Le Criquet, Emilie, Tristan, mon passé, mon futur...mais surtout sur cet homme qui menace mon rétablissement au sein de ce centre. J'ai peur de ce qui pourrait arriver face à ce psy de malheur, mais une chose est sure, nous ne pouvons pas échouer. En m'endormant, une certitude s'impose à moi, si les choses devaient encore s'aggraver, je n'y survivrai pas. Et Jordan est un allié de choix, j'ai confiance en lui. Ensemble, nous pouvons y arriver, j'en ai la conviction. Pourvu que rien ne vienne entraver notre plan...

 

 

 


Petit message aux fans de yaoi et de fanfic en particulier !!!


Je suis, vous vous en doutez, fan de yaoi, mais entre autres je suis avec grand intérêt, les fanfictions sur Harry Potter...et en particulier les HPDM ou HPSS...d'ailleurs il est possible que d'ici quelques temps, je tente d'écrire une ou deux fanfiction (OS ou histoire complète)....j'ai quelques idées que j'espère pouvoir développer un jour. Mais ce n'est pas de ça dont je voulais parler. Je suis à la recherche d'une fiction (Harry/Draco) que j'avais lu il y a......oula....y'a bien un an ou deux déjà....lol, mais elle n'était pas terminée et j'ai jamais réussi à remettre la main dessus...je n'ai ni le titre, ni l'auteur (ça vous avance bien, hein...mdr) mais voilà en gros l'histoire :

A Poudlard, il y a un système de lettres qui sont envoyées aux élèves qui donnent des lieux de rendez-vous. Ces lieux changent à chaque fois et si un jour une des personnes concernée par la lettre ne se présente pas au rendez-vous, il/elle n'en recevra plus. Dans le cas contraire, les deux élèves concernés reçoivent régulièrement leur rendez-vous avec la même personne.
MAIS (oui, il y a toujours un mais...lol), les personnes ne se voient pas. Les rendez-vous ont toujours lieux dans des petites pièces dans le noir qui apparaissent magiquement à l'heure du rendez-vous et qui redis paraissent après ; les rendez-vous durent une heure (si ma mémoire est bonne), après les élèves sont en quelque sorte expulsés de la pièce (pas violemment, hein) chacun de leur côté. Les élèvent ne savent donc pas qui ils sont en train de tripoter (ben oui, vous pensiez pas qu'ils y faisaient du tricot quand même...). Les lettres envoyées sont de couleur bleues pour les garçons et de couleur rose pour les filles.
Voilà pour le décor.

L'histoire, maintenant :
Harry est un jour possesseur d'une de ces enveloppes (je ne sais plus comment, je crois qu'il la trouve par terre, mais je n'en suis pas sure...), mais elle est rose. Harry n'étant pas au courant de cette « tradition » poudlarienne, ne comprend pas l'erreur et poussé par la curiosité, se rend au rendez-vous.
Là bas, il se retrouve avec Draco Malfoy (ben oui, sinon ça ne serait pas un HPDM), mais aucun des deux ne sait qui est l'autre personne. Pire encore, même si Harry se rend compte assez rapidement qu'il a affaire à un homme, Draco, lui ne le sait pas (ils se pelotent partout, sauf aux encroits propices appremment...lol). Harry ne dit rien et profite de ces moments passé dans les bras d'un inconnu. Jusqu'au jour ou Draco s'aperçoit que c'est bien un mec qui est en face de lui et non une femme et là, il panique et s'en va. S'en suit toute une remise en question de Draco qui décide de sortir avec une fille pour se convaincre qu'il ne ressent rien pour l'inconnu des rendez-vous et i prend la décision de ne pas aller au prochain rendez-vous que lui fiera la lettre.
Harry lui, est déprimé parce que son inconnu l'a planté la. Et décide malgré tout de se rendre au rendez-vous suivant dans l'espoir que l'homme lui laisse au moins un peu de temps pour s'expliquer (et plus si affinité...lol).
Draco passe un long moment à tourner et retourner la fameuse question dans sa tête « j'y vais ou j'y vais pas » et décide finalement d'y aller. Il court pour ne pas être en retard, car n'oublions pas que les rdv ne durent qu'une heure et que si il ne s'est pas présenté là bas pendant ce laps de temps, il ne recevra pas de prochaine lettre et donc ne reverra jamais son mystérieux peloteur. Malheureusement pour lui lorsqu'il arrive enfin au rendez vous, il reste trop peu de temps et il a à peine le temps d'entrer dans la pièce et de tenter d'attraper harry par la manche qu'ils sont déjà éjectés de la pièce sans qu'il n'ait rien pu lui dire.

De son côté, harry trop anéanti par l'absence de l'homme mystère ne se rend même pas compte qu'au dernier moment, quelqu'un tente de l'attraper par la manche et se retrouve dehors en étant persuadé que la personne ne veut pas de lui.

L'histoire s'arrêtaient ici quand je l'ai lu. Mais nous, lecteurs, savons que Draco est finalement venu et que donc, il y aura une autre possibilité de rdv...cependant, comme j'ai jamais pu retrouver cette fic, je ne sais pas la fin...et j'avoue que c'est très frustrant. Donc si jamais l'une d'entre vous pouvait me renseigner sur cette fiction, me donner le titre, un lien...n'importe quoi qui me permette de la retrouver...je vous en serai éternellement reconnaissante (ou presque...lol). Bon j'ai bien conscience d'avoir écrit un pâté...mais j'aimerai bien retrouver cette histoire...donc n'hésitez pas. J'espère avoir été assez précise dans le résumé...lol

 



Merci à vous d'être passé, de m'avoir lu, merci à celles qui ont posté des commentaires. Ils me font toujours chaud au cœur.
Bisous à toutes !


Par Meryl
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Dimanche 23 novembre 2008

Ta la la laaaaaaaaaa !!!!!!!! Hum...pardon. Donc comme promis, la suite de Dépendance. En fait pour être honnête, ce chapitre est quasiment fini depuis plus de 15 jours, il manquait juste la dernière partie. Mais les évènements m'ont un peu dépassé, j'ai eu pas mal de trucs à faire !!! Et donc je n'ai pu finir que maintenant. J'espère que ça vous plaira. Je dédie ce chapitre à toutes celles qui commençaient à désespérer de me voir poster une suite un jour...(n'est-ce pas Styara ?!! XD )



ALIX


Il sera ma perte. Je le sais depuis le moment où je l'ai vu. Parce qu'il est trop semblable, parce que je suis trop faible. Il est ma damnation. Je l'ai vu face à l'entrée du centre, affichant un air déterminé mais effrayé. Je savais que je ne devais pas m'en mêler alors je suis resté à l'écart, mais quand je l'ai vu reculer d'un pas et s'apprêter à prendre la fuite, comme tant d'autres avant lui, j'ai baissé les bras et je suis intervenu. Signant ainsi ma défaite face au destin, me lançant tête baissée dans la gueule du loup.


-Je peux vous aider ?


Il m'a regardé d'un air surpris mais rapidement a remis son masque. Mais il m'a tout de même suivi, a répondu à mes questions et s'est laissé entraîner. Il était perdu, bien sur...ils le sont tous. Lui aussi l'était ! Pourtant il semblait vouloir s'accrocher à tout prix. Cette attitude m'a plu, finalement il n'était pas exactement le même. Plus de volonté, une soif de s'en sortir et de vivre évidente...J'ai eu du mal à le laisser seul, mais je n'ai pas eu le choix. Il n'est pas le seul résident à avoir besoin de mon aide. Et puis, je crois qu'il avait besoin d'être un peu seul.

Au repas il s'est fait tester. Comme tous les nouveaux, mais je n'étais pas inquiet, la suite m'a donné raison, il s'en est sorti avec brio. Quand je suis rentré chez moi ce soir là, je me suis senti seul. J'ai l'habitude d'être seul, mais cette fois-ci a été plus pesante que d'habitude...et je sais que c'est à cause de lui ! Et je m'en veux pour ça, je n'ai pas le droit. Pourtant il me plait....bien sur qu'il me plait, c'est indéniable. Il lui ressemble tellement. Pendant un moment je me suis demandé si ce n'était pas lui qui était revenu, puis la réalité a refait surface et j'ai pu noter leurs différences.


Quand ils m'ont appeler au milieu de la nuit, j'ai paniqué, comma à chaque fois. Je déteste qu'on m'appelle comme ça, trop de mauvais souvenirs sont à liés à ces réveils en panique. C'était lui. Jeremy...non, Tyler, il préfère, je respecte. Je ne connais pas encore son histoire mais je me suis déjà promis de l'apprendre tout en m'interdisant de m'attacher à lui. Plutôt paradoxales comme décisions. Je l'ai retrouvé juste après une crise de manque. Heureusement les calmants faisaient déjà effet, malgré l'habitude, j'ai encore beaucoup de difficultés à voir toutes ces réactions physiques d'un corps réclamant sa dose. Les spasmes, les cris, les larmes, j'en ai vu bien assez comme ça. Encore une fois les souvenirs m'assaillent, tentant encore une fois de reprendre le dessus, je les chasse rapidement, ça aussi, j'ai apprit à gérer.


Je déteste ce boulot. Pourquoi je continue ? Parce que j'ai promis, parce que j'ai besoin, parce que c'est tout ce que je sais faire. Mais surtout parce que peut importe combien je le déteste, avant tout je l'aime. J'aime apporter mon aide et mon soutient. J'aime me sentir utile, j'aime voir l'espoir renaître dans les yeux de ces gens à qui la vie à tout pris et qui n'attendent plus rien de personne. J'aime voir un homme ou une femme prendre un nouveau départ en me disant que quelque part dans son parcours, j'ai participé à sa réussite. Je suis fier de recevoir des lettres d'ancien pensionnaires me racontant leur travail, leurs retrouvailles, leur vie de famille, toutes ces choses auxquelles ils ne pensaient jamais avoir droit. Oui, j'aime mon travail. Comment puis-je penser une seule minute que je le déteste. Je crois surtout que c'est moi que je déteste.


Aujourd'hui j'ai revu Tyler. Il semble aller pas trop mal. Il prend ses marques doucement. Je l'ai vu parler à la jeune Emilie. Elle est notre plus jeune pensionnaire. Je crois qu'elle ne restera pas longtemps. Elle n'est pas là par choix, elle n'a pas cette volonté farouche de s'en sortir. Elle sera vite sevrée ça c'est sur...ça ne fait pas si longtemps qu'elle se drogue. Mais à peine dehors elle replongera, j'en suis quasiment certain. Avec les années, on finit par repérer ceux qui reviendront nous voir et ceux qui s'en sortiront. Je l'ai envoyé à son rendez-vous hebdomadaire chez le psy de l'établissement. Il n'est pas là depuis très longtemps, il a pris la suite du Dr Franck qui a pris une retraite bien méritée. Mais lui, le docteur Kirst, je ne le sens pas. Ce type ne m'inspire rien de bon. Les conditions de son acceptation au seins de l'équipe sont plus que floues, je suis sur que c'est une histoire de piston. Mais je ne comprends pas pourquoi il est là. D'ailleurs je ne comprends même pas pourquoi il a choisi ce job. Il semble n'aimer personne et surtout pas les résidents, ceux qui ont le plus besoin de soutien. Il dénigre non seulement les résidents mais aussi l'équipe entière, personne ne semble être digne de lui, à ses yeux. Il ne parle à personne sauf pour dénigrer, juger...il commence à semer la zizanie dans une équipe qui jusque la se serait les coudes à cent pour cent. Ses remarques sont acerbes, méchantes, cinglantes...et on ne sait pas pourquoi. Personne ne lui parle plus, mais les résidents, eux, n'ont pas le choix. Ca fait partie du contrat. Personne ne s'est encore plaint...mais des rumeurs courent...je ne sais pas trop ce qui se passe, mais ça m'inquiète. Le taux de réussite depuis son arrivée est en chute constante...mais c'est peut être juste une coïncidence. Après tout, il y a toujours eu des hauts et des bas avec les chiffres. Je ne veux pas juger, ça ne me ressemble pas...alors pourquoi j'ai ce sentiment de malaise et cette impression de danger quand il est dans les environs ?

J'ai voulu voir Tyler à la sortie de sa séance, mais je l'ai raté. Depuis je crois bien qu'il me fuit. Mais la encore, ce n'est peut être qu'une illusion de ma part. J'ai remarqué également qu'il mangeait très peu. Pas étonnant pour un drogué. Enfin, un ex drogué. Même si je sais qu'en s'estompant les sensations de manque laisseront place à un plus grand appétit, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter. Il faut qu'il se nourrisse convenablement s'il veut avoir assez de force pour lutter. Il n'est pas bien épais.


Je dois arrêter de penser à lui. Je ne dois pas m'impliquer de trop dans cette relation avec lui, il est un résident, un patient comme les autres et c'est tout. Je ne dois pas chercher plus, ça ne serait bon ni pour lui, ni pour moi. Et tout en prenant cette décision, je sais déjà qu'elle me sera impossible à tenir.



TYLER


Je sors du bureau anéanti. Dans quel merdier je viens de me fourrer ? Ce type me dégoûte et pourtant je sais déjà que je suis coincé. Ma seule chance de m'en sortir et de rester ici, mais si je veux rester, je vais devoir faire les quatre volontés de ce.... J'enrage !!! J'ai besoin d'air, je sors. En passant la porte, je percute quelqu'un et me retrouve par terre, c'est bien mon jour ! C'est Jordan, il est seul et étonnement il me tend la main pour me relever.


-Ben alors, vieux, ça va pas ?


-Si, si, ça va.


-T'es sur de ça ?


J'hésite un instant. Il est là depuis un petit moment, il doit sûrement savoir tout un tas de choses sur ce centre...et ceux qui y bossent.


-Oui, ça va...merci.


Il hausse les épaules et s'en va. Je ne suis pas sur d'avoir fait le bon choix. Après tout, pour le moment, le psy ne m'a rien fait...ce ne sont peut être que des menaces en l'air, pour asseoir sa supériorité.
Je m'assois sur les marches et sors une cigarette de son paquet. En l'allumant, je sens quelqu'un s'installer à côté de moi. C'est le petit blond de la bande à Jordan.


-On t'appelle le criquet, c'est bien ça ?


-Oui.


-J'ai connu quelqu'un qui s'appelait comme ça aussi. C'était un bon ami à moi.


-C'est mon frère.


Je sursaute très surpris de cette révélation. Je savais que le criquet premier du nom avait un frère mais je ne savais pas qu'il était drogué. Au contraire.


-C'est vrai ?


-Oui. Il ne t'a jamais parlé de moi ?


Je sens la tristesse dans sa voix.


-Si, il me disait que contrairement à lui, tu continuais tes études et d'ailleurs que tu t'en sortais plutôt pas mal. Il était très fier de te voir réussir, c'est pour ça que je sui surpris de te retrouver ici.


Il baisse la tête.


-Je sais. Je voulais juste....j'ai cherché à comprendre comment mon frère avait pu perdre la vie aussi stupidement...alors j'ai marché sur ses pas...et j'ai compris...mais je crois bien m'être un peu égaré en route...Dès que je me suis rendu compte qu'en suivant son chemin j'aurai la même fin je suis venu ici...je ne veux pas mourir.


-...


-Tu le connaissais vraiment bien mon frère ?


-Autant qu'on peut se connaître entre camés. Il a toujours été une sorte de modèle à suivre pour moi.


-Pourtant il se droguait aussi !


-Oui, mais contrairement aux autres, il était bien conscient de tout ce qui l'entourait. Il ne prétendait pas pouvoir s'en sortir à tout moment. Il savait dans quelle merde il était et savait les efforts que représentaient un éventuel sevrage. Je crois qu'il voulait s'en sortir...


-Ca ne l'a pas empêché de s'injecter une dose tellement forte qu'il en a clamsé !


-Ce n'est pas la quantité de came qui l'a tué, c'est la qualité.


-Qu'est-ce que tu en sais ?


-Je t'ai dit que je le connaissais. Il aimait trop la vie pour mourir. Il t'aimait trop toi.


-C'est pour ça qu'il n'est plus revenu me voir les trois dernières années de sa vie ? Parce qu'il m'aimait trop ?


Malgré son ton agressif, je vois bien la souffrance qui l'habite ?


-Il n'est pas revenu pour ne pas que tu le vois dans cet état, il voulait que tu gardes l'image du grand frère qu'il avait été. J'ai perdu énormément d'amis dans les mêmes conditions que ton frère et parmi tous ceux la, un seul me fait douter que ce soit un suicide et non un accident et ce n'était certainement pas ton frère. Je te dis la vérité, t'es pas obligé de me croire.


Mon ton ne lui laisse pas le choix, la discussion est close.


-Dis moi, le criquet, c'est quoi ton prénom ?


-C'est vraiment important ?


Je laisse un sourire flotter sur mon visage.


-Non, ça ne l'est pas. Je peux te poser une question ?


-Oui.


-Tu es déjà allé chez le psy ici ?


Je le sens se raidir à côté de moi.


-Comme tout le monde. C'est obligatoire.


-Et...ça se passe bien ?


-Qu'est-ce que tu veux dire ?


-Je sais pas. Je viens d'aller le voir et...disons que je ne le sens pas du tout.


Il baisse la tête.


-J'ai pas envie d'en parler.


-Ok...


Je finis ma cigarette tranquillement. Si j'avais encore un doute, je sais maintenant que ce type est un pourri et qu'il agit ici en toute impunité. En venant ici je cherchais à me libérer et je me sens oppressé par un nouveau danger. Il va falloir que je me démerde pour trouver une solution...et vite.


-Tu as un frère, toi ?


Sa question me déroute un peu. Je sais qu'il a à peu près mon âge et pourtant il a gardé des traits enfantins. Seuls ses yeux sont témoins de ses souffrances passées, présentes et sans aucun doute, futures. Jusqu'où puis-je me confier à ce jeune homme que je connais à peine ?


-Oui, j'en ai un.


-Tu le vois souvent ?


-Non.


-Ok. Je dois y aller, je te laisse. A plus tard.


-Ouais, salut !


J'écrase le mégot par terre. Un coup d'œil sur ma montre, il est près de seize heures. C'est bientôt l'heure de mon petit moment familial. Si j'osais...oh et puis j'ose. Après tout, Alix m'a bien prévenu, je suis libre, je dois juste être rentré pour le dîner. C'est décidé, je me lève et je pars.


Ca y'est j'y suis, caché derrière mon arbre, j'entends la sonnerie stridente, c'était tout juste ; un peu plus et je ratais la sortie. Les petites têtes sortent pour la plupart en courant et retrouvent les bras protecteurs de leurs parents. Je le vois sortir doucement. Il semble plonger en plein discussion avec un camarade à lui, bras dessus bras dessous. Je me demande ce qu'en penserai son père s'il le voyait ainsi...mais ça n'a aucune importance, son père n'est jamais venu le chercher à l'école. Sa mère est là par contre. Cachée sous ses lunettes de soleil...a-t-elle encore pleuré ? Elle semble fouiller les environs du regard à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un...de moi ? Je me cale un peu plus contre le tronc, cherchant à être le moins visible possible ? Je ne veux surtout pas revivre une scène comme la dernière fois. Tristan finit par retrouver sa mère et ils s'éloignent tous les deux main dans la main. Au coin de la rue, Tristan relève la tête et me fixe de ses grands yeux verts, si semblables à ceux de sa mère...si semblables aux miens ! Je crains un instant qu'il n'alerte sa mère de ma présence, mais sa bouche reste close. Il ne fait que me dévisager jusqu'à ce que le mur lui coupe la vue. Je reste un petit moment seul à regarder cet angle ou il a disparu. Je commence à trop m'attacher à ce petit à force de venir ici presque tous les jours. Il faut que je ralentisse mes « visites », ça sera bien mieux pour tout le monde.


Je viens de rentrer au centre et il fait bientôt nuit, on voit que l'automne est là, les journées raccourcissent ! Je n'aime pas l'hiver. C'est trop sombre, trop froid... Quelqu'un vient à ma rencontre, Jordan. Nous nous rendons au réfectoire ensemble et le repas se passe plutôt calmement. Il me raccompagne à ma chambre et je me rends compte que je n'ai pas vraiment envie qu'il parte.


-Ca va pas ? me demande-t-il.


-Si, si...c'est juste que...


-...oui ?


-Je suppose que t'ai déjà au courant, mais j'ai fait une crise la nuit dernière. Je m'y attendais pas, c'était la première fois que ça me le faisait après un laps de temps si long....et j'ai un peu...peur que ça recommence...

-J'ai une bouteille dans ma chambre si tu veux, je peux aller la chercher et on continuera à discuter un peu, ça peut être sympa, non ?


-C'est autorisé ça ?


-Hum, pas vraiment. Mais je ne suis pas ici pour un soucis d'alcool, donc les éducs ferment un peu les yeux. Tant que je finis pas complètement beurré, ça passe.


J'acquiesce en souriant. Je lui suis reconnaissant de ne pas me laisser seul avec mes doutes. J'ai vraiment la trouille de retomber dans cette sorte de transe malsaine et douloureuse que sont les périodes de crise. Je m'installe assis sur mon lit, le dos contre le mur en l'attendant et quand il revient, il s'installe à mes côtés. Il boit une longue rasade au goulot et me tend la bouteille. Je l'imite et je sens le liquide couler, brûler ma gorge et réchauffer mon corps tandis que mes yeux me piquent. Une toux me prend et Jordan me regarde avec un petit sourire moqueur.


-Tu n'as pas l'habitude apparemment !


-Non pas trop...mais c'est pas grave, ça fait du bien.


Je lui repasse la bouteille et il prend une deuxième gorgée, un peu moins importante que la première. Un silence agréable s'installe coupé par le bruit du liquide dans la bouteille.


-Tu es là depuis longtemps ? je demande soudain.


-Bientôt deux mois.


-Ca faisait longtemps que tu....


-Que je me droguais ?


Je baisse la tête et rougie légèrement sans trop savoir si c'est pour avoir posé une question aussi intime ou bien l'alcool qui commence à monter.


-Oui.


-Quelques années.


-C'est arrivé comment ?


-Tu es bien curieux dis moi.


-Désolé.


Il soupire et boit une nouvelle gorgée.


-Si je te raconte mon histoire, il faudra que tu me racontes la tienne.


Il se reprend en me sentant me raidir.


-T'en fais pas, je veux pas les détails, ni que tu remontes à l'an quarante. Juste savoir en gros comment tu es arrivé là.


Je hoche doucement la tête. Et j'attrape la bouteille, il va me falloir un peu d'aide si je veux parler un peu.


-Pour moi c'est un parcours plutôt banal...voire même complètement pathétique si on y réfléchit bien. J'étais un petit gosse de riche, pourri gâté qui trouvait que sa vie manquait de piquants. Et un soir, dans une des soirées comme seule la jeunesse bourgeoise peut en faire, c'est à dire, des orgies ou l'alcool et la drogue coulent à flot, ceux que j'appelais mes amis m'ont proposé un petit cachet magique pour oublier ce qu'était ma morne petite existence. Et effectivement, ça a été magique. Une nuit comme j'en ai rarement connu. Je ne me souviens pas de grand chose, juste d'un perpétuel feu d'artifice en moi et une nuit entière de baise avec je ne sais combien de personnes. Et un bien être indescriptible....je suppose que tu sais ce que c'est...


Je hoche la tête, ne voulant surtout pas le couper dans ses explications.


-Ca aurait pu s'arrêter là. Mais j'étais très con. J'en voulais toujours plus. Alors j'ai recommencé, encore, des soirées entières à m'envoyer en l'air avec n'importe qui, les journées à tenter de me rappeler ce que j'avais fait...et puis les défonces de soirées n'étaient plus suffisantes, je ressentais des envies impérieuses de me défoncer à tout moment. C'est à ce moment, je crois, que j'ai eu peur. Mais il était déjà trop tard et petit à petit je me suis enfoncé dans un merdier indescriptible. J'ai eu quand même un sursaut d'intelligence en arrêtant d'aller aux soirées. Quant un pote à moi a été déclaré séropositif, j'ai eu la révélation du siècle, c'est qu'à sûrement aucun moment de mes partouzes je n'avais du me protéger. Donc j'ai continué à me shooter, mais sans les parties de baises.


-Mais...tu as dit que tu étais riche...tes parents ne t'ont pas aidé ?


-Au contraire, ils ont tout fait pour moi, mais sûrement de la pire des façons. Ils m'ont couvert, me faisant éviter tous les ennuis, que ce soit avec la police ou l'entourage. Et j'ai donc pu continuer mes conneries, j'avais les parents derrière moi qui payaient toutes mes cautions et qui me fournissaient des alibis. J'avais bien sur droit aux leçons de moral, mais tu penses que ça me passer bien au dessus...Et puis un jour ils en ont eu marre, et ils ont sans doute fait la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Ils m'ont laissé tombé.


Je me redresse brusquement à ces mots.


-Comment tu peux dire une chose pareille ? Tu avais besoin d'eux et ils t'ont laissé tombé et tu dis que c'était la meilleure chose à faire !! Mais tu délires !


-Calme toi, laisse moi t'expliquer. J'étais un vrai connard, Tyler. Je me savais protégé de tout et j'en profitai allègrement. Je me pensais au dessus des lois, au dessus de tout...Du jour au lendemain, je me suis retrouvé sans rien et même si ça a été brutal ça m'a permit de comprendre la personne que j'étais devenu. Mais je sais que mes parents sont là à m'attendre, ma chambre m'attendra jusqu'au jour où je sortirai d'ici et je peu te dire que je veux que ça arrive le plus tôt possible. Ils ne m'ont pas réellement abandonné, ils m'ont poussé à reprendre ma vie en main et à enfin devenir quelqu'un. Sans eux je serai probablement déjà mort, ils m'ont sauvé la vie !


Je secoue la tête vivement. Comment peu-t-il être reconnaissant d'avoir été rejeté ? Voyant ma réaction, il reprend.


-Il semblerait que nous n'ayons pas le même avis sur le sujet. Mais t'en fais pas pour moi, je sais ce que je leur dois et ce que je dois faire pour les retrouver. A ton tour, maintenant. Comment es-tu arrivé là ?


Je reprend une gorgée d'alcool qui commence à me monter légèrement à la tête.


-C'est compliqué...


-J'ai tout mon temps.


-Je vis avec Riley, mon copain, dans la rue depuis un moment déjà, c'est lui qui m'a aidé à surmonter...pas mal de choses. Mais disons que j'en pouvais plus de cette vie et que toutes mes tentatives pour arrêter la drogue jusque là ont été vaines. Alors il a bien fallut que je prenne le taureau par les cornes et que je me décide à venir ici.


-Humm....alors t'as un copain ?


-Hein ? Euh...oui


-Oh...ça risque d'être embêtant pour moi, ça. dit-il en se tournant sur le côté.


-Pourq....ooh....


Je ne rêve pas, Jordan est bien en train de me faire du rentre dedans ! Ca y'est je pique un fard. J'attrape la bouteille qu'il avait reprit et je décide de passer ma nervosité en la vidant le plus rapidement possible. Mes projets sont malheureusement chamboulés par la main de Jordan qui me voyant faire, reprend la bouteille et la pose par terre. Lorsqu'il se tourne à nouveau vers moi, je n'ose pas le regarder, et je suis de toutes manières bien trop occupé à contrôler mon corps qui semble plus que chaud, c'est le cas de le dire, pour un petit extra. J'aurai pas du boire autant car quand Jordan me fait pencher la tête vers lui et que ses lèvres se rapprochent inexorablement des miennes, je n'esquisse pas un mouvement. Un douloureux combat s'engage alors entre mon cœur qui me crie que j'appartiens déjà à un autre et mon bas-ventre qui pour le moment n'en a visiblement rien à faire et souhaite juste être soulagé de ce désir qui enfle. Ma tête, elle a complètement décroché après la dernière gorgée que j'ai prise. Le temps que je prenne réellement conscience des évènements, je sens mon cœur flancher et le frôlement des ses lèvres fait réagir les miennes. Et alors que je m'apprête à répondre à son baiser, trois coups brefs sont frappées à ma porte. Aussitôt, mon cerveau se trouve reconnecté, je repousse Jordan et saute presque littéralement du lit pour m'éloigner. Je tente vainement de reprendre mes esprits avant de pouvoir ouvrir la porte. Jordan, très zen, se lève, ramasse sa bouteille et me claque une bise sur la joue avant d'ouvrir la porte et de s'éloigner. Devant la porte, Le Criquet junior qui se tripote les doigts nerveusement.


-Je suis désolé, je te dérange.


-...Non, pas du tout, j'avais besoin d'un peu de compagnie, on discutait.


Excuse peut crédible, mais il ne relève pas.


-Tu voulais me voir ?


-Oui. Je peux entrer ?


-Bien sur.


Je m'écarte et referme la porte derrière lui.


-Installe toi.


Il s'assied sur le bord du lit, toujours mal à l'aise.


-Alors, tu voulais me dire quoi ?


-J'ai pas mal réfléchi à ce que tu m'as dit tout à l'heure.


-....


-A propos du docteur Kirst.


Tout de suite, ma curiosité est titillée. Peut être vais-je enfin en savoir un peu plus.


-J'ai...un ami, qui m'a...enfin qui m'a dit que le docteur le forçait à...faire des trucs avec lui.


Il fixe le sol, n'osant plus relever les yeux vers moi. La bonne nouvelle, c'est que si je ne suis pas le seul à subir les assauts de ce pervers, je peux peut être trouver une issue. La mauvaise c'est que j'ai peur de ce que cette phrase peut impliquer dans la bouche du criquet.


-Dis moi, cet ami...est-ce que c'est toi ?


Il relève la tête brusquement.


-Est-ce que ce type t'a fait du mal ?


-Non ! Je t'assure que non, c'est vraiment un ami. Je lui ai dit de venir t'en parler mais il n'a pas voulu. Je...j'aurai pas du venir, j'ai promis de rien dire, mais quand tu m'en as parlé tout à l'heure....je sais pas... je me suis dit que peut être toi aussi...


-Tu as bien fait ! Ne t'en fait pas pour moi, il ne m'a encore rien fait. Mais j'ai bien peur que ma tranquillité ne soit pas de longue durée. C'est pour ça que je voulais savoir. Si je ne suis pas le seul, on pourra peut être se défendre. Pourquoi personne ne dit rien ?


-Je crois...je n'en suis pas sure. Mais je crois qu'il ne s'attaque qu'au gens qui ont un lourd secret...comme ça il peut les faire chanter...mais ce n'est que mon avis. En tout cas, toutes les personnes qui je connais qui le faisaient ne voulaient pas parler parce qu'elles disaient qu'il les « tenait »...alors j'en ai déduit ça.


-Ca se tient.


-Tu as un secret ?


Je souris doucement.


-Oui. Mais qui n'en a pas, hein ?


-...tu ne me le diras pas, n'est-ce pas ?


-Non. Pas pour le moment en tout cas. Un jour peut être.


Il hoche la tête.


-Bon, je vais te laisser. Bonne nuit.


-Oui, bonne nuit. Merci d'être venu.


Une fois seul dans ma chambre, la fatigue me tombe dessus d'un seul coup et l'effet de l'alcool qui s'était dissipé avec les révélations du Criquet revient brutalement. J'ai besoin de sommeil. Je me change et m'allonge. Une fois couché, le remord m'assaille. J'étais à deux doigts d'embrasser Jordan. Qui sait ce qui aurait pu se passer si Le Criquet n'était pas venu frapper à ce moment la ? Est-ce que j'aurai pu coucher avec lui ? Est-ce que j'étais prêt à tromper Riley après seulement quelques jours d'éloignements ? Mon corps est-il à ce point dépendant de sexe que je suis prêt à trahir l'homme que j'aime ? Non, c'est absurde. J'aime Riley, de tout mon cœur. Ce n'était qu'une pulsion, un désir soudain poussé par l'alcool et la proximité. Une chose est sure, je mettrai les choses au point avec Jordan demain. Mon cœur est prit.

Je soupire longuement, le combat pour m'en sortir est loin d'être gagné. Et les épreuves semblent plus nombreuses que prévu. Finalement je me sens doucement partir pour une nuit complète. La première depuis longtemps.

Par Meryl
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Dimanche 25 mai 2008
Je suis Alix à travers les couloirs, mon sac poubelle dans une main, le règlement dans l'autre. Je me laisse conduire sans écouter un mot de ce que peut me dire l'éducateur.

-Voilà ta chambre, je te laisse une clé. Nous avons des passes et pouvons entrer à tout moment. Rassure toi nous ne le ferons qu'en cas de nécessité, sinon cet antre est à toi. Tu peux y faire ce que tu veux....tant que tu n'enfreins pas les règles.


Il commence à me taper sur le système avec ses règles ! J'ai bien compris qu'il y en avait...de toutes façons il y en a partout. Je me sens tout d'un coup très lasse et je n'aspire qu'à dormir un peu. Alix semble s'en apercevoir.

 

-Je vais te laisser te reposer un peu. Je reviendrais te chercher au moment du repas. Je dois préparer une autre entrée. A plus tard.

 

Je murmure un vague « salut » et je ferme la porte derrière lui. Je m'y adosse un moment et respire un grand coup. Je décide de visiter les lieux. Ce n'est pas Byzance, mais c'est sympa. Les couleurs sont chaleureuses et l'on se sent facilement à l'aise. J'ai un lit une place au centre, un bureau, une table de chevet, une armoire intégrée au mur et une porte au fond. Ce doit être la salle de bain. J'ouvre et effectivement, j'ai à ma disposition une douche, un WC, un lavabo et une petite étagère.

 

J'ouvre l'armoire de la chambre et souris tout seul. Je n'ai vraiment pas de quoi la remplir. Je pose mon sac poubelle sur un étage et mon livret d'accueil sur la table de nuit. Je retire mes chaussures et m'écroule sur le lit. Alors que je m'attends à tomber de fatigue, je sens une boule se former dans ma gorge et sans bien comprendre pourquoi, j'éclate en sanglot. Les larmes dévalent mes joues et je ne sais ni les expliquer, ni les arrêter...alors je me roule en boule serrant l'oreiller contre moi et j'attends. Je sens que ça va être long, je sens que ça va être dur...bien plus que je ne l'imaginais. Et je n'ai qu'une envie pour le moment, me piquer. Et Riley qui n'est pas là ! Je me demande ce qu'il fait, si il pense à moi. A cette heure ci, il doit dormir...récupérer de sa nuit. J'ai mal au ventre rien que de penser aux hommes qui l'ont touché. C'est sur ces sombres pensées, que je me sens m'assoupir.

 

Une main me réveille en sursaut. Je regarde affolé autour de moi avant de voir le visage d'Alix penché sur moi. Il me faut quelques secondes avant de remettre les pièces du puzzle en place.

 

-Ca va ?

 

-Euh...oui, oui, je...je me suis endormi.

 

-Oui, j'ai vu ça, tu devais en avoir besoin. Je voulais juste te prévenir que c'est l'heure du dîner.

 

-Ah, d'accord.

 

-Je t'attends dans le couloir, je vais te conduire à la salle commune.

 

Il sort et je m'étire un instant avant d'aller me passer un peu d'eau sur le visage. Ca faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi, d'habitude je ne dors que d'un œil, sursautant au moindre bruit et là, je n'ai même pas entendu mon moniteur arriver. Effectivement, je devais avoir besoin de repos. Je retrouve Alix dans le couloir et nous nous dirigeons vers ce qui semble être une sorte de cafétéria. En marchant, il me donne des informations complémentaires sur le centre. J'écoute vaguement, plus occupé à regarder autour de moi et à repérer le chemin que nous prenons.

 

-Voilà, nous y sommes, tu prends ton plateau, c'est un système de self service. Tu as le droit à un plat principal accompagné de trois accompagnant. Deux entrées et un dessert, une entrée et deux desserts, trois desserts...bref, tu fais comme tu le sens. Cette table est réservée au personnel, mais pour le reste, tu te mets où tu veux. Je t'attendrai à la fin du repas. A plus tard.

 

Il s'éloigne. Je prends un plateau et me met en bout de file. Je m'installe seul à une table, je regarde mon plateau, je ne pourrais jamais manger tout ça. Ca fait un moment que je n'ai pas eu de vrai repas. Et puis la drogue est un excellent coupe faim. Soudain des plateaux se posent de chaque côté et en face de moi. Une groupe de jeunes m'entourent et je me sens en position de faiblesse. Je n'aime pas ça du tout.

 

-Alors, c'est toi l'nouveau !

 

C'est le type en face de moi qui vient de parler, il semble être une sorte de chef. Celui à ma droit tire mon plateau vers lui.

 

-Hum, ça m'a l'air bon tout ça.


Il s'apprête à prendre ma fourchette mais ma main s'abat sur la sienne, agrippant son poignet.

 

-Rends moi ça.

 

Je connais les codes de la rue. C'est une sorte de test. Si je me laisse piétiner maintenant, je n'en sortirai jamais. Je ne dois pas plier, quitte à me prendre quelques coups. C'est comme ça que ça marche. Marche ou crève ! Je m'apprête à récupérer mon plateau quand une main, venant de gauche cette fois-ci, m'attrape par la nuque, m'immobilisant au dessus de la table.


-Tu bouges pas l'nouveau ! Et tu fais ce qu'on te dit !

 

Je vois le type de droite reprendre doucement le plateau. Celui en face de moi, me regarde un petit sourire narquois plaqué sur le visage. Je sens la moutarde qui monte et qui finit par déborder. Le chef de la bande me toise d'un air de défi. Je suis en train de perdre, nous le savons tout les deux....j'ai horreur de perdre !!! D'un bond, je colle mon coude dans la face du type de gauche, retrouvant ainsi ma nuque libérée de toute entrave, puis je colle la tête de celui de droite dans l'assiette du plateau, et ayant saisi une fourchette au passage, je la lui enfonce légèrement au niveau du cou. Je vois son regard se remplir de frayeur. Je me tourne vers le type en face de moi.

 

-Ecoutez moi bien bande de cons, je suis pas la pour foutre la merde, mais si vous me cherchez, vous allez rapidement me trouver. Alors vous allez gentiment dégager de cette table et me laisser finir mon repas peinard. Si vous êtes bien gentils, j'oublierai tout ça et on poursuivra nos vies chacun de notre côté, mais si vous essayez encore une fois de vous en prendre à moi, je vous jure que je vous briserai les uns après les autres.


Le type sous ma fourchette acquiesce rapidement et je le lâche, lui permettant de se relever et de commencer à essuyer sa purée. Les autres ont le regard tourné vers leur chef, attendant les consignes. Il s'adresse à moi :

 

-C'est quoi ton nom ?

 

-Tyler.

 

Il tend se main par dessus la table.

 

-Moi c'est Jordan. Bienvenu au CASA !

 

-CASA ?

 

-Centre d'Accompagnement et de Soins d'Addictologie. On dit CASA, c'est plus court.

 

-Ah, ok.

 

Je sers sa main et il me désigne de la tête le type à ma gauche.

 

-Lui c'est Alec.

 

Puis les deux qui l'entourent.

 

-Voilà Sidney et Le criquet.

 

Et enfin celui à ma droite, toujours en train de tenter de se débarrasser de la purée.

 

-Et lui, c'est Raoul. Raoul, va chercher une autre assiette pour Tyler !

 

-Quoi ?

 

-T'as foutu ta tronche d'abruti dedans, alors tu vas lui en chercher une autre.

 

-Mais c'est lui qui...

 

-J'ai dit tu vas en chercher une autre !

 

Jordan accentue chacun de ses mots et réduit Raoul au silence. Celui-ci se lève en râlant. Je l'interromps.


-Laisse tomber, je n'ai plus faim de toutes façons.

 

-Bah alors pourquoi tu t'es battu pour ton plateau ?


Me demande Raoul étonné en se rasseyant.


-Question de principe. Tu touches pas à ce qui m'appartiens.

 

Je croise le regard de Jordan qui hoche la tête en me faisant un petit sourire.

 

-Toi tu me plais. Je pense qu'on peut bien s'entendre.


-On verra. Pour le moment je dois y aller.

 

-A plus Tyler !

 

-Ouais, salut Jordan.

 

Je prends mon plateau et me dirige vers la sortie pour l'y déposer au passage. Alix m'intercepte au passage et jette un coup d'œil au contenu.


-Tu n'as pas mangé grand chose.

 

-Je n'avais pas très faim.

 

-Tu as décidé de faire la guerre à ta purée et c'est elle qui a gagné ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

 

Je baisse légèrement la tête.

 

-Oh, rien....un petit incident de parcours.

 

Je pose rapidement mon plateau sur l'espèce de tapis roulant qui semble mener à la cuisine, et me dirige vers la sortie de la cafétéria afin d'éviter les questions inutiles. Heureusement Alix semble habitué et n'insiste pas. La fin de journée se passe assez rapidement. Je visite le reste du centre, les différentes salles d'activités, j'en apprends un peu plus sur les règles de vie. Demain, je rencontrerai un psychologue, ça ne m'enchante pas vraiment, mais je préfère me taire. J'apprends aussi qu'il y a un groupe de parole. Alix me dit que ce n'est pas obligatoire, mais que ça ne peut qu'être bénéfique. Il faut y aller quand on s'y sent prêt...ce n'est pas mon cas. J'apprends aussi que je vais devoir pisser dans un bocal tous les matins pour contrôler que je respecte bien ma part du contrat. Contrat que j'ai signé un peu plus tôt, stipulant que je m'engageais à ne rien consommer comme drogue en l'échange de leur accueil et de leur aide. Oh, joie...j'adore pisser dans les bocaux !!!
L'éducateur me raccompagne jusqu'à ma chambre et me souhaite une bonne nuit.

 

-Oh fait !!!

 

Quoi encore ? Il a pas compris que je voulais qu'il me foute la paix maintenant. J'ai besoin de me retrouver un peu avec moi même.

 

-Si jamais ça t'intéresse, nous proposons des cours ou des remises à niveau pour les personnes souhaitant avoir ou préparer un diplôme.


Je sens mon cœur faire un bond dans ma poitrine.

 

-Tu veux dire que je pourrais reprendre mes études ?

 

-A priori, oui, si tu nous donnes le niveau où tu t'es arrêté, on fera quelques tests pour voir où tu en es....et des bénévoles viennent plusieurs fois par semaines pour donner des cours. Ca t'intéresse ?

 

Je sens mon cœur danser la gigue et c'est avec un peu de mal que je réponds.

 

-Oui, beaucoup...enfin, je...je sais pas si je pourrai...ça fait longtemps....

 

-Ecoute, ça n'a pas d'importance pour aujourd'hui. Ce que je te propose, c'est d'y réfléchir et tu me donnes ta réponse quand tu auras pris une décision.

 

-Euh...oui, d'accord.

 

-A demain Tyler.

 

-A demain...Alix.

 

Il me fait un petit sourire et s'éloigne. Je referme la porte et m'y adosse. Ca fait beaucoup d'émotions à digérer pour cette journée. Les premiers temps risquent d'être émotionnellement remplis. Je tente de faire le point. Je suis rentré dans un centre pour me désintoxiquer, chose que j'avais déjà commencé seul. J'ai été agressé puis accepté par une bande de jeunes qui semblent avoir mon âge. On m'offre la chance d'un nouveau départ, une possibilité de reprendre des études, une vie...on m'offre du temps. Du temps pour réfléchir, du temps pour comprendre, du temps pour évoluer...Je n'ai pas l'habitude d'avoir du temps. Pour la première fois depuis plus de six ans, j'ai l'impression que l'horizon s'éclaircit un peu. Je sens un sourire se former sur mes lèvres malgré moi. J'ai l'impression que je suis en train de jouer le tournant de ma vie. Je ne peux pas laisser passer cette chance.
Je me prépare à dormir et m'allonge dans mon lit, repensant à l'idée de reprendre des cours. J'adorais l'école avant. J'avais toujours adoré ça, j'aimais apprendre et découvrir chaque jour de nouvelles choses. Bien sur, tout n'était pas rose, je n'aimais pas toujours mes profs, je n'aimais pas toujours toutes les leçons, mais dans l'ensemble, j'étais bon élève et j'allais toujours au devant de nouvelle découvertes. Tout ça, c'était avant....
L'excitation commence à gagner mon ventre, ça faisait longtemps que je n'avais pas ressentit une telle émotion. Il faut que je me calme sinon, je n'arriverai jamais à m'endormir...et pourtant, je sens que j'en ai besoin.

 

La douleur me réveille en sursaut au milieu de la nuit. Je tremble et j'ai des crampes à l'estomac. Le manque ! Je pensais pourtant avoir dépassé le stade. C'est la première fois que ça me fait ça. Les fois d'avant, quand j'avais essayé d'arrêté, les crises avaient bien été là, mais une fois arrêtées, elle ne réapparaissaient pas. Pas sous forme physique en tout cas. L'envie me tiraillait l'esprit, mais je n'avais pas de « signes cliniques ». Et là, alors que je suis clean depuis trois jours, je refais une crise. Et une belle en plus, je sens la douleur monter crescendo. Je me roule en boule tentant d'intérioriser un maximum. Les spasmes augmentent en durée et en intensité. Je me retrouve par terre, je dégouline de sueur et je laisse mes larmes couler, bien incapable de me contrôler plus longtemps et je crois bien que je cris aussi.


Je vois les minutes passer sur le réveil et pourtant j'ai l'impression que ça fait des heures que je suis allongé là, par terre. La douleur est partout maintenant. Et je sens mon corps entièrement crispé. Une lumière m'aveugle et je crois comprendre que quelqu'un est à côté de moi. Un surveillant de nuit, sans doute. Je ne vois plus rien, je crois bien que mes yeux sont partis derrière leurs orbites. Je sens quelque chose me piquer le bras et tout d'un coup, je me détends et je sombre dans une inconscience salvatrice.


Lorsque je reprend conscience, le soleil est déjà haut dans le ciel. C'est rare d'avoir si beau temps à cette période de l'année. Je sens le lit s'affaisser légèrement et quand je tourne la tête, je vois Alix penché au dessus de moi.

 

-Tu te sens mieux ?

 

J'ai la bouche trop pâteuse pour répondre alors je me contente de hocher la tête. Il reprend avec un petit sourire.

 

-Arthur, le surveillant de nuit à entendu un bruit sourd alors il est venu voir ce qui se passait. C'était son premier jour chez nous...je crois qu'il s'en souviendra !

 

Je tente un sourire qui doit ressembler à une grimace.

 

-Tu dois avoir soif, non ?

 

Je hoche la tête à nouveau.

 

Il me tend un verre. Après m'être réhydraté, je me décide à le questionner.

 

-Je ne comprends pas ? Je n'ai pas eu de crise depuis trois jours. Pourquoi cette nuit ?

 

-Vu l'importance de ta crise, je suppose que ce n'est pas ta première tentative d'arrêt.

 

-Non, j'ai déjà essayé plusieurs fois.

 

-Bon, alors, tu n'es pas sans savoir que plus tu essaies, plus le sevrage est long et difficile ?

 

-Oui, je sais.

 

-Eh bien, c'est juste une nouvelle conséquence. Ton corps est trop habitué aux substances et même après tes quelques jours de sevrage, il se rappelle à toi. Peut-être aussi est-ce dû à tous ces chamboulements que tu es en train de vivre. Ton corps cherche un moyen de décompresser et c'est sûrement le seul qu'il connaisse à l'heure actuelle.

 

-Ah...alors ça va encore m'arriver ?

 

-C'est possible. On en peut pas prévoir. Chaque sevrage est différent.

 

-J'ai senti qu'on me piquait. Vous m'avez donné de la drogue ?

 

-Non, pas vraiment, c'est de la buprénorphine. C'est un substitut que tu arrêteras progressivement, jusqu'au sevrage complet.

 

-Pourquoi t'es là ?

 

-Chaque patient à un référent au centre. Si tu as besoin de parler ou autre, je suis là pour toi, pendant tout le temps ou tu seras ici et aussi quand tu sortiras. Ca me permettra de voir ton évolution dans la maladie. Pour toi, je peux être une sorte de béquille, si tu le veux bien, évidemment. J'ai été volontaire pour te suivre parce que je t'ai accueilli, et que c'est ce qu'on fait d'habitude. Si ça ne te convient pas, tu peux demander à changer à n'importe quel moment.

 

-Vous dites que je suis malade ?

 

-Oui. Comment tu dis toi ?

 

-.....je ne sais pas...je suis...qu'un drogué ! C'est mal...

 

-L'addictologie est une branche de la médecine. Pour nous tous ici tu es un malade comme les autres. Et nous sommes là pour t'aider à guérir. Je te l'ai déjà dit, mais le fait que tu sois venu ici de ton plein gré est déjà une preuve de volonté que peu de gens franchissent. Tu es sur la bonne voie Tyler. Simplement, c'est un chemin difficile et rempli d'embûches. Il va falloir t'accrocher.

 

-Oui, j'ai remarqué...mais après tout, si j'ai une béquille, ça devrait aller !!

 

Il me sourit et je lui rend. Avant de constater avec horreur que je suis en train de le trouver très attirant. Et quand il se tourne pour partir, je ne peux empêcher mon regard de descendre sur son joli petit cul. Oh, merde, il s'est retourné. Et il m'a vu. Heureusement, il fait comme si de rien n'était et j'essai de faire pareil...difficile quand mon teint prend la couleur d'une tomate bien mure.


-Euh...je vais te laisser t'habiller. Tu as raté le petit déjeuner, mais le déjeuner va bientôt être servi.

 

Après son départ, je me lève et me prépare. Je ne comprends pas ce qui m'a prit. Depuis que j'étais avec Riley, je n'avais jamais posé les yeux sur un autre homme. Et là...le voir me sourire comme ça, sans arrière pensée, ça m'a...ému. Oui, c'est le mot. Je crois que c'est parce que je n'ai pas l'habitude. Les hommes que je côtoie sont ceux de ma bande et il ne me voit pas comme un amant potentiel...ceux qui ont essayé ont reçu une petite visite de Riley et ont eu du mal à s'en remettre. Les autres sont mes clients...et ceux là, ne pensent qu'à tirer leur coup. Quand ils me regardent, ils ne voient que mon corps et ce qu'ils pourront en faire. Ils n'ont toujours qu'une idée en tête. Je crois que j'ai eu trop peu de contacts humains ces dernières années.

 

Une fois prêt, je me retrouve à la cafétéria. La salle est bondée. Il n'y a plus beaucoup de place. Je m'approche d'une fille assise seule.

 

-Je peux m'asseoir ?


Elle relève la tête et acquiesce doucement. Je m'installe et commence à manger.

 

-Oh fait, je m'appelle Tyler.

 

-Moi c'est Emilie.

 

-Tu es là depuis longtemps ?

 

-Je suis arrivée hier. Et toi ?

 

Effectivement, je me souviens qu'Alix avait mentionné une autre arrivée quand il m'avait accompagné à ma chambre.

 

-Pareil, hier aussi.

 

-Tu es là pour quoi ?

 

-Drogue. Et toi ?

 

-Pareil. Comment tu te sens ?

 

-Pas trop mal. J'ai l'impression que ça va être beaucoup plus difficile que je ne pensais. Mais je sais aussi que si j'échoue maintenant, je n'en sortirai jamais...alors, je veux essayer au maximum !

 

-Oui, je comprends. J'ai peur de ne pas réussir. Mes parents m'ont envoyé ici, mais...j'ai peur de ne pas être assez forte. Ils m'ont dit que c'était la condition pour qu'ils m'acceptent chez eux. Si j'échoue, je me retrouverai à la rue...

 

Je ne sais pas trop quoi dire. Je ne suis pas doué pour réconforter les gens...

 

-Ca va aller. Dis toi que...c'est un mauvais moment à passer !

 

-Oui...peut-être...

 

Je vois Jordan s'installer en face de moi et le reste de la bande autour de nous. Je vois qu'ils s'apprêtent à faire passer le même genre d'épreuve à Emilie.

 

-Ca va les gars, elle est avec moi, foutez lui la paix.

 

Raoul s'apprête à répliquer mais je le fusille du regard et il finit par baisser les yeux, sous le regard amusé de Jordan. Finalement le repas ne se passe pas trop mal. Nous faisons tous plus ou moins connaissance. Et encore une fois, mon plateau est quasiment intact quand je le dépose sur le tapis roulant.

 

Alix m'a expliqué un peu le déroulement de mon après midi. Comme prévu, j'ai rendez-vous avec un psy...ça craint, sérieux. En plus le type a une salle tronche. Et il me regarde de haut. J'ai horreur de ça. C'est évident que pour lui, je ne suis qu'une sous merde. Si certaines personnes sont là bénévolement, je suis certain que ce n'est pas son cas. C'est étrange mais son visage m'est familier.


Je suis installé sur une chaise, lui en face de moi, un bureau nous séparant. Je croyais que chez les psys, on était allongé sur une sorte de divan...je me suis planté. Il me scrute derrière ses lunettes. Attendant que je prenne la parole. Il peut toujours courir.

 

-Bien, monsieur....Rivion Jeremy...

 

Dit-il après un coup d'œil dans son dossier.

 

-C'est Tyler.

 

-Vous ne vous appelez pas Jeremy Rivion ?

 

-Si. Mais je préfère Tyler.

 

Il hausse les sourcils, je hais déjà ce type.

 

-Monsieur Rivion, savez-vous pourquoi vous êtes là ?

 

-Non. Et appelez moi Tyler....s'il vous plait.

 

-Monsieur Rivion, vous êtes là parce que les...gens comme vous, sont...comment dire...un poids pour l'état. Mon devoir est de faire en sorte que vous deveniez une personne normale, si cela est possible bien entendu !!! Je vais donc devoir faire de vous une personne...respectable ou en tout cas s'en approcher...

 

-Je m'appelle Tyler.

 

-Tyler, Jeremy, quelle importance.

 

-C'est important pour moi !

 

-Ce qui vous plait m'importe peu. Il va falloir que vous appreniez le respect JEREMY. Ce que je vais mettre dans votre dossier peut vous aider à avancer, ou vous faire retourner dans la rue. Alors à moins que vous ne souhaitiez faire le trottoir jusqu'à la fin de votre misérable vie, vous allez faire ce que je vous demande.

 

Je reste muet devant sa réplique. Comment peut-il savoir que je suis prostitué. Je ne l'ai dit à personne...

 

-Comment...qui vous a dit ça ?

 

Il me regarde avec une lueur perverse dans les yeux, un sourire malsain plaqué sur son visage.

 

-Personne, je l'ignorais. Mais vous venez de me fournir la réponse. En fait, je m'en doutais. Les gens de votre...espèce n'ont pas vraiment d'autre talents que ceux la. Vous et vos petits camarades ne méritez pas la place dans ce centre. Vous êtes la lie de la société et vous devriez être honorés d'avoir une telle opportunité. Au lieu de ça, vous vous pavanez avant de repartir d'où vous venez et de recommencer les mêmes erreurs encore et encore...Vous n'êtes rien du tout !!! Quant à vous monsieur Rivion, je ne vous donne pas un mois avant de vous voir retourner faire le tapin sur votre trottoir.


Je sens les larmes prêtent à sortir, je les retiens. Je ne lui ferai pas le plaisir de me voir pleurer. Ce type est une abomination. Et le pire c'est que je sais qu'il a raison. Comment ai-je pu croire une seconde que je pouvais m'en sortir. Je ne suis rien. On me l'a pourtant assez répété. Un minable...c'est ce qu'il disait. Et me revoilà à nouveau plongé dans mon passé. J'en suis presque à me demander si ce type ne va pas me sortir un ceinturon pour me battre avec. Comme lui. En quelques phrases ce foutu psychologue de mes deux m'a renvoyé toutes mes craintes en pleine figure. J'ai l'impression de me retrouver presque sept années en arrière, sous son regard sévère et sa main leste.

 

Un jeune garçon étendu sur le sol. Devant lui, un homme, debout, le visage rouge d'avoir trop frappé. Une ceinture à la main.

-Tu n'es qu'un minable Jeremy. Un bon à rien. Tu devrais t'estimer heureux que l'on t'accueille encore sous notre toit. Et au lieu de nous remercier, tu t'enfonces dans ton abomination. Car c'est ce que tu es Jeremy. Tu es un monstre. Tu sais que tu mérites ce qui t'arrives, n'est-ce pas ? Réponds !!! Tu sais que tu le mérites, hein ?


-Oui, Charles. Je sais.


-Dis le. Dis que tu es un monstre. Que tu mérites ta punition.


-Je le mérite. Je suis un monstre.


Et a nouveau la ceinture s'abat sur le jeune homme.

 


Le psy se lève et s'approche de moi. Il me dévisage de toute sa hauteur.


-Nous nous reverrons la semaine prochaine monsieur Rivion. D'ici là, je vous prie de bien réfléchir à ce que je vous ai dit. Ne vous inquiétez pas, je serai muet comme une tombe concernant vos....petites habitudes. Mais comme vous le savez, toute chose à un prix.

 

Il dit ça en me caressant la joue. Que je détourne immédiatement. Il ricane.

 

-Vous le ferez monsieur Rivion. Vous le ferez car vous n'avez pas d'autre choix.

 

Il sort.


 


 

Hello!!! Voici la suite de dépendance!!! Je suis en retard sur ce que j'avais prévu!!! Pour ma défense, j'ai eu une semaine bien remplie!!! Et aussi, j'ai pas mal glandé ce week-end...lol Je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre, mais il fallait que je mette pas mal de choses en place, donc, je pense qu'il est malgré tout nécessaire. En espérant que ça vous plaise.

Un grand merci à vous pour vos commentaires et vos visites. Ca me fait très plaisir et m'encourage à continuer. Donc...merci, vraiment!!!

Bisous

Par Meryl
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Jeudi 8 mai 2008
Cette histoire est inspirée du livre "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée". J'avais oublié de le préciser, merci à Bloodyrock qui m'a fait réparer cet oubli!!! Il est bien sur remanié à la sauce yaoi et à la sauce Meryl. L'histoire sera donc à la fois similaire et différente (je rêve ou cette phrase ne veut rien dire!!!)!


Les rayons du soleil commencent tout juste à réchauffer les murs de béton du quartier des alouettes !!! Je traverse le square qui autrefois était un terrain de jeu pour enfant. J'y venais avant. Maintenant, il ne reste plus que de la caillasse, de la boue, des seringues et des capotes usagées...je ne m'arrête pas, les souvenirs ne sont pas ce qui nous fait avancer. Je rentre dans mon chez moi. C'est un immeuble qui accueillait autrefois des bureaux...de je ne sais quelle entreprise. L'avantage c'est que notre squat est plus chaud que la plupart des autres. Ca fait des jalousies, mais on sait se défendre !!!

Je grimpe les marches des quelques étages sautant celles qui manquent de se décrocher à tout moment. C'est un bon moyen d'entendre si quelqu'un tente de monter, il finit toujours par glisser sur un des carrelages mal collés. J'arrive enfin dans nos appartements. Je suis le premier rentré. Je dépose les billets dans mon petit coffre et en garde un peu dans mon portefeuille. Je me dirige vers les anciens vestiaires et me déshabille pour prendre ma douche. Ces abrutis n'ont coupé ni l'eau ni l'électricité alors que cette bâtisse est inutilisée depuis près de huit ans. Et après ils se plaignent de l'état des caisses du pays...faut pas chercher bien loin. Je laisse l'eau couler un long moment sur mon corps, c'est bien le meilleur moment...l'après, la purification. Je me lave toujours deux fois de suite, après ça. Je ne sais pas pourquoi, c'est un tic que j'ai pris.


Soudain deux bras m'enlacent et une bouche se pose sur ma nuque. Un murmure :

 

-Tu m'as manqué.


Je souris et me retourne.

 

-Toi aussi.

 

Sa bouche attrape la mienne et ses mains caressent mon corps. Il m'écarte un peu pour profiter à son tour du jet d'eau. Il a aussi besoin de se laver. On ne peut rien faire avant de se sentir à nouveau propre. Puis nous sortons de la douche et je n'ai pas le temps de me sécher qu'il m'entraîne vers le matelas dans la pièce d'à côté. Il me pousse brusquement et je trébuche dessus. Il s'agenouille à mes côtés et me met sur le ventre. Les minutes qui suivent vont être assez douloureuses, il va être brusque, presque violent. Il va me pénétrer sans trop de préparation, comme toujours, pour se réapproprier mon corps. Comme s'il avait peur que les autres aient pu prendre sa place dans mon cœur en prenant sa place dans mon cul. Il va me faire l'amour sans aucune tendresse, comme toujours, pour me montrer que je lui appartiens toujours, malgré tout.
Puis il recommencera une deuxième fois, comme toujours. Doucement, tendrement, me positionnant face à lui, cette fois. Et il m'embrassera tout le corps, comme toujours, pour se faire pardonner son excès précédent, pour me dire qu'il m'aime, pour me dire que lui aussi en crève de devoir me partager. Et il ne s'occupera que de mon plaisir, comme toujours, pour que je me sente important, pour que je comprenne qu'il serait prêt à tout pour moi. Il va me murmurer des mots d'amour à l'oreille pendant de longues minutes, pendant que le plaisir s'installera en moi pour la première fois depuis la veille au soir. Et il va me faire jouir comme jamais personne ne pourra le faire, me faire crier son nom. Et à mon tour je vais le rassurer, en lui disant à quel point il est tout pour moi. Que je l'aime et que nous deux c'est pour la vie. Je lui dirai que je lui appartiens, cœur et âme. Pas le corps, c'est trop tard, mais le reste, tout est à lui et il le sait.
Enfin nous nous endormirons pour quelques heures paisibles, dans les bras l'un de l'autre, collés, soudés, incapables de se séparer. Parce que ces moments sont trop rares et que nous les voudrions éternels, parce que nous savons que très vite la réalité nous rattrapera, parce que l'on s'aime à en crever, et que nous sommes conscients que c'est bien la seule chose qui nous attend.

 

Je le regarde dormir, tentant de ne pas ressentir les tremblements de mes membres. Ils seront de plus en plus violents, je le sais, j'ai l'habitude. Mais je veux les contrôler le plus longtemps possible. Avant j'y arrivais pas trop mal, au début...mais c'est de pire en pire et de plus en plus douloureux.

 

Je vois ses yeux s'ouvrir ses pupilles sont dilatées. Je sais que les miennes le sont aussi, je me suis regardé une fois dans la glace, c'est terrifiant. Je ne l'ai plus jamais fait depuis. Pas dans cet état. Il me voit trembler et me sert contre lui. Puis il se lève et va chercher son coffre. Il prend un petit sachet et me prépare une douce mixture. Au prix du shoot, me donner un des siens est le plus beau cadeau qu'il pouvait me faire. Je sens les courbatures s'intensifier et ma respiration s'accélérer d'anticipation. La fin du calvaire approche. Il s'approche de moi, la seringue à la main pendant que je me fait un garrot au bras avec un élastique. Il s'installe à mes côtés et je lui tends mon bras. Il me pique doucement et toute la tension de mon corps s'envole brusquement. Je pars en arrière et je sens ses bras me retenir pour ne pas que je me cogne. Je me laisse aller complètement. Je plane littéralement, les couleurs se mélangent devant mes yeux et je ne vois plus rien de la réalité. J'entends à ses bruits qu'il se prépare sa dose puis qu'il se pique. Puis il me rejoins, je me roule pour me retrouver contre son torse. Je vais chercher sa bouche et mes mains dessinent les traits de son corps. A nouveau nos corps ne font plus qu'un et tout n'est que feu d'artifice. Je le sens se mouvoir en moi, le plaisir est multiplié, je ressens dans chacune de mes cellules ses mouvement, son souffle, ses gémissements. Il passe mes jambes autour de son cou et se redresse légèrement. Il sort de moi et je ne peux retenir un gémissement de contrariété, bien vite transformé en cri de plaisir quand il revient d'un coup habile trouver ma prostate, m'envoyant loin là haut dans les étoiles. Ses mouvement se font plus rapides, ses cuisses frappant mes fesses. Si le monde qui m'entoure est flou, lui, je le vois parfaitement. Il transpire mais il est le plus bel homme que je connaisse. Je peux lire dans ses yeux flous tout l'amour et le désespoir qui nous lient. Je sens ma main toute légère décoller doucement pour aller caresser sa joue et son sourire me fait échos à mes cris. Cette fois ça y'est, je sens la passion m'envahir, l'immense brasier de mes reins se repend dans tout mon corps et je sens les spasmes du plaisir m'envahir, j'essai en vain de me contenir. Je veux encore rêver un peu. Mais les coups de buttoir de mon amant me font rapidement perdre le peu de notion de réalité qu'il me restait et je m'envole tandis que je me répands sur mon ventre dans un cri. Je le sens me pénétrer encore et encore avant de venir à son tour et de s'écrouler sur moi. Je refermer mes bras autour de son cou et mes jambes autour de sa taille et me laisse bercer par ses mots, profitant du peu de temps qu'il me reste des rêves que ma petite poudre blanche peut encore m'apporter.

 

L'après midi est bien avancé. Je n'ai pas mangé de la journée, mais je n'ai pas faim. Je sais qu'il me forcera à manger un peu tout à l'heure, avant d'y retourner. Il dit que je suis trop maigre, et que j'ai besoin de prendre des forces pour la nuit. La nourriture me dégoûte. Les seules choses qui me font vivre sont ses bras, ma po
udre, et mon petit moment familial. C'est l'heure d'ailleurs. Je le laisse dormir. Lui aussi a besoin de repos.

 

Je m'habille et sors doucement. Je me retrouve dans la rue, l'air est frais, mais le ciel est dégagé. J'ai pas mal de marche à faire avant de me retrouver dans le quartier riche. Il doit être prêt de 16h30, je me retrouver à quelques mètres d'une bâtisse blanche, caché derrière un arbre. Je suis un peu en avance, j'attends. Le soucis quand j'attends, c'est que mon esprit vagabonde un peu trop. Alors, je pense à nous, à ce que nous sommes, à ce que nous faisons.

 

Il me dit toujours que nous sommes différents des autres. Que nous pouvons arrêter quand bon nous semble, qu'un jour, nous en finirons avec tout ça et que nous partirons loin, ensemble et que nous serons heureux. Autrefois je le croyais....et encore maintenant à certains moments, généralement quand je suis shooté, je me prends à y croire encore. Mais dans des moments tels que celui ci, je sais bien que nous sommes tous les mêmes. Et que jamais, je ne sortirais de ce trou autrement que pour être mis dans un autre trou, recouvert de terre. J'aimerai, pourtant. Je rêve de pouvoir me passer de cette poudre, de ces rêves éphémères, j'aimerai ne pas avoir à vendre mon corps chaque nuit pour pouvoir me payer mes doses. J'aimerai que nous nous en sortions, ensemble. On a déjà essayé. Plusieurs fois. Et on a parfois presque réussi. Les sevrages sont longs et difficiles, et plus on réessaie, plus la douleur est insupportable. Mais irrémédiablement, un de nous deux finis par replonger, entraînant l'autre à sa suite. Criquet m'avait dit un jour que le seul moyen de se sortir de la came, c'était de le faire seul, et de ne plus jamais s'approcher de ceux qui y sont encore ou de ceux avec qui on l'a partagé. Criquet était de bons conseils, il est mort aujourd'hui. Une overdose à cause d'une came frelatée. C'est ça de chercher à payer toujours moins cher, on finit par tomber sur de la came coupée avec on ne sait pas trop quoi et ça nous tue. Quand il m'avait parlé de ça, je lui avais dit que j'étais bien incapable de quitter Riley et que si un jour je sortais de là, ça serait avec lui. Il m'a répondu alors que j'y resterai jusqu'à ce que j'en crève.

 

Et je sais qu'il a raison. On ne peut pas se sortir de la dope à deux. C'est un travail en solitaire. Je voudrai essayer, mais l'idée même de quitter Riley me fait mal au bide rien que d'y penser. Alors je reprends une dose et je préfère croire à ses rêves qu'il me chuchote tout bas lorsque nous faisons l'amour.

 

Une sonnerie stridente me sort de mes pensées. Je vois des dizaines et des dizaines d'enfants qui courent joyeusement vers le portail. Ils embrassent leurs parents et repartent en parlant avec animation de leur journée. Enfin je le vois, lui. Il est calme, il s'assoit sur un muret et attend. Le trottoir se vide petit à petit, et lui reste assis. Je l'observe dans l'ombre. Ses cheveux sont châtains coupés au bol, mais je ne vois pas ses yeux. Son visage a encore certaines rondeurs d'enfance. Il est adorable avec sn cartable presque deux fois plus large que lui. Ses parents ne sont pas là. C'est étonnant, d'habitude, sa mère est toujours à l'heure. Je me mordille la lèvre...je ne devrai pas aller le voir, mais à peine ai-je le temps de le penser que mes pas ont déjà pris sa direction. A chaque pas, je me dis que c'est une erreur, qu'il faut que je m'en aille, vite, que sa mère peut arriver d'un moment à l'autre. Je finis par m'arrêter, devant lui. Il lève la tête et me fait un petit sourire, moitié méfiant, moitié poli. Je m'assois à côté de lui, laissant un petit écart pour ne pas l'apeurer. Il se crispe légèrement mais ne bouge pas.

 

-Salut !

 

-....

 

-En général, quand quelqu'un te dit bonjour, c'est plus poli de répondre.

 

-Je ne dois pas vous parler. Je ne vous connais pas.

 

-C'est ta maman qui t'a dit de ne pas parler aux inconnus ?

 

Il hoche la tête frénétiquement, faisant voltiger ses mèches autour de sa tête.

 

-Elle a bien raison, tu sais. Je m'appelle Tyler !

 

Je lui dis ça en lui tendant une main. Quand j'étais petit et qu'on me saluait en me tendant la main plutôt qu'en me faisant une bise, je me sentais grand.
Je le vois hésiter et finalement, sa main retrouve la mienne.

 

-Moi c'est Tristan Rivion. On n'est plus des étrangers maintenant ?

 

Je souris face à son innocence.

 

-On ne l'est plus vraiment, mais encore un peu quand même. Dis moi, tu as quel âge, Tristan ?

 

-J'ai six ans et demi.

 

-Oui, six ans et demi.....déjà !!!

 

-Et toi, t'as quel âge ?

 

-J'ai vingt deux ans.

 

-Houa !!! Et plus tard, je serai grand comme toi ?

 

Sa remarque me fait rire.

 

-Oui, sûrement, peut-être même plus.

 

-Supeeerrrr !!! Et tu crois que je serai aussi fort que Batman ?

 

-Avec de l'entraînement, pourquoi pas ! Mais tu sais, je crois que Superman est bien plus balèze que Batman. Il a des supers pouvoirs, lui.

 

-Tu dis n'importe quoi, parce que Batman, c'est trop le plus fort.

 

Et me voilà partir dans une grande discussion sur la supériorité de Batman ou Superman avec ce p'tit mec haut comme trois pommes qui me tiens tête. Et je replonge en enfance, arrachant chaque argument pouvant servir ma cause. Jai presque réussi à le convaincre quand une voix féminine me coupe.

 

-Tristan, je t'ai déjà dit de ne pas parler à...JEREMY ?

 

Je lève la tête en entendant cette voix et je me fige en même temps que la personne en face de moi. Un lourde tension s'abat sur nous et Tristan semble légèrement perdu.

 

-Maman ? Qu'est-ce qu'il y a ?

 

Je me lève d'un bond et m'éloigne mais un bras me retient.

 

-Jeremy, mon dieu, c'est bien toi ?

 

Ma gorge est sèche. Je savais que ce n'était pas une bonne idée. J'aurai du rester caché derrière mon arbre, comme je le fais toujours. Mais qu'est-ce qui m'est passé par la tête ? Je déglutis péniblement.

 

-Désolé madame, je m'appelle Tyler.

 

La femme semble déboussolée un instant et je prévois de m'échapper à nouveau, mais son regard change et brille de détermination.

 

-Je...non, c'est bien toi. Oh, mon dieu, nous t'avons cherché pendant des mois. Comment vas-tu ? Où vis-tu ? Reviens à la maison, chéri. S'il te plait, on trouvera un moyen, tu nous manques terriblement, tu sais.

 

Mon bras est coincé dans son étau, Riley à raison, j'aurai du manger, j'aurai eu plus de forces. Je tente de me libérer et je sens les larmes monter sournoisement dans mes yeux. La femme me regarde avec des yeux désespérés.

 

-Je t'en prie Jeremy, laisse moi te parler, je m'en veux de ce qu'il s'est passé. Reviens avec moi.

 

Je panique, il faut à tout pris qu'elle me lâche. Je veux voir Riley, je veux ses bras. Je ne suis pas en sécurité ici. Je croise un instant les yeux de Tristan. Ils sont verts, et remplis de frayeur. Il ne doit pas voir tous les jours sa mère faire une mini crise d'hystérie face à un inconnu.

 

-Madame, je suis vraiment désolé, mais je m'appelle Tyler. Je ne vous connais pas. Lâchez moi.

 

Les larmes coulent maintenant librement. Je sens ma respiration être saccadée.

 

-D'accord, d'accord, attend juste une minute.

 

En parlant, elle fouille dans son sac avec sa main de libre. Elle en sort une poignée de billets et me les tends.

 

-Tiens. S'il te plait prend les. Je t'en prie Jeremy, fais ça pour moi. Laisse moi au moins t'apporter ça, pour tout ce que j'ai raté avec toi. Ce n'est pas grand chose, mais j'espère que ça t'aidera un peu...

 

Elle pleure aussi. Nous somme beaux tous les trois en larmes. Elle hystérique, moi, paniqué, et son fils terrorisé par la scène. Heureusement, personne n'est là pour nous voir.

 

Je prend son argent. Après tout, tant pis pour elle. Moi ça m'évite quelques passes. Enfin je dégage mon bras brusquement et je m'éloigne. Je me tourne une dernière fois vers elle. Elle tend la main vers moi et dans un murmure, me dit :

 

-Je t'en prie...Jeremy...

 

-Je m'appelle Tyler.

 

Et je pars en courant.

 

Je cours sans m'arrêter. Je traverse la quartier riche en sens inverse. Puis le quartier des classes moyennes, le quartier des défavorisés, puis le quartier des sous-merdes, mon quartier.
Je rentre dans l'immeuble sans m'arrêter. Je me précipite à l'étage et retrouve Riley, un air inquiet s'inscrit sur son visage en voyant mon état.

 

-Tyler, ça va ?

 

Je m'approche de lui et l'embrasse durement.


-Tyler, dis moi, qu'est-ce qui se passe ? Quelqu'un t'a fait du mal ?

 

Oh oui, quelqu'un m'a fait du mal, beaucoup de mal. C'était il y a longtemps, très longtemps. Et même toi tu ne connais pas tout de cette période. A cette époque, j'avais aussi un toit, un foyer, une famille...et tout a basculé...et l'enfer a commencé !!! Je ne veux plus y penser.
Je l'embrasse à nouveau.

 

-Non...c'est rien...Riley, s'il te plait, montre moi à quel point tu m'aimes.

 

-Mais, tu...

 

Je le coupe avec mes lèvres, tout en commençant à le déshabiller.

 

-S'il te plait. Riley, je t'en prie. J'ai besoin de toi.

 

Alors il attrape mes poignets et m'embrasse doucement, freinant mon rythme ardent et m'entoure de ses bras, avant de me porter jusqu'au matelas. Ses gestes transpirent de douceur, et lentement je reprends une respiration normale. Quand il sent que je me détends sous ses caresses, il commence sa lente exploration. Et cette fois encore, je vais me sentir aimer dans ses bras, me sentir vivre sous ses coups de reins, me sentir partir dans l'orgasme.

 


L'heure est venue d'aller bosser. Je déteste ce moment. Ce moment ou je peux encore choisir de ne pas y aller mais ou je sais que je finirai irrémédiablement par le faire quand même. J'ai enfilé un pantalon moulant en cuir et un haut en maille de filet. Heureusement, il ne semble pas faire trop froid. Riley me regarde avec un sourire triste. Lui aussi est prêt. Nous prenons un dernier shoot ensemble. Moins forts que ceux de d'habitude, ils ne doivent pas nous abrutir, juste nous donner assez de courage pour passer la nuit. Car elles sont longues ces nuits. Elles sont insupportables, à passer de mains en mains, de lits en lits....et j'ai de plus en plus de mal à rester stoïque face aux regards impudiques et aux mains baladeuses de ces pervers qui ne sont pas contentés par leur femme et viennent choisir une pute comme ils choisiraient un morceau de viande. Je suis à deux doigts de vomir chaque matin quand enfin, je rentre chez moi et que je pense à ce que je viens de faire. Je sais que je ne tiendrai pas encore longtemps. Mais pour le moment je dois m'accrocher, encore un peu...bientôt, on s'en ira très loin, Riley me l'a promit...il faut juste tenir encore un peu !!! Avant de partir, il m'embrasse passionnément. Une manière comme une autre de se montrer notre soutien et de donner notre pardon par avance à cette nuit qui nous attend.

 

Il est trois heures. Je n'ai pas pu finir ma nuit. Normalement à cette heure ci il me reste facilement trois ou quatre passes à faire, plus dans les moments de pleine forme. Mais là, je n'en peux plus. J'ai beau être raide dingue de Riley, cette vie est devenue insupportable. Je n'arrive plus à faire semblant de croire à ses promesses d'un avenir meilleur. J'ai essayé, je jure que j'ai essayé. Mais je sais que rien à part moi, ne pourrait me sortir de ce merdier. Je rentre chez moi, prends deux douches bien chaudes et m'endors sur le matelas pour quelques heures d'un sommeil tourmenté.


Le lendemain, je suis réveillé par une douloureuse érection et deux doigts déjà en moi. Un coup d'œil par la fenêtre m'indique qu'il ne doit pas être plus de six heures trente. Riley finit rapidement de me préparer et me pénètre violemment. Je suis allongé sur le côté dos à lui et je tourne la tête pour accueillir sa langue contre la mienne. J'ai l'habitude de sa brusquerie. Il en supporte pas de savoir que j'ai pu être touché par d'autres hommes tout en sachant que je n'ai pas le choix. Il ne gagne pas assez pour nos deux consommations. Mais il se fait toujours pardonné au deuxième round. Et j'avoue que même au premier, il n'est pas rare que j'atteigne l'orgasme.


La journée passe doucement et je n'ai encore rien prit. Je sens les tremblements et les courbatures apparaîtrent puis s'intensifier au fur et à mesure que les minutes s'égrènent. Quand Riley me propose de me préparer un shoot, je refuse. Il me regarde étonné, les yeux remplis de questions.

 

-J'arrête Riley.

 

-C'est super, tu vas voir, cette fois, tu vas réussir.

 

Je sais que ma décision va lui faire du mal et qu'il ne va sûrement pas comprendre, mais je l'ai prise. Un centre a ouvert il y a quelques mois en périphérie de la ville. Un centre qui accueille les malades de la rue et qui, comme moi, veulent s'en sortir. Un centre gratuit. C'est ma seule chance et je dois la saisir. Je sais que si je n'y arrive pas là bas, je retournerai dans la rue et n'en sortirai plus.

 

Effectivement il le prend mal. Il crie, négocie, fulmine, négocie, me supplie de ne pas le laisser seul. Et je manque de céder à chacun de ses arguments, avant de me ressaisir au dernier moment. Il finit par claquer la porte. Il revient un peu plus tard et me sert dans ses bras, noyant ses larmes dans mon cou.
Il me dit qu'il est fier de moi, qu'il sait que c'est la bonne décision.

 

-Tu vas y arriver Tyler, parce que t'es le meilleur. Et moi, de mon côté, je vais arrêter aussi, ok ? Et dès que tu sortiras de là, on se retrouvera et cette fois, on l'aura notre vie de rêve. Promets moi juste de ne pas m'oublier d'accord ?

 

-Je ne t'oublierai jamais Tyler, je t'aime tu le sais. Je n'aime que toi, je n'aimerai jamais que toi. Je t'attendrai.

 

Je sais qu'il est sincère dans ses paroles et ça me touche. On y arrivera, on va s'en sortir séparément, mais c'est ensemble qu'on finira. C'est une promesse mutuelle, l'assurance d'un avenir commun.


J'ai passé plusieurs jours roulé en boule dans un coin de notre « foyer ». Et j'aurai pu hurler tellement la douleur était forte. Combien de fois j'ai failli me piquer, juste un peu, juste pour oublier la douleur, juste pour rêver quelques minutes. Riley était là pour m'en empêcher. C'est lui qui a du supporter ma souffrance et il ne s'est jamais plaint. Il emmenait nos coffres les nuits pour m'empêcher de craquer. Et la journée il me soutenait dans les vomissements, les crampes, les cris...me murmurant des encouragements.


Finalement le manque a fait place à un grand vide. J'ai encore mal au muscles, mais je sais que le plus gros est fait. Alors ce matin Riley m'a fait l'amour, tendrement, sensuellement, longtemps, et je suis partit. Je me retrouve devant un bâtiment de plein pied assez coloré avec un sac poubelle rempli de mes affaires. Je m'attendais à un truc tout blanc, genre hôpital, mais je suis assez agréablement surpris. Je reste un bon moment à observer les entrées et sorties, sans oser passer la porte. Au dernier moment, je sens que ma volonté commence à fléchir. Je m'apprête à faire demi-tour quand une voix m'arrête.

 

-Je peux vous aider.


Un jeune homme est à mes côtés, je ne l'avais même pas vu arrivé.

 

-....

 

-Vous voulez de l'aide ?

 

Je remarque le double sens de sa question.

 

-Oui... Oui, je crois que j'ai besoin d'aide.

 

Il me fait entrer dans le bâtiment et installé dans un bureau.

 

-Je vous écoute. Vous pouvez parler sans crainte, rien de ce que vous me direz ne sera répété.


-Vous êtes psy ?

 

Ma remarque et sans doute aussi ma tête le font rire.

 

-Non, rassure toi. Je suis éducateur. Je fait partie de l'équipe de ce centre. Pour commencer on va se tutoyer, d'accord, ça va être plus simple pour nous deux. Je m'appelle Alix.

 

-Ok...

 

-Et toi ?

 

Je l'observe un instant, méfiant...Il me fait un petit sourire encourageant.

 

-Tyler.

 

-Bien, alors, pourquoi es-tu là Tyler ?

 

-Euh...je ne sais pas...enfin si...mais, en fait, je...

 

Je ne sais pas quoi dire. Je me sens ridicule. Mais Alix ne se moque pas....ça se voit qu'il a l'habitude des paumés dans mon genre. Je tente de m'expliquer, laissant les explications sortir de ma bouche comme elles viennent.

 

-Je suis à la rue...enfin j'y suis depuis un moment, en fait, c'est pas ça le problème. Enfin techniquement, ça reste un problème parce que ça m'amènera nul part...mais c'est pas le pire, enfin je veux dire...y'a pire, je suis pas là pour ça...

 

Me voyant m'embrouiller tout seul, Alix me coupe.

 

-Eh, respire d'accord. Prend ton temps...

 

Je respire un grand coup.

 

-J'ai pris de la drogue...

 

J'attends la sentence...mais rien. Pas de moue dégoutée, pas d'yeux remplis de pitié...juste un hochement de tête, l'attente d'une suite.

 

-J'en ai pris beaucoup...et depuis longtemps...

 

Toujours pas de remarque désobligeante...je continue alors :

 

-Je sais que je suis accro...j'ai eu beau répéter que je pouvais arrêter quand je voulais, je sais que c'est faux. D'ailleurs j'ai déjà essayé avec Riley...et ça n'a pas marché, on finissait toujours pas replonger, l'un ou l'autre...et forcement, on repartait de plus belle. Mais je sais aussi que si je continue je m'en sortirais pas vivant. Je vois bien que le cercle de mes amis se fait de plus en plus petit au fur et à mesure que les années passent...Je ne veux pas mourir, vous savez ! Je veux une belle vie, avec Riley. Mais tout seul je crois que j'y arriverai pas, je suis... trop faible. On m'a dit qu'ici on aidait les gens dans mon cas...alors je me suis dit que peut-être.... C'est ma dernière chance...

 

-Bien. Où en es-tu de ta consommation de drogue, et qu'est-ce que tu prends ?

 

-J'ai rien pris depuis presque trois jours. Je voulais pas arriver en manque. Je prenais principalement de l'héroïne. Mais je prenais tout ce qui passait qui pouvait se fumer, s'injecter, se sniffer...

 

J'arrête, un peu honte de ce que je viens de révéler.


-N'aie pas honte de toi Tyler. Le fait d'être ici est une preuve de force et de volonté et le fait que tu sois « clean » depuis près de trois jours est encore mieux. Je pense qu'on peut te faire une petite place ici. Ca te dit d'essayer ?

 

Je reste bouche bée un instant.

 

-J'ai pas d'argent.

 

-C'est un service payé par l'état, tu n'as rien à payer. J'aurai juste quelques questions à te poser et quelques formalités à remplir.

 

Il sort des papiers. Il me parle du centre de son fonctionnement.

 

-Les repas sont servis en salle commune. Il y a des activités proposées régulièrement et aussi des sorties. Chaque personne qui vient ici le fait de son plein gré et peut repartir quand bon lui semble. Personne n'est prisonnier. Par contre si tu choisi de rester, il faudra respecter le règlement.

 

Il me tend un petit dossier qui contient le fameux règlement.
Puis nous faisons l'inventaire de ce que j'ai amené avec moi. Il me demande si j'ai des choses de valeur à mettre au coffre. Puis il commence à remplir des papiers.

 

-Tyler, c'est ton vrai prénom ?

 

-Euh....oui...

 

Il me regarde un moment, je baisse les yeux face à son regard scrutateur.


-Ecoute, pour tout le monde ici, et pour moi en premier, tu seras Tyler si tu le souhaites. C'est juste une question de papiers, j'ai besoin de savoir ton nom et ton prénom. Personne ne le saura à part l'administration.


-Si je te le dis, tu préviendras ma famille ?

 

-Non. Nous ne ferons rien que tu ne souhaites pas de toi même. Si un jour tu éprouves le besoin de voir ou d'appeler ta famille, nous mettrons tout en œuvre pour t'aider. En attendant, ton nom restera rangé dans un placard bien sagement.

 

-Est-ce que je pourrais voir Riley ?... C'est... mon petit ami.

 

-Tu peux recevoir du monde. Mais si il se drogue aussi, je ne peux que te le déconseiller...au moins avant un petit moment. Si tu restes ici, tu dois t'engager à ne rien consommer. Ca fait partie du contrat.

 

Je hoche la tête doucement.

 

-Je m'appelle Jeremy. Jeremy Rivion.


 


 


 

BONJOUUUURRRR!!!! Bon je suis un peu à la bourre dans mes mises à jour, mais je vous avais prévenur, je suis over méga bookée pour encore au moins 15 jours...bref, voici le premier chapitre d'un nouvelle fiction...le hic...c'est que j'ai pas encore de titre...si j'en trouve un, je le mettrai, bien entendu...mais si ce début vous inspire un titre, n'hésitez pas à proposer, je verrai si ça peut coincider avec l'histoire...je sais que c'est pas évident quand on ne sait pas la suite, mais bon, sait-on jamais, si vous avez une révélation!!!

C'est quand même la honte de ne pas avoir de titre...lol...J'espère que ce début vous plait. Le prochain chapitre devrait être la suite d'une petite parcelle de bonheur...mais je ne sais pas quand elle arrivera...

Gros bisous à vous et merde à toutes celles qui sont en examens, je croise les doigts!!!

 

Edit: merci à Naishou pour le titre...il colle super...

Par Meryl
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